Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV — BFM Politique· 12 mai 2019 41 min

Marine Le Pen, candidate RN aux élections européennes

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:15
Présentateur

Et c'est parti pour BFM Politique. Bienvenue à vous si vous nous rejoignez. On est ensemble jusqu'à 13h. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Est-ce que le président Emmanuel Macron était à sa place hier en fin d'après-midi à Villacoublet pour accueillir les deux ex-otages ?

0:28
Marine Le Pen

Non, je ne le crois pas. Je crois que le président de la République n'aurait pas dû aller accueillir ses otages. Il ne s'agit pas d'ailleurs de clouer au pilori obligatoirement ces deux otages qui ont fait preuve incontestablement d'inconscience, d'inconsistance.

0:43
Présentateur

L'imprudence qu'ils ont reconnue eux-mêmes.

0:45
Marine Le Pen

Voilà, qu'ils ont reconnue eux-mêmes. Mais de fait, le président de la République n'avait pas à les accueillir un petit peu comme des héros. Je pense que l'intégralité des hommages en réalité aurait dû être réservée à ces deux militaires d'élite qui ont donné leur vie. Pas pour rien. Je veux quand même le dire. Pas pour rien. Pour un grand principe qui est celui de la France et qui est qu'on ne laisse jamais un de nos compatriotes en danger quand on peut lui porter secours. Et c'est tout à la gloire de ces militaires et de notre armée en général qui fait preuve ainsi de sa compétence et de sa grandeur.

1:23
Présentateur

Ça, ça veut dire que même en ayant connaissance des circonstances et des risques, vous, présidente de la République, vous auriez aussi ordonné cette intervention ?

1:31
Marine Le Pen

Je pense que partout où un Français est en danger, la nation française lui doit secours. Encore une fois, hélas, bien souvent, des gens qui sont inconscients se mettent en danger par stupidité. Il n'y a pas que ceux qui partent dans des territoires qui sont très vivement déconseillés. Il y en a hélas tous les jours. Et pourtant, nos services de secours, notre police, notre gendarmerie, notre armée sont là pour les secourir. C'est ce qui fait de nous, je le crois, un grand pays.

2:02
Présentateur

Mais ce qu'explique l'entourage du président de la République, c'est que le sens de sa présence hier après-midi à Villacoublet, c'était précisément ça. C'était pour dire, c'est une façon de dire que la République et son président portent secours aux Français.

2:14
Marine Le Pen

Non, c'est l'armée qui a porté secours. C'est l'armée qui a porté secours. Et évidemment, il n'avait pas à y aller. Je pense qu'il espérait tirer de cela un bénéfice électoral. Quand il a vu, évidemment, la réaction, notamment des politiques, mais aussi des Français sur les réseaux sociaux, du coup, il a fait un pas en arrière. Et il a rendu cette cérémonie, entre guillemets, beaucoup plus sobre, probablement, qu'elle n'était prévue au départ. Mais Emmanuel Macron transforme tout en malaise. Il y a quand même un problème dans sa relation avec les faits et avec les valeurs de notre pays, avec le ressenti des Français.

À chaque fois qu'il effectue un acte, à chaque fois, il y a un sentiment de malaise derrière parce qu'il n'est pas en connexion avec le peuple français. Mais là, il fait campagne quand il va accueillir les otages ? Mais il fait campagne depuis des mois, monsieur. Depuis des mois, il ne cesse de faire campagne. Et tout est bon pour faire campagne. Que ce soit le grand débat, que ce soit ses déplacements à l'étranger, que ce soit ses instants dramatiques, il est en permanence en campagne. Et il ne s'en cache même plus.

3:18
Présentateur

Mais c'est une campagne. En le critiquant là vous-même aujourd'hui, vous faites campagne aussi, d'une certaine manière.

3:22
Marine Le Pen

Non, je pose encore une fois un avis sur le comportement du président de la République. Je l'ai toujours fait. Je le fais depuis deux ans. C'est mon rôle de chef de l'opposition, somme toute, de le faire. Mais lui, à mon avis, aurait dû évidemment garder du recul et encore une fois réserver peut-être son accueil aux familles de ces deux militaires morts.

3:46
Présentateur

Alors, Hommage leur sera rendu, bien sûr, mardi en fin de matinée aux Invalides. J'imagine que vous y serez, bien sûr.

3:50
Marine Le Pen

Je ne pourrai pas y être. Je serai à l'étranger. Mais bien entendu, le Rassemblement national sera représenté au travers de ces députés, notamment et de ces députés européens.

3:58
Présentateur

Alors, parlons un instant de la présence militaire française dans la région. Justement, ces soldats de l'opération Barkhane, vous les connaissez, vous les avez rencontrés. C'était en 2017 dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Compte tenu de la situation aujourd'hui qui est d'une certaine manière un petit peu inextricable, Est-ce que vous considérez que cette présence militaire française, l'opération Barkhane, c'est à peu près 4500 soldats qui sont déployés sur place ? Il faut la maintenir ? Il faut la renforcer ? Ou est-ce que vous dites, finalement, c'est le moment de faire revenir tout le monde à la maison ?

4:27
Marine Le Pen

Non, mais si tout le monde revient à la maison, alors nous livrons le Sahel aux djihadistes. Et par conséquent, par ricochet, notre pays sera en situation encore plus difficile face au danger du terrorisme islamiste qu'il ne l'est aujourd'hui. Donc je pense qu'il ne faut pas, évidemment, quitter. Bien sûr, on a toujours l'espoir de pouvoir former les armées sur place pour leur permettre de prendre le relais. Mais aujourd'hui, très clairement, compte tenu de l'activité de ces groupes armés terroristes, nous ne pouvons pas quitter le terrain. Donc il faut y rester. Mais il faut y rester. Je crois que l'attente aussi de notre armée, dans ces conditions, on leur donne une mission.

Mais l'attente, c'est que derrière, tout soit fait également sur notre propre territoire pour lutter contre le fondamentalisme islamiste. C'est cela que je reproche fondamentalement au gouvernement. C'est qu'en réalité, on a beaucoup de grandes paroles. Emmanuel Macron a encore dit récemment qu'il fallait tout faire pour empêcher le fondamentalisme islamiste. Mais il ne fait rien. Il ne ferme pas les mosquées salafistes. Il ne renvoie pas les prêcheurs de haine. Il ne limite pas l'immigration. Il laisse toutes les frontières ouvertes.

Il laisse les zones de non-droit se multiplier dans notre pays, où nous savons pertinemment que des quartiers entiers sont entre les mains des fondamentalistes islamistes. Il laisse dans la fonction publique, dans les écoles, dans le sport, dans les associations sportives, les exigences de ces fondamentalistes avancées, sans donner aucune direction, aucune directive pour éradiquer simplement le fondamentalisme islamiste de notre pays.

6:00
Présentateur

Quand il dit sur tous ces sujets, un, qu'il a pris déjà un certain nombre de mesures et deux, qu'il est prêt à serrer la vis un peu plus, pour vous, ce n'est pas crédible ?

6:07
Marine Le Pen

Mais quoi ? C'est-à-dire ? Parce qu'il n'y a rien. Tout ça, ce sont des paroles. On ne peut pas se payer de paroles dans la lutte contre le fondamentalisme islamiste, qui met en danger nos vies au travers du terrorisme, mais aussi notre mode de vie, nos traditions, nos valeurs. Il y a quelques jours, une femme n'a pas pu monter dans un bus parce qu'elle était en jupe, et que le chauffeur, on sait qu'il y a des problèmes à la RATP de fondamentalisme islamiste. Mais il y en a, hélas, dans tous les services publics. Eh bien, rien n'est fait contre cela.

Donc je pense qu'il y a, dans ce domaine, un laxisme absolument total, dont nous payons, nous, Français, évidemment, très lourdement les conséquences.

6:52
Présentateur

— Je voudrais qu'on dise un mot de la mobilisation des Gilets jaunes hier, qui a été plus faible que les semaines précédentes, 18 600 personnes selon le ministère de l'Intérieur, le double selon les organisateurs. Est-ce que cette mobilisation déclinante, pour vous, elle est annonciatrice d'une disparition progressive du mouvement ? Est-ce que c'est une parenthèse ? Comment est-ce que vous la voyez ?

7:12
Marine Le Pen

— Je ne le crois pas. Enfin, cela fait des semaines et des semaines et des semaines que l'on nous dit ça. Je ne le crois pas. Je crois que la colère est toujours là. Je crois que le sentiment d'injustice est toujours là. Et que le président de la République a refusé, en réalité, véritablement, de répondre à ces revendications. — 17 milliards, c'est pas une réponse. — Probablement, quelques Gilets jaunes, en réalité, attendent l'acte 26 mai. Non pas l'acte 26, mais l'acte 26 mai, c'est-à-dire la capacité dans les urnes d'exprimer leur désaccord avec la politique menée par Emmanuel Macron. Et ils ont raison de le faire.

Parce que je rappelle que l'élection européenne est la dernière élection nationale avant les présidentielles. Après, on sera avec des municipales, des régionales, des départementales, c'est-à-dire des élections où il est difficile de lancer un signal à Emmanuel Macron. Là, dans le cadre de ces élections européennes, c'est possible.

8:03
Présentateur

— Mais pourquoi dites-vous, Marine Le Pen, qu'il a refusé de répondre ? On peut dire qu'il a mal répondu ou répondu à côté. Mais il a quand même mis 17 milliards d'euros sur la table.

8:08
Marine Le Pen

— Non. D'abord, il y a eu une partie, excusez-moi, qu'il a rendue, mais qu'il avait, en l'occurrence, dont il avait privé les Français antérieurement. — Il y a eu des aversures sur un certain nombre de cotisations, c'est vrai. Mais pas que ? — Non, non. Non, il n'a pas répondu. Il n'a pas répondu à la crise institutionnelle. Il n'a pas répondu à la crise démocratique. Il n'y a rien eu sur le référendum d'initiative populaire qui était pourtant extrêmement attendue par les Gilets jaunes, mais pas seulement par les Gilets jaunes, par les Français. Il a délivré quelques miettes. Et encore, on ne connaît pas exactement le niveau de proportionnel.

Alors qu'évidemment, chacun admet que l'Assemblée nationale n'est pas aujourd'hui représentative du poids des opinions politiques des uns et des autres dans notre pays. Tout cela, eh bien, ça va générer en réalité les crises de demain. Et puis surtout, il n'a pas rompu avec le choix qui était le sien, qui était de mettre en place une fiscalité très douce pour les plus puissants, les plus riches dans notre pays, puisque quasiment l'intégralité en réalité des baisses d'impôts ont bénéficié à 0,1% des Français.

9:14
Présentateur

Il y a quand même 5 milliards de baisses d'impôts pour les tranches les plus modestes.

9:17
Marine Le Pen

Oui, j'attends de voir exactement en quoi ça va consister. Parce que moi, je pense que les baisses vont être en l'occurrence dérisoires. Si j'en crois les quelques pistes que j'ai entendues, s'il s'agit de baisser de 14 à 11% la première tranche, le bénéfice pour les Français va être dérisoire au moment où, parallèlement, ne serait-ce que l'augmentation du prix de l'électricité de 5% au mois de juillet prochain va probablement leur reprendre de la main droite ce qu'on leur a donné de la main gauche. Il ne peut pas jouer au bon taux comme ça en permanence. Le problème avec Emmanuel Macron, c'est qu'il y a un problème fondamental de confiance entre lui et les Français.

Souvenez-vous, il y a quelques mois, il avait annoncé qu'il allait accorder 100 euros pour tous les gens qui gagnaient le SMIC. Et puis on s'est rendu compte qu'en réalité, ça ne touchait pas tous les gens qui gagnaient le SMIC, qu'en réalité, ce ne serait pas véritablement 100 euros, et que quand les Français ont regardé, ils se sont rendus compte qu'ils ne rentraient jamais dans les cases. C'est un peu l'astérix, vous savez, au bas du contrat d'assurance, Emmanuel Macron. On se dit toujours qu'à un moment donné ou à un autre, on va finir par se faire avoir. Et en général, c'est le cas.

10:19
Présentateur

Ça veut dire que, par exemple, les chiffres donnés qu'il y a quelques jours par Édouard Philippe sur les gains de pouvoir d'achat, 800 euros par Français en moyenne, dont, dit-il, près de 400 euros conséquence des mesures annoncées en décembre et plus récemment. Ces chiffres sont faux pour vous ?

10:34
Marine Le Pen

Ils sont faux, ils sont malhonnêtes. Ce n'est pas qu'ils sont faux, c'est qu'ils sont malhonnêtes. Puisqu'il inclut dans cette moyenne de baisse des impôts, il inclut la suppression de l'ISF. Oui, donc la moitié, c'est les mesures depuis le 10 décembre. D'accord, il inclut la taxe, il inclut la suppression de l'ISF. Or, il sait pertinemment que ça, c'est énormément de baisse pour un tout petit peu de personnes. Alors après, c'est sûr que quand on fait une moyenne, on a le sentiment qu'on arrive à des chiffres qui sont des chiffres intéressants. Mais non, ça n'est pas la réalité.

Cette manière, encore une fois, de procéder fondée sur la malhonnêteté, je pense que ça atteint beaucoup la relation que le président a avec les Français.

11:16
Présentateur

Alors, on va parler de la campagne des européennes. On a beaucoup commenté les sondages ces derniers jours et en particulier le fait que la liste du Rassemblement national était au coude à coude avec celle de la Renaissance. Je voudrais qu'on s'arrête sur un autre chiffre qui est quand même très spectaculaire. C'est les intentions de vote, le taux de participation. C'est 40%. Alors, ce n'est pas nouveau. Ça existe depuis une vingtaine d'années maintenant. C'est très faible. Ce manque d'enthousiasme des Français pour cette élection, comment vous l'expliquez ?

Et qu'est-ce que vous avez à dire à ceux qui nous écomptent pour les convaincre qu'à aller voter à ces élections pour le Parlement européen ? Vous qui y avez siégé pendant 13 ans, c'est important.

11:52
Marine Le Pen

Alors d'abord, je pense que de manière générale, toute cette baisse de participation est la conséquence du sentiment que les Français ont de ne pas être représentés dans les assemblées qui pourtant devraient les représenter. Je pense évidemment à l'Assemblée nationale. Je rappelle que le Rassemblement national, vous voyez où nous sommes au niveau électoral, où nous étions il y a deux ans, où nous étions à trois ans, il y a quatre ans, il y a cinq ans, et bien à, je crois, 0,5% du nombre de parlementaires. Donc les gens se disent pourquoi aller voter, puisque de toute façon... Là, on parle du Parlement européen, et pour le coup, c'est la proportionnelle.

En l'occurrence, ce que je viens leur dire aujourd'hui, c'est que précisément, cette élection européenne, c'est une élection à un tour, et c'est une élection à la proportionnelle. Donc s'ils votent, ils auront des élus. Et il faut absolument qu'ils aillent le faire, parce que ceux qui se décident aujourd'hui à Bruxelles, ça se termine dans leur village, ça se termine dans leur quartier. Aujourd'hui, toutes les décisions qui sont prises à Bruxelles ont des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes.

Que ce soit la politique d'austérité qui est menée, que ce soit la réforme des retraites qu'Emmanuel Macron a repoussée, bien entendu, après les européennes, parce que cette réforme des retraites va entraîner une baisse des retraites, et probablement une baisse même massive des retraites. Et bien cette réforme des retraites, elle a été demandée par la Commission européenne. La réforme de l'indemnisation du chômage, elle a été demandée par la Commission européenne. La privatisation d'aéroports de Paris, elle est demandée par la Commission européenne.

Donc vous voyez que ce que met en œuvre le gouvernement, ça n'est que par obéissance, en quelque sorte, ce qui est très contestable, bien sûr, mais ça n'est que par obéissance aux exigences de la Commission européenne. Vous voulez dire spécifiquement ces réformes des retraites, l'indemnisation du chômage ? Ah, spécifiquement. Spécifiquement, la Commission européenne l'a réclamée. Vous savez que régulièrement, la Commission européenne demande, fait des suggestions assez vives à chaque État. Il se trouve qu'à la France, ils ont réclamé ces réformes-là.

13:45
Présentateur

Une suggestion assez vives, ce n'est pas la même chose qu'une imposition.

13:47
Marine Le Pen

Non mais bien, enfin, Dieu merci, enfin, dans ces cas-là, sinon, on supprime l'élection présidentielle. Enfin, quand vous avez un président de la République qui se met systématiquement à plat ventre devant les exigences de la Commission, ça revient un peu au même, quand même.

13:59
Présentateur

Alors, je crois que c'est important quand même de faire la différence. À Strasbourg, hier, la liste Renaissance était en meeting, en présence notamment du Premier ministre Edouard Philippe et d'un ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Et la cible numéro un, ça ne vous étonnera pas, Marine Le Pen, c'était vous.

14:13
Marine Le Pen

À tout seigneur, tout honneur.

14:15
Invité

Il serait quand même tragique que, dans cette élection, la France puisse donner le sentiment que, politiquement, elle est dominée par les idées sombres du Rassemblement national. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, si on regarde les choses avec le plus d'objectivité, qui peut empêcher ces idées, aujourd'hui, d'arriver en tête le 26 mai ? C'est la liste de Nathalie Loiseau, c'est cette liste de Rassemblement, c'est cette liste qui doit être l'image de la France. Quel est le bilan des députés européens du Rassemblement national qui abrite, aujourd'hui, le plus grand nombre de députés français ?

Celui qui consiste à avoir voté contre le renforcement des moyens de Frontex pour protéger nos frontières extérieures ? Celui d'avoir voté contre toutes les mesures qui visent à réduire l'immigration illégale dans les pays d'origine ? Celui d'avoir voté contre l'encadrement du travail détaché en Europe que tout le monde, dans une unanimité, il faut bien reconnaître, assez rare, a salué comme une vraie avancée ? C'est ça, leur bilan. C'est affaiblir la voie de la France et défaire l'Europe.

15:17
Marine Le Pen

Mais qui peut croire à ça ? M. Raffarin, c'est le symbole du Nouveau Monde, je suppose ?

15:23
Présentateur

Sur le fond, qu'est-ce que vous leur répondez ?

15:25
Marine Le Pen

Oui, mais qui peut croire à ça ? Comment un Premier ministre peut avoir des arguments aussi indigents à l'égard de la première force d'opposition ? Qui peut croire que nous n'avons pas...

15:35
Présentateur

Donc, il dit sur les votes, c'est faux ?

15:37
Marine Le Pen

Mais ce n'est pas que c'est faux. C'est que, M. Le, quand on vous explique qu'on va améliorer la directive détachement des travailleurs et qu'on s'aperçoit qu'en réalité, le principe de base de la directive persiste, c'est-à-dire le fait que l'on va payer, en réalité, les charges dans le pays d'origine. Ce qui continue, évidemment, à créer les conditions d'une concurrence déloyale avec nos travailleurs français. Évidemment qu'on ne vote pas cela, parce que, sur le fond, on en veut la suppression de cette directive détachement des travailleurs et qu'on trouve que l'amélioration qu'ils ont apportée est dérisoire. Et d'ailleurs, c'est si vrai, M.

que c'est dérisoire, que jamais, jamais, le nombre de travailleurs détachés n'a baissé. Il ne fait qu'augmenter année après année en France, créant une préférence étrangère à l'emploi. Et en réalité, créant pour les entreprises, comment dire, un piège mortel. Car dans un secteur, il faut que chacun comprenne ça, dans un secteur, quand une entreprise commence à faire appel au travail détaché, les autres entreprises concurrentes sur le même secteur ne peuvent plus faire autrement que de faire, elles aussi, appel à du travail détaché pour être compétitives. Donc, on voit bien que ce cercle, qui est un cercle vicieux, n'a pas de sens.

Quant à Frontex, pourquoi voulez-vous que je renforce Frontex, alors qu'aujourd'hui, Frontex n'est pas là pour empêcher les immigrés clandestins d'arriver, mais pour les accueillir ? Ce sont des hôtesses d'accueil de l'immigration clandestine. Donc, il n'y a absolument aucune raison de renforcer une structure qui, en réalité, va chercher les clandestins pour les ramener sur le territoire européen, leur permettant ainsi, grâce à Schengen, c'est-à-dire à la disparition des frontières nationales, de s'égayer dans l'ensemble des pays européens. Est-ce que vous savez que la Roumanie vient de passer un accord avec le Pakistan pour faire venir 500 000 travailleurs pakistanais en Roumanie ?

Parce que 2,5 millions de travailleurs roumains sont partis travailler dans d'autres pays parce qu'ils étaient peu chers. Eh bien, on va chercher des gens encore moins chers pour aller travailler en Roumanie. Mais c'est quoi ce modèle économique ? Et puis, c'est quoi cette vision de l'homme ? C'est cela que l'on veut ? Eh bien, moi, ce n'est pas cela que je veux pour les 500 millions d'Européens.

17:48
Présentateur

On va continuer la conversation dans un instant avec Olivier Beaumont, et notamment sur la question de savoir si on est plus fort pour arrêter cette immigration en étant une Europe des nations, comme vous la souhaitez, plutôt qu'une Europe qui essaye d'avancer de la manière la plus unie possible et à 15. Vous avez dit que si le président n'est pas en première place, il doit partir. Vous êtes chef de parti, vous n'êtes pas chef d'État, vous n'êtes pas dans la même position. Mais vous avez aussi, vous, un enjeu dans cette élection. Vous avez fait 25% la fois précédente. Vous étiez le premier parti de France.

Si vous n'êtes pas en tête dans deux semaines, quelles sont les conséquences pour vous ?

18:22
Marine Le Pen

Oui, M. Arnaud, pardon, mais nous sommes dans le cadre d'institutions. Nous avons, nous sommes une nation. Nous avons une constitution. Cette constitution, elle donne une mission au président de la République. Je ne sais pas si vous n'étiez pas dans la même position. Non, mais cette mission, c'est d'être le président de tous les Français. Et donc, de ne pas descendre dans l'arène et surtout... Ils l'ont tous fait. Non, pas de cette manière-là. Nicolas Sarkozy a fait des meetings, François Hollande a... Oui, chacun a fait un meeting, a lancé un petit signal pour soutenir son propre camp. Mais aucun président...

18:57
Présentateur

Vous disiez vous-même, quand vous étiez en campagne, Marine Le Pen, qu'il fallait faire campagne contre Nicolas Sarkozy, qu'il fallait faire campagne contre François Hollande. Lorsque vous arrivez en tête il y a cinq ans, au lendemain, vous dites, il faut dissoudre l'Assemblée nationale. Ça veut bien dire que...

19:10
Marine Le Pen

Monsieur, encore une fois, monsieur Arnaud, il est président de la République. Aucun président de la République sous la cinquième. Aucun, vous m'entendez ? Aucun. N'a mis sa photo et son message sur la profession de foi. Aucun des Européens. Ça n'est jamais arrivé. Et surtout, aucun président de la République n'a pris la parole pour dire qu'il dépenserait toute son énergie. Non pas à lutter contre le chômage. Non pas à lutter contre le terrorisme islamiste. Non pas à lutter contre la baisse du pouvoir d'achat. Non pas pour lutter contre l'insécurité qui gangrène notre pays. Non. A lutter contre un autre mouvement politique. Aucun n'a fait cela.

En faisant cela, il est sorti de sa fonction, qu'il a, au passage d'ailleurs, profondément abaissé. Et en sortant de sa fonction de président de la République, la conséquence de cela, c'est qu'il doit assumer la responsabilité de son choix. La responsabilité, effectivement, ce serait normalement comme l'a fait le général de Gaulle, puisqu'il transforme cette élection en référendum, de partir s'il le perd. Ça me paraît d'une logique absolue, avec l'esprit, encore une fois, de nos institutions et de notre constitution.

20:15
Présentateur

On poursuit la conversation avec Marine Le Pen. C'est la séquence politique au quotidien. Et vous avez la parole, Olivier Beaumont.

20:32
Intervenant

Merci Thierry. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Juste pour rebondir, pour poursuivre sur la question que je venais de vous poser Thierry Arnault, il y a un sondage encore ce matin qui vous place en tête pour la première fois dans ce baromètre, à RIS Interactive, devant La République En Marche, 22,5 pour vous, 22 pour eux. C'est vrai qu'on a le sentiment que pour votre parti, et pour tous les partis populistes en Europe, tous les feux sont verts, en fait, tous les vents sont porteurs. C'est-à-dire que si demain vous arriviez deuxième, ça crée un frein à cette dynamique que vous avez en ce moment ? Est-ce que vous envisagez d'ailleurs une deuxième place ? M. Beaumont, je ne le crois pas.

Vous étiez en tête en 2014.

21:02
Marine Le Pen

Je ne le crois pas. Vous avez participé, mais vous n'étiez pas le seul, il faut bien le dire, à tous ceux qui nous avaient enterrés il y a un an. Nous étions morts. D'ailleurs, il y a un an, dans les sondages, nous étions donnés à 13%. Et La République En Marche à 28%. Aujourd'hui, nous sommes le premier parti de France. Juste pour une dynamique. Non, mais nous sommes le premier parti de France, puisqu'en réalité, la liste En Marche, c'est En Marche, plus le Modem, plus Agir, plus les radicaux de gauche. Donc, nous sommes le premier parti de France. Nous sommes le premier parti d'opposition.

Nous allons donc, évidemment, nous opposer pour gagner les futures élections, les gagner toutes si nous pouvons, les municipales, les régionales, les départementales. Et bien entendu, l'objectif est d'arriver au pouvoir pour appliquer nos idées. Et nous le ferons avec d'autant plus, évidemment, de capacité que notre place sera la première. Mais ce n'est pas ça l'enjeu, je vais vous dire. L'enjeu n'est pas pour le Rassemblement national. L'enjeu, c'est pour les Français.

L'enjeu, c'est que si Emmanuel Macron arrive en tête, alors non seulement il va accélérer sa politique, parce qu'il se sentira légitime à le faire, mais de surcroît, il pourra même, à mon avis, se venger de ce qu'il a considéré comme étant une période d'humiliation pour lui que lui a fait subir les Gilets jaunes. Il ne tiendra pas les conclusions de la crise qu'on vient de connaître. Je viens leur dire, si vous voulez stopper la politique d'Emmanuel Macron, sa politique que vous considérez comme profondément injuste, alors il ne faut en aucun cas qu'il arrive en tête de cette élection européenne.

Et pour répondre à une de vos premières questions, c'est une des raisons majeures pour lesquelles il faut se déplacer pour aller voter. Parce que manifester dans les rues son désaccord, c'est bien, c'est bien entendu protégé par notre Constitution, et c'est un moyen de lancer un signal. Mais le meilleur signal de la révolte que l'on ressent face à une politique qui est encore une fois destructrice et injuste, c'est d'aller voter. Et ça, ça se fait en un tour le 26 mai prochain.

23:00
Intervenant

Une question cruciale et principale dont on entend beaucoup parler, notamment dans cette dernière ligne droite, vous l'avez rappelé précédemment, « Nous sommes une nation », je reprends vos propos, vous êtes un partisane de l'Europe des nations, c'est dans votre programme. En face de vous, La République En Marche, la liste Renaissance, elle oppose justement une question de puissance. Et j'ai recité Jean-Yves Le Drian ce matin dans les colonnes de notre journal Le Parisien, il dit que si vous êtes seul, vous ne pesez rien face aux Chinois, aux Américains, si on ne comprend pas ça, on se fera dépecer. Est-ce qu'il a raison ?

Est-ce que c'est la stratégie de la peur quelque part qu'il entretient ? Juste deux chiffres par rapport à ça. L'Europe à 28, aujourd'hui, ça représente 15% de l'économie mondiale, c'est l'équivalent de la Chine. La France toute seule demain, c'est 3%.

23:40
Marine Le Pen

C'est terrible, je vais vous dire. C'est terrible d'avoir des dirigeants politiques, en réalité, qui ont une aussi piètre image de leur propre pays, qui considèrent qu'on est un petit pays faible. Ce n'est pas la France qui est petite et faible, ce sont eux qui sont petits et faibles, et qui refusent de défendre la France, ce grand État-nation. Tout ce qui est puissant est national, en réalité. Et avec leur empire européen, ils n'ont fait que nous affaiblir. Jamais nous n'avons été aussi faibles que depuis que nous avons transféré les leviers de décision à des technocrates non élus.

Mais ils nous parlent de puissance, mais ils parlent toujours de grands mots, ils parlent de paix, ils parlent de puissance, mais qu'est-ce qu'ils ont fait derrière ? Est-ce que vous croyez ? Ils nous parlent, par exemple, de création de champions européens. Tout ça, c'est joli sur le papier. Mais dites-moi, qui a vendu une partie de Elstom à General Electric américain ? Qui l'a fait ? Ce n'est pas Emmanuel Macron ? Bien sûr que c'est Emmanuel Macron qui a piloté cette stratégie qui fait qu'aujourd'hui, notre parc nucléaire militaire est dépendant des Etats-Unis. Et on vient nous parler après de puissance.

24:55
Intervenant

Oui, mais c'est aussi une angoisse pour les électeurs aujourd'hui dans cet univers mondialisé. La France prise en étau entre les Etats-Unis et la Chine.

25:03
Marine Le Pen

Mais je veux vous dire, mais encore une fois, la Chine est puissante parce qu'elle est une nation qui défend ses intérêts. Les Etats-Unis sont puissants car c'est une nation, mais ça n'a rien à voir. Il y a des pays qui sont plus petits que nous, qui sont moins nombreux que nous et qui ont des bien meilleurs résultats que les nôtres. Pourquoi ? Parce qu'ils défendent leurs propres intérêts. Seules les nations peuvent défendre les intérêts des peuples. C'est ainsi. Et seul un Etat stratège, c'est-à-dire un Etat qui intervient lorsque précisément les intérêts stratégiques du pays sont en jeu, peut être une nation puissante.

Et seules des nations puissantes, ensemble, par l'intermédiaire de coopération, peuvent accoucher de très grands projets qui seront des projets mondiaux. Mais je vais vous donner un exemple.

25:50
Présentateur

Vous dites que si on négocie seul, passe au Chinois, 3% de l'économie mondiale, plutôt qu'en tant que puissance Europe, on est plus fort.

25:57
Marine Le Pen

Mais regardez Airbus. C'est une idée fausse. Mais regardez Airbus. Airbus, c'est une coopération entre nations. Ça n'a rien à voir avec l'Union européenne. Et pourtant, ça a créé un géant.

26:07
Intervenant

C'est un fleurant. Ariane,

26:09
Marine Le Pen

c'est une coopération entre nations. Ça n'a rien à voir avec l'Union européenne. Et ça a créé un géant. Là, quand il parle de l'alliance européenne des batteries, ça m'amuse parce que notre programme s'appelle l'alliance européenne des nations. Bon, enfin bref. L'alliance européenne des batteries, mais c'est une coopération entre nations. Donc on voit bien que lorsque les nations qui sont puissantes coopèrent entre elles, alors il y a de la puissance. Là, aujourd'hui, l'Union européenne, en réalité, a affaibli toutes nos nations. Elle nous a mis dans une situation économique dont moins qu'on puisse dire c'est qu'elle est la plus mauvaise du monde, quand même.

Je ne parle pas de l'augmentation de la pauvreté, de la situation sociale de notre continent. L'Union européenne, en matière de bilan, a un bilan dans ce domaine qui est objectivement déplorable.

26:55
Intervenant

Une question sur la liste Marine Le Pen. Vous avez présenté l'intégralité des candidats. La liste Jordan Bardella. La liste Jordan Bardella. Il y a dans cette liste la présence de Gilbert Collard, actuel député à l'Assemblée nationale. Je vous écoute de l'écouter. C'était il y a quelques jours, le 1er mai, lors d'un meeting à Metz.

27:11
Invité

L'Assemblée nationale est devenue un endroit où je m'emmerde. L'Assemblée est devenue une chambre d'enregistrement. Anne-Marie, tu te lèves, hein ? L'Assemblée est devenue une chambre d'enregistrement. Tout est décidé par cette Union européenne, une technobureau, technocratie bancaire, qu'on doit foutre en l'air.

27:48
Intervenant

Bon, il faut rappeler qu'il a été élu il y a deux ans, Gilbert Collard. Il aurait pu dire ça aussi il y a deux ans, il ne faut pas se représenter. Est-ce que vous aussi, vous vous emmerdez à l'Assemblée nationale, comme lui le dit ?

27:55
Marine Le Pen

Non, mais je pense qu'au-delà de ce langage truculent qui est la spécialité de Gilbert Collard, en réalité, si l'Assemblée nationale était élue à la proportionnelle, si véritablement elle représentait les Français, alors les débats qui s'y déroulent seraient beaucoup plus intéressants. Mais le mode de scrutin actuel qui crée des super majorités mais qui ne correspondent pas en réalité à la majorité des opinions du pays peut donner parfois un sentiment de lassitude. Vous posez la question de votre présence vous-même dans l'hémicycle parfois ? Ah non, pas du tout. Vous savez, si je m'étais posé cette question, je serais reparti aux élections européennes.

Non, moi je souhaite rester à l'Assemblée nationale. Je pense que notre voie y est essentielle et même si nous ne sommes que sept députés à défendre des millions de Français et peut-être 22% de gens qui pensent comme nous, nous tentons d'avoir la voix la plus forte possible en attendant effectivement que cette Assemblée soit à nouveau représentative.

28:54
Intervenant

Une dernière question, le temps passe, concernant la liste LR et le candidat François-Ousélie Bellamy. On a parlé de Romain Tadda il y a quelques jours, en même temps on voit que dans les sondages ça stagne plutôt. Quel regard vous portez sur cette personnalité plutôt iconoclaste ? Est-ce que vous pensez que Laurent Wauquiez doit s'en méfier à l'avenir ?

29:09
Marine Le Pen

Non mais moi je ne pars pas dans ces considérations politiciennes internes au parti

29:13
Intervenant

qui ne m'intéresse pas. Certains grands électeurs reviennent aujourd'hui à LR alors qu'il était pensé par Macron il y a quelque temps.

29:19
Marine Le Pen

Moi ce qui me gêne si vous voulez dans la personnalité, enfin pas dans la personnalité d'ailleurs, mais dans le rôle qu'on fait jouer à M. Bellamy, c'est qu'il vient dire sur tous les plateaux et il vient promettre sur tous les plateaux exactement l'inverse de ce que LR a fait au Parlement européen dans les cinq dernières années. En fait ce qu'il faut que les gens qui nous écoutent comprennent c'est que le LR n'a aucun pouvoir dans le groupe PPE. Aucun, c'est la cinquième roue du carrosse. Celui, celle plutôt qui dirige le groupe PPE c'est Mme Merkel parce que c'est son parti la CDU. Donc le PPE est un parti, est un mouvement allemand en réalité.

Ce sont les intérêts allemands qui y sont défendus et les LR n'ont aucun pouvoir au sein de ce groupe. Ils ont donc voté pour la relocalisation des migrants, ils ont voté pour la dérégulation, ils ont voté pour l'ouverture de nos services publics à confiance, ils ont voté pour tout ce contre-pens-bas. On va poursuivre cette conversation

30:09
Présentateur

dans un petit instant avec Edwige Chevrillon pour les questions d'économie. Merci Olivier Beaumont. On se retrouve dans un instant avec Marine Le Pen dans BFM Politique. A tout de suite. Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement National et l'invité de BFM Politique jusqu'à 13h et c'est le moment des questions d'écho et c'est avec vous Edwige Chevrillon.

30:34
Invité

Bonjour Thierry Arnaud. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. On va parler évidemment d'Europe, du système monétaire, du serpent monétaire justement que vous voulez réinventer peut-être. Peut-être avant une question sur ADP, la privatisation d'ADP. On a vu que le Conseil constitutionnel a donc décidé jeudi de valider la procédure de ce référendum d'initiative partagée. C'est un moment un peu historique. C'est la première fois depuis sa création en 2008. Alors vous n'avez pas été associé à la signature qui a engendré justement ce RIP. Est-ce qu'en même temps vous allez faire campagne ? Est-ce que pour vous c'est effectivement une décision historique ?

31:08
Marine Le Pen

Oui d'abord je regrette le comportement sectaire des autres mouvements politiques français qui ne se grandissent pas.

31:14
Présentateur

Vous avez voulu participer et les autres ne l'ont pas ce que j'ai dit.

31:16
Marine Le Pen

Évidemment nous sommes tout à fait opposés à la privatisation d'ADP mais malgré les mauvaises manières qui nous ont été faites nous allons évidemment mettre toute notre énergie pour réunir ces 4 millions enfin participer à la réunion de ces 4 millions et demi de signatures. S'il faut aller dans les cages d'escalier crafter etc. Bien sûr nous le ferons parce que c'est essentiel de préserver ce patrimoine qui est le patrimoine des Français.

Même si vous le savez le référendum d'initiative partagée n'est pas un référendum d'initiative populaire c'est-à-dire que le recueil des signatures n'entraîne pas automatiquement la mise en oeuvre d'un référendum mais en réalité le réexamen du texte devant l'Assemblée nationale qui peut très bien revoter de la même manière ce qui est évidemment un danger compte tenu de ce que l'on sait du comportement

32:05
Invité

des députés en marche. Oui en même temps c'est la démocratie représentative des députés donc on peut dire aussi ils ont aussi leur légitimité à voter un texte s'ils estiment bon. Oui d'accord mais le référendum

32:14
Marine Le Pen

existe également dans notre constitution et ce qu'il faudrait c'est permettre un référendum direct c'est-à-dire que 500 000 signatures et non pas 4 millions et demi ce qui représente une somme colossale à réunir en l'espace de je crois 9 mois 500 000 comme en Italie 500 000 signatures devraient entraîner la mise en oeuvre immédiate d'un référendum. sur la base des propositions d'Emmanuel Macron la démocratie représentative ça n'est jamais qu'un mandat qui est donné par les français à un certain nombre d'élus et notamment aux députés et aux sénateurs mais en l'occurrence celui qui reste détenteur du pouvoir dans notre république c'est évidemment

32:53
Invité

le peuple. Vous dites 500 000 est-ce qu'il faudrait un million un peu comme le souhait du temps d'Emmanuel Macron ? Non mais lui il ne veut pas mettre en place

32:59
Marine Le Pen

le référendum d'initiative populaire il veut rester encore une fois sur ce référendum d'initiative partagée On n'est pas obligé de changer tout le temps Mais ça n'a rien à voir encore une fois ça n'a rien à voir Là on va réunir on va dépenser une énergie folle pour réunir des signatures pour que le texte repasse devant l'Assemblée c'est pas du tout la même chose que ce que nous souhaitons et ce que souhaitent les français c'est à dire que le recueil des signatures entraîne la mise en oeuvre d'un référendum où tous les français peuvent s'exprimer

33:26
Invité

On parle un peu d'Europe quand même parce que c'est très important Bien sûr L'euro on sait que finalement vous avez décidé qu'il ne fallait pas sortir de l'euro parce que vous avez bien compris que les français étaient attachés à cette monnaie unique et là vous proposez un serpent monétaire c'est un peu le retour on va rappeler rapidement un peu quelques cours d'histoire économique c'était en 72-78 création du serpent monétaire Pourquoi est-ce que vous voulez le faire

33:50
Marine Le Pen

D'abord je vais vous arrêter tout de suite pour répondre à votre question peut-être pour faire une petite page de pub moi aussi après tout notre manifeste pour une Europe des Nations qui est disponible sur le site rn-européenne.fr c'est de la publicité normale dans une démocratie parce qu'il faut que les français sachent pour quoi ils votent et c'est notre projet Et il est accessible Et il est accessible Ce n'est pas un serpent monétaire que nous voulons mettre en oeuvre Ce que nous suggérons c'est un serpent fiscal La réalité c'est que vous le savez avec le marché unique avec le marché unique le gros problème auquel on est confronté c'est les différences de fiscalité entre les pays Et il y a un certain nombre de pays qui à l'intérieur de l'Union Européenne font du dumping fiscal c'est-à-dire mettre une fiscalité pour les entreprises qui est une fiscalité extrêmement basse et du coup les entreprises partent et vont installer leur siège dans ces pays-là

34:40
Invité

Ce n'est pas de serpent monétaire

34:41
Marine Le Pen

Mais non, pas du tout C'est profondément destructeur Donc ce que nous disons En Marche propose lui enfin propose quelque chose qui n'arrivera jamais c'est-à-dire une harmonisation fiscale entre tous les pays il y aurait une fiscalité unique pour les entreprises Évidemment on sait très bien que ça ne marchera pas Et puis en plus je vais vous dire moi j'y suis opposé parce que moi je ne veux pas que l'Union Européenne impose à un pays la fiscalité qu'il doit mettre en oeuvre En revanche je suis pour une coopération entre les nations y compris sur le plan de la fiscalité des entreprises Et donc je dis que sur le modèle du serpent monétaire sur le même fonctionnement en quelque sorte la même technique on pourrait très bien se mettre d'accord entre les différentes nations pour qu'il y ait un serpent fiscal c'est-à-dire qu'il y ait une moyenne de la fiscalité des entreprises et on puisse aller un peu au-dessus ou un peu en dessous

35:32
Invité

pour qu'il n'y ait pas trop de différence Mais cette variation vous la verriez de combien par exemple lorsque vous regardez ce qui se passe en Irlande ou ce qui se passe en France qui sont un peu les deux extrémités en termes d'imposition C'est de la technique

35:42
Marine Le Pen

C'est de la technique c'est essentiel Non mais c'est de la technique c'est essentiel mais ce qu'il faut encore une fois c'est déjà déterminer quelle est la moyenne de la fiscalité des entreprises dans les différents pays ça donne un point limite après ça se négocie entre les nations est-ce qu'on accepte 5 points de plus ou 5 points de moins et ainsi on reste dans ce ruban en quelque sorte qui évite quand même au maximum le dumping fiscal entre les pays mais je pense que c'est beaucoup plus respectueux des souverainetés beaucoup plus respectueux de ce ma philosophie qui est la coopération entre les nations les nations s'élargissent en fait non c'est un accord pour qu'il n'y ait pas des pays qui se permettent de faire à l'intérieur de l'Union Européenne un dumping fiscal

36:25
Présentateur

pourquoi est-ce qu'une nation souveraine qui fait aujourd'hui du dumping fiscal accepterait de rentrer dans vos négociations et est-ce que c'est pas à l'encontre de cette Europe des Nations que vous appelez de vos

36:35
Marine Le Pen

mais non c'est exactement l'Europe des Nations et c'est déjà en négociation c'est exactement l'Europe des Nations les nations se mettent ensemble pour dire comment est-ce qu'on peut faire fonctionner un marché dont évidemment chacun espère tirer bénéfice mais moi ce que je veux dire à ceux qui nous écoutent c'est que la déloyauté n'est pas une fatalité la déloyauté de la concurrence qu'a créée l'Union Européenne parce que c'est sa philosophie n'est pas une fatalité que l'on peut travailler sur la loyauté des échanges c'est la raison pour laquelle nous proposons que le juste échange remplace le libre échange c'est-à-dire que personne ne puisse tirer un bénéfice excusez-moi juste je termine ma phrase que personne ne puisse tirer un bénéfice d'un dumping social environnemental ou fiscal c'est ça qui devrait être l'objectif

37:26
Invité

de cette coopération entre les nations encore faut-il avec des conséquences peut-être sur la fiscalité en France parce qu'on est une des fiscalités les plus élevées donc ça voudrait dire qu'il faudrait baisser notre fiscalité

37:35
Marine Le Pen

si on baisse la fiscalité sur les TPE-PME c'est une très bonne nouvelle objectivement parce qu'aujourd'hui on le sait très bien en termes de fiscalité réelle ce sont les très grands groupes qui sont avantagés et les TPE-PME les artisans les commerçants qui payent plein pot

37:55
Invité

à propos de fiscalité justement on va parler du prix de l'essence parce qu'on voit bien que de nouveau les prix sont très très élevés avec un super 95 à 1,58 et un diesel à 1,48 est-ce qu'il faut baisser la taxe justement parce que la France est un des pays où la taxe les produits pétroliers est le plus élevé est-ce que vous estimez qu'il faut que l'État fasse un sacrifice et baisse à baisse le taux de fiscalité sur notre essence

38:16
Marine Le Pen

mais ça me paraît évident enfin est-ce que vous vous rendez compte tout de même que les taxes sont si importantes sur les carburants que les Français n'arrivent même plus à se déplacer certains font eux le sacrifice en l'occurrence de leur déplacement or dans la ruralité madame les gens sont obligés de prendre leur voiture y compris pour aller travailler mais aussi pour aller chez le médecin mais aussi ne serait-ce que pour aller à la pompe à essence qui parfois est à 20 ou à 30 km de chez eux à baisser à combien ?

mais déjà si on pouvait envisager de supprimer la TVA sur la TICPE c'est-à-dire que les Français pour beaucoup ne le savent pas vous payez un impôt sur l'impôt c'est-à-dire que vous payez une TVA sur les taxes commençons par supprimer la TVA sur les taxes ça fera baisser de 20% les taxes et croyez-moi les Français respireront un peu mieux

39:04
Présentateur

Merci Edwige et c'est déjà l'heure du mot de la fin dans BFM politique Marine Le Pen j'avais prévu qu'on parle un peu financement des campagnes électorales il nous reste très peu de temps alors je voudrais simplement vous poser une question très précise un reportage chez nos confrères de France 2 a été diffusé la semaine dernière qui met en cause les relations de votre parti avec Steve Bannon l'ancien conseiller de Donald Trump avec qui vous avez eu un certain nombre d'échanges est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui clairement et formellement qu'il n'y a aucun financement américain organisé par Steve Bannon du Front National

39:43
Marine Le Pen

Il n'y a aucun financement américain organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement National et d'ailleurs je vous signale que c'est interdit par la loi puisqu'on ne peut même pas aller emprunter auprès d'une banque extra-européenne depuis la loi de 2017 en revanche Steve Bannon est de très bons conseils pour pouvoir faire des levées de fonds qui sont nécessaires évidemment auprès des français auprès de nos électeurs pour leur permettre pour nous permettre de les défendre au mieux

40:11
Présentateur

Et c'est de cette manière que vous avez financé cette campagne par un emprunt auprès des français qui a relevé 4 millions d'euros ça finance l'intégralité

40:18
Marine Le Pen

de la campagne ? Mais oui bien sûr ça finance l'intégralité et merci de me donner l'occasion de remercier les français qui nous ont ainsi fait confiance et nous ont prêté dans un temps record ce qui prouve peut-être qu'ils ont comme nous d'ailleurs de grandes espérances pour les résultats de ces élections européennes

40:35
Présentateur

Merci Marine Le Pen d'avoir été l'invité de BFM Politique aujourd'hui vous restez avec nous bien sûr affaire suivante Dominique Rizet Philippe Goudin très belle journée à tous sur BFM TV C'est parti