Pourquoi Retailleau attaque "La Jeune Garde" : le collectif Antifa du député LFI Raphaël Arnault ?
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L'actualité, je l'ai dit, c'est la dissolution de la Jeune Garde, organisation dont vous êtes porte-parole, Jem, je le rappelle. Bruno Retailleau l'a annoncé hier lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, on l'écoute.
Monsieur le député, vous avez raison, le 1er mai, c'est une date symbolique qui doit pouvoir réunir celles et ceux qui sont attachés à la valeur de travail et qui doit permettre, et notamment aux grandes organisations syndicales, de défiler, de défiler dans la tranquillité. C'est la raison pour laquelle, il y a quelques années au Sénat, j'avais promu un texte qui a depuis été adopté contre la dissimulation du village, vous avez notamment pour les Black Blocs qui entravaient ces manifestations. Et vous avez raison, et vous avez raison, puisque un certain nombre d'individus appellent au contournement des règles qu'a édictée la préfecture de police.
Le préfet de police, à juste titre, vient de signaler à la justice les propos d'un individu qui est d'ailleurs par ailleurs un attaché parlementaire d'une députée insoumise. Il incitait à contourner le dispositif précisément de la préfecture de police. Celui-là même fait l'objet de trois autres signalements au procureur, un autre par le préfet de police et deux autres du ministère de l'Intérieur. Nous ne le laisserons pas passer. Vous m'interrogez précisément sur la jeune garde. Nous ne pouvons dissoudre que lorsque nous avons des faits, que lorsqu'il y a un dossier qui est établi.
Eh bien, je veux vous confirmer que dans quelques heures, la procédure contradictoire contre la jeune garde qui doit amener, je l'espère, à cette dissolution sera engagée.
Jem, qu'est-ce que vous répondez à Bruno Retailleau que vous venez d'entendre ? Je lui souhaite bon courage parce qu'il ne va pas nous dissoudre aussi facilement. Nous, directement, ça fait des années et des années que l'extrême droite s'attaque à notre organisation. On a obtenu plusieurs victoires contre l'extrême droite, notamment dans la rue, contre le bastion social, contre Génération Identitaire aussi, qu'on a réussi à faire dissoudre. Et ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que l'extrême droite, elle est présente partout, que ce soit à l'Assemblée nationale et aussi auprès du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
Ce qu'on constate, c'est qu'Alice Cordier, qui est porte-parole du mouvement Némésis, qui est un mouvement violent, je le rappelle, parce que souvent, on les décrit comme un mouvement féministe, identitaire. Féministe, identitaire, on ne sait pas trop. Nous, on le rappelle que c'est un mouvement violent qui a attaqué plusieurs manifestations du 8 mars, que ce soit à Paris ou à Lyon. Alice Cordier, elle a ses entrées au ministre de l'Intérieur. Et là, ça fait presque un an maintenant que la cocarde étudiante et le collectif Némésis mènent une campagne pour la dissolution de notre organisation.
Et si ces organisations d'extrême droite qui sont liées à l'extrême droite violente souhaitent la dissolution de la jeune garde, c'est pour une raison très simple. C'est parce qu'on leur fait peur, parce que la jeune garde, c'est des victoires sur le terrain contre l'extrême droite. Et aujourd'hui, on a un ministre de l'Intérieur qui reprend le narratif de l'extrême droite, qui souhaite dissoudre une organisation antifasciste, parce que ce qui nous est reproché, moi, j'ai eu la lettre qui m'annonce la procédure pour la dissolution de la jeune garde. Ce qui nous est reproché en premier lieu, c'est d'être antifasciste. Et lorsqu'on reproche à une organisation...
Et lorsque ça devient un motif pour une dissolution, en fait, plus personne n'est à l'abri. C'est-à-dire que demain, la CGT est menacée, le planning familial est menacé, la France insoumise est menacée. Et face à ça, face à cette attaque encore liberticide qui va encore dans le sens de l'extrême droite du gouvernement, eh bien nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut s'organiser. Nous, ce qu'on va faire là, dans un premier temps, c'est déjà faire un recours et on va construire une mobilisation, une mobilisation solide. Vous dites qu'il y a eu une campagne contre la jeune garde. Est-ce que vous êtes surpris de cette dissolution ? Non, pas du tout.
Parce qu'en réalité, il y a quelques années en France, le climat politique était différent. C'est-à-dire qu'on avait une extrême droite beaucoup plus présente qu'aujourd'hui, beaucoup plus présente dans la rue aujourd'hui qu'aujourd'hui. Et en fait, avec la jeune garde, on a réussi à les faire reculer. On a fait reculer les oeufs Paris, on a fait reculer le baston social, génération identitaire. Et le fait qu'une partie de l'extrême droite essaye de s'institutionnaliser pour nous attaquer de cette manière, c'est aussi, quelque part, qu'on fait du bon boulot. Et le fait que Bruno Rotaillot nous attaque, c'est que, quelque part, on leur fait mal. Et nous, on n'est pas du tout surpris.
On savait que c'est une éventualité qui risquait d'arriver, surtout dans le contexte actuel, où, je le rappelle, en fait, on est dans une société où l'extrême droite progresse de jour en jour, non pas par le bas, mais par le haut, c'est-à-dire avec des élites médiatiques comme Vincent Bolloré, qui souhaitent imposer un discours raciste d'extrême droite qui conduit au meurtre, notamment, on l'a vu, Abou Bakar, qui a été assassiné dans une mosquée samedi dernier. S'il a été assassiné, c'est parce qu'il y a des gens qui diffusent des idéologies racistes comme le grand emplacement à longueur de journée sur les plateaux de télé. Non, on n'est pas dissous. On n'est pas surpris.
Oui, vous n'êtes pas surpris. Et on n'est pas dissous non plus. Et toi, Paul, est-ce que tu es surpris de cette dissolution ou tu rejoins James ?
Non, je le rejoins parce que je ne suis pas surpris par cette demande de dissolution. La possibilité de dissolution, elle vient d'un article du Code de la Sécurité intérieure, l'article L212-1. Et en fait, lui-même est une inscription qui reprend les dispositions d'une vieille loi. Une loi de janvier 1936 qui avait été passée pour dissoudre les ligues factieuses. On se rappelle la manifestation fasciste du 6 février 1934 qui avait fait des morts et qui s'était pris à la République.
Mais le problème, c'est que dans le sillage, l'utilisation de cette loi, si on regarde dans le détail, elle a certes permis de dissoudre ici et là des groupes d'extrême droite et des groupuscules violents, comme ils le sont régulièrement à l'extrême droite. Mais elle a surtout servi à dissoudre énormément d'associations qui, en fait, montraient à l'État son hypocrisie. Il tendait un miroir, il disait, regardez ce que fait la République française. Qu'est-ce que je veux dire par là ?
C'est qu'il y a eu la dissolution de différentes associations indépendantistes, malgaches, camerounaises, algériennes, vietnamiennes, c'est-à-dire en fait toutes les associations de gens qui luttaient contre la colonisation, contre le visage de cette République qui se proclamait irréprochable, phare des droits de l'homme dans le monde, mais qui concrètement était une République coloniale. Bon, et en fait, on a l'État qui a dans ses mains un outil, un outil de répression massive et qu'il utilise régulièrement. Dernièrement, on a une nouvelle séquence, je pense qu'elle s'ouvre avec notamment la dissolution du CCIF, qui était une association qui, pareil, a été dissoute pour quelles raisons ?
Parce qu'elle mettait en cause l'islamophobie de l'État. Elle mettait en cause l'État dans ses politiques, dans ses actions discriminantes envers un groupe et des personnes et donc systématiquement, cette avancée d'un pouvoir réglementaire puisque c'est sur le président de la République qui dissout sous proposition au Conseil des ministres, c'est un abus d'un pouvoir que l'État s'est approprié et qu'il utilise contre toute forme d'organisation qui vienne à remettre en cause son image. Donc, je ne suis pas très surpris parce que, et je finirai là-dessus, la Jeune Garde, c'est quoi ?
C'est une organisation qui, parce qu'elle lut de façon conséquente contre l'extrême droite, elle met en difficulté le gouvernement. Elle montre les acquaintances évidentes qu'il existe entre la Macronie et le Rassemblement National, entre Bruno Rotaillot, qui est lui, vraiment, quelqu'un qui a fait carrière à l'extrême droite. Je rappelle qu'il a commencé chez M. De Villiers, qu'il est vraiment la caricature de l'extrême droite catholique radicale avec des faux habits de bourgeois.
Mais enfin, c'est parce qu'elle met en difficulté, la Jeune Garde met en difficulté, voilà, l'image que se donne de pseudo-antifascistes, le gouvernement, la Macronie et tous ses alliés, qu'on s'attaque à cette organisation. Et donc, je ne suis pas surpris et j'espère qu'ils ne seront pas dissous. Et comme tu as dit, vous n'avez pas donné votre dernier mot.
Alors, on va revenir après sur les dérives du gouvernement au global concernant les associations. J'aimerais revenir sur l'actualité parce qu'il n'y a pas que la Jeune Garde qui fait face à une procédure de dissolution. Il y a aussi le collectif Urgence Palestine. Comment est-ce que vous interprétez le fait qu'on s'attaque à ce collectif, si tu veux commencer, Jem ? Ouais. En fait, c'est une répression qu'on voit depuis longtemps maintenant. C'est-à-dire, depuis le 7 octobre, il y a eu une répression massive qui s'est abattue sur les personnes qui soutenaient la Palestine d'un point de vue politique, pas simplement d'un point de vue humanitaire.
Et on l'a vu, en fait, dès les premières mobilisations. On a des camarades de la CGT qui ont été perquisitionnés parce qu'ils ont fait un tract en faveur de la Palestine. On a le collectif Palestine Vaincra qui a été dissous. Et aujourd'hui, on a Urgence Palestine qui est attaquée. En fait, c'est un procédé qu'on voit depuis maintenant presque deux ans où toutes les personnes qui soutiennent la Palestine sont accusées d'être des terroristes, des soutiens du Hamas. On l'a vu aussi avec le harcèlement constant que subit Rima Hassan d'une violence qui est inouïste, c'est-à-dire que c'est des menaces de viol, des menaces de mort, c'est des choses extrêmement dures.
Et face à ça, on a un État qui met ça de côté et qui souhaite réprimer le mouvement pour la Palestine. Et ce qu'on constate, c'est que les manifestations pour la Palestine, notamment organisées par Urgence Palestine, sont extrêmement dignes. Elles n'ont laissé aucune place à l'antisémitisme et on voit qu'il y a des personnes proches du gouvernement comme Horberger qui auraient rêvé qu'il y ait des antisémites dans nos mouvements. Eh bien, il n'y en a pas. Ils cherchent des excuses pour justement museler la solidarité avec la Palestine et les peuples opprimés.
Effectivement, de nouveau, Urgence Palestine est une organisation qui met en difficulté le gouvernement. Le gouvernement, qui, je vous rappelle, avait fait part de son soutien inconditionnel à la politique de M. Netanyahou, c'est-à-dire un massacre, un génocide commis contre les Palestiniens. Ils les mettent en difficulté parce que non seulement ils sont effectivement capables de mettre en place un mouvement, pas seuls, mais enfin, ils sont à l'origine du mouvement de solidarité qui s'exprime dans les manifestations massives dans le pays et en plus de cela, ils ne lésignent pas sur le vocabulaire.
C'est-à-dire qu'ils mettent en avant le droit inannélable du peuple palestinien à résister à la situation qui lui est faite. Et rien que dire ce mot, le dire comme les Palestiniens le disent, le dire comme le disent les militants d'urgence palestines, c'est absolument inadmissible pour le gouvernement. Et de nouveau, il faut comprendre que dans cette procédure de dissolution, il y a eu dernièrement des nouvelles lois qui ont permis d'aller plus loin dans cette possibilité de dissolution. Notamment la loi séparatise qui dit que maintenant, on peut dissoudre une organisation en lui reprochant un fait ou un agissement d'un de ses membres.
Et c'est à partir de ça qu'on va commencer à scruter et à essayer de trouver n'importe quelle excuse, mais de nouveau de façon unilatérale, de façon hémiplégique. Parce que tu parlais d'antisémitisme, l'Uni à Strasbourg, c'est le syndicat étudiant créé en réaction à mai 68. Bon, il y a des membres de cette organisation qui ont été pris en photo en train de faire des cellules nazies de jouer avec des jeux de cartes antisémites, avec des caricatures, c'est-à-dire antisémites qui portent le message vraiment des années 30. Qu'est-ce qui s'est passé ? Rien.
Probablement que, si on faisait la liste, Bruno Rotaillot peut-être pas, mais enfin un certain nombre des membres de la droite d'une républicaine dans ce pays ont assisté au congrès de cette organisation, qui est historiquement une organisation de droite à l'intérieur de l'université. Voilà, donc il y a un deux poids, deux mesures. Et Urgence Palestine, ben voilà, c'est effectivement à la suite du collectif Palestine vaincra.
Et d'autres, c'est le gouvernement veut se taper la tête de proue du mouvement associatif d'organisation de la solidarité parce qu'ils ont un discours qui tranche avec l'unilatéralisme pro-israélien du gouvernement et parce qu'ils sont des gens qui activement mettent en difficulté. Encore une fois, les racontards sont un Macron qui essaierait de trouver une position d'équilibre alors que concrètement, dans les faits, ils ont participé par leur complicité active à massacrer les Palestiniens.
Plus globalement, comment est-ce que vous analysez, vous, cette dérive ? On sait que depuis 2021, il y a une facilité pour le gouvernement de dissoudre des associations et moi, je pense notamment au mouvement écologiste des soulèvements de la terre qui s'est vu annuler sa procédure de dissolution par le Conseil d'État. Les juges avaient estimé à l'époque, je vais les citer, qu'aucune provocation à la violence contre les personnes ne peut être imputée au soulèvement de la terre. Qu'est-ce que vous pensez de ça ? C'est comme avec la Jeune Garde ou Urgence Palestine, c'est-à-dire qu'on a un gouvernement qui part d'un postulat idéologique qui souhaite dissoudre sans avoir étudié le dossier.
Parce que moi, je vous le dis, la lettre que j'ai reçue et les faits qui sont cités, ils sont hallucinants. C'est vraiment des motifs qui sont fallacieux, en fait. Et ce qu'on constate, c'est que le gouvernement part d'une volonté politique de dissoudre des mouvements de solidarité, des mouvements contestataires, des mouvements écologistes et après, ils brodent. Ça, c'est la réalité aujourd'hui. Et c'est le cas avec les soulevés mandataires et la dissolution n'a pas fonctionné. Aujourd'hui, c'est le cas avec Urgence Palestine et la Jeune Garde. Et nous, ce qu'on va faire, c'est construire une mobilisation massive, notamment sur... On va se mobiliser sur le côté juridique et dans la rue.
On va leur montrer que lorsqu'on s'attaque à une partie du mouvement social, à une partie du mouvement de solidarité, eh bien, en fait, on va répondre toutes et tous. Qu'est-ce que vous avez eu dans cette lettre, hormis les accusations d'antifascisme ? Alors, ça, c'est comique. C'est-à-dire que dans cette lettre, on nous accuse notamment d'organiser des stages d'autodéfense. On nous accuse aussi d'agression sans aucun fait juridique, enfin, sans aucune condamnation juridique, sans aucun fait juridique, en fait. C'est-à-dire qu'on prend l'effet, enfin, ce que peut dire la cocarde étudiante et on en fait parole d'évangile.
Et là, on voit encore la proximité qu'a Bruno Rotaillot avec les mouvements d'extrême droite qui font des violences, notamment la cocarde, parce qu'ils se sont exprimés, ils expriment leur violence souvent sur les campus, notamment à Tolbiac, à Nanter, etc. et ça, c'est quelque chose qui est extrêmement inquiétant. Paul, une réaction ?
Oui, non, mais effectivement, la liste des courses est donnée par l'extrême droite et on le sait, le gouvernement ne fonctionne que par le soutien tacite, parfois explicite, de l'extrême droite à son gouvernement. L'extrême droite qui travaille une division, qui propose une division du travail militant. Vous avez une représentation électorale qui est l'expression de masse avec la progression électorale du Rassemblement national, et de l'autre côté, des groupuscules violents, extrêmement et de façon très virulente raciste et qui, eux, en plus, ça donne à la violence.
On a des étudiants qui ont été effectivement agressés sur le campus de Nanterre il y a quelques semaines et le fait que Bruno Rotaillot soit l'homme pivot de ce dialogue entre l'extrême droite et le gouvernement n'est pas un fait nouveau. Il a pris la place de M. Darmanin qui est exactement dans le même rôle et il faut le souligner, comme par hasard, ce sont des ministres de l'Intérieur parce que le pouvoir de police est un endroit dans lequel s'organise la fascisation de ces sociétés. Pourquoi ? Parce qu'on a multiplié les lois liberticides ces dernières années, on a organisé une augmentation réelle du volume de l'arsenal de la répression.
Je rappelle que dans ce pays, on a des situations ou des mouvements sociaux où on finit avec des morts, des blessés de façon parfaitement hallucinante et que, pourtant, ça a peu suscité de débat si ce n'est que certains ont pu réussir à prononcer le mot de violence policière avant de se rétracter immédiatement alors qu'on a les gilets jaunes, alors qu'on a la répression de toutes les manifestations véritablement depuis la loi travail. Donc, ça ne m'étonne pas, ce dialogue, il est officiel, il ne s'agit pas d'un complot, il est visible dans toutes les prises de parole, dans le fait que Bruno Retailleau prenne, quand on dirait, il répondait dans une question à qui ? À M.
Sébastien Chenu, qui est un député du Rassemblement National. Donc, voilà, c'est un dialogue qui se met en scène et c'est extrêmement grave, extrêmement dangereux pour la suite, il faut rester serein et affronter la question, alors, sur le plan judiciaire, c'est une bataille juridique, mais enfin, la question sera politique. Le problème, c'est que l'État mène la guerre à l'État de droit. pris dans la main de ces néolibéraux autoritaires qui ont en perte d'hégémonie est en train de réduire petit à petit nos libertés publiques et politiques et ça, seule la mobilisation politique peut avoir un effet contre cela.
Et avec cette, je rebondis, mais avec cette dissolution, du coup, le gouvernement espère aussi derrière qu'il n'y aura pas de contre-pouvoir, en fait.
Absolument, c'est ce que je disais tout à l'heure en disant toutes les organisations qui, d'une manière ou d'une autre, viennent confronter l'État par rapport à son véritable bilan. Celui d'une république coloniale dans le passé, celui aujourd'hui d'une république qui, au nom d'une vision frelatée de la laïcité, s'attaque aux musulmans. Avec des propos quand même choquants. Je rappelle que le ministre de l'Intérieur a fini un de ses discours par « abat le voile ». Et quelques semaines plus tard, on a, quand on dirait, l'assassinat d'un croyant dans une mosquée, encore hier dans les Yvelines, une agression d'une femme voilée à Poissy. Que voulez-vous ?
Quand on est au pouvoir, nos paroles ont un poids particulier. Particulier parce que, d'abord, on a les moyens d'agir et parce qu'ensuite, on est ceux qui revendiquent la direction de la société. C'est-à-dire la direction dans laquelle l'envoyer, la faire progresser. Et il est vrai que la Macronie et toutes les nuances de la droite ont fait progresser depuis 20 ans l'islamophobie, ce racisme, par des politiques publiques, par des discours. Et finalement, les conséquences de ça, ce sont des actes criminels.
Plus globalement, James, j'imagine que vous, vous êtes en lien avec le tissu associatif et militant, notamment à Strasbourg où vous habitez. Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une criminalisation de ce genre d'engagement ? Oui, en fait, ce qu'on constate, c'est qu'aujourd'hui, il y a une inversion totale des valeurs. Et cette inversion totale des valeurs, elle se fait par le haut. Comme je l'ai rappelé précédemment, c'est Vincent Bolloré avec ses chaînes, ses news, ses 8, etc., qui martèlent à longueur de journée que les antifascistes seraient les vrais fascistes, que les écologistes seraient des terroristes, que les antiracistes seraient les vrais racistes.
Et effectivement, dans cette confusion généralisée, ça profite à l'extrême droite. Et ça, on le constate aussi dans cette procédure de dissolution. Parce que si, en réalité, on éloigne la question politique et qu'on prend simplement le fait d'une organisation violente, etc., la jeune garde n'est pas condamnée. Par contre, il y a des personnes qui sont au Front National qui sont condamnées. Claude Hermant, il a vendu les armes aux terroristes de l'hypercacher, qui était le responsable du service d'ordre du Front National. On a Claude Sinké, on a parlé d'Aboubacar, mais ce n'est pas la première fois qu'une mosquée est attaquée dans notre pays.
C'est-à-dire qu'on a Claude Sinké, qui est un ancien candidat du Front National, qui est rentré dans une mosquée à Bayonne avec un fusil et qui a tiré sur deux fidèles. Et dans ce cas-là, si on prend simplement, si on éloigne la question politique, pourquoi aujourd'hui le ministre de l'Intérieur ne dissout pas le Rassemblement National ? C'est eux qui propagent cette idéologie mortifère de l'islamophobie qui tue aujourd'hui, qui tue des jeunes comme Aboubacar. C'est eux qui ont des condamnations, c'est eux qui commettent des violences et c'est la question qu'on pose aujourd'hui. Après, pour être tout à fait honnête, nous, on a reçu énormément de soutien depuis hier.
C'est-à-dire que la société, elle résiste. Elle résiste aux assauts de l'extrême droite, à cette idéologie qu'on souhaite nous imposer d'en haut et il y a tout le mouvement social, tout le mouvement associatif qui nous contacte et prochainement, il y a des mobilisations qui vont naître. Qui vont naître parce qu'aujourd'hui, si on se laisse faire, la porte est ouverte à tout. Parce que la jeune garde, qu'est-ce que c'est ? La jeune garde, c'est la première organisation spécialisée sur la question de l'extrême droite aujourd'hui. C'est-à-dire que c'est nous qui avons obtenu beaucoup de victoires sur l'extrême droite, notamment l'extrême droite violente, l'extrême droite de rue.
Et si aujourd'hui, on laisse faire ça, comme je l'ai dit, demain, la CGT va être attaquée parce que je me souviens dans des mouvements sociaux comme la loi travail ou la réforme des retraites, il y a des personnalités de l'extrême droite qui est appelée à la dissolution de la CGT. Aujourd'hui, il y a des personnalités d'extrême droite qui appellent à la dissolution de la France insoumise. Où est la limite ? Et face à ça, ce que nous, on dit, c'est qu'il faut organiser la résistance. Et nous, ce qu'on souhaite dire, on aimerait bien paraphraser le rappeur Médine qui dit une phrase toute simple. Ils peuvent tuer le résistant mais pas la résistance. Et avec l'antifascisme, c'est pareil.
Ils peuvent dissoudre la jeune garde mais nos pratiques sont infusées dans le mouvement social. On travaille avec énormément d'organisations politiques. Ce qu'on fait aujourd'hui, populariser l'antifascisme, combattre l'extrême droite sur le terrain, ce n'est pas demain que ça va s'arrêter. Jeune garde ou pas ? Et c'est quoi la suite pour la jeune garde ? Vous avez parlé d'une procédure pour justement contrer cette dissolution ? C'est ça. Du coup, c'est une procédure juridique. On a plusieurs personnes qui travaillent à ce sujet-là. Pour l'instant, je ne peux pas en dire plus parce que c'est en train d'être vu actuellement.
C'est des choses qui seront annoncées par la suite mais effectivement, on va se battre, on ne va pas se laisser faire parce que lorsqu'on est attaqué par l'extrême droite, notre responsabilité c'est de répondre parce que si aujourd'hui on leur laisse le terrain, le champ est libre. Merci beaucoup, Jamie Oldash. Je le rappelle, vous êtes porte-parole de la jeune garde. Merci pour votre participation à ce plateau et merci à vous, Paul Elec. Sous-titrage Société Radio-Canada
Raphaël Arnault