L'interview : Eric Ciotti - 14/02
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.
Il est 8h33, Eric Ciotti, bonjour. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes député Les Républicains des Alpes-Maritimes, vous êtes finaliste malheureux du Congrès Les Républicains et vous êtes le conseiller autorité sécurité de la candidate Valérie Pécresse. On va parler bien sûr aussi d'Ukraine, on va parler pouvoir d'achat. Mais d'abord, ce qui s'est passé hier, la droite promettait un tournant. Premier grand meeting de campagne qui allait vraiment lancer la campagne de Valérie Pécresse. Est-ce que vous considérez que la promesse a été tenue ?
Oui, je le crois. Je le crois parce que hier, Valérie Pécresse a porté un grand discours. Un grand discours sur cette nouvelle France qu'elle a dessinée. Elle a dessiné un chemin. Il y a beaucoup de propositions que nous avons posées dans le débat démocratique. Un débat qui est un peu biaisé parce que le président de la République, candidat, refuse de rentrer sur le terrain. Mais depuis des semaines, Valérie Pécresse porte un projet responsable, hier, raisonnable, crédible. Et c'est important, la crédibilité. Et hier, elle a donné une perspective. C'est ce que je vois, c'est ce que j'ai vu et c'est ce que je ressens. Et c'est, je crois, ce qui est ressenti aujourd'hui.
On va parler du fond et on va parler de la forme. D'abord, sur le fond, Valérie Pécresse qui a eu cette phrase. Elle a parlé de la croisée des chemins. Et elle a évoqué pas de fatalité ni au grand déclassement ni au grand remplacement. Alors non seulement il s'agit de formules utilisées habituellement par Éric Zemmour. Mais je voudrais d'abord savoir, au fond, c'est quoi le grand remplacement ?
Le grand remplacement, moi, vous le savez, lors du congrès, on m'avait posé la question. Moi, je n'ai pas peur des mots, des formules. Le grand remplacement, c'est l'étude du comité d'analyse économique de Matignon qui indique qu'il y a une modification de la population française qu'il y a dans les Français aujourd'hui. Il y en a beaucoup plus qu'auparavant qui sont issus d'origine étrangère puisque depuis plusieurs années, l'immigration a modifié l'immigration de masse. L'immigration trop massive a modifié la population. C'est un élément statistique.
Après, il y a des connotations plus complotistes sur l'organisation qui, naturellement, n'ont rien à voir avec ce que dit cette analyse statistique.
C'est une expression avec laquelle vous êtes à l'aise ?
En tout cas, moi, vous savez, il y a des oucas, il y a des mots qu'on ne peut pas prononcer. Moi, je regarde les choses.
Vous avez peur du grand remplacement ?
J'ai peur que notre société se modifie, que nos modes de vie, que notre culture, que notre identité, soit par l'arrivée d'une immigration de masse avec une culture différente, modifie ce que nous sommes. Bien sûr, et ça a été le sens de ma campagne personnelle. J'avais intitulé ma campagne, j'avais mis ma campagne sous le signe d'une volonté que la France reste la France, qu'elle reste fidèle à ce qu'elle est. C'est la France du général de Gaulle. Le général de Gaulle disait, la France vit, vient du fond des âges, elle vit, c'est le présent, l'avenir l'appelle, pour autant qu'elle sache rester elle-même. C'est ça, tout désit.
C'est ça, résister au grand remplacement ?
C'est résister à ceux qui veulent, à des phénomènes qui pourraient demain modifier notre histoire, notre identité. Il y a des personnes qui veulent modifier notre identité. Le terrorisme islamiste, aujourd'hui, s'ouvre le procès du père Hamel. Ceux qui ont assassiné le père Hamel, ils s'étaient attaqués à la religion chrétienne. Ils voulaient s'attaquer à un des symboles de ce que nous sommes, de nos racines, de notre identité. C'est un état des lieux.
Donc vous, Éric Ciotti, vous êtes à l'aise avec cette expression. Pour autant, Valérie Pécresse a toujours dit qu'elle détestait cette expression. Et voilà qu'hier à la tribune, elle a cette phrase, pas de fatalité au grand remplacement. C'est pour vous faire plaisir qu'elle l'a dit ?
Pas du tout. D'ailleurs, ce matin, elle vient de dire que, justement, elle voulait combattre cette évolution. Elle a parlé du grand déclassement, dont est aujourd'hui tenant, quelque part, le président de la République, Emmanuel Macron. C'est, avec François Hollande, dont il a été le collaborateur, le ministre, c'est depuis dix ans une forme de déclassement de notre pays. Voilà, il y a ces deux menaces. Le déclassement économique et le changement identitaire. Ce sont deux sujets majeurs qui sont au cœur des préoccupations des Français. Les commentateurs peuvent s'en étonner, peuvent nier la réalité, mais les Français mesurent au quotidien cette réalité.
Mais ça veut dire que Valérie Pécresse acte du fait
qu'il y a deux grandes menaces aujourd'hui à ses yeux, le grand déclassement et le grand remplacement. Il y a surtout la volonté d'apporter des réponses. Et c'était tout le sens de son discours. Son discours, c'était une nouvelle France. Une nouvelle France qui est à la fois, elle a dit, je reprends ces mots, celle de Peggy, et celle de Curie, celle des cathédrales et celle des satellites. C'était ces formules. Voilà, c'est-à-dire, on a des racines. On ne vient pas de nulle part. On a une histoire, on a une culture française. On en est fier, contrairement à Emmanuel Macron. Et en même temps, on prépare l'avenir, la modernité. Et en même temps, ce n'est pas très habile.
On donne de l'espérance. On donne un sens. On n'est pas que dans le pessimisme. On n'est pas que dans un regard négatif. Il faut donner de l'espoir aux Français. Bien sûr qu'il y a des menaces. Bien sûr qu'il y a des craintes.
Et en même temps, de l'autre côté, vous dites, le grand remplacement au fond, vous vous retrouvez coincé entre Emmanuel Macron d'un côté et Éric Zemmour de l'autre.
Absolument pas. Justement, le chemin qui a été dessiné hier, et c'était le sens de la phrase de Valérie Pécresse, c'est n'être ni résigné au déclin qu'a porté, qu'a incarné, qu'incarne Emmanuel Macron, puisque la France est passée quand même, durant ce quinquennat, du septième rang mondial, en termes de richesse, de PIB par citoyen, du cinquième au septième. Donc, c'est une forme de déclassement. Et qu'on n'est pas non plus, on ne peut pas se limiter au constat que porte Éric Zemmour. Éric Zemmour fait un constat, le constat d'un déclin, il a une vision très pessimiste de l'avenir. Nous, nous avons une vision optimisme, l'optimisme de volonté, comme aurait dit Alain. C'est ça, la réalité.
On dit les choses, on dit les choses, on voit les choses. Mais ça, c'est quand même Éric Zemmour. C'est la réalité. Il ne faut pas se voiler, se masquer la réalité, la face, parce que les Français le mesurent. Et on peut avoir des tabous, on peut avoir des pudeurs, il n'y a pas de tabou, mais surtout, ce qui est important, c'est le chemin, ce sont les propositions,
c'est la volonté. J'ai bien compris. Éric Ciotti, je voudrais quand même comprendre comment est-ce que vous pouvez imaginer que ceux qui ont le choix entre la copie et l'original, pourquoi est-ce qu'ils n'iraient pas à l'original ? C'est-à-dire à celui qui, de lui-même, utilise cette expression grande.
Je ne sais pas ce que vous appelez copie ou originale. À partir du moment où vous utilisez
les mêmes formules qu'Éric Zemmour, pourquoi ne pas aller directement à Éric Zemmour pour votre candidat ? La question,
ce n'est pas la formule, parce que, justement, Valérie Pécresse a un projet global, positif, responsable, que l'on peut mettre en œuvre, qui est chiffrée et qui dépasse le constat. Le constat, Éric Zemmour, c'est le constat. Nous sommes dans le temps des solutions.
Quand on porte un grand projet de réforme de l'immigration, choisi par les Français, par référendum, c'est ce qu'a dit hier Valérie Pécresse, quand on pose des quotas, quand on veut protéger les frontières extérieures, quand on propose l'asile aux frontières, quand on met en place une grande politique d'expulsion, quand on met un terme, quand on fait en sorte que les étrangers qui ont commis des délits soient expulsés, on est dans les solutions. Les textes sont prêts, sont chiffrés. Quand on propose une grande loi d'orientation sur la sécurité, sur la justice, on n'est pas dans l'incantation, on n'est pas dans les slogans, on est dans l'action. C'est ça qui caractérise Valérie Pécresse.
On n'a pas besoin de se référer aux uns ou aux autres. Au contraire, l'originalité de Valérie Pécresse, c'est sa capacité à agir. Et elle a démontré, parce qu'elle a une expérience, elle dirige la première région d'Europe, et là où elle a été en responsabilité, lorsqu'elle a été ministre également, elle a démontré sa capacité à agir. Et ça, ça change en politique. Moi, j'en ai assez des slogans de la communication, même sur les commentaires du meeting, on est simplement dans l'image, on est dans la communication. Ça a été théorisé par Emmanuel Macron, mais on ne vit pas de communication, on ne vit pas de mots, de constats.
Moi, je veux bien qu'on ne vit pas de communication, mais alors pourquoi faire des meetings ? On passe aux actes.
En vrai.
Dans un meeting, il y avait un projet, cette France nouvelle qu'on appelle de nos voeux, elle repose sur des piliers concrets.
En vrai, vous en avez pensé quoi ?
J'ai été, j'ai adhéré totalement, d'abord sur le fond, parce que ce qui est important, c'est le fond, ce n'est pas la forme. Ça vous arrange,
parce que sur la forme, les critiques sont quand même très sévères, elles sont sévères, non seulement en off, les ténors de la droite qui disent tout bas, selon tous nos reporters, que c'est laborieux, stéréotypes des raids, mais aussi en on, puisque ceux qui étaient au premier rang ont entendu par exemple Nadine Morano dire pendant des silences « Mais qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas possible. » Hervé Morin, le patron des scientifiques, dire à haute voix « Mais accélère Valérie, accélère » pendant les moments de silence. Un sénateur qui a dit quand la foule a applaudi « Mais parle, parle » s'adressant à Valérie.
Je ne sais pas d'où viennent ces phrases, en tout cas personnellement, j'étais au premier rang et je ne les ai pas entendues. Moi, je me suis retrouvé…
Accélère Valérie, vous n'avez pas entendu ça ?
Je me suis retrouvé, non. Je me suis retrouvé totalement dans le discours de Valérie Pécresse. C'est important. J'ai porté une ligne au Congrès qui a obtenu 40% des suffrages au sconto et cette ligne, elle était fortement exprimée, représentée, incarnée hier. Donc, sur le fond de ce discours et là est quand même l'essentiel. Arrêtons avec le superficiel, arrêtons avec l'immédiateté, avec la débauche de communication, avec les artifices, avec les grosses ficelles.
Mais dans ces cas-là, pourquoi est-ce que vous faites un meeting ? Je regarde le fond pour porter un projet,
pour rassembler des militants. Il y avait de la ferveur, il y avait un esprit de combat hier dans ce meeting. Valérie Pécresse, elle dit ce matin, la salle a été dure à prendre. 1500 personnes étaient à l'extérieur, donc on a répondu, je dirais, à une mobilisation qui est forte, que je ressens sur le terrain. Et ensuite, il y a une vision, il y a un projet. On a reproché pendant des semaines à Valérie Pécresse de poser trop de propositions et de ne pas leur donner une cohérence. Hier, je le crois et je l'ai ressenti. En tout cas, j'ai perçu cette cohérence et cette spécificité sur cette nouvelle France, sur ce changement dont le pays a besoin.
On sait le constat d'un pays qui va mal, malgré la débauche et l'artifice des messages du pouvoir aujourd'hui, qui sont quelque part une forme d'abus de confiance des Français sur la situation du pays, parce que si M. Macron devait être réélu, les réveils seront terriblement douloureux au plan financier, au plan budgétaire, au plan de l'ordre, au plan de l'immigration, au plan de l'autorité, de la cohésion du pays. Voilà. Ces deux messages, hier, l'ordre et la concorde, tout est là pour une nouvelle France. Voilà. Regardons le fond, sortons des commentaires. Il faut parler tout seul. Éric Ciutti,
il attend quoi Nicolas Sarkozy ?
Pardon ?
Il attend quoi Nicolas Sarkozy ?
Écoutez, moi je suis convaincu que Nicolas Sarkozy sera fidèle à une famille qu'il a lui-même créée, qu'il a bâtie. Les Républicains, c'est lui. L'UMP, il y a pris une part essentielle. C'est un grand président de la République, je le dis, moi je lui dis toujours, ma fidélité, ma loyauté, je pense que sa voix sera au rendez-vous le moment venu.
Mais qu'est-ce qu'il attend ? Chaque jour qu'il passe, laisse planer une sorte de doute.
Je crois qu'il n'y a pas de doute. En tout cas, l'enthousiasme n'est pas immédiat. Je ne le perçois pas. Il y a des temps dans la campagne et le moment va arriver.
Mais pas de doute sur le fond, vous êtes persuadé que le discours d'hier l'aura convaincu de se ranger aux côtés de Valérie Pécresse ?
En tout cas, je pense qu'il n'y a pas de doute.
Vous pensez qu'il n'y a pas de doute, mais vous n'en avez aucun indice ?
C'est à Nicolas Sarkozy de le dire. Je ne suis pas son porte-parole. Il s'exprimera quand il le souhaite, comme il le souhaite.
Ça vous aurait arrangé ? Non mais disons les choses, ça vous aurait arrangé quand même qu'il soit un peu plus présent ?
N'ayez pas d'impatience. Ça va arriver.
Ce n'est pas forcément un homme très patient, Nicolas Sarkozy. C'est pour ça qu'on se demande un tout petit peu pourquoi il attend si longtemps.
Il a toujours rythmé son calendrier et il choisit les moments les plus adaptés.
Vous avez entendu Renaud Muselier, le président de la Grande Région Sud dont vous êtes élu, qui conditionne son soutien à la condamnation de l'extrême droite par Valérie Pécresse. Jamais une candidate qui ne s'engage pas clairement à faire barrage à l'extrême droite en cas d'absence au second tour. Jamais une candidate telle, je ne pourrais la soutenir.
Là aussi, on est dans la mauvaise foi la plus totale. M. Muselier va soutenir Emmanuel Macron, c'est une évidence. Tout ça a été préparé, des livres l'ont raconté d'ailleurs, au moment des élections régionales. Il y a eu un accord, un troc, la politique politicienne dans ce qu'elle a de plus détestable, de ce qu'elle a de plus méprisable. On achète des gens, on délivre des postes, des décorations, des médailles. On voit que tous ceux qui ont rejoint, monsieur, beaucoup de ceux qui ont rejoint M. Macron la semaine dernière ont eu la légion d'honneur il y a quelques semaines. C'est une manière
de les acheter ?
Quelque part, oui. C'est peu de respect pour ces personnes de la part de ceux qui les considèrent comme des personnes qu'on peut acheter. M. Muselier, c'est la grosse ficelle de l'extrême droite pour justifier une trahison, un ralliement qu'il assume ses choix. Ce n'est pas honteux de soutenir Emmanuel. Vous préféreriez que le discernement ? Ce n'est pas honteux de soutenir Emmanuel Macron mais qu'il ne cherche pas des prétextes. Il est dans le camp d'Emmanuel Macron qu'il assume.
Je remarque quand même que quand je vous ai posé la question sur Renaud Muselier juste après celle de Nicolas Sarkozy, vous avez dit là aussi comme s'il y avait peut-être là aussi un doute.
Non, non, là aussi. Je parlais de ceux qui dans l'actualité récente la semaine dernière ont rejoint Emmanuel Macron. Ce qui m'a choqué et qui m'a peiné pour certains.
Vous avez entendu Yannick Jadot à propos d'Éric Ciotti qui parle du juif de service ?
D'Éric Zemmour.
D'Éric Zemmour, pardon.
C'est choquant, c'est honteux, c'est cette résurgence de l'antisémitisme d'extrême-gauche qui malheureusement est de plus en plus présent dans notre société. Je dénonce avec beaucoup de force avec beaucoup de force ces propos et on doit les condamner. Et tous les républicains doivent les condamner parce qu'il n'y aurait pas des propos qui seraient tolérables parce qu'ils viennent de l'extrême-gauche et d'autres qui le seraient moins parce qu'ils viennent d'ailleurs. Voilà, quand on est républicain, on a le même regard. Donc, je dénonce, je condamne ces propos qui sont scandaleux et honteux.
Je voudrais qu'on évoque d'un mot ce qui se passe autour des hijabeuses, c'est-à-dire ces joueuses de foot qui souhaitent pouvoir porter le hijab. La loi sur le sport revient cette semaine d'abord au Sénat puis ensuite à nouveau à l'Assemblée nationale. On sent le gouvernement partagé sur ces questions-là, la ministre de l'égalité plus que partagée pour vous.
On sent une extraordinaire lâcheté qui est le signe de la lâcheté face à l'islamisme de ce quinquennat. Hier, au meeting de Valérie Pécresse, ça aurait pu être souligné. Amine Elbaï qui a dénoncé les compromissions qui est ce jeune juriste extraordinairement courageux qui aujourd'hui est menacé de mort par les islamistes comme votre confrère Ophélie Meunier. Il était là hier. Il a témoigné. Je lui ai personnellement répondu. Il y a d'un côté le courage de combattre l'islamisme et ses symboles et le voile en est un. Hier, quand Valérie Pécresse dit Marianne n'est pas voilée comme Marianne n'est pas corsetée, c'est un moment fort du discours. C'est ça que j'aimerais que l'on retienne.
Oui, Marianne n'est pas voilée. Eh bien, M. Macron, lui, laisse voiler les fillettes, laisse prospérer le burkini dans les piscines. Et aujourd'hui, lorsqu'il y a un débat dans le sport où nous, nous disons, où les sénateurs républicains avec Bruno Retailleau ou moi, à l'Assemblée nationale la semaine dernière, je défends des amendements en disant préservons le sport de la montée de l'islamisme, du communautarisme. Les signes religieux n'ont pas leur place dans un match de foot. Eh bien, le gouvernement, par la voix de Mme Moreno, dit non, les hijabeuses peuvent et doivent jouer. Donc, il y a un soutien au communautarisme. À tout le moins...
Un soutien, ce n'est pas juste un non-combat,
c'est pour moi un soutien. Mme Moreno soutient le communautarisme islamiste puisqu'elle soutient les hijabeuses qui sont dans une provocation. On voit bien qu'on teste la République, on lui lance des défis, on voit la capacité de résistance. Et lorsqu'on ne résiste pas, eh bien, naturellement, c'est donné prise à ces avancées. Elisabeth Moreno
qui a été contredite par Gabriel Attal, par Marlène Schiappa, par Bruno Le Maire.
Ça veut dire, peut-être, elle a été contredite, mais est-ce que l'amendement des Républicains a été soutenu par le gouvernement ? Moi, j'ai bataillé, c'était mercredi soir, pendant plusieurs heures, on a systématiquement, on s'est vu objecter le refus du gouvernement. Mais ce n'est pas nouveau. Lorsqu'il y a eu le débat sur les accompagnants scolaires pour revenir à la circulaire Châtel-Sarkozy qui interdisait à des parents d'élèves d'accompagner leurs élèves voilés, parce que dans l'école de la République, des élèves n'ont pas à subir les appartenances des autres. Fidèles à l'esprit de la loi de 2004 de Jacques Chirac, portée par François Baroin à l'époque. Fidèles aussi, quelque part.
Moi, on parlait de Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy, c'est la loi contre la burqa. Jacques Chirac, c'est la loi contre le voile à l'école. Emmanuel Macron, c'est quoi ? Emmanuel Macron, c'est quoi face à l'islamisme ? C'est des discours, des beaux discours devant des cercueils, devant celui de Samuel Paty, devant celui d'Arnaud Beltrame dans la cour des Invalides, devant le cercueil des policiers dans la cour de la préfecture de police. Des beaux discours, j'y étais à chaque fois. J'ai bien compris. Mais les actes, ils sont où ? Lorsqu'on nous teste, lorsque maintenant, on laisse prospérer l'islamisme dans le corps.
Éric Ciotti, je voudrais quand même dire un mot de l'Ukraine, puisque on le sent bien, la crise est aiguë et la guerre est imminente. Washington, qui évoque un risque d'invasion imminent de l'Ukraine par la Russie, quel doit être le rôle de la France ?
La France, je crois, depuis des années, s'est trompée dans sa relation avec la Russie. On a isolé la Russie. Moi, je voudrais qu'on revienne à l'esprit qu'avait porté le général de Gaulle.
Même si la Russie a envahi l'Ukraine ? Même si la Russie a envahi l'Ukraine ?
Si la Russie a envahi l'Ukraine, il faudra naturellement qu'on fasse entendre notre voix. Mais je dirais que si on en est arrivé là, si on en est arrivé là, c'est parce qu'il y a eu ces erreurs diplomatiques. Il faut, sur l'Ukraine, notre position, elle est claire. L'Ukraine n'a pas adhéré à l'OTAN parce que c'est une forme de provocation pour la Russie et la Russie doit respecter la souveraineté de l'Ukraine. Voilà, c'est cette position qu'il faut tenir. Mais vous donnez le sentiment que pour vous, en tout cas, la provocation vient de l'Occident ? Mais je dis que depuis des années, on s'est lourdement trompé.
On a fait, après la chute, après la fin de la guerre froide, après la chute du mur de Berlin, après l'ouverture, on a fait de la Russie un ennemi sans mesurer que le monde avait changé. La Russie, ce n'est pas l'URSS. Nous avons la nécessité de porter, je dirais, un nouveau regard sur les relations franco-russes. Celui que portait le général de Gaulle dans son grand voyage à Moscou où il disait quand la Russie et la France, je cite de mémoire, vont mal, c'est la France qui en souffre. le général de Gaulle
qui est donc là à la rescousse, quoi qu'il arrive. Merci Eric Ciotti. Eric Ciotti, député des Républicains des Alpes-Maritimes, numéro 2, bien sûr, de cette campagne des Républicains. Merci d'avoir répondu à mes questions. Nous sommes le lundi 14 février, 55 jours avant le premier tour. Sous-titrage Société Radio-Canada
Éric Ciotti