Stéphane Piednoir : « Ces accords LFI-PS, c’est de la compromission, de la tambouille électorale. »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Stéphane Piennor, vous êtes sénateur LR de Maine-et-Loire. On va bien sûr longuement parler dans cette demi-heure sur les enseignements de ce premier tour des municipales et puis cet entre-deux-tours. D'abord, une première question. Quand vous avez regardé les résultats dimanche, quel enseignement vous en avez tiré ?
D'abord, j'ai regardé un peu les résultats dans mon département et il y a un certain nombre de surprises, de maires sortants qui sont battus. Il y a aussi des bascules à droite, évidemment. J'ai un regard particulier sur ces résultats-là. C'est évidemment ce qui a retenu mon attention en premier dans cette soirée électorale. Et puis ensuite, les résultats des grandes villes arrivent un petit peu après au compte-gouttes et notamment des très grandes villes dont les bureaux ferment un petit peu plus tard. Et là, on voit que c'est tout de suite un petit peu plus compliqué parce qu'il y a des jeux d'alliances dont on va beaucoup parler et dont on parle beaucoup depuis dimanche soir.
Et rien n'est simple. On voit que là, autant dans nos petites communes, on connaît les identités, on connaît les valeurs des candidats. D'ailleurs, les électeurs sont plutôt attachés à une personnalité, j'allais dire. Une élection municipale se fait avant tout sur une personnalité, sur une équipe aussi, sur la dynamique d'une équipe.
Ça n'a pas été nationalisé ? C'était vraiment des élections locales pour vous ?
Oui, dans les petites communes, même jusqu'aux communes de plus de 9000 habitants où on revendique évidemment une implantation très forte pour les républicains et pour la droite républicaine d'une manière générale. Mais les étiquettes ne sont pas forcément mises en avant. On sait, nous, qui est adhérant chez nous, qui est sympathisant.
Mais le contexte politique national et international n'a pas joué ?
Non, pas dans nos départements, non.
On va regarder, on le disait ce matin, la grande majorité de nos quotidiens régionaux sont consacrés à ces municipales. On va regarder trois angles. D'abord, deux salles, deux ambiances. Hier, entre LFI et le PS. La une de la Provence, le nom de paillant à la France insoumise, le maire sortant qui a fermé la porte à un rapprochement avec le candidat LFI Sébastien Delogu. Et puis la une de la montagne, à contrario, à Clermont-Ferrand. Affaire conclue à gauche, devancée par le candidat de la droite au premier tour. Le maire sortant PS, Olivier Bianchi, a conclu un accord technique avec LFI. Autre sujet, c'est à la une de l'Union. Comment l'extrême droite avance ses pions ?
De l'Aisne aux Ardennes, les candidats RN et plus globalement, les candidats d'extrême droite ont tiré leur épingle du jeu. Et puis un troisième angle, c'est à la une de Nice matin, c'est l'impossible front républicain. La liste de gauche écologiste a refusé de se retirer alors que le candidat LR Horizon, Christian Estrosi, est devancé par celui de l'UDR RN, Éric Ciotti. Trois angles choisis par la presse régionale, trois enseignements. Duquel avez-vous envie de nous parler en premier ?
Comme je disais tout à l'heure, on voit que c'est compliqué dès qu'on arrive à ces strates de population, de taille de ville. Moi, ce que je retiens, c'est que vraiment, on nous parle d'accords techniques entre la gauche, le PS en particulier, et la France insoumise. Plusieurs observations là-dessus, plusieurs analyses. D'abord, je ne suis pas étonné que les écologistes soient les plus près de LFI. D'ailleurs, on en parle très peu des accords entre Écolo et LFI parce que c'est assez naturel. Et en réalité, on a toujours su qu'il y avait une proximité entre ces formations politiques. Donc, ça ne nous étonne plus.
Donc, à Besançon, à Lyon, ça ne vous a pas étonné ?
Non. En revanche, pour le Parti Socialiste, moi, je ne suis pas de cette sensibilité politique, mais j'ai beaucoup de respect pour les électeurs de gauche modérée et les responsables politiques. Je veux saluer l'attitude et les déclarations d'Emmanuel Valls, d'Raphaël Glucksmann, de François Hollande également, qui refusent cette alliance, cette compromission avec LFI. Et en revanche, Olivier Faure qui nous dit qu'il n'y a pas d'accord national, il y a des accords locaux. Alors, je ne sais pas faire la différence entre 36 000 accords locaux et un accord national. Je caricature un peu, mais enfin, un accord technique, qu'est-ce que c'est qu'un accord technique ? C'est comme l'amour, quoi.
Il y a un amour technique et puis un amour réel, physique. Je ne comprends pas la différence. On se moque du monde.
Mais qu'est-ce que vous dites ? Manuel Valls hier, il dit que c'est de l'hypocrisie.
Mais bien sûr, c'est de l'hypocrisie. On se moque du monde. Enfin, on veut faire croire aux électeurs que non, non, on est très respectueux et que j'entends la déclaration tout à l'heure d'Olivier Faure. À chaque fois qu'un candidat dans une liste aura tenu des propos antisémites, on demandera à ce que l'accord soit dénoncé. Enfin, on est dans une hypocrisie, un maillage de...
Olivier Faure, il dit que tous les insoumis ne sont pas des clones de Jean-Luc Mélenchon. Il y a Jean-Luc Mélenchon, il y a ses propos, ça, ses noms. Et puis, il y a d'autres insoumis plus fréquentables, entre guillemets. Vous ne comprenez pas cet argument ?
Il y a même des insoumis qui ont quitté la France insoumise. Ceux-là, pour moi, ont fait preuve de courage en se différenciant très nettement des propos et de l'attitude et des discours de Jean-Luc Mélenchon et des actes de Jean-Luc Mélenchon, notamment sur l'antisémitisme.
Mais comment vous les qualifiez, vous, ces accords entre la France insoumise et le PS ?
On a beaucoup parlé de déshonneur. C'est de la compromission, c'est de la tambouille électorale. Encore une fois, c'est des choses qu'on n'observe pas, nous, dans nos départements plus ruraux. Il y a aussi des grandes villes dans mon département. Mais cette tambouille nationale qui, quand même, correspond au mieux-disant.
Enfin, on voit bien que le Parti socialiste est en train d'essayer de sauver tout simplement sa peau, en ayant toujours critiqué, d'ailleurs, la droite de ces mêmes compromissions, alors que les seuls qui, aujourd'hui, refusent, et depuis toujours, de s'allier avec le Rassemblement national, de s'allier avec les extrêmes, ce sont les forces de droite républicaines, les républicains en particulier. Et là où on nous fait, vous savez, des grandes leçons de morale, ici même, dans l'hémicycle du Sénat, où on a des grandes envolées lyriques sur ce qu'il convient de faire pour respecter les valeurs républicaines. Moi, j'étais rapporteur sur ce texte, sur la partie école.
On a eu des grandes leçons de morale. Et en définitive, dans les actes, on juge uniquement les personnes sur les actes et pas sur les discours. Dans les actes, la gauche cède. Les extrêmes, on les combat. On ne fait pas de grands discours, on les compare réellement. Et même, au risque de perdre des élections, il faut faire preuve de courage. Et aujourd'hui, moi, ce que j'observe, c'est que le Parti socialiste, et Olivier Faure en premier, ne fait pas preuve de courage. Ils sont prêts à toutes ces alliances contre-nature, avec des gens qui se sont tapés dessus pendant des campagnes entières.
Il faut relever les propos qu'ont été ceux des socialistes à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise. Je crois que Manuel Bompard est très solidaire de Jean-Luc Mélenchon, quand même. Je veux bien qu'il y en ait quelques-uns qui fassent un pas de côté, mais ils ne sont pas très nombreux. Et en réalité, ceux qui ont eu à faire ce pas de côté, ils l'ont fait depuis déjà quelques années. On l'a observé. Donc moi, je suis très... J'allais dire, je suis presque heurté, même pour l'électorat de centre-gauche, qui, encore une fois, pas mon électorat, mais que j'ai combattu, que j'ai battu d'ailleurs dans ma commune en 2014.
Mais ceux-là doivent se trouver vraiment dépossédés d'une partie de leur valeur.
À Nantes, j'imagine que c'est une ville que vous regardez avec un petit peu plus d'attention. Le candidat LR Talon, la maire sortante socialiste, Johanna Roland, il y a une alliance entre LFI et l'EPS. LFI parle d'un front antifasciste. Que pensez-vous de ces mots ?
Alors ça, c'est quand même le fascisme là. Et l'antifascisme est tellement galvaudé. Il n'y a plus de sens, en fait, à la sémantique qu'on utilise. Et en fait, c'est l'étendard ultime pour des candidats qui sont en grande difficulté. C'est le cas de Johanna Roland à Nantes. Et donc, quand on n'a plus d'arguments, quand on se permet d'ailleurs des alliances aux extrêmes, à l'extrême-gauche avec LFI, eh bien, on sort cet étendard, on dit, en face, c'est le fascisme. Et c'est vrai que du point de vue de LFI, du point de vue de l'extrême-gauche, dès que vous êtes au centre, vous êtes fasciste. Il faut en finir avec ça. Moi, j'en ai assez.
À Nantes, Foulk fait Jean-Bardelot, fait une très, très bonne campagne. C'est un très bon candidat. Il bouscule les codes. Évidemment, la gauche, ça la perturbe. Et Johanna Roland, qui avait dit que probablement, elle ne ferait pas alliance avec LFI, aujourd'hui, cède aussi à la tentation de l'extrême-gauche et fait alliance parce qu'elle voit bien que son fauteuil est en jeu. C'est tout simplement ça.
À Nice, on l'a vu à la lune de Nice matin, la candidate de gauche écologiste a refusé de se retirer malgré les demandes des LR, les demandes de Christian Estrosi. Éric Ciotti semble donc en bonne position pour l'emporter. Est-ce que ça acte la fin du Front républicain ?
Ça aussi, le Front républicain, ça a été beaucoup commenté. Qu'est-ce que c'est qu'un Front républicain ? Ça veut dire qu'on fait obstacle à des formations qui ne seraient pas républicaines. Si elles ne sont pas républicaines, il faut les interdire. Aujourd'hui, le Rassemblement national, la droite républicaine d'Éric Ciotti fait aussi partie de l'arc républicain tant que ces formations ne sont pas interdites.
Vous comprenez qu'elles ne se retirent pas ? Parce que les LR, ça fait longtemps qu'ils ont acté la fin du Front républicain, le Nini, ça fait longtemps. Est-ce que là, ça ne vous revient pas un peu comme un boomerang ?
Moi, je comprends totalement la fin du Front républicain. Si on est fidèle à ses convictions, qu'on veut les défendre jusqu'au bout, y compris à une élection municipale, on va au bout de ses convictions. Si on considère que l'enjeu d'avoir peut-être un ou deux élus dans un conseil municipal ne vaut pas le coup de faire prendre le risque d'une élection d'un extrémiste. On peut qualifier Éric Ciotti d'extrémiste. Il était quand même chez nous il y a quelques temps. Nathalie Saint-Cricq a eu des propos qui me semblent un tout petit peu déplacés. D'ailleurs, elle est suspendue. Donc, il faut un peu mesurer tout ça. Éric Ciotti a fait un choix...
Vous comprenez le choix de la gauche.
Qui n'est pas le nôtre. Mais je comprends le choix d'aller au bout de ses convictions et de dire, moi, je porte ma candidature jusqu'au bout.
Un autre enseignement, c'est la percée du Rassemblement national dans ses élections. On va écouter ce que disait Dimon Chorges. Alors, Dan Bardella, il vous tendait la main.
Le contexte local le permet. Le Rassemblement national tend la main aux listes de droites sincères, aux listes indépendances et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l'extrême gauche et la dilution dans le macronisme.
Il ne faut pas la saisir, cette l'intendue ?
Non, jamais. J'ai vraiment bâti mon itinéraire politique depuis que je suis adolescent sur la lutte contre l'extrême droite en particulier puisque c'était dans les années 80 et que c'était de ça qu'il s'agissait. On ne parlait pas de LFI à l'époque. Jamais, en fait, pas de compromission avec le Rassemblement national. C'est ma ligne. C'est la ligne des Républicains. C'est la ligne de Bruno Retailleau. Ça peut coûter des élections mais contrairement au PS qui est aujourd'hui, on le voit bien, le respirateur artificiel de la France insoumise, on n'ira pas sur ce champ-là parce qu'on sait sur quoi ça se termine. En fait, c'est une absorption, une main tendue qui, en fait, veut nous détruire.
C'est une main tendue pour éliminer de cet arc républicain une formation comme la nôtre et pour finir avec simplement un combat des extrêmes.
Mais est-ce que le score d'Éric Ciotti, ça ne valide pas quand même sa stratégie ? Plus que la vôtre ?
Là encore, il faut prendre en considération un contexte local. Et Dieu sait si le contexte est local à Nice entre Éric Ciotti et Christian Estrosi. Les ennemis d'aujourd'hui ont été les meilleurs amis à une époque. Donc, il y a un électorat local qui prend tout ça en considération. Et je ne suis pas certain que les Niçois se positionnent sur un combat de l'extrême droite contre les Républicains. Et d'ailleurs, Christian Estrosi paye sans doute un certain flou pour ne pas dire autre chose dans son itinéraire depuis 2017. Donc, peut-être qu'à un moment donné, je parlais de sincérité tout à l'heure, de valeur auxquelles l'électorat est attaché.
Pour Christian Estrosi, il y a quand même un certain flou.
On va parler des enseignements. Pour les LR, quel bilan pour votre parti lors de ce premier tour des municipales ? C'est votre éclairage guillemette. Est-ce qu'on a assisté dimanche soir à une vague bleue comme s'en est targué le patron des Républicains, Bruno Retailleau ? Est-ce que ce premier tour est vraiment un succès pour les LR ?
Alors, effectivement, Bruno Retailleau s'est félicité dimanche soir que les LR ou ses alliés étaient arrivés en tête dans près d'une commune sur deux de plus de 9000 habitants, soit les mêmes proportions qu'en 2020. LR qui garde ses bastions. Dès dimanche soir, 18 villes de plus de 50 000 habitants sont conservées par la droite LR Ouellier. Parmi celles-ci, Cannes, où le vice-président des LR, David Lissnard, a été réélu avec plus de 80% des voix. Il y a également Maud, en Seine-et-Marne, où Jean-François Copé a été réélu pour un sixième mandat, ou encore Calais, la ville de Natacha Bouchard.
Par ailleurs, à trois, François Baroin est comptera pour la première fois à un second tour avec 48,55%.
Alors, ça, c'est pour les villes gardées. Les LR pensent pouvoir s'emparer de nouvelles villes
de plus de 100 000 habitants. Oui, notamment Besançon. Et ce, grâce à l'avance importante du LR Ludovic Fagot sur la maire sortante écologiste, Anne Vigneault. Espoir aussi à Grenoble, où le maire écologiste sortant, Éric Piolle, ne se représentait pas. Et le LR Alain Caréignon s'est placé en tête du premier tour devant la candidate de l'Union de la Gauche, Laurence Ruffin. Une victoire très symbolique aussi pourrait avoir lieu à Nantes, où Foulke Chambard-Deleuve talonne Johanna Roland, la numéro 2 du Parti Socialiste, n'a même pas un point et demi d'avance sur son rival, autre prise potentielle.
Brest, historiquement de gauche, où le divers droite Stéphane Rudeau est arrivé en tête avec plus de 6 points d'avance. Et Clermont-Ferrand, une ville socialiste depuis un siècle, où le candidat du nom de la droite, Julien Bonny, a créé la surprise en devançant le maire sortant ou les Ville Bianchi de 4 points. Il y a également Limoges, où le LR Guillaume Guérin est arrivé en tête. Mais dans ces 6 villes, la gauche a conclu des accords avec la France insoumise, douchant ainsi les espoirs de la droite.
– Est-ce qu'entre dimanche soir, on imagine que quand vous avez regardé ces 6 villes, vous vous êtes dit « Ah, ce sont peut-être des tristes potentielles ». Est-ce que ce matin, vous dites « On ne va peut-être pas y arriver ».
– Je me le dis toujours, la dynamique du premier tour, elle est importante pour l'électorat qui va se présenter dimanche prochain dans l'isoloir. Toutes les villes qui ont été citées, c'est des dynamiques incroyables. À Besançon, je crois que ça fait 70 ans que la ville est gouvernée à gauche. On a cité Clermont-Ferrand, Grenoble, évidemment, avec le retour d'Alain Carignan, qui est une vraie surprise, ce qui n'était pas tout à fait donné d'ailleurs dans les sondages. Donc, on sent qu'il y a, je ne vais pas dire de vague bleue, mais en tout cas, factuellement, on a des résultats qui sont extrêmement prometteurs dans ces communes-là.
Bien sûr qu'il y a les accords électoraux, mais moi, je veux croire que vraiment, une partie de l'électorat de gauche ne se reconnaîtra pas dans ces accords avec l'extrême-gauche.
De même que, nous, on le sait bien à droite, si on refuse cette alliance, cette main tendue que vous disiez tout à l'heure de Jordan de Bardella, c'est pour éviter cette dilution et pour éviter de perdre un électorat qui nous est fidèle, qui nous dit, tenez bon, tenez cette ligne républicaine qui est la vôtre depuis toujours, depuis les années 80, où il y a eu des tentations d'alliances comme ça avec l'extrême-droite, tenez bon, parce qu'on sait bien qu'à ce moment-là, il y a une déperdition d'un électorat qui ne veut pas que notre pays, globalement, on parle des municipales, mais que notre pays, globalement, soit dirigé par les extrêmes.
Stéphane Pinoir, parmi ces villes, ces civils que l'on a cités, quel, selon vous, porterait le message le plus favorable pour 2027 ?
Alors, écoute, moi, je vais parler de Nantes, évidemment, parce que c'est dans ma région et que, moi, je déplore, jour après jour, année après année, le chemin qui est pris par Nantes. Aujourd'hui, on voit qu'il y a d'ailleurs un reflux de la population nantaise qui vient habiter, y compris à Angers, qui se déplace parce qu'il y a une insécurité galopante, parce qu'il y a une ville qui est en train de se dégrader, un petit peu comme à Paris, c'est un petit peu la même ambiance. Donc, évidemment, je vais regarder ça de très près et j'ai beaucoup d'espoir.
Il y a aussi une dynamique à Cholet, chez moi, dans le Maine-et-Loire, avec une liste républicaine de la droite et du centre, portée par Isabelle Leroy et Jean-Paul Bréjon, qui a beaucoup d'avance au premier tour. Donc, il faut transformer l'essai, dirait Thomas Ramos, en référence rugby-stique. Donc, je vais regarder ça, mais toutes les villes que vous avez citées, Besançon, c'est quand même, là aussi, quelque chose qui n'était pas forcément attendu et qui est un bouleversement.
Enfin, quand une ville est ancrée pendant plus d'un demi-siècle dans une gouvernance, le tort, d'ailleurs, de la gauche, c'est de croire que c'est définitif, que c'est ad vitam aeternam, qu'on aura cette reconduction tacite des dirigeants. Aujourd'hui, il y a des vraies dynamiques de droite. Je veux croire que, d'ailleurs, la présidence de Bruno Retailleau, au sein de la tête de notre parti, y est pour quelque chose. Il a gagné en notoriété, il a été exposé avec son ministère de l'Intérieur et donc ça, ça a donné des forces à nos candidats un petit peu partout qu'ils se revendiquent, qu'ils mettent en avance leur étiquette ou pas.
Et puis, alors, il y a la situation à Paris, Guimet, vous avez regardé avec attention parce que pour la première fois, il y avait deux votes distincts à Paris, le vote par arrondissement et le vote pour la mairie. Et on a un peu l'impression que le nom de Rachida Dati, finalement, agit peut-être un peu comme un repoussoir.
Oui, Yoriane, et ça, c'est la douche froide pour les LR. Non seulement, l'ancienne ministre de la Culture est à plus de 10 points derrière le socialiste Emmanuel Grégoire, mais surtout, à part dans le 16e arrondissement, la maire du 7e arrondissement sous-performe par rapport à ses candidats locaux. Certains maires d'arrondissement de droite récoltent jusqu'à 17 points de plus que ce qu'obtient Rachida Dati au Conseil de Paris. Des électeurs donc qui choisissent la droite au niveau local, mais Emmanuel Grégoire pour Paris. Les Parisiens ont donc bien dissocié le vote local du vote pour Paris.
C'est simple, la candidate Rachida Dati au Conseil de Paris aurait mieux fait sans la réforme PLM, une réforme qu'elle avait pourtant appelée de ses voeux.
Et Guylaine, vous avez une question.
Oui, est-ce que le retrait de Pierre-Yves Bournazel, malgré la fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati, est-ce que c'est le désaveu absolu ?
Non, je ne crois pas. Pierre-Yves Bournazel a fait ce constat lucide, il l'a dit, il se projetait pour être maire de Paris. Aujourd'hui, il fait le constat que son résultat au premier tour ne permettra pas d'atteindre cet objectif dont acte. Il veut tourner une autre page, on sait que les relations avec Rachida Dati ne sont pas bonnes, c'est un secret pour personne. Néanmoins, il décide, alors qu'on n'était pas forcément sur cette logique-là au premier tour, il décide de faire fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati, sans lui, certes, mais quand même. Et donc, c'est un apport de voix supplémentaire.
Je ne veux pas vous dire autre chose que les résultats du premier tour sont plutôt décevants et un peu éloignés de ce que les sondages annonçaient. Maintenant, il y a un deuxième tour, c'est pour ça qu'il y a deux tours dans une élection municipale, c'est qu'on fait un tri au premier tour et ensuite, on se détermine au deuxième pour vraiment voir le visage que l'on veut incarner notre ville pour les six ou sept prochaines années.
Alors, là, on a vu les villes, les pas trop mauvaises nouvelles pour les LR, mais il y a quand même des villes, guillemettes, que les républicains pourraient perdre.
Oui, notamment à Lyon, l'ancien patron de l'OL avait caracolé en tête pendant toute la campagne pendant des mois dans les sondages devant le maire sortant, l'écologiste Grégory Doucet. Mais dimanche soir, les deux candidats sont au coude à coude et c'est finalement le maire sortant qui a légèrement devancé l'ancien patron de l'OL, Grégory Doucet, qui a annoncé hier être rejoint par Alephi, arrivé troisième pour le second tour. À Marseille, en revanche, ça n'a pas été une surprise. Les sondages le prédisaient.
La candidate d'hiver droite, Martine Vassal, est loin derrière le maire sortant d'union de la gauche, Benoît Payan, et le candidat RN, Franck Alizio, la candidate d'hiver droite qui a annoncé se maintenir.
Voilà, ça c'est des villes que les LR n'avaient pas. Ce n'est pas les villes que les LR pouvaient perdre. Lyon et Marseille, c'était des villes détenues par la gauche. Dans les villes que les LR peuvent perdre, il y a Saint-Etienne, par exemple, où effectivement, la gauche est largement en tête. Et puis, il y a aussi Nîmes, c'est jusqu'à maintenant la plus grande ville détenue par les Républicains. On va aller justement voir quelle est la situation du côté de Nîmes. Bonjour Vincent Coste. Merci beaucoup d'être avec nous, Vincent, journaliste au Midi Libre. Alors, Nîmes suscite tous les espoirs et en même temps toutes les inquiétudes.
Dans le camp des Républicains, comment s'annonce le second tour ?
Oui, vous avez raison Nîmes, vous l'avez dit, la plus grande ville détenue par les Républicains, la seule grande ville de 200 000 habitants qu'il détenait encore. Le premier tour a affiché finalement des résultats assez clairs. Arrivant en tête, dans un mouchoir de poche, Vincent Bouget, le candidat communiste, tête de liste d'une liste d'union de la gauche aurait les filles. Il arrive en tête juste devant le candidat du Rassemblement national, le député européen Julien Sanchez, ancien maire de Bocquer. Ils sont tous les deux, je vois qu'une infographie les montre, ils sont au coude à coude à 30% environ.
Le troisième, c'est Franck Proust, le président de l'agglomération de Nîmes, suivi par Julien Plantier, à 19, 1 à 15. Entre les deux, on le sait, c'est une lutte fratricide, ils étaient tous les deux dans la majorité du maire sortant qui ne se représente pas, Jean-Paul Fournier, la ville dont il était le maire Nîmes depuis 2001. Et c'est Franck Proust et Julien Plantier, finalement, hier, en fin d'après-midi, ont fusionné leur liste, Franck Proust en prend la tête et en cas de succès sera le maire de Nîmes, alors que Julien Plantier deviendrait le président de l'agglomération.
Reste à savoir, pour le LR, puisque ça intéresse notamment votre invité ce matin, si l'addition de leurs deux scores au premier tour se fera sans déperdition de voix, sachant que la lutte entre les deux hommes a été acharnée depuis de longs mois, qui ne se sont pas ménagés, c'est le moins que l'on puisse dire, et on sait que dans ces cas-là, les reports de voix ne sont pas systématiquement automatiques et parfaits à 100%.
C'est vraiment l'enjeu pour Nîmes, mais c'est vrai qu'on se retrouve avec une triangulaire avec, au niveau des voix, trois tiers, trois blocs à peu près équivalents, d'où un grand suspense et dans notre région, la ville qui suscite, pour cette indécision le plus vif intérêt. Et tout particulièrement pour LR, où la ville représente un enjeu majeur.
Merci beaucoup, Vincent, pour ces précisions. Proust et Plantier, les dessous de la fusion, c'est à la une du Midi Libre dans son édition de Nîmes. Dernière grande ville détenue par LR à l'heure où on se parle, ça vous inquiète ?
Oui, on savait que ce serait compliqué, que ce serait serré. Aujourd'hui, certes, la politique, ce n'est pas de l'arithmétique, on n'additionne pas, on sait qu'il peut y avoir de la déperdition, entre candidats qui sont quand même, qui ont une proximité idéologique, politique, qui est celle des deux candidats à Nîmes, on n'y arrivera pas. Donc, chacun a joué sa carte au premier tour, dont acte. Maintenant, il y a une dynamique de rassemblement, l'arithmétique montrerait qu'ils sont vraiment en position de l'emporter. Il y aura une triangulaire et je veux croire que cette dynamique sera enclenchée.
Un mot quand même sur Lyon, parce que certes, Jean-Michel Hollat s'était annoncé très loin dans les sondages, peut-être qu'il y a eu une satisfaction un peu prématurée en se reposant là-dessus dans la campagne.
Une mauvaise campagne ?
Non, mais en tout cas, quand les sondages vous donnent largement gagnants, vous avez peut-être tendance à vous endormir sur vos lauriers. On voit aujourd'hui que Jean-Michel Hollat est reparti au combat et quand même, les écolos s'associent à Lyon, dans cette ville où on voit les pires perturbations de la France insoumise. J'ai eu plusieurs questions à ce sujet sur les perturbations dans les universités lyonnaises, là où Quentin est mort avec évidemment un lien avec la France insoumise, on est au-delà du déshonneur. C'est vraiment quelque chose de gravissime et je veux croire que les électeurs lyonnais sauront interpréter ça comme il le faut.
Il y a une ville où la droite était divisée de l'IS à profiter au Rassemblement national, c'est Toulon. On y va, on retrouve Guilhem Rikavi. Bonjour Guilhem, directeur éditorial de Var Matin. Et finalement, c'est un duel qui aura lieu dimanche prochain à Toulon.
Oui, c'est très clairement un duel qui va se jouer sur les bords de la rate de Toulon. Un duel entre deux femmes. D'une part, Laure Lavalette, la députée Rassemblement national qui se présente sans étiquette dans ce scrutin municipal qui est arrivé très largement en tête dimanche soir avec un petit peu plus de 42% des voix et un duel qui l'opposera à José Massy, la mère sortante qui réalise elle aussi une belle performance et enregistre un bon score avec à peu près 30% des voix remportées.
Donc, ce sont elles qui arrivent en tête et le duel va se jouer entre elles justement puisque le troisième arrivé dans le classement des municipales dimanche, le sénateur LR Michel Bonus, lui, n'a pas réussi son pari. Il enregistre péniblement 15,7% des voix. Il a donc immédiatement annoncé son retrait de la course au fauteuil de la mairie de Toulon et donc c'est un duel de femmes qui va se jouer avec dans chaque an les décomptes des reports de voix puisqu'on sait que c'est là maintenant que les choses vont pouvoir se jouer.
Et Guilhem, vous avez sorti votre petite calculette. Comment va se faire le report de voix entre les deux toits ?
Oui, effectivement et ça va être très serré ce scrutin puisque Laure Lavalette sait qu'elle a fait le plein de voix ou en tout cas une grande partie de ses électeurs se sont déjà mobilisés dimanche pour arriver à ce score élevé. La seule possibilité pour Laure Lavalette de l'emporter c'est de récupérer des voix dans le camp du sénateur Michel Bonnus. Laure Lavalette le dit 85% de nos programmes sont communs. J'invite les électeurs de cette droite-là à voter pour moi. Ce n'est pas certain pour autant que tous les électeurs de Michel Bonnus se reportent.
certains se tourneront fort logiquement vers José Massy elle aussi qui était membre comme Michel Bonnus de l'équipe du maire historique de la ville de Toulon Hubert Falco et donc dans le camp de José Massy on regarde à l'inverse du côté de la gauche et notamment de Magali Brunel qui était la candidate de cette gauche plurielle qui a enregistré un petit peu moins de 9% des voix et on sait que José Massy candidate sans étiquette proche de la droite mais également avec une fibre sociale assez forte on sait que José Massy peut parler à la gauche et donc José Massy espère récupérer elle à la fois des voix de Michel Bonnus et à la fois des voix de Magali Brunel là aussi le discours à gauche a été très clair il faut faire front au Rassemblement National à Toulon la consigne de vote est très claire et brandi comme étendard le scrutin de 1995 où le RN c'était le F Front National à l'époque c'était imposé à Toulon la gauche ne veut pas de cela elle l'a dit il faut donc voter pour José Massy
Merci beaucoup Guilhem la bataille de Toulon c'est la une de Var Matin aujourd'hui merci Guilhem Rikavi un petit mot de réaction Stéphane
Oui c'est l'héritage d'Hubert Falco à Toulon comme dans d'autres communes le Rassemblement National touche au premier tour son plafond de verre et on voit bien que là il n'y a pas de désistement puisque il y avait une possibilité pour Michel Bonnus de se maintenir évidemment il ne le fait pas pour bénéficier à la personne la candidate arrivée en deuxième position mais la gauche qui est éliminée évidemment je pense va faire le choix des candidats dits républicains c'est pas un front républicain ils n'ont pas à se retirer ils ne sont pas qualifiés donc moi là encore on est vraiment sur un plafond Laure Lavalette et quand je disais tout à l'heure qu'on se détermine quand on est électeur sur une personnalité Laure Lavalette qui est très exposée dans son parti évidemment incarne ce parti et je veux croire que l'électorat se tournera vers la candidate républicaine
Merci Stéphane Piednoir Merci beaucoup d'avoir été notre invitée Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Stéphane Piednoir