Jean-Philippe Tanguy : "François Bayrou a choisi plus d'impôts et de taxes !" (France 3)
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Questions et réponses
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Vous êtes président délégué du groupe Rassemblement à l'Assemblée nationale et député de la Somme.
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François Bayrou va utiliser le 49.3 pour faire voter le budget 2025, il l'annonce dans la tribune dimanche. Ça veut dire qu'il accélère, il vous prend par surprise ?
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Pour vous, personnellement, il faut censurer ?
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Donc pour vous, alors qu'il est, clairement, votre position, c'est quoi ?
- 4:09ComplaisanteRéponse directe
Alors le budget qui va être proposé est celui qui est sorti de la commission mixte paritaire cette semaine, qui ne vous convient pas. On revoit les grandes lignes en résumé pour que ce soit bien clair.
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Vous avez dit, Jean-Philippe Tandic, à titre personnel, vous seriez pour une motion de censure, pour le vote d'une motion de censure. Mais la question est, est-ce que ce serait une motion de censure du RN ou n'importe laquelle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« M. Bayrou fasse les mêmes erreurs que M. Barnier »
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« l'avis du Haut Conseil des finances publiques, qui est un avis de la Cour des comptes, plus ou moins, qui pourtant a révélé que comme M. Barnier, M. Bayrou a choisi des impôts, des taxes, des contributions »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« pour 1 euro d'économie, il y a 9 euros d'impôts en plus »
- 2:19Invité politiqueFait
« toute la clique macroniste, ils aggravent la situation et ils mettent au pot commun de l'Europe nos centrales nucléaires »
- 9:56Invité politiqueFait
« C'est un gel des crédits. On dit que c'est moins 100 millions d'euros par rapport à un budget qui n'a jamais existé »
Temps de parole
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Invité de l'entretien de dimanche en politique, Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Vous êtes président délégué du groupe Rassemblement à l'Assemblée nationale et député de la Somme. Alors c'est l'actualité politique de ce dimanche matin, plus de mystère. François Bayrou va utiliser le 49.3 pour faire voter le budget 2025, il l'annonce dans la tribune dimanche. Ça veut dire qu'il accélère, il vous prend par surprise ?
Écoutez, oui et non. Je dois dire que je suis surpris, c'est vrai, que M. Bayrou fasse les mêmes erreurs que M. Barnier, c'est-à-dire à la fois croire que cette commission mixte paritaire, qui ne réunit pas vraiment toute l'Assemblée selon les choix du peuple français, soit un moment historique qui serait solennel, et surtout les mauvais choix, c'est qu'en fait il a fait les mêmes arbitrages que M. Barnier. Alors vous l'avez dit, dans tout ce brouhaha médiatique autour du budget, il y a l'avis du Haut Conseil des finances publiques, qui est un avis de la Cour des comptes, plus ou moins, qui pourtant a révélé que comme M. Barnier, M.
Bayrou a choisi des impôts, des taxes, des contributions, c'est-à-dire qu'il n'y a pas des économies, c'est-à-dire que l'avis dit que pour 1 euro d'économie, il y a 9 euros d'impôts en plus. Donc on voit bien qu'on est complètement dans le décor par rapport à ce qu'il faut faire. Donc en clair, 49.3, en face, vous faites quoi ? Censure ? Le groupe, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, prendra une décision entre soit en août lundi ou entre lundi et mercredi, s'il y a le dépôt d'une motion de censure. Moi, j'estime aujourd'hui, avec un certain nombre d'analyses, que ce budget n'est pas possible pour la France. Il est pire qu'un contre-budget, qu'il est pire en fait qu'une absence de budget.
Donc moi, l'analyse que je fais en tant que membre de la Commission des finances, c'est que c'est un très mauvais budget pour la France. Et je dirais à mes collègues Marine Le Pen et à Jordan Bardella, que pour moi, ce budget est très mauvais. Ils prendront ensuite une décision. Et donc pour vous, personnellement, il faut censurer ? Je pense qu'il faudrait bloquer ce mauvais budget. C'est-à-dire censurer ? Oui, mais moi, si vous voulez, je ne confonds pas. Très clairement, est-ce que ça veut dire censurer ? Bloquer le budget, oui, ce serait évidemment… Vous, vous êtes pour la censure.
Je pense que ce mauvais budget, notamment un certain nombre de dispositions très graves sur l'électricité, sur la fixation du prix de l'électricité, les Français sont quand même familiers avec la crise énergétique qu'ils ont vécue, des conséquences, des mauvaises règles de libéralisation du marché européen de l'électricité. Et bien, à l'article 4, au lieu de corriger ces règles, comme l'avait promis Gabriel Yalata, Emmanuel Macron, François Bérou, Édouard Philippe, toute la clique macroniste, ils aggravent la situation et ils mettent au pot commun de l'Europe nos centrales nucléaires. C'est l'équivalent, si vous voulez, c'est comme si l'Arabie saoudite… On peut revenir ça dans un sujet.
C'est comme si l'Arabie saoudite perdait le contrôle de ces puits de pétrole.
Jean-Philippe Tanguy, vous êtes monsieur budget du Rassemblement national, de l'Assemblée nationale. Vous étiez à la commission mixte paritaire tous ces derniers jours. Donc pour vous, alors qu'il est, clairement, votre position, c'est quoi ?
Si M. Bérou ne prend pas un certain nombre de mesures par amendement, je pense effectivement que nous devons nous associer à une motion de censure. Mais c'est ma position, comment dire, c'est mon analyse personnelle. Moi, je fais partie d'un collectif, je fais partie d'un groupe et je ne confonds pas comme d'autres. Mon avis est celle que prendra, évidemment, avec sagesse Marine Le Pen et Jordan Barbella. Ça tiraille dans le groupe, il y a des tendances. Non, ça tiraille pas, si vous voulez.
Mais une position politique, c'est un équilibre général entre les impératifs du budget, mais aussi d'autres obligations politiques, la politique migratoire, la politique de sécurité, l'équilibre général de la France. Est-ce que mes collègues Marine Le Pen et Jordan Barbella estimeront que l'intérêt de la France, c'est aussi d'avoir un budget malgré les défauts énormes ? C'est eux, souverainement, qui décideront... Et il n'y aura qu'une seule ligne ORN ? Bien sûr qu'il n'y aura qu'une seule ligne ORN. Il n'y aura pas des gens qui votent pour la France ? Non, mais nous, on est un parti sérieux. Donc il n'y a qu'une seule ligne ? On a des chefs, Marine Le Pen et Jordan Barbella.
Moi, on propose des analyses au cours du budget. Évidemment, de toute façon, c'est public. Donc les positions que les commissaires aux finances prennent au cours des discussions et dans la CMP, elles sont publiques. Donc ça ne sert à rien que je dise des choses différentes sur les plateaux que ce que je dis à la commission ou ce que je dis à Marine Le Pen et à Jordan Barbella. Mais mon avis n'est qu'un parmi 140... Mais il n'y aura qu'une seule ligne ORN. Exactement, un avis par rapport à l'analyse globale de Marine Le Pen et Jordan Barbella. Je vais être très clair là-dessus.
Alors le budget qui va être proposé est celui qui est sorti de la commission mixte paritaire cette semaine, je le disais, qui ne vous convient pas. On revoit les grandes lignes en résumé pour que ce soit bien clair.
Le PS a obtenu le maintien de 4000 postes d'enseignants. Mais les débats se sont tendus sur l'aide médicale d'État, 1,2 milliard. Elles permettent aux étrangers sans papier d'être soignés gratuitement. Les républicains voulaient beaucoup la réduire. Les socialistes ont obtenu une baisse plus modérée.
Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que nous en sommes satisfaits ? Non, nous n'en sommes pas satisfaits. Est-ce que nous serons vigilants dans l'exécution de la loi de finances ? Et qu'aucun étranger qui a droit à l'AME n'en soit privé, bien sûr que nous le serons.
Tollé de la France insoumise qui défend l'AME et colère du RN qui veut la supprimer. Le Rassemblement national dénonce aussi la réforme des revenus d'EDF issus du nucléaire. Il prédit une hausse des tarifs. Le RN fustige le texte final conclu entre bloc central, républicain et socialiste.
On est vraiment dans la co-gestion pathétique du parti unique. Toujours plus d'impôts, toujours moins de services publics.
Autre controverse, la contribution sur les grandes entreprises, 8 milliards, critiquée par le patron de LVMH. Finalement, elle est actée sur un an seulement 2025 et pas 2026, idem pour la taxe sur les plus hauts revenus. Un budget 2025 qui doit lundi passer l'épreuve de l'hémicycle. Le gouvernement devrait déclencher le 49-3 qui pourrait entraîner une censure. Ni le RN ni le PS n'ont indiqué s'il la voterait.
Vous avez dit, Jean-Philippe Tandic, à titre personnel, vous seriez pour une motion de censure, pour le vote d'une motion de censure. Mais la question est, est-ce que ce serait une motion de censure du RN ou n'importe laquelle ?
Non, mais ce sera n'importe laquelle parce que ce qui compte... Même celle de la France insoumise ? Si le cas échéant, si cette décision est prise, c'est l'efficacité qui compte. On n'a jamais été dans le sectarisme. La France insoumise a plusieurs fois fait planter un certain nombre d'avancées très importantes pour les Françaises et les Français. Je rappelle que c'est le sectarisme de la gauche qui a empêché que le RN fasse passer le retour de la réforme des retraites à 62 ans. Je voudrais quand même revenir sur les soi-disant acquis des partis socialistes. Tout ça est pipo. C'est quand même une vaste opération d'escroquerie politique.
On parle de les enseignants, le maintien des enseignants. On l'a voté, nous aussi au RN, on l'avait demandé. C'est 50 millions d'euros. Bon, 50 millions d'euros sur plus de 1 200 milliards même de dépenses publiques, c'est pinote. Voilà, c'est rien. Donc en fait, ils font croire qu'ils ont obtenu quelque chose. Alors qu'en fait, la seule chose qu'ils ont obtenue, c'est 3 milliards de chèques. Personne ne le dit à part le RN, pour leurs amis des régions, des métropoles, des syndicats des transports. Tout ça va être payé par les métropoles et par les contribuables français.
Et en fait, avec le Parti socialiste, les travailleurs français ont le droit uniquement de payer pour les migrants et pour les politiciens. Et pour préparer la campagne municipale de Mme Hidalgo et des autres losers du Parti socialiste.
Aujourd'hui, Jean-Philippe Tanguy, c'est eux qui ont la clé, comme dit François Hollande. Parce que si les socialistes ne votent pas la motion de censure, elles ne passent pas.
Oui, alors c'est un peu différent de ça. Vous leur donnez la clé, vous leur donnez le point. Non, mais on ne leur donne pas la clé. Je veux dire, s'ils veulent trahir les Françaises et les Français, trahir leur programme électoral, ça les regarde. Parce qu'ils avaient dit tout et le contraire de tout. Mais enfin, que les socialistes en ont l'habitude, surtout qu'on fait réélire François Hollande. Je voudrais quand même aussi signaler le ridicule de M. Mélenchon, qui passe sa vie à se faire passer pour un grand stratège, pour le génie des Carpathes, et qui a réussi à faire réélire son pire ennemi, François Hollande, qu'il a trahi en 1980, en 1990, en 2000, 2010, 2020. Donc, M.
Mélenchon et François Hollande, avec les socialistes, c'est 50 ans de vie politique pour rien, et 50 ans de trahison perpétuelle. Et parlons quand même des pauvres Républicains, qui se sont fait mais humiliés. Moi, j'avais même de la peine pour eux, sincèrement, parce que, bon, moi je viens historiquement de l'UMP avec M. Dupour-Aignan, c'est pathétique. Donc, ils se sont vendus, pieds et moins liés, pour rien. Ils n'ont même pas obtenu 200 pauvres millions d'euros sur l'aide médicale. Donc, ils devraient censurer, ils étaient cohérents, si on vous entend. Bien sûr qu'ils devraient censurer, mais ça fait longtemps qu'ils ne sont plus cohérents.
Mais ça fait longtemps qu'ils ne sont plus cohérents, parce que les Républicains, Mme Genevard, M. Wauquiez, M. Rotaillot, ils préfèrent une voiture avec chauffeur, plutôt que de défendre l'intérêt des Français. Donc, on voit à quel prix sont les Républicains. Ce n'est pas cher, c'est les soldes permanentes, et au final, tout devra disparaître pour le gaullisme des Républicains. Aucun intérêt national, aucun enjeu. Mais vraiment, vous vous rendez compte, les Français doivent faire des efforts, et il n'y aura rien sur l'immigration.
Donc, en fait, c'est un budget où tout le monde doit se serrer la ceinture, sauf les politiciens, sauf les migrants, sauf l'Union Européenne, sauf la bureaucratie.
On y vient, Jean-Philippe Tanguy, parce que le RN est en campagne permanente, c'est la stratégie de Jordan Bardella, le patron du parti. Et hier, il tenait meeting à Montélimar dans la Drôme. Les questions de budget n'ont pas été centrales dans son discours. Mais une nouvelle fois, l'immigration, après les propos de François Bayrou sur le sentiment des Français d'être face à une submersion migratoire. Jordan Bardella a réclamé à nouveau un référendum sur l'immigration. Est-ce que vous pensez que c'est la priorité aujourd'hui ?
Oui, tout à fait. C'est une priorité ? Bien sûr, Jordan Bardella a raison, parce que c'est le cadre de toute la politique française, c'est la souveraineté nationale. Si nous ne reprenons pas le contrôle de nos frontières, avec l'outil constitutionnel, l'Union Européenne et les juges continueront à faire le contraire de ce que veulent une très large majorité de Françaises et Français, y compris d'ailleurs des Françaises et Français qui votent à gauche, et on ne pourra pas aussi faire des économies.
Parce que nous, on a chiffré au minimum que la submersion migratoire, le fait qu'on donne les mêmes droits aux clandestins qu'aux Français, par contre, sauf le droit de payer des impôts évidemment, ça coûte 15 milliards d'euros. Donc voilà qu'on commence à faire des économies. 100 millions de moins pour l'aide médicale d'État que dans le prochain budget. Non mais ça, ce n'est pas vrai. Ça, c'est une manipulation comptable. C'est un gel. Moi, si vous voulez, j'ai pris en photo, de toute façon, parce qu'on ne l'a pas donné, l'amendement de la Macronie auquel s'est soumis les Républicains. C'est un gel des crédits.
On dit que c'est moins 100 millions d'euros par rapport à un budget qui n'a jamais existé. Moi, je peux vous mettre plus de 80 milliards sur un bout de papier et après vous dire que j'ai fait 80 milliards d'économies, mais en fait, au final, ce sera zéro. Et les Français aussi ont besoin quand même, je pense, d'un langage de vérité et qu'on arrête de les prendre sans cesse pour des imbéciles. En présentant des vessies pour des lanternes, il y a zéro euro d'économie sur l'immigration. C'est toujours plus d'argent pour les migrants, y compris pour les clandestins. Et rappelons-les, ce sont des délinquants. On va accueillir... Pas toujours. Si. Tous les clandestins ne sont pas des délinquants.
Si. Ils sont rentrés ou ils se maintiennent sur le territoire contre la loi.
On va accueillir Laurence Perron, Jean-Luc Politique à France Inter, qui est avec nous pour sa carte blanche aujourd'hui. Bonjour Laurence. Bonjour Francis. La stratégie du RN.
Oui, bonjour Jean-Philippe Tanguy. On a un peu de mal à dire cette stratégie. Marine Le Pen dit qu'elle n'a rien contre François Bayrou. Et d'ailleurs, vous n'avez pas voté la censure des Insoumis lorsqu'il a fait sa déclaration de politique générale. Et là, vous vous laissez entendre qu'on pourrait censurer. Et peut-être que derrière, vous n'allez pas le censurer. On ne comprend pas. Ça fait un peu zigzag.
Mais ce n'est pas un... Je comprends votre question. D'ailleurs, je vous remercie de pouvoir préciser cette position. Marine Le Pen et Jordan Bardella dirigent notre famille politique. Ils la dirigent avec une vue d'ensemble sur tous les enjeux de la nation, sur la diplomatie. Par exemple, sur la situation de Mayotte, qui traverse une crise très grave, évidemment, la censure, pour les mettre en sécurité. Et de facto, avec ce que vous avez dit sur ce budget, si vous ne votez pas la censure, vous allez passer pour des gens qui disent des choses et qui ne les font pas. Non, pas du tout. Je fais une analyse sur ma spécialité.
Je n'ai jamais dit que parce que je faisais cette analyse, j'engageais le groupe. Je fais une analyse avec bonne foi. Et comme je suis de bonne foi, mes confrères... Marine Le Pen ou Jordan Bardella n'ont pas à me suivre moi ou à suivre un autre député. C'est à vous de le suivre. C'est à nous, évidemment, de le suivre et de faire confiance à leur jugement. Moi, je propose une analyse. La censure. Une analyse avec... Moi, je pense que ça doit conduire à une censure. Mais je ne suis pas le centre du monde. Voilà, contrairement à d'autres. Je sais que tous les politiciens et toutes les politiciennes français se prennent pour ce qu'ils ne sont pas. Moi, je reste à ma place.
On a bien compris que c'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui vont décider. Et les autres députés. Et Marine Le Pen a dit qu'Emmanuel Macron devait s'en aller, tout comme Jordan Bardella. Mais pourtant, vous n'appuyez pas sur le bouton. Par exemple, vous n'avez pas signé non plus la destitution d'Emmanuel Macron. Est-ce que ce n'est pas un petit peu hypocrite ?
Mais non, parce que c'est grotesque la destitution. C'est-à-dire que M. Mélenchon, qui a toujours été la roue de secours de M. Macron, tous les Français et les Français savent que c'est lui qui l'a fait voter. Donc il s'agit... Non mais j'explique. Donc il en fait des tonnes. Pour faire oublier que M. Macron et ses députés se maintiennent grâce aux insoumis. Donc les Françaises et les Français, moi je pense, ne sont pas dupes de ce genre de manipulation. Comment on fait pour le faire partir, Emmanuel Macron ?
Parce que vous dites que vous avez envie qu'il parte.
En fait, c'est le rapport de force politique. Il a perdu les élections. Même les grands patrons, qui ont quand même fait largement son élection en 2017, sont en train de le lâcher parce qu'il nous a ruinés que le Mozart de la finance finit en riquouillem. Et je pense que la situation politique, si il était démocrate, le pousserait à cela. Mais ce n'est pas en faisant croire que M. Macron est un traître à la nation et qu'il doit être destitué comme s'il avait lancé.
Est-ce qu'il n'y a pas un petit peu aussi, je reprends ce terme d'hypocrisie, on a l'impression que vous laissez LFI être les exécuteurs des bases d'œuvres. Ils proposent la destitution, vous ne la votez pas, ils proposent la censure. Alors là, peut-être vous allez la voter. Est-ce que, gardez-vous votre respectabilité ?
Non, mais moi, je ne veux pas faire des bases d'œuvres, ce n'est pas l'objectif de Marine Le Pen. Effectivement, on laisse à M. Mélenchon l'agitation, les pignoufries, ne pas respecter les morts, insulter tout le monde, faire alliance avec les islamistes et les dealers. Effectivement, on laisse ça aux insoumis, on ne veut pas s'y mêler. Ça, je vous confirme. Mais néanmoins, vous voudrez peut-être la censure, l'indique. Oui, parce que la censure est un objectif d'intérêt général, si le groupe estime...
Oui, mais parce que ça, c'est du cinéma. Mais juste une petite chose, vous disiez s'il y a débat dans le groupe. Est-ce qu'il peut y avoir un vote interne dans le groupe RN ?
Non, pas du tout, mais nous, si vous voulez, on fait confiance à Marine Le Pen et à Jordan Bardella. On a une unité de commandement, c'est pour ça que nous sommes si efficaces et que surtout, les Françaises et les Français, en tout cas ceux qui votent pour nous, nous reconnaissent une cohérence et une seule ligne.
Merci, Laurence. On va faire un détour par les inondations qui touchent la Bretagne jusque dans la Somme, votre département. Le pic de crue a été atteint en Ile-et-Vilaine. Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, est allé sur Placière. Il a annoncé le déclenchement de l'état de catastrophe naturelle en demandant aux assureurs d'accélérer le dispositif. Les dégâts risquent de coûter très cher. On sait que les assurances, parfois, se font tirer l'oreille et les tarifs d'assurance augmentent. Vous qui défendez le pouvoir d'achat des Français, c'est votre truc, j'allais dire, on ne vous entend pas sur les assurances. Pour vous, il n'y a pas de souci avec les assurances ?
Si, sincèrement, je prends souvent la parole en commission finance avec mes collègues sur les assurances. Vous ne pose pas la question en public, alors ? Non, mais c'est la commission qui gère les assurances. C'est pour ça que je le dis. Et effectivement, moi, on a une position très forte que les assureurs doivent exercer leur mission et que l'État est très faible face aux forces de l'argent. Parce que les assureurs, n'oublions pas, ce n'est pas l'assureur du coin qui n'y est pour rien, évidemment, dans son cabinet de proximité.
On parle des dirigeants, de gens qui ont beaucoup de moyens sur les marchés et qui veulent toujours, en fait, c'est toujours pareil, mutualiser les pertes, privatiser les profits. Ça, c'est les assureurs, c'est la finance. Donc s'il n'y a pas une forte autorité de l'État, ils ne remplissent pas leur mission. Alors là, c'est au nom du climat, mais en fait, c'est juste au nom de l'argent qu'ils abandonnent légèrement, malheureusement.
Une dernière question qui vous concerne en tant que député, parce que vous savez qu'à l'Assemblée nationale, il y a des travaux en ce moment sur les toits de l'Assemblée nationale. Il y a des couvreurs, des ingueurs, des électriciens aussi qui ont l'habitude de prendre leur café... Il y a aussi des inondations, l'Assemblée. Oui, qui ont l'habitude de prendre leur café à la machine à café et ils croisent des députés. Et d'après nos confrères du journal du dimanche, certains, on leur a dit de ne pas venir à la machine à café au milieu des députés. Il y a Elbrun Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui dit que c'est faux et qu'aucun ordre n'a été donné dans ce sens.
Est-ce que d'abord, vous pensez que c'est possible ? Et si oui, qu'est-ce que vous demandez à la présidente de l'Assemblée nationale ?
Je crois que ce soit possible, parce que j'entends dans les couloirs ce genre de commentaires, ce mépris de classe permanente. De la part de qui ? De députés de tous bords sur leur Assemblée nationale, il faut bien le dire. Voilà, c'est un peu triste, parce que l'Assemblée nationale, c'est le palais du peuple, c'est la maison du peuple, il appartient à tout le monde. Et je pense que si les députés ne veulent pas croiser les ouvriers et les artisans, je leur propose de faire les travaux eux-mêmes. Non mais juste, que demandez-vous à la présidente de l'Assemblée ?
Elle doit mener une enquête ?
J'espère que c'est faux, mener une enquête sans doute, parce que ça va choquer, je pense, les Françaises et les Français, et ils ont raison d'être choqués, et de savoir ce qui s'est passé. Mais malheureusement, ça ne m'étonne pas, parce qu'il y a beaucoup de gens qui pensent qu'être député, c'est un privilège. Non, être député, c'est comme tout le monde, avec des devoirs, et arrêter de se prendre pour des petits marquis, et de toujours voir se gaver sur le dos des autres, ce n'est pas le genre de la maison.
Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir accepté notre invitation dans Dimanche en Petit.
Jean-Philippe Tanguy