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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 26 septembre 2019 7 minAutoproduitPortrait personnelEurope & internationalInstitutions & élections

Décès de Jacques Chirac : la réaction de François Asselineau

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37Invité politiqueFait
    « Jacques Chirac a été dans les années 70, à partir de 1976, le créateur, le fondateur du RPR, du Rassemblement pour la République, qui était le digne successeur du gaullisme. »
  • 0:37Invité politiqueFait
    « Il avait dénoncé une Europe mollusque, une Europe du chômage organisé, une Europe sous domination germano-américaine. »
  • 1:17Invité politiqueFait
    « Il avait appelé à voter oui au traité de Maastricht, ce qui est une ombre sur sa carrière. »
  • 6:02Invité politiquePromesse
    « Nous devons tous nous mobiliser pour sortir la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

Mes chers compatriotes, nous venons d'apprendre le décès de Jacques Chirac, qui était né en 1932 et qui vient de s'éteindre le 26 septembre 2019. Donc tout le monde est un petit peu évidemment sous le choc. C'était une issue fatale que – bien entendu – beaucoup de gens avaient à l'esprit. Mais c'est quand même un choc lorsqu'un chef de l'État, un ancien chef de l'État décède. Il est d'usage, dans ce genre de circonstance, de trouver au défunt toutes les qualités. Et c'est vrai que Jacques Chirac – moi, je l'ai connu personnellement – était un homme qui avait quand même beaucoup de qualités. Il avait aussi des défauts, comme tout un chacun.

Ce que l'on peut lui reprocher du point de vue politique, c'est de ne pas avoir été constant dans la position qui était la sienne au début de sa carrière, c'est-à-dire la défense de la souveraineté et de l'indépendance nationales. Je rappelle que Jacques Chirac a été dans les années 70, à partir de 1976, le créateur, le fondateur du RPR, du Rassemblement pour la République, qui était le digne successeur du gaullisme. Et à cet égard, lors des élections européennes de 1979, avant comme après, lors de l'appel de Cochin également, il n'avait pas mâché ses mots sur ce qu'était la construction européenne.

Il avait dénoncé une Europe mollusque, une Europe du chômage organisé, une Europe sous domination germano-américaine. Il avait précisé qu'il ne l'accepterait jamais. Malheureusement, en 1992, sans doute parce qu'il était convaincu qu'il ne pourrait pas arriver à l'Élysée s'il maintenait cette position... Peut-être avait-il eu vent de ce que Mitterrand lui avait dit. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas être élu – paraît-il – président de la République si on était hostile à la construction européenne. Eh bien il avait été obligé de changer de point de vue. Il avait appelé à voter oui au traité de Maastricht, ce qui est une ombre sur sa carrière.

Il y a quand même, en matière politique, des choses importantes qu'il avait faites. Notamment, en 2003, avec Dominique de Villepin, il s'était opposé à la guerre en Irak. Je connaissais bien Dominique de Villepin. J'avais d'ailleurs écrit une lettre de remerciement et de félicitations à Dominique de Villepin, puisque la France... C'est – je crois – l'une des toutes dernières fois, dans l'époque la plus récente, que la France a été la France. Elle s'est opposée à la guerre illégale qui a fait plus de 1 300 000 morts civiles en Irak et qui est une guerre qui reste une infamie commise par l'Occident.

Jacques Chirac avait également fait un référendum – vous vous rappelez – pour la constitution européenne en 2005. Il aurait très bien pu ne pas le faire. Et il l'avait fait : ce référendum qui s'était soldé, comme vous le savez, par 55% de Français, dont moi et dont beaucoup de personnes qui me regardent, qui avaient voté non. On peut se perdre en conjectures. Moi, je me rappelle très bien, à cette occasion, que Jacques Chirac avait appelé à voter oui à la constitution européenne, mais il l'avait fait dans des termes... On se rappelle une émission notamment avec des jeunes qui avait été particulièrement mal conduite.

Ça m'avait traversé l'esprit que peut-être – peut-être –, Jacques Chirac avait fait ce référendum en appelant à voter oui, mais secrètement en espérant que ce serait le non qui l'emporterait. Qui sait ? En attendant, c'est vrai que Jacques Chirac, on retiendra de lui – donc – cet homme de l'appel de Cochin de 1979, cet homme qui a dit non à la guerre en Irak, cet homme qui a fait le référendum sur la constitution européenne. On retiendra aussi de lui... Alors tout le monde le dit, et c'était vrai. Moi, je l'ai accompagné au Japon. C'était un grand amateur d'art japonais. Je l'ai accompagné en Chine.

Je me rappelle qu'au Japon, au moment d'une conférence de presse, il avait commencé la conférence de presse en se retournant et en expliquant que derrière lui, il y avait un très beau paravent de l'époque Momoyama, donc du XVIIe siècle japonais. Ça avait un peu sidéré les journalistes japonais qui étaient là de voir à quel point Jacques Chirac s'y connaissait en art asiatique. Je l'avais également accompagné à Pékin. J'ai déjà eu l'occasion de raconter l'entretien au plus haut niveau qu'il avait eu avec le président Jiang Zemin. J'aurai l'occasion de revenir dans l'entretien d'actualité sur ces détails.

Et puis je l'avais accompagné dans son grand périple latino-américain, où il avait essayé de refaire... C'était en 1996, je crois. Il avait essayé de refaire un petit peu ce qu'avait fait le général De Gaulle à l'automne 1964. Donc j'avais accompagné Jacques Chirac au Brésil, en Uruguay, au Paraguay, en Bolivie, en Argentine. Et dans l'avion qui nous emmenait... C'était un avion spécial. Moi, j'étais avec le ministre français des Affaires étrangères M. Hervé de Charette. Et il y avait donc la suite du Président. Et Jacques Chirac, quand il montait dans l'avion, avait toujours un petit mot gentil pour tout le monde, serrait les mains, etc. Alors j'ai une anecdote. Elle est un peu légère.

Mais je ne résiste pas au plaisir de l'indiquer. Lorsqu'on était allés en Bolivie... D'abord, on avait décollé d'Asuncion, la capitale du Paraguay. On avait fait une escale à Cochabamba, à 2 000 mètres d'altitude, pour acclimater les organismes. Et puis le lendemain, on avait repris l'avion, on avait atterri à La Paz, La Paz qui est à 4 000 mètres d'altitude. Et puis nous étions descendus. C'est dans une espèce de gigantesque cirque d'effondrement des Andes. On était descendus jusqu'au centre-ville de La Paz, où Jacques Chirac avait été reçu, et donc les personnes l'accompagnant avec...

Jacques Chirac avait été reçu par le Parlement, le président du Parlement de La Paz, le président bolivien. Et à l'issue de son discours, eh bien le président du parlement bolivien avait attribué à Jacques Chirac la plus haute décoration bolivienne, qui est ce qu'on appelle le Grand Condor. Alors c'était drôle, parce que dans l'avion, après, qui avait décollé, eh bien l'ambassade de France à La Paz avait fait passer les photocopies des articles de journaux français. Et il y avait le titre du Canard enchaîné qui était « Chirac le Grand Condor ». Et tout l'avion avait rigolé, à commencer par Jacques Chirac lui-même, ce qui est – je crois – peut-être... On pourra rigoler.

On pourra trouver mon anecdote un petit peu déplacée. Je ne le pense pas, parce que c'était un bon vivant. Tout le monde le sait. Et c'était quelqu'un qui aimait rigoler. C'était quelqu'un qui aimait le peuple français. Voilà. Et maintenant qu'il a disparu, maintenant que nous avons eu plusieurs successeurs, eh bien on commence à regretter beaucoup Jacques Chirac. Pourtant, moi, je l'ai – à l'époque – critiqué, notamment sur l'affaire de Maastricht. J'avais voté non à Maastricht. J'ai voté non à la constitution européenne. Et finalement, c'était peut-être l'un des tout derniers présidents de la République française réels.

Maintenant, nous avons des gens qui sont assujettis à l'ordre euro-atlantiste. La meilleure façon de rendre hommage à Jacques Chirac, c'est de tous se mobiliser pour reprendre le flambeau de ce qu'il disait en 1979 : « Cette Europe, nous ne l'accepterons jamais ». Nous devons tous nous mobiliser pour sortir la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Voilà. Et j'adresse ici toutes mes condoléances à Bernadette Chirac et puis à ses enfants, à tous ses proches et à tous ceux qui l'ont aimé.