Éric Coquerel, président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale, Député LFI – 25/10
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Business présente Edwige Chevrion, la grande interview.
Bonsoir à tous, ça y est, il est avec nous le président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale. Bonsoir Eric Covrel. Bonsoir à tous. Après vos ennuis ferroviaires, merci de nous avoir rejoints. Vous étiez justement sur un dossier de fiscalité à Bruxelles. On va parler de fiscalité, on va parler de budget. Vous avez dénoncé ce 49.3 en disant qu'il était pur et dur, qu'on vous avait fait des promesses différentes. On va y revenir, juste deux, trois questions d'actualité d'abord, parce que ça a été adopté tout à l'heure. L'amendement a été adopté. Atos, vous croyez vraiment que la solution s'est nationalisée, Atos ?
En tout cas, la solution, ce n'est pas ce qui venait de se passer. Quand une entreprise est dans un secteur stratégique à ce point et vit beaucoup des commandes de l'État, où il vaut mieux que ça soit nationalisé, je pense que les amendements, notamment portés par Olivier Marlex, le patron des Républicains, mais aussi d'autres à gauche, je pense à Sébastien Jumel, étaient vraiment souhaitables. Il est urgent de sauver cette entreprise. Et je ne vois pas très bien quelle autre manière de la sauver que de la nationaliser.
Et donc, mais là, de manière à l'amendement, il y a une fois de plus, qui va sauter, non ? Oui, peut-être, mais après tout... Il va disparaître ? On l'attrape au 49.3 ?
Mais comme c'est le bon sens, peut-être aussi qu'on peut espérer, à un moment donné, que le gouvernement finisse par retenir quand même certains des amendements votés pour les intégrer dans la suite. On y reviendra tout à l'heure quand on parlera du budget. Très franchement, si on ne nationalise pas Atos, qu'est-ce qui se passe ? On laisse s'écrouler cette entreprise. Ce n'est pas possible.
Sauf que l'État, ce n'est pas forcément toujours la bonne solution. Vous savez bien, sans être ultra-libéral, l'État, ce n'est pas toujours la bonne solution.
Oui, je ne partage pas ce point de vue, surtout quand on est sur des secteurs stratégiques. En tout cas, manifestement, la manière dont fonctionnait Atos fait que le privé, ce n'est pas non tout vu, toujours la panacée.
Je ne sais pas si vous avez vu, lorsque vous êtes dans le train, et on a appris tout à l'heure et confirmé par Matinu, la démission du président du COR. Le COR, c'est le Conseil d'orientation des retraites. Est-ce qu'à votre avis, il paye un peu ? Ce n'est pas forcément son indépendance, mais le fait qu'il avait une sorte de liberté de ton, notamment aussi du chiffrage pendant la réforme des retraites.
Il paye tout simplement le fait d'avoir mis des données sur la table qui ne plaisaient pas au gouvernement, qui ne correspondaient pas à cette réforme des retraites. Moi, je l'avais invité en audition le 19 janvier, c'était une grande mobilisation. Je l'avais invité en audition de la Commission des finances. C'est la fameuse audition où il avait dit qu'il n'y a pas un problème de dépense, les retraites ne vont pas coûter plus cher en termes de pourcentage. Il y a un problème de recettes. Donc, l'idée, c'est comment on trouve des recettes. Et ça avait déjà fortement déplu. Madame Borne l'avait dans le nez depuis longtemps. Moi, je regrette.
Je pense qu'on ne peut pas, comme ça, évincer les gens qui vous déplaisent et qui, tout simplement parce qu'ils donnent des informations qui ne vous satisfont pas. Alors, à ce moment-là, ça va être quoi la prochaine fois ? France Stratégie a donné des chiffres, des données sur la flat tax, c'est-à-dire la taxation du capital, le bouclier du capital, sur l'ISF, montrant que ça avait très peu de retombées économiques, voire quasiment pas. C'est eux qui vont payer les pots cassés la prochaine fois ? Je ne sais pas.
Moi, j'ai une autre cible, peut-être, puisque vous avez déjà été la cible. C'est vous, peut-être, Éric Coquerel ? Vous avez un ton, parfois, qui n'est pas totalement dans la ligne renaissance, non ? Puisque vous êtes député Léfi de Seine-Saint-Denis.
Oui, mais encore heureux que je... Peut-être une cible, mais enfin, je suis surtout élu et que je suis élu de la principale force d'opposition, qui est la NUPES. Donc, on ne peut quand même pas m'évincer comme ça. Heureusement, on n'en est pas encore là. Bien qu'il y ait eu des tentations, puisqu'il y a eu des tentations de me remplacer à la présence de la Commission des Finances, mais finalement, j'observe que ça n'a pas été jusqu'au bout.
On va parler de la crise du logement avant de parler quand même du projet de loi de finances 2024. Parce que, donc là, il y a eu le 49.3, c'était sur le volet recettes. Maintenant, il y a le volet dépenses. Et c'est un point très, très important. Sur la crise du logement, est-ce que vous avez le sentiment, vous êtes élu de Seine-Saint-Denis, vous venez de le rappeler, est-ce que vous avez le sentiment que le gouvernement prend suffisamment en compte la crise du logement ? Il a annoncé qu'il y aurait une loi sur le logement en mars. C'est même le président Macron qui l'a annoncé. Alors, sur le PTZ, sur un prêt bonifié...
Dans les mots, oui. Dans les mots, oui. Lors des dialogues de Bercy, il y a deux mois de salle, j'ai posé cette question de la bombe sociale qui était le logement. Et les ministres m'ont dit, oui, c'est vrai. Il y a de bombe sociale. Donc, il faut faire quelque chose. Mais il y a une urgence. Et moi, je pense qu'on ne peut pas attendre une loi. Et en plus, je ne suis pas vraiment sûr que, finalement, on prenne le problème par la bonne porte. Pourquoi ? Parce que, pourquoi il y a une crise de cette ampleur ? Pourquoi maintenant, la crise n'est pas seulement chez les gens qui n'arrivent plus à se loger ou qui se logent trop cher, mais chez les promoteurs, dans le BTP, etc.
Parce que, pendant très longtemps, le prix du logement était déjà trop cher. On construisait trop peu de logements sociaux. Les loyers étaient trop chers. Mais, du fait que les taux d'intérêt étaient faibles, disons que les classes moyennes arrivaient, quand même, bon an, mal an, avec des crédits sur des très longues durées, à acheter. Avec les taux d'intérêt qui montent, c'est fini. C'est-à-dire que le système se bloque. C'est ce à quoi on est en train de sider. Donc, il faut trouver des solutions pour, un, faire baisser les prix. Et pour faire baisser les prix, il faut qu'il y ait beaucoup plus d'offres. Et pour qu'il y ait plus d'offres, il faut reconstruire des logements sociaux,
il faut bloquer les loyers. Mais encore faut-il qu'il y ait du foncier. Est-ce que vous seriez, éventuellement, pour l'exonération des plus-values sur le foncier ?
Ah non, absolument pas.
Pourquoi ? C'est la meilleure façon, non ?
Non, non, la meilleure façon, c'est que l'État réinvestisse dans le logement. C'est moins 10,8% en 5 ans d'investissement public. Si déjà l'État assurait sa part, notamment en termes de logements sociaux, vous verriez que, quelque part, cette pression serait moindre. Moi, je le vois. Il y a des gens qui ont droit à des logements sociaux dans ma circonscription, qui ne peuvent plus les avoir. En plus, on détruit des tours avec les projets en rue. Donc, on ne leur propose rien. On propose d'aller se loger toujours plus loin. Et en même temps, ils ne peuvent pas accéder à la propriété. du fait des taux d'intérêt. Donc, voilà, ça coince. Donc, pour ça, il faut reconstruire les logements sociaux.
Il faut faire baisser les loyers. C'est ça, la solution première. Après, on peut aussi prendre des mesures, notamment celles, j'allais dire, à court terme que fait le gouvernement, puisqu'ils ont finalement maintenu le PTZ 0. Je vous rappelle qu'ils avaient envisagé de l'arrêter.
Mais ils l'ont maintenu, ils l'ont même un peu élargi. Enfin, ils l'ont même élargi. Ils l'ont recentré et élargi, si je veux dire.
Oui, parce que les promoteurs sont en train de dire que c'est la catastrophe, on n'arrive plus à vendre. Donc, évidemment, il y a des mesures. Mais tant qu'on n'aura pas pris des mesures qui font baisser le prix... Donc, ça, vous dites bravo sur le PTZ ?
Oui.
C'est un moindre mal. De toute façon, ils ne pouvaient pas faire autrement. Mais tant qu'on n'aura pas pris des mesures qui font baisser le prix du logement, on aura le problème qui est central aujourd'hui et qui est, je vous le dis, quasiment peut-être le problème numéro un des Français qui sont des classes moyennes, des classes défavorisées. C'est le logement.
Un prêt à tout bonifier, ça serait une bonne idée ?
Enfin, pouvoir accéder au crédit de manière plus facile, c'est des bonnes idées. Mais encore une fois, je crois que le problème qui est posé, c'est que le logement est trop cher. Si vous avez tant de difficultés à un moment donné à avoir des taux d'endettement qui sont trop importants, etc., des taux d'usure trop importants, c'est parce que les prix sont trop chers. Donc, il faut que les prix baissent.
Il y a eu ce truc où on avait l'impression que le gouvernement voulait faire un peu la chasse à Airbnb. Puis finalement, on se rend compte, au contraire, il devait avoir un amendement fiscal qui devait renier sur l'exonération TVA dont bénéficie Airbnb. Finalement, ce n'est pas le cas ? Vous avez vous désole ?
C'est un peu tout le résumé de cet entourloupe que nous a fait le gouvernement. Pour bien comprendre, au début, il y a deux mois, on nous a dit, cette fois-ci, on ne va pas faire le même 49.3 que la dernière fois. C'est-à-dire, on ne va pas raser tous les amendements. On va être plus ouvert au dialogue, au moins sur certains thèmes. Il y avait un des thèmes qui était ces questions de taxation des locations à courte durée. C'est pour ça qu'on l'a appelé Airbnb. Pour une bonne raison, c'est que dans les zones tendues, les zones touristiques, les gens qui résident, ils n'arrivent quand même plus à se loger.
Les prix montent tellement du fait de cette spéculation que ça devient impossible pour eux, en Corse, dans le sud-ouest, mais même dans des centres urbains. Donc l'idée était de rendre moins intéressants les locations à courte durée. Il y avait un amendement transpartisan qui proposait de faire en sorte que les abattements des locations courte durée et longue durée baissent et soient au même niveau. Et puis, patatral, le gouvernement ne l'a pas adopté et finalement, il a pris une mesurette qui ne va rien régler. Donc voilà, c'est un peu le résumé de ce faux sandroir.
Est-ce que c'est dans le cas de... Parce qu'en place avec les Jeux Olympiques où il y a quand même beaucoup de Français qui vont utiliser Airbnb ?
Oui, vous inquiétez pas, pour les Jeux Olympiques, à 50% d'abattement, il n'y a pas de problème pour que les gens louent leur appartement avec Airbnb.
C'est vrai, non ? Vous ne pensez pas ?
Oui, mais ça n'aurait pas changé grand-chose si c'était descendu à 30%. Ce n'est pas vrai. La demande est tellement importante que ça n'aurait pas changé. Les gens auraient gagné un peu moins d'argent. Écoutez, ce n'est pas dramatique.
Alors, ce budget 2024, je répète, là, on est dans le volet, donc, recettes a été... est passée à cause du 49,3. Donc, vous venez de dénoncer les conditions. Là, il y a le volet dépenses. Mais, en même temps, c'est un peu de votre faute. C'est sûr que le gouvernement n'avait pas de majorité, que les débats ont été, quand même, la dernière fois, extrêmement violents, notamment avec la NUPES ou la NUPES. Vous êtes élus et les filles. Finalement, c'est pas... Vous récoltez un peu ce que vous avez semé, non ?
Non, je ne crois pas. Le problème, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie parlementaire dans ce pays. On n'est pas une démocratie moderne. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de démocratie comme ça où un gouvernement peut appliquer un programme, un budget, alors qu'il n'a pas de majorité. Prenons en Allemagne le fait d'avoir... Vous êtes obligés à essayer de trouver des compromis. Il y a des coalitions.
Là, ici. Il y a des choses qui existent en Allemagne.
Oui, d'accord. Il y a une culture différente. D'accord. Mais la culture est peut-être différente, mais c'est surtout aussi qu'il n'y a pas le 49-3. Vous n'avez pas un système où l'exécutif est aussi fort par rapport au Parlement. Et donc, là, le 49-3, c'est un peu la démonstration. Pourquoi ? On a un gouvernement qui dit je viens avec un budget. Il y a des modifications qui sont votées par l'Assemblée et avec des députés de la majorité. Vous avez, par exemple, un certain nombre d'amendements sur les recettes qui proposent une taxation sur les superdividendes. Ce n'est pas France Insoumise. C'était une proposition de Jean-Paul Matéi, Modem, sur les rachats d'actions, idem, etc.
15 milliards de recettes. On avait trouvé 15 milliards de recettes. Des choses qui, franchement, ne font pas très mal à tous ceux qui s'enrichissent très largement dans ce pays. Le bilan, c'est qu'au lieu de se dire je vais trouver un compromis avec le Parlement, avec l'Assemblée. On va essayer de réfléchir. Ça a été on fait le 49.3, on rase tout ça, on met quelques mesurettes pour faire plaisir. Ça, ce n'est pas une façon de gouverner et à mon avis, ça ne peut pas tenir très longtemps et en plus, ce n'est pas bon pour le pays.
Oui, mais c'est vous qui avez... Quand je dis vous, ce n'est pas vous, en l'occurrence, vous êtes utipersonné parce qu'au contraire, je pense que tout le monde se félicite de votre rôle à la tête de la Commission des Finances. Mais reconnaissez que les débats dans les mémicycles, ne sont pas tellement à la hauteur d'un Parlement aussi ?
Comme on voulait le savoir, il n'y en a pas. Ils ont été empêchés. Donc là, c'est un peu compliqué. Ce que je sais, c'est qu'en Commission des Finances, tout le monde s'est loué des débats. Donc je ne vois pas pourquoi ils n'auraient pas été du même niveau pendant le budget.
Après, s'ils vont dire ça à vos petits camarades de la NUP ?
Non, ce n'est pas vrai. L'an dernier, les quelques débats que nous avons eus ont été d'excellentes factures. Simplement, ils n'ont pas plu au gouvernement parce que sur deux missions, je prends deux exemples. La mission des Outre-mer, il y a eu 240 millions d'euros qui ont été votés pour répondre aux besoins d'Outre-mer. Et une autre, la rénovation thermique, il y a eu plusieurs milliards qui ont été votés en plus parce que la situation n'est pas bonne. Et le gouvernement n'est pas satisfait. C'est de ça donc qu'il n'est pas satisfait.
C'est des excès, c'est des joutes oratoires qui virent.
Non, pourquoi vous dites-vous ça ? Parce que je regarde beaucoup les débats. C'est une caricature. Regardez bien les débats qu'il y a eu pendant le budget. ce n'était pas ça, ce n'est pas vrai. Simplement, si on supprime les débats à l'Assemblée, d'abord, on fait un lien toujours plus loin, plus long entre les citoyens et l'Assemblée et puis on nous enlève notre rôle. Ça consiste en quoi ?
Regardez sur le rachat d'action, il y a un principe de réalité parce que si vous mettez une taxe de 1%, ce que vous aviez préconisé, Jean-Paul Matéi avait préconisé. Jean-Paul Matéi en l'occurrence ou les Modem avait préconisé, à ce moment-là, ça veut dire qu'il n'y a plus d'investisseurs étrangers pour nos entreprises, notamment pour les entreprises du CAC 40. Non, non, c'est vrai, c'est-à-dire que... Là, ce ne sont plus des investisseurs étrangers,
c'est les entreprises qu'il faut le dire, ce sont des entreprises qui rachètent eux-mêmes leurs propres actions pour faire des bénéfices.
Non, mais ça sert à augmenter le dividende pour les actionnaires. Il y a tellement un problème
qu'il y a quelques mois de ça, Emmanuel Macron avait dit que c'est un souci, c'est quelque chose de quasiment pernicieux. Absolument. Et il avait dit qu'il faut taxer. Bon, au dialogue de Merci, c'est qu'on va finir
avec une mesurette
qui, en échange de laisser un peu de marge pour les salariés, en réalité légitime ce procédé qui n'est pas supportable.
Mais oui, mais si justement ça profite aux salariés, c'est plutôt une bonne chose.
Non, non, non. Ça va profiter à quelques salariés au dépend du plus grand nombre, c'est-à-dire au dépend de vous, de moi, de tous ceux qui ont besoin de recettes pour l'État et qui ne peuvent pas continuer à faire en sorte comme ça que les principaux revenus du capital soient toujours plus exonérés de fiscalité. Ce n'est pas possible. On a besoin de recettes. Regardez Edwige Feuillard.
Edwige Feuillard. Excusez-moi. C'est joli.
C'est assez joli. Oui. Regardez.
Vous appelez Gabin si vous continuez comme ça. Non, Edwige Feuillard.
Écoutez, il y a des couples mythiques. Edwige Feuillard, regardez. Vous avez un système, par exemple, vous avez un ministre de l'économie qui nous dit qu'il manque un milliard. C'est ce qu'il dit. Il manque un milliard d'euros. À un moment donné, il faut peut-être aller les chercher là où ils se trouvent. Et ce n'est quand même pas dramatique de taxer un peu plus. C'était 1% les rachats d'actions. Ce n'était pas beaucoup. De taxer un peu plus. Je veux dire, ces fortunes qui aujourd'hui s'accumulent pour ne même pas rejaillir dans l'économie. Donc voilà, je pense que le gouvernement
pouvait le faire. Quand même, si vous prenez, je ne sais pas, au hasard, l'homme le plus riche, maintenant c'est plus qu'à Bernard Arnault, il emploie quand même des milliers de personnes en France. Donc ça rejaillit forcément sur l'économie. puis si vous regardez, je ne fais pas sa défense du tout. Non, non,
il n'y a pas de souci, vous pouvez le défendre. Mais Bernard Arnault, sans les salariés qui travaillent pour lui, il n'est pas grand-chose non plus. Je vous le dis comme ça. Non, bien sûr. C'est donc une entreprise. Mais prenons le cas de Bernard Arnault, c'est intéressant quand même. Parce que chacun doit, ça part d'impôt, chacun doit, ça part d'impôt par rapport à l'effort national. Vous savez qu'il y a eu une étude de l'Institut des politiques publiques qui est sortie en juin dernier, faite avec Bercy. Et puis là,
elle n'est pas discutable.
Qu'est-ce qu'elle montre ? Elle montre que les 150 plus grandes fortunes de France, les milliardaires, pour aller vite, ont un impôt sur la fortune qui est entre 0 et 0,1%. Alors que le décile le plus important au niveau de l'impôt sur le revenu paye 45%. Avec leur impôt professionnel, parce qu'ils ont transféré une partie de leur fortune sur l'impôt professionnel, on atteint 25%. Vous savez quel est le manque pour ces 150 personnes, pour l'État ? C'est 18 milliards. Ce n'est pas supportable. Une personne ne veut pas que ça autant de milliards pour expliquer qu'il doit... On n'est pas là
pour faire ce débat-là. Parce que c'est un débat très intéressant. C'est un débat central. C'est qu'on a besoin de cet argent pour la bifurcation écologique. Ça mérite un débat en soi. C'est ce que veut dire Éric Coquerel. Oui, en même temps, leur fortune, elle dépend. La preuve, Bernard Arnault était l'homme le plus riche du monde. Maintenant, il ne l'est plus parce qu'il y a eu un effondrement de son... Enfin, un effondrement. Il y a eu une veste très forte de son cours en bourse. Donc, la valeur de son entreprise et de son patrimoine diminue. Vous voyez, c'est un patrimoine professionnel.
On verra. Mais enfin, là, on ne va pas se centrer sur Bernard Arnault.
Justement, on va parler d'économie. Parce que, vous, vous avez proposé 15 milliards d'économie. Mais c'était des petits coups de rabot. C'était ici ou là, d'accord ? Maintenant, où est-ce que le gouvernement vous dit je vais faire 16 milliards d'économie ? Vous les avez vus, on les cherche toujours. Où est-ce qu'on peut le faire, les économies ?
Bien oui, c'est justement parce qu'en fait, vous avez vus être très néolibéral dans la période que nous connaissons où il y a baisse du pouvoir d'achat, le problème du logement, etc. Ce n'est pas si facile de baisser les dépenses publiques. Donc, sur les 16, il y en a un temps.
Regardez l'état des hôpitaux publics, la justice, la police.
Il y a des besoins partout. Donc, ils ont mis en place un budget qui va faire des économies sur des dépenses conjoncturelles. C'est le bouclier énergétique, c'est 4 milliards d'aide pour les entreprises qui venaient de la période Covid. Et le reste, ils cherchent. Ils cherchent parce qu'ils ne trouvent pas. Alors, ils ont dit, on va remettre ça à 2025. En 2025, ils annoncent une cure d'austérité à hauteur de 12 milliards, mais sans dire où ils vont aller les chercher, parce que ce n'est pas si évident, d'annoncer à l'avance à des services publics que vous allez les ponctionner. Et ça, ça montre une chose, c'est que ce système, il ne répond pas à la période que nous avons devant nous.
Et la période que nous avons devant nous, c'est que ça soit à cause des questions géopolitiques, à cause du climat, à cause des questions sociales, etc. Il y a, en réalité, besoin d'investissement et notamment d'investissement public, on ne s'en sortira pas autrement. Et des politiques qui visent, de la petite semaine, qui visent à dire on va réduire les déficits, c'est ça qui est fondamental, mais sans augmenter les impôts, notamment des plus riches, au bout d'un moment, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour ce qu'ils veulent avancer. Vous verrez que le déficit fin 2024 sera bien plus important que les 4,4% annoncés. Je ne prends date.
Vous voyez à quoi ? 5% ?
Oui, je pense qu'on ne sera pas loin de 5%. Le FCE annonce 4,8% et ça correspond au chiffre de croissance de 0,8, 0,7% qui sont à la fois ceux de la Banque de France au lieu des 1,4% annoncés par l'État. Donc, ça sera le cas, mais en même temps, ça ne répondra pas aux besoins des Français. Donc, il faut changer de logiciel.
Oui, en même temps, Éric Coquerel, je vous vois venir, vous dites, il faut changer la politique de l'offre. Mais cela dit, regardez, on n'a pas été dégradé. Pour l'instant, so far so good, comme on dit, la France n'a pas été dégradée, la dette de la France n'a pas été dégradée. Donc, ça veut dire que quand même, vous avez pas l'air convaincu, mais bon.
Écoutez, je ne sais pas, les dernières dégradations, on nous annonçait de multiples problèmes. Vous l'avez vu arriver ? Je ne l'ai pas vu, personnellement. Donc, il y a longtemps que je pense que ça n'a pas tant d'impact que ça.
Donc, ces dégradations, enfin, si il y a éventuellement la prochaine fois c'est en Arzène Pôt, ce qui est le plus important, si il y a une dégradation, pour vous, ça n'a pas de sens. Enfin, ce n'est pas très grave.
Ce n'est pas le plus grave. Ce qui ne m'importe plus, c'est le fait que le chômage remonte, ça, ça m'apporte. Le fait qu'on ait justement toutes les peines du monde à répondre aux besoins des Français. Le fait qu'on ne mette que 7 milliards d'euros sur la bifurcation écologique quand Pisani-Ferry estime qu'il en faudrait 37 milliards d'investissements publics. Bon, et moi, je pense que la dette écologique est bien plus grave que la dette financière. Je vais peut-être vous choquer, mais voilà, je pense que la première, elle n'est pas annulable. Elle n'est pas remportable.
Elle est d'accord avec vous.
Et donc, à partir de là, c'est plutôt ces critères-là que je recherche nous dégrade très légèrement. Encore une fois, ça n'a pas changé la situation de ces dernières années quand ça a été le cas.
Justement, Bruno Le Maire l'a annoncé, ça y est, le leasing social à 100 euros pour permettre à des Français les plus pauvres d'acheter une voiture électrique. Est-ce que là, vous êtes d'accord ?
Enfin, vous voyez bien que ce n'est pas 100 euros qui va résoudre le problème des Français les plus pauvres qui ne peuvent pas s'acheter une voiture. Tout ça et on est dans... Les gens aujourd'hui ont un problème de pouvoir d'achat qui touche leur alimentation. Vous le savez comme moi, il y a un tiers des Français qui disent qu'ils ont du mal à faire trois repas par jour. Donc, très franchement, je ne pense pas que ce soit ce genre de mesures qui permettent de régler les questions. On ferait mieux de s'occuper, par exemple, de monter les minimas sociaux au seuil de pauvreté.
On ferait mieux de faire en sorte que les salaires soient indexés sur l'inflation, de relancer une consommation populaire. ça me semblerait plus efficace que ce genre d'aide.
Oui. Sur l'exonération des charges... Des charges...
Moi, j'appelle ça cotisation.
Cotisation, oui. Vous avez tout à fait raison. Ça s'appelle des cotisations. J'étais juste sur le... Vous avez tout à fait raison. Entre 2,5 et 3,5. Il y avait donc... On a vu... C'était justement un dépatier, Marc Ferracci, qui l'avait proposé. Ça a été retoqué par le gouvernement. Vous dites quoi ?
C'est encore un élément... Pas complètement retoqué. Voilà. Alors, il y a un élément encourageant et il y a un élément désespérant. L'élément encourageant, c'est que ce soit sur les taxations des superdividends dont je vous rappelais, je vous parlais tout à l'heure, des transactions financières, que ce soit sur la remise en question de ces aides aux entreprises par des exonérations dont on a bien du mal à trouver en quoi ça aide l'emploi. Il y a quand même une majorité à l'Assemblée pour commencer à le remettre en question. Bon, ça, c'est encourageant. Mais ce qui est désespérant, c'est que le gouvernement n'en tient pas compte.
Et je pense que là, pour le coup, il ferait mieux d'entendre l'Assemblée. C'est peut-être le cœur de ce budget, d'ailleurs.
Et l'agir carco, finalement, le gouvernement a l'air. Olivier Dussop, que je recevais jeudi dernier, il nous a dit alors, visiblement, il renoncerait à la cagnotte. On vous applaudissait, vous dites bravo, enfin.
Il ne peut pas faire autrement. Quand vous avez tous les partenaires sociaux qui sont contre, ça montre bien quand même que cette réforme de retraite, c'était n'importe quoi. Parce qu'on nous expliquait qu'on allait équilibrer les retraites. C'était pour ça qu'on faisait la réforme. Il fallait aller faire un rap sur ce qui fonctionnait. Ce qui fonctionnait, d'ailleurs, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais tout ça vient d'une réforme où on nous avait dit qu'il faut absolument la faire pour équilibrer les retraites. Les surplus de retraites ne doivent pas servir pour régler le déficit de l'État.
A mon avis, c'est une mauvaise solution et c'est là où le gouvernement se retrouve dans l'impasse.
Merci beaucoup. On a beaucoup de sujets à rediscuter avec vous. Il faut revenir nous voir, Éric Coquerel. Avec plaisir. Et puis, vous viendrez de la Sommée nationale et pas de Bruxelles. Merci beaucoup. Éric Coquerel, président de la Commission des Finances, député LFI, parce que NUP, ça n'existe plus. Député NUP, autre débat, était donc notre invité.
Éric Coquerel