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Interviewyoutube.com· 29 mai 2024 18 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Interview de Selma Labib porte parole du NPA R et co-tête de liste aux européennes pour Radio Orient

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et politique ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Vous avez manifesté très jeune. Quelles étaient les causes qui vous ont fait descendre dans la rue ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quel est pour vous l'enjeu de l'élection du 9 juin ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Quel bilan faites-vous de l'action du Parlement européen sortant ?

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Concrètement, comment cela pourrait-il se traduire au niveau européen ?

  • 5:53OuverteRéponse directe

    Quels progrès sociaux pourraient apporter des députés européens issus du NPA ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « Je m'appelle Selma Labib. Je suis conductrice de bus. J'ai 28 ans. »
  • 0:48Invité politiqueFait
    « Je suis née en France de parents immigrés qui sont venus du Maroc. »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « Il y a eu cette loi travail sous un gouvernement socialiste de François Hollande. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « Ce gouvernement a quand même couvé dans l'œuf le petit Macron. »
  • 3:31Invité politiqueChiffre
    « Il y avait à peu près 60 lobbyistes pour chaque député européen. »
  • 4:53Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu 25 000 morts en 20 ans en Méditerranée. »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « Le pacte « Asile et immigration », qui a été voté à l'échelle européenne, elle a eu les suffrages de l'extrême droite, jusqu'à même des sociodémocrates, comme en Allemagne, par exemple. »
  • 7:11Invité politiqueChiffre
    « Le CAC 40, 150 milliards de bénéfices total, 21 milliards de bénéfices. »
  • 9:32Invité politiqueChiffre
    « Il y a 3 millions, il me semble, de logements vides. »
  • 10:01Invité politiqueFait
    « La France, d'abord, elle est complice du génocide qui est en cours à Gaza. »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « Les Kanaks, ils en savent quelque chose, parce que la France aussi, c'est un État colonial. »
  • 15:49Invité politiqueFait
    « En Italie, par exemple, où sa politique, c'est de couper les allocations chômage, c'est de précariser les travailleurs, c'est de baisser les salaires. »
  • 16:08Invité politiqueFait
    « La politique de l'extrême droite, elle est déjà au pouvoir avec Macron, Attal, Darmanin et tous les autres. »

Temps de parole

  • Selma Labib83 %
  • Présentateur16 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:03
Présentateur

Radio-Orient présente Pluriel. Pluriel animé par Loïc Barrière. Pluriel avec Selma Labib, porte-parole du nouveau parti anticapitaliste, tête de liste du NPA pour les élections européennes. Bonjour. Bonjour. Alors Selma Labib, pour commencer, c'est votre première élection. Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et politique ?

0:34
Selma Labib

Oui, bien sûr. Déjà, c'était déjà porte-parole jeune pendant la campagne des présidentielles de Philippe Poutou. Mais c'était bien sûr Philippe Poutou le candidat. Donc moi, je m'appelle Selma Labib. Je suis conductrice de bus. J'ai 28 ans. Je suis née en France de parents immigrés qui sont venus du Maroc. Voilà. Moi, j'ai toujours été révoltée par les inégalités, les injustices, les oppressions. Et puis, en fait, à force de manifestations, de combats, je me suis rejoint. Voilà. Le combat des révolutionnaires parce que, en fait, c'est toute cette société capitaliste qui est une impasse. Et c'est celle-là qu'il faut renverser pour répondre à tous nos besoins.

1:14
Présentateur

Vous avez manifesté très jeune. Quelles étaient les causes qui vous ont fait descendre dans la rue ?

1:21
Selma Labib

Déjà, le féminisme contre le racisme. Et puis après, il y a eu cette loi travail sous un gouvernement socialiste de François Hollande. Bon, si on avait encore quelques illusions sur ce qu'était le PS, on en a quand même eu une bonne preuve de ce que c'était. Donc, j'ai vu des travailleurs se mettre en grève. J'ai vu la force qu'on pouvait avoir dans les manifestations, les étudiants qui se mobilisaient. Les réponses du gouvernement avec une répression qui a été quand même énorme à ce moment-là. Ce gouvernement a quand même couvé dans l'œuf le petit Macron. Donc, tout ça, ça politise quand même et ça fait se rendre compte de pas mal de choses.

2:00
Présentateur

Alors, Selma Labib, vous êtes tête de liste pour les élections européennes. Quel est pour vous l'enjeu de l'élection du 9 juin ?

2:08
Selma Labib

D'abord, oui, on se présente avec notre liste sans frontières ni patron, urgence révolution. Une liste de 81 travailleurs, travailleuses, jeunes pour imposer nos préoccupations. Et en fait, cette liste, c'est un programme en tant que tel déjà. Et c'est un échantillon de ceux qui produisent tout, ceux et celles qui produisent tout dans cette société. Conductrices de bise comme moi, postiers, salariés de l'automobile, ouvriers de l'automobile, soignants, éducateurs, éducatrices spécialisées, enseignants, des jeunes aussi, des étudiants. Parce que c'est nous qui produisons tout dans cette société, mais on décide jamais de rien.

Et on veut s'exprimer par nous-mêmes et on présente un programme pour les luttes. On ne fait pas des grandes promesses. Voilà, on dit que voter pour nous, c'est un avertissement. Un avertissement pour dire que c'est eux, là-haut, les patrons, le gouvernement qui ont les milliards. Mais c'est nous qui sommes des millions et c'est un message pour dire qu'il faut qu'on reprenne confiance en nous, en notre capacité collective d'aller chercher ce dont on a besoin.

3:15
Présentateur

Selma Labib, quel bilan faites-vous de l'action du Parlement européen sortant ?

3:21
Selma Labib

Le Parlement européen, en tant que tel, il n'a pas beaucoup de pouvoir. C'est quand même un théâtre avec des acteurs. Il se faut offrir quelques pourboires par des lobbies. J'ai vu qu'il y avait à peu près 60 lobbyistes pour chaque député européen. Bon, nous, on pense que le vrai pouvoir, il faut plutôt aller voir du côté de ceux qui font l'appui et le beau temps dans l'économie, c'est-à-dire les grands groupes capitalistes comme Total, comme la DNT, comme Carrefour. Voilà, c'est eux qui imposent en fait leur dictature à toute la société.

Et c'est pour défendre ces intérêts-là que les parlements et le gouvernement, ils nous attaquent, toute la pluie d'attaques contre nous, contre les droits des travailleurs. Voilà, donc c'est pour défendre ces intérêts-là aussi, je le dis quand même, qu'ils cherchent à contrôler des régions du monde, comme on le voit avec ce qui se passe en ce moment en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, pour notamment le nickel ou les espaces maritimes, par exemple. Donc voilà, nous, notre liste, c'est aussi pour dénoncer ça et en profiter pour montrer que nous, on est du côté des travailleurs là-dedans.

4:25
Présentateur

Alors votre liste s'appelle « Pour un monde sans frontières ni patrons ». Concrètement, comment cela pourrait-il se traduire au niveau européen ?

4:35
Selma Labib

D'abord, nous, on est internationalistes, donc on pense que ce n'est pas à l'échelle européenne, mais bien à l'échelle du monde entier, qu'on pense changer les choses. On est pour la fin des frontières à l'intérieur de l'Europe, mais on est pour la fin des frontières à l'extérieur aussi. Il y a eu 25 000 morts en 20 ans en Méditerranée, donc les frontières, elles tuent. La loi de Darmanin sur l'immigration, qui a d'ailleurs aussi été votée par Le Pen, elle vient renforcer ça. Et le pacte « Asile et immigration », qui a été voté à l'échelle européenne, elle a eu les suffrages de l'extrême droite, jusqu'à même des sociodémocrates, comme en Allemagne, par exemple.

Donc voilà, nous, on pense que cette politique, elle est criminelle et elle est faite pour rendre les migrants plus fragiles, plus fréquaires. Et en fait, par extension, tous les immigrés, même les enfants d'immigrés comme moi, par des lois racistes, par un climat raciste, et ça, ça profite au patronat, en fait, qui impose ces conditions. Donc l'Europe forteresse, c'est une entreprise criminelle de division des travailleurs pour tirer l'ensemble des salaires vers le bas, même les nôtres. Et quand on dit qu'on est pour un monde sans frontières, c'est pour un monde d'égalité des droits, on ne pourra plus jouer de cette concurrence, en fait, entre les uns et les autres. Voilà.

5:53
Présentateur

Selma Labib, quels progrès sociaux pourraient apporter des députés européens issus du NPA ?

6:00
Selma Labib

Comme je vous dis, nous, on pense que les choses, on peut les avoir par les luttes. Mais dans le Parlement, on serait parmi les seuls travailleurs. Nous, ce qu'on veut, c'est mettre le nez dans leurs affaires, c'est dénoncer leurs petits arrangements, d'énoncer leur grande stratégie géopolitique. C'est ça notre objectif. Après, il y a quelques petites directives qui ont pu être positives dans ce Parlement, comme celle de reconnaître les travailleurs des plateformes Uber, par exemple, comme étant des salariés. Bien sûr, c'est des choses qu'on pourrait appuyer, mais regardez comment s'est mis en place. Macron, il a choisi de ne pas transposer cette directive ici, en France, par exemple.

Donc, quand on prétend que l'Union européenne, elle décide de tout, on voit bien que c'est les intérêts des capitalistes qui sont aux commandes. Donc, voilà, nous, c'est pour aller... Il n'y a pas de raison qui reste entre eux. Et on a à mettre le nez dans leurs affaires, parce que c'est de nos vies qui discutent pendant que nous, on bosse.

6:57
Présentateur

Selma Labib, quelles sont vos propositions pour limiter l'inflation des produits alimentaires et de l'énergie ?

7:03
Selma Labib

L'inflation, c'est un braquage patronal contre nous, parce que tout augmente, tous les prix augmentent, sauf nos salaires. Et on voit le CAC 40, 150 milliards de bénéfices total, 21 milliards de bénéfices. Et nous, nos salaires, ils baissent, les prix, ils augmentent. Et en fait, c'est la galère tous les jours. Donc, notre proposition, c'est déjà que les salaires, ils doivent augmenter autant que les prix augmentent. Voilà, c'est ce qu'on appelle l'échelle mobile des salaires et surtout les prix de première nécessité. Voilà, s'ils augmentent, nos salaires, ils doivent augmenter en même temps. Parce que c'est d'ailleurs aussi sur nos salaires que ce patronat, il se fait ses bénéfices.

Mais il y a cette échelle mobile des salaires. Et il y a aussi à rattraper toute l'inflation qu'on s'est prise dans la figure. Donc, on pense qu'il faut se battre pour 400 euros de plus par mois sur nos fiches de paye, sur nos pensions ou nos revenus. Voilà, pas un salaire, pas un revenu en dessous de 2 000 euros net. Ça, c'est une nécessité. Et au-delà de ça, parce qu'en ce moment, il y a des plans de licenciement qui pleuvent. Voilà, c'est près de 30 000, c'est les chiffres qu'a donnés la CGT récemment, 30 000 employés directs qui vont être sous le coup de ces licenciements. Ça aussi, c'est des attaques. Comment on vit derrière ?

D'autant plus que le gouvernement en est à sa 3 ou 4e réforme d'attaque contre l'assurance chômage. Donc, voilà, il faut qu'on mette en avant nos vies, parce qu'elles valent plus que leurs profits. Allez le chercher sur des patrons comme Tavares, qui est le patron de l'automobile, qui gagne 100 000 euros par jour. Ou des grandes familles comme Peugeot, Bernard Arnault. Enfin, voilà, les noms, on les connaît et c'est là qu'il faut aller chercher l'argent.

8:49
Présentateur

L'Union européenne pourrait-elle améliorer la vie, notamment des habitants des quartiers populaires ?

8:56
Selma Labib

Moi, j'habite à l'île juive, donc dans un quartier populaire. En fait, ce que c'est un quartier populaire, c'est un quartier ouvrier où il y a essentiellement des familles de travailleurs et de travailleuses. Les vieux, ils sont retraités, les jeunes, ils sont en formation ou alors privés d'emploi à cause des licenciements dont je vous parlais. Et améliorer la vie dans ces quartiers, c'est avant tout améliorer nos salaires et nos conditions de travail. Donc, pour ça, il faut lutter pour ça. Mais ce n'est pas que ça, c'est aussi tous les services publics sur lesquels le gouvernement fait des économies.

L'éducation, la culture, la santé, le logement aussi, c'est quelque chose d'hyper important. Et c'est la loi des propriétaires et de la spéculation immobilière, quoi. Il y a 3 millions, il me semble, de logements vides, si je ne dis pas de bêtises. Ces logements-là, il faut les réquisitionner et il faut que l'argent, il serve pour ces services publics-là, parce qu'on en a besoin pour vivre plutôt que des 400 milliards de budget pour l'armée.

9:52
Présentateur

Trois États européens viennent de reconnaître l'État de Palestine. La France doit-elle reconnaître, elle aussi, cet État ?

10:01
Selma Labib

La France, d'abord, elle est complice du génocide qui est en cours à Gaza. L'État d'Israël, c'est un État d'assassin, c'est un État colonialiste et d'apartheid. Macron, il est aussi responsable aux côtés de Biden et de Chos. Donc, nous, on est du côté du peuple palestinien. On est bien sûr pour son droit à l'existence et à l'autodétermination politique. Mais ce genre de droit, il s'arrache par la lutte face à un État colonial. Et ça, les Kanaks, ils en savent quelque chose, parce que la France aussi, c'est un État colonial.

Donc, si vous voulez, nous, on ne demande pas à Macron, parce qu'il ne fait rien pour arrêter Netanyahou, mais en plus, il le soutient militairement, politiquement, diplomatiquement. Et nous, on pense que ça viendra par en bas. Voilà, on est de toutes les manifestations depuis le début de la reprise, je dirais, de cette guerre, de l'offensive de l'État d'Israël. On est dans les universités, aux côtés des étudiants qui occupent un soutien à la Palestine. On dénonce, bien sûr, ce pouvoir qui nous traite d'antisémite, parce que ça, c'est vraiment une diffamation, c'est un mensonge. Ça sert seulement à nous faire taire, non seulement sur la Palestine, mais sur tout le reste.

C'est des amalgames qui sont racistes. Je ne confonds pas l'État d'Israël avec les Juifs du monde entier, de la même manière que je ne confonds pas le Hamas avec les Palestiniens. Donc, nous, on pense que c'est les mobilisations qui vont exercer une pression sur Netanyahou, et que la force, en tant que travailleur, on l'a, et on aurait même les moyens de bloquer tous les envois d'armes, par exemple, vers Israël.

11:33
Présentateur

Quelle relation souhaitez-vous, Selma Labib, entre l'Union Européenne et les pays du Maghreb ?

11:41
Selma Labib

Comme avec les travailleurs de tous les pays, j'aimerais qu'on unisse nos forces et qu'on puisse coopérer librement, sans domination, sans exploitation. Mais ça, c'est un peu difficile aujourd'hui. Mais nous, on est pour que les travailleurs, de chaque côté des frontières, ils se rendent compte qu'ils ont des intérêts communs par-delà les frontières, et on ne laisse pas de division entre nous. Et voilà, de fait, on est déjà mélangé sur nos lieux de travail, par exemple, et tant mieux, donc il ne faut pas qu'on se laisse diviser.

12:13
Présentateur

Alors, le NPA s'est scindé en deux groupes. Un groupe ne présente pas de candidats en France et souhaite un rapprochement avec la France insoumise. Et l'autre groupe auquel vous appartenez refuse tout accord avec des partis considérés comme réformistes. Pourquoi avoir fait le choix d'une liste autonome ? Je rappelle que ça n'était pas le choix d'Olivier Besancenot.

12:36
Selma Labib

Nous, avec la gauche, avec la France insoumise, avec le Parti communiste, on est ensemble dans les luttes, on est pour une unité d'action. Mais dans le cadre des élections, on ne défend pas les mêmes choses. Nous, on n'est pas pour simplement taxer les riches ou taxer les surprofits, on est pour exproprier le patronat. On n'est pas pour réguler l'immigration, on est pour ouvrir les frontières, on est pour la régularisation de tous les sans-papiers, on est pour la liberté de circulation et d'installation. Et ces choses-là, on ne peut pas les défendre ensemble dans les élections parce que ce n'est pas les mêmes perspectives.

Nous, on est pour aller jusqu'au bout des choses et on pense qu'il y a une réelle importance à défendre ça sous nos couleurs des révolutionnaires parce qu'on pense qu'il n'y a pas d'avenir dans cette société capitaliste et que ce qu'il faut, c'est la renverser. Et ça, on ne peut pas le défendre aux côtés des organisations de gauche qui, elles, postulent au gouvernement et postulent à gérer les affaires de la bourgeoisie.

13:32
Présentateur

Cette scission entre les deux NPA, est-elle définitive ou bien allez-vous vous retrouver après les élections européennes ?

13:40
Selma Labib

Écoutez, nous, on est pour un pôle des révolutionnaires, on le défend. On a même proposé à Lutte Ouvrière de faire une campagne ensemble. Ils ont refusé mais on continue de défendre ce pôle des révolutionnaires et avec tous ceux qui savent l'importance de faire exister ce courant d'idées en toute indépendance de la gauche de gouvernement. Donc, comme je vous dis, on est pour l'unité dans l'action. Mais voilà, il faut bien qu'on mette en garde contre ces gouvernements de gauche qui nous ont trahis et qu'on doit compter sur nos propres forces.

14:10
Présentateur

Alors, vous êtes très bas dans les sondages. Cette campagne vise-t-elle à faire élire des députés ou bien est-ce avant tout une tribune politique pour vous pour exprimer vos idées, notamment dans les médias ?

14:23
Selma Labib

On n'est pas là pour témoigner. Sinon, on ne se présente pas pour de vrai. Là, il y aura des professions de foi dans toutes les boîtes aux lettres, des bulletins de vote dans tous les bureaux de vote. On n'est pas là pour témoigner. Ce qu'on veut, c'est, oui, dire que voter pour nous, c'est un réel avertissement pour dire que c'est à nous de faire changer les choses et que ça ne viendra pas par ailleurs. Ce n'est pas qu'une tribune. C'est vraiment une campagne qu'on fait pour défendre nos perspectives, pour ne pas seulement résister, mais repousser l'offensive patronale et pour dire que le pouvoir des travailleurs, c'est la seule façon de sortir de l'impasse dans laquelle on est.

14:59
Présentateur

Selma Labib, le score cumulé de Jordan Bardella et de Marion Maréchal, selon les sondages, serait d'environ 40%. Quel message adressez-vous à ces électeurs qui s'apprêtent à voter pour l'extrême droite ?

15:12
Selma Labib

Ceux qu'ils font par conviction raciste, déjà, ils nous trouveront sur leur chemin et on ne les laissera pas faire. Et ceux qui pensent que voter pour le Rassemblement national, c'est mettre une claque à Macron, en fait, il faut bien qu'ils aient conscience que le RN, c'est l'adversaire que Macron a toujours rêvé. Ils mettent en scène un duel en ce moment, mais c'est un réel duo qui est sous nos yeux. Et à ceux qui se disent que le PN, on n'a jamais essayé, donc peut-être qu'il faudrait essayer, en fait, il suffit de regarder les pays où l'extrême droite, leurs amis, est déjà au pouvoir.

En Italie, par exemple, où sa politique, c'est de couper les allocations chômage, c'est de précariser les travailleurs, c'est de baisser les salaires. Donc, le RN et l'extrême droite, ce n'est pas du tout l'ami des travailleurs. Et au contraire, c'est l'ami des patrons. Donc, on a déjà essayé le PN à d'autres endroits. C'est du Macron tout craché. Ici, la politique de l'extrême droite, elle est déjà au pouvoir avec Macron, Attal, Darmanin et tous les autres. Donc, il n'y a aucune solution dans cette extrême droite.

16:18
Présentateur

Si ce score de l'extrême droite se confirme dans les urnes, comment les Français vont-ils vivre ensemble ?

16:24
Selma Labib

Quand on a un gouvernement qui mène déjà une politique d'extrême droite, ce racisme, le poison qui est diffusé, raciste, nationaliste, par en haut, il l'est déjà. C'est un poison qui est diffusé par en haut et il faut qu'on lutte en bas contre ça. Mais on vit déjà tous ensemble. Dans le tous ensemble, on le chante dans les manifs. Alors, c'est sûr, il contamine un peu les esprits. Mais il faut le combattre à la source, c'est-à-dire aux politiques de Darmanin, c'est-à-dire les médias de Bolloré, qui est quand même un milliardaire qui a fait fortune sur le pillage de l'Afrique. Le PN, elle prospère dans cet environnement-là.

Donc, quand les travailleurs, ils entrent en lutte, ça, c'est une autre histoire. Et on a fait des kilomètres de manifestations l'an dernier contre la réforme des retraites. Et pendant ce temps-là, ça parlait moins raciste et ça parlait beaucoup plus de nos préoccupations de travailleurs et de travailleuses. Donc, voilà, en fait, pour lui faire fermer sa bouche à l'extrême droite, c'est par nos luttes, encore une fois, c'est là qu'on ne l'entend pas et ce n'est pas son terrain.

17:21
Présentateur

Merci, Selma Labib. Je rappelle que vous êtes porte-parole du nouveau parti anticapitaliste et tête de liste du NPA pour les élections européennes. Merci. Merci à vous. C'était Pluriel, une émission hebdomadaire présentée par Loïc Barrière.