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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 22 janvier 2020 24 minActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsEurope & internationalJustice

Israël - Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Président Reuven Rivlin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15R. RivlinFait
    « L'adoption par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste de la définition de l'antisémitisme sous toutes ses formes est une mesure extrêmement importante du gouvernement français dans son combat contre l'antisémitisme et nous tenons à vous remercier pour cela. »
  • 1:45R. RivlinFait
    « Le fait que les Palestiniens se soient adressés et fait appel à la Haute Cour pénale internationale est une tentative d'acculer ce Tribunal international sur le terrain politique. »
  • 3:00E. MacronFait
    « L'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme Etat, est un antisémitisme. »
  • 3:30E. MacronPromesse
    « Nous continuerons avec la même détermination, et nous lutterons, comme je m'y suis déjà engagé, contre l'antisémitisme, le racisme, tout discours de haine qui vient diviser notre société. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-R. Rivlin : Ladies and gentlemen, the words will be said by me in Hebrew and the President of France will speak in French and we will make our statements. A direct translation will be... (Propos traduits de l'hébreu) -R.

Rivlin : Monsieur le président, cher ami, c'est un honneur et un grand plaisir de vous recevoir ici, à Jérusalem. C'est un grand bonheur de vous accueillir à nouveau ici, et je vous prie de bien vouloir transmettre nos chaleureuses salutations à la première dame. Je voudrais d'abord et avant tout, Monsieur le président, vous remercier pour votre participation historique à cet événement majeur de commémoration.

Notre engagement pour la mémoire de l'Holocauste et pour la lutte contre l'antisémitisme renforce notre alliance. Je sais, je sais que vous êtes engagé, Monsieur le président, de manière personnelle même, dans le combat contre l'antisémitisme sous toutes ses expressions, dans les synagogues, dans la rue, sur l'Internet, en politique. Malheureusement, aujourd'hui encore, nous entendons parler de cas de violence et d'antisémitisme et de racisme en France et dans le monde entier.

Il faut faire entendre une voix haute et claire pour condamner tous ces cas. Il faut agir sans concession pour s'assurer que cela ne se reproduise pas. Il faut agir au niveau juridique, au niveau éducatif, et au niveau d'un engagement tout personnel.

L'adoption par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste de la définition de l'antisémitisme sous toutes ses formes est une mesure extrêmement importante du gouvernement français dans son combat contre l'antisémitisme et nous tenons à vous remercier pour cela. Monsieur le président, comme l'Assemblée nationale française l'a reconnu récemment par une mesure pour laquelle nous avons une très, très, très grande estime, ce refuge de l'antisémitisme de ces dernières années dans l'antisionisme. Et comme toute démocratie, l'Etat d'Israël est bien entendu ouvert à la critique, mais nous n'accepterons jamais la remise en question de notre droit à l'existence comme Etat juif et démocratique dans notre patrie, juif et démocratique, démocratique et juif.

Nous n'accepterons jamais que l'on nous reproche de remplir notre devoir et notre droit de défendre nos citoyens. L'Etat d'Israël est un Etat démocratique fort qui sait se défendre et qui sait aussi enquêter sur ses propres actions quand cela est nécessaire pour tout ce qui concerne les droits de l'homme et les lois de la guerre. Et le fait que les Palestiniens se soient adressés et fait appel à la Haute Cour pénale internationale est une tentative d'acculer ce Tribunal international sur le terrain politique.

Et le seul objectif de cela est d'entraîner les institutions internationales à prendre des décisions politiques qui doivent être prises en réalité dans des négociations entre les parties, et certainement pas dans le cadre d'une procédure légale ou juridique. Ce Tribunal pénal international n'a ni la capacité ni le droit ni l'autorité de traiter de ces sujets-là. Et l'appel à ce Tribunal pour qu'il sorte de ses fonctions et qu'on lui demande non seulement de trahir sa propre nature juridique, mais même de se démanteler totalement de son autorité judiciaire.

Et donc, le conflit israélo-palestinien qui est si complexe, si sensible, exige la construction d'une confiance mutuelle, et c'est à cela que nous devons aspirer. Et pour cela, Monsieur le président, vous pouvez être extrêmement utile. Monsieur le président, très cher ami, actuellement, ces jours-ci, l'Iran continue à baser son contrôle sur la terre du Liban.

Ils essaient d'armer un organisme terroriste, le Hezbollah, avec des armes, y compris des missiles de grande précision, et cela risque d'entraîner le Liban dans une guerre qui amènera avec elle destruction et catastrophe. La Communauté internationale doit absolument s'engager dans la lutte contre l'Iran et contre les forces qui oeuvrent pour déstabiliser tout le Proche-Orient. Monsieur le président, cher ami, nous nous rencontrons ici aujourd'hui afin de marquer les 75 ans de la libération du camp de concentration Auschwitz-Birkenau.

C'est un sommet mondial qui a pour objectif de consolider la mémoire et la renforcer, la mémoire de la Shoah, afin d'essayer de promettre cette mémoire et de l'exprimer pour les générations à venir. Une promesse de vie basée sur les valeurs de la paix, du respect mutuel, de la tolérance et de la coopération. Merci beaucoup, Monsieur le président.

Merci beaucoup, Monsieur le président. -E. Macron : Merci beaucoup, Monsieur le président, pour ces mots et pour votre accueil.

Je suis heureux de vous retrouver et d'être ici parmi vous pour ce qui est la 1re visite que j'effectue en Israël en tant que président de la République, 1 an après la visite d'Etat que vous aviez effectuée en France. Et nous étions, il y a un an, ensemble. Et je veux, en cet instant, avoir une pensée émue et amicale pour votre épouse disparue.

Monsieur le président, j'en avais pris l'engagement devant vous et je suis venu en Israël pour représenter la France au 5e Forum mondial de l'Holocauste, quelques jours avant de commémorer en France au Mémorial de la Shoah le 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau. Nous serons ensemble demain à Yad Vashem aux côtés de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, aux côtés des survivants, des fils et des filles de déportés, des Justes, des témoins. Je suis venu pour Israël, aussi pour ce que représente dans votre pays la mémoire de la Shoah, venu pour porter avec vous l'appel de Yad Vashem, un appel universel plus important que jamais.

Vous l'avez rappelé, Monsieur le président, dans nombre de nos pays, et c'est vrai aussi pour la France, l'ombre noire de l'antisémitisme se répand, renaît. Et cet antisémitisme revient à chaque fois que les démocraties sont malades, que les crises sont là et elle ne concerne pas simplement les juifs, mais notre destin commun, et pour ce qui est de la France, toute la République. Monsieur le président, vous avez eu la gentillesse de rappeler à l'instant ce que la France avait entrepris pour lutter avec détermination et force contre toute forme d'antisémitisme dans l'espace public, qu'il soit réel ou virtuel.

Et nous continuerons avec la même détermination, et nous lutterons, comme je m'y suis déjà engagé, contre l'antisémitisme, le racisme, tout discours de haine qui vient diviser notre société et en nier les fondements mêmes. Nous avons aussi décidé de discuter et de poser très franchement la question de l'antisionisme, aujourd'hui profondément liée à la question de l'antisémitisme, et je vous remercie, d'ailleurs, de la clarté des propos que vous venez d'avoir. J'ai eu le occasion de le dire.

L'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme Etat, est un antisémitisme. Ce qui ne veut pas dire qu'il deviendrait impossible d'avoir des désaccords, de critiquer telle ou telle action du gouvernement d'Israël. Mais la négation de son existence relève bien aujourd'hui d'une forme contemporaine de l'antisémitisme.

Alors oui, nous avons passé des lois, pris des 1res décisions. D'autres vont venir, en particulier qui nous permettront de lutter encore plus efficacement contre les discours de haine, et entre autres l'antisémitisme sur Internet. Mais au-delà, c'est bien une forme de résistance qu'il nous faut opposer à cette dissolution des consciences à laquelle nous assistons trop souvent.

Et les lois ne suffisent pas pour changer l'âme des hommes. Il faut pour cela se souvenir, rappeler à chacun, ce à quoi a conduit l'antisémitisme en Europe, l'Holocauste. Et il faut, au-delà de ce souvenir, continuer d'éduquer et de former, et c'est pour cela que nous sommes venus auprès de vous avec le ministre de l'Education nationale et plusieurs jeunes élèves français.

Nous avons, au-delà de ces sujets, beaucoup à construire ensemble dans de nombreux domaines. La culture, l'économie, les échanges universitaires, les nouvelles technologies. Nous sommes d'ores et déjà étroitement liés sur tous ces sujets.

Nous en avons discuté, et nous allons poursuivre ce travail et l'intensifier. Nous avons aussi discuté du processus de paix, et je vous remercie de la franchise que vous avez eue et aussi du volontarisme affiché. Je vous l'ai dit et je l'ai redit à plusieurs reprises, il ne s'agit pas pour la France aujourd'hui d'arriver avec une proposition sur la table.

J'ai compris que d'autres en avaient, parfois attendues depuis longtemps. Quelque processus de paix que ce soit n'est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix. Alors, la France aidera, dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien.

Enfin, nous avons parlé, et ce matin, j'ai pu aussi échanger avec le Premier ministre sur nombre de sujets régionaux. Evidemment, la question de l'Iran, et vous connaissez la position de la France. Nous serons intraitables en matière de nucléaire.

Depuis 2017, je souhaite que nous élargissions d'ailleurs le cadre international qui a été porté sur les activités nucléaires de l'Iran, pour que leur activité balistique et les déstabilisations régionales fassent aussi l'objet d'un accord. Et dans le contexte actuel, la France restera attachée à ce que l'Iran n'acquiert jamais l'arme nucléaire, mais à ce que nous évitions aussi dans la région toute escalade militaire, quelle qu'elle soit. Vous savez aussi combien la France porte un regard d'amitié et de bienveillance vers le Liban, et combien ce pays nous est cher, et nous ferons tout pour, dans une crise profonde qu'il traverse, aider nos amis libanaises et libanais, et je sais aussi la vigilance que je partage à l'égard de toute forme d'activité terroriste qui pourrait être conduite depuis le Liban et menacerait la sécurité d'Israël, autant d'ailleurs qu'elle menace la sécurité et le bien vivre-ensemble des Libanaises et des Libanais.

Voilà, M. le président, ce que je pouvais ajouter à vos mots et vous redire ici l'amitié de la France et mon amitié personnelle à votre endroit. Merci infiniment pour cet accueil et merci à nouveau de pouvoir ainsi échanger. -R.

Rivlin : Thank you, Mister President.