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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 24 juillet 2025 16 min

Tension Retailleau-Macron :"Ce sont des sujets loin des préoccupations des Français"(Yannick Neuder)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

sur Europe 1. Aujourd'hui, nous recevons le ministre en charge de la santé, de l'accès aux soins, Yannick Neer. Bonjour.

Bonjour. Nous allons parler du budget de la santé, nous allons parler des pénuries de médicaments, nous allons parler des noyades. Mais d'abord, revenons sur les déclarations récentes de Bruno Rotaillot, le ministre de l'intérieur qui prédit la fin du macronisme avec la fin du mandat d'Emmanuel Macron.

Le ministre de l'intérieur devait d'ailleurs rencontrer le président de la République pour aborder les relations avec l'Algérie aujourd'hui. Rendez-vous reporté. Yannique Neder.

Le macronisme n'aura-t-il été qu'une parenthèse finalement dans la vie politique française ? Oh, je crois que c'est c'est pas c'est pas à moi euh ce matin euh de de commenter ce type d'actualité. Je trouve déjà que c'est c'est tout à fait normal et c'est de tradition que le président de la République euh rencontre euh les ministres notamment euh avant une période une période estivale.

Donc voilà. Après, c'est un non secret que le président de la République terminera son mandat et c'est l'évolution des choses qui montrera si les choses ont bougé ou pas en terme de rapport politique. Ce qui est indéniable, c'est que on peut quand même constater que actuellement il y a trois blocs. le bloc de l'extrême droite, le bloc d'une d'une gauche qui est plus ou moins unie avec un Parti socialiste qui a un pied dehors, un pied dedans et puis un un bloc central qui au départ n'a pas complètement le même ADN.

Donc que queeffectivement dans ce sole copain et cette composition gouvernementale qui n'est pas issue des mêmes parties euh qu'il y ait des différences d'appréciation, c'est normal. Après, c'est l'intérêt suprême du pays, l'intérêt des Français qui doit sublimer ces discussions plus politiques. Alors, vous faites partie des Républicains, disons-le.

Où est-ce que vous vous situez dans ces trois blocs ? Et est-ce que comme le dit Bruno Rota vous faites partie d'un gouvernement d'utilité publique ? Je crois que euh on moi je fais partie d'une famille politique qui qui a toujours euh qui a une vocation d'être parti euh euh de gouvernement euh d'être en responsabilité et je crois que il y a une succession de l'événement et le premier a été euh la nomination de Michel Barnier au gouvernement qui fait revenir finalement ma famille politique dans dans un rose décisionnaire.

Il faut savoir que la droite républicaine est est plutôt décisionnaire dans les collectivités locales, que ça soit les mairies, les départements, les régions. Donc dans dans la situation très particulière de la France avec une instabilité politique, je trouve qu'il est normal que la droite républicaine prenne toute sa part de responsabilité dans les différents secteurs et dans les différents portefeuilles qui nous ont été confiés dans le cadre de cet accord dans l'intérêt des Français surtout. Et ça part de différence politique.

Euh le patron de votre parti, les Républicains, a tenu sa casquette hier euh en annonçant que le macronisme, en prédisant que le Macronisme ne survivrait pas à Emmanuel Macron. Jusqu'où on peut aller dans la liberté de parole quand on est membre de ce gouvernement ? Ben, je crois que la la position de de Bruno Rotaillot est et est par ailleurs singulière puisque il est également président des Républicains.

Donc, il y a euh une parole de ministre d'un gouvernement avec la solidarité gouvernementale et puis quand on on préside un parti et que c'est un parti qui veut pouvoir aussi être entendu, écouté à la présidentielle, on on peut entendre que l'exercice peut être compliqué. Moi, je crois surtout que ce qu'il faut, c'est travailler dans l'intérêt des Français parce que je crois que pour bien l'avoir ressenti avant que je sois engagé à ce niveau-là, à la politique, c'est souvent des sujets qui sont loin des préoccupations des Français et et je pense que ce n'est pas ce que les Français souhaitent souhaitent entendre. Il y a beaucoup de difficultés quand même dans ce pays, on en parlera l'accès aux soins, des difficultés économiques de pouvoir d'achat.

Donc euh je crois que les Français veulent surtout euh des des hommes et des femmes politiques qui s'engagent pour régler leurs problèmes. Je crois que c'est ça vraiment le message essentiel. Et bien allons-y.

Yannick Neder, ministre de la santé sur Europe la santé première priorité des Français avec la sécurité avec le pouvoir d'achat. Vous allez devoir composer un ministère avec 5 milliards d'euros en moins. Est-ce que finalement il faut au bout d'un moment mettre un terme enterrer le modèle de santé à la française ?

Alors, si vous me permettez, euh je je je corrige ce chiffre de 5 milliards parce qu'en fait les dépenses spontanées de santé d'une année sur l'autre et là de 2026 si on garde les mêmes organisations sera de plus 10 milliards. spontanément les dépenses de santé du fait du vieillissement de la population, des maladies chroniques de du gras de vieillesse, technicité des des professionnels de santé en fait enclenche une dépense supplémentaire de 10 milliards. Et là en fait il y a on est dans un mécanisme de freination de dépenses parce que nous avons moins de recettes.

Et là, l'arbitrage qui a été rendu par le Premier ministre François Baou, c'est de dire sur ce secteur là, on ne souhaite pas voir les 10 milliards arrivriver, mais ça sera donc bien 5 milliards plus 5 milliards au lieu de plus 10, mais les dépenses de santé vont augmenter. Il faudra faire avec moins et ce modèle à la française dont beaucoup de Français sont fiers mais se demandent s'il va tenir finalement, est-ce qu'on doit tourner la page à un moment ? Mais regardez, vous avez dit quelque chose, je vous écoutais tout à l'heure avant de rentrer sur le plateau, vous avez dit quelque chose de de très intéressant.

Vous avez vu que le bascule démographique est arrivé 10 ans plus tôt. C'est-à-dire que globalement, on va avoir plus de personnes âgées que que de jeunesse. Et on a on a un système social qui a été bâti en en en 46 au aux sorties de la guerre de la seconde guerre mondiale.

Je pense que c'est important de rappeler à vos auditeurs l'existence du système social et de sa génèse. En fait, on on ce système des 80 ans de la sécurité sociale que l'on que l'on fêtera et est constitué en 46 avec globalement trois actifs pour un bénéficiaire. Avec un âge il y a 80 ans, on commençait à travailler à 16 ans, on travaillait beaucoup plus tard.

Là maintenant, nous avons en gros trois bénéficiaires pour un actif. un âge d'entrée dans la vie professionnelle qui a reculé et c'est quelque part tant mieux avec les les études, les formations et un départ en retraite, je vais pas rouvrir le sujet des retraites qui baissent. Donc mathématiquement, on voit bien que le modèle euh n'est plus soutenable et c'est cette année effectivement que la bascule démographique euh a été enclenchée.

Euh vous vous attaquez aux arrêts maladies, le gouvernement veut serrer la vis puisqueen 4 ans les arrêts maladies ont bondi de 30 % aujourd'hui et euh l'exécutif voudrait euh limiter la multiplication de de des arrêts courts ou des arrêts dit de complaisance. Est-ce que ça veut dire que les Français exagèrent des arrêts maladie ou bien est-ce que les médecins ne sont pas trop généreux ? Alors, je crois que euh vous c'est c'est plus compliqué que ça et c'est l'affaire de tous.

Moi, j'aime rappeler que un arrêt maladie euh c'est pas soi-même qui le décréton. On a tous entendu dans notre entourage, bon bah puisque c'est comme ça, je vais me mettre en arrêt. Et moi je je rappelle quand même à tout le monde, je le rappelle aux français, je rappelle aux patients, je le rappelle aux médecins, je le rappelle aux entreprises.

En fait, si vous avez un état de mal-être, vous consultez votre médecin traitant et c'est en fonction de votre état de mal-être qui peut être organique, qui peut être psychique, qui va effectivement évaluer si vous êtes en état de poursuivre ou pas votre activité professionnelle et s'il ne juge que vous n'êtes pas apte un arrêt de travail avec une durée. C'est un acte médical. vous-même vous êtes médecin et et donc c'est la responsabilité de vos confrères aujourd'hui de c'est tout le monde c'est une responsabilité collective c'est-à-dire que on quand on est en patient et et quand on est citoyen et si on veut avoir la soutenance de son modèle social et bien on ne va pas demander un arrêt de travail de complaisance et on sait très bien que ça existe le vendredi le lundi, ces sujets-là.

Après, ne stigmatisons pas non plus euh les patients, hein. On choisit pas d'être malade. Quand on a une gripe, l'idée c'est pas de contaminer tout le monde.

Et donc euh l'arrêt de travail est justifié. C'est un progrès social. aux professionnels de santé et les médecins qui sont prescripteurs de de ne pas être trop restrictifs, mais vous l'avez bien compris, de pas mettre un arrêt de travail systématique.

Donc moi, j'en appelle aussi à à mes confrères euh médecins de d'être raisonnable par rapport euh à la situation aussi médicale du patient et la soutenabilité de notre système et puis aux entreprises. C'est très étonnant quand vous regardez les entreprises, la qualité de vie au travail, la santé au travail, on voit qu'à entreprise identique. Vous avez parfois un un taux d'absentice qui est x 2 d'une entreprise à l'autre pour globalement des activités identiques.

Donc le management, la qualité de vie au travail joue. On va y venir justement à la vie en entreprise mais tout d'abord je voudrais parler de problème qui concerne des des milliers de malades aujourd'hui qui ont des difficultés à trouver leurs médicaments puisque les taux de pénurie sont se sont un peu améliorés mais restent à des niveaux tout de même élevés. Est-ce qu'aujourd'hui il faudrait améliorer un système de transparence entre les industriels, les pharmaciens et les grossistes pour ne plus se retrouver en tension aujourd'hui sur des médicaments dont la vie de beaucoup de Français dépend ?

Alors, le problème est très complexe et il ne trouve pas que sa solution au niveau français. En fait, il y a il y a un vrai questionnement sur la souveraineté sanitaire et la souveraineté du médicament. dépendante de marchés extérieur, notamment l'Asie, les États-Unis pour les substances actives et nous avons mis des réglementations au niveau européenne qui ne permettent plus de produire ces substances actives.

Donc nous sommes très dépendants du principe actif. Ensuite, un médicament, ça se fait dans une entreprise. Donc nous avons intérêt à relocaliser les entreprises et être un terrain très attractif. la France au sein de l'Europe pour pouvoir avoir des des industries pharmaceutiques, des big pharmas qui s'installent, qui puissent produire dans ma circonscription par exemple en compétitivité.

Alors c'est une question de compétitivité, c'est une question d'attractivité, c'est une question de souveraineté. Par exemple, dans dans ma circonscription, on est en train de de peaufiner et de finir la construction de l'usine qui va produire le paracétamol et qui fournira 60 % des besoins européens. Donc, il faut être souverain sur la production.

Ensuite, il y a un prix de médicament. Il faut avoir le juste prix du médicament par rapport à la soutenabilité de notre système social et par rapport au prix que vend les médicaments. Puis après, il y a tout le système de délivrance avec les répartiteurs, les pharmacies et le maintien des pharmacies de proximité est un des sujets actuels qui qui sur lequel je suis très attentif parce qu'il faut aussi assurer cette proximité et le sujet est très difficile en ce moment.

Yannique Noder, je voudrais évoquer un chiffre avec vous. 109, c'est le nombre de noyades ces dernières semaines en France. On ne sait pas nager ou bien on n' pas conscience du risque ?

C'est c'est peut-être un peu les deux. Je pense queil faut toujours en lien avec la ministre des sports et je pense qu'il faut poursuivre que dans le cursus scolaire à l'école, on apprenne aux enfants à nager avec des séjours en piscine. Donc c'est un des principals accidents domestiques, notamment à domicile quand les parents ont une piscine ou chez des amis ou les grands-parents.

Après, si on regarde les chiffres avec attention, on se rend compte que il y a aussi pas eu que des jeunes qui se sont noyés. Il y a aussi des personnes plus âgées qui se sont retrouvées dans un milieu hostile, un lac, un étant, la mer, l'océan, les piscines et qui ont fait des malaise et qui ont été dans un miloc et on se noit. Donc je pense qu'il le rôle de rappeler les règles de sécurité, de ne pas de surveiller ses enfants naturellement, ça paraît incroyable.

Et puis surtout de ne pas se baigner euh quand la la baignade est interdite. Ça ça paraît fou mais c'est quand même la principale des des choses à rappeler. Vous avez bien dormi cette nuit Yannick Noder ?

Euh moi je dors toujours bien. Est-ce que vous prévoyez de faire la sieste aujourd'hui ? Je fais beaucoup de micro siestes et j'ai fait ça toute ma vie.

J'ai commencé ça quand j'étais étudiant. Ça m'a beaucoup aidé quand j'étais médecin et que je faisais des nuits. Et ça m'aide encore beaucoup maintenant que je suis ministre.

Vous souhaitez encourager la sieste en entreprise ? pour compenser un déficit de sommeil qu'aurait accumulé les entreprises. Françis non non non.

Là, c'est une jolie histoire qui a été complètement sortie de son contexte. J'ai animé hier un colloque scientifique avant-hier pendant un colloque scientifique et des recommandations du ministère sur le sommeil en France et j'ai posé on a posé un certain nombre de faits. Notamment en France, nous avons perdu en 50 ans 1h30 de sommeil.

Donc je vais pas vous demander combien d'heures vous dormez par jour et notamment on a un vrai problème du sommeil chez l'enfant avec notamment les écrans, la durée du du sommeil qui euh qui diminue. Et le médecin que je suis et ministre de la santé n'a pas d'autre mission que de rappeler les bienfaits du sommeil. Quand vous dormez correctement, vous diminuez vos risques cardio-vasculaires, vous diminuez vos risques de cancer, vous augmentez votre immunité et naturellement vous euh augmentez votre vigilance, votre concentration et vous êtes plus performant.

Ça, je donne aucun conseil aux entreprises. Je me permettrai pas. Je pense que les boîtes sont suffisamment à même de gérer euh leur entreprise.

Donc c'est pas ça. Par contre, c'est mon rôle de ministre de la santé, de médecin de rappeler que un bon sommeil est la base d'une bonne santé. Et je crois que là justement on parlait de la soutenabilité de notre de notre système de santé.

Et bien c'est fou de dire des choses pareilles mais vous disiez tout à l'heure qu'il fallait faire 7000 pas euh par jour. Donc je pense qu'avoir une activité physique régulière de manger correctement fruits, légumes et de dormir avec ces sujets-là et bien déjà c'est de la prévention. On élimine beaucoup de maladies et je laisse naturellement les entreprises s'organiser.

Je n'ai aucun conseil mais je crois que parfois les micro siestes de quelques minutes dans un lieu calme peuvent naturellement largement améliorer la productivité d'un secteur, éviter les accidents aussi au travail. Donc je pense qu'il faut travailler mais aussi dans de bonnes conditions. Je vous pose une dernière question.

Vous vous souciez de la santé des Français. L'acétamy prride c'est dangereux ou pas ? C'est prriide.

Il faut un raisonnement très scientifique et c'est un problème qui est multifactoriel. Ça touche l'environnement, ça touche l'agriculture, ça touche la santé. Actuellement, il n'y a pas d'études documentées chez l'homme qui montre le côté cancérigène, ça soit les agences européennes ou que ça soit l'OMS.

Il y a des études en cours sur le côté neurotoxique et sur le côté perturbateur endocrinien. Donc les études, on on les suit. Moi, je réunirai le 15 septembre prochain le comité de l'ensemble l'ensemble des études nationales.

Nous présenterons une étude importante qui s'appelle l'étude pestriive. Et là, actuellement, la France est remise au niveau de précaution, de principe de précaution comme les 26 autres pays. Il n'y a pas de spécificité particulière sur ce sujet.

Après, il faut être aussi il faut dire la vérité aux français. On on n'est pas en capacité actuellement d'interdire les produits qui sont traités par ce PCI dans les autres pays européens. Donc interdire en France quelque chose qu'on n'est pas capable d'importer, sur lequel il n'y a pas de preuve scientifique sur le lien cancérigène, c'est remettre la France au même niveau que les autres pays européens.

Et vous savez que avec mes collègues ministres européens, nous en parlons très régulièrement et nous prendrons toutes les mesures dès que le fait cancérigène sera avéré. Merci pour ces précisions sur Europe 1. Yannick Neer, ministre en charge de la santé et de l'accès aux soins.