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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 août 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Incendies, canicule...Un été à "haut risque" - C dans l’air - 09.07.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'un feu "fixé" à Marseille ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    On a évité la catastrophe à Marseille ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Un incendie peut-il avancer plus vite en zone urbaine ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Le parallèle avec Los Angeles est-il pertinent ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Les habitants ont-ils bien réagi au confinement ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Quelles sont les étapes pour éteindre un feu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30E.BrocardiFait
    « Un feu a une propagation avec un axe principal. Cet axe principal a arrêté de progresser. »
  • 1:00E.BrocardiFait
    « Le vent est tombé et il y a eu une attaque massive des marins-pompiers et des sapeurs-pompiers de Marseille. »
  • 1:30F.DenhezChiffre
    « 42 000 ha brûlés chaque année dans les années 80. On est à 8000. »
  • 2:30E.BrocardiFait
    « Il faut rester chez soi. C'est la maison qui est le plus protecteur. »
  • 4:30E.Crauser-DelbourgFait
    « En 2022, l'été historiquement le plus chaud, qui a déclenché le plan eau. »
  • 5:30E.BrocardiFait
    « On réfléchit déjà à éteindre des feux sans utiliser de l'eau. »
  • 6:30E.BrocardiChiffre
    « 98 % de la France est en situation de sécheresse des sols en surface. »
  • 8:30E.BrocardiChiffre
    « 90 % des feux sont d'origine humaine. »
  • 9:30E.BrocardiFait
    « Utiliser un barbecue à l'arrière de sa voiture. »
  • 10:30E.MacronFait
    « Les data centers en France seront alimentés par l'énergie nucléaire. »
  • 12:30E.Crauser-DelbourgChiffre
    « 88 % du territoire français sera en manque d'eau en 2050. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Parlez-en à votre pharmacien. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. "Ce n'est qu'un début, il y a tout lieu de penser qu'on va vers un été à haut risque", a déclaré le ministre de l'Intérieur après un incendie aux portes de Marseille qui a détruit 700 ha. L'incendie est fixé, un feu maîtrisé alors que 5 départements sont toujours en vigilance orange et que les flammes continuent de gagner du terrain dans l'Aude.

Le scénario noir, c'est-à-dire de multiples départs de feu dans des territoires desséchés par de fortes chaleurs et le manque d'eau, pose la question des moyens dont disposent les pompiers, de la formation et de l'information des populations, de l'aménagement des zones urbaines. Le brasier de Marseille sonne comme un rappel à l'ordre en ce début d'été dont on sait déjà qu'il sera brûlant. C'est le sujet de cette émission.

Avec nous pour en parler ce soir, E.Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. F.Denhez, vous êtes journaliste spécialiste des questions environnementales et chroniqueur à "Marianne".

E.Crauser-Delbourg, vous êtes économiste de l'eau, cofondatrice d'un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans les enjeux de l'eau. C.Nabédian, vous êtes journaliste, spécialiste des questions climatiques.

Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. En préparant cette émission, j'ai découvert un mot, qu'un feu est "fixé" à Marseille.

Qu'est-ce que ça veut dire? - E.Brocardi: Un feu a une propagation avec un axe principal.

Cet axe principal a arrêté de progresser. Le front des flammes est stoppé. Même s'il y a encore quelques flammes, quelques fumerolles, on peut considérer que le feu a arrêté d'avancer. - C.Roux: On a évité la catastrophe à Marseille? - E.Brocardi: Oui.

Le vent est tombé et il y a eu une attaque massive des marins-pompiers et des sapeurs-pompiers de Marseille. C'était une véritable guérilla urbaine. Quand on a les flammes aux portes d'une ville, il s'agit à la fois de mixer les moyens urbains de lutte contre les incendies et d'y associer les moyens de lutte contre un feu de forêt.

C'est un schéma hybride qui a pu être mis en oeuvre, couplé avec des moyens aériens qui ont été d'une grande efficacité. - C.Roux: Un incendie comme ça peut avancer plus vite en zone urbaine que dans un territoire végétalisé? - E.Brocardi: Tout dépend de la manière dont le territoire est aménagé.

Cette interface entre l'urbanisation et la forêt est un sujet très important aujourd'hui dans le cadre des obligations légales de débroussaillement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire. Il y a aussi ce sujet de ce que le feu peut manger devant lui. En termes de bâtiments, ça n'a rien à voir avec ce qu'on a pu connaître en Californie il y a quelques mois.

Nos constructions sont tombées. Le feu a moins à manger. On peut le contenir. - C.Roux: Quand on a vu ces images hier à Marseille, on a fait tout de suite le parallèle avec ce qui s'est passé à Los Angeles. - F.Denhez: Oui.

En plus, c'est la Côte d'Azur et il fait beau. Ca y ressemble. Les départs de feu sont un peu identiques.

On a eu beaucoup de pluie, qui a profité à la végétation, qui est devenue très haute et dense. Ensuite, la sécheresse est arrivée et a transformé cette végétation en broussaille. Si vous ajoutez un vent sec qui joue le rôle de sèche-cheveux...

Dès qu'un feu part, il part vite, mais il a moins à grignoter qu'à Los Angeles, où l'aménagement urbain est erratique, où il n'y a pas de plan de débroussaillement et où les maisons sont construites en bois car le bois est moins cher. En France, même si ça nous fait peur, globalement, la France ne démérite pas en matière de lutte contre l'incendie. Il y avait 42 000 ha brûlés chaque année dans les années 80.

On est à 8000. Globalement, il y a des plans de prévention des risques d'incendie de forêt qui sont respectés, avec plein de clauses. Par exemple, ça peut aller loin, mais la ville de Martigues interdit toute nouvelle construction sur la quasi-totalité de la surface de la ville.

On estime qu'à l'aune du changement climatique, on ne pourra plus protéger les maisons. - C.Roux: Justement, là, la spécificité, c'était les habitations, les populations confinées qui ont respecté les consignes? 45 000 personnes ont très bien réagi et sont restées confinées, a dit le préfet de la région PACA. - E.Brocardi: Exactement.

Le message a été envoyé avec ce mot, "confinement". Ce n'était pas dans un cadre de santé, mais pour cristalliser les gens chez eux. Quand on arrive à proximité des forêts, des maisons, l'accès pour les sapeurs-pompiers devient réduit.

Vous arrivez parfois dans des culs-de-sac, dans des voies d'accès très réduites. La meilleure consigne, c'était de rester confiné. On reste à la maison, on ne bouge pas les voitures et ça permet aux sapeurs-pompiers d'évoluer. - C.Roux: On a parfois la tentation de partir.

C'est l'erreur. - E.Brocardi: Il faut rester chez soi.

C'est la maison qui est le plus protecteur. A partir du moment où on ferme fenêtres et volets, on place des torchons humides autour des interstices pour éviter que la fumée rentre dans la maison. - C.Roux: Ca va mieux à Marseille.

Ce n'est pas le cas dans l'Aude. Là, l'incendie n'est pas encore fixé. - E.Brocardi: Oui.

Ce matin encore, le commandant des opérations de secours disait que si le vent tournait, il se pouvait que le feu à l'arrière devienne l'avant du feu. On pouvait inverser la notion de géométrie...

Il faut redéployer le dispositif à partir du moment où vous avez un sens du vent contraire. Le feu va entamer une autre progression vers l'arrière. - C.Roux: Visiblement, on n'est qu'au début de cet été à haut risque.

C'est ce que dit le ministre de l'Intérieur. 5 départements restent en vigilance orange aux incendies. - C.Nabédian: La météo des forêts alerte sur ce risque d'incendies.

On est au milieu du mois de juillet et on a plusieurs départements avec des départs de feu. On parle beaucoup de la règle des trois 30 chez les sapeurs-pompiers. Il faut une température au-dessus de 30 degrés avec un taux d'humidité inférieur à 30 % dans l'atmosphère, ainsi qu'un vent supérieur à 30 km/h.

Ce sont les conditions réunies pour un cocktail explosif, et pour que l'incendie se déploie. Ca s'est passé pour la région. En prime, il y a une alerte à partir de ce week-end.

Les températures Devraient repartir à la hausse, le mistral devrait d'intensifier et pourrait avoir un effet sèche-cheveux. On pourrait peut-être avoir de nouveau une situation à risque. - C.Roux: Des incendies qui peuvent se réveiller? - E.Crauser-Delbourg: On ne l'espère pas.

Tant que le statut de feu éteint n'est pas statué... - C.Roux: Quelles sont les étapes?

Fixer... - E.Brocardi: Circonscrire et éteindre.

Ca permet de conditionner l'évolution vers l'étape finale. On ne pourra pas se permettre de passer d'un feu éteint à un feu circonscrit. Ca voudrait dire qu'on a eu une erreur de jugement. - C.Roux: Sur cet incendie à Marseille, on a été très vite alertés.

La proximité avec la ville a donné un aspect dramatique à la situation, avec la suspension du trafic aérien, ferroviaire, et des populations à qui on dit: "Vous êtes cristallisés, vous restez chez vous." - E.Crauser-Delbourg: On a deux situations exceptionnelles.

Il y a deux feux. Ils n'ont pas des origines similaires, mais ils se sont propagés à cause d'un sol sec. Chaque année, on observe que les feux arrivent de plus en plus tôt.

Ca commence par la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Il y a une entraide européenne spectaculaire là-dessus. Les sols sont de plus en plus secs.

On a cet enjeu de remettre de l'humidité dans nos sols, les garder de manière humide pour ralentir la propagation de ces feux. C'est un sujet de sécurité nationale. 2e chose, ça montre ce qu'est le coût économique du changement climatique.

Ca ne va pas nous tomber dessus d'un coup, mais ce sont des petites erreurs, des petits moments comme ça, un petit feu qui va nous coûter très cher. Les routes, l'agriculture...

On n'est qu'au début du mois de juillet. L'été 2025 va nous coûter très cher. - C.Roux: Le bilan à Marseille, c'est une dizaine d'habitations endommagées? - E.Brocardi: Oui.

Il faut toujours signaler le nombre de maisons sauvées et les hectares sauvés. Aujourd'hui, la notion de valeur du sauvé est importante à prendre en compte. Sur un point de vue économique...

Quand on cherche des sources de financement, on se dit qu'il va falloir chercher des zones où nous avons su protéger et amoindrir le travail des assurances. Forcément, c'est cette valeur mise au profit des habitats qui permet de préserver un bon nombre de biens. A l'inverse, le sujet de la valeur du sauvé, c'est aussi une notion importante pour les pompiers, le moral.

Il y a un engagement total qu'on doit féliciter. - C.Roux: On le fait là, grâce à vous, ce soir. 27 personnes ont été hospitalisées, dont 6 pompiers qui sont intervenus.

Question. Je me suis posé cette question. - E.Brocardi: Au niveau des canadairs, les bombardiers d'eau...

Ca permet de faire des vitesses de rotation très rapides. Ca a permis de frapper vite et fort. Pour les camions-citernes pendant les feux de forêt, c'est plus délicat d'utiliser l'eau salée.

Ca risque d'abîmer le système de pompe à l'intérieur des véhicules. On préfère utiliser de l'eau douce. - C.Roux: A Marseille, les habitants ont eu l'impression d'avoir échappé au pire, à un scénario à la Los Angeles.

Le feu est fixé grâce aux efforts des pompiers. 10 habitations détruites, 24 personnes hospitalisées, 6 pompiers blessés. Cet incendie sonne comme une alerte au début d'un été dont on sait déjà qu'il sera à haut risque.

Ce sont les mots de B.Retailleau. - Un quartier méconnaissable, entièrement brûlé.

Cette habitante retrouve sa maison en ruine. Pleurs. Un peu plus loin, une autre famille.

La même désolation. - Ca s'est passé en un rien de temps. On n'a rien pris.

Il n'y a plus rien. Tout est mort. - Il y a 24 heures, Marseille en flammes, asphyxiée par un énorme panache de fumée. - Il y a trop de vent.

Il y a des rafales à 120 km/h. - Dans les quartiers Nord de la ville, images fortes des jeunes de la cité de La Castellane donnant un coup de main aux pompiers. Sauver leur quartier comme ils peuvent, à coups de seaux d'eau. - Allez, allez... - Le feu commence à se propager.

Le quartier va prendre feu. - Tout commence hier vers 11h, lorsqu'une voiture prend feu aux Pennes-Mirabeau, au nord de Marseille. Sous l'effet des rafales de mistral, les flammes se déportent très rapidement sur près de 700 ha.

Consigne a été donnée aux habitants de rester confinés ou d'évacuer. - C'est dur. - On m'a dit de ne rien récupérer.

La maison est entourée de flammes...

Il fallait sauver notre peau. - 800 pompiers, 9 moyens aériens mobilisés. Même les policiers viennent prêter main-forte.

Au même moment, la 2e ville du pays quasi à l'arrêt. Vols, trains annulés, suspendus à la progression des flammes. Hier soir, le ministre de l'Intérieur rejoint le PC sécurité, et B.Retailleau prévient. - B.Retailleau: On est obligés de penser qu'on va vers un été à haut risque.

On est début juillet. C'est 9 fois sur 10, 90 % des départs dus à la négligence, à l'action humaine. Si les uns et les autres ont des comportements civiques, on pourra éviter le pire.

Sinon, on aura des catastrophes. - 10 maisons détruites, 400 personnes évacuées et une centaine de blessés. Le pire a été évité, cette fois, mais pour la suite, de nombreuses questions se posent.

Sommes-nous prêts? Avons-nous les moyens de lutter contre ces feux? La France dispose de 12 canadairs et 2 sont en commande.

Dans un rapport d'information publié début juillet, 2 députés alertent. ...

En ces temps de disette budgétaire, l'inquiétude monte sur l'aggravation de la situation. - E.Coquerel: Il faut amplifier le budget.

Les pompiers ont 37 % d'interventions de plus depuis quelques années. Leur effectif n'a augmenté que de 3 %. Vous croyez vraiment qu'on va tenir avec une France qui brûle? - Les Bouches-du-Rhône, l'Aude, l'Hérault et le Gard, 4 départements en feu depuis le début de la semaine.

L'été à haut risque ne fait que commencer. - C.Roux: Au début, on entendait une femme dire: "On nous a fait évacuer." - E.Brocardi: Elle a obéi à un ordre.

Il faut la féliciter...

Se détacher de son domicile, ça veut dire qu'elle a respecté les consignes. Ca a facilité ce bilan positif, qui est de ne pas avoir de décès sur cette catastrophe. - C.Roux: Quand on voit des jeunes ou des policiers venir en aide... - E.Brocardi: Ca fait plaisir de voir tout le monde à la chaîne.

On a retrouvé un geste ancestral de se passer les seaux et arroser. Face à un ennemi commun, on arrive à être dans l'unicité. L'union fait la force. - C.Roux: On entendait le ministre de l'Intérieur dire que 90 % des départs de feu sont liés à des négligences.

Parfois, ce sont même des actes volontaires, des gens qui ont une fascination pour les pompiers ou les flammes, des pyromanes. Question. Là, il y a eu une négligence? - F.Denhez: Normalement, c'est une obligation.

Pour la SNCF, pour les bords d'autoroute, on doit débroussailler avant l'été. Je suis surpris qu'on soit surpris par les incendies. Même dans les zones rouges soumises à ces plans de prévention, souvent, les gens ne savent pas quoi faire.

Quand ils voient le départ des flammes, les photos, les documents importants, c'est toujours le même problème que lors des inondations. Il n'y a pas de culture du risque en France. Les gestes à faire devraient s'apprendre à l'école, comme il devrait y avoir des contrôles de la mise en application de ce qui est inclus dans ces plans de prévention des risques.

J'avais lu que les pompiers s'émouvaient du fait que les volets soient en plastique plutôt qu'en bois. Le bois plein permet de retarder les flammes. J'ai lu dans certains documents, qu'en théorie, quand on est chauffé avec des cuves de butane, elles devraient être enterrées.

Le barbecue devrait être près de la maison. Il y a toute une série de choses à respecter. - C.Roux: Dans ces plans de prévention des risques, quand on parle de ces 5 départements en vigilance orange aux incendies, c'est quoi?

Débroussailler les sous-bois? Ne pas jeter son mégot de cigarette? - F.Denhez: Adapter sa maison pour retarder l'avancée des flammes.

Y a-t-il des contrôles? Non. Les assureurs peuvent exercer des contrôles, en rappelant que si les clauses ne sont pas respectées, la franchise sera de 5000 euros, voire la maison ne sera pas reconstruite. - E.Brocardi: Quand on construit sa maison sur des parcelles particulières, il faut accepter de prendre en charge l'installation d'un poteau incendie devant chez soi.

Bon nombre de gens ne comprennent pas pourquoi il faut un poteau incendie. Ils pensent que ce n'est pas de leur ressort. L'objectif est de permettre d'avoir un maillage de poteaux incendie beaucoup plus fort, mais aussi de protéger sa propre maison. - C.Roux: Sur une forme de négligence...

Ce monsieur qui trimbalait son barbecue à l'arrière de sa voiture, un barbecue allumé...

Ca a déclenché un incendie car il y avait du vent. C'est un manque de pédagogie, d'information? - E.Brocardi: Je pense qu'on est à un niveau au-dessus... - E.Crauser-Delbourg: 90 % des feux sont d'origine humaine.

On a un changement climatique qui ne nous aide pas, mais nous sommes la 1re cause de ces feux de forêt, qui nous enlèvent notre capacité de capture de carbone. On est en 2025. En 2022, l'été historiquement le plus chaud, qui a déclenché le plan eau...

On s'en souvient, des feux de forêt, des canicules. La recette économique a été forte. En 2023, un peu mieux.

En 2024, trop de pluie. On a l'impression d'avoir oublié les gestes. Chaque été, on a la même conversation.

Le point positif, c'est que les gens ont bien réagi. Si je fais un parallèle avec le trop d'eau qu'il y a eu au Texas, il se trouve qu'une énorme partie des victimes avaient bien reçu une alerte et ne l'avaient pas respectée. "Je ne suis pas concerné, je ne prends pas le risque au sérieux." Il y a cette culture du risque qu'il faut qu'on incorpore, qui doit être enseignée dès l'école.

On ne devrait pas avoir le moindre doute sur les gestes à avoir en cas de trop d'eau ou pas assez d'eau. - C.Roux: Le scénario catastrophe, ce sont de multiples départs d'incendies dans des départements déjà en vigilance orange ou rouge, avec des températures très élevées cet été.

L'été s'annonce caniculaire. C'est ça, le scénario noir de cet été? - C.Nabédian: Il y a quelques années, il y a eu des mégafeux dans la région. - C.Roux: Quelle est la différence? - C.Nabédian: Des orages de chaleur qui se développent.

L'incendie s'autoalimente et repart sans cesse. Il peut y avoir cette foudre qui peut tomber. Dans le massif des Maures, c'était impressionnant.

Aujourd'hui, on voit que la végétation revit, s'adapte, se transforme. La nature est très résiliente. En revanche, les capacités qu'on peut avoir aujourd'hui pour maîtriser des mégafeux posent question.

S'il y en a plusieurs à différents endroits, ça va être compliqué. Là où on se pose la question, c'est si ça arrive à plusieurs endroits en même temps. Qu'est-ce qui va se passer?

Aujourd'hui, on n'a pas les ressources nécessaires en France. Même s'il y a l'aide européenne, eux aussi ont leurs propres problématiques. - C.Roux: Avec le changement climatique, vous voyez les feux se comporter de manière différente?

On parlait des mégafeux...

Une façon d'évoluer de l'incendie qui serait différente de ce que vous avez connu par le passé. - E.Brocardi: Aujourd'hui, ce à quoi nous avons affaire, c'est la multiplicité des feux.

Ca a été ça, notre difficulté. La question du mégafeu, si on doit qualifier un feu comme tel, ça revient à analyser ce qu'il s'est passé pendant ce feu. Il a la capacité de s'autogénérer avec une puissance à l'intérieur qui équivaut à une centrale nucléaire qui se déplace.

Il crée son propre climat à l'intérieur. Derrière, lorsqu'il laisse une trace de destruction, est-ce que la biodiversité se régénère? Est-ce qu'une infrastructure de type hôpital ou centrale électrique est à l'arrêt pendant X jours et met en black-out tout un département?

Si ça coche toutes les cases, nous sommes en mégafeu. La superficie de l'espace brûlé, si ça dépasse des milliers d'hectares, bien entendu. Aujourd'hui, nous sommes dans le cadre typique où nous sommes sur une situation très complexe de gérer l'ensemble des feux réels.

Il y en a eu 4. Il y a eu 40 départs de feux en même temps... - C.Roux: 40 départs de feux en même temps dans les Bouches-du-Rhône! - E.Brocardi: Il y a 2 secteurs dans les Bouches-du-Rhône: le secteur des marins-pompiers de Marseille et le secteur des sapeurs-pompiers 13.

Le secteur des pompiers civils est venu sur le secteur des militaires. Les 2 travaillent très bien. Au niveau du pourtour, il y avait 40 feux à gérer.

Le seul feu qui a déraillé, c'est le 40e feu. Les 39 autres, personne n'en a parlé car on les a tapés vite et fort. Grand coup de chapeau pour cette doctrine que l'on connaît tous aujourd'hui. - C.Roux: Attaque massive sur feu naissant.

Vous lancez une plateforme de surveillance participative. Vous avez besoin qu'on s'y mette tous. - E.Brocardi: Cette plateforme a été une idée pour avoir la possibilité de retrouver des canaux de communication qui intéresseraient une frange de la population qui ne regarde plus la télé et n'écoute plus la radio.

Sur Twitch, il était intéressant de faire appel à des influenceurs qui font regarder cet écran. En attendant le début de leur émission, mettre l'écran de la chaîne qui visualise les caméras de surveillance des forêts. Ca va induire un constat: les massifs sont magnifiques, et lorsqu'une fumée démarre, c'est signalé.

Notre équipe de gameurs des sapeurs-pompiers de France le note et nous, nous le signalons à la salle opérationnelle. A partir de là, on essaye d'initier ce niveau de surveillance et d'implication. Quelque part, on veut créer de l'engagement.

C'est l'intérêt de ces nouveaux systèmes. Comme on l'a fait avec des produits de l'agroalimentaire, c'est le sujet d'aller chercher où les gens sont. La nouvelle cible doit être intéressée par nos sujets. - C.Roux: Les responsabiliser sur les risques d'incendies.

Quand on est mis en cause dans le déclenchement d'un incendie, comment ça se passe? - E.Brocardi: La personne qui trimbalait son barbecue est toujours en garde-à-vue, même au-delà, en détention provisoire.

En termes de peine, ça peut être du pénal, 30 000 euros d'amende. Est-ce suffisant? On estime que non au regard de l'engagement des sapeurs-pompiers.

Aujourd'hui, il va falloir sévir et donner des peines exemplaires en la matière. - C.Roux: Question. - F.Denhez: On n'a pas de sous.

On est un pays qui s'appauvrit. Le risque n'est pas tangible pour la plupart des élus. Tant qu'on n'est pas touché directement...

C'est comme pour les inondations. On a d'autres dépenses à faire. Ca coûte cher, c'est en maintenance, on n'a pas les moyens...

On retarde! - C.Nabédian: E.Macron avait promis 4 nouveaux canadairs.

Il y en a 2 aujourd'hui. Le compte n'y est pas. Il faut 3 ans avant de pouvoir les récupérer.

Ils envisagent d'ici 2028 d'en avoir d'autres. - F.Denhez: 2030.

Ca a été reculé. - C.Roux: Vous parliez de l'entraide européenne.

On peut préciser Que les incendies touchent toute l'Europe du Sud. En Espagne, 18. En Espagne, 18 000 hectares confinés.

Un feu de forêt a ravagé plus de 3000 ha près de Tarragone. Quand vous êtes interrogé sur le manque de moyens, que dites-vous? - E.Brocardi: Je pense qu'il faut garder aujourd'hui notre leadership sur la lutte contre les feux de forêt.

Lorsque nous, Français, allons en Australie apporter notre culture et notre savoir-faire en termes de lutte contre les incendies, lorsque le Black Summer s'est déclenché en 2019...

Quand nous apportons notre méthode et nos leviers, c'est une marque de fabrique que nous avons et un savoir-faire dans cette excellence. Il faut rester humble. On n'est pas les plus forts.

C'est toujours le feu qui est le plus fort. Nous avons subi bon nombre de défaites. "Là, on n'a pas été performants." C'est le moment de faire des retours d'expérience.

Le modèle en termes d'équipement et de moyens repose sur un modèle des années 90 et 2000. Il est important aujourd'hui de le faire évoluer. - C.Roux: J'ai vu qu'on utilisait les drones pour lutter contre les incendies. - E.Brocardi: C'est très agile dans les phases de reconnaissance des espaces brûlés.

Lorsqu'ils sont équipés de caméras thermiques, ils peuvent superviser la nuit les points chauds. Ca permet de moins solliciter les hélicoptères et plus les concentrer dans des opérations de commandement. - C.Roux: Comment on fait quand on manque d'eau pour lutter contre les incendies?

Si on se projette dans les années qui viennent, ça va être un sujet. Il faut adapter notre manière de lutter contre les incendies avec de nouveaux matériels? - E.Brocardi: On réfléchit déjà à éteindre des feux sans utiliser de l'eau. - C.Roux: Avec quoi? - E.Brocardi: Avec des feux tactiques.

On allume un contre-feu pour diminuer l'intensité du sinistre. Nous avons aussi un sujet d'utilisation de lances Qui utilisent moins d'eau, mais qui, pour l'instant, sont toujours en mode expérimentation. C'est trop lourd encore à porter lorsqu'on est sur des territoires difficiles. - F.Denhez: Il y a le recensement de toutes les piscines, les mares, les étangs privés...

Il y a le recensement des moyens d'accès en amont... - E.Brocardi: Les conventions avec les agriculteurs nous permettent de créer des réserves tactiques lorsque les cuves de zones de viticulture sont vides.

Ca nous permet de remplir ces bassins et d'avoir des réserves tactiques gardées secrètes. Les vols d'eau, ça arrive. A un moment donné, on doit avoir cette composante de discrétion vis-à-vis de nos réserves tactiques. - C.Roux: Les piscines privées peuvent être des réserves? - E.Brocardi: Evidemment. - F.Denhez: Encore faut-il que les camions aient accès, qu'il n'y ait pas de portail électrique. - C.Roux: Tout ça est travaillé en amont dans les zones à risque. - F.Denhez: Oui. - E.Crauser-Delbourg: Quand on travaille sur le stress hydrique avec des organismes publics, c'est au niveau des sapeurs-pompiers qu'on a les meilleures pratiques au niveau de l'eau.

Symboliquement, on se disait que vous interveniez presque autant pour le trop d'eau...

Votre symbole, qui est le feu, pourrait être l'eau. - C.Roux: Quand on regarde la carte de France...

Aujourd'hui, l'ensemble du territoire est menacé et à risque? C'est l'ensemble du territoire ou il y a des zones où on sait que, systématiquement, chaque été, elles y ont droit? - C.Nabédian: La Méditerranée fait partie du top à ce niveau.

Il y a 3 ans, aucune région n'a été épargnée. Même en Bretagne, il y a eu des incendies à l'intérieur des terres. Dans les Landes, on a eu un incendie gigantesque.

Toutes les conditions sont réunies dans cette règle des trois 30. Tout le monde est concerné. Avec ce vent puissant, si jamais il se lève, et cette humidité qui pourrait être très basse, personne n'est à l'abri.

Il suffit d'une étincelle. - C.Roux: Tout le monde n'a peut-être pas intégré ces plans de prévention. - F.Denhez: C'est la carte de l'ONF et de l'Inrae sur la prévention du risque d'incendie.

C'est surtout dans les Landes. - C.Roux: On voit que c'est rouge autour de la Méditerranée... - F.Denhez: Rouge dans les Landes et en Gironde.

Ca augmente dans le Périgord et dans la région Centre. C'est surtout dans le Sud-Ouest que les risques augmentent. Même chez moi, dans le Nord, il y a des camions prépositionnés au cas où.

L'augmentation du risque est générale partout en France. C'est surtout la saison des incendies qui augmente. Avant, c'était 15 juillet-15 août.

Aujourd'hui, c'est 15 juin-15 septembre, et au-delà. - E.Crauser-Delbourg: 98 % de la France est en situation de sécheresse des sols en surface.

Même la Bretagne et le Nord-Pas-de-Calais sont concernés par cette sécheresse. L'humidité dans les sols est notre meilleur atout pour recharger les nappes, créer de la biodiversité, mais aussi capturer du carbone. Les sols sont essentiels dans cette régulation du climat.

Ca nous permet d'éviter énormément d'inondations. Un sol sec ne sait plus capturer de l'eau. On est dans un nouveau paradigme climatique sur les sols.

Je tiens à le dire car je travaille sur l'eau. Les sols sont notre meilleur atout pour garder cette eau. - C.Roux: Faut-il revoir les effectifs? - E.Brocardi: Oui!

La Fédération nationale, depuis 2022, notamment à l'issue des incendies, avait prôné l'atteinte d'un chiffre de 250 000 sapeurs-pompiers volontaires contre 200 000 aujourd'hui. 30 000 sont des sapeurs-pompiers professionnels. Nous espérons atteindre 10 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires.

Aujourd'hui, notre cadre n'est pas attractif. Lorsque vous vouliez être sapeur-pompier professionnel, avant, tout le monde se battait pour. Aujourd'hui, de nombreuses places sont vides. - C.Roux: Pourquoi? - E.Brocardi: C'est une crise du service public, une crise du vouloir porter de l'aide vis-à-vis des autres.

Aujourd'hui, le manque de valorisation et de statut fait qu'à ce jour, on ne se réveille que lorsqu'il y a des catastrophes. Quand les catastrophes sont passées, on nous oublie. Aujourd'hui, une loi a été déposée par l'Assemblée nationale sur la bonification des sapeurs-pompiers volontaires et à ce jour, personne ne se bouge pour l'appliquer.

On attend une réunion entre ministères pour la dicter. Pour l'instant, c'est le calme plat total. Si on était sur le calme plat total lors des opérations, je pense que la France aurait un autre visage. - C.Roux: Former des citoyens aux risques, aux premiers gestes utiles... - E.Brocardi: Ca fait le lien avec ce qu'il s'est passé il y a quelque temps.

Quelles nouvelles réserves militaires pour avoir un territoire résilient sur le plan militaire? On a déjà des outils qui fonctionnent aujourd'hui. Ce sont les sections de jeunes sapeurs-pompiers. qui fonctionnent.

La réalité aujourd'hui, c'est la lutte contre les incendies et la résilience des territoires. - C.Roux: Est-ce que vous avez vu l'effet du changement climatique qu'on commente sur les plateaux télé et au Giec?

Vous l'avez vu dans la transformation des incendies, dans le calendrier des feux évoqué? Vous le constatez? - E.Brocardi: Oui.

On le constate sur un plan très net. C'est la réduction de l'espace-temps entre chaque événement de catastrophe naturelle et surtout le changement de la nature des catastrophes naturelles. On part sur des inondations pendant 10 jours, 2 jours de repos et on repart sur des feux de forêt.

Aujourd'hui, c'est désordonné. Avant, on avait une fenêtre qui concernait les feux de forêt du 15 juillet au 26 août. Aujourd'hui, la plage des feux de forêt s'est agrandie et, entre-temps, on ajoute des inondations.

C'est toute cette adaptation dont les sapeurs-pompiers font preuve au quotidien et qui aujourd'hui est la plus grande difficulté. - C.Roux: C'est davantage d'incendies, des incendies plus destructeurs et meurtriers.

On est dans la projection scientifique du réchauffement climatique. On sait que ça se passe comme ça. - C.Nabédian: Ca fait 50 ans qu'on nous alerte que ce jour allait arriver.

Aujourd'hui, c'est le cas. Ces périodes extrêmes, avec ce trop-plein d'eau qui peut durer des semaines et des mois, cette sécheresse qui peut durer des mois, des sols trop durs qui n'absorbent plus l'eau...

On est sans cesse ballottés d'un extrême à un autre en matière de météo. Aujourd'hui, c'est compliqué à gérer. - C.Roux: Question.

Rires. - E.Brocardi: Il faut comprendre la différence entre un pyromane et un incendiaire.

Il y en a un qui est fasciné par le feu, c'est le pyromane. L'autre, c'est le caractère contestataire vis-à-vis de quelque chose, qui met le feu pour manifester son mécontentement. Malheureusement, ils font partie de ces 9 feux sur 10 liés à l'activité humaine. 70 %, c'est de la négligence, et 30 %, c'est eux.

Forcément, il y a un sujet. Est-ce que les peines sont suffisantes? Sont-elles assez dissuasives? - C.Roux: On peut rappeler deux ou trois trucs qu'il ne faut pas faire pendant les vacances? - E.Brocardi: Utiliser un barbecue à l'arrière de sa voiture, et surtout, ne pas le mettre dans des espaces sauvages, éviter de provoquer des étincelles avec des appareils thermiques quand on bricole dans son jardin.

Le jet de cigarette...

On ne veut pas stigmatiser les gens qui fument, mais tout à l'heure, avant d'arriver ici, j'ai vu des gens lancer leur cigarette dans la rue. Même en plein coeur de Paris, vous avez de la végétation. Le sujet commence à partir de là. - C.Roux: Respecter les consignes.

Vous avez donné un exemple sur le fait d'avoir la culture du risque. Mettre de côté les papiers les plus importants? - F.Denhez: Oui, que ce soit rangé dans une pochette étanche, qu'on puisse prendre ça et s'en aller avec les clés. - C.Roux: C'est une des incidences de la révolution des IA: l'installation des data centers, très gourmands en eau pour refroidir les serveurs qui émettent beaucoup de chaleur.

A Châteauroux, Google a jeté son dévolu sur un terrain pour installer son futur data center géant. Les riverains craignent un désastre environnemental. - Ils sont les gardiens de toutes vos données, les data centers.

Dans ces grands entrepôts sont stockés les mails, les photos, les applications. La France en compte plus de 300, et ce n'est qu'un début. En février dernier, E.Macron annonce 100 milliards d'investissements et met en avant un argument: les data centers en France seront alimentés par l'énergie nucléaire. - E.Macron: Il n'y a aucun autre pays européen qui produit autant d'énergie décarbonée en surplus de sa consommation.

Quand on fait des data centers en France, ce n'est pas pareil qu'aux Etats-Unis. Aujourd'hui, ces data centers tournent beaucoup avec du pétrole et du gaz. Quand vous allez faire des data centers chez nous, ce seront des data centers propres. - Avec l'IA, les données stockées pourraient tripler dans les 5 prochaines années.

En France, de nouveaux data centers vont bientôt sortir de terre. Google a jeté son dévolu sur ce champ dans les environs de Châteauroux. - Là, on est dans les parcelles qui devraient être les parcelles sur lesquelles le data center va s'implanter. 195 ha, c'est énorme.

J'ai du mal à me figurer formellement ce que c'est. - Cet élu écologiste de la région s'oppose à la création de ce centre de données, incompatible, selon lui, avec les enjeux environnementaux. Pour refroidir les data centers, il faut de l'eau. - Est-ce que ce projet ne va pas grever les autres usages?

L'eau potable, l'agriculture...

On est quand même dans une situation où on sait que les sécheresses vont être de plus en plus intenses. On va devoir gérer la rareté de l'eau. Le gâteau qu'on se partage en termes d'usage va réduire.

Dans ce contexte, on vient ramener un data center dans des proportions gigantesques. - Aux Etats-Unis, plus grand hébergeur de data centers au monde, en 2022, Google, Microsoft et Meta ont consommé environ 208 milliards de litres d'eau pour alimenter et refroidir leurs centres de données. Dans l'Oregon, souvent frappé par la sécheresse, les puits des habitants se vident et la colère monte. - En tant que contribuable et citoyen, je pense que nous avons le droit de savoir exactement quelle quantité d'eau est consommée afin de prendre une décision éclairée.

Tout le monde est sur les nerfs. Quand le temps est sec, c'est stressant pour les plantes, les animaux et la communauté. - En Uruguay, touchée par une crise hydrique, l'eau manque cruellement.

La construction d'un data center de Google fait aussi polémique. Le géant du numérique promet d'innover. A Châteauroux aussi, le maire a reçu des garanties. - Aujourd'hui, la volonté avec Google, depuis qu'on travaille avec eux sur ce projet, c'est de travailler tout l'aspect environnemental.

On sait qu'un data center produit de la chaleur. Ca nous intéresse. On va pouvoir la récupérer et alimenter les autres entreprises.

Ca a un aspect économique intéressant pour le territoire. Il y a ce souci de refroidir le lieu de stockage. Là-dessus, Google a déjà des expérimentations à l'étranger, où le refroidissement se fait sans eau, sans aucun prélèvement d'eau.

Ca se fait uniquement par de l'air. - Dans le sud de l'Angleterre, ce bassin est chauffé par un petit centre de données. Un échange de bons procédés.

La piscine réduit ses dépenses en énergie et les ordinateurs sont refroidis gratuitement. - C.Roux: On va revenir sur ce paradoxe du progrès et du risque que ça peut faire peser sur l'environnement.

D'abord, question. - C.Nabédian: Les nappes phréatiques sont assez bien remplies dans l'ensemble.

Ca dépend des régions, mais il y a quand même une différence entre l'eau disponible dans les profondeurs et la sécheresse des sols. On parle vraiment de la sécheresse des sols en surface. Les nappes phréatiques ne sont pas encore prises à partie par ce qui se passe.

Mais si jamais la situation perdure, avec une météo où il n'y aura pas du tout de pluie pendant les 2 prochains mois, elles vont baisser. - C.Roux: A.Pannier-Runacher a dit que 18 départements étaient en situation de crise et que 48 départements faisaient l'objet de mesures de restriction en ressources en eau.

On en est déjà là? - E.Crauser-Delbourg: Oui.

Il y a même des départements interdits d'irrigation début juillet. Il me semble qu'en Dordogne, on n'a plus le droit d'irriguer, de même que dans les Pyrénées-Orientales. Pareil dans le département de l'Occitanie.

La région, pardon. Certains agriculteurs ont reçu des SMS leur demandant, 1 jour sur 3, de réduire leurs irrigations. Est-ce que c'est vérifié, derrière?

En général, non. Mais ça a déjà commencé. Ce reportage sur les data centers montre bien qu'on est dans la concurrence de l'eau.

L'eau est une ressource économique. Sans eau, nous ne mangeons pas, nous ne portons pas de vêtements...

Sans eau, on n'a pas d'économie, pas d'usines qui tournent, pas de centrales nucléaires. Pour les data centers, on a besoin d'énergie pour les faire tourner, on a besoin d'eau. On a aussi besoin de recycler l'eau, de la réchauffer et de la refroidir, donc on a encore besoin d'énergie. - C.Roux: On commence par limiter l'irrigation? - E.Crauser-Delbourg: Dans l'échelle, en général, on ne limite pas l'irrigation ou l'industrie.

On commence par limiter certains usages domestiques à la maison, comme arroser ses plantes, sa pelouse, nettoyer sa voiture. Après, on peut passer aux industriels, qui vont être concernés avant les agriculteurs. C'est en général à la toute fin qu'on va voir les agriculteurs, qui sont complètement dépendants de l'eau.

Mais cette hiérarchie est spécifique. Entre un industriel qui fabrique des médicaments et un agriculteur qui produit des salades, qui est prioritaire? La question est compliquée. - C.Roux: Question. - E.Crauser-Delbourg: C'est la fameuse guerre de l'eau... - C.Roux: Elle a déjà commencé? - E.Crauser-Delbourg: Il y a des gros conflits géopolitiques.

Il y a par exemple les 7 Etats du Colorado aux Etats-Unis, ou même le Canada et les Etats-Unis qui se partagent une rivière...

Il y a aussi le conflit entre le Pakistan et l'Inde. Après, il y a des tensions locales. Les mégabassines en sont un exemple.

Quand il y a assez d'eau pour tout le monde, on peut l'utiliser. Mais il faut utiliser la bonne eau au bon moment et aux bons endroits. Le problème, c'est quand les usages se confrontent.

Pour les data centers, il faut s'assurer qu'il y a assez d'eau dans les bons endroits. - F.Denhez: Les conflits de l'eau en France sont bien gérés.

C'est l'un des rares trucs qu'on fait à peu près bien Des Rafale et des sacs à main. La répartition des usages se fait bien. En revanche, les data centers, c'est le même problème que pour les centrales nucléaires.

On prélève de l'eau, mais on ne la consomme pas. Elle revient un peu plus chaude dans le milieu naturel. C'est un problème de prélèvement.

Mais si tout le monde prélève en même temps, il y a un problème de répartition des usages. En Bretagne, il y a des communes qui disent que, désormais, dans leur plan local d'urbanisme, les nouveaux projets industriels, comme les data centers, les magasins et les pavillons, seront adossés à la disponibilité de l'eau en été. Est-ce que la centrale d'épuration aura assez de capacité? - C.Roux: C'est une des conditions posées? - F.Denhez: C'est en train d'arriver tout doucement.

L'eau devient un élément central de l'aménagement du territoire. On ne met plus Un entrepôt ou un data center n'importe comment. J'ai appris ça en fac il y a 30 ans.

Ca s'appelle l'écologie industrielle. Ce sont des modèles théoriques. Tout le monde en parle, mais on ne le fait toujours pas.

On crée plutôt des entrepôts dans le cadre de la concurrence entre les collectivités, là où la terre est la moins chère. - C.Roux: 88 % Du territoire français sera en manque d'eau en 2050, si on ne fait pas d'efforts de sobriété. - E.Crauser-Delbourg: C'est énorme.

On se base sur des projections de consommation de l'eau. Depuis les années 1900, on consomme 3 fois plus d'eau par personne sur terre. Or, la quantité d'eau sur terre reste fixe.

Donc on a un problème de tension. L'eau n'a jamais été comptée car son prix est généralement très peu cher. Il y a une différence entre le prix et la valeur.

Le prix, c'est ce qu'on paie à la maison. Par jour, on dépense entre 50 et 60 centimes en eau pour tous nos besoins, en ville. Ce n'est rien, par rapport à la valeur.

Un industriel ou un agriculteur ne va la payer qu'entre 5 et 30 centimes. Ce n'est rien par rapport à la valeur de l'industrialisation de l'eau. Une goutte d'eau va créer une marge énorme.

Ce n'est pas valorisé. - C.Roux: Pour aller vers la sobriété, il faut faire payer l'eau plus cher? - E.Crauser-Delbourg: Le problème, c'est que si on augmente du jour au lendemain le prix de l'eau pour les industriels et les agriculteurs, on va avoir des problèmes de compétitivité. - F.Denhez: Il n'y a pas une collectivité, aujourd'hui, qui osera dire aux élections municipales qu'il faut augmenter le prix de l'eau, ne serait-ce que pour l'adaptation aux nouvelles directives européennes en termes de dépollution...

Et il y a de la marge au niveau du monde agricole. - C.Roux: Question. - C.Nabédian: Est-ce que ça concerne vraiment les 5 % de ceux qui ne se posent plus les questions essentielles aujourd'hui?

Comment je peux boire à ma soif, me nourrir, me loger? On ne se pose pas ces questions. Notre intérêt, c'est de savoir si on va pouvoir faire notre recherche tranquillement sur ChatGPT, sans se poser la question de ce que ça implique derrière.

On est sur le gadget, alors que l'eau, ce n'est pas une ressource infinie. C'est une ressource finie qui pourrait disparaître. D'où cette guerre de l'eau dont on entend parler depuis longtemps, qui est déjà en cours et qui pourrait poser encore plus de problèmes demain. - C.Roux: Est-ce que vous faites un travail, comme le Haut-Commissariat au Plan ou les scientifiques du Giec?

Est-ce que vous faites un travail de projection sur les urgences de votre métier, les moyens que vous allez pouvoir utiliser dans les 30 prochaines années? - E.Brocardi: Oui.

On se demande comment on va pouvoir ne plus utiliser de l'eau pour éteindre les feux, avec les feux tactiques. On est aussi dans le cadre d'un recyclage de l'eau en permanence, au quotidien, dans l'utilisation de nos casernes. Beaucoup de casernes commencent à se construire autour de la prise en compte de l'eau.

Quand on a de l'eau usée, pourquoi on ne la récupère pas pour la réutiliser dans le cadre des extinctions? Ce sont des choses qui sont aujourd'hui intégrées. Nous avons créé un prix de l'innovation et de l'environnement dans la Fédération, pour distinguer les casernes qui ont pris en compte cette organisation. - C.Roux: Y compris sur la formation des sapeurs-pompiers?

Dans les 30 prochaines années, on va être soumis à des mégafeux, à des inondations de plus en plus brutales et violentes. La prise en compte de tous les périls liés au réchauffement climatique a été intégrée? - E.Brocardi: On l'intègre et on essaie aussi de l'appliquer au quotidien, même sur les petites opérations.

Pour les incendies urbains, on essaie d'utiliser le moins d'eau possible. Il y a plusieurs manières d'éteindre un incendie. Il y a l'eau, mais aussi l'éparpillement du combustible.

C'est ce qu'on essaie de faire pour gagner en faible consommation d'eau. - C.Roux: On a parlé des agriculteurs.

La simple évocation des mégabassines déclenche la colère des écologistes et, parfois même, des actions violentes. Une loi hier a donné raison au monde agricole. La loi Duplomb facilite entre autres la construction de mégabassines. - Elle est au centre de toutes les convoitises, devenue avec les sécheresses successives une ressource inestimable.

L'eau est au coeur d'une guerre féroce entre agriculteurs et défenseurs de l'environnement, cristallisée par ces réserves géantes appelées mégabassines. François, agriculteur, utilise depuis le printemps une partie de ses 160 000 m3 d'eau pour irriguer ses cultures. - Ca répartit l'eau au pied de la plante.

C'est une meilleure efficacité de l'eau et une économie d'eau aujourd'hui. - L'eau de la réserve, puisée dans les nappes pendant l'hiver, lui permet d'arroser ses 200 ha de plantations tout au long de l'été, malgré les sécheresses et les restrictions d'eau. - C'est une assurance récolte.

En 2022, j'ai perdu 50 % de mon rendement car je n'ai pas pu arroser les blés. Là, fin mai, j'ai arrosé parce que je voyais que les blés peinaient un peu. Je n'aurais pas pu le faire sans la réserve. - Mais à quel prix?

Aujourd'hui, la mégabassine est encerclée par des barbelés, surveillée par des dizaines de caméras. L'agriculteur fait face à de nombreuses oppositions. - J'ai été attaqué personnellement sur les réseaux sociaux.

Il y a eu une manifestation devant chez moi...

Ce sont des choses qui ne sont pas tenables. On peut ne pas être d'accord, mais on ne s'attaque pas aux personnes. Ce n'est pas concevable. - Car c'est bien une guerre de l'eau qui s'est engagée sur une partie du territoire, symbolisée par Sainte-Soline.

Mars 2023: de violents affrontements opposent les forces de l'ordre et les militants venus protester au pied de la mégabassine. Aujourd'hui, la bataille continue autour de la loi Duplomb, adoptée hier, censée faciliter le développement des bassines. Cette députée s'était opposée à la loi.

Cette fois, ce sont les agriculteurs qui se sont insurgés. - Ils ont tendu une banderole. Ils ont monté un mur de paille pour murer symboliquement ma permanence.

Clairement, ça me vise, moi. Ils essaient de me faire changer d'avis depuis 2022, depuis que je suis élue. Bon...

J'ai tendance à considérer que ça fait partie du job. Le jour où ça ira trop loin, je le dirai. - Aujourd'hui, en Poitou-Charentes, 93 projets de réserves sont en cours, dont 8 prévus dans des espaces protégés comme celui-ci.

Régis connaît bien ce territoire. Pour lui, les réserves d'eau sont un retour en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique. - Avec ce genre d'aménagement, on oublie complètement l'effondrement de la biodiversité et on fonce dans le mur, en faisant des aménagements qui vont pérenniser, voire augmenter, le modèle agricole intensif qui a contribué à l'effondrement de la biodiversité. - Régis est aussi un fervent défenseur des oiseaux.

L'installation d'une réserve d'eau signifierait la destruction d'une espèce protégée. - On est au sein de la zone Natura 2000, une zone de protection spéciale désignée à ce titre pour une outarde, un oiseau emblématique du Poitou-Charentes. Il y a 350 couples pour la population européenne qui nichent dans le Poitou-Charentes. - Les mégabassines sont en partie financées par les pouvoirs publics.

Incompréhensible, pour Régis. - C'est plus d'un million d'argent public par mégabassine, alors qu'il faudrait réaménager ces cours d'eau. Les syndicats de rivières qui travaillent à ces réaménagements peinent à trouver des financements. - Une dizaine d'associations, dont la LPO, ont déposé des recours en justice pour tenter d'annuler les projets de réserves en Poitou-Charentes.

Plus que jamais, la guerre de l'eau se poursuit. - C.Roux: Votre réaction à ce reportage? - E.Crauser-Delbourg: C'est compliqué, ce sujet.

Il n'y a pas d'agriculture sans eau, donc pas de nourriture. On est les champions du blé, de la betterave, de beaucoup de choses qui s'exportent dans le monde entier. Il y a une seule certitude pour les agriculteurs: il n'y a aucune année certaine.

On doit produire toujours de plus en plus, avec une compétition féroce, des prix bas. Donc une misère, une détresse...

Mais ils doivent aussi comprendre qu'ils doivent prendre part à l'effort national de la sobriété. Tout le monde va devoir être plus sobre. Ca coûte de l'argent.

Il faut former et financer les pertes de rendement. Ca demande beaucoup d'argent et ce n'est pas débloqué pour l'instant. - C.Roux: On voit que ce sont des sujets qui crispent.

On entend les arguments des deux côtés. - F.Denhez: Les grandes bassines crispent tout le monde.

On se cristallise sur les grandes bassines, avec un manichéisme très français, mais on oublie que l'agriculture, demain, aura besoin d'eau et de retenues d'eau. Sur le bassin de la Garonne, il est acté la création de retenues collinaires. - C.Roux: Ce n'est pas la même chose que les mégabassines? - F.Denhez: Les mégabassines, c'est un peu comme l'A69.

Ce sont des choses qui étaient très bien avant, mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. La loi Duplomb facilite en principe les grandes bassines, mais ce n'est pas vrai. Elle facilite une des trois raisons qui permettent de déroger à la directive-cadre européenne sur les espèces protégées, mais il en restera deux.

Ca ne concerne qu'une toute partie du monde agricole, celle que tient la FNSEA, mais la plus grande partie du monde agricole n'a pas besoin de ça. D'ailleurs, les chambres d'agriculture qui soutiennent Ont toutes des fermes expérimentales qui expérimentent la culture sans eau, avec moins de pesticides, etc. - C.Roux: Nous en venons à vos questions.

Question de Bernard. - E.Brocardi: Ce serait effectivement une bonne idée.

Mais quand on voit déjà qu'il y a une obligation de mettre des détecteurs de fumée à l'intérieur des maisons et que ça ne se fait pas...

Souvent, on se sert des extincteurs pour bloquer une porte! Il y a encore beaucoup de travail. Ce serait une bonne idée, mais est-ce que les gens ne verraient pas une perte d'espace dans le coffre pour y mettre ses affaires?

Ca nécessite aussi une formation. Ca ne veut pas dire que ce n'est pas possible, mais le chemin est long pour anticiper cette culture du risque. - C.Roux: Question. - C.Nabédian: Il en avait promis 4.

Il n'en a acheté que 2, finalement. - E.Brocardi: Deux ont été achetés, mais ce ne sont pas des canadairs, ce sont des Dash.

Ils sont venus remplacer la flotte. Ils ont remplacé les Tracker qui ont connu de dramatiques accidents en 2019. - C.Roux: C'est quoi, les Dash? - E.Brocardi: Ce sont des avions qui permettent de déposer du retardant ou du matériel.

Les orientations sont différentes. - C.Roux: Question. - E.Brocardi: C'est déjà le cas.

Le mécanisme de protection de l'UE permet justement d'obtenir des avions supplémentaires, dans le cadre d'un financement, mais ça nous oblige à le mettre à contribution. C'est une très bonne chose. On a besoin de la mutualisation pour lutter contre les feux massifs d'aujourd'hui et de demain. - C.Roux: Sachant que ce sera compliqué car il va y avoir des feux en Italie, en Espagne, en France et peut-être ailleurs, et peut-être en même temps. - E.Brocardi: On est bien d'accord. - C.Roux: Question. - E.Brocardi: Ce n'est pas un mégafeu. - C.Roux: Mais un feu comme celui de Marseille peut se produire à Paris? - E.Brocardi: On n'a pas un effet de mistral en permanence à Paris.

Je pense que l'urbanisation parisienne...

Mais on n'est pas à l'abri qu'au bois de Vincennes ou au bois de Boulogne, on puisse avoir des démarrages d'incendies, bien que ce soit relativement humide. Il y a un peu moins de risques, mais le jour où on aura...

Ca peut arriver. Ca brûle déjà en Seine-et-Marne et dans l'Oise. Ca se rapproche.

Il ne faut pas baisser la garde. Quand on voit que tout le périmètre autour de Paris brûle, on se dit que ça peut arriver sur Paris. - C.Roux: Question. - F.Denhez: C'est censé être obligatoire.

Mais d'après un rapport du Sénat qui date de mai 2023, il n'y a que 30 % des propriétaires soumis à cette obligation qui le font. Toujours le même problème: il n'y a pas de contrôle. On ne peut pas rentrer dans les propriétés pour contrôler.

Les pompiers sont embêtés aussi par les portails électriques, qu'ils ne peuvent pas ouvrir quand il n'y a plus d'électricité, ou un portail qui n'est pas assez large pour faire passer les camions. - E.Brocardi: A force d'avoir des badges électroniques pour accéder, on perd du temps pour accéder à nos besoins et nos ressources. - C.Nabédian: Une maison débroussaillée est une maison qui ne brûle pas, m'avaient dit vos collègues.

Ca m'avait vraiment marquée. - E.Brocardi: Le débroussaillement, ça nécessite de créer une bande de 50 m de profondeur autour de chez soi pour éviter que le feu n'arrive.

Surtout dans les zones de pinède, où on peut avoir des aiguilles de pin dans les gouttières... - C.Roux: Question. - E.Brocardi: Il faut arrêter de fumer! - C.Roux: Acheter des cendriers et ne pas jeter ses mégots...

Le message est passé. - E.Brocardi: Les pompiers distribuent des cendriers de poche sur le Tour de France. - C.Roux: Question. - E.Brocardi: On ne leur conseille pas de refuser! - C.Roux: Le message est parfaitement passé.

Merci à tous les 4 d'être venus sur ce plateau. C'est la fin de cette émission, rediffusée ce soir à 22h25.