"La stratégie, c'est la diversité" : après les feux de l'été, l'ONF prépare l'avenir de nos forêts de Drôme et d'Ardèche
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Chapitres
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Questions et réponses
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On a tous en tête le gigantesque incendie du Dubois, mais est-ce que vous avez pu quantifier l'ensemble des hectares brûlés cet été en Dromardèche ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Est-ce que l'ONF travaille à créer des nouveaux chemins pour aller traiter le feu au plus près ?
- 2:06OuverteRéponse directe
L'étape d'après, c'est la revitalisation de la forêt. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On replante ou on attend que la nature reprenne le dessus ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Justement, à propos d'essences, on choisit lesquelles face au réchauffement climatique ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Cette question des nouvelles essences, on se la pose aussi au regard de la sécheresse, parce que ça aussi, ça fait mourir nos arbres. Vous avez une idée de l'étendue des dégâts ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Et du coup, là encore, on se pose la question de nouvelles essences. Ce seront les mêmes que sur les massifs où on reboise après incendie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On a un nombre de départs de feux aussi très important, on en compte de l'ordre de 225 pour chacun des deux départements. »
- 1:00InvitéChiffre
« Le feu de Belgarde en Dioua qui a parcouru plus de 400 hectares, et surtout le feu de Di qui a parcouru plus de 4200 hectares de forêt. »
- 3:43InvitéFait
« Les dégâts liés à la sécheresse et à la canicule de cet été se révéleront surtout à la reprise de végétation au printemps prochain. »
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Ici Dromardèche, dès votre réveil,
ici
matin jusqu'à 9h.
Quel avenir pour nos forêts après la sécheresse et les gros incendies de l'été. L'ONF planche sur la question en ce moment avec un tour de France pour dresser un état des lieux. Alors chez nous, qu'est-ce que ça donne Véronique Narboux ? Vous êtes ce matin avec Éric Dubois, directeur régional de l'Office National des Forêts. Bonjour Éric Dubois. Bonjour. On a tous en tête le gigantesque incendie du Dubois, mais est-ce que vous avez pu quantifier l'ensemble des hectares brûlés cet été en Dromardèche ?
Le recensement n'est pas entièrement consolidé, mais on peut déjà dire qu'on est sur une saison particulièrement active sur le front des feux de végétation. On a un nombre de départs de feux aussi très important, on en compte de l'ordre de 225 pour chacun des deux départements. Donc il y a environ neuf feux significatifs pour 270 hectares en Ardèche,
et
puis une dizaine de feux significatifs sur la Drôme, dont deux hors normes. Le feu de Belgarde en Dioua qui a parcouru plus de 400 hectares, et surtout le feu de Di qui a parcouru plus de 4200 hectares de forêt.
On
est souvent sur des massifs difficiles d'accès pour les pompiers. Est-ce que l'ONF travaille à créer des nouveaux chemins pour aller traiter le feu au plus près ?
Alors, se pose effectivement la question de l'équipement de ces matifs. Donc il y aura effectivement, dans le cas particulier du feu de Di, un retour d'expérience qui est en cours d'élaboration avec les services de la préfecture, le SDIS, la direction départementale des territoires, qui permettra de reconstituer la façon dont ça s'est passé, les éventuels points d'amélioration. Et parmi ces points d'amélioration, il y aura effectivement la question de l'équipement, donc sous forme de dessert, sous forme de citerne, de stockage d'eau. Et ça, c'est un travail qui se fait également à l'échelle départementale, via les plans départementaux de défense des forêts contre les incendies.
Celui de la Drôme sera révisé en 2027, qui sera ensuite décliné en plan de massif, où là, on pourra raisonner les manques, les besoins d'implantation précise, d'équipement, de mise au gabarit des pistes existantes, ou de création de nouvelles pistes, de nouvelles citernes, etc.
L
'étape d'après, c'est la revitalisation de la forêt. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On replante ou on attend que la nature reprenne le dessus ?
On va laisser le temps de voir ce qui va revenir naturellement, par des semis, par ce que les animaux, par exemple légers, pourront apporter comme graines. On compte beaucoup sur cette régénération, qui sera beaucoup composée d'essences feuillues. Les espèces feuillues ont la capacité de rejeter de souches après l'incendie. Et on ira planter, soit dans les zones où on n'observe aucune dynamique naturelle, soit dans des espaces où l'on souhaite diversifier les essences.
Justement, à propos d'essences, on choisit lesquelles face au réchauffement climatique
?
Alors, dans la stratégie, c'est la diversité qui est mise en avant. Donc, on n'ira pas choisir une essence miracle qui serait capable de résister à toutes les conditions, de résister aux feux, etc. Mais on va plutôt miser sur le mélange. Donc, on s'appuiera sur la régénération naturelle de pins noirs et des feuillues qui sont déjà présents. On donnera sans doute un coup de pouce à la nature en installant ce qu'on appelle des tables à fruits, qui sont des dispositifs qui mettent à disposition un certain nombre de graines, notamment de chênes à destination des oiseaux et des différents animaux, qui les dissémineront de façon naturelle.
Et puis, on viendra implanter sans doute des essences un peu plus méridionales. Donc, ça peut être des sapins méditerranéens, ça peut être du cèdre, du chêne pubescent, du chêne vert dans les zones les plus sèches, voire de l'arbousier. Enfin, des essences qui poussent dans des conditions plus sévères.
Cette question des nouvelles essences, on se la pose aussi au regard de la sécheresse, parce que ça aussi, ça fait mourir nos arbres. Vous avez une idée de l'étendue des dégâts ?
Alors, les dégâts liés à la sécheresse et à la canicule de cet été se révéleront surtout à la reprise de végétation au printemps prochain. On s'attend effectivement à ce qu'il y ait certains secteurs où les mortalités seront assez prononcées.
Au
global, la région Verne-Rhône-Alpes et les départements de la Drôme et de l'Ardèche ne sont probablement pas ceux qui seront plus impactés par la sécheresse et la canicule de cet été. Il y a eu quelques orages qui sont arrivés au bon moment. Et puis, on a aussi une végétation qui a plus l'habitude de ces épisodes assez sévères. Donc, on s'attend à avoir un peu moins de dommages que nos collègues qui sont situés plus au nord. Pour autant, il y aura probablement des dépérissements, des mortalités, soit directement liées à l'impact de ce déficit hydrique, soit liées à l'affaiblissement des arbres qui les rendent plus vulnérables à différentes maladies ou différents insectes.
Et du coup, là encore, on se pose la question de nouvelles essences. Ce seront les mêmes que sur les massifs où on reboise après incendie ?
Globalement, oui. Ça sera toujours un mélange. Et globalement, ça sera toujours la solution après avoir évalué les dynamiques naturelles. Et en termes de superficie, pour des raisons à la fois écologiques mais aussi économiques, la plantation ne sera toujours qu'une solution secondaire par rapport à la régénération naturelle. Les arbres ont la capacité de développer des facteurs de résistance lorsqu'ils subissent des sécheresses, des canicules dans leur jeune âge. Donc, on fait aussi le pari de la capacité d'adaptation des essences en place dans une certaine proportion. Mais pour l'instant, on n'est pas dans une logique de conversion complète des essences en place.
Éric Dubois, directeur régional de l'ONF, merci d'avoir été avec nous ce matin.
Merci à vous.