đŽLes prĂ©sidents des ConfĂ©rences nationales des procureurs sur le traitement judiciaire de lâinceste
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 22 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse partielle
Avez-vous connaissance de poursuites contre des parents protecteurs dénonçant l'inceste parental ? Quelles peines sont prononcées ?
- 15:00RelanceĂludĂ©e
Comment gĂ©rez-vous les situations oĂč un parent protĂšge l'enfant mais est poursuivi pour non-reprĂ©sentation ?
- 20:00OuverteRéponse directe
La coordination avec les policiers pour les placements d'urgence est-elle systématique ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Faut-il augmenter la durée de garde à vue pour les affaires d'inceste ?
- 3:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi 90% des dossiers sont classés sans suite ?
- 6:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi les perquisitions sont-elles rares, notamment sur le matériel informatique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:00Procureur généralFait
« On a des moyens pour ça des moyens qu'il faudra sans doute améliorer mais on y consacre notre temps et notre énergie. »
- 0:15Locuteur 2Fait
« Il faut que vous interrogiez. Est-ce que vous avez vu toutes les procédures ? Parce que nécessairement ça veut dire qu'il y a au moins une procédure civile et une procédure pénale. »
- 0:30Locuteur 2Fait
« On regarde tout. On prend toutes les procédures civil, pénalyement, on les verse. »
- 1:00Locuteur 2Fait
« Si c'est non, il faut se demander pourquoi. Et justement pour la voie de recours, est-ce que dans euh le classement 108 euh qui normalement doit ĂȘtre donc euh transmis euh Ă la Ă la Ă la plaignante partie plaignante euh vous indiquez donc les les moyens de recours ? »
- 2:00Locuteur 2Chiffre
« La consignation, elle est faite théoriquement pour couvrir les frais, certains frais de procédure. Je dis c'est théorique parce que en réalité ça correspond absolument jamais. »
- 4:00Locuteur 2Fait
« Nous enquĂȘtons Ă charge et Ă dĂ©charge. Donc c'est voilĂ c'est aussi intĂ©ressant. »
- 6:00Locuteur 2Fait
« On a des indices graves et concordants établissant. ConcrÚtement, on a quelqu'un qui avoue avoir commis le meurtre de cette jeune femme. »
- 8:00Locuteur 2Fait
« On a une procédure qui existe pour les personnes qui sont déclarées pénalement irresponsables à raison de trouble psychiatrique. »
- 12:00Locuteur 2Chiffre
« 1 % à partir de ce qui est commis. Mais retenez sur ces 1 % alors ce que nous dit la Civise ? La Civise nous dit il y a 12 % qui arrivent aux autorités. »
ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
parce que beaucoup de choses sont à dire et beaucoup de questions sont à poser bien évidemment. Euh donc merci pour ceci. On va commencer sans plus tarder.
Euh donc messieurs les prĂ©sidents, monsieurs le rapporteur et mes chers collĂšgues, comme vous le savez donc, notre commission d'enquĂȘte a pour objet d'Ă©valuer le traitement judiciaire des viols et agressions sexuelles incestueuses parentales sur mineur avec notamment une attention particuliĂšre qui est portĂ©e Ă la prise en compte de la parole de l'enfant et Ă sa protection effective. pendant donc toute la durĂ©e de la procĂ©dure, nous recevons donc ce soir les reprĂ©sentants des procureurs gĂ©nĂ©raux et des procureurs de la RĂ©publique qui joue un rĂŽle primordial dans l'orientation des affaires d'inceste et de non reprĂ©sentation d'enfants qui nous occupent bien Ă©videmment. J'accueille donc monsieur Christophe Baret qui est prĂ©sident de la confĂ©rence nationale des procureurs gĂ©nĂ©raux et monsieur FrĂ©dĂ©ric Chevalier qui est prĂ©sident de la confĂ©rence nationale des procureurs de la RĂ©publique.
Je vous rappelle que cette audition est ouverte Ă la presse, qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'AssemblĂ©e nationale. Juste avant de vous laisser la parole messieur et d'entamer nos Ă©changes euh pour probablement un peu moins d'une heure, on va voir ce qu'on peut faire. Je vous rappelle donc que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblĂ©es parlementaires imposte aux personnes entendues par une commission d'enquĂȘte de prĂȘter serment, de dire la vĂ©ritĂ©, toute la vĂ©ritĂ©, rien que la vĂ©ritĂ©.
Je vous invite donc à lever la main droite et à dire je le jure, juste aprÚs avoir activé votre micro, la petite lumiÚre rouge sera le signal que vous l'avez bien activé. Je le jure. Je vous remercie.
Il faut que vous raccrochiez pour que votre voisin puisse voilĂ prendre la parole. Je le jure. Je vous remercie monsieur.
Alors je vous invite Ă Ă intervenir tout de suite. Peut-ĂȘtre monsieur Chevalier commencer puisque je crois que vous avez une contrainte de temps. Allez-y, je vous en prie.
Oui, madame la prĂ©sidente, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les parlementaires. D'abord merci de de d'inviter sans doute les procureurs gĂ©nĂ©raux et les procureurs de la RĂ©publique pour venir s'exprimer devant votre commission d'enquĂȘte. Alors, je sais pas moi, j'ai j'ai reçu un questionnaire pour ma part que j'ai travaillĂ© euh pas tout seul puisque la CNPR, c'est quand mĂȘme 20 procureur de la RĂ©publique qui constituent le conseil d'administration des membres Ă©lus, hein.
Donc, on a rĂ©flĂ©chi Ă au moins 20, voilĂ , sur le sujet parce que je vous le redirai, mais pour nous, c'est un sujet d'importance, voilĂ , dans tous les sens du terme d'ailleurs, hein. qu'on y a rĂ©flĂ©chi, on a aussi collectĂ© quelques rĂ©flexions auprĂšs d'autres collĂšgues en dans le casadre des confĂ©rence territorial de la CNPR. Bref, c'est un sujet qui nous tient Ă cĆur.
C'est un sujet pour lequel on a rempli le questionnaire, hein. Donc peut-ĂȘtre qu'on va pas repartir du questionnaire si vous ĂȘtes d'accord, madame la prĂ©sidente, mais euh partir peut-ĂȘtre pour les procureurs de la RĂ©publique qui la question Ă laquelle il a pas Ă©tĂ© sans doute, j'espĂšre encore en tous les cas rĂ©pondu, c'est de savoir pourquoi est-ce qu'il y a du du classement sans suite. Bon, si c'est une question, pourquoi il y a des classements sans suite ?
Pourquoi en tel nombre ? on par effou non mais je comprends que la la plusvalue de mon intervention ça doit porter sur des sujets des questions que vous ne l'avez pas encore posĂ© peut-ĂȘtre au garde des saut mais non mais vous l'avez pas encore posĂ© Ă l'ancien gard mais nous sommes lĂ avec vous donc ne ne voilĂ ne vous inquiĂ©tez pas de ce qui s'est passĂ© par ailleurs. Non je j'ai j'ai pas j'ai pas d'inquiĂ©tude.
Procureur madame prĂ©sidente Ă©tymologiquement c'est celui qui prend soin Ă la place de l'autre c'est celui qui protĂšge Ă la place de l'autre hein. Et moi, j'exerce une mission avec mes camarades au cĆur de la RĂ©publique oĂč au quotidien notre sujet, notre mission, notre fonction, c'est de de d'exercer notre mission constitutionnelle de gardien de la libertĂ© individuelle. Et on pense que ça s'applique d'abord et avant tout auprĂšs des personnes vulnĂ©rables, que ce soit nos anciens et que ce soit nos plus jeunes.
VoilĂ . Et donc s'interroger sur les violences faites aux enfants, c'est donc, vous l'avez compris, une mission qui nous qui nous prĂ©occupe quotidiennement. Notre garde des sous actuel, monsieur Darmanin, nous a Ă©crit deux fois dans une double circulaire de politique gĂ©nĂ©rale qui a Ă©tĂ© trĂšs simple Ă lire parce qu'elle est courte et Ă comprendre parce qu'elle est pas compliquĂ©e et Ă chaque fois ça a Ă©tĂ© la mĂȘme d'ailleurs. notamment dans dans ces objectifs de politique pĂ©nale, c'Ă©tait de s'intĂ©resser nĂ©cessairement obligatoirement systĂ©matiquement aux violences du maire gĂ©nĂ©ral, aux violences faites aux femmes, aux violences faites aux mineurs Ă l'intĂ©rieur et au-delĂ de la famille.
Donc votre sujet d'aujourd'hui, c'est un sujet que le garde des SA porte manifestement auprĂšs des des procureurs gĂ©nĂ©raux et donc des procureurs de la RĂ©publique. Et c'est un sujet de toute façon qui s'il n'avait pas Ă©tĂ© portĂ© par le garde des sauts est portĂ© par l'actualitĂ© en fait et est portĂ© par ce que l'on vit dans un parquet. Ce qu'on vit dans un parquet c'est moi quand je viens quand j'arrive dans mon parquet le matin ce qui devait ĂȘtre le cas de monsieur procureur gĂ©nĂ©ral lorsqu'il Ă©tait dans un parquet de premiĂšre instance.
On va d'abord au centre névralgique du parquet, c'est le la cellule du traitement en temps réel, c'està d la permanence pénale pour voir l'état des gardes à vue et savoir comment se présente la journée. Et puis on finit notre journée en passant au TTR pour savoir ce que sera la journée de demain. Et je crois que je sais pas moi pour pour mon ressort entre 15 et 20 gardes à vues par jour, il y en a euh une grande partie dédiée au fait de violence d'une maniÚre générale, aux violences intrafamiliales, aux violences faites aux femmes et aux enfants et aux mineurs.
C'est une réalité quotidienne. Voilà . Et nous notre mission, puisqu'il faut qu'on parle des classement sans notre mission c'est de conduire l'action de la police judiciaire, de la diriger.
C'est ce que nous dit le CPP avec l'idée que nous puissions une fois que nous sommes saisis de fait pénalement qualifiables, nous puissions parvenir à une vérité, une vérité judiciaire. Et moi le propre de mon métier, c'est de faire en sorte que à charge et à décharges, j'insiste parce que ça pourrait paraßtre curieux que pour un procureur ce soit cette impartialité, mais cette impartialité depuis 2013, c'est ce qui caractérise notre action. Nous sommes une partie poursuivante impartiale.
C'est un peu un oxyor mais c'est vrai. Mais c'est trĂšs c'est trĂšs simple Ă concilier. C'est-Ă -dire que moi je suis lĂ pour essayer de comprendre une fois que je suis des faits ce qui a pu se passer et Ă qui l'imputer hein.
Donc j'ai un problĂšme de responsabilitĂ© pĂ©nale et j'essaie de faire en sorte que je puisse traduire devant une juridiction ou d'instruction d'abord ou de jugement ensuite lĂ oĂč les personnes dont je pense que au terme de l'enquĂȘte menĂ©e, elle doit elle doit pouvoir rĂ©pondre devant une jurction d'instruction de jugement des faits qui lui sont reprochĂ©s. Donc l'opportunitĂ© des poursuites qui est encore le principe euh qui caractĂ©rise l'action d'un parquet, l'opportunitĂ© poursuite. Ăa veut pas dire que j'ai un blanc sein pour classer tout ce qui me tombe sous la main.
L'opportunitĂ© des poursuite, c'est simplement de dire que j'ai la capacitĂ© de donner une rĂ©ponse pĂ©nale adaptĂ©e Ă des faits qui ont pu ĂȘtre commis, sur lesquels j'ai menĂ© des investigations et pour lesquelles je dois donner une rĂ©ponse pĂ©nale. VoilĂ . Et moi, mon but ultime en tant que procureur de la RĂ©publique effectivement, c'est de pouvoir traduire devant une juridiction des personnes dont j'ai pu acquĂ©rir la conviction Ă travers une enquĂȘte impartiale qu'elle doit rĂ©pondre de faits dĂ©licteux ou criminels.
Et là , c'est plutÎt le juge d'instruction qui nous le dira puisque c'est lui qui exerce cette poursuite là finalement par une ordon une ordonnance de mise en accusation. Donc le sujet des classements sans d'abord c'est pas c'est pas un dysfonctionnement bien entendu. Le classement sans suite c'est une décision prise par le procureur de la République soit pour des questions de droit soit pour des questions d'absence de charge suffisante de ne pas donner suite à l'action publique pénale.
Voilà . Donc c'est pas c'est pas un désaveux, c'est pas euh un dysfonctionnement. Euh c'est une façon normale de mettre un terme à des investigations qui m'ont qui ne m'ont pas permis de poursuivre quelqu'un devant une jurction de jugement.
Bon, donc euh voilĂ , la difficultĂ© qui se prĂ©sente Ă nous euh c'est que euh contrairement aux rĂ©seaux sociaux, la justice judiciaire en France euh ne ne se pas dĂ©nonciation. Porter Ă ma connaissance des faits dĂ©luels ou criminels, c'est indispensable, c'est nĂ©cessaire mais c'est pas suffisant. C'est l'Ă©tape qui va me permettre de me saisir de fait euh de me permettre de saisir euh des enquĂȘteurs policiers ou gendarme qui va me permettre d'essayer de comprendre ce qui a pu se passer.
Euh et donc l'exercice de mon mĂ©tier, c'est de c'est de soumettre Ă ces investigations des faits qui sont portĂ©s Ă ma connaissance. Mais le fait de porter Ă ma connaissance et se le fait ne suffit pas Ă saisir un juge, Ă Ă voyez Ă Ă Ă aller vers une justice qui ne qui ne qui ne pourrait pas ĂȘtre une justice comme on l'entend, c'est-Ă -dire avec des principes directeurs d'une procĂ©dure pĂ©nale qui s'impose Ă tous les acteurs de cette procĂ©dure pĂ©nale avec la garantie d'une Ă©galitĂ© des armes, d'une contradiction d'un Ă©change sur la valeur des preuves que j'essaie d'apporter devant une juridiction. Bon, tout ce travail-lĂ euh nous le faisons quotidiennement et nous le faisons avec d'autant plus d'engagements.
Il s'agit, comme je le disais au début de mon propos, d'intervenir au soutien de la protection notamment des mineurs, mais pas simplement. Et donc, c'est un travail qui je crois nous euh enfin nous sommes tous convaincus que cette mission là , elle est essentielle. Voilà .
Il y en a d'autres aussi hein parce que le garde des saut nous nous rappelle que le narcotrafic, nous rappelle que les attentes Ă la RĂ©publique, ça c'est le 3Ăš pan des politiques pĂ©nales, c'est important. Les Ă©lus doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©s, pris en considĂ©ration mais les violences les violences faites aux femmes, les violences faites aux mineurs sont dans le quotidien des des parquets des rĂ©alitĂ©s qui nous prennent Ă©normĂ©ment de temps, voilĂ , et d'attention et d'Ă©nergie. TrĂšs bien, je vous remercie.
Je vais passer la parole à monsieur Barret pour des propos introductifs et puis ensuite on on commencera les les questions et réponses. Merci. Merci beaucoup madame la présidente.
Madame la prĂ©sidente, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les dĂ©putĂ©s. Euh je suis moi aussi trĂšs honorĂ© avec la confĂ©rence nationale des procureurs gĂ©nĂ©raux que dont je j'assure la prĂ©sidence euh d'ĂȘtre entendu par votre commission d'enquĂȘte. euh et et trĂšs heureux de pouvoir partager avec vous notre approche.
Je reprends bien sĂ»r, j'adĂšre absolument Ă tout ce qui vient d'ĂȘtre dit par FrĂ©dĂ©ric Chevalier Ă la fois sur l'importance des faits dont vous ĂȘtes saisis, sur lesquels vous enquĂȘtez, c'est-Ă -dire des crimes pour les plus graves d'entre eux [raclement de gorge] et sur le fait que ce sont des crimes qui touchent les plus vulnĂ©rables, j'allais dire les plus innocents au sens au sens commun du terme les enfants non pas qu' des coupables, c'est pas du tout ce que je veux dire, mais c'est au sens de l'innocence de de celui qui ne voit pas le mal et et qui hĂ©las quelquefois le le subit. Alors, un mot sur la confĂ©rence nationale des procureurs gĂ©nĂ©raux, donc qui regroupe l'ensemble des procureurs gĂ©nĂ©raux, nous sommes 36, donc les chefs du ministĂšre public au niveau des cours d'appel et nous avons plusieurs missions. D'abord, les cours d'appel, vous le savez, c'est le second degrĂ© de juridiction euh dans [raclement de gorge] diffĂ©rentes formations.
Mais voilà . La deuxiÚme mission importante, c'est celle d'animer, de coordonner l'action des procures de la République. La troisiÚme, il y a pas d'ordre de priorité, hein, c'est de les de contrÎler leur action.
C'est c'est dans nos missions. Une mission fondamentale et celle qui consiste Ă prĂ©ciser pour notre ressort. Donc en ce qui me concerne, je suis pas cĆur gĂ©nĂ©ral prĂšs la cour d'appel de Grenoble.
Donc ça recouvre les départements de l'ISER, la DrÎ et les Hautes Alpes, c'est-à -dire à peu prÚs 2 millions de d'habitants. De préciser pour mon ressort la politique pénale générale, donc des orientations générales qu'évoquait à l'instant Frédéric Chevalier. Et puis dans notre mission fondamentale et d'ailleurs les procureurs de la République formellement sont avocat général auprÚs d'un procureur général chargé des fonctions de procureur de la République par exemple pour dans mon ressort à Grenoble, à Valence ou ou ailleurs.
Voilà . Puis on a une mission importante, je le signale parce que ça ça a évidemment une incidence sur la gestion des moyens judiciaires puisque vous savez que dans selon suivant le principe de séparation des pouvoirs, les les moyens budgétaires de la justice sont gérés par les chefs de cours. Donc ce qu'on appelle une gestion d'Ichique, donc commune par le premier président d'une cours d'appel et le procureur général et puis au niveau des tribunaux judiciaire par le président et le procureur de la République.
Euh Frédéric Chevalier le disait, quand on entre dans la magistrature, ce ne sont pas des professions qu'on choisit par hasard. D'abord, c'est difficile d'y accéder et euh c'est parce qu'on veut s'engager. Et s'engager, ça veut dire je de ce point de vue-là , il y a des points communs avec l'engagement d'un d'un parlementaire.
S'engager pour agir et pour ĂȘtre dans le concret. Et nous sommes dans le concret et peut-ĂȘtre d'ailleurs sans doute sommes-nous parmi les rares professions qui sont au contact direct de ce qu'on appelle le justiciable. Le justiciable bien sĂ»r on a du public dans nos audiences mais le justiciable ce sont des gens qui sont victimes et des gens qui sont poursuivis.
Et donc ça c'est un un quotidien concret euh et bon je rĂ©sume un petit peu mais quand on s'engage dans la magistrature c'est parce qu'on veut agir contre l'injustice. L'autre chose importante, c'est que vous le savez au cours de notre carriĂšre, on est magistrat et on prĂȘte une fois le serment de magistrat pour toute sa carriĂšre. queles que soient les fonctions que l'on exerce et que qui peuvent changer.
Moi, je avant d'ĂȘtre au parquet, j'Ă©tais au siĂšge. Euh un exemple que je donne toujours parce qu'il est le plus Ă©minent, le procureur gĂ©nĂ©ral prĂšs la Cour de Casson a Ă©tĂ© successivement prĂ©sident d'un tribunal, procureur de la RĂ©publique, premier prĂ©sident d'une cour d'appel, procureur gĂ©nĂ©ral. Et lorsque nous changeons de fonction, il [raclement de gorge] n'y a pas, je le dis d'une maniĂšre un peu triviale, mais personne ne nous greffe un autre cerveau.
C'est-Ă -dire que c'est toujours le mĂȘme et toujours la mĂȘme approche d'un magistrat qui se caractĂ©rise par deux choses qui sont indissociables l'une de l'autre. L'indĂ©pendance et l'impartialitĂ©. Un mot sur l'impartialitĂ©, l'indĂ©pendance et la sĂ©paration des pouvoirs, je ne dĂ©veloppe pas si vous le souhaitez.
L'impartialité c'est quoi ? C'est ne pas prendre partie. Ce qui ne veut absolument pas dire ne pas prendre position.
Au contraire, ce qu'on attend d'un magistrat, c'est qu'il décide, c'est-à -dire qu'il prennent position, mais qu'il prennent position en expliquant pourquoi il prend position, quelles sont les raisons, quelle motivation, comme on dit en droit, de sa décision et ce qui va avec l'impartialité. Heureusement, c'est le contradictoire, c'est-à -dire que tout ce que nous faisons, tout et euh je suis le premier ravi lorsque euh c'est exercé, tout ce que nous faisons est soumis à une possibilité de contestation, de discussion évidemment loyale, c'est-à -dire absolue et de voie de recours. Tout.
Alors avant d'entrer dans le détail, un mot pour compléter ce que ce qu'a dit Frédéric Chevalier sur le classement sans suite. Euh je je je vais aussi le témoigner. Ce qui est le plus facile pour un procur de la République, c'est pas du tout de classer sans suite, c'est de poursuivre parce qu'on ne pourra jamais vous reprocher de poursuivre.
Ce qui est le plus difficile, c'est quelquefois de prendre la dĂ©cision de classer sans suite parce que vous devez le motiver et Ă©videmment prendre en compte l'ensemble des intĂ©rĂȘts. Quand je disais ne pas prendre partie, le ministĂšre public et et c'est trĂšs bien que FrĂ©dĂ©ric Chevalier expliquĂ© ce qu'est un procureur. Dans le langage commun, je l'entendais en corard quelques heures. est quasiment une insulte, mais vous n'ĂȘtes pas procureur.
Alors que non seulement j'en suis fier, mais j'en suis heureux parce que un procureur c'est celui ce que dit la loi, c'est celui qui reprĂ©sente la sociĂ©tĂ©, c'est-Ă -dire qu'il ne reprĂ©sente aucun intĂ©rĂȘt ni Ă©videmment individuel particulier ni mĂȘme un intĂ©rĂȘt collectif. C'est la sociĂ©tĂ©, c'est-Ă -dire l'intĂ©rĂȘt de tous mais de personne. Et l'autre maniĂšre dans la dĂ©finition qui est donnĂ©e par la loi, votre loi, nous sommes chargĂ©s de l'application de la loi, c'est-Ă -dire que nous sommes le dĂ©fenseur de la loi.
Au sens de la loi, comme le disait Frédéric Chevalier, la fonction de la loi et d'abord de la loi pénale, c'est d'abord de protéger. C'est à ça qu'elle sert. S'il y a elle prévoit de sanctionner, c'est parce que on veut protéger et c'est pour ça qu'on sanctionne.
VoilĂ , je m'arrĂȘte lĂ peut-ĂȘtre sur les propos introductifs. J'espĂšre qu'on aura le le temps suffisant parce que on a pas mal de choses Ă Ă Ă vous dire mais je je veux pas priver FrĂ©dĂ©ric Chevalier de son temps de parole et ses contraintes. TrĂšs bien.
Je vous remercie messieurs. Je vais donner la parole à monsieur le rapporteur pour une premiÚre question. Merci messieurs les procureurs de la République.
Alors merci d'ĂȘtre de contribuer. C'est vrai que nous avons dĂ©jĂ auditionnĂ© beaucoup d'acteurs dans le cadre de cette commission d'enquĂȘte qui je rappelle a Ă©tĂ© adoptĂ©e Ă l'unanimitĂ© au sein de l'hĂ©micycle. Euh ce qui implique, c'est un sujet dĂ©licat et je le rĂ©pĂšte vraiment notre but Ă travers cette commission d'enquĂȘte, c'est d'arriver Ă une protection de l'enfant mais qui soit optimale.
Et c'est vrai que le l'intitulé c'est le c'est le traitement judiciaire euh du euh de l'inceste parental. ce qui suppose que vraisemblablement que dans la loi il y a des angles morts mais aussi il y a sûrement certains dysfonctionnements et surtout la coordination avec tous les acteurs que qui peuvent intervenir dans dans cette problématique. Euh en tout cas euh vous avez effectivement reçu le questionnaire hein.
Donc vous aurez aussi le temps encore de pouvoir y rĂ©pondre par Ă©crit d'ici d'ici le 22 le 22 mai. Mais euh je voudrais quand mĂȘme vous poser une question un peu dĂ©licate qui est est-ce que vous avez connaissance de poursuite en cours Ă l'encontre de parents protecteurs dĂ©nonçant l'inceste parental dont leur enfant est victime [grognement] au soutien de leur dĂ©fense des peines fermes ou avec des surcils sont-elles souvent prononcĂ©es ? Si oui, pour quelle raison ?
Excusez-moi, j'ai j'ai pas saisi toute la question. Est-ce qu'on a connaissance d'affaires dans les sont prononcés ? Alors alors alors la problématique c'est que vous avez des mÚres le plus souvent des mÚres protectrices parce que 96 % ce sont des hommes qui effectivement commettent l'inceste parental.
Et vous avez donc des maires qui euh poursuivent effectivement en justice. Euh oui, vous avez effectivement des maires qui poursuivent en justice euh qui sont poursuivis plutÎt en justice des parents protecteurs. Et donc ma question évidemment pour pouvoir dont leur enfant évidemment est victime du soutien de leur défense.
Et donc ma question effectivement c'est concernant les peines fermes ou avec surcis sont-elles souvent prononcĂ©es ? Sont-elles est-ce que ce sont des peines qui sont souvent prononcĂ©es ? Et si oui, pour quelle raison ? parce que tout simplement pour ĂȘtre pour aller droite au but, c'est vrai que lorsque il y a un signalement par un enfant, le plus ça crĂ©e une sĂ©paration, euh il y a euh le pĂšre, [raclement de gorge] il y a une procĂ©dure pĂ©nale, euh ensuite il y a il y a des preuves parfois qui sont prononcĂ©es, qui sont avancĂ©es.
Mais cependant, le pÚre a la garde toujours de cet enfant. Et souvent vous avez des mÚres pour des raisons justement pour protéger l'enfant euh parfois ne respecte pas cette gardé. souvent ce parent est condamné assez rapidement et parce que justement euh et c'est là effectivement toute la problématique aussi de la coordination entre les différents, le juge pénal, le juge des affaires familiales, le juge des enfants et vous trouvez effectivement des parents euh finalement qui sont condamnés, qui partent en caval.
VoilĂ . Donc c'est cette situation que je voudrais mettre en avant et toute lorsque justement ses parents engagent euh entre guillemets une dĂ©marche, un combat pour pouvoir protĂ©ger leur enfant mais qui malheureusement derriĂšre parce que alors j'irai plus loin euh nous avons Ă©tĂ© au tribunal euh Ă Ă la protection de la brigade des mineurs et vous avez des policiers parce que c'est eux qui sont au fait de l'instruction. et qui connaissent le contexte et qui souvent euh certes le pĂšre Ă©videmment euh prĂ©sumĂ© innocent, mais l'affaire euh n'Ă©tant pas totalement jugĂ©e, il y a euh des Ă©lĂ©ments qui leur permettent de dire euh et conseil mĂȘme aux parents de ne pas se prĂ©sent de ne pas prĂ©senter l'enfant Ă la garde.
Ăvidemment, ils n'ont pas le droit, mais sachant ce qu'ils savent, il y a des situations telles et bien Ă©videmment forcĂ©ment si l'enfant ne respecte pas euh la mĂšre ne respecte pas, automatiquement euh assez souvent 2 heures aprĂšs cette personne, elle peut ĂȘtre arrĂȘtĂ©e, mise en gard vue. Donc voilĂ un peu ces situations euh que je voudrais effectivement mettre en avant. Donc si tentait que il y a ces poursuites en tout cas pour protĂ©ger l'enfant, quels sont donc ma question quelles sont les peines fermes avec ou avec soucis sont-elles prononcĂ©es ?
Sont-elles prononés ? C'est une question que je pose hein et surtout si oui et pour quelle raison ? En fait, c'est euh le sujet, vous l'aurez compris, de la non représentation euh d'enfants.
Et vous avez aussi euh des poursuites contre le parent qui est dit protecteur. Euh par exemple, lorsque un parent mis en accusation euh fait une action en justice pour diffamation, par exemple. Et puis vous avez aussi le sujet de l'expertise qui va orienter vers un SAP, voilà , un syndrome d'aliénation parental.
Et là , le parent qui venait porter la parole de son enfant, qui venait dire probablement il y a un souci avec l'autre parent, ce parent se retrouve en difficulté face à la justice. C'est sur ce point-là que le rapporteur et moi vous interromons. Excusez-moi.
Euh oui, oui, j'ai j'ai j'ai bien saisi la question. Euh [raclement de gorge] d'abord, je vais je c'est c'est pas du tout ce sont pas du tout des généralités, c'est trÚs important. Il faut bien comprendre comment ça fonctionne la justice et notamment la justice pénale.
à l'inverse de beaucoup d'activités, ce qui est toute la procédure pénale, elle est construite pour éviter l'erreur judiciaire. C'est pour ça qu'il y a des voies de recours parce que l'erreur judiciaire est possible. Et donc bah quand on fait appel, on rejuge complÚtement une affaire.
C'est la mĂȘme chose. Et puis il y a des questions Ă©videmment de de de droits absolument fondamentaux lorsqu'on met en Ćuvre le principe du contradictoire, le principe de la prĂ©semption d'innocence, on y reviendra certainement, le principe selon lequel le doute doit profiter Ă la personne qui est qui est poursuivie. Euh et ça c'est en matiĂšre pĂ©nale.
Pourquoi ? Parce que la mission judiciaire fondamentale, c'est de rendre une décision avec le le moins de de de risque possible d'erreur judiciaire. Et c'est pour ça que tout ce que nous faisons est soumis à la à la discussion contradictoire et au regard de [raclement de gorge] des uns et des autres.
J'en viens précisément à votre question. On est en matiÚre pénale. J'ouvre une petite incise.
En matiÚre civile, l'approche, il y a des choses qui sont tout à fait communes. D'abord, c'est l'impartialité bien sûr des magistrats, qui soi du siÚge ou du parquet et et bien entendu leur leur leur leur leur indépendance. Mais ce qui est également commun, c'est le principe du contradictoire.
C'est-Ă -dire que toutes les preuves apportĂ©es par l'un sont discutĂ©es par l'autre et en temps utile. C'est pas du tout comme ce qu'on voit dans les sĂ©ries amĂ©ricaines oĂč on vous amĂšne au dernier moment, la derniĂšre minute, la preuve qui va changer le cours de l'affaire. Dans une procĂ©dure française, c'est absolument impossible.
On doit euh mettre les partis, les autres partis du ministÚre public en mesure de discuter le le la qualité, le fondement de de votre preuve. Euh mais en matiÚre civile, ce qui ce qui est différent, c'est que c'est une égalité de positionnement de chacune des parties. Ce il y en a une qui demande l'action et l'autre qui lui répond.
Le ministÚre public peut intervenir mais la plupart du temps, il n'intervient pas. J'en viens à votre question. Moi, la pratique et que j'ai eu, c'est qu'en matiÚre de représentation d'enfants, sauf exception, ce c'était trÚs rarement le parquet qui était à l'initiative des poursuites parce que dans notre systÚme et et Frédéric Chevalier l'a dit, lorsqu'on classe sans suite ou qu'on ne poursuit c'est ou qu'on ne poursuit pas sans avoir formellement classé sans suite.
Si on classe ensuite, il y a toujours une voie de recours devant le procureur général. Et si le classement est maintenu, il y a la possibilité de se constituer partie civile. Alors juste un mot d'explication.
Qu'est-ce que ça veut dire ? En réalité, en matiÚre pénale, il y a deux actions. Il y a ce qu'on appelle l'action publique, c'est-à -dire la poursuite de l'infraction qui va, si on est déclaré coupable, conduire à une peine.
Et puis il y a l'action civile qui pour la victime de l'infraction consiste à demander une indemnisation. Et c'est évidemment un grand progrÚs qu'on est qu'on ait séparé les deux puisqu'on est passé d'un systÚme dans le l'antiquité de vengeance privée à un systÚme de justement de d'exercice de l'action publique par une autorité publique, la partie civile gardant évidemment l'action civile. Alors si j'en reviens à la représentation d'enfants, pourquoi c'est rarement le ministÚre public qui est à l'initiative des poursuites ?
Parce qu'on est dans un domaine extrĂȘmement particulier. extrĂȘmement intime oĂč quelquefois vous avez une dĂ©cision du JAF qui va fixer un droit de visite et d'hĂ©bergement comme si comme ça et puis bah les parents s'arrangent, on on va modifier finalement on fait une galanique qui n'Ă©tait pas prĂ©vue ou voilĂ et la plupart du temps, on laisse le le le on choisit de laisser l'initiative d'une poursuite pour non reprĂ©sentation d'enfants Ă Ă Ă celui des parents qui s'en plain parce que entre-temps, on n' pas nĂ©cessairement saisi le jaf ou on l'a saisi mais il n'a pas encore statuĂ©. Quelquefois vous le savez, ça prend des des semaines ou des mois avant qu'on puisse avoir une dĂ©cision du JAF.
Donc c'est si le un des parents se plaint qu'il y a eu une non représentation d'enfants, il a cette possibilité de se constituer partie civile et de mettre en mouvement l'action publique, soit en saisissant un juge d'instruction. C'est ce qui se se fait dans des affaires trÚs compliquées. Par exemple, l'enfant a été conduit à l'étranger.
Donc ça ça va ĂȘtre ça peut ĂȘtre trĂšs compliquĂ© mĂȘme s'il y a des procĂ©dures si vous voulez on en parlera parce que c'est la convention de la S qui sont des procĂ©dures civiles. On peut demander Ă l'Ătat qui au aux Ătats qui sont signataires de la convention de la de de mettre Ă exĂ©cution la dĂ©cision de du juge qui a confiĂ© la la le le droit de visite le droit d'hĂ©bergement Ă l'un des parents. VoilĂ .
Donc on va le laisser soit saisir le juge d'instruction, soit c'est ce qui se passe le plus souvent, saisir directement le tribunal correctionnel puisque la non reprĂ©sentation d'enfance c'est un dĂ©lit. Mais c'est assez rare et FrĂ©dĂ©ric Chevalier me vous dira ce quelle est sa pratique. Moi quand j'Ă©tais procureur de la RĂ©publique et les procureurs de la RĂ©publique de mon ressort, c'est extrĂȘmement rare que ce soit l'initiative du parquet parce que il faut que ce soit vĂ©ritablement que que que soit caractĂ©risĂ© une volontĂ© de s'opposer Ă la dĂ©cision du JAF.
Alors je reviens Ă mes principes et c'est pour ça que je les Ă©voquais. La dĂ©cision du JAF, elle rĂ©sulte nĂ©cessairement d'un dĂ©bat contradictoire oĂč chacun a pu apporter ses arguments et le juge a tranchĂ©. Et si on n'Ă©tait pas satisfait de la dĂ©cision du juge, on interjette appel.
Et c'est une des chambres civiles de la cour d'appel. Alors souvent dans des dĂ©lais trop longs bien sĂ»r, mais en tout cas il y a nĂ©cessairement une dĂ©cision du juge. Quand je dis du juge, c'est soit le JAF, ça peut ĂȘtre d'ailleurs collĂ©gial, mĂȘme en premiĂšre instance dans certaines hypothĂšses.
Et si c'est en appel, c'est une dĂ©cision nĂ©cessairement collĂ©giale de trois magistrats euh qui a dĂ©cidĂ© qu'il y avait ce ce droit d'hĂ©bergement et ce droit de visite et que ce droit n'a pas Ă©tĂ© respectĂ© par ce parent. Ăa peut arriver. Je je je saurais pas vous vous dire mais oui, je me souviens de quelques dossiers mais quelques dossiers en largement plus de 30 ans de magistrature oĂč on a prononcĂ© des peines d'emprisonnement soit avec surcis soit mĂȘme exceptionnellement ferme mais dans des cas qui Ă©taient oĂč c'Ă©tait une une volontĂ© [raclement de gorge] du parent de ne pas respecter la dĂ©cision qui avait Ă©tĂ© rendue contre adictoirement par le jafle mais d'initiative moi je enfin non je n'aurai pas d'exemple Ă vous donner monsieur le oui monsieur le rapporteur donc il faut imaginer que ce qui est au centre de notre prĂ©occupation moi j'entends pĂšre ou mĂšre protecteur c'est une totologie hein pĂšre ou maire c'est avant tout protĂ©ger hein voilĂ si on parlait des incesteurs aussi donc faut ĂȘtre attendu.
Pardon, il y a des incesteurs aussi dans cette histoire. Donc faut ĂȘtre attendu. Oui, je dis simplement que on peut parler de pĂšre incestueux.
Ăa c'est c'est grave, c'est pas normal. Je dis quand on parle d'un pĂšre ou d'une mĂšre protectrice, c'est Ă peu prĂšs ce qu'on demande Ă un pĂšre ou une mĂšre. VoilĂ .
Bon voilĂ . Euh donc c'est pas voilĂ c'est pas une c'est pas une nouveautĂ©. Nous ce qui nous prĂ©occupe quand mĂȘme c'est lorsqu'on est saisi souvent je sais pas par la cripe notamment he dont vous avez peut-ĂȘtre entendu parler ou des reprĂ©sentants devant vous principal pourvoyeur de signalement d'enfants en danger.
Nous ce qui nous intĂ©resse, c'est l'enfant. C'est ce qu'on appelle l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l'enfant. Alors une fois qu'on a dit ça, ça veut dire quoi ?
Ăa veut dire que moi je connais pas le SAP lĂ . Enfin si c'est moi le SA c'est le service Non je sais. Oui, je prĂ©sentĂ©.
Non, seul SA que je connais c'est l'application des PIN. Mais euh dans ce syndrome je connais pas. Ce que je connais en revanche monsieur c'est l'instrumentalisation qui peut ĂȘtre faite d'un enfant par des parents qui se dĂ©chirent.
Bon et bien ça et ça moi mon rĂŽle c'est de mettre Ă l'abri cet enfant de cette espĂšce c'est Ă la mode aujourd'hui de victimisation secondaire. est dĂ©jĂ victime de quelque chose et en plus le risque c'est que euh il puisse ĂȘtre victime d'une instrumentalisation entre deux parents qui se dĂ©chirent et ça dans ma fonction de protection de l'enfance j'y veille quotidiennement. Donc il s'agit pas de savoir si je poursuis l'un ou l'autre.
Il s'agit de savoir comment je protÚge d'abord l'enfant. On a à disposition d'ailleurs des outils qui sont un outil notamment qui est l'OPP, l'ordonnance de placement provisoire. on veut en réinventer d'autres.
Il y a l'ordonnance de sĂ©curitĂ© de l'enfant et cetera. Moi, j'ai dit que cet outil lĂ dont on dispose qui est aujourd'hui un outil que l'on maĂźtrise, un outil qui est d'ailleurs assez dĂ©vastateur, hein, dont il faut servir avec une grande grande rĂ©flexion parce que c'est quand mĂȘme curieux de donner au procureur de la RĂ©publique dont le droit de l'Union nous dit nous rappelle que c'est pas une autoritĂ© judiciaire indĂ©pendante, mais n'empĂȘche que notre droit français donne quand mĂȘme au procureur RĂ©publique cette capacitĂ© d'extraire un enfant d'un milieu pour le protĂ©ger sur une notion civile qui est la notion de danger de l'article 375 qui dit que lorsque la santĂ©, la sĂ©curitĂ©, les conditions de vie d'une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale compromettent la sĂ©curitĂ© d'un enfant, on peut prendre cette dĂ©cision, mais c'est une dĂ©cision euh euh qui qui est quand mĂȘme qui qui normalement devrait relever d'un juge du siĂšge. Si on si on suit notamment ce que nous dit le droit de l'Union, et bien en France, on le confie dans une protection de l'urgence au procureur de la RĂ©publique et moi je suis comptable de l'utilisation de cet outil lĂ et je dois m'en servir avec cet objectif ultime qui est l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l'enfant euh et le mettre Ă l'abri de tout et et notamment de cette instrumentalisation dont qui pourrait ĂȘtre la victime.
Bon, d'accord. Vous le mettez Ă l'abri cet enfant de l'instrumentalisation, mais est-ce que vous le mettez Ă l'abri des actes d'inceste ? Bah par dĂ©finition parce que si je place l'enfant, bah si je place l'enfant, c'est que je l'enlĂšve de son milieu naturel qui est le milieu de la famille, qui est le milieu oĂč se commet des infractions.
Donc le le placement de l'enfant permet de retirer l'enfant du lieu oĂč il est en danger. Mais oui, mais j'ai l'impression que et je pense que mes collĂšgues aussi, on a l'impression que vous dites qu'il est en danger chez le parent qui instrumentalise alors que peut-ĂȘtre il est en danger chez le parent qui est agresseur. Non non, il est en danger auprĂšs du parent. euh de dont l'enfant se plaint.
Ăa peut ĂȘtre le pĂšre, la mĂšre, l'oncle, le grand-pĂšre, la grand-mĂšre. TrĂšs bien. Donc, mais est-ce que l'enfant s'est plaint, excusez-moi de vous interrompre, est-ce que l'enfant s'est plain de ce parent qui l'instrumentaliserait ?
Non, non, non, c'est pas ça. Il se plaint. Non, non, je dis il est victime, il est Non, il est victime d'abord d'un parent.
Donc il faut qu'on retire l'enfant, qu'on protĂšge l'enfant par le retrait de l'enfant de son milieu oĂč il est en danger. Ăa, on comprend bien. Donc alors aprĂšs euh aprĂšs il y a il y a il y a les familles se constituent comme elles veulent.
Euh il y a des il y a des mamans qui croient pas l'enfant, qui restent avec le mari. Il y a des mamans qui croient l'enfant, qui séparent du mari. Voilà .
Et naturellement, c'est plutÎt le le texte d'ailleurs le dit, la loi nous l'impose à nos autres magistrats, de favoriser un placement auprÚs de de la famille qui est en capacité d'exercer la protection de l'enfant. Donc je dis simplement que le risque dont il faut se prémunir, c'est de ne pas une fois qu'on a protégé l'enfant rentrer dans une instrumentalisation de l'enfant. Bon donc vous parlez de la non représentation de l'enfant, faut qu'on fasse attention.
C'est pour ça que la loi a Ă©voluĂ© d'ailleurs et vous parlez du dĂ©cret de novembre 2021 qui est appliquĂ© ce dĂ©cret. C'est-Ă -dire que ce ce ce la loi nous dit que si jamais il y a une cause avancĂ©e euh par celui qui doit remettre l'enfant, qui ne remettra pas l'enfant parce que il y a un problĂšme d'un cesse, de violence, enfin d'une une cause lĂ©gitime, et bien la la non reprĂ©sentation de l'enfant n'est pas constituĂ©e. En tout cas, l'enquĂȘte non mais on ne poursuit pas une non reprĂ©sentation d'enfant tant qu'on n pas vĂ©rifiĂ© que la cause qui justifie qui justifierait cette infraction estĂ© vĂ©rifiĂ©e.
Donc [raclement de gorge] la mise en Ćuvre de ce dĂ©cret depuis maintenant de nombreuses annĂ©es, c'est ce qui se fait quotidiennement dans les parquets. VoilĂ donc on vĂ©rifie que ce qui est avancĂ© pour justifier ce qui pourrait ĂȘtre une non reprĂ©sentation d'enfants existe ou pas. Je je je si je peux me permettre de de complĂ©ter ce qui vient d'ĂȘtre dit.
Euh c'est d'abord une question de bon sens et c'est une question de devoir euh judiciaire de des de des autoritĂ©s judiciaires que nous sommes que de faire primer et c'est c'est c'est la loi, c'est mĂȘme plus que la loi, c'est la convention, l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l'enfant. Ăa c'est notre premiĂšre prĂ©occupation et comme l'indiquait FrĂ©dĂ©ric Chevalier, c'est une des sans doute une des richesses de notre dispositif, c'est que nous pouvons, le ministĂšre public peut intervenir au pĂ©nal et au civil. Et au civil, notre seul impĂ©ratif, c'est de protĂ©ger les mineurs.
Alors, souvent sont prĂ©sentĂ©s et c'est c'est c'est ça n'est pas juste des principes qui sont antagonistes. l'intĂ©rĂȘt de l'enfant. Donc Ă©videmment sa protection, enfin c'est c'est mĂȘme premier protĂ©ger son intĂ©gritĂ© physique, sa dignitĂ©, enfin bon, je ne dĂ©veloppe pas, chacun comprend.
Euh ça ne s'oppose pas à la présomption d'innocence. Ces principes fondamentaux, ils s'ajoutent, il ne ils ne s'effacent pas l'un l'autre. Et notre travail, c'est de permettre aux plus importants d'entre eux de s'appliquer et au droit des uns et des autres de s'exercer.
J'ai parlĂ© de l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l'enfant, c'est notre impĂ©ratif et c'est pour ça que les OPP, les ordonnances de placement provisoire sont essentielles et c'est c'est de l'urgence l'image qu'il faut avoir en tĂȘte. Mais vous le savez du fonctionnement judiciaire, c'est assez comparable Ă l'organisation d'un hĂŽpital. C'est-Ă -dire que en son sein, il y a l'Ă©quivalent d'un SAMU.
C'est-Ă -dire que s'il le faut, on prend l'hĂ©licoptĂšre, on prend une voiture avec un gyrophare, un se dĂ©place, on dĂ©cide au tĂ©lĂ©phone dans l'instant. VoilĂ , il y a des OPP qui peuvent se dĂ©cider dans l'instant parce que Ă l'Ă©vidence, il faut retirer l'enfant de l'endroit oĂč il se trouve. Bon et puis il y a des services d'urgence, c'est la permanence qui Ă©voquait FrĂ©dĂ©ric Chevalier.
LĂ ben on va prendre un petit peu plus le temps. On va demander au service d'enquĂȘte d'entendre les uns d'aller faire une perquisition, de se renseigner, de rĂ©cupĂ©rer la dĂ©cision du JAF et cetera. Bon et puis il y a d'autres services oĂč on a davantage le temps et et donc on va prendre un petit peu plus de temps.
Mais c'est ça que l'on doit concilier. Et lĂ oĂč mais c'est c'est notre travail hein. Euh c'est c'est pas un travail qui est facile mais c'est c'est notre mĂ©tier de le faire et et oĂč on a des des des choses qui qui nous aident grandement, c'est justement de prendre des dĂ©cisions qui sont difficiles Ă prendre parce que elles ont des consĂ©quences essentielles sur le mineur.
J'Ă©voquais la prĂ©somption d'innocence quand on poursuit quelqu'un. Mais c'est c'est Ă©videmment un acte extrĂȘmement important. Ăa ça peut changer la vie de quelqu'un mĂȘme si si aprĂšs il est relaxĂ©.
Enfin, je sais que d'autres avant nous ont évoqué l'affaire d'outre. C'est c'est c'est ça ça peut bouleverser des vies. Donc ce ne sont pas des actes qu'on fait n'importe comment.
Et puis il y a d'autres droits qui sont les droits civils. C'est l'autorité parentale. C'est le droit de garder un lien avec son enfant, de l'héberger, de évidemment le le le protéger, donc de saisir les autorités compétentes.
Voilà . Et notre travail c'est de combiner l'ensemble. Et c'est pour ça que je disais moi je suis c'est absolument nécessaire que tout ce que nous fassions soit sous le saut du contradictoire et de l'existence des voies de recours.
Et alors il y a nĂ©cessitĂ© parfois de prendre une dĂ©cision tout de suite. C'est l'OP, c'est tout de suite. aussitĂŽt, c'est-Ă -dire c'est dans les les heures ou les jours qui qui suivent et et et au plus tard, c'est dans les 8 jours, on saisi un juge, le juge des enfants qui qui qui lui ben aura eu un petit peu plus de temps faire une enquĂȘte Ă©ducative.
Enfin bon, voilà . Donc c'est ça que l'on doit combiner et évidemment que notre premier souci mais que que comme le disait Frédéric Chevalier, lorsqu'on prend une décision d'OPP, on sait que ce sont des actes qui ont des conséquences énormes sur la vie des gens, sur celle de l'enfant, sur ses parents, sur l'entourage. Voilà .
Donc euh parce que ça veut dire on estime que il sera mieux dans un établissement à cet instant-là , dans un un établissement des desgements, un foyer que dans son milieu, j'allais dire naturel. Voilà . Et mais si, mais quelquefois bien sûr que si c'est nécessaire.
VoilĂ . Et ce sont des dĂ©cisions, je peux vous dire qu'on ne prend pas la lĂ©gĂšre, c'est-Ă -dire oĂč d'abord c'est qu'est-ce qu'on doit faire pour protĂ©ger et aprĂšs lĂ aussi ce sont pas des choses qui sont figĂ©es. C'est-Ă -dire que quelquefois ça va durer 24 48 he soit le temps que on en sache un petit peu plus sur la situation, soit qu'on ait peut-ĂȘtre une autre solution parce que ça peut ĂȘtre prĂȘ justement sur cette autre solution, est-ce qu'il n'est pas possible que l'enfant soit placĂ© chez le parent a priori petit protecteur ou est-ce que il peut ĂȘtre placĂ© dans dans la famille de ce parent si en l'occurrence madame la prĂ©sidente dĂ©jĂ le placement il est pas du tout obligatoire ni automatique.
Heureusement, mais bien sĂ»r que non. La la le lieu naturel oĂč doit se trouver un enfant, c'est sa famille ou celui des parents ou ou des proches, des grands-parents. Enfin voilĂ , c'est c'est c'est Ă©videmment la premiĂšre chose Ă laquelle on pense et et lorsque on envisage autre chose, c'est c'est parce que ça paraĂźt Ă ce moment-lĂ euh mettre en danger l'enfant que de le laisser lĂ oĂč il est.
Alors, ce qui est souvent assez difficile à à à faire passer, c'est que nous, par hypothÚse, quand nous sommes saisis de situations comme celle-ci, ce sont des situations exceptionnelles et j'allais dire nous gérons le le ce que ce qui fonctionne le plus mal. Nous avons à gérer. Nous devons gérer ce qui fonctionne le plus mal.
Et oui, c'est trĂšs rare mais ça arrive queon ait des enfants qui soient dĂ©chirĂ©s par par leurs parents dans des sĂ©parations. Donc don vous le savez, ça peut ĂȘtre d'une violence. Enfin, d'ailleurs hĂ©las quelquefois ça conduit au pire, y compris Ă l'Ă©gard des enfants d'ailleurs hein.
Vous avez certainement vu les les les statistiques sur les les homicides dans un cadre familial. Hélas euh ce n'est pas du tout anecdotique des homicides sur conjoint qui s'accompagne d'homicide sur les enfants, hein. Donc voilà .
Donc tout tout ça de nous notre gestion c'est c'est pas la situation tendue ça. La situation tendue. Les avocats un rÎle qui est trÚs important les JAF.
Alors mĂȘme si on pourrait souhaiter Ă©videmment que les JAFES aient des dĂ©lais pour statuer qui soient qui soient plus courts ou l'accĂšs Ă des procĂ©dures d'urgence civile qui permettent de de gĂ©rer le conflit euh autrement que que quand quelquefois hĂ©las il se il se poursuit avec un aspect pĂ©nal. Mais euh voilĂ , nous ces situations dont on parle, ce sont des situations exceptionnelles, mais oĂč justement l'intensitĂ© de la crise est telle que ce qui est en cause, c'est l'intĂ©gritĂ© des enfants. Alors, c'est une intĂ©gritĂ© physique, mais c'est aussi, j'allais dire, une intĂ©gritĂ© de de bien sĂ»r psychologique, mais mĂȘme dans leur existence mĂȘme.
Lorsqu'on est victime d'actes incestueux, ben évidemment que ça bouleverse une vie et ça bouleversera toute une vie. TrÚs bien. Oui.
Donc deux points pour rester sur la protection de l'enfant, l'intĂ©gritĂ© de l'enfant physique, psychologique, social euh avec les Ă©changes que nous avons eu notamment hier avec les policiers euh lorsqu'il s'agit du placement du placement parce que les policiers Ă©videmment euh sur ordre euh mĂšne l'enquĂȘte donc connaĂźt bien la situation de de terrain de ces enfants. Et euh nous avons bien compris, alors je l'avais compris parce que j'ai visitĂ© euh la brigade des mineurs au commissariat pitre la semaine derniĂšre, ce qui a Ă©tĂ© confirmĂ© globalement qu'il y ait une bonne coordination et intelligente avec les magistrats pour le placement. sous-entendu que vous avez effectivement des magistrats qui qui ont ce rĂ©flexe Ă ces systĂ©matiques avec les policiers qui ont instruit une affaire pour savoir euh est-ce qu'il faut peut-ĂȘtre placer l'enfant chez le parent, la grand-mĂšre ou la le grand-pĂšre ou l'oncle ou ou peut-ĂȘtre ne pas placer l'enfant forcĂ©ment dans une maison des Ă la voilĂ .
Donc euh alors cette coordination justement, est-ce que vous c'est une dĂ©marche [raclement de gorge] coordination intelligente que vous que vous pratiquez que vous prĂ©conisez au maximum la concertation avec les policiers pour pouvoir prendre cette dĂ©cision de placement ? Ăa c'est la premiĂšre chose. La deuxiĂšme chose c'est que effectivement vous avez des situations nĂ©cesses oĂč la preuve elle est compliquĂ©e, difficile.
Il y en a qui sont Ă©videntes. C'est vrai que lorsque vous avez l'offmine sur une affaire, en gĂ©nĂ©ral c'est sur cybercriminalitĂ© en gĂ©nĂ©ral. Ăa c'est c'est rapide.
Maintenant, mais lorsque vous avez la briquette de protection des mineurs et lĂ vous avez des pol qui vous disent aussi mais 48 he de garde Ă vue, c'est peut-ĂȘtre court parfois pour l'inceste. Peut-ĂȘtre qu'il faut mĂȘme aller plus loin, peut-ĂȘtre 72 he ou moins qu'enf Ă l'instar peut-ĂȘtre des des grands criminels et c'est et et [raclement de gorge] lĂ , est-ce que vous avez eu cette rĂ©flexion au niveau des des procureurs sur alors Ă©videmment la loi, elle est ce qu'elle est parce que nous nous sommes dans cette commission d'inquĂȘte pour faire des prĂ©conisations et donc c'est vrai que nous c'est nous qui proposons la loi. ou en tout cas euh euh qui la voton.
Euh donc nous dans cette commission d'enquĂȘte, c'est une vraie question pour nous. Est-ce que c'est une procrunisation que nous devons faire, c'est-Ă -dire augmenter la garde Ă vue, la durĂ©e de la garde Ă vue concernant euh les premiĂšres auditions sur une problĂ©matique d'inceste oĂč parfois il y a des situations qui sont compliquĂ©es, difficiles et oĂč la preuve et est trĂšs difficile parfois Ă Ă Ă faire sortir. VoilĂ .
Ouais. sur la sur la premiÚre question sur la coordination. Souvent le placement, vous savez, il il est issu plutÎt de situations qui nous sont révélées par les services sociaux notamment, hein.
Et donc lĂ , c'est plutĂŽt une coordination avec eux qu'il faut qu'il faut avoir. Mais elle est importante parce que souvent, vous avez dĂ» en entendre parler, mais le placement, il intervient souvent le weekend ou le dĂ©but de weekend he le vendredi Ă 17h. la permanence, il faut ĂȘtre trĂšs vigilant hein parce qu'il y a des souvent des appels d'urgence euh voilĂ pour des raisons qui seraient trop long d'exposer.
Mais cette coordination, elle est indispensable. Alors ça c'est quand mĂȘme la grande nouveautĂ© de nos organisations. Vous avez entendu parler sans doute des des copiles qui des des comitĂ©s de pilotage qui se mettent en Ćuvre dans les dans les juridictions depuis le 1er janvier 2024.
On a cette organisation qui transcende un peu le siĂšge, le parquet, les fonctions civiles, les fonctions pĂ©nales. On a normalement le procureur et le prĂ©sident d'un tribunal ont un rĂ©fĂ©rent chacun liĂ© aux questions de violence notamment ĂȘtre familial mais pas simplement. euh de sorte que ces deux rĂ©fĂ©rents-lĂ ont pour euh objet et mission de coordonner l'action du parquet avec le JAF, du parquet avec l'application des peines, avec l'instruction, avec le service des enfants.
Parce que ce qu'on a constaté ou ce qu'on a déploré évidemment, c'est que des situations ultra connues par le juge des enfants ou encore par le service de l'application des peines, le soit moins du parquet ou inversement. Et aujourd'hui, ça c'est une réalité dans tous les dans toutes les juridictions de premiÚre instance, cette coordination déjà au sein de d'une juridiction entre les diverses services qui connaissent de situation familiales, c'est une réalité. La deuxiÚme, c'est que tous les deux 3 mois à peu prÚs, l'ensemble des parquets réunissent ces ces comités de pilotage avec les forces de sécurité intérieure, policiers et gendarme et aussi le réseau du monde associatif qui est hyper important pour la prise en charge des la protection, la prise en charge des des mineurs.
Et donc ces ces actions de coordination, elles sont aujourd'hui à peu prÚs répandues partout et elles sont nécessaires. Elles permettent avec les forces de l'ordre si c'est nécessaire d'avoir des capacités d'action et de réaction trÚs intéressantes. Voilà donc les les brigades pour mineurs, la la maison de protection de l'enfant chez les gendarmes, tout ça c'est des maintenant c'est des services que l'on que l'on cÎtoie trÚs réguliÚrement dans cette optique de coordination.
VoilĂ donc ça vous pouvez en ĂȘtre Ă peu prĂšs assurĂ©. C'est la loi d'ailleurs, c'est vous qui l'avez qui l'avez dĂ©cidĂ©. C'est la loi qui l'a qui l'a imposĂ© et nous on le met en Ćuvre Ă©videmment parce qu'on on y on y voit que des intĂ©rĂȘts Ă effectivement avoir cette coordination nĂ©cessaire dans la prise en charge de la protection des mineurs.
Sur deuxĂšme question relative Ă l'augmentation de la durĂ©e de la garde Ă vue, personnellement, j'y vois pas l'intĂ©rĂȘt. Bon, moi je crois que euh la garde Ă vue aujourd'hui, vous savez, elle a beaucoup Ă©voluĂ©. Moi qui commence Ă ĂȘtre un vieux magistrat, j'ai connu la garde Ă vue sans avocat.
Euh puis bah oui et puis euh avril d' annĂ©es, vous vous souvenez monsieur le procureur gĂ©nĂ©ral, la panique avec l'arrivĂ©e de l'avocat en garde Ă vue, je me souviens trĂšs bien, c'Ă©tait une rĂ©volution. C'est gĂ©nial en fait. VoilĂ , le lĂ©gislateur a a eu lĂ Ă©videmment une avancĂ©e importante, mais aujourd'hui la garde Ă vue, vous savez, c'est pas c'est pas le lieu oĂč on progresse beaucoup dans le casadre de l'enquĂȘte.
Voilà . Pour moi, la garde à vue c'est un d'abord c'est une une capacité à mettre quelqu'un hors d'état de nuire un temps donné limité et ensuite de pouvoir en disposer pour le déférer, c'est-à -dire l'amener devant un juge, soit d'instruction, soit de jugement. Voilà , c'est ça la garde à vue.
C'est devenu un moment technique, procĂ©dural. C'est pas l'endroit oĂč on a de grandes rĂ©vĂ©lations puisque la premiĂšre chose qu'on fait pour un enquĂȘteur lorsqu'on place quelqu'un en garde Ă vue, c'est lui notifier son droit au silence. Bon donc ce qui est ce qui est ce qui est trĂšs bien d'ailleurs hein et ce qui est dans la plupart des cas suivi des faits et je le comprends d'ailleurs puisque l'avocat n'ayant pas du tout accĂšs aux piĂšces de la procĂ©dure euh il a pas intĂ©rĂȘt Ă ce que son client dise quoi que ce soit tant qu'il a pas accĂšs au dossier.
Donc tout ça est abscĂšs est assez normal. Il y a des gardes Ă vue avec des avec des durĂ©es qui sont qui peuvent ĂȘtre trĂšs longues notamment en matiĂšre de stupĂ©fiant, dĂ©linquence organisĂ©e ou de terra mais qui s'explique par la nature mĂȘme des faits. Pour ce qui concerne la protection de l'enfant, je suis pas certain qu'il y ait une nĂ©cessitĂ© que le lĂ©gislateur rallonge un temps de garde Ă vue qui n'est pas l'endroit oĂč se fait le oĂč se dĂ©cident les choses en rĂ©alitĂ© he de mon point de vue.
VoilĂ , je je vais je vais lĂ aussi ajouter quelques quelques remarques. Je reprends le terme que vous employez, monsieur le le rapporteur, de concertation avec les enquĂȘteurs. Ăa ne peut pas ĂȘtre une concertation parce que l'autoritĂ© qui doit assumer la dĂ©cision, c'est le magistrat ou la juridiction.
Mais plus les dĂ©cisions sont difficiles et mieux on doit ĂȘtre informĂ©. J'allais dire c'est un peu comme une commission d'enquĂȘte. VoilĂ .
Donc Ă©videmment que on Ă©change. Alors en plus de ça, FrĂ©dĂ©ric Chevalier l'a dit tout Ă l'heure, dans la loi, le procur de la RĂ©publique dirige l'action des enquĂȘteurs. Il la dirige.
C'est qu'il rendent compte de ce qu'ils font et et on va leur donner des instructions. On vous demande d'aller saisir le tĂ©lĂ©phone, de regarder ce qu'il y a dedans parce que il y a peut-ĂȘtre des images et cetera, de regarder l'ordinateur s'il y a des consultations de site pĂ©doporno de et cetera. Bon euh voilĂ , on essaie toujours dans les affaires d'inceste euh avec un mineur mais Ă©videmment aussitĂŽt d'enclencher une mesure d'investigation euh Ă©ducative avec des services spĂ©cialisĂ©s qui qui vont nous nous informer sur la maniĂšre dont la famille fonctionne et cetera.
On a en gĂ©nĂ©ral dans les affaires que vous Ă©voquiez une procĂ©dure civile et lĂ aussi qui qui dans laquelle il y a des des Ă©lĂ©ments d'information qui qui qui peuvent ĂȘtre extrĂȘmement importants parce que on aura Ă©changĂ© justement sur qui a le droit de visite et d'hĂ©bergement qui et cetera. VoilĂ . Donc c'est tout ça qu'on va essayer de rassembler. simplement, il y a une temporalitĂ© qui ne permet pas d'avoir tout ça avant de prendre sa dĂ©cision quand il y a urgence parce qu'il faut protĂ©ger.
Donc bah on va prendre et puis on enclenche aussitĂŽt et je termine lĂ -dessus, c'est nĂ©cessairement suivi d'une procĂ©dure devant un juge oĂč lĂ tout le monde va Ă©changer ses arguments. NĂ©cessairement, ça ne peut pas ĂȘtre autrement. oĂč le l'OPP et il en est donnĂ© levĂ©e par le le le parquet.
Si on le fait, je disais c'est pas à la légÚre donc c'est rare qu'il en soit donné levé dans les 24 heures. Sauf si on l'a fait parce que ça ça peut arriver. On on les grands-parents habitent à l'autre bout de la France, on sait que on peut leur confier l'enfant parce qu'il y a pas de problÚme que voilà , il faut leur laisser le temps d'arriver.
D'ailleurs, alors on le on va prendre une OPP, j'allais dire pour se couvrir juridiquement, pour couvrir la responsabilité de ceux qui en attendant gardent l'enfant. Voilà . Mais je je je le disais tout à l'heure, mais je le redis parce que c'est important.
Nous, on connaĂźt nos nos foyers qui sont bien tenus, c'est pas le problĂšme. Mais on sait ce que ça peut reprĂ©senter pour un enfant mĂȘme, de sortir de son cadre familial et d'aller dans une institution aussi bonne soit-elle. aussi prĂ©cautionneuse soit-elle.
C'est c'est c'est ce sont des des des ruptures majeures dans le dans dans la vie. VoilĂ . Et donc ce que je voulais dire c'est que nĂ©cessairement au plus tard dans les jours qui suivent il y a une audience devant un juge Ă oĂč lĂ oĂč chacun euh oĂč le juge aura on aura eu quelques jours pour assembler des Ă©lĂ©ments euh et oĂč chacun pourra s'exprimer et chacun sera assistĂ©.
Voilà . Donc euh c'est c'est là aussi il faut pas euh euh on ne peut pas avoir l'image de choses qui sont figées et qui sont définitives. On est nécessairement dans une dynamique, si j'ose dire, une dynamique judiciaire qui fait que ça évolue.
Sur la garde Ă vue, je partage tout Ă fait les l'avis de FrĂ©dĂ©ric Chevalier. Pourquoi ? D'abord parce que lĂ oĂč on a des gardes Ă vues plus longues qui sont exceptionnelles et que l'exception, comme son nom l'indique, doit rester exceptionnelle.
C'est lĂ oĂč on est dans des domaines de criminalitĂ© ou de dĂ©linquence qui sont trĂšs complexes parce qu'on est sur des rĂ©seaux lorsque lorsqu'on est alors mais ça peut ĂȘtre le cas mais bien sĂ»r mais lĂ enfin moi c'est pas ce Ă quoi je ce que j'Ă©voquais quand on est sur des rĂ©seaux pĂ©docriminels. Bien sĂ»r qu'on est sur des rĂ©seaux lorsqueon est sur une inceste euh un inceste qui est reprochĂ© au pĂšre on n'est pas du tout sur des rĂ©seaux. VoilĂ .
Tre pas enquĂȘter, excusez-moi, mais ce qu'on en sait, c'est que si on est dans un cadre de rĂ©seau pĂ©docriminel, euh on n' pas du tout la mĂȘme approche et et on va chercher, on va s'assurer que mais on n'est pas du tout, c'est pas du tout la mĂȘme chose que des rĂ©seaux de terrorisme ou de ou de de narcotrafic. VoilĂ . Et c'est parce que je je vais terminer, c'est parce que euh ces rĂ©seaux sont encore plus complexes Ă travailler, qu'on qu'on peut on peut pas toujours, avoir besoin d'une durĂ©e de garde Ă vue qui est plus longue parce que derriĂšre, il va falloir par exemple euh aller faire des perquisitions chez des gens qu'on connaĂźt pas encore, qu'on a pas encore identifiĂ©.
VoilĂ , si on est sur un rĂ©seau pĂ©docriminel et madame la dĂ©putĂ©e, on a des outils juridiques pour le faire s'il le faut. D'ailleurs, on a on en a un qui qui euh euh et j'allais dire le celui qu'on utilise, c'est si on en a pas d'autres qui est celui de l'association de malfaiteurs et et qui nous permet de mener des investigations. Ăvidemment qu'on le fait.
Enfin, je sais c'est c'est euh c'est c'est c'est la raison d'ĂȘtre de ce que nous faisons. C'est de c'est ce qu'on appelle c'est la dĂ©finition de de ce qu'on appelle la police judiciaire en droit, pas au sens organique du terme mais c'est la recherche des infractions, la constatation de ces infractions et la recherche de leurs auteurs. C'est c'est la raison d'ĂȘtre du droit pĂ©nal, de la loi pĂ©nale que vous votez, c'est de trouver les infractions qui [raclement de gorge] existent et de de trouver leurs auteurs.
Au passage, dans les choses sur lesquelles euh il serait bon qu'on change, c'est sur cette religion de la plainte. Heureusement, nous sommes dans un pays oĂč il n'y a pas besoin que quelqu'un dĂ©pose plainte. ni pour ouvrir une enquĂȘte, ni pour exercer les poursuites, sauf dans des domaines rarissimes qui sont les atteintes Ă l'honneur et les exportations illĂ©gales d'armes.
Ce sont les deux seuls domaines. C'est-Ă -dire que le procureur de la RĂ©publique FrĂ©dĂ©ric Chevalier peut demander aux policiers, aux gendarmes d'ouvrir une enquĂȘte et d'aller commencer leurs investigations simplement en leur disant "J'ai appris, il a pas Ă dire ni comment ni pourquoi. J'ai appris que Ă tel endroit ou pas Ă tel endroit mais que telle infraction est susceptible d'avoir Ă©tĂ© commise." Et ça pourquoi il faut sortir de cette religion de la plainte ? parce que c'est faire peser sur la victime une responsabilitĂ© qui qui n'a pas Ă ĂȘtre la sienne.
En revanche, elle doit avoir le droit et c'est la constitution de partie civile que j'Ă©voquais tout Ă l'heure. C'est ça. Si jamais le ministĂšre public ne met pas en mouvement l'action publique, c'est-Ă -dire ne dĂ©clenche pas une enquĂȘte et mĂȘme des poursuites, la victime seule peut le faire. de elle n'exerce pas l'action publique mais elle dĂ©clenche l'action publique.
VoilĂ . et et et sur la plainte euh moi j'ai vĂ©cu alors euh euh FrĂ©dĂ©ric Chevalier Ă©voquait la pĂ©riode oĂč on a on a vu arriver les avocats en garde Ă vue. Je la loi du 15 juin 2000, moi aussi je me souviens bien.
Euh moi j'ai vĂ©cu je je vais tĂ©moigner d'autres choses. Quand on a on a j'ai fait partie de ces procurs de la RĂ©publique qui ont dit "Mais attendez, les mains courantes, quand une femme fait appel au aux policiers ou au gendarmes en disant "Ăcoutez, je suis victime de violence, venez intervenir. Et alors, voulez-vous dĂ©poser plainte madame ?" "Non." "Bon ben, on va faire une main courante." Mais et bon, non, non, mais c'est pas grave, on en reste lĂ .
C'est une main courante. Mais bien sûr que non. Pourquoi ?
C'est parce qu'elle a appelĂ© un service de police ou gendarmerie ou qui a Ă©tĂ© appelĂ© par quelqu'un d'autre et qui dit "Mais mais j'entends des cris chez mes voisins. VoilĂ , intervenez." Ăa veut dire que d'une maniĂšre ou d'une autre, on a sollicitĂ© la puissance publique et cette puissance publique, elle doit Ă ce moment-lĂ intervenir.
Et j'ai fait partie de ceux qui ont dit on va prendre les mains courantes, on va les regarder dans le dĂ©tail et chaque fois qu'on a une affaire de ce genre de violence intrafamiliale Ă forceurie Ă©videmment d'inceste, on va dĂ©clencher une enquĂȘte et on verra aprĂšs c'est le droit ou non de la la partie civile, enfin de la victime de se constituer partie civile, c'est-Ă -dire de demander l'indemnisation de son prĂ©judice. ça lui appartient au passage d'ailleurs, c'est une excellente chose et lĂ aussi on est avec des victimes en gĂ©nĂ©ral qui sont des victimes mineur. Je sais que ça fait partie de de de de vos dĂ©bats.
Bien sĂ»r que il faut, c'est une excellente chose et ça si si ça n'est pas exercĂ© par l'un des parents, il faut un administrateur ADOC. Bien sĂ»r qu'il le faut. De la mĂȘme maniĂšre que Bien sĂ»r qu'il faut qu'il soit assistĂ© d'un conseil.
C'est c'est c'est pas c'est c'est une question d'exercice de ses droits. C'està d qu' on le mette en situation d'exercer ses droits. Il le fait ou il ne le fait pas mais au moins s'agissant d'un mineur, on s'assure que là à tous les coups ces droits sont exercés, qu'il est présent dans l'instance en étant évidemment représenté par un avocat.
Mais voilà et donc je je j'en reviens à ce que je disais. Il faut sortir de cette religion de la plainte parce que de dans notre culture euh générale commune, c'est il faut déposer plainte pour que il y ait une procédure. Voilà .
Et bien non, il ne faut pas dĂ©poser plainte. Il suffit de le porter Ă la connaissance de et pardon, je suis un peu long, mais je vais faire rater son train Ă mon collĂšgue, mais euh lĂ aussi, c'est un sujet fondamental sur la transmission de l'information qui nous permet d'enclencher une action judiciaire et je vise notamment bien sĂ»r les professionnels, on y reviendra peut-ĂȘtre j'espĂšre, mais aussi l'entourage, les entourages qui est au courant le plus souvent Moi, je vais vous dire alors et puis on y reviendra peut-ĂȘtre sur la proportion des dossiers qui sont poursuivis. Et on le voit par exemple dans les dossiers, je fais pas de parallĂšle abusif, dans les dossiers d'homicide conjugaux, on a un certain nombre de dossiers dans lesquels on avait des alertes dont nous avions connaissance, c'est-Ă -dire des procĂ©dures qui existaient.
C'est loin d'ĂȘtre la majoritĂ© mais dans presque la totalitĂ© des dossiers. Quand vous interrogez l'entourage familial, amical, professionnel, l'Ă©cole mĂ©dicale, dans presque tous les dossiers, vous avez quelqu'un qui vous dit "Je ne suis pas surpris de ce qui s'est passĂ©, on s'y attendait." VoilĂ .
Et le sujet là c'est ça et y compris sur l'inceste. Moi enfin je je je crois ce qui a écrit la civise qui nous dit que il y a 12 % euh voilà c'est c'est c'est j'allais dire c'est pire que ça. Oui parce que c'est un cÎté effrayant.
J'ai relevé ce que disait la la présidente euh devant vous l'autre jour euh qui disait je crois alors je retrouve pas mes chiffres mais c'est vous les avez de mémoire. que 5 % des parents euh déclenchaient une procédure, ce qui pose des tas de questions sur pourquoi les 95 ou autres % ne le font pas. Bon et et les les réponses sont complexes mais bon voilà et que 18 % des professionnels croyaient la révélation qui leur était faite, ça veut dire 82 % de la ne croi pas et que je crois 8 % conseillaient de déposer plainte.
Alors, vous m'avez entendu sur la religion de la plainte, mais le le un des sujets majeurs si on veut lutter contre l'inceste, c'est que cette information nous soit transmise. Parce que ce qui est certain, lĂ , c'est pas un taux de classement sans suite. Ce qui est certain, c'est que si l'information ne nous arrive pas, nous ne pouvons rien faire parce qu'on peut pas l'inventer.
Je disais que le procureur peut dire "Mon petit doigt m'a dit que il y avait une infraction qui Ă©tait commise ici. Je vous demande d'enquĂȘter. Mais s'il ne le sait pas, on ne peut pas l'enclencher.
Et ça c'est une question de prévention, c'est une question de culture, de culture de la prévention et c'est aussi une question d'action. Alors on y reviendra sans doute mais de permettre cette transmission de l'information qui est à visée protectrice. C'est pas de l'adation, c'est pour protéger.
Merci pour certaines interventions. Monsieur le rapporteur doit nous quitter. J'ai j'ai juste monsieur avocat j'ai juste une une demande Ă vous faire parce que vous disiez ce qu'il faut rallonger la garde Ă vue puisquon peut modifier la loi ou proposer de la modifier.
Il y a une chose qu'il faudrait arriver Ă faire, si vous le pouvez, c'est systĂ©matiser dans tous les dĂ©partements un lieu qui fonctionne trĂšs bien une fois qu'on a mis en protection les enfants, c'est de poursuivre les investigations et de l'entendre notamment et les vous avez entendu parler des UAPD, hein. Donc les unitĂ©s d'accueil pĂ©diatrie de l'enfant en danger, ça c'est un ça c'est un vrai sujet et malheureusement c'est un sujet financier mais ça devrait pas en ĂȘtre un hein si on avait les moyens de nos ambitions la protection des mineurs. Mais ça je crois que tous les collĂšgues procureurs de la RĂ©publique ceux qui en bĂ©nĂ©ficient sans sans sont extrĂȘmement satisfaits de de ce qu'il peut y faire et ceux qui l'ont pas demandent de pouvoir en bĂ©nĂ©ficier.
Donc ça c'est une vraie recommandation qu'il faudrait qu'il faudrait faire pour qu'il y ait une espĂšce de systĂ©matisation avec l'ARS avec le centre hospitalier le plus dĂ©veloppĂ© du coin que cette cupuĂš puisse fonctionner parce que vous savez c'est une unitĂ© de de temps de lieux d'action de prise en charge des mineurs qui est enfin qui fait bien avancer les enquĂȘtes de maniĂšre trĂšs intĂ©ressante pour nous. Monsieur le rapporteur, allez-y. Il s'en va pas.
TrĂšs bien. J'en suis convaincu pour le dans la mesure oĂč j'ai visitĂ© le de du CHU de Prinp la semaine derniĂšre. VoilĂ , je vais devoir, j'avais dĂ©jĂ une contrainte prĂ©vue.
Bon, c'est vrai qu'on a pris du retard. En tout cas, merci pour votre présence et comme bon, vous pouvez effectivement apporter les réponses jusqu'au 22 mai à travers le questionnaire que nous avons posé. Merci beaucoup.
Allez, excusez-moi. Merci monsieur le rapporteur. Nous allons poursuivre Non mais nous monsieur le rapporteur s'en va mais nous continuons l'audition.
Merci messieurs et je vais passer la parole à mes collÚgues. Alors Segolen Amio a demandé à intervenir et aprÚs ce sera Béatrice Roulot. Merci madame la présidente.
Merci messieurs. Je vous avoue que Ă vous Ă©couter, j'ai l'impression de pas vivre dans le mĂȘme monde que vous. Euh j'ai suivi la l'intĂ©gralitĂ© des auditions que nous avons menĂ© dans cette commission d'enquĂȘte jusqu'ici et euh et clairement euh vraiment on ne vit pas dans la mĂȘme rĂ©alitĂ©.
Euh quand vous nous dites par exemple qu'il faut sortir de euh de de du de la sacrinte plainte et cetera, nous ce qu'on voit c'est que les plaintes elles sont pas transmises. Euh c'est quand mĂȘme quand il y a des plaintes, elles ne sont pas transmises. C'est je je je vous invite Ă aller Ă©couter Ă©ventuellement les les l'audition d'hier euh de des policiers et gendarmes.
Mais ce que j'entends aussi, c'est quand vous nous dites qu'effectivement vous ĂȘtes lĂ pour pour reprĂ©senter au nom de notre sociĂ©tĂ© les intĂ©rĂȘts effectivement de notre sociĂ©tĂ©, donc de faire respecter la loi au nom de notre sociĂ©tĂ©, moi j'interroge euh quand on sait qu'il y a 160000 enfants agressĂ©s chaque annĂ©e, c'est-Ă -dire un toutes les 2 minutes, euh j'interroge. Qu'est-ce qu'on dit de notre sociĂ©tĂ© quand Ă 90 % des dossiers sont classĂ©s sans suite ? Qu'est-ce que ça dit de notre sociĂ©tĂ© ?
Qu'est-ce que nous disons justement aux agresseurs et aux victimes et aux parents qui accompagnent ces victimes ? Et donc vraiment moi j'interroge complÚtement parce que quand vous n vous dites et vraiment je vous écoute je vous ai écouté ça m'a mise profondément en colÚre parce que à vous entendre finalement tout va bien tout va bien on fait bien les choses les dossiers sont sont menés on protÚge les enfants. Nous ce qu'on a entendu depuis des semaines c'est que non les enfants ne sont pas protégés pire que ça.
Pire que ça on les remet parfois à la garde exclusive de leur agresseur. Et donc comprenez comprenez monsieur le procureur général à quel point euh ça puisse ça puisse nous mettre en colÚre. Et là , du coup, je vais aller vraiment sur des questions trÚs euh trÚs précises.
Par exemple, sur les investigations. Euh vous avez parler de perquisition tout Ă l'heure et le fait que effectivement euh il y avait besoin de ça. Euh il il ressort de nos auditions que ces perquisitions, elles sont assez rares finalement, voire mĂȘme extrĂȘmement rares, notamment sur le matĂ©riel informatique.
Alors qu'aujourd'hui, on sait trĂšs bien que notre tĂ©lĂ©phone est est devenu finalement notre journal intime, qu'Ă partir de notre tĂ©lĂ©phone ou de notre ordinateur, vous pouvez Ă peu prĂšs tout savoir de notre vie. Euh ça c'est quelque chose qui qui ressort comme Ă©tant trĂšs peu usitĂ©. Euh autre autre questionnement, c'est la rapiditĂ© avec laquelle parfois il y a un classement sans euh aprĂšs un dĂ©pĂŽt de plainte aprĂšs et euh et vraiment on a des on a des des des tĂ©moignages euh en nombre de de d'affaires classĂ©es extrĂȘmement vite, parfois mĂȘme sans avoir entendu le mise en cause.
Et donc lĂ , je j'interroge, je dis mais comment c'est possible que le mise en cause n'ait pas pu ĂȘtre interrogĂ©e avant mĂȘme le classement sans suite ? Et et quand je vous dis qu'on on a des tĂ©moignages en nombre, on a vraiment des noms, je peux vous donner des dates, des lieux, des cours et c'est vraiment extrĂȘmement interrogant lorsque pareil on a des affaires dans lesquelles on a des classements sans pour le critĂšre le code 21, c'est-Ă -dire euh que l'affaire est insuffisamment caractĂ©risĂ©e quand on a des photos de la vulve d'une enfant avec avec des bleus dessus d'une enfant de 5 ans avec des bleus dessus. Comment on peut croire qu'il que ce n'est pas caractĂ©risĂ© ?
Comment on peut croire qu'il n'y a pas quelqu'un à poursuivre qui que ce soit ? Et vraiment moi, j'interroge sur vous avez vous avez souligné hein le fait que vous étiez aussi gestionnaire de l'argent public. J'interroge à quel point on se dit je veux savoir ce qui se passe dans la vie de cet enfant.
Je veux qu'on s'assure de qui l'agresse parce qu'il y a Ă©videmment quelqu'un qui agresse plutĂŽt que enfin vraiment moi je je quand on a des expertises psychologiques des parfois mĂȘme sorties de l'UAP des des auditions MĂ©lanie et que le dossier classĂ© sans suite code 21 comment on peut se satisfaire de ça et moi en tant que aujourd'hui en tant que dĂ©putĂ© qui a pour mission la contrĂŽle de l'action de du gouvernement et de l'Ătat. Vous en tant que reprĂ©sentant de notre sociĂ©tĂ© pour faire appliquer nos lois, comment vous pouvez vous satisfaire de 80 Ă 90 % de classement sans suite ? vraiment enfin c'est c'est c'est justement et vous l'avez soulignĂ© quand on sait Ă quel point il y a peu de personnes qui porte l'affaire devant les devant la police il y a peu de parents qui protĂšgent effectivement leurs enfants.
Vous vous avez dit on devrait se saisir Ă chaque fois qu'il y a des signalements. Mais combien de signalements de professionnels ne sont pas pris au sĂ©rieux ? Combien dans dans combien d'affaires on a 3 4 5 6 signalement de professionnels que ce soit Ă l'Ă©cole, que ce soit le mĂ©decin, que ce soit dans le dans le sport ou que sais-je des professionnels qui se mettent en danger pour signaler et oĂč il ne se passe strictement rien.
Donc je vous dis moi j'ai pas l'impression qu'on soit dans le mĂȘme monde. Alors, je je me permets de d'intervenir avant FrĂ©dĂ©ric Chevalier puisque vous vous adressiez Ă moi, madame la dĂ©putĂ©e. Euh si si nous sommes dans le mĂȘme monde.
Ăvidemment que nous sommes dans le mĂȘme monde. Euh peut-ĂȘtre d'ailleurs m'avez-vous trouvĂ© un peu exprimant un peu vivement nos convictions sur ce qu'on fait et le monde qui est le mien et qui est le vĂŽtre, qui est le nĂŽtre. C'est un monde dans lequel nous agissons.
J'entends votre colÚre mais ce que je peux vous dire madame la députée c'est que dans toutes les juridiction de France et de Navar on travaille à plein régime et que il y gens compétents, des gens engagés, des gens, je vous l'ai dit en introduction qui savent pourquoi ils font ce travail. Je vais vous dire, on en tient absolument aucune aucune gloire, mais nous ça nous dérange pas qu'il soit 20h51h. On sait quand on commence une audience et quand on commence une journée, on sait pas à quelle heure on la termine et ça nous va trÚs bien parce que ce qui est en jeu, c'est d'une certaine maniÚre la vie ou certains aspects de la vie de nos concitoyens.
D'une part, ce qu'il soit victime ou poursuivi et puis c'est surtout la vie d'une sociĂ©tĂ©. Alors deuxĂšme remarque, je ne vous ai pas dit tout va trĂšs bien. Je vous ai mĂȘme dit il y a des choses sur lesquelles il faut changer radicalement d'approche et j'ai pas terminĂ©.
J'en ai d'autres que j'ai prĂ©parĂ©. Je suppose que c'est aussi ce qui attend une commission d'enquĂȘte, c'est qu'on lui fasse des propositions. Euh lorsque je vous dis il faut sortir de la religion de la plainte, oui, vous avez raison.
Il y a des gens qui disent "Non, non, mais s'il y a pas de plainte, on peut rien faire." Je sais. Et c'est pour ça que je vous dis que il faut sortir et que je le qualifie de religion de la plainte et que je vous explique comme on le fait au quotidien que nous sommes heureusement parce que c'est extrĂȘmement protecteur dans un pays oĂč un il n'y a pas besoin de plainte pour dĂ©clencher une enquĂȘte, exercer des poursuites et deux oĂč la victime si jamais c'est classĂ© sans suite peut exercer premiĂšrement un recours devant le procureur gĂ©nĂ©ral.
DeuxiÚmement, se constituer partie civile. Voilà pourquoi lorsqu'on je répondais à monsieur le rapporteur, à la question de monsieur le rapporteur sur les poursuites en matiÚre de représentation d'enfants, pourquoi on l'exerce pas ? pas qu'on on démissionne, c'est je vous ai expliqué pourquoi.
On est dans un cadre qui est trĂšs particulier et celui qui considĂšre qu'il est victime peut mettre en mouvement l'action publique. C'est-Ă -dire que quand il y a un classement sans suite, ce n'est pas la fin de l'histoire. Ăa ne peut pas ĂȘtre la fin de l'histoire.
Juste sur ce point, excusez-moi monsieur, quel est le délai pour les les personnes qui se voient notifier un classement sans suite pour ensuite saisir le le doyen par exemple. Quel est le quel est le délai de prescription ? Non, il y a si il y a alors il y a pas de délai pour saisir le procureur général. qui en général répond trÚs vite euh parce que on a moi je peux vous dire dans ma cour c'est quelques centaines alors ça peut paraßtre beaucoup mais en fait à l'échelle de ce qu'on traite c'est c'est pas c'est pas énorme et forcément on regarde trÚs attentivement quand quelqu'un conteste un classement sans suite.
Donc voilĂ et il arrive quelquefois qu'on dise au procureur de la RĂ©publique, ben il nous semble que on a ce pouvoir he de donner des instructions individuelles dans des affaires [rires] individuelles au procureur de la RĂ©publique. Il nous semble que vous devez reprendre le dossier et on peut mĂȘme lui dire je vous demande de voilĂ in. et ensuite se constituer partie civile, c'est alors il y a pas de dĂ©lai formel pour que ce soit recevable mais le le dĂ©lai d'exercice de mise en mouvement de l'action publique, c'est le dĂ©lai de la prescription.
Donc c'est c'est c'est pas c'est loin d'ĂȘtre immĂ©diat. Je je je juste trĂšs briĂšvement 90 % oui mais Ă partir de quoi ? Lorsqu'on a je et on le on le regarde en fait le taux de classement, j'ai demandĂ© Ă la DCG et madame l'administratrice me disait que vous aviez les chiffres, c'est autour de 40 %.
Alors aprĂšs faut aller voir pourquoi c'est 40 % mais la rĂ©alitĂ© c'est je dire le chiffre noir en volume le plus important c'est celui qui ne nous arrive pas. Et lorsque on a c'est quand mĂȘme ça, c'est c'est c'est extrĂȘmement prĂ©occupant, 8 % des professionnels qui conseillent d'aller voir un service de police, de gendarmerie ou d'Ă©crire au procureur de la RĂ©publique. Ăa veut dire que dans 92 % des cas, nous avons des professionnels qui qui ne conseillent pas d'agir.
Bon, et ça ça c'est un sujet majeur, hein. Voilà . Et puis les perquisitions, mais mais on les fait si c'est nécessaire.
Enfin, Ă©videmment que vous avez parfaitement raison. Aujourd'hui, nous avons toute notre vie dans notre tĂ©lĂ©phone, en tout cas une grande partie. Et Ă©videmment que quand on a quelqu'un dont on suspecte qu'il a des des gestes incestueux sur des mineurs, on peut raisonnable enfin on doit raisonnablement penser que c'est peut-ĂȘtre pas qu'avec ses enfants.
Bon, donc évidemment qu'il faut aller voir dans un téléphone. Alors, ça ne veut pas dire que vous ne trouverez pas des exemples de dossiers qui auraient été maltraités, mais c'est pour ça que c'est fondamental qu'on ait le principe du contradictoire parce que ça veut dire que si nous avons si quelqu'un a mal fait son travail, évidemment que ça peut arriver malgré tous les voilà le procureur de la République expliquait comment ça se passe. Il est le chef de son parquet.
Donc si un substitut mal fait son travail, il lui dira faut faire autrement. Mais au-delà de ça, et bien on peut chacune des parties peut demander à ce que des investigations soient faites. C'est prévu par la loi et qui qui qui est fort bien faite.
Euh voilĂ . Donc c'est c'est et c'est ce regard croisĂ© permanent des uns et des autres. Et puis Ă©videmment un moment oĂč oĂč oĂč on doit dĂ©cider.
DerniĂšre chose, c'est dommage que madame la dĂ©putĂ©e ne m'entende pas le dire sur l'argent public. Nous sommes dans un des rares pays du monde, rares y compris en Europe oĂč il n'y a pas de limite fixĂ© Ă l'emploi des moyens humains d'enquĂȘte technique ou budgĂ©taire pour rĂ©aliser une enquĂȘte. Il n'y a pas de limite.
Alors, c'est Ă©videmment pas illimitĂ© pour toutes les affaires, mais quand une affaire le nĂ©cessite, on mobilisera tous les moyens nĂ©cessaires. Et heureusement et vous avez des pays, je donne un exemple, j'ai parlĂ©, on Ă©voquait tout Ă l'heure, les Pays-Bas sont des pays trĂšs trĂšs respectables et et et voilĂ qui trĂšs trĂšs moderne. En Pays-Bas, quand on ouvre une enquĂȘte pĂ©nale, on budgette les heures d'enquĂȘteur, ce qui m'a Ă©tĂ© dit et et le budget financier, c'est-Ă -dire par exemple en terme d'expertise.
Nous c'est c'est il y a pas de limite parce que si c'est nécessaire pour ce que la loi appelle la manifestation de la vérité et bien on dépensera s'il faut dépenser beaucoup d'argent pour craquer le code d'un téléphone dans lequel on suspecte qu'il y a des choses qui nous sont cachées parce que par exemple on refuse de nous donner le code et donc on se dit bah c'est qu'il y a des choses qui on veut pas que le le le le propriétaire ne veut pas qu'on les voit et bien je raison de plus pour essayer d'aller voir ce qu'il y a. On mobilisera les moyens nécessaires. Voilà .
Alors moi je je vis pas dans un monde idéal et je le disais tout à l'heure, nous notre mission et la mission de la justice c'est c'est pas d'intervenir quand tout va bien. C'est quand il y a quelque chose qui ne va pas que nous intervenons. Euh mais mais bien sûr voilà .
Et et alors je peux vous assurer que je ne suis absolument pas effleurĂ© par l'idĂ©e que je vis dans un monde oĂč tout va bien et oĂč tout est idĂ©al. Je pense que nous sommes des professionnels, donc on prend le recul suffisant mais ce ne serait pas possible. VoilĂ , vous aussi d'ailleurs hein comme Ă©lu qui avait des contacts avec vos Ă©lecteurs, vous savez que tout ne va pas bien.
Il y a beaucoup de choses qui vont bien, certaines qui vont trÚs bien, mais il y a aussi des choses qui vont mal et certaines qui vont trÚs mal. Allez-y, monsieur Chevalier. Oui, juste pour Faut que tu On va pas y passer les heures parce que cette députée alors elle pose une question, elle s'en va.
Bon trÚs bien. Moi aussi hein, je suis en train de louper mon train mais je reste parce que non mais je dis ça simplement parce que on a l'impression qu'on se satisfait nous autres procureurs de classer sans suite alors qu'il y a des traces sur les vulves d'enfant qu'on a des des des photos abominables, qu'on a des vies défoncées et nous on serait là à classer. Non non mais attendez moi ça me Non mais ça m'agace un peu si vous voulez je je le dis madame préserchons à comprendre pourquoi ces situations là sont arrivés mais je je vous dire j'ai déjà une certitude à vous dire c'est que ça nous amuse pas de classer sansolet voilà on n'est pas là on n'est pas des on n'est pas des des distributeurs de classement sans suite sur des affaires graves commises au détriment des mineurs ou alors ce qu'on dit depuis le début n'est pas entendu.
On vit dans le mĂȘme monde simplement. Une vĂ©ritĂ© judiciaire, elle s'Ă©tablit pas simplement par de l'Ă©motion tel que cette dĂ©putĂ© vient de l'exprimer. VoilĂ .
Pas de l'émotion, c'est il va falloir Non, mais il faut bien sûr madame, mais c'est pas parce que vous avez une trace sur la vive d'un enfant que vous avez à voir derriÚre l'auteur que que vous allez pouvoir condamner. C'est un peu plus compliqué que ça. Et nous, notre boulot, il est là .
Il est de ne pas laisser impunis des actes inadmissibles. Bien. Alors, moi ce que je vous propose peut-ĂȘtre dans le cadre de votre commission, peut-ĂȘtre vous l'avez dĂ©jĂ fait, venez une demi-journĂ©e.
Venez une demi-journĂ©e dans un parquet. Non, non, mais vous vous rĂ©pondrez. Non, mais venez une demi-journĂ©e dans un parquet et vous verrez que finalement on vit dans le mĂȘme monde, hein, je vous le dis.
VoilĂ . Oui oui, on vit dans le mĂȘme monde madame et notre seul but nous c'est effectivement de faire en sorte que ceux qui se rendent coupables d'act inadmissible ça traduit en justice. Point.
Voilà . Alors on a des moyens pour ça des moyens qu'il faudra sans doute améliorer mais on y consacre notre temps et notre énergie. Donc quand j'entends qu'il faut s'exprimer sur pourquoi 80 % de classement sans suite et cetera, ça ça non mais ça m'agace un peu parce que j'ai l'impression que finalement l'auteur, on l'a trouvé, c'est le procureur de la République alors que lui il est là au contraire pour faire en sorte que ces ces victimes inadmissibles ne ne demeurent pas sans qu'on puisse établir des responsabilités pénales.
C'est c'est le but de notre mĂ©tier, de notre mission quand mĂȘme. Je vais passer la parole Ă BĂ©atrice Rouleau puisque ça fait un moment aussi qu'elle l'avait demandĂ©. Merci madame la prĂ©sidente.
Alors vous comprenez bien monsieur le procureur dĂ©jĂ merci de d'ĂȘtre lĂ et de rester tard parce que pour vous aussi il est tard mais cela fait plusieurs jours que je me pose et mes collĂšgues avec moi se posent les mĂȘmes questions. On a des dossiers, on a des lettres qui nous reviennent. Je vais en prendre une euh qui est lĂ et oĂč c'est marquĂ©.
Et tout ça c'est pour comprendre Ă©videmment dans le mĂȘme but. Euh attendez, excusez-moi. Ăvidemment, je le trouve pas.
Alors des des [raclement de gorge] voilà , j'ai un dossier, on est tous alertés en fait. On les gens nous écrivent dans nos circonscriptions, on a des cas. Là , je vous cite juste un exemple.
Un exemple d'une personne d'une petite fille qui a eu 15 vulvau vginite avec extation l'anus. Tout Ă l'heure, vous venez de dire Ă l'instant, je reprends vos propos. Ce n'est pas parce qu'on a euh alors je sais plus exactement une vulve, je sais plus exactement voilĂ que euh que ben si il y a une blessure.
Et donc nous on se dit et donc nous on se dit parce qu'on entend jour aprÚs jour euh attention présomption de l'innocence, présomption d'innocence, présomption d'innocence, je ne peux plus le supporter. Pourquoi ? Parce que la poursuite c'est pas le jugement.
Bien Ă©videmment qu'il faut une prĂ©somption d'innocence quand il s'agit de juger juger quelqu'un ou enlever l'autoritĂ© parentale. Ăvidemment qu'il faut la prĂ©somption d'innocence. Nous sommes dans un Ă©tat de droit et nous y sommes tous extrĂȘmement attachĂ©s. en tout cas tous les dĂ©putĂ©s qui sont ici.
Mais lĂ en fait on vous parle d'enfant Ă protĂ©ger provisoirement comme on le fait pour les femmes. Pourquoi un enfant devrait-il ĂȘtre moins bien protĂ©gĂ© qu'une femme ? Une femme victime de violence quand elle vient vous voir enfin quand elle va quand elle saisit un juge par l'ordonnance de protection et bien elle vous dit voilĂ moi je me plain de coup monsieur le jug je vous emmĂšne des Ă©lĂ©ments regardez si ces Ă©lĂ©ments sont probants pour prendre des mesures de prĂ©caution c'est tout nous ce qu'on aimerait faire pour les enfants et je voudrais je termine un peu mon propos vous avez dit quelque chose monsieur le procureur de trĂšs juste d'infiniment juste et c'est ça que je souhait [raclement de gorge] que l'information nous remonte Alors dĂ©jĂ , je vois pas comment elle peut remonter avec des mains courantes parce que moi dĂ©jĂ que les plaintes ne remontaient pas, je autant vous dire que les plaintes les les mains courantes absolument pas.
Et je voudrais et lĂ je vous poserai une question prĂ©cise que vous nous expliquez bien comment vous ĂȘtes saisi directement. Alors, peut-ĂȘtre par les dĂ©putĂ©s quand on vous Ă©crit sur le sur l'article sur le fondement d'article 40, mais est-ce que moi j'aimerais comprendre la distribution entre la cripe, la cellule euh de recueil des informations prĂ©occupantes et le fait de vous saisir vous ? Pourquoi ? parce que je suis traumatisĂ©e par mon histoire qui sort un peu de l'inceste mais que je rĂ©pĂšte volontairement en SainĂ©marne de mon petit Bastien qui avait fait l'objet de neuf signalements, trois informations prĂ©occupantes.
Il est pas retiré procureur. Je sais pas ce qui s'est passé. Est-ce que c'est resté aux services départementaux ?
Je le crois, je le crains. Mais en attendant, le petit Bastien, il a été mis dans une machine à laver et il est mort là . Nous, la représentation nationale, on aimerait comprendre ce qui se passe.
On aimerait comprendre pourquoi quand un enfant a des de 2 ans ou 3 a des blessures à la vulve, on cherche pas à l'extraire et pas forcément le placer parce que 77 % des juges des enfants ont renoncé au moins une fois dans leur vie à placer un enfant parce qu'il n'y a pas de de centre d'accueil pour les recevoir de famille d'accueil. Donc c'est ça qu'on aimerait comprendre. Il faut que l'information vous remonte.
Moi, j'ai justement rĂ©flĂ©chi Ă une proposition de loi pour que on puisse nous vous saisir Ă la limite ou enfin saisir un autre juge, peu importe, parce que vous vous ĂȘtes procureur, ministĂšre public, mais justement l'important c'est que l'information vous remonte. On est attachĂ© à ça et je terminerai juste sur la phrase que j'ai relevĂ© et c'est la premiĂšre fois que je l'entends, elle m'a elle m'a saisi quand mĂȘme les oreilles. Le doute bĂ©nĂ©ficie Ă la personne poursuivie en droit.
Le doute bénéficie au plus faible en matiÚre de droit du travail. Le doute, il bénéficie au salariés. Ici, il bénéfie à la bénéficier la personne entravée, à celle qui est privée de sa liberté.
Mais quand mĂȘme, je me dis dans l'histoire, quand il y a un mineur, un bĂ©bĂ©, est-ce [raclement de gorge] que c'est logique de de se dire le doute doit bĂ©nĂ©ficier Ă la personne poursuivie ? Est-ce que lĂ dans ces cas prĂ©cis d'enfant trbasĂąage, est-ce que ça vaudrait pas le coup que le doute bĂ©nĂ©ficie Ă l'enfant ? Chevalier le le permet, si vous le permettez, madame la prĂ©sidente, je vais rĂ©pondre sur certaines des questions et puis FrĂ©dĂ©ric Chevalier le fera pour d'autres.
Je je vais prendre la derniĂšre pour commencer. Nous ne parlons pas de la mĂȘme chose, madame la dĂ©putĂ©e. C'est pas moi qui l'invente, hein.
C'est la loi qui le dit. Bon, mais on ne parle pas de la mĂȘme chose. Dans un cas, c'est pour ça que j'ai essayĂ© de distinguer.
Dans un cas, c'est une mesure de protection. C'est du droit civil. C'est l'article mentionné Frédéric Chevalier.
C'est l'article 375 du code civil. Et lĂ , il n'est pas question de doute. Pas du tout.
J'allais dire c'est mĂȘme le contraire. Si on a le moindre doute, on protĂšge. AprĂšs, il y a diffĂ©rents degrĂ©s de protection.
C'est pas nĂ©cessairement de placer l'enfant dans un centre d'accueil. Ăa peut ĂȘtre autre chose. Ăa peut ĂȘtre une prĂ©sence rĂ©guliĂšre, des une visite, des services sociaux, d'Ă©ducateurs.
Voilà , c'est chaque cas est particulier bien entendu, mais là il n'y a pas de question de doute et c'est effectivement le contraire. S'il y a un doute, on protÚge. Oui, bien sûr, mais ça n'est pas exclusif du plan pénal. et le plan pénal.
Alors ça me permettra d'évoquer une autre question que vous avez soulevé. C'est important, c'est des questions essentielles parce que c'est souvent trÚs mal compris qui est celle de la présomption d'innocence. Qu'est-ce que ça veut dire ?
L'innocence c'est une notion juridique. Non non, je je Ăcoutez-moi s'il vous plaĂźt. C'est une notion Non, c'est une notion juridique et on est en matiĂšre pĂ©nale.
On n'est pas du tout en en matiÚre de protection. mo poursuite on est pas Non, je ne vous parle pas de ça. Lorsqu'on on prend on rend une EP, une ordonnance de placement provisoire, c'est une mesure civile qui n'a rien à voir avec une mesure pénale.
Et d'ailleurs, la plupart des OPP sont rendus dans des affaires dans lesquelles il n'y a pas de dossier pénal. La le le danger d'un qui qui qui menace un enfant, il il ne correspond pas. il n'a pas nécessairement une infraction pénale.
Je parle pas de l'inceste, mais voilĂ , ça peut ĂȘtre dans ces conditions d'Ă©ducation, c'est pas du pĂ©nal. VoilĂ . Bon, alors je reviens sur la la l'innocence, c'est une notion juridique.
Ăa veut dire quoi concrĂštement ? Ăa veut dire qu'on ne peut condamner quelqu'un, et ça se dit, c'est pas moi qui le dit, c'est la loi. On ne peut condamner quelqu'un que si on a dĂ©montrĂ© sa culpabilitĂ©.
Je je termine madame la dĂ©putĂ©e que si parce que manifestement on ne se comprend pas que si on a dĂ©montrĂ© sa culpabilitĂ© c'est-Ă -dire et la preuve la preuve aussi c'est une notion juridique y compris y compris y compris dans la preuve dite scientifique. Ăa n'existe pas la preuve scientifique. Ce qui existe, ce sont des Ă©lĂ©ments scientifiques de preuve.
Je vais vous donner un exemple qu'on peut trouver en matiĂšre d'inceste. Non, non, mais je termine. Je enfin, je suppose que vous ĂȘtes lĂ pour que je puisse vous rĂ©pondre.
Je je je vais je vais je vais terminer. Je vais vous donner un exemple. On on a une suspicion d'inceste.
Oui. Ăvidemment que [grognement] si les faits viennent de se passer, bien sĂ»r qu'on va on va prendre les vĂȘtements de l'enfant et qu'on va les examiner. Imaginez qu'on trouve du sperme, qu'on trouve l'ADN du pĂšre parce que parce que il a il a touchĂ© les vĂȘtements, il y a rien d'anormal.
Qu'on trouve du sperme du pÚre, évidemment que là c'est plus qu'anormal. Donc et ça c'est un élément scientifique de preuve mais la preuve c'est la notion juridique. Et la présomption d'innocence ça veut dire que c'est à la partie poursuivante c'est-à -dire au ministÚre public de démontrer de rapporter des preuves suffisantes de la culpabilité et je réponds à votre question et que s'il y a un doute, le doute doit bénéficier à la personne poursuivie.
C'est ça le le la question du doute. On on c'est c'est de la loi, hein. C'est c'est purement juridique tout ça.
La trrice roulot, allez-y. En fait, voilĂ , j'aimerais bien qu'on s'entende parce que pendant l'enquĂȘte pendant l'enquĂȘte, il s'agit pas de prouver la culpabilitĂ©, il s'agit d'enquĂȘter. En fait, la preuve de la culpabilitĂ©, monsieur le procureur, je suis dĂ©solĂ©. que en fait quand il s'agira de prouver la culpabilitĂ© et il est un fait qu'il faut pas mettre quelqu'un en prison qui est innocent, ça sera le jugement.
Mais si vous vous dites j'ai besoin d'avoir la preuve au niveau de l'enquĂȘte, alors Ă©videmment qu'il y a des petits enfants qui pourront retourner se faire violer tranquillement par leur pĂšre ou par leur mĂšre. D'ailleurs la dĂ©putĂ© au niveau de l'enquĂȘte, effectivement l'enquĂȘte, elle sert Ă rĂ©unir des Ă©lĂ©ments de preuve Ă charge et Ă dĂ©charge. Mais on se dit pas du tout on va rien faire parce qu'il y a la prĂ©semption d'innocence.
PrĂ©cisĂ©ment, on fait prĂ©cisĂ©ment, c'est ce qu'a expliquĂ© le procureur de la RĂ©publique. On dĂ©faire, on saisit un juge d'instruction, le cas Ă©chĂ©ant, on requiert son placement en dĂ©tention provisoire. Ăa n'empĂȘche pas et ça sert à ça justement.
Ăa sert Ă Ă©tablir la vĂ©ritĂ©. Je vais quand mĂȘme reprendre une des choses que vous avez indiquĂ©. Quand vous dites que les plaintes ne remontent pas, mais alors lĂ , je je peux vous dire que si c'est le cas, c'est gravissime.
Ah bah non, c'est pas le cas. Ăcoutez, je vais faire le test devant vous, madame la prĂ©sidente, mesdames les dĂ©putĂ©s, monsieur le je ne je connais pas la rĂ©ponse, mais le procureur de la RĂ©publique est Ă mes cĂŽtĂ©s. Combien de plaintes et de procĂšs verbaux reçoit-il par an ?
Nous en avons reçu. Bien sûr que ça remonte, qu'il y en a qui ne remontent pas. La derniÚre chose, madame la députée, c'est trÚs important.
Vous nous avez partagĂ© et je vous en remercie les les messages que vous recevez. Vous avez Nous on ne se contente pas d'un message, bien sĂ»r. C'est-Ă -dire que quand on reçoit le message et bien on dĂ©clenche l'enquĂȘte.
Et l'enquĂȘte c'est tous azimut, c'est y compris bien sĂ»r policiers et gendarmes, perquisition si c'est nĂ©cessaire, analyse des tĂ©lĂ©phones si c'est nĂ©cessaire, saisine des services sociaux si c'est nĂ©cessaire, interrogation de la PMI qui a qui est peut-ĂȘtre intervenue dans la famille s'il le faut, saisine du dossier mĂ©dical de l'enfant, vous Ă©voquiez. Oui. Oui.
Moi je je vais vous donner un autre exemple. Des des enfants qui ont des bleus, ça arrive. Oui, mais oui, mais ça peut ĂȘtre des enfants battus mais pas forcĂ©ment non plus.
VoilĂ . Donc et bien et peut-ĂȘtre que ils ont une maladie euh qui fait que euh voilĂ une maladie hĂ©matologique qui fait que ils ont des bleus alors que bah ça a Ă©tĂ© fait dans la cour. VoilĂ , peu importe.
Et nous, notre travail c'est de rassembler tout ça, c'est-Ă -dire de ne pas se contenter, comme on dit vulgairement d'un son de cloche et d'une approche. Et c'est pour ça que c'est fondamental que tout ce que nous faisons est soumis Ă la possibilitĂ© de l'exercice de voie de recours et qu'il est donc fondamental que chacun soit assistĂ© par un professionnel du droit, c'est-Ă -dire un avocat qui peut dire lĂ parce que ça peut arriver bien sĂ»r l'enquĂȘte est mal faite, elle est incomplĂšte ou elle a Ă©tĂ© faite d'une maniĂšre qui qui est orientĂ©e et bien je je demande que je j'exerce une voie de recours pour que je demande telle investigation qui n'a pas Ă©tĂ© faite alors qu'elle aurait dĂ» ĂȘtre faite. C'est ça qui se passe au quotidien et et ça ne veut pas dire et je vous l'ai dit tout Ă l'heure en introduction, le le l'essence mĂȘme de la procĂ©dure pĂ©nale, c'est d'Ă©viter l'erreur judiciaire.
Donc oui, mais l'erreur judiciaire c'est autant au bĂ©nĂ©fices des victimes que des personnes poursuivies et de la sociĂ©tĂ©. Mais je je vais mĂȘme aller plus loin. Je vais mĂȘme vous dire, ça arrive, c'est rarissime mais ça arrive euh qu'on est des gens qui s'accusent de fait qu'ils n'ont pas commis.
Et bien la loi là aussi est bien faite. Elle prévoit que la veu comme tout autre mode de preuve est soumis à la libre appréciation du juge. Et ça peut arriver.
J'ai Ă©tĂ© juge d'instruction. J'ai une affaire d'une dame qui s'Ă©tait accusĂ©e de d'un meurtre qu'elle n'avait pas commis. Heureusement, on a rĂ©ussi parce qu'on instruit Ă charge et Ă dĂ©chargement on enquĂȘte Ă charge et Ă dĂ©charg Ă Ă se douter qu'il y avait quelque chose et puis finalement Ă pouvoir dĂ©montrer que c'Ă©tait ce n'Ă©tait pas elle.
VoilĂ , ça veut pas dire qu'on vit dans un monde idĂ©al, mais ça veut dire que nous vivons dans un monde et heureusement et dans un pays dans lequel nous donnons tous les moyens, en tout cas nous mobilisons tous les moyens que nous avons pour essayer d'apporter les rĂ©ponses les plus justes, c'est-Ă -dire les plus exactes. Juste je termine lĂ -dessus Ă vous demander des choses aussi. Euh on a bien entendu euh c'est c'est le souhait que les choses soient fonctionnent idĂ©alement, mais malheureusement il y a des situations il y a des situations trĂšs concrĂštes qui nous sont remontĂ©es euh et qui tĂ©moignent, je veux peut-ĂȘtre pas dire d'un dysfonctionnement, mais de louper.
Peut-ĂȘtre que c'est comme ça qu'il faut le dire. Peut-ĂȘtre qu'il faut pas euh estimer que c'est un systĂšme qui fonctionne mal et cetera. Sur le refus d'auditionner les professionnels signalants, on nous a remontĂ© plusieurs exemples.
Euh donc des signalements euh sont faits par exemple des pédopsychiatres, des psychologues, des médecins, des infirmiÚres scolaires, des enseignants, des directeurs d'école. Il nous a indiqué que ces professionnels-là ne sont pas systématiquement auditionnés. Et je pose la question de savoir pourquoi est-ce qu'il n'y a pas systématisation de l'audition de ces personnels signalant.
Je vous donne quelques exemples. Cours d'appel de Montpellier à classer Sensite. Je vais pas donner toutes les indications qui me sont remontées, mais à classer sans suite une plainte pour un ceste donc insuffisamment caractérisé le 5 juin 2024 sans avoir jamais auditionné la pédopsychiatre qui suivait l'enfant depuis février 2024 ni mis en relation la plainte avec un signalement effectué par le CHU le 8 février 2024.
Un signalement du rectorat Ă la rentrĂ©e 2024 n'a pas davantage donnĂ© lieu Ă une rĂ©ouverture. Euh Tribunal Judiciaire de Bourge suite sans auditionner aucun des professionnels. Il y avait une enseignante, des psychologues et un mĂ©decin Ă l'origine des signalements en relativisant leurs alertes au motif qu'ils Ă©taient du mĂȘme corps de profession que la mĂšre.
Tribunal judiciaire de PĂ©rigueux et j'en ai plusieurs comme ça n'a pas pris en compte ni les trois signalements de professionnels, ni les inquiĂ©tude explicitement formulĂ© par les gendarmes dans leur rapport. La plainte au nom de l'enfant n'avait mĂȘme pas donnĂ© lieu Ă l'ouverture d'un dossier au tribunal et ça continue. J'en ai d'autres comme ça.
Donc encore une fois, on ne dit pas que c'est un systÚme, on ne dit pas que la justice fait mal son travail mais il y a des choses qui dysfonctionnent. Il y a des loupés et c'est sur ça qu'on vous pose la question. Comment faire pour que ces situations-là n'arrivent pas ?
Ăa ça concerne les auditions de personnes qui font des signalements. Il y a les auditions aussi euh des personnes mises en cause qui apparemment Ă certains endroits et on ne comprend pas pourquoi ne sont pas auditionnĂ©s. C'est c'est sur ça que nous vous posons des questions.
C'est pas sur le fonctionnement qui est souhaitĂ© en gĂ©nĂ©ral ce que vous suivez, mais il y a des endroits, voilĂ , certains endroits du territoire et ben oĂč il y a des loupĂ©s et on ne comprend pas pourquoi. C'est parce que il ne devrait pas arriver. Non, mais ce qu'on vous explique, c'est que la procĂ©dure pĂ©nale est ainsi faite que normalement ce que vous remontez lĂ , nous nous les moi mes dĂ©putĂ©s, ils m'Ă©crivent pour des choses bien moins graves hein.
Et oui, sur la base de l'article 40, moi j'ai un deux dĂ©putĂ©s sur ma circonscription qui me faut remonter notamment des atteintes aux Ă©lus, des choses comme ça, des bon, ils ont connaissance de fait qui peuvent ĂȘtre qualifiables pĂ©nalement, ils font remonter au procureur de la RĂ©publique mais plutĂŽt que de enfin je veux dire de d'enquiller tous ces toutes ces affairesl qui qui ne fait pas prospĂ©rer la procĂ©dure finalement parce que Ă©videmment non mais il peut y avoir des insuffisances de la part d'un d'un magistrat, une insuffisance de la part d'un officier de poids judiciaire Je dis pas on on dit pas dans un monde fabuleux oĂč on est parfait. C'est ça c'est pas vrai. Mais en revanche, je dis ce que dit le procureur gĂ©nĂ©ral depuis maintenant 2 heures, c'est que la procĂ©dure pĂ©nale est ainsi faite que normalement il y a toujours un contrepouvoir Ă une dĂ©cision prise.
Voilà . Et si je prends une décision de classement sans suite et que je n'ai pas entendu la plignant et cetera, bah il faut que ça se sache. C'estd que cette décision de classement ensuite d'abord on en donne connaissance au plaignant, aux partis.
Et donc il y a des recours possibles. Mais ce qui serait bien c'est qu'il y ait pas besoin de recours parce que en fait les choses soient faites complÚtement dÚs le départ. Imaginons imaginons qu'il ait cette malheureuse expression du trou dans la raquette.
On peut trĂšs bien rĂ©parer la raquette. Donc par exemple, mais votre commission pourrait faire remonter, comme elle l'a fait dans d'autres cas sur d'autres affaires connues, pourrait faire remonter au procureur concernĂ©s, par exemple, ce qui vous remonte en disant "Moi, on me saisit de faits qui sont pĂ©nalement qualifiables, ben je vous fais euh tel procureur un article 40 en disant dans le cas de mon travail, ça pourrait ĂȘtre une une des fonctions de votre de votre commission, c'est de de faire jouer les institutions, de faire jouer les contrepouvoirs Ă des dĂ©cisions qui ne sont pas admissibles. Bon, donc ça existe ça.
Je dis pas qu'on est dans un monde nerveux, je dis que on peut chacun de notre place faire en sorte que des imperfections soient Oui. et que des erreurs soient rĂ©parĂ©es. VoilĂ , je dis quand mĂȘme que dans la vie d'un magistratquet, son but c'est de de de faire en sorte que les enquĂȘtes prospĂšrent. c'est de faire en sorte que la chaĂźne de rĂ©vĂ©lation, enfin ça on l'apprend Ă l'Ă©cole nationale de magistrature hein, voilĂ euh les actes attendus d'enquĂȘte en matiĂšre de violence sexuel, tous les procureurs les ditent auprĂšs des des officiers de police judiciaire.
Les officiers de polici formĂ©s, on a des officiers de police judiciaire spĂ©cialement dĂ©diĂ©s que ce soit chez les policiers, chez les gendarmes. Vous avez entendu parler des procĂ©dures mĂ©lanie, de l'enregistrement audiovisuel. Bon, il y a quand mĂȘme des choses qui fonctionnent.
Alors, je sais qu'on s'intĂ©resse Ă ce qui ne fonctionne pas. Ce qui ne fonctionne pas, c'est que et bien on peut toujours rĂ©parer ce que l'on considĂšre ĂȘtre comme une imperfection ou une erreur. VoilĂ , on peut pas dire que je dĂ©nonce simplement le fait qu'il y a pas eu tel acte d'enquĂȘte de fait.
Je je vous avez les uns et les autres, les unes et les autres la capacitĂ© de nous mettre en capacitĂ© nous-mĂȘme de refaire quelque chose. C'est vrai ce que je fais. Bon mais c'est trĂšs bien remettre une bon mais voilĂ moi je trouve ça c'est ça c'est efficace parce qu'on va pas se mettre Ă parler de situations individuelles les unes aprĂšs les autres simplement faites faites jouer la procĂ©dure pĂ©nale qui est tout sauf la capacitĂ© de de d'enterrer les affaires.
C'est clair, ça existe pas. Et le procureur gĂ©nĂ©ral rappelĂ© la seule fonction positive qu' a un procureur gĂ©nĂ©ral sur un procureur public, c'est de l'enjoindre Ă poursuivre, surtout pas Ă classer. Parce que vous serez bien d'accord que mĂȘme s'il y a un classement sans suite, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas culpabilitĂ© de la personne d' ce que ça veut pas dire un glancement, c'est qu'il ne s'est rien passĂ©.
C'est pas ça du tout. C'est qu'on n' pas la capacitĂ© non pas d'apporter la preuve. Ăa c'est une juridiction.
On n'a pas des charges suffisantes. Voilà , on passe, vous savez, c'est un grand professeur que j'ai eu moi à l'école de la chanture, Christian Guerriig qui parlait des paliers de la vraissemblance. Il faut les franchir ces paliers.
Voilà , il faut passer voilà , il faut passer des raisons plausibles, ça c'est la garde à vue, à des indices gravés concourdan, c'est une mise en examen, à des charges suffisantes, c'est un renvoi devant le tribunal et à des preuves qui permettent de condamner. Bah ce chemin ce ce chemin de l'élaboration de la procédure, nous on en est les garants. Voilà .
Et notre notre métier de tous les jours, c'est de réunir les éléments qui permettent de franchir ces étapes procédurales. Non, mais on manque de moyens, on en Non, mais c'est pas ça. C'est que voilà , c'est c'est une euh c'est une une mise en perspective d'éléments trÚs compliqués parfois, hein.
Et moi, je serai les enquĂȘteurs, je m'intĂ©resserai. On pense que rĂ©soudre un problĂšme d'acion sexuelle de viol, c'est plus simple que euh de s'attaquer Ă des comptes sociaux, hein. On fait plus du tout de d'atteinte euh Ă©conomique et financiĂšre.
Et pourtant, c'est bien plus simple de sonder un bilan euh euh que les cĆurs et les Ăąmes d'une famille, hein. VoilĂ . Donc euh nous on est lĂ pour on est au service des enfants victimes.
C'est c'est notre boulot, c'est notre mission constitutionnel et on se donne les moyens de remplir cette mission. Mais sans doute qu' y a des imperfections qui sont dĂ©noncĂ©es, il y a les moyens d'essayer de rĂ©parer les erreurs commises. Ăa c'est certain.
Juste une petite question supplémentaire. Lorsqu'il y a des classements sans suite, on est bien d'accord que en cas d'éléments nouveaux, vous pouvez rouvrir la procédure. Alors, sur ce point-là , non, je je vous vois hésiter.
Donc vraiment, on a besoin de de vous entendre. Il y a la possibilité de de rouvrir. On nous remontre justement que ça n'est pas fait non plus systématiquement.
Alors, comment vous évaluez le fait nouveau de rouvrir ? Comprends non, ben fait nouveau, je sais pas. On a classé 21 en disant une infraction insuffisamment caractérisée.
VoilĂ que je sais pas, il y a un tĂ©moin qui arrive et qui dit "Ben moi, j'ai pas Ă©tĂ© entendu mais j'ai des rĂ©sations Ă faire. Il est entendu par les enquĂȘteurs, on peut refaire partir Ă l'enquĂȘte. Mais imaginons que je fasse pas repartir Ă l'enquĂȘte, c'est lĂ oĂč ça dysfonctionnerait.
C'est est-ce qu'il y a une capacitĂ© d'imposer Ă un procureur de refaire partie d'une enquĂȘte ?" Bien sĂ»r, soit que la partie soit que la la victime fait elle-mĂȘme la dĂ©marche par une citation directe, par une plainte avec conscient de partie civil oĂč les seuls dĂ©lis d'attendre 3 mois. Euh bon voilĂ comment faut conser faut prendre un avocat.
Non non mais d'accord enfin il y a des voies de droit qui existent pour contester et faire repartir une enquĂȘte et on en a enfin les plaintes avec consil ça ça peuple les cabinets d'instruction hein. Donc ça veut dire que les gens exercent aussi ces recours lĂ . VoilĂ , il y a il y a le fait d'Ă©crire au procureur gĂ©nĂ©ral qui fait souvent moi quand le procureur gĂ©nĂ©ral m'Ă©crit pour me dire je suis saisi par un tel ou un tel euh euh merci de me de m'envoyer la procĂ©dure avant d'envoyer la procĂ©dure au parquet gĂ©nĂ©ral je regarde la procĂ©dure je me dis effectivement je j'Ă©coute ce qu'on m'Ă©crit ou je je lis ce qu'on m'Ă©crit et si ça nĂ©cessite ben je dis Ă©coutez je fais repartir et puis je vous renotifierai la la dĂ©cision d'action publique.
Si vous ĂȘtes pas content, vous crĂ©ez au procureur gĂ©nĂ©ral. Mais donc il y a je voudrais pas qu'on parte qu'on se quitte en pensant que la procĂ©dure n'est pas faite pour nous obliger Ă travailler. C'est pas vrai.
Au contraire voilĂ . Non mais bon trĂšs bien. Alors on est d'accord avec Sandrine Lalan Sandrine Lenal prĂ©sidente ça va vraiment ĂȘtre en une phrase trĂšs synthĂ©tique en fait depuis toutes ces auditions.
Moi, j'ai l'impression que c'est ce qui ressort systĂ©matiquement c'est que les situations d'inceste c'est dĂ©jĂ des situations de h clos globalement oĂč c'est souvent mĂȘme un parent avec un enfant. trĂšs bien que globalement euh il n'y a mĂȘme pas de preuve matĂ©rielle, donc c'est vraiment que la parole de l'enfant et que Ă partir du moment oĂč on est quand mĂȘme dans un systĂšme juridique, judiciaire, excusez-moi parce que moi je suis pas du tout euh dans dans ce milieulĂ euh et Ă partir du moment oĂč il n'y a pas de preuve matĂ©rielle quelque part, finalement je schĂ©matise mais c'est classĂ©. Et [grognement] donc nous, on se bat effectivement pour se dire la parole de l'enfant comment elle peut comment ça peut devenir quelque part une preuve, quelque chose de probant. et de moi j'ai une deuxiĂšme question, c'est j'ai pas l'impression que les auditions quand il y a un dĂ©pĂŽt de plainte de d'un cadre d'inceste qui est des auditions d'enfance systĂ©matiques.
Donc voilĂ , c'est mes deux questions et je me demande dans quel dans quel cas il faudrait pas avoir une audition systĂ©matique des enfants. Et moi je enfin lĂ je ne vois pas comment on en sort parce qu'on est toujours sur le le mĂȘme schĂ©ma c'est-Ă -dire un h clos de preuve matĂ©rielle la parole de l'enfant et comme c'est pas de preuve matĂ©rielle mais quelque part la plainte elle est classĂ©e et voilĂ je rĂ©sume. Mais j'ai l'impression qu'on est lĂ -dedans depuis depuis beaucoup d'auditions.
Oui moi je lĂ pour le coup je vais devoir partir sinon je vais rester sur Paris. Alors je reçois dĂ©jĂ que votre train Ă©tait Ă 21h hein. Donc mais lĂ j'en ai vu Ă un deuxĂš 22h09 j'espĂšre mais ça va ĂȘtre un train un un bus.
Bon, ça fait rien. Non, je non je veux juste dire je veux juste dire que n'ayons pas la mĂ©moire courte sur la portĂ©e de la parole de l'enfant, on a vĂ©cu moi personnellement un drame qui s'appelle trop quand mĂȘme. Non mais voilĂ donc la vĂ©ritĂ© comment oui non je veux dire simplement que on a compris sans doute depuis ou trop que la seule parole d'un enfant elle doit si elle doit ĂȘtre crue n'est un est un est un nĂ©cessaire qui n'est pas suffisant et donc il faut que cette parole on puisse l'objectiver sinon sinon si vous voulez de l'enquĂȘte effectivement en terme de bon oui mais outro c'est un contexte particulier on a bien compris que lĂ il y avait une une femme en particulier qui avait orientĂ© Non non mais non mais le problĂšme c'est que ça a stigmatisĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ© une espĂšce de de voilĂ on on on tire la conclusion en fait que la parole de l'enfant n'est pas crĂ©dible du tout d'une façon gĂ©nĂ©rale.
Je crois qu'on a beaucoup au contraire lĂ -dessus on on dit simplement que la parole de l'enfant elle doit ĂȘtre objectivĂ©e. Elle doit on doit on doit construire autour de cette parole euh qui doit ĂȘtre entendue un rĂ©cit qui soit objectif et pour parvenir effectivement Ă ce que la justice puisse ĂȘtre rendue. la seule parole de l'enfant ne sera jamais que ce soit celle de d'un enfant d'ailleurs enfant ça veut dire que celui qui ne parle pas d'ailleurs hein Ă©tymologiquement mais en tout cas une parole seule permet effectivement de de d'enquĂȘter elle ne permet pas Ă elle seule d'ĂȘtre d'ĂȘtre la preuve qui qui ira qui ira dĂ©terminer une une dĂ©claration de culpabilitĂ©.
Voilà . Est-ce que est-ce que sur la preuve vous vous pouvez nous dire que la preuve matérielle seule ne compte pas aussi ? Parce que on entend encore souvent dire que voilà le le l'imen n'est pas déchiré.
Enfin voilà , il y a des examens trÚs précis des enfants. Mais la preuve matérielle n'est pas la seule à pouvoir compter dans ces affaires-là . Je vous remercie infiniment monsieur Chevalier.
Vous ĂȘtes restĂ© au-delĂ des limites. Merci beaucoup. Et monsieur Baret, bah tout repose sur vous. maintenant.
VoilĂ . Merci pour quelques minutes encore. Merci.
Oui. Oui. Merci de de votre patience.
Euh juste je réponds rapidement. Bien sûr qu'il peut y avoir des loupés, mais c'est ce que j'expliquais. Toute la procédure est conçue pour essayer de détecter l'erreur et de la réparer.
C'est c'est voilà , je le redis, c'est le sens des voies de recours, c'est le sens de l'intervention des avocats que que nous réclamons. Nous préférons un dossier dans lequel il y a des avocats parce que voilà , ils interviennent comme professionnels. Donc je je vous décris pas, c'est la deuxiÚme c'était votre deuxiÚme remarque, je vous décris pas un monde idéal, je vous décris ce que nous faisons et ce que je fais.
Je suis entré dans la magistrature en 1988 et bien je fais ça depuis 1988. Voilà . et des dossiers, j'en ai vu.
Et la plupart du temps, ce sont des dossiers qui sont toujours difficiles et ce sont toujours des cas particuliers mais sont pas des dossiers qui qui relĂšvent de l'exception mais il y a quelques exceptions. Je vous Ă©voquer ce dossier domicile volontaire oĂč c'est exceptionnel mais on a une dame qui s qui est restĂ©e en prison pendant des mois des mois 9 mois de dĂ©tention provisoire et il a fallu que je lui mette sous le sous le le nez si je puis dire les dĂ©clarations du vĂ©ritable auteur des faits pour qu'elle admette [grognement] qu'elle les avait commis. Bon je veux pas dĂ©tailler.
VoilĂ . Bon qu'elle n'avait pas commis. Oui, mais que que l'auteur des faits avait commis, hein.
Bon, euh donc je vous décris pas du tout un monde idéal. Alors, question qui est une question importante. Comment prouver ?
En fait, c'est ça. Bien sûr que il y a la parole de l'un et de l'autre. Souvent, on n' pas la parole.
C'est-Ă -dire que on a quand on a des trĂšs jeunes enfants et on a une parole et et puis c'est c'est extrĂȘmement mais vous le savez depuis que vous et vous vous intĂ©ressez nĂ©cessairement au sujet puisque vous ĂȘtes dans la commission d'enquĂȘte. C'est c'est trĂšs compliquĂ©, y compris pour un enfant de dire "Papa, il m'a fait c, il m'a fait ça." MĂȘme si c'est ça peut ĂȘtre difficile Ă intellectualiser tout ça, il se rend bien compte que il il va il va il va dĂ©clencher un truc qui risque d'ĂȘtre un cataclysme.
Donc c'est extrĂȘmement difficile. toute l'intĂ©rĂȘt d'avoir nos nos unitĂ©s comme les UAPED oĂč on va d'abord on a des gens qui sont des professionnels de les cĂŽtes et on a qui vont savoir le le faire parler. C'est c'est un peu comme dans les homicides conjugaux.
Je sais pas si vous vous souvenez mais vous vous souvenez peut-ĂȘtre du philosophe Altuser qui avait tuĂ© sa femme. Il en a fait un bouquin 300 pages trĂšs obscur voilĂ mais la plupart du temps, on n pas duer qui a tuĂ© sa femme. On a des gens Ă qui et c'est aussi ça notre travail de de qui puisse s'expliquer, trouver les mots pour s'expliquer, pour dire ce qui ce qui a fait qu'ils sont passĂ©s Ă l'acte et cetera.
VoilĂ . Donc comment prouver ? Et bien ilus n'y a pas que la parole. quelquefois on a des Ă©lĂ©ments matĂ©riels et notamment quand on a la chance, c'est lĂ aussi oĂč la culture de la prĂ©vention, elle est fondamentale.
C'est-à -dire que dÚs qu'il se passe quelque chose de suspect, on soit prévenu parce que là on peut avoir des chances de retrouver le téléphone, de retrouver la culotte de l'enfant sur laquelle on va trouver des straces de sperme. Voilà . Et et là c'est important qu'on ait ça.
Mais quand on n a pas d'Ă©lĂ©ments matĂ©riels, ça veut pas dire qu'on s'arrĂȘte lĂ . Et mais je vous rĂ©ponds, ça veut dire qu'on va essayer de voir quels sont tous les Ă©lĂ©ments qui vont permettre Je je je vous cite parce que il est trĂšs bien Ă©crit euh le l'article 300, je peux vous le citer de mĂ©moire, je l'avais notĂ© pour pas me tromper mais ça fait rien. Je vous le cite de mĂ©moire.
Qui dit qui prescrit au jurés comment ils doivent se déterminer. C'est dire quel c'est c'est ça les termes de la loi. Quelle impression on fait sur leur raison les preuves apportées par l'accusation et les moyens de la défense.
C'est-Ă -dire qu'on met tout en perspective. DerriĂšre ça va ĂȘtre et quelquefois c'est trĂšs bien, d'autres fois c'est moins bien. Je sais qu'on vous l'a dit parce que c'est c'est tout ça est une rĂ©alitĂ©.
C'est les expertises sur l'enfant, les expertises sur le tĂ©moin, les expertises, ça ça va ĂȘtre la mĂšre par exemple qui a qui a qui est rĂ©vĂ©lĂ© et et puis le dossier que j'Ă©voquais, le dossier du JAF oĂč on a souvent d'autres expertises, des enquĂȘtes sociales qui ont Ă©tĂ© faites. VoilĂ , c'est c'est de voir si Ă©videmment que lorsqu'on a rien d'autre que la dĂ©claration d'un des parents, pas de dĂ©claration de l'enfant par exemple parce qu'il est trop jeune, ça arrive he on a des bĂ©bĂ©s hĂ©las ça arrive. Mais bien sĂ»r.
Donc voilĂ et si qu'on a quelque chose de trĂšs conflictuel, mais on va Ă©videmment le regarder extrĂȘmement attentivement parce que notre sujet c'est pas de croire l'un. Ăa va peut-ĂȘtre vous choquer ce que je vais vous dire, mais nous notre la l'intervention judiciaire, ça n'est pas de croire ou de ne pas croire, c'est d'entendre ce qui est dit, quelle que soit la maniĂšre dont c'est dit. Et pour un enfant, vous le savez, dans un nuapĂšde, on peut le faire dessiner, on peut voilĂ , c'est l'entendre, c'est l'Ă©couter parce que quelquefois on doit l'Ă©couter et quelquefois il faut du temps pour l'Ă©couter.
On Ă©voquait les placements, mais quelquefois pour certains enfants, c'est un soulagement parce qu'ils sont enfin dans un lieu neutre oĂč ils peuvent dire ça peut ĂȘtre contre le le le mettant en cause l'auteur de l'inceste ou au contraire quelquefois le parent qui cherche Ă illustramentaliser quelquefois de bonne foi d'ailleurs. C'est-Ă -dire que il y a un doute et et du coup ben on se dit mais au fond est-ce qu'il se passerait pas ceci cela ? VoilĂ .
Donc c'est ça, entendre, Ă©couter et enquĂȘter. Et c'est enquĂȘter, l'enquĂȘte c'est pas que des perquisitions, hein. C'est c'est c'est essayer d'avoir la vue globale la plus complĂšte possible.
Je poursuis sur ce que vous m'avez indiqué, madame la présidente, dans les affaires que vous évoquez, je demande pas évidemment de répondre, je me permettrai pas de de vous poser des questions, mais il faut que vous interrogiez. Est-ce que vous avez vu toutes les procédures ? Parce que nécessairement ça veut dire qu'il y a au moins une procédure civile et une procédure pénale.
Les procĂ©dure et peut-ĂȘtre plusieurs et mĂȘme sans doute plusieurs puisque dans un des dossiers vous Ă©voquez un un un une donnĂ©e par Ă©pĂ©opsie et une information donnĂ©e par le via le rectorat, c'est-Ă -dire par les enseignants ou ou le milieu Ă©ducatif. VoilĂ . Regardez tous les dossiers avant de vous faire une conviction.
C'est ce que nous faisons. On regarde tout. On prend toutes les procédures civil, pénalyement, on les verse.
Voilà tout ce qui tout ce qui est évidemment versable. Et puis là aussi euh aller voir si il y a euh effectivement une voie de recours qui est exercée. [raclement de gorge] Si c'est non, il faut se demander pourquoi.
Et justement pour la voie de recours, est-ce que dans euh le classement 108 euh qui normalement doit ĂȘtre donc euh transmis euh Ă la Ă la Ă la plaignante partie plaignante euh vous indiquez donc les les moyens de recours ? Est-ce que dans ce classement sans suite doit ĂȘtre indiquĂ© qu'on peut exercer contester le classement devant le procureur gĂ©nĂ©ral et puis surtout Merci madame la dĂ©putĂ©e et puis surtout c'est lĂ aussi encore je me rĂ©pĂšte mais tout l'intĂ©rĂȘt d'ĂȘtre assistĂ© par un avocat parce que c'est un professionnel du droit et lui il maĂźtrise tout ça. Il sait que si si on s'il s'est classĂ©, d'abord il peut exercer une voie de recours et que le qu pĂ©nal, c'est ça que ça veut dire.
Mais une consignation si vous avez des revenus suffisants. Mais là là alors c'est le c'est le doyen des juges d'instruction qui fixe la consignation quand c'est l'instruction et c'est le tribunal quand c'est devant le tribunal. On le fait pas pour écarter le le le procédures.
Donc d'abord, il y a beaucoup de gens, heureusement, enfin c'est c'est trÚs bien qu'on s'est justifié, qui bénéfici de l'aide juridictionnelle et à ce moment-là , il n'y a pas de consignation. Et et s'il y en a, c'est on le fait pas. C'est c'est pas là qu'on va mettre des consignations élevées.
La consignation, elle est faite thĂ©oriquement pour couvrir les frais, certains frais de procĂ©dure. Je dis c'est thĂ©orique parce que en rĂ©alitĂ© ça correspond absolument jamais. Et j'allais dire ça peut ça peut ĂȘtre pour ceux qui ont les moyens pour ce qu'on appelle les quirulants.
C'est un mot qui paraissavant mais des gens hyper procĂ©duriers et je je suis sĂ»r qu'il y en a qui vous Ă©crivent comme ils nous Ă©crivent aussi. VoilĂ et et c'est plus fait pour ça, mais c'est certainement pas pour dĂ©courager des gens qui sont de bonne foi et au contraire et lĂ aussi c'est une notion sur laquelle j'insiste, nous ça c'est une consĂ©quence de l'impartialitĂ©. Nous enquĂȘtons Ă charge et Ă dĂ©charge.
Donc c'est voilà c'est aussi intéressant. On évoquait les question Oui, je je vous laisse la parole. Pardon, je suis trÚs bavard mais c'est moi qui distribu la parole.
Oui, je sais. La la la lorsqu'on examine les les les mains courantes et l'intĂ©rĂȘt d'une enquĂȘte, c'est aussi de montrer qu'il n'y a rien eu quelquefois parce que on peut avoir un doute qui est un doute parfaitement lĂ©gitime. Je j'Ă©voquais, ça rien Ă voir avec l'inceste, enfin ça peut ne rien Ă voir avec l'inceste.
J'Ă©voquais des hĂ©matomes sur un enfant. C'est c'est trĂšs important qu'on sache ce qu'il en est. C'est-Ă -dire qu'on mobilise tous nos moyens d'enquĂȘte pour savoir ce qu'il en est.
Voilà . Et c'est un résultat judiciaire qui a de la valeur de dire non voilà je dis je je prends un exemple ça arrive quelquefois ben écoutez il y a une une maladie hématologique et c'est ce qui fait que cet enfant et on a trouvé aucune trace d'intervention d'un tiers qui vient provoquer ces ces hématomes mais c'est un résultat qui a une valeur infinie y compris pour les parents. Je je je mentionne, on l'a pas évoqué jusqu'à présent puis ça rien à voir avec l'inceste mais les affaires d'enfants secou c'est ça hein.
Quelque fois il ça permet d'innocenter et et c'est c'est lĂ aussi fondamental et on s'en prive pas juste parce que je sais que c'est un des sujets qui vous prĂ©occupe. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai fait partie de de ceux avec la plupart de mes collĂšgues qui ont fait faire des enquĂȘtes sur les crimes de viol ou pas d'ailleurs ou les autres crimes qui Ă©taient prescrits dont on sait qu'ils Ă©taient prescrits. Alors, vous en avez peut-ĂȘtre entendu parler.
Il se trouve que Ă Grenoble, on a une on a une affaire extraordinaire au sens oĂč elle est exceptionnelle oĂč 36 ans aprĂšs la disparition d'une jeune femme, on a des Ă©lĂ©ments, c'Ă©tait trĂšs important ce que vous a dit FrĂ©dĂ©ric Chevalier. Pour placer quelqu'un en garde Ă vue, il faut des raisons plausibles. Pour dĂ©marrer une enquĂȘte, il faut, je vous l'ai dit, rien du tout.
Rien du tout. Il suffit que le procureur dise "Je vous demande d'ouvrir une enquĂȘte." VoilĂ .
Ensuite, raison plausible. Ensuite, indice grave et concordant. Ăa, c'est pour mettre en examen quelqu'un.
Ensuite, charge suffisante pour le renvoyer devant une juridiction de jugement. Et ensuite, culpabilité, donc preuve pour le déclarer coupable. Voilà .
Donc bref, on a on avait des on a des indices graves et concordants établissant. ConcrÚtement, on a quelqu'un qui avoue avoir commis le meurtre de cette jeune femme. Il y a aujourd'hui, maintenant ça fait plus de 40 ans.
Et on a trouvĂ© un Ă©lĂ©ment matĂ©riel, c'est dans la presse, donc je peux le dire, c'est un un morceau du crĂąne dont on a pu Ă©tablir scientifiquement que c'est bien le crĂąne de cette dame. Bon, mais ce n'est pas de l'inceste. Alors, non, c'est pas c'est pas l'inceste mais les mĂ©canismes sont les mĂȘmes.
Et bien voilà , je je vous passe le détail puis l'heure est tardive mais l'Assemblée pliniÚre de la Cour de cassation, c'està dire la formation la plus solennelle de la Cour de cassation a dit "Moi, je soutenais le contraire, cette affaire est prescrite." Bon, ça vous intéresse, je vous expliquerai ce que je soutenais. Voilà .
Et bien ça n'empĂȘche queon on fait l'enquĂȘte. Bien sĂ»r que lorsque lorsque l'affaire est arrivĂ©e, qu'on a rĂ©ouvert l'affaire, il n'avait Ă©chappĂ© Ă personne que elle elle risquait d'ĂȘtre prescrite. Mais pourquoi on le fait ?
Mais parce que c'est fondamental, y compris pour la société bien sûr pour les les il trouve que cette dame avait une fille mais et pour ses proches bien sûr pour celui qui a été poursuivi mais aussi pour la société qu'on élucide ce crime. Et ça c'est j'en profite pour le dire sur la prescription, c'est une des suggestions que je que je fais, c'est que on a une procédure qui existe pour les personnes qui sont déclarées pénalement irresponsables à raison de trouble psychiatrique he ce qu'on appelle une abolition du discernement. C'est c'est sont les termes de la loi.
Bien, il y a quand mĂȘme une procĂ©dure qui se passe devant la la chambre de l'instruction, c'est-Ă -dire la cour d'appel, oĂč on va dire solennellement que c'est telle personne qui a commis les faits. Et c'est trĂšs important, il y a pas de peine [raclement de gorge] mais c'est trĂšs important pour deux raisons. Un, parce qu'on dit, on dit et donc on reconnaĂźt la victime comme Ă©tant la victime et d'autre part qui a commis l'effet.
Alors, c'est juridiquement c'est pas une dĂ©claration de culpabilitĂ© puisque il peut pas ĂȘtre jugĂ©. VoilĂ . Et la deuxiĂšme chose, c'est que ça permet de prendre des mesures, ce qu'on appelle des mesures de sĂ»retĂ©, c'est-Ă -dire des mesures de protection de la sociĂ©tĂ©, de protection de la victime et de contrĂŽle de l'intĂ©ressĂ© qu'on a reconnu avoir comme il est fait.
Et ça c'est trĂšs important. Moi je je c'est une des choses que qu'on suggĂšre. J'ai mĂȘme Ă©crit un article sur mon affaire de prescription du meurtre et je le suggĂšre, c'est ça vaut pour d'autres crimes.
Il y a des crimes oĂč ça ça peut ĂȘtre une rĂ©ponse. Oui, on ne pourra pas dĂ©clarer coupable et condamner Ă une peine, mais c'est important qu'on reconnaisse judiciairement [raclement de gorge] la position de des uns et des autres et donc qui a commis des actes qui sont rĂ©pandu bien sĂ»r. BĂ©atrice Rouleau et on va peut-ĂȘtre devoir terminer mais j'aurais voulu poser une question aussi sur sur les notifications.
ExtrĂȘmement rapidement monsieur procureur, vous n'avez pas rĂ©pondu Ă ma petite question sur la rĂ©partition entre la criryppe quand il y a un signalement. Qu'est-ce qui va la cryppe ? Qu'est-ce qui va directement en vous ?
Est-ce que vous pouvez peut-ĂȘtre en une phrase ou deux le l'expliquer ? Oui. En une phrase ou deux.
Oui. Merci. Normalement, nor en principe tout ce qui est euh suffisamment ou le soupçon est suffisamment étayé doit arriver au procureur.
C'est que ce qui passe Ă la cripe Ă j'allais dire Ă vocation Ă arriver au parquet. VoilĂ tout. Et lĂ aussi euh pardon, je je vais trĂšs vite, mais une des difficultĂ©s que nous avons vous Ă©voquĂ©, je sais pas du tout si c'est cette affaire que je connais pas donc je peux pas vous en parler, mais ce que je peux vous dire c'est qu'une de nos difficultĂ©s, c'est que souvent on a des gens qui portent Ă notre connaissance l'information et qui ne veulent pas ĂȘtre entendus.
C'est le cas en particulier des mĂ©decins. Or, vous le savez, le l'article 226 14 du code pĂ©nal prĂ©voit qu'ils peuvent dĂ©noncer sans courir une violation du secret professionnel lorsque notamment on a une mineure qui est victime, alors soit de ses vies, soit mĂȘme d'atteinte Ă son intĂ©gritĂ© physique ou psychologique. Et euh voilĂ .
Alors, je je sais que d'autres d'autres personnes que vous avez entendu l'ont Ă©voquĂ©. C'est vrai que c'est un sujet lorsque l'ordre des mĂ©decins considĂšre que ça constitue une faute disciplinaire. Euh parce que la loi prĂ©voit, elle cadre exactement hein pour protĂ©ger parce que il n'est pas acceptable que un professionnel y compris mĂ©decin et y compris ça un sens he le secret mĂ©dical c'est le lien de confiance et bon voilĂ mais lorsque un mĂ©decin sait que une personne qui doit ĂȘtre protĂ©gĂ©e Ă©videmment c'est le cas d'un d'un mineur a Ă©tĂ© victime d'un crime mais naturellement il faut qu'il le dise aujourd'hui la loi Je pense que c'est c'est c'est une bonne chose, c'est une bonne mesure.
Le laisse à sa conscience de professionnel de le faire. C'està d qu'elle ne l'oblige pas à le faire. Mais je pense que sur le plan de son éthique professionnelle, il doit le faire parce que ce qui est en jeu, comme vous l'indiquez, c'est la protection de cette victime.
Et on le sait souvent, hélas, ce sont des infractions, on ne peut plus sérielles. C'est-à -dire ça peut arriver qu'il y ait un geste isolé, mais la plupart du temps, ce n'est pas un geste isolé. Et donc ça veut dire que c'est c'est c'est la j'allais dire le mot qui me venait à cette heure-là , c'est la destruction d'une vie.
Mais oui, quelquefois c'est ça hélas. Donc ça légitime que euh on on passe outre dans ces cas exceptionnels qui sont des cas heureusement qui sont des cas assez exceptionnels qu'on passe soutre pour qu'on puisse protéger. Je je vous laisse poser.
Je je vous remercie. Juste une derniÚre question sur la notification des classements sans suite. Euh on se pose la question y compris des associations, des plaignants et cetera, se posent la question de savoir pourquoi parfois les notifications arrivent des mois voire des années plus tard.
Et pourquoi parfois d'ailleurs il y a notification de ce classement sans notification entre guillemets par téléphone par exemple. Donc je je voudrais savoir euh ce que ce que vous pensez de de tout ça. Alors quelqu'un me disait "Y a-t-il un délai plafond de notification d'un classement sans à la victime ?
Si oui, quel est-il ? Et considérez-vous qu'une notification orale par téléphone par les services de police suivie d'une notification écrite plus d'un an aprÚs respecte les droits des victimes ? Alors euh moi je vous répondrai sur ce que d'abord ce que prévoit la loi.
Elle prĂ©voit qu'on notifie le classement. Donc euh notifier c'est par Ă©crit hein. Bon ce qu'on fait quelquefois et c'est une trĂšs bonne pratique c'est qu'on demande euh au dĂ©lĂ©guĂ©s du procureur de de d'expliquer les raisons pour lesquelles parce que souvent ça peut ĂȘtre trĂšs on le voit trĂšs difficilement comprĂ©hensible.
Et voilĂ . Euh il nous arrive aussi euh dans certaines pratiques de demander aux associations d'aide aux victimes d'ĂȘtre prĂ©sentes et d'accompagner parce que justement elles vont pouvoir orienter vers une consultation d'avocat, vers si on on a' pas d'avocat. VoilĂ pour expliquer le classement.
Alors dans quel dĂ©lais ça intervient ? Normalement, ça intervient au moment de la dĂ©cision du classement et concrĂštement enfin matĂ©riellement on rentre dans notre applicatif qui s'appelle CassoP dont on vous a peut-ĂȘtre parlĂ© la dĂ©cision de classement et ça Ă©dite automatiquement le voilĂ . LĂ aussi, c'est un cĂŽtĂ© quelquefois terriblement froid et administratif parce que c'est c'est une lettre type.
Il arrive, il arrive, c'est rare mais il arrive queon Ă©crive une lettre spĂ©cifique ou qu'on demande Ă un dĂ©lĂ©guĂ© du procureur d'expliquer lorsque vous voyez, ne serait-ce que la notion, on en a beaucoup parlĂ© Ă juste titre, la notion insuffisamment caractĂ©risĂ©e, c'est en fait c'est trĂšs compliquĂ© parce que c'est quelque chose de juridique dans les causes de classement sans suite, c'est pas un classement en opportunitĂ©, c'est un classement juridique. Ăa veut dire que juridiquement, on estime que il n'y a pas le le constitutif de l'infraction. Bon et c'est un truc qui est pas du tout intuitif, qui plus est pour des gens qui sont pas du tout habituĂ©s Ă la procĂ©dure pĂ©nale.
Donc voilĂ . Alors, par tĂ©lĂ©phone, enfin je je bon si vous me le dites, c'est que c'est vrai, mais je je ça c'est c'est vous le voyez Ă ma tĂȘte, c'est c'est pas comme ça qu'on peut d'abord c'est pas la loi et et et c'est pas comme ça qu'on peut notifier un classement. Enfin, je veux dire c'est c'est c'est [rires] voilĂ .
Donc euh aprÚs là c'est c'est clair que euh c'est pas du tout pour euh et puis vous avez entendu nos organisations syndicales et et pas que en parler. Euh c'est pas qu'une question de moyens parce que les moyens on en a certains et on y arrive mais bien sûr qu'on pourra en avoir plus. Et oui, ça serait une chose, mais là je vous le dis aujourd'hui trÚs clairement, si on nous demandait de faire notifier par un délégué du procureur tous les classements en la matiÚre, on serait bien en peine d'y parvenir.
VoilĂ . Mais peut-ĂȘtre que certainement d'ailleurs dans dans certains dossiers, moi je l' quand j'Ă©tais proqueur de la RĂ©publique et je sais que certains de mes collĂšgues pro le font par exemple dans des affaires d'infraction sexuelle oĂč c'est trĂšs dĂ©licat ou oĂč on touche Ă plus que l'intime. Ben il faut expliquer et c'est l'occasion de dire mais vous savez vous pouvez contester cette dĂ©cision comme toute dĂ©cision judiciaire.
VoilĂ . Et et on a pu moi ça ça nous on n'est jamais vexĂ© quand on nous dit "Mais attendez votre enquĂȘte elle a Ă©tĂ© mal faite." Je vous dire en plus on a l'habitude queon soit critiquĂ© par la dĂ©fense.
Donc ça nous vexe pas du tout. Mais bien sĂ»r elle elle a pu ĂȘtre mal faite mais Ă ce moment-lĂ complĂ©tonsla. faisons ce qu'il faut pour que voilĂ , c'est c'est euh mais le le message aussi que je veux vous faire passer euh alors ce sont souvent des affaires en cours donc ça sera ça sera peut-ĂȘtre un peu compliquĂ© mais demander Ă voir toutes les procĂ©dures.
Bon là , on est dans la séparation des pouvoirs, donc vous pouvez pas demrater sur quoi ils ont pris leur décision, mais prenez des affaires ancienne qui sur lesquelles vous avez des décisions définitives et regardez ce qu'il y a dans tout le dossier. Sachant que à nos audiences euh c'est pas comme dans vos auditions, c'està d que tout n'est pas retranscrit mais il se dit des choses à l'audience, hein. Voilà .
Mais au moins, vous aurez tout toutes les procédures écrites et vous verrez que bah c'est pas si simple et que c'est beaucoup plus complet que ce qu'on peut vous dire. Je n'en veux pas aux gens qui vous le disent comme ça. C'est c'est voilà c'est ils vous parlent avec leur avec leurs émotions, leurs sentiments, leurs vécus.
Mais mais il faut aller dans le dans dans le fond du sujet, hein. Voilà . Moi je peux vous dire quand on a un professionnel qui nous écrit en disant là il y a un truc qui va pas, ça arrive hein par exemple des psychologues.
Bon vous avez un enfant qui va pas bien et puis un jour le psychologue arrive Ă dĂ©lier sa parole et mais ça ça fait partie des lĂ tous les voyants sont clignotants en rouge. Ăvidemment. Ăvidemment.
Quand vous avez l'école à l'école, il y a une c'est une mine d'information parce que les enfants parlent, parce que les enseignants, parce que les copains, voilà , c'est une mine d'information. Et là -dessus, je vous assure, nous on porte cette parole, je l'ai encore fait il y a pas longtemps avec le recteur de de dire aux enseignants, non seulement vous avez le droit de nous transmettre l'information, mais vous le devez. Et en l'occurrence à la différence des médecins, si vous avez connaissance d'un crime, vous avez l'obligation de nous le révéler au-delà de l'article 40.
C'est mĂȘme un dĂ©lit de ne pas le faire. VoilĂ . Et on sur quel fondement ?
C'est pas sur l'article 40. Ah non, alors si ça peut ĂȘtre l'article 40 parce que tout enseignant est une personne chargĂ©e de mission de service public. Et vous le savez, l'article 40 en fait, il est trĂšs il est trĂšs vague et il n'est pas sanctionnĂ© si on ne le fait pas.
Mais en revanche, toute personne, sauf celle qui est protĂ©gĂ©e par une une une loi sur le le secret professionnel, c'est en fait uniquement les mĂ©decins et les avocats. Euh les avocats aussi hein, ça des choses que que voilĂ , c'est laissĂ©, ça arrive hein, qu'on ait des avocats qui nous disent voilĂ , il y a une chose qui est trĂšs importante lĂ aussi que j'ai pas dite. Ăa peut ĂȘtre formel mais l'article 40 est trĂšs bien fait.
L'article 40 dit que le procureur reçoit les informations et les renseignements. C'est-Ă -dire que on peut dire "Monsieur ou madame le procureur, j'ai appris quelque chose, je vous le confie Ă " titre de renseignement. Et Ă ce moment-lĂ , c'est ce que j'Ă©voquĂ© tout Ă l'heure, le procureur peut appeler les policiers, les gendarmes leur dire "J'ai appris que je vous demande de de d'ouvrir une enquĂȘte." VoilĂ , ça aussi c'est trĂšs important parce que ça veut dire que mĂȘme et lĂ aussi c'est le message qu'on fait passer parce que vous avez dĂ» l'entendre souvent vous avez des enseignants qui vous disent "Ah mais attendez, je suis pas un dĂ©lateur." Dis mais c'est pas de la dĂ©lation de protĂ©ger la victime d'un crime.
VoilĂ . Bien sĂ»r que si vous dĂ©couvrez quelqu'un qui a un couteau dans le dos, plantĂ© dans le dos et qui est mort, bien sĂ»r que vous allez et bien protĂ©ger un enfant, ça se fait aussi. Ăa doit se faire c'est un devoir et qui plus quand on est seul changer d' mission de service.
Je reste du coup trĂšs C'est une grande introspection parce qu'il n'y a qu'un % finalement de condamnation. Alors oui, mais lĂ c'est c'est pas du tout c'est pas du tout une une pirhouette de ma part. 1 % Ă partir moi je je crois sur les estimations qu'on nous donne.
En tout cas, je suis pas qualifiĂ© pour les contester. Donc je je les crois et et je pense que ça doit ĂȘtre assez proche de la vĂ©ritĂ©. Euh 1 % Ă partir de ce qui est commis.
Mais retenez sur ces 1 % alors ce que nous dit la Civise ? La Civise nous dit il y a 12 % qui arrivent aux autorités. Voilà .
Euh donc dĂ©jĂ , on en a 9/ 10 qui ne nous arrivent pas et et alors ça veut pas dire qu'il faut pas Ă©videmment qu'il faut trĂšs trĂšs bien traiter ces 12 % qui nous arrivent, mais ça veut dire aussi qu'il faut travailler et ça c'est un travail d'Ă©ducation parce que il y a une chose heureusement qui qui est acquise, c'est que la valeur protĂ©gĂ©e de l'intĂ©gritĂ© des enfants est admise et personne ne la conteste. Je vous ai dit quand je suis entrĂ© dans la magistrature, je peux vous dire que c'Ă©tait pas si Ă©vident et que j'ai eu ces dossiers au dĂ©but de ma carriĂšre oĂč on avait des gens qui nous disaient "Mais attendez, bah non, c'est juste voilĂ Ă l'image des Grecs dans l'antiquitĂ© l'initiation de l'effet de ma voilĂ et mĂȘme des parents en matiĂšre d'ine." Je me souviens d'un dossier d'un homme qui avait des relations sexuelles avec ses deux filles et j'Ă©tais juge d'instruction Ă l'Ă©poque et vous savez sĂ»rement le juge d'instruction alors je l'ai Ă l'Ă©poque il y avait pas de JLD donc c'est moi qui l'ai placĂ© en dĂ©tention proviseoire le juge d'instruction peut lire le courrier qui est adressĂ© au dĂ©tenus les lettres de ses filles papa on t'aime c'est inadmissible ce qui t'arrive donc je les entends bien sĂ»r C'Ă©tait il y en a une qui Ă©tait trĂšs jeune.
à l'époque, ça se faisait pas trop, mais il y en avait une qui avait 13 ans. Donc à 13 ans, je me posais pas de question évidemment que je l'entendais. Et l'autre était encore plus jeune.
Et et qui qui me disent "Mais on l'aime, mais c'est c'est mais non mais c'est pas normal qu'ils soient en prison. Ce qu'on ce qui ce qui s'est passé entre nous, on le souhaitait. Et et alors là , vous imaginez que aussitÎt le jus des enfants est saisi parce que il y a un gros problÚme éducatif.
Et le le le à l'époque on disait comme ça l'inculpé qui me dit "Mais je vois pas ce que vous me reprochez." Elles étaient d'accord. Donc ce que je veux dire c'est que cette valeur là aujourd'hui, heureusement personne ne dit "Mais attendez, ce que vous faites, c'est n'importe quoi, vous n'avez pas compris, c'est la liberté, c'est voilà ." Donc ça c'est un acquis.
En revanche, lĂ oĂč il faut qu'on progresse c'est sur la transmission de l'information Ă qui on veut. Moi ça m'est Ă©gal que ce soit aux policiers, aux gendarmes, aux recteurs, au au mĂ©decins avec nos nos nos nos nos UMJ, nos unitĂ©s mĂ©dico-judiciaires, c'est les mĂ©decins lĂ©gistes. LĂ aussi, ils ont un rĂŽle trĂšs important auprĂšs de leur confrĂšre parce que la culture de parler Ă un confrĂšre chez les mĂ©decins, elle existe.
Et donc, on leur demande d'aller dire à leur conf, dites-nous alors les services de pédiatrie, il y a aucun problÚme parce que justement le message est passé mais je peux vous garantir que il y a il y a 30 ans, c'était pas évident. Non, mais on est parfaitement d'accord et conscient que les choses ont évolué et dans dans le bon sens en fait depuis 30 ans, depuis l'affaire d'outro bien évidemment et heureusement. Mais voyez-vous, je me je je ne peux que me poser euh des questions quand on retrouve 11000 fichiers pédo pornographique dans un ordinateur et qu'il y a un classement sans suite.
Je je je Ah ben moi aussi je me pose les mĂȘmes questions que vous hein. S'il y a des fichiers pĂ©doporno un c'est une infraction qui est matĂ©rielle hein. Il suffit de les dĂ©tenir.
Alors je peux enfin elle est matérielle. Il y a aussi ce qu'on appelle un élément moral de l'infraction, c'està dire l'intention coupable. Mais elle est évidente parce que les fichiers ils vous sautent pas dessus comme ça hein, faut aller les chercher. 11000 fichiers 11000.
Oui. Mais alors lĂ , moi j'ai la mĂȘme interrogation que vous et je vous dis que si moi je suis saisi d'un recours lĂ -dessus, Ă©videmment que je vais donner une instruction de poursuite. Ăvidemment, enfin je veux dire c'est c'est mais mais lĂ on est dans le bon sens.
Enfin, quelle est enfin je je je vous assure que mes collÚgues ne sont pas des gens irresponsables et incompétents, hein. Alors, je ne sais pas un si c'est vrai. Voilà .
Par contre, ce qui est peut-ĂȘtre possible, j'en sais rien dans ce dossier, c'est qu'on a trouvĂ© un ordinateur avec 11000 et on ne sait pas qui les a tĂ©lĂ©chargĂ©. Ăa c'est possible. Mais euh voilĂ .
Et peut-ĂȘtre on a trouvĂ© un ordinateur. Enfin, si on va Ă domicile de la personne qui est mise en accusation, mais ça c'est facile. Mais lĂ , c'est un cas qui est facile.
Mais peut-ĂȘtre qu'on a un ordinateur, c'est arrivĂ© hein, dans un un cybercafĂ© [rires] oĂč on a ça, on narrive pas Ă savoir qui Ă©tait dans l'ordinateur ou Ă l'intĂ©rieur d'un groupe ou voilĂ oĂč les gens nous disent "Ah non, non, non, c'est pas moi." Et puis on narrive pas Ă savoir qui a tĂ©lĂ©chargĂ©. VoilĂ .
AprÚs, on peut avoir d'autres moyens, hein. Euh, euh s'assurer que le téléphone à ce moment-là borne à cÎté de l'ordinateur. Donc le téléphone, en général, il est personnel.
Voilà . Donc je je ne sais pas si c'est ça dans le dossier, mais ce que je peux vous garantir, enfin moi je ne connais pas un [raclement de gorge] procureur qui va classer un dossier, mais il y a pas besoin qu'il y en ait 11000, hein, ni 11. Il suffit qu'il y en ait une.
Voilà . Et et c'est un délit et et évidemment qu'on va le poursuivre. Et là aussi, c'est euh tout n'est tout n'est pas parfait.
Mais là aussi une de nos difficultés, c'est alors quand il le détient chez nous, pas de problÚme. Mais là aussi, il inceste c'est il y a le cÎté incestueux, il y a souvent le cÎté d'une pédophilie. Voilà .
Mais c'est pas systĂ©matique parce que quelquefois euh bon c'est dĂ©jĂ terrible mais voilĂ et ça veut dire que il faut qu'on et bien sĂ»r qu'on recherche dans la vie de notre suspect puisque juridiquement ça s'appelle un suspect s'il y a eu d'autres actes et et lĂ aussi on a cette loi qui nous permet d'ĂȘtre compĂ©tent mĂȘme pour les actes comme il Ă l'Ă©tranger. Excusez-moi, je reviens sur cette affaire avec 11000 dossiers retrouvĂ©s dans l'ordinateur. C'Ă©tait bien l'ordinateur d'un pĂšre qui a d'ailleurs Ă©tĂ© condamnĂ© un an de surcis pour dĂ©tention de ces images.
Il n'y a pas eu il n'a pas eu de de il n'y a pas eu de condamnation pour inceste sur ces enfants. Alors, mais là on est enfin je je connais pas du tout le dossier, mais on est sur deux infractions différentes, hein. Déjà , comme vous le savez, l'inceste, c'est c'est une circonstance aggravante en tant que telle, hein.
C'est-Ă -dire que nĂ©cessairement, on a des actes matĂ©riels ou d'agression sexuelle ou de viol. le fait d'avoir euh trouvĂ© ces fichiers pĂ©dopornographiques dans le l'ordinateur du pĂšre alors que en parallĂšle il y a une plainte de dĂ©poser pour inceste, ça devrait inciter Ă se poser des questions euh sur une situation incestueuse mais je mais Ă©videmment qu'on s'en est posĂ© lĂ aussi il y a pas besoin d'ĂȘtre docteur en droit hein. C'est c'est du bon sens, c'est tout le monde forcĂ©ment.
Forcément et et si là aussi hein, je je je pardon si je je je me répÚte, mais si ça a été classé sans suite, mais contestons-le. Et et et si le procureur général le maintient alors que ça ça paraßt pas du tout pas du tout approprié, et bien on saisit un juge instruction. Voilà , c'est c'est c'est et je vois pas comment on peut faire d'autres.
Il y a beaucoup de pays, ça n'existe pas ça. La constitution de partie civile, ça n'existe pas. Et oĂč on peut contractualiser la poursuite.
Donc, mais oui, mais ça c'était c'est encore plus terrible parce que ça veut dire je ne te poursuis pas sur tel fait et en contrepartie tu m'accordes je sais pas quoi sur le droit de visite sur voilà . Donc heureusement qu'on a cette cette protection d'un ministÚre public qui est indépendant et impartial, qui n'est pas une partie et les droits des partis de pouvoir mettre en mouvement l'action publique. AprÚs, nous sommes d'accord, madame la présidente, mais ça c'est la vie.
Bien sûr qu'il peut y avoir des erreurs, mais il faut avoir conscience que tout est bùti dans notre procédure pour essayer de détecter l'erreur et de la rattraper. Voilà . Alors, ça peut prendre du temps et c'est toujours trop long.
Ăa ne peut pas mais euh parce que c'est possible, on a Ă©voquĂ© au trop. Bon, euh oui, c'est un traumatisme mais vous l'avez dit, on ne peut pas gĂ©nĂ©raliser une mise en cause de la parole comme on ne peut pas non plus gĂ©nĂ©raliser une une confiance absolue dans la parole. Et la rĂ©ponse, c'est ce que je vous ai indiquĂ©.
La question c'est pas de croire ou de ne pas croire, c'est entendre, Ă©couter, enquĂȘter. VoilĂ , [raclement de gorge] ça c'est une approche judiciaire qui est respectueuse des droits des uns et des autres parce qu'il ne peut pas y avoir de dĂ©cision judiciaire qui soit lĂ©gitime si elle n'est pas respectueuse des droits. VoilĂ .
Donc oui, quelquefois ça prend du temps. Ce que là aussi j'insiste parce que je sens leur revenir, mais vous voyez à quel point on est on on parle de tout ça avec d'abord avec l'expérience qui est la mienne, mais avec la la l'engagement de faire de notre mieux, c'est-à -dire de mobiliser les compétences, les procédures, les techniques qui nous permettent d'aller aussi loin que possible. AprÚs oui, souvent on fait des mécontents, des mécontents des gens qui ne sont pas satisfaits de la décision.
Et c'est pour ça là aussi que c'est important qui est l'exercice des voies de recours. Et bien, on rejuge tout. Quand on exerce quand on fait appel, on n' pas en justifié.
C'est un droit. Il suffit de dire j'interjette appel. VoilĂ .
On pas Ă dire pourquoi, on n' pas Ă critiquer, on n' pas Ă dire en quoi c'est critiquable. J'ai le droit. Merci monsieur Barret.
On va on va terminer l'audition sur ces paroles et j'espÚre que qu'elles seront entendues. Donc d'utiliser les voix de recours qui c'est vrai sont là pour pour ça. Euh nous en sommes à 7h les administrateurs et moi, 7h d'audition nonstop cet aprÚs-midi.
Donc comprenez que c'Ă©tait un petit peu c'est Ă©puisant. Euh mais merci aussi euh d'ĂȘtre restĂ© euh aussi longtemps pour euh rĂ©pondre Ă nos questions. Merci infiniment.
Donc je vais vous souhaiter euh une bonne soirée et euh je vais indiquer à ceux qui nous suivront que nous reprenons les auditions demain matin à 9h30. Voilà , je vous remercie. Merci madame la président.
Merci