Meeting pour la 6e République et la Paix avec Mathilde Panot, David Guiraud et Pierre-Yves Cadalen
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Bonsoir Roubaix, quel joie de vous voir aussi nombreux et nombreux ce soir. Tout le monde est bien installé ? Est-ce que tout le monde est bien installé ? Avant tout, je tenais à remercier, merci aux équipes du National de la France Insoumise, aux agents de la ville de Roubaix, mais surtout, un grand merci à nos incroyables militantes. Militants, vous les avez vus tracter, coller, et la réussite de ce soir, c'est la réussite. Merci les apposirs. Il y a un an ici, jour pour jour, ici même, ont lancé la campagne européenne.
Nous étions, le temps d'un soir, le cœur battant, ici, avec Jean-Luc Mélenchon, avec Rima Sainte, que vous, vous avez envoyé au Parlement européen, ce qui n'est pas rien, mais également Emma Fourreau, qui nous a fait l'honneur d'être présente ce soir, merci. Alors ce soir, on va parler d'un sujet essentiel, un sujet qui nous concerne toutes et toutes, celui de l'état de nos services publics. Des écoles qui ferment, 12 à la rentrée sur Roubaix, 4 à Wattrelo, des centres sociaux qui tirent la langue, une pensée pour le centre social d'une utilus, à l'Epel, des hôpitaux saturés, un pouvoir d'achat qui s'écroule, parce qu'ici, on ne nous oublie pas, on nous méprise.
Ici, à Roubaix, combien de logements insalubres ? Combien de familles qui vivent sans eau chaude, sans sauvage ? Pendant ce temps-là, les marchands de sommeil continuent à s'enrichir en toute impunité à Wattrelo ? Combien de temps faut-il pour avoir un rendez-vous médical ? Des semaines, voire des mois ? Et pendant ce temps-là, on privatise, on ferme, on abandonne nos territoires. Mais entre nous, qui décide de cette politique ? Cette politique qui consiste à détruire, à démolir notre service public ? Certainement pas vous. Certainement pas non plus les travailleurs de ce pays.
Et j'ai une pensée toute particulière ce soir, et je sais qu'ils sont avec nous ce soir, des salariés du Quai 30, de la Redoute. En 2014, ils ont mené une grande lutte, une belle lutte. Après des mois de combat, ils ont arraché des victoires au Grand Patronat, notamment un plan, un plan de 180 millions qui était destiné à ces salariés. De ces 180 millions, il reste 44 millions, et des promesses à foison, marchant de l'activité, on va préserver vos emplois. Mais dix ans après, dix ans après, que reste-t-il de ces promesses ? Rien. Rien et cerise sur le gâteau, on vient imposer à ces salariés un transfert d'activité.
Ils seront donc balancés à idées logistiques, sans garantie, sans certitude qu'ils vont conserver leur emploi. Les 44 millions, évaporés. Dans ce transfert, il n'y a rien. Rien pour ces femmes. Rien pour ces hommes. Pas un mot. Pas un geste. Le mépris. Et l'État ? L'État qui a validé tout ça ? Silence radio. Circuler. Il n'y a rien à voir. C'est ça, la Ve République. Un régime qui broie les conquêtes sociales au profit des plus riches. Un régime qui protège les puissants au détriment des gens. Un régime qui favorise les grandes entreprises et qui sacrifie les salariés de ce pays. On entend souvent dire que la Ve République est à bout de souffle, mais une chose est sûre.
La Macronie et ses gouvernements l'asphyxient un peu plus chaque jour. Et vous l'avez compris, je pense, ici ce soir, qu'il est temps que cela change. Et c'est pour ça qu'ici, rappelez-vous, à Roubaix, à Ouattrolo, vous avez réélu David Guirault, votre député, votre porte-parole à l'Assemblée nationale. Vous avez fait du nouveau Front populaire, la première force politique de ce pays. Il y a un mai, mes camarades, désolés, le pouvoir fait la sourde oreille. Pas de gouvernement à l'image du peuple. Pas de respect des urnes. Alors oui. Il est temps d'écrire une nouvelle page, pas seulement de changer de président, ni même de majorité, mais un changement de régime.
Ce qu'on veut, c'est une république du peuple, pour le peuple, avec le peuple. Une république où les quartiers populaires décident pour eux-mêmes. Une république où la démocratie ne se limite pas à l'élection. Nous le voulons, nous l'exigeons, la sixième république. Et pour porter cette ambition avec force, courage et conviction, mais entre nous, dois-je encore vous le présenter. C'est notre député. Il fait notre fierté sur les plateaux, en hémicycle. Je vous demande donc un tonnerre d'applaudissements pour David Guirault.
Je n'ai pas été élu aux dernières élections tout seul, donc je vais vous demander de refaire un tonnerre d'applaudissements pour ma suppléante, chère Azad Ben-Torki. Et je voudrais également saluer le travail incroyable qui a été fait par les militants et les militantes de la France Insoumise de Roubaix, aidé par les militants et les militantes de la France Insoumise de Wattrolo, de Croix, de Lille, de Ouskal, de Tourcoing. Je ne dois pas vous cacher qu'à chaque fois qu'une campagne nationale se fait et qu'on propose à Roubaix d'accueillir une étape de cette campagne, on se fixe en général des objectifs ambitieux.
On m'avait dit en venant que si tout le monde était assis ce soir, c'est qu'on serait au moins 500. Ce qui veut dire qu'a priori, et désolé, ce n'est pas pour rendre les autres jaloux, mais qu'on aime bien faire en sorte que régulièrement dans le pays Roubaix soit la capitale de l'insoumission. Impossible pour moi aussi de ne pas saluer les agents et les agentes de la ville que je vois ce soir, qui font tourner cette ville au quotidien, mes collègues parlementaires et camarades parlementaires, élus, élus européens. Et j'en viens maintenant à mon discours, sinon je vais rester très longtemps.
Puisqu'on va parler de la VIème République, mais aussi de paix et d'international, je souhaite profiter de la présence de la présidente de mon groupe parlementaire pour redire à quel point je suis fier d'appartenir à un mouvement politique qui a refusé de se taire sur la Palestine, qui a refusé de rester muet face à l'horreur des images diffusées en direct sur nos téléphones portables.
Un mouvement politique qui, depuis un an et demi de massacres abominables, a fait valoir une liberté fondamentale, celle de dire non, non à la loi du plus fort, de dire non au piétinement du droit international, de dire non à l'écrasement du peuple palestinien, de dire non aux assassinats d'enfants et d'innocents, de dire non au vol des terres et à la destruction de toutes les infrastructures, de dire non au génocide des Palestiniens.
Et c'est en disant non, c'est en refusant de toutes nos forces de participer à cautionner une seule seconde ces atrocités que nous faisons vivre et que nous faisons respirer notre identité française profonde, celle qui proclame la liberté, l'égalité et la fraternité envers tous les peuples du monde et donc envers les Palestiniens qui ont le droit de vivre et de vivre libres et dignes. Parce que sinon, si nous tournons le dos à nos principes et à notre identité, alors à quoi servent ? À quoi servent les bouquins que l'on apprend à l'école ? À quoi servent les combats des grands hommes et des grandes femmes qui dorment au Panthéon ?
À quoi servent les tableaux qui peignent la paix et les poèmes qui avertissent de la guerre ? Alors, bien sûr, parfois, on se sent même souvent si impuissants face au carnage. Et pourtant, nous tenons dans nos combats ce fil si délicat, si fragile, celui de l'humanité, de la justice et de la paix. Et dans cette époque, où l'on craint parfois d'être remplacé par des robots insensibles et sans idéaux, moi j'affirme que nos valeurs ne sont pas menacées par l'intelligence artificielle, mais plutôt par le fait que des cœurs se soient habitués à justifier ce spectacle mortel.
Les partisans du génocide nous ont menacés, ils nous ont intimidés, ils nous ont traînés dans des procès pour apologie du droit international et incitation à la paix. Le système diabolique, politico-médiatique, nous a diabolisés et nous a dépeints comme une menace. Mais nous, au moins, on peut se lever le matin et se regarder dans la glace. Je le dis à nos adversaires qu'ils peuvent continuer à nous salir, à nous calomnier. Ils n'ont pas bien compris à qui ils avaient affaire. Ceux qui sous-estiment notre détermination et qui pensent qu'ils réussiront à nous faire baisser les yeux ne sont pas bien lucides. Et s'ils ne me croient pas, qu'ils aillent demander la meilleure habine.
Notre engagement pour la Palestine nous oblige évidemment à n'être insensibles pour la souffrance d'aucun peuple. Et je pense particulièrement aux victimes du Congo. Ayons toujours proche de nous ce réflexe de l'internationalisme, raison pour laquelle vous pouvez voir les élus insoumis aux quatre coins du globe en ce moment et particulièrement Jean-Luc Mélenchon, qui nous honore de par son activisme en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie et partout il le faudra pour raviver la flamme de la solidarité internationale.
Dans ce contexte international si incertain, si violent, si instable, et notamment depuis que les dirigeants européens ont appris avec une grande surprise que les Etats-Unis d'Amérique n'étaient finalement pas des alliés, alors nous on n'est pas tombés de notre chaise, on nous parle de retrouver notre puissance, notre grandeur. Mais tout ce beau monde, à la tribune ou sur les télés, tout ce beau monde oublie qu'un pays ne peut résister au choc qui parcourt le monde qu'à la condition d'être unis.
D'être unis, cela veut dire d'être avant tout unis politiquement et d'avancer vers la paix sociale et dont la condition est de rester soudés face aux discours et aux pratiques racistes qui sont propagées par ce gouvernement et par l'extrême droite. Ce racisme, nous ne le connaissons que malheureusement trop bien ici, à Roubaix.
Ce racisme qui nous touche particulièrement en ce moment, et qui touche particulièrement les Algériens et les Franco-Algériens, à qui je veux redire notre soutien fraternel face à une clique de ministres qui passent leur temps à s'agiter non pas pour défendre la France et ses intérêts, mais pour gagner un misérable congrès, celui d'une organisation politique qui a fait moins de 5% aux dernières élections présidentielles.
Notre ville et ses habitants sont logiquement meurtris par ses discours puisque nous avons une grande histoire de l'immigration ici, une histoire difficile, une histoire de l'exil, une histoire parfois tragique pour les familles qui se sont entassées dans les courais, dans des conditions terribles, mais c'est aussi une grande et belle histoire. Cette histoire, c'est celle de la France ouvrière qui s'est amassée dans les humaines usines de ma circonscription à Roubaix, à Ouatrelo, à côté aussi à Tourcoing, si mal représentés d'ailleurs aujourd'hui par l'odieux, et qui ont habillé l'Europe entière pour faire briller le pays dans le monde.
Il faut dire à ce gouvernement que ce sont les nôtres, ce sont les nôtres qui ont fait tourner ce pays, ce sont nos parents, ce sont nos grands-parents que vous insultez aujourd'hui tous les jours à la télé, et bien ce sont eux qui ont sacrifié leur santé pour enrichir le pays, ce sont eux qui crachent leurs poumons à cause de l'humidité des usines de textiles pendant que vous crachez votre venin. Ce sont eux qui entendent mal aujourd'hui à cause du bruit assourdissant des ateliers de production pendant que vous êtes sourds à leur peine, pendant que vous vous en prenez à leurs enfants.
Rotaillot, Bolloré, Darmanin, Le Pen, tous ces gens n'ont produit rien d'autre que de la division, et nous, les enfants de l'histoire de ces ouvriers, nous ne demandons aucune repentance, mais simplement un peu de respect et de reconnaissance. Commentaire aujourd'hui, la situation de nos compatriotes musulmans, et j'en profite pour dire tout mon soutien au lycée Averroès, qui vient de gagner en justice, face à l'Etat qui s'est acharné, face au président de la région, Xavier Bertrand, qui retient l'argent qu'il doit légalement à cet établissement, comme si c'était l'argent de sa mère ?
J'ai entendu récemment le ministre Rotaillot dire, je cite, « pour nous », comme si on faisait maintenant de la poétique avec des impressions, « pour nous, le lycée Averroès est un bastion de l'entrisme islamiste et un entrisme qui s'attaque à la jeunesse ». Monsieur le ministre de l'Intérieur, permettez-moi de vous citer un établissement privé qui s'attaque à la jeunesse. Cet établissement, c'est l'établissement Betaram, avec 150 plaintes pour violences et violences sexuelles. Et la question qui se pose aujourd'hui est de savoir si M. Bayrou était au courant.
Et comment dire aussi que nous sommes effrayés par ce qu'il s'est passé à grande comble dans le Gard, même si nous sommes encore en attente d'informations où cela ressemble fort à un meurtri islamophobe. Alors il n'y a pas si longtemps, de nombreuses personnalités politiques s'étaient acharnées sur notre belle ville. Je remarque cependant que ça ne leur a pas beaucoup réussi. Valérie Pécresse, qui était venu à Roubaix, qui a fini à faire 4,7% aux dernières élections, c'est-à-dire que l'argent qu'elle a engagé pendant sa campagne présidentielle n'a pas été remboursé. Ce ne sont pas les Arabes qui l'ont dépouillé, juste son mauvais score.
Éric Zemmour, qui passe son temps à traiter les Français musulmans d'antisémites, quant à lui, était récemment condamné par la justice pour avoir déclaré que Pétain avait, je cite, « sauver des Juifs ». Alors lui aussi a fini par avoir de gros soucis d'argent avec son parti, suite à une scission politique, mais je vous rassure, ce n'est pas un Africain qui est parti avec la caisse, c'est juste Marion Maréchal Le Pen. Tous ces politiciens qui nous parlent de grands remplacements en permanence à la télé, les mêmes qui ont soif de ministère plus que de savoir, ils ne connaissent pas notre histoire.
Notre pays, et plus particulièrement notre département, et plus particulièrement notre ville, n'ont jamais connu autre chose que le brassage continu des populations, à tel point que Roubaix, dès le XIXe siècle, concentrait plus de la moitié de ses habitants qui n'étaient pas français, ils étaient belges. Et quand on connaît l'histoire, il est assez surprenant de voir à quel point elle se répète. On retrouve les mêmes tensions, les mêmes causes, les mêmes émetteurs. Dans les années 1890, dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, dans les villes minières, notamment, les Belges sont victimes de la xénophobie, à tel point qu'on entend dans les rues « Ah bah les Belges !
» et que des familles sont contraintes de repartir en Belgique, à peu près au même moment, que ce soit dans le Nord ou dans le Sud de la France, mais aussi dans le Gard. À Marseille, les Italiens sont stigmatisés de la même manière. Ils seront même massacrés pour certains, avec mortes en août 1893. Pourquoi je dis cela ? Pour dire que si nous ne tournons pas le dos à notre histoire, nous savons que le racisme a des causes structurelles. Celles des discours d'une élite complètement déconnectée, celles de patrons qui essayent de se faire de l'argent sur le dos des ouvriers et qui ne pensent qu'à diviser la population pour mieux régner.
Ce qui a fait de nous, dans le Nord et les Hauts-de-France, une grande et belle communauté humaine rassemblée autour d'une grande histoire. C'est cette histoire ouvrière, cette histoire des conquêtes sociales, celle de l'invention du logement social, celle de l'invention du Code du Travail après la catastrophe de Courrières, celle des avancées sociales qui ont bénéficié à des millions de Français, menés notamment sous l'égide du maire socialiste de Roubaix et ministre du Travail du Fonds populaire, le résistant Jean Lebas. Voilà notre fierté, voilà notre identité profonde, voilà notre histoire.
Alors, comme dirait ma compagne une fois qu'on parlait de ces débats interminables sur l'identité française, elle m'a répondu un jour « Mais tu sais David, nous dans le Nord, on n'a jamais été autre chose que nous-mêmes, c'est-à-dire ce collectif humain qui a dépassé à chaque fois les barrières du racisme et de la xénophobie pour s'engager au service des autres et de ses prochains. » Alors je dis à notre jeunesse, parfois confuse, perdue, déprimée, celle-là même qui parfois se fuit le pays à contre-cœur qu'il n'y a pas plus forte réponse que la connaissance et la fierté de notre histoire et de l'éducation populaire.
Instruisez-vous, souvenez-vous, les disparus nous regardent et nous avons à transmettre leur mémoire et leurs espoirs. Ces luttes, ces luttes ne sont pas terminées, cher Hazard en a parlé. Celle des salariés du Quai 30, la redoute, à qui je redis toute ma fraternité dans ce combat-là. Vous pouvez les applaudir. Celle des salariés de Camailleux, des centres sociaux, des missions locales. Ces combats ne sont pas finis puisque j'ai appris ce matin que le gouvernement, qui est visiblement très concerné par sa politique publique, vient d'annuler 3,1 milliards d'euros de crédit budgétaire.
Parmi les annulations de crédit sont concernées, je vous cite, 140 millions pour la mission agriculture, pour un gouvernement qui était au chevet des agriculteurs, on appréciera, 211 millions pour la mission aide au développement, 70 millions pour la mission cohésion des territoires, pour un gouvernement qui se dise au chevet des territoires c'est pareil, 100 millions pour la culture, 549 millions pour la mission écologie, 500 millions pour la mission économie, bref, des coupes franches décidées, malheureusement, sans aucun débat politique et sans aucun débat parlementaire. Bien sûr, on a quelques échanges.
Lorsqu'on n'est pas à Saïd 49.3, la dernière fois on a eu une audition du président de la cour des comptes, M. Moscovici. Oh, ce ne sert à rien, de toute façon il est un peu fatigué maintenant. Alors M. Moscovici est arrivé devant les commissaires aux finances en disant « je suis en colère ». Je lui dis « c'est bien, c'est bien, on est deux ». Parce que nous assistons aujourd'hui à un vol considérable de la richesse des Français et à une captation de nos richesses nationales pour abreuver les grands groupes et les plus grandes fortunes de ce pays.
J'ai longuement parlé avec mon groupe parlementaire du scandale que représente l'utilisation de l'argent de la TVA, celle que vous payez au supermarché dans votre caddie de course, celle que vous payez tous les jours. Cet impôt-là, qui est le premier impôt du pays, qui est l'impôt aussi le plus douloureux parce que le plus injuste, parce qu'il frappe les classes populaires et les classes moyennes plus fortement, plus rudement que les autres. Plus de 100 milliards d'euros par an de cet impôt n'apparaissent plus aujourd'hui dans le budget de l'Etat. Ils sont détournés, utilisés pour abreuver les comptes de la sécurité sociale ou bien les comptes des collectivités territoriales. Pourquoi ?
Pour financer des exonérations de cotisations sociales. Pour financer des politiques qui ont commencé sous François Hollande notamment, mais pas que. Le CICE, transformé en exonération de cotisations. Des politiques qui permettent aux grands groupes, pas aux boulangers du coin, c'est pas le fleuriste ou le boulanger de la rue de l'Epel qui bénéficient de ces exonérations. Pour permettre à ces grands groupes d'engranger toujours plus de bénéfices, de dividendes. Et ces dividendes ne vont plus dans la machine de production, mais tout simplement dans la poche des actionnaires. Ces luttes ne sont pas finies.
Nous avons réussi il y a quelque temps quelque chose qui ne s'était pas fait depuis plusieurs décennies dans ce pays. Nous avons fait tomber un gouvernement et nous sommes prêts, s'il le faut, à réitérer. Nous n'avons pas peur. Nous n'avons pas peur des élections. Nous n'avons pas peur des retours aux urnes. Nous n'avons pas peur parce que nous nous en remettons au seul arbitre qui soit dans ce pays, c'est-à-dire le peuple. Et je constate que d'élection en élection, ceux qui ont présenté comme ceux qui s'en foutent, comme ceux qui sont désintéressés, parce que c'est comme ça qu'on parlait notamment de Roubaix, pas de chance pour eux. Pas de chance pour les gouvernements.
En 2024, dans certains bureaux de vote, la participation a doublé. Peut-être que la prochaine fois, elle triplera. Parmi ces grands combats sociaux et démocratiques, il y a évidemment la question de la 6ème République, Pierre-Yves. Chers collègues, j'imagine que tu en parleras abondamment, puisque c'est l'objet de cette campagne. Je voulais juste aussi donner ma contribution sur ce qu'est une vision de la 6ème République au niveau local. D'ailleurs, je vous invite, chers amis, à revenir dans un an. Qui sait ? Peut-être que Roubaix sera revenu dans le giron d'une municipalité respectueuse de ses habitants, si les habitants d'être ici de mes dernières.
Notre ville est l'exemple même à la fois du mépris de l'État, mais aussi du fait que parfois, quand on doit penser la 6ème République, il n'y a pas que l'État qui nous méprise. Des fois, c'est le département, le département représenté par M. Poiré, qui laisse des gamins dormir dans des hôtels délabrés, alors que c'est des enfants de l'aide sociale à l'enfance, qui s'en prend aux allocataires du RSA. Ça nous concerne directement. Nous avons presque 10 000 allocataires du RSA à Roubaix, qui a essayé de faire des coupes franches dans la prévention, dans ceux, justement, des travailleurs sociaux et des travailleuses sociales qui prennent soin de nos gamins au quotidien.
Encore heureux, il est tombé face à un os cette fois-là. Et les travailleurs sociales, les travailleuses sociales ont gagné leur lutte et Christian Poiré a dû reculer. C'est parfois la région. J'en ai parlé pour M. Bertrand avec Averroès. Et c'est parfois la mairie. Ce qui se passe aujourd'hui au quartier de l'Epeule, au quartier de l'Alma, avec des rénovations urbaines qui sont décidées sans les habitants, contre les habitants, pour virer les habitants, parce que la mairie estime qu'ils sont de trop, est à la fois un scandale démocratique, mais aussi le reniement de toutes les belles choses qui ont été faites au niveau de notre quartier.
Le quartier de l'Alma a inventé des dispositifs de participation citoyenne, de participation des parents, en mêlant sur la place de la grand-mère les écoles, les crèches, les foyers d'anciens, la cour de récréation, en innovant sur les formes urbaines, en permettant aux gens de disposer d'îlots de verdure, en permettant aux voitures de se garer en intérieur, en parking, ce qui permettait d'avoir une belle vie sur le quartier. Tout n'est pas à réinventer dans notre pays. Il suffit parfois de se pencher sur ce qui a fait la fierté et le bonheur de nombreux habitants de notre ville, et j'ai envoyé il y a quelque temps un avertissement au maire, ils n'écoutent pas.
Méfiez-vous, méfiez-vous des jeunes de l'Alma, parce qu'un jour ils seront assis à votre place. Ils seront assis à votre place. Tous les outils dont nous disposons, localement, peuvent faire l'objet de belles conquêtes politiques et démocratiques. Nous avons tout à notre disposition. Nous avons des centres sociaux dans lesquels on pourrait renforcer la participation des habitants. Nous avons des comités de quartier. Nous avons des mairies de quartier. Nous avons CCAS, Centre communal d'action commune. Tous ces outils qui, pour une force aussi jeune que la France insoumise, restent à appréhender, à toucher, à comprendre, pour réaliser à quel point.
C'est souvent eux qui font la cohésion d'un quartier, et qui empêchent des gamins de se perdre, et qui souvent les propulsent aussi vers l'excellence. Voilà le projet du VIème République qui se propage jusqu'à l'échelon local, jusqu'à l'échelon départemental, jusqu'à l'échelon régional. Mais c'est aussi évidemment une invitation à l'action de tous les participants à cette réunion publique. La VIème République, c'est aussi un état d'esprit. Celui de faire en sorte que plus rien ne se fasse sans nous. Tout ce qui est fait sans nous est fait contre nous. Et nous avons tellement de belles idées sur la forme urbaine de la ville, sur le logement.
Nous avons tellement de belles idées qu'on peut rendre locales, qu'on peut essayer de reprendre en main face à parfois des intercommunalités dont on ne sait même pas qui est élu et qui décide à notre place. Je pense évidemment à la métropole de Lille, qui pendant des dizaines et des dizaines d'années a nié le besoin des habitants de Roubaix, des habitants d'Ouatre-leau. L'heure de la revanche arrive bientôt.
Elle commencera en 2026, elle continuera en 2027, elle s'étendra aux élections départementales, aux élections régionales, et bien bientôt, peut-être que se reconnaîtront tous les habitants des quartiers populaires, peut-être qu'ils se reconnaîtront dans cette dynamique exceptionnelle qui a lieu à Roubaix, pas qu'à Roubaix d'ailleurs, mais soyons un peu chauvins, peut-être qu'ils se reconnaîtront et que la conquête de Roubaix lancera la conquête de la VIème République. Je vais appeler à mes côtés le camarade qui est intarissable sur le sujet, dont j'ai eu la fierté de voir l'arrivée à l'Assemblée nationale. Et comme on fait à Roubaix, il y a une semaine, c'était un combat de boxe.
Je vais vous faire comme un speaker. Je vous demande un tonnerre d'applaudissements pour Pierre-Yves Canala !
Quel bel accueil ici à Roubaix ! Moi-même venant de Brest, je ne peux que me féliciter d'une chose, j'ai été accueilli non seulement par un député exceptionnel en compagnie de notre présidente de groupe, mais j'ai été également accueilli par un beau soleil comme il en est si souvent à Brest. Effectivement, nous avons passé, avant de venir ici, nous rejoindre toutes et tous, nous avons passé une superbe journée. Et si je peux vous faire, avant de vous parler de la VIème République, une petite confidence.
Voyant David cheminant dans la ville, à la rencontre des habitants dans le quartier de l'Alma, ou ensuite, lorsqu'il nous a montré le superbe lieu de la piscine de Roubaix, j'ai vu un camarade qui non seulement aime sa ville, mais qui profondément en aime ses habitants, en épouse les aspirations, parce qu'il est, et je crois que c'est aussi le sens d'être un insoumis, il est, avant d'être un député, un citoyen, un être humain, un homme attaché au combat pour l'intérêt général. Si je vous fais cette petite confidence, c'est également pour vous donner, à vous et à celles et ceux qui tout autour nous écoutent, vous donner un petit conseil. Faites-nous plaisir. Faites plaisir au pays.
Faites-vous plaisir et à Roubaix. Donnez au pays un maire insoumis, celui de Roubaix, David Giraud. Et si nous sommes en si grand nombre ce soir, si nous sommes si nombreux et nombreux, c'est également pour envoyer un signal clair. Ce rassemblement de ce soir, il est pour la paix, il est pour la Sixième République.
Il est un signal envoyé partout dans le pays pour dire qu'une force immense est disponible pour défendre la démocratie, pour dire que nous n'avons pas oublié, c'est Razad l'a dit, nous n'avons pas oublié qu'en juillet dernier, le président de la République a piétiné la volonté des Français, que ce piétinement est inacceptable, et que non, non, non, nous ne sommes pas du genre à passer l'éponge, et surtout pas à celui-là. Nous n'avons pas oublié ce refus. Et ce refus a des conséquences très concrètes.
Car au lieu d'avoir un gouvernement du nouveau Front populaire, nous nous trouvons avec la continuité d'une politique, celle de la ruine des services publics, celle de l'enrichissement toujours plus grand des plus riches, et celle qui, au quotidien, pourrit nos besoins les plus fondamentaux à l'hôpital, à l'école, les pays qui ne sont pas suffisants pour y arriver. Et de tout cela, la décision d'un seul homme rendu si puissant par les institutions de la Ve République de refuser de reconnaître les résultats du scrutin est responsable. Mais pas seulement. Pas seulement.
Car cette politique de destruction sociale, vous le savez comme moi, est un carburant de première catégorie pour l'extrême droite. Jamais l'extrême droite n'a autant progressé dans le pays que sous Emmanuel Macron. Il en est comptable personnellement. Et nous le lui reprocherons tant qu'il faudra et jusqu'à ce qu'il dégage. Car lui, comme les autres, et toute sa clique, doivent dégager. C'est vrai que les politiques de Macronie sont un carburant de première catégorie pour l'extrême droite. Et bien l'extrême droite le lui rend bien au macronisme. Parce que comment, Michel Barnier a-t-il pu durer 90 jours ? Comment François Bayrou continue-t-il à gouverner ?
Parce que le Rassemblement national se fait le complice permanent du macronisme ? Parce qu'il refuse de censurer le gouvernement ? Et parce qu'aujourd'hui, la situation politique du pays est la suivante. L'extrême droite marche main dans la main avec le gouvernement. Car l'extrême droite lui remercie de mener des politiques qui conduisent à son augmentation. Et bien ils nous trouveront ! Et enfin comment tout cela a-t-il bien pu arriver ? Le vote des français, il n'y avait pas besoin des éditorialistes de plateau qui ont rendu tout ça confus. Le vote des français était très clair en juillet dernier.
Il disait une première chose, nous n'en pouvons plus de la politique de violence sociale d'Emmanuel Macron. Et une deuxième, nous ne faisons absolument pas confiance à l'extrême droite pour prendre les rênes du pays parce qu'elle est dangereuse. Et il en va dans bien des cas de nos vies. J'ai été particulièrement ému lors de la dernière campagne législative de croiser des concitoyens racisés qui me disaient nous jouons notre existence dans cette élection. Et bien je suis fier d'appartenir à un mouvement qui leur a dit nous nous sommes et nous nous tenons à vos côtés pour défendre la République, défendre vos vies et battre l'extrême droite. Comment cela a-t-il été possible ?
Et bien, deuxième confidence, beaucoup moins drôle celle-là, ça vient du Nouvel Obs, qui n'est pas connu pour être une officine insoumise. Vous ne le lisez pas, c'est normal moi non plus. Mais bon, là il y avait quand même un petit truc, histoire d'un dîner entre Emmanuel Macron et quelqu'un dont Mathilde Panot, notre présidente, m'a appris qu'il était roubaisien. Il a dîné avec quel roubaisien ? Bernard Arnault. Je ne crois pas qu'il se trouve dans cette salle. Et Bernard Arnault a dit à Emmanuel Macron « Il faut à tout prix éviter un Premier ministre de gauche ».
Voici la clé d'explication fondamentale de ce qui s'est passé à l'été dernier et de la négation de la démocratie et de la souveraineté populaire. Là où des millions de personnes sont arrivées, pleines d'espoir, disant qu'enfin la vie pouvait changer, le SMIC augmentait et le point d'indice des fonctionnaires augmentait également, la réforme des retraites être abrogée, eh bien les milliardaires ont appelé le président de la République et ont dit « Non, non, non, tu ne feras pas ça ». Comment pouvons-nous supporter à un seul instant que la voix d'un seul homme, tout milliardaire qu'il fût, soit considérée et soit de fait supérieure dans notre démocratie à la voix de millions de Français ?
Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons pas supporter que le pouvoir de l'argent s'impose à la démocratie. Et pourtant, c'est ce qui se passe dans ce système où, à l'Élysée, au sommet du pouvoir exécutif, les liens sont intenses avec les plus grands milliardaires, avec le pouvoir de l'argent. Et ces liens, je le dis très tranquillement, ces liens doivent être brisés. Il est grand temps qu'enfin l'État soit séparé du pouvoir de l'argent.
Et c'est parce que nous répondons « Non », parce que nous refusons cette situation, eh bien c'est bien pour cela que nous menons une grande campagne partout dans le pays pour exiger qu'une assemblée constituante soit élue, convoquée pour rédiger la constitution de la Sixième République, démocratique, sociale, écologiste, féministe, antiraciste, qui ouvre enfin un horizon positif pour le pays, celui auquel nous aspirons toutes et tous, autant que nous sommes et qui épousent les besoins fondamentaux de la population. Parce que, rappelons une vérité normalement connue de toutes et tous, la démocratie, c'est le pouvoir du peuple.
La République, c'est toi, c'est vous, c'est moi, c'est nous toutes et tous qui aspirons à une politique profonde d'alternatives qui répondent précisément aux besoins fondamentaux qui sont les nôtres, le logement, la santé, le fait de pouvoir décider effectivement de comment on construit tel ou tel quartier parce que ce sont dans les quartiers que nous vivons. Eh bien, tout cela, c'est bien la démocratie concrète, celle que nous souhaitons faire vivre. Et croient-ils les autres ? Que nous les laisserons se mettre à travers de notre chemin, celui de la souveraineté populaire ?
Eh bien non, parce que nous en sommes fondamentalement convaincus et, je le dis, nous sommes les seuls à le porter avec autant de force. Il n'y a en démocratie qu'un seul souverain, c'est le peuple ! Je vous invite d'ailleurs à signer la pétition que nous avons lancée avec Mathilde Panot pour la convocation d'une assemblée constituante et le passage à la 6ème République. Vous trouverez la pétition sur le site pourla6e-république.fr. Voilà la petite pub qui est faite. Alors, fondamentalement, pourquoi avons-nous besoin de cette nouvelle République ? Je veux insister aujourd'hui sur la démocratie sociale.
Parce que si le pouvoir de l'argent étouffe tant nos aspirations, s'il empêche que des politiques soient menées conformément à ceux dont nous avons besoin dans la vie au quotidien, eh bien c'est parce que la 5ème République organise, je l'ai dit, un lien particulier, particulièrement fort entre le pouvoir exécutif, c'est-à-dire le gouvernement et le président, et, de l'autre, le pouvoir financier et le pouvoir de l'argent en général. Eh bien, cela, il faut le rompre. Comment ? Par des nouveaux droits.
Par des nouveaux droits, certes, d'intervention citoyenne, le référendum d'initiative citoyenne, par exemple, qui permettrait aux citoyens de se saisir eux-mêmes de questions qui les intéressent et qui était une grande revendication du mouvement des Gilets jaunes. Mais également, je veux le dire, la démocratie ne doit pas s'arrêter au seul domaine institutionnel, au seul domaine politique.
Si nous appartenons, nous et ici particulièrement à Roubaix, David l'a rappelé, avec cette grande tradition et cette grande histoire des luttes ouvrières, si nous appartenons à ce camp de l'émancipation, c'est précisément pour dire que le pouvoir des êtres humains ne doit pas s'arrêter à la cité, il doit aussi être plein et entier dans les entreprises, dans les lieux de travail, partout où nous pouvons décider et nous saisir de ce que notre vie implique au quotidien. Un petit exemple. Récemment, à Brest, il y a beaucoup de bouchons. Bon, il y a des travaux, bon, voilà, il y a des bouchons.
Mais ceci dit, j'ai entendu parler de travailleurs qui s'organisaient avec plusieurs entreprises parce qu'ils vivent dans le même coin. Et les travailleurs ont créé un collectif en se disant, nous allons proposer à nos entreprises de différer nos horaires de travail de telle sorte à ce que nous puissions arriver plus facilement au travail. Alors, cet exemple peut vous sembler un peu trivial. Il peut vous sembler anodin. Mais imaginez le nombre de petites misères qu'on a dans la vie et qui seraient résolues tellement plus simplement si nous pouvions, dans le cadre de l'organisation du travail, décider pleinement et entièrement.
Voici également le projet que pose celui de la Sixième République. Et la belle tradition de lutte que vous avez ici nous renforce, je crois, dans une conviction. Une conviction de nous partageant toutes et tous le mouvement insoumis et même bien au-delà dans le pays. Une conviction qui rattache la France à son histoire républicaine profonde depuis la Révolution française. Une conviction qui, depuis la promesse d'égalité posée par la Révolution française, dit « Le temps de la République bourgeoise est révolu ! C'est terminé ! » Et vous le savez d'autant mieux ici que déjà dans les années 80, le quartier de l'Alma que nous avons visité, ils avaient essayé de le détruire.
Ils avaient essayé de le détruire et déjà à ce moment-là, il y avait eu un magnifique collectif qui s'était formé. Un collectif qui avait dit « C'est notre quartier, c'est nous qui décidons, on ne va pas laisser le quartier se faire détruire ! » Et ils ont gagné ! Comme de nouveau la victoire est possible à l'Alma ! Solidarité avec le collectif qui incarne une lutte porteuse d'espoir ici, mais en réalité partout. Parce que la lutte pour la 6ème République est la lutte pour la réappropriation de nos vies. Elle est la lutte pour dire que le pouvoir nous appartient.
Et alors que le 1er mai approche, je vous invite en nombre, toutes et tous, partout dans le pays, à déferler pour la paix, pour la justice sociale, pour la 6ème République, pour la Constituante ! Préparez vos pancartes, ils vont les voir fleurir et elles vont leur faire peur ! Alors hier j'étais à Saint-Brieuc. J'étais à Saint-Brieuc et j'ai... Saint-Brieuc c'est dans les Côtes d'Armor en Bretagne. Je le dis parce que voilà... Enfin là-bas après ils vont m'engueuler ! Ils vont me dire... Tout le monde sait ! Bref... Bon... Et à Saint-Brieuc j'ai visité les archives départementales où il y avait, eh bien les doléances à la fois de 1789, mais également les doléances des Gilets jaunes de 2019.
Et vous voyez, j'ai lu cette phrase qui venait d'un cahier de doléances de 2019 pendant le mouvement des Gilets jaunes et qui émanait d'un petit village des Côtes d'Armor. Et voici ce que notre concitoyenne y écrivait, dans les propositions qu'elle formulait pour le changement démocratique. Reconnaître le droit de manifestation des citoyens sans avoir à craindre d'être matraqué, gazé ou visé par un quelconque engin très dangereux. Imaginez-vous la situation dans laquelle ces gens ont plongé le pays. Lorsque moi-même j'étais collégien, lycéen ou étudiant, je n'imaginais pas qu'une telle violence puisse être déployée contre les mouvements sociaux.
Les Gilets jaunes, le mouvement contre la réforme des retraites, le mouvement pour la défense des politiques climatiques, les mouvements féministes. Toutes et tous nous avons été méprisées, nous avons été réprimées et aujourd'hui nous levons la tête et nous disons cela suffit, nous sommes en République, nous sommes en démocratie. Les libertés publiques existent et elles doivent être chéries, protégées et défendues. Parce que la République, c'est la République pour toutes et tous. Et la Sixième République, tout particulièrement. Et la perspective politique de la France insoumise, tout particulièrement et tout singulièrement.
Qu'est-ce que cela veut donc dire la République pour toutes et tous ? Et bien là, je vous ai pris une citation d'un cahier de doléances de 1789, de Lamballe, pas loin de Saint-Brieuc. Voici ce qu'écrivaient les citoyens de Lamballe en 1789. Comme exigence, comme horizon, tout Français pourra parvenir aux emplois dont il sera capable sans que sa naissance soit un motif d'exclusion.
Et bien aujourd'hui, lorsque nous disons qu'il faut mettre un terme définitif à la discrimination, à l'embauche, selon son origine, selon sa couleur de peau, selon sa culture ou sa religion supposée, selon son orientation sexuelle, et bien nous ne disons pas autre chose que l'égalité doit prévaloir et nous nous unissons à la revendication de ce citoyen de 1789. Voici le fil de l'histoire que nous tirons, celui des Belges, des Marocains, des Polonais, des Cambodgiens qui sont arrivés ici, et qui aujourd'hui, comme vous et moi, toutes et tous, nous sommes Français, toutes et tous, nous sommes habitants ici de la République.
Et c'est pour ça, lorsque nous sommes habitants, et que précisément nous ne sommes pas encore Français, et bien cela pose un problème démocratique. J'ai croisé, dans ma circonscription, des personnes qui habitent depuis 20, 30 ans, 40 ans ici, qui auraient tout le droit de demander la citoyenneté française. Et ils ne le font pas parce qu'ils en sont découragés par la complexification terrible de ce processus de naturalisation. J'en veux pour preuve un seul chiffre. En 2010, il y a donc 15 ans, il y avait dans ce pays 120 000 naturalisations par an. Aujourd'hui, nous en sommes à 65 000.
Je le dis avec gravité, ceci est une très mauvaise nouvelle, car comme l'a dit à de nombreuses reprises, et notamment pendant ses campagnes présidentielles en lutte Mélenchon, il faut faire France de tout bois, il faut qu'ensemble nous participions à la décision. Il faut inclure ceux qui aujourd'hui sont exclus de la décision. Et c'est pourquoi la Sixième République tiendra la promesse, qui n'a pas été tenue en 100 ans par le Parti Socialiste, celle de donner le droit de vote aux étrangers lors des élections locales. Parce que cette situation relève en réalité d'une ambiance pourrie dans le pays. Bruno Retailleau qui fait un contour de dinguerie avec Marine Le Pen.
Bruno Retailleau lui-même dit qu'il faut durcir encore davantage les conditions de la naturalisation. Honte sur lui ! Nous incarnons les héritiers de la Révolution française, mais lui est héritier des Vendéas, des plus réactionnaires, de ceux qui ont toujours été les partisans de l'inégalité entre les êtres humains. Imaginez-vous qu'aujourd'hui, même pour les francophones... Par exemple, l'autre jour, je discutais à Brest avec un Sénégalais. Il me disait que pour avoir la nationalité, il devait valider un niveau B2 en français. C'est ridicule, c'est absurde, c'est humiliant.
Et il faut mettre fin à ce système, tout comme il faut mettre fin à ces questionnaires lamentables de soi-disant culture générale, où des questions invraisemblables sont posées à celles et ceux qui vivent avec nous et qui veulent accéder au statut de citoyen. Par exemple, on peut leur demander, accrochez-vous bien, quel est votre plat français préféré ? Le couscous ? Mais oui, mais oui, pourquoi pas ? Eh bien, ce n'est pas l'avis de la ministre Genevare. La ministre Genevare, elle a fait modifier un clip de campagne parce que, justement, c'est un clip de campagne pour promouvoir le bio.
Et dans ce clip de campagne pour promouvoir le bio, eh bien, il y avait un enfant métis qui mangeait un couscous avec sa famille. Alors, le cabinet de la ministre a demandé, il faut s'accrocher, à adopter un casting caucasien et à remplacer le couscous par du cassoulet avec du canard. Alors, c'est une honte absolue. Mais qu'est-ce qu'elle disait Genevare avant, en 2021 ? Je pense que diaboliser Zemmour est une erreur. C'est quelqu'un d'autre partage des constats, ou qui partage les nôtres. Heureusement qu'on a battu l'extrême droite pour se retrouver avec des tanches pareilles au gouvernement. Ils sont une honte pour la France.
Alors voilà que tout ce que je viens de dire ne décourage personne. Au contraire, nous avons besoin de vous. Demandez la nationalité française. Venez nous aider à mener le combat contre l'extrême droite dans les urnes. Venez dans la rue le 1er mai. La France appartient à toutes et tous qui y vivent et y travaillent. Notre sixième république se répugne à accepter plutôt l'esprit de cour caractéristique de la monarchie présidentielle. Notre république, c'est celle des convictions contre celle des opportunistes. C'est celle du peuple contre celle des grands bourgeois. C'est celle des partisans contre celle des courtisans.
Et justement, je suis tombé sur une chanson locale d'un poète et chansonnier roubaisien du 19e siècle, Gustave Nadeau. Alors il n'était pas absolument à gauche, d'accord, mais il a quand même découvert ensuite les chansons de Jeanne Potier, dont notamment l'International. Donc bon, on va dire que c'était un type bien. Et alors, voilà ce qu'il sentait. Ayez à l'esprit un peu tout ce parfum de cour monarchique qui entoure Emmanuel Macron. Il sentait ça. Je vous le lis. Je ne connais pas l'air. Vous irez chercher sur Google. Un roi d'Espagne ou bien de France avait un corps, un corps au pied. C'était au pied gauche, je pense. Il boitait à faire pitié.
Les courtisans, espèces à droite, s'appliquèrent à l'imiter. Et qui de gauche, qui de droite, ils apprirent tous à boiter. On vit bientôt le bénéfice que cette mode rapportée est de l'antichambre à l'office. Tout le monde boitait, boitait. Eh bien, dans cet esprit monarchique qui caractérise le macronisme et la Ve République, je crois que cette chanson tombe bien pour dire, avec nous, toutes et tous ensemble, abat la Ve République, abat cette monarchie républicaine boiteuse. Vive la VIe République sociale et démocratique à laquelle nous aspirons et que nous finirons par obtenir plus tôt que tard.
Le moment est venu pour moi d'introduire une femme formidable, de conviction déterminée, d'une intelligence stratégique remarquable, un atout si précieux qu'il est à la fois une force et un espoir pour l'ensemble de notre mouvement. Je vous prie d'applaudir la courageuse, la brillante Mathilde Panot.
Encore plus beau et belle vue d'ici. Bonjour Roubaix, c'est un immense plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Et je voudrais commencer par vous dire merci, merci d'avoir élu et réélu David Guiraud comme député, qui est un débatteur excellent et qui nous fait honneur lorsqu'il l'excelle à faire fermer les bouches de tous les éditorialistes du pays. Merci qu'à nous sommes fiers de compter dans le groupe parlementaire insoumis David Guiraud, celui qui ne baisse jamais la tête, ni devant les puissants, ni devant les soutiens des génocidaires, ni devant l'extrême droite.
Je remercie évidemment Pierre-Yves Cadalin, mon camarade de très longue date et de très longue lutte, dont vous avez vu l'enthousiasme et communicatif comme ses convictions et qui permet, tenons aujourd'hui la XIXe République pour rappeler qu'ici en France ce n'est pas le roi Macron qui décide pour nous et que nous allons rappeler assez vite à ce pouvoir qu'en France ce n'est pas le roi qui change de peuple, c'est le peuple qui renverse le roi.
J'en profite pour vous dire toutes et tous d'aller sur le site de l'Assemblée nationale pour effectivement signer la pétition que Pierre-Yves Cadalin a déposée qui nous permettra ensuite d'avoir un débat dans l'hémicycle sur la constituante pour que le peuple réécrive les règles du jeu.
Et évidemment je veux remercier et dire un immense merci à la fois aux équipes de la France insoumise mais aussi aux militants et aux militantes qui ont fait un travail formidable pour remplir cette salle et rappeler que même si on nous voit souvent à la télé, à l'Assemblée et autres, notre mouvement n'existerait pas sans ces femmes, sans ces hommes qui donnent de leur temps à côté de leur travail, de leur famille, de leurs loisirs pour aller partout convaincre autour de nos idées. Merci infiniment ! Enfin, merci à vous toutes et tous d'être si nombreux et nombreuses ici parce que votre nombre est d'abord une démonstration de force.
Et je veux dire depuis Roubaix que la démonstration de force que nous sommes en train de faire depuis la ville des luttes, depuis la ville de Roubaix, belle et rebelle, c'est d'abord de dire à tous ceux qui nous gouvernent que plus vous nous taperez, plus nous sortirons de l'ombre et que nous ne serons jamais d'accord pour nous taire ou pour arrêter la lutte. Vous pouvez essayer de nous salir tant que vous voulez. Vous pouvez criminaliser toutes les voies pour la paix et pour le droit international. Nous ne cesserons jamais de dénoncer le premier génocide filmé de toute l'histoire de l'humanité.
Quand l'impuissance paraît trop forte, je pense souvent aux mots du père d'Elias Sambar, ambassadeur de Palestine, qui disait à son fils « Ne t'inquiète pas, la Palestine est une arrête coincée dans la gorge du monde. Personne ne parviendra à l'avaler ». Si nous sommes ici si nombreux et nombreux, c'est d'abord pour redire que nous ne laisserons jamais la Palestine disparaître parce qu'il s'agit de notre humanité commune. Nous savons que plus de 50 000 Palestiniens ont d'ores et déjà été tués par l'armée d'extrême droite de Netanyahou et que ce chiffre est largement sous-estimé, avec de nombreux Palestiniens qui sont encore sous les décombres, dont on ne les a pas comptés.
Il y a parmi ces victimes 20 000 enfants palestiniens, dont l'âge moyen est de 5 ans. 5 ans pour les enfants palestiniens tués par l'armée de Netanyahou. Il y a en ce moment même 2 millions de Palestiniens qui sont pris au piège dans l'enclave de Gaza, qui sont affamés, assoiffés, privés de médicaments, privés d'électricité. Oui, c'est notre humanité qui est en jeu lorsque Gaza est aujourd'hui l'endroit au monde où il y a le plus d'enfants amputés.
Oui, c'est notre humanité qui est en jeu quand toutes les personnes qui tentent de venir en aide au peuple palestinien sont systématiquement ciblées, que ce soit les soignants, que ce soit les journalistes qui tentent de faire voir ce qui est en train de se passer à Gaza, les secouristes et même les poètes. Oui, face à ce cimetière qui fout droit à notre humanité commune, nous sommes fiers de porter la voix du droit international et la voix de la paix, car face à un génocide, on ne se tait pas, on le combat.
Rougir devant l'histoire d'avoir à chaque moment défendu l'égale dignité des êtres humains, face au gouvernement israélien qui ne cesse de dire qu'il combat des animaux humains pour déshumaniser les palestiniens. Nous, parlementaires que je préside, nous avons maintenant depuis 18 mois chaque semaine posé une question au gouvernement sur Gaza et l'enfer qui était en train de faire vivre par le gouvernement d'extrême droite. Et il y a deux semaines de cela, nous avons rendu un hommage aux enfants palestiniens tués par l'extrême droite de Netanyahou en montrant leur portrait dans l'hémicycle et en leur redant un hommage qui n'a jamais été fait dans cet hémicycle.
Dans l'Assemblée nationale, il n'y a jamais eu une seule seconde, une seule minute d'hommage aux palestiniens tués par l'extrême droite dans ce génocide. Et lorsque l'on décompte le nombre de morts, si l'on prenait seulement les enfants, il faudrait alors, pour une minute pour chaque enfant qui a été tué, il faudrait alors faire un hommage de 300 heures pour pouvoir rendre hommage à l'ensemble des enfants qui ont d'ores et déjà été tués. Et bien, lorsque nous avons fait cela avec le groupe Insoumis, quelle a été la réponse du gouvernement ? Le ministre a répondu « Vous soufflez sur les braises de l'antisémitisme ».
Quant au journaliste Bornstein, pour ne pas le nommer, de France Info, il a lui commenté « Les Insoumis veulent politiquement s'assurer le soutien des quartiers et de la jeunesse, souvent issus de l'immigration ». Alors, l'histoire jugera sévèrement les soutiens inconditionnels au génocide. Parce qu'il n'y a pas besoin ni d'être musulman, ni d'être d'un quartier populaire, ni d'être de la jeunesse pour s'opposer au génocide. Il faut juste être humain ! Disons honte à celles et ceux qui veulent faire croire que tout a commencé le 7 octobre 2023 et que nous aurions affaire à une guerre de religion. Non, cela n'a rien à faire avec une guerre de religion.
Cela a à voir avec une histoire longue de colonisation, d'appropriation des terres et d'occupation. Comme je dis honte à ceux qui tentent de solidariser nos concitoyens juifs avec la politique d'extrême droite de Netanyahou, comme s'ils étaient responsables de la politique d'extrême droite que mettait Netanyahou. Et je dois dire que nous sommes extrêmement fiers, toutes les semaines où nous marchons pour Gaza, de le faire aux côtés de Tzedek, de l'Union juive pour la paix, qui justement refuse qu'on les assimile à cette politique génocidaire.
Honte au gouvernement et aux présidents français qui refusent toujours de reconnaître l'état de Palestine alors que tant de pays l'ont fait dans le monde, qui refusent toujours de déclarer des sanctions à l'encontre de Netanyahou, qui refusent toujours un embargo sur les armes et qui refusent toujours de suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, qui est pourtant le premier partenaire commercial de Netanyahou. Pire, Emmanuel Macron refuse de répondre à une de nos lettres. Alors j'ai écrit une lettre au nom du groupe parlementaire, qui fait suite d'ailleurs à une lettre que les juristes pour le droit international avaient envoyée au président de la République.
Alors depuis ici, nous allons réitérer cette question. Monsieur Macron, avez-vous autorisé, dans la nuit du 6 au 7 avril, l'avion de Netanyahou à survoler l'espace aérien français ? Parce que de multiples sources journalistiques, des sources diplomatiques, disent que l'avion de Netanyahou a été autorisé à survoler la France. Je vous explique pourquoi c'est grave et pourquoi ça ne peut venir que d'un très très haut niveau d'autorisation, donc probablement de Macron lui-même. Il se trouve que Netanyahou est poursuivi par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.
Et que donc tous les États qui ont signé le statut de Rome, comme l'a fait la France, qui engage sur la Cour pénale internationale, tous les États qui se sont engagés doivent, si Netanyahou pose un pied sur le sol français, arrêter Netanyahou pour le traîner devant les juridictions internationales. Voilà quel est l'engagement international qu'a pris la France.
Or, un espace aérien, vous comprenez que cela fait partie de la souveraineté du territoire français, à tel point que cet avion, selon ses mêmes sources, aurait fait un détour de 400 km pour ne pas passer au-dessus de l'Irlande, de l'Islande ou encore des Pays-Bas, qui ont dit, eux, qu'ils arrêteraient Netanyahou s'ils venaient à venir sur le territoire. Eh bien, nous posons très sérieusement la question de nouveau et Emmanuel Macron va devoir nous répondre. Avez-vous, oui ou non, autorisé un criminel de guerre recherché par la justice internationale à survoler notre pays ?
Et quelles garanties lui avez-vous donné en cas, par exemple, de problèmes techniques, s'il devait à ce moment se poser sur un aérodrome français ? Quelles garanties lui avez-vous donné ? Peut-être celle qu'il ne soit pas arrêté. Cette attitude est indigne de notre pays et nous ne l'accepterons jamais. Alors je vais vous dire avec nous, Netanyahou ne serait pas, comme ça s'est passé déjà dans notre pays, interviewé sur je ne sais quelle chaîne française. Avec nous, Netanyahou se retrouverait sur les bancs des accusés devant une juridiction internationale.
De même qu'avec nous, alors que vous voyez Trump qui ne cesse de répéter à l'envie qu'il veut vider la bande de Gaza de ses habitants, c'est-à-dire faire un nettoyage ethnique complet, ce qui est le rêve de Netanyahou. Et bien, alors que Trump a l'indécence de partager une vidéo faite par de l'intelligence artificielle, dans laquelle vous voyez d'abord Gaza en ruine, puis Gaza reconstruit, en rivières du Proche-Orient quand même à le dire Trump, dans lequel vous voyez Trump et Netanyahou en train de siroter un cocktail devant une Trump Tower. Ceci continue le génocide et le nettoyage ethnique.
Et je le dis, nous, au pouvoir, nous reconnaîtrions immédiatement l'État de Palestine, sans attendre une seule seconde. Et je le dis d'autant plus librement qu'il se trouve que l'Assemblée nationale, en 2014, il y a plus de dix ans, a d'or et déjà voté pour la reconnaissance de l'État de Palestine, mais surtout, en juin et en juillet dernier, aux élections législatives. La reconnaissance de l'État de Palestine faisait partie du programme du nouveau Front populaire, et donc la reconnaissance de l'État de Palestine a gagné les élections. Nous continuerons ce combat tant qu'il le faudra, quoi qu'il nous en coûte.
Et je veux d'abord dire gloire au peuple du monde qui, partout, refuse que ce génocide continue. Gloire à l'Afrique du Sud qui a traîné Netanyahou devant la Cour de justice internationale. Gloire à la jeunesse de ce pays et du monde qui refuse qu'on lui apprenne théoriquement le droit international sans le respecter derrière. Gloire au peuple palestinien qui se bat pour sa liberté et sa dignité. On passe ce combat. Et ce combat passe aussi par un combat que nous avons à faire à l'intérieur de notre propre pays. Car je crois que tout le monde a bien compris maintenant que la France a un problème et que ce problème s'appelle Emmanuel Macron.
Oui, il y a un problème avec le fait qu'un homme seul puisse décider de l'ensemble de notre avenir. Il y a un problème avec le fait qu'un homme seul puisse décider de notre politique internationale et des affaires étrangères. Il y a un problème avec le fait qu'un homme seul puisse imposer contre tout un peuple la retraite à 64 ans, contre l'Assemblée nationale, l'ensemble des syndicats, à 93% des salariés, les manifestations les plus grandes depuis 50 ans. Et je le dis ici, nous, insoumis, nous abrogerons la retraite à 64 ans et surtout nous réinstaurerons la retraite à 60 ans. Oui, nous sommes ici les partisans du temps libéré.
Les partisans de celles et ceux qui voulons libérer le temps du temps contraint qui est celui du travail. Le temps où après une vie de labeur, chacun et chacune peut s'occuper de soi, s'occuper de sa famille, s'occuper des autres. Aller dans une association, jardiner, pratiquer des loisirs. Voilà ce que nous voulons comme société. Alors, monsieur Macron, non, la démocratie n'est pas un vote tous les 5 ans où les gens votent une fois et ensuite vous pouvez faire ce que vous voulez. Non, la démocratie, c'est le pouvoir au peuple de décider pour nos vies. Et la démocratie, ce n'est certainement pas décider d'une dissolution sur la demande du Rassemblement national.
Puis, lorsque le résultat ne vous plaît pas, puisqu'il espérait avoir Bardella à Matignon et ne pas avoir le nouveau Front populaire qui soit en tête, décider de placer un gouvernement illégitime et de s'asseoir ainsi sur la souveraineté du peuple. Je vais vous dire pourquoi ils font cela. La réalité, c'est qu'ils ont peur du peuple et qu'ils n'aiment la démocratie que lorsque nous ne sommes pas des citoyens, mais des sujets qui seraient passifs et silencieux.
Et ils ont bien raison d'avoir peur du peuple, car s'il y avait d'ores et déjà une sixième République, avec le référendum d'initiative citoyenne que portaient les gilets jaunes que nous portons nous depuis longtemps comme étant inscrits dans la Constitution, Eh bien, s'il y avait déjà le référendum d'initiative citoyenne, avec le référendum révocatoire, nous aurions d'ores et déjà dégagé Macron. S'il y avait le référendum pour abroger une loi, nous aurions d'ores et déjà abrogé la retraite à 64 ans. S'il y avait le référendum pour proposer une loi, nous aurions d'ores et déjà augmenté les salaires et les minimas sociaux dans ce pays. Voilà pourquoi ils ont peur.
Alors, notre première tâche est de dégager Macron et son monde de malheurs. Parce qu'il n'est plus possible d'accepter que dans la septième puissance économique au monde, nous ayons 3 000 enfants qui dorment à la rue. Un enfant sur cinq dans ce pays qui va le ventreville à l'école. Le scorbut qui revient dans ce pays, qui est une maladie qui était avant une maladie des marins, lorsque vous ne mangez ni fruits ni légumes, avec des enfants qui se retrouvent atteints par centaines du scorbut, c'est-à-dire qui n'ont pas mangé de fruits ou de légumes pendant un mois, deux mois, voire même parfois trois mois.
Et un indicateur qui ne trompe pas dans ce pays, la mortalité infantile recommence à augmenter. Il y a 2 800 enfants qui meurent chaque année avant leur première année. Ceci n'est en rien une fatalité. Cela vient directement de choix politiques et notamment le fait d'avoir fermé 75% des maternités en 50 ans, avec nombre de femmes qui se retrouvent à 45 minutes des maternités et un nombre d'enfants par milliers qui meurent avant d'avoir fêté leur premier anniversaire. Nous étions 3e pays de l'OCDE sur la mortalité infantile. Nous sommes aujourd'hui 20e. Eh bien, nous le disons, un pays qui abandonne ses enfants, ses nourrissons même, est un pays qui abandonne son avenir et qui le condamne.
Et nous n'accepterons jamais cela. Nous voulons le partage des richesses. De même, il est urgent d'agir quand on voit ce qu'ils font aux services publics qui sont en train de s'effondrer. Quand on voit votre argent, l'argent public, qui est utilisé directement par des grands groupes pour licencier par centaines de milliers de salariés. Les derniers en date sont ArcelorMittol, mais on pourrait parler de beaucoup d'autres. Muliers avec Auchan. Et bon, on pourrait en citer malheureusement Sanofi et d'autres beaucoup. Et nous sommes face au plus grand défi du 21e siècle qu'aucune génération humaine n'a eu à affronter avant nous.
Ce défi, c'est celui de conserver un écosystème compatible avec la vie humaine. Nous ne pouvons pas continuer à laisser Macron, les Total, les Vinci, les Bouygues nous voler notre avenir comme cela et nous empêcher d'avoir un avenir pour les générations futures. Alors que fait ce gouvernement face aux grands défis qui nous attendent ? Ils ont décidé de faire un débat sur qu'est-ce qu'être français ? Ils ont décidé qu'il fallait interdire aux gens de s'aimer, c'est-à-dire la chose la plus intime, en décidant de passer une loi sur le fait que maintenant nous n'aurions plus le droit de nous marier avec des gens qui seraient en situation irrégulière, ce qui est d'une folie absolue.
Vous avez des débats sur le voile dans le sport, comme s'il ne me manquait pas d'un débat islamophobe dans le pays. Et puis vous avez Madame Borne qui, elle, a une solution pour le pays qui est formidable. Alors elle, elle assume de ne pas devoir être spécialiste du sujet pour être ministre de l'Éducation et elle propose, elle, qu'on s'intéresse à l'orientation des enfants des 3 ans. Voilà le gouvernement que nous avons en face de nous. Eh bien, je vais vous dire, la 6ème République est une manière de les dégager toutes et tous et de reprendre enfin notre destin en main. Et je vais vous dire pourquoi nous avons une responsabilité historique dans le fait de faire tomber Macron et sa clique.
C'est parce que ces gens sont directement responsables de la montée de l'extrême droite dans ce pays. Vous n'avez qu'à voir les chiffres. En 2017, il y avait 8 députés d'extrême droite. 8. En 2022, il y a 89 députés d'extrême droite. En 2024, il y a 146 députés d'extrême droite. Oui, ces gens sont historiquement responsables de la montée de l'extrême droite dans ce pays. Quand vous avez M. Macron qui vous explique que le problème de l'hôpital public, ce n'est pas qu'on manque de moyens, qu'ils ont enlevé des milliards à l'hôpital public et à la Sécurité sociale, qu'on manque de soignants.
Non, le problème de l'hôpital public pour le Président de la République, c'est qu'il y a trop de mamadou. Quand vous avez un Premier ministre qui parle de submersion migratoire et qui fait un hommage à Jean-Marie Le Pen. Quand vous avez un ministre de l'Intérieur, M. Rotaillot, qui parle comme sous Vichy des Français de papier, des jeunes des quartiers populaires en parlant de régression vers les origines ethniques, ou encore des belles heures de la colonisation, ceci s'appelle faire monter l'extrême droite. Quand vous avez un garde des Sceaux, M.
Darmanin, qui était auparavant ministre de l'Intérieur, qui a fait passer pour la première fois de toute l'histoire de la Ve République, une loi immigration qui a été votée grâce aux voix de l'extrême droite et qui contenait directement dans son programme, le programme de Jean-Marie Le Pen, c'est-à-dire la préférence nationale. Oui, ces gens ont une responsabilité historique. Et voilà pourquoi notre première tâche pour battre l'extrême droite dans ce pays, c'est d'abord de tourner la page du macronisme et de dégager Macron et sa clique.
Vous vous rappeliez toujours qu'il n'y a jamais aucune fatalité dans ce que nous vivons, que tout est issu de choix politiques, et que nous, les Insoumis, nous nous battrons de toutes nos forces, quoi qu'il nous en coûte, pour refuser à tout moment ce que veut faire l'extrême droite de notre pays. L'extrême droite rêve du fait que la France soit une nation ethnique, assise sur le droit du sang. Eh bien, nous nous disons que la France sera toujours une nation politique, car la France, n'en déplaise aux fascistes, n'est pas une couleur de peau, toutes les couleurs de peau sont françaises. La France n'est pas une religion.
Il y a beaucoup de religions en France, et même beaucoup de gens qui n'ont pas de religion. La France n'est même pas une langue, puisque nous partageons la langue française avec 28 autres pays dans le monde. La France est une nation politique autour de l'adhésion commune, autour de la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité. Oui, nous serons toujours les gardiens de l'unité du peuple de France. Nous n'accepterons jamais le deux poids, deux mesures révoltants dont a parlé David Guiraud juste auparavant, sur le lycée Averroès, lycée sous contrat musulman, qui a subi 14 contrôles en deux ans.
Quand Bétaram, avec 200 plaintes pour violences et violences sexuelles, dont la dernière, une des dernières, date de 2024, quand Bétaram a subi zéro contrôle en 30 ans, avec une ministre de l'Éducation qui annonce qu'elle ferait peut-être appel de la décision de justice qui a montré que le lycée Averroès a subi un traitement discriminatoire et qu'il fallait rétablir le contrat avec l'État. Oui, ce deux poids, deux mesures est révoltant et il ne devrait jamais exister en République.
De même, nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'hier, dans le Gard, Abou Bakar, jeune homme de 22 ans qui était en train de prier à la mosquée, se retrouve tué de plusieurs coups de couteau avec un meurtrier qui aurait proféré des paroles islamophobes insultant la foi qu'avait ce jeune garçon, poignardé plusieurs fois dans un silence assourdissant. Oui, l'islamophobie tue et nous ne la laisserons jamais passer. Vous reteniez quelque chose d'important.
Oui, nous avons la force de tourner la page de la Macronie et de battre l'extrême droite pour augmenter les salaires, augmenter les retraites, partager les richesses, faire une politique de planification écologique, remettre de l'argent et de l'investissement dans les services publics, faire une politique féministe et antiraciste digne de ce nom. Et je vais vous dire pourquoi ils ont peur du peuple. D'abord, ils essayent à tout va de vous dégoûter de la politique. C'est pourquoi ils n'ont aucun problème avec le fait qu'il y ait 11 millions de gens qui sont non et mal inscrits dans ce pays. Non inscrits, vous n'êtes pas inscrits sur les listes électorales alors que vous y avez droit.
Mal inscrits, souvent, c'est quand vous avez déménagé et que vous ne vous êtes pas inscrits dans la nouvelle commune et parfois vous êtes donc radiés des listes électorales. 11 millions. Vous savez combien de voix il manquait à Jean-Luc Mélenchon en 2022 pour passer au second tour ? 420 000 voix. Donc, 11 millions de personnes font basculer une élection. Et pourquoi est-ce qu'à votre avis, l'État depuis 2016 refuse de faire des campagnes d'inscription sur les listes électorales ? Et bien parce qu'ils n'ont absolument aucune envie que les gens dont ils ont pourri la vie à élagrement pendant des années et des années, ce que fait Emmanuel Macron, viennent sanctionner leur politique.
Et donc, comme j'aime le dire souvent, je comprends très bien qu'on soit dégoûté de la politique. Mais quand les dégoûtés parlent de la politique, il ne reste que les dégoûtants et on ne va certainement pas laisser les dégoûtants décider à notre place. Donc, une des premières tâches que nous avons à faire, c'est de vérifier pour vous-même, pour vos proches un peu partout, si vous êtes bien inscrits sur les listes électorales. Et je dois dire que ça servira en 2026 comme en 2027. Ensuite, je suis fière d'être présidente d'un groupe parlementaire qui a démontré quelque chose que les puissants n'aiment pas tellement.
Parce que quelle est la manière qu'ils ont de dégoûter les gens de la politique ? Ils vous expliquent que la politique, ce n'est pas fait pour vous, c'est fait pour une certaine élite. Que c'est trop technique, que c'est trop compliqué, que vous ne comprenez pas les enjeux, que je ne sais quoi, je ne sais quoi, je ne sais quoi.
Eh bien, je suis fière de présider un groupe parlementaire dans lequel il y a, par exemple, Jean-Hugues Rattenon, député de La Réunion, qui était au RSA Activité avant d'être député, et à qui un ministre avait trouvé malin un jour de dire, alors qu'il posait une question au gouvernement sur l'explosion de la pauvreté dans ce pays, il avait dit, de toute façon, vous ne dénoncez pas la misère, vous en vivez. Il y a, par exemple, Caroline Fiat, première aide-soignante jamais élue à l'Assemblée nationale, que les macronistes aimaient appeler la députée Bac-2.
Vous avez Mathi Ligné, première ouvrière agricole jamais élue à l'Assemblée nationale, à qui le ministre de l'Agriculture, lorsqu'elle posait là aussi une question, lui a dit qu'elle ferait mieux d'aller sur le terrain pour un peu comprendre comment vivaient les agriculteurs. Et puis, vous avez, par exemple, Rachel Keke, alors elle, c'était le pompon pour elle. Rachel Keke, nous sommes très fiers qu'elle ait été députée, dont nous l'attendons de nouveau à l'Assemblée. Rachel Keke, première femme de ménage jamais élue à l'Assemblée, et surtout victorieuse d'une grève de 22 mois contre l'hôtel Ibis-Batignol.
Eh bien, Rachel Keke, alors que nous menions une bataille sur la réforme des retraites, ils ont expliqué à Rachel Keke qu'elle se faisait manipuler par la France Insoumise et que, vous comprenez, en tant que femme noire, elle n'avait certainement pas un cerveau suffisant pour savoir pourquoi elle se battait, alors que nombre de ses collègues, qui elles aussi étaient femmes de chambre, qui étaient femmes de ménage, sont typiquement les 15 000 personnes pour lesquelles nous nous sommes battues, qui, du fait de ce vol de deux ans de vie, ne verront peut-être pas un seul jour de leur retraite. Eh bien, je vais vous dire qu'ils ont très vite ravalé leur mépris. Et c'est ça dont je suis fière.
C'est que nous avons prouvé dans les faits que tout le monde pouvait faire de la politique, mais surtout que nous faisions de la politique bien mieux que celles et ceux qui s'y croient prédestinés. Mais ils ont raison d'avoir peur du peuple pour une deuxième raison. C'est qu'ils ont un problème mathématique. Je vous explique. Vous avez beau avoir Macron, le président des riches, alors il a vraiment travaillé, par exemple, alors vous, vous en connaissez certains, donc j'ai appris que Bernard Arnault venait de Roubaix, vous avez Muliers, enfin vous connaissez, vous êtes dans une ville où il y a des milliardaires. Bon.
Mais alors, donc, il a beaucoup travaillé, donc il est passé de 67 milliardaires il y a 10 ans, en France, à 147 milliardaires. Donc il a quand même pris de l'argent, là partout où il pouvait, dans vos poches, dans la TVA, dans tout ça, pour créer de nouveaux riches. La France est aujourd'hui le pays d'Europe où il y a le plus de millionnaires. Donc il a beaucoup travaillé. Mais il reste un problème. Plus vous créez des riches, plus il y a des pauvres. Et il y a 11,2 millions de pauvres dans ce pays.
Et donc, au moment où arrive une élection, vous savez, une élection où votre bulletin de vote vaut autant que celui de Bernard Arnault, que Muliers, que tant d'autres, eh bien ils ont un problème. Nous sommes plus nombreux qu'eux. Nous sommes plus nombreux qu'eux. Et c'est exactement ce qui s'est passé en juin et en juillet dernier. Ils espéraient tellement la victoire de l'extrême droite. 27 sondages sur 27, sans exception, donner l'extrême droite en tête. Eh bien, non seulement l'extrême droite est arrivée troisième. Mais c'est nous qui avons apporté cette élection. On ne leur en déplaise. Rappelez-vous-en quand on vous dira que c'est impossible, que nous n'y arriverons jamais.
Eh bien si, nous sommes plus nombreux qu'eux. À vouloir impérativement et absolument que la vie de ce pays change immédiatement parce que nous ne supportons plus les injustices et les inégalités qui s'y trouvent. Et puis il y a une dernière chose qui leur fait peur. Et donc c'est agréable pour nous. C'est ce que des sociologues appellent la socialisation inversée. Je vais vous expliquer. C'est notamment le sociologue Tibéry qui en parle. Il dit pendant très longtemps, pendant des décennies, c'est les adultes qui ont été prescripteurs, qui ont expliqué comment il fallait voir le monde aux jeunes générations.
Donc dans la famille, c'était les parents, les grands-parents, à l'école par exemple, un professeur. Ils disent pour la première fois depuis très longtemps, on observe une inversion. Et pour la première fois depuis très longtemps, ce sont les jeunes générations qui expliquent aux parents, aux grands-parents, comment il faut voir le monde et même qui les font changer d'avis. Je vous donne un exemple. Nous, les Insoumis, nous avons gagné l'inscription de l'avortement dans la Constitution. Eh bien, normalement, nous ne devions pas gagner cette bataille-là parce que le Sénat n'avait jamais voté en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps. Et comment avons-nous gagné ?
C'est des sénateurs et des sénatrices qui racontent ça. Parce que quand le vote a commencé à arriver, il y a leurs filles, petites filles, nièces, qui sont venues les voir et qui leur ont dit, c'est simple, si tu ne votes pas pour les droits des femmes à choisir si elles veulent continuer ou non une grossesse, eh bien, je ne te verrai plus à Noël. Je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances. Bref, je ne viendrai plus jamais de voir. Et donc, des sénateurs ont changé d'avis sur cette question. Et vous savez pourquoi c'est une très très bonne nouvelle pour nous ? Parce que la jeunesse de ce pays est massivement antiraciste, féministe, consciente des enjeux écologistes.
Elle a massivement soif d'égalité, de liberté. Et ce qui s'est passé en juin et en juillet dernier, c'est que, contrairement à 2022, ce n'est pas un jeune sur trois qui a été voté, mais deux jeunes sur trois qui ont été votés. Donc oui, la France a un bel avenir devant soi. Alors, pour terminer, je voudrais vous dire deux choses. Rappelez-vous toujours que nous avons la force de tout changer dans ce pays et que ce sont les peuples qui écrivent l'histoire. Et nous avons dans quelques jours une date très importante qui nous vient justement d'une histoire très longue, celle du 1er mai, celle de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs.
Quiconque soit, quoi que l'on porte, tout le monde doit être à ces manifestations du 1er mai. Et vous savez, nous, les Insoumis, portons des triangles rouges. Ce triangle rouge vient du 1er mai en 1890, où les ouvriers, par ce triangle rouge, marquaient leurs revendications sociales. Avec de chaque côté du triangle, ils demandaient huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de sommeil. Mais ce triangle rouge est aussi un symbole antifasciste, puisque c'est la manière dont les nazis marquaient les prisonniers politiques dans les camps de concentration. Nous sommes fiers de porter ce triangle rouge, héritage des luttes qui nous ont précédés, et que nous continuons ici.
Alors, le 1er mai, nous devons toutes et tous déferler dans la rue pour demander la paix, la démocratie, et la vitine pour toutes et tous. Alors, je termine sur une autre date d'histoire qui vient en même temps que nous nous retrouvons à Rubé, puisque hier, nous étions en train de célébrer la révolution des œillets en 1974, le 25 avril, où la dictature de Salazar a été chassée du pouvoir. Le 25 avril 1974, il y a exactement 51 ans, sans un seul coup de feu, la dictature du fascisme, de l'inégalité et de la haine a été chassée au Portugal.
Alors, cette révolution avait pour signal une chanson qui était le moment où, justement, le signal de la révolution a été lancé et qui a ensuite permis au peuple de récupérer le pouvoir. Cette chanson, c'était Grandola Villa Morena, et les manifestants reprenaient partout dans les rues, en nombre immense dans les rues, les paroles de cette chanson, qui disait, « En ton sein, ô cité, c'est le peuple qui commande. À chaque coin de rue, un ami, sur chaque visage, l'égalité, c'est le peuple qui commande. » Oui, c'est le peuple qui commande. L'histoire est notre et nous avons la force d'inventer un autre avenir. Force à vous, les amis !
Mathilde Panot