EDWIGE DIAZ : « Nous avons en France entre 600.000 et 900.000 clandestins ! » (France Inter)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 44 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Une catastrophe de cette ampleur était-elle évitable ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Améliorer le financement des SDIS, vos votes à l'Assemblée ne reflètent pas ça.
- 2:07RelanceÉludée
Pourquoi avoir voté contre l'amendement de gauche sur le financement des SDIS ?
- 2:46OuverteRéponse partielle
Comment financer les SDIS ? On prend où cet argent ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Des incendies rendus plus violents par le changement climatique, ça vous ne le contestez plus ?
- 5:58RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous ne vous dites pas ce matin que vous avez surréagi sur la crise de Ceuta ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:53Invité politiqueChiffre
« Nous avons en France entre 600 000 et 900 000 clandestins ! »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Notre contre-budget de l'année dernière faisait état de 36 milliards d'euros d'économie. »
- 9:42Invité politiqueFait
« Si le Maroc ne faisait pas preuve de coopération et ne reprenait pas ses clandestins, eh bien en effet, je pense que nous aurions des moyens de coercition. »
Temps de parole
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- Présentateur27 %
- ?4 %
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Bonjour Edwige Diaz,
vice
-présidente
du Rassemblement National, députée de la Gironde. Votre département meurtri par ce méga feu qui a ravagé 42 000 hectares de pinettes, détruit plus de 240 maisons. Une catastrophe de cette ampleur était-elle évitable
? Oui,
merci beaucoup de me donner la parole sur ce sujet. Vous l'avez dit, la Gironde est à nouveau meurtrie après les grands feux de 2022 par ces épisodes d'incendie. Je voudrais d'abord avoir une pensée, des remerciements à l'égard des Français, principalement les pompiers, bien sûr, les bénévoles, les citoyens, les élus locaux, les entrepreneurs, les agriculteurs et aussi les sylviculteurs.
Vous saluez la gestion de crise ? Aucune
victime civile
?
Tant mieux, je pense vraiment que ces drames étaient évitables. Pourquoi ? Parce qu'en fait aucune leçon n'a été tirée de 2022. Moi je me souviens des promesses qui n'ont pas été tenues, des problèmes d'Emmanuel Macron qui n'ont pas été tenues. Vous vous souvenez sur le renouvellement, le développement de la flotte aérienne, sur la construction d'une base de sécurité civile à Mont-de-Marsan qui finalement a été en tirée.
Le budget
de la sécurité civile a augmenté nettement depuis ces
dernières années. Oui mais pas
suffisamment, on le voit bien, sinon on n
'en
serait pas à déplorer autant d'évacuations et autant de sinistres. Donc oui, je pense que ces drames auraient pu être évités. Nous au Rassemblement National, nous avons été en pointe pour faire des propositions, pour améliorer le financement des SDIS, pour sanctionner plus sévèrement, notamment les incendies d'origine criminelle. Nous avons aussi lancé un appel pour que le gouvernement entende l'appel justement des syndicats de sapeurs-pompiers qui veulent recruter davantage de sapeurs-pompiers volontaires. Malheureusement, tous nos appels n'ont pas été
entendus, je le
regrette. Améliorer le financement des SDIS, donc des services départementaux d'incendie et de secours. Vos votes à l'Assemblée Nationale ne reflètent pas forcément ça. En janvier dernier, vous avez voté contre un amendement de gauche qui justement permettrait de mieux financer ces services d'incendie et de secours en augmentant une taxe sur les assurances.
Pourquoi avoir voté contre ?
Merci de me donner la parole sur ce sujet pour démonter cette fake news qui a été relayée par nos opposants politiques, essentiellement de gauche qui eux ont une véritable responsabilité.
Vous n'avez pas voté contre cet amendement de gauche
?
En matière de lutte
contre les incendies, parce qu'en fait, nous, nous ne souhaitons pas augmenter la fiscalité sur les Français. Nous, nous avons déposé une proposition de loi pour améliorer le financement des SDIS, c'est-à-dire ne pas augmenter la taxe sur les Français, mais opérer une meilleure clé de répartition. Malheureusement, notre proposition de loi n'a pas été mise à l'ordre du jour, et quand nous l'avons déposée par voie d'amendement, cet amendement a été rejeté à la fois par le Bloc central et à la fois par
la gauche. Ça coûte 6 milliards, les
services départementaux d'incendie et de secours.
Comment les
finances ? On prend où cet argent,
vu l'état des
finances publiques ?
Vous savez, à chaque moment de discussion budgétaire, nous déposons un contre-budget. Notre contre-budget de l'année dernière faisait état de 36 milliards d'euros d'économie. Donc vous voyez,
en
fait, de l'argent, en France, il y en a, et d'ailleurs les Français le savent, ils payent suffisamment d'impôts. C'est juste que cet argent est mal réparti. Donc vous dites que les financements de lutte contre l'incendie coûtent 6 milliards d'euros. C'est très probablement vrai. Simplement, en fait, combien coûtent les dégâts ? Là, vous voyez, combien coûtent les pertes économiques ? J'étais hier à une réunion avec les acteurs économiques qui nous disent « Au secours, le tourisme va mal ». Et d'ailleurs, je me permets de lancer un appel sur vos ondes.
Il faut sauver le mois d'août et le mois de septembre ces mois touristiques parce que les propriétaires de camping, les austréiculteurs, les restaurateurs, les saisonniers ont besoin de cette manne économique. Il y
a
une très mauvaise communication qui a été faite sur le sujet. Et donc moi, je le dis, voilà, je suis girondie, nous avons un territoire magnifique, nous pouvons vous accueillir en toute sécurité. La qualité de l'eau, la qualité de l'air sont présentes. Et donc venez, revenez sur le terrain et venez sauver notre tourisme estival.
Vous
le disiez, Edwige Diaz,
vous
disiez que cette catastrophe aurait pu être évitable dans son ampleur. On sait que ça aurait peut-être pu être évité si on s'était attaqué un peu plus franchement au changement climatique. Des incendies rendus plus violents par le changement climatique, ça, vous ne le contestez plus aujourd'hui au Rassemblement
national ?
On ne l'a jamais contesté. Et là, pareil, je dénonce le faux procès, le procès en hypocrisie que nous ont fait nos opposants politiques. Nous n'avons jamais contesté le changement climatique. Et c'est d'ailleurs pour cette raison, en fait, que nous, nous voulons donner une place essentielle aux agriculteurs, notamment en matière de gestion de l'eau. Vous voyez, hier, j'étais sur le terrain, j'étais sur la commune du Temple, j'étais aux côtés de sylviculteurs. Ils m'ont expliqué, en fait, que quand vous avez une bande de pain et qu'à côté, vous avez une plantation de maïs ou de carottes, du fait que vous ayez irrigué ces plantations agricoles, eh bien, vous stoppiez l'incendie.
Et c'est ce que j'ai vu hier, de mes propres yeux. Sauf que qui sont opposés aux rétentions d'eau ? Par exemple, qui fait sans cesse la guerre aux agriculteurs ? Je le dis, ce sont les politiques
de gauche. Pour irriguer, encore
faut-il qu'il y
ait
de l'eau qui tombe ? Il
n'y en a plus.
En Gironde, il y a de l'eau dans les nappes souterraines, vous voyez. Donc, on a suffisamment de
l'eau en Gironde. Vous dites qu
'on ne conteste plus les effets du changement climatique et la responsabilité humaine là-dessus. En 2023, ce même micro, Thomas Ménager, votre collègue du RN, disait « Les experts du GIEC sont trop alarmistes, ils exagèrent. Les experts climat de l'ONU. »
Vous
ne le dites plus, ça, trois ans après
? Non,
mais Thomas Ménager s'est largement réexprimé sur le sujet. Il a dit ça une seule fois à votre micro, vous le redites à chaque fois.
Je m'en souviens. J
'espère que vous pourrez passer ces réactions. Non, mais voilà, le sujet est très sérieux. Nous sommes dans une situation de changement climatique. Nous le savons. Nous le savons. Et même, je vais vous dire, il
y a
un rapport qui indiquait en 2010, par exemple, que la Gironde était un département sujet aux incendies. Qu'est-ce qui a été fait depuis ? Rien du tout. Donc, je le dis, les responsables politiques macronistes soutenus par la gauche ont pour le coup une véritable responsabilité politique dans les dégâts que nous subissons actuellement.
Edwige Diaz, il
y
a cette réunion d'urgence aujourd'hui des ministres européens de l'intérieur après la crise de Ceuta. C'est 60 000 migrants qui sont arrivés en quelques heures dans l'enclave espagnole. Toute l'extrême droite, la droite européenne a crié à la submersion. Force est de constater cinq jours plus tard que la très grande majorité de ces personnes sont retournées au Maroc, qu'aucune d'entre elles n'a mis le pied sur le continent européen. Est-ce que vous ne vous dites pas ce matin que vous avez surréagi ?
Alors déjà, je ne me considère pas d'extrême droite et je considère que le RN est tout à fait en phase avec les aspirations des Français qui estiment qu'il y a trop d'immigration dans notre pays et que les frontières ne sont pas protégées. A ce titre, je me permets de relayer la pétition lancée par notre partenaire de l'UDR, Eric Ciotti, qui veut réserver la libre circulation de l'espace Schengen aux nationaux de l'Union européenne et qui veut aussi instaurer des contrôles aux frontières espagnoles. C'est exactement ce que demande Jordan Bardella et Jordan Bardella a écrit un courrier en tant que président du groupe Les Patriotes pour l'Europe.
Il a écrit un courrier à la présidence du Parlement européen précisément pour demander la tenue d'une session extraordinaire
du Parlement européen pour
protéger l'espace européen et notamment les frontières françaises. Mais monsieur, qui peut croire qu'aucune de ces personnes qui ont violé une frontière ne se retrouveront pas en France ? Il y
a
un véritable appel d'air et je le dis. Et Pedro Sanchez est responsable de cet appel d'air et fait le jeu des passeurs. Et moi, vraiment, je soutiens les propos de notre partenaire de vote,
Santiago Abascal, qui veut
renvoyer les Marocains en situation d'illégalité. Est
-ce que vous n
'avez
pas l'impression d'exploiter cette crise ? Justement pour vous en prendre au Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, dont la politique migratoire n'est en effet pas du tout celle que vous préconisez. Parce que les images sont marquantes, mais la réalité, c'est ce que nous dit aussi l'agence européenne Frontex, les arrivées irrégulières en Europe, elles ont baissé de 40% sur les 4 premiers mois de l'année. C'est ça la réalité de l'immigration régulière aujourd'hui ? C'est une nette baisse
?
Alors, pardon, mais nous avons en France entre 600 000 et 900 000 clandestins, donc je n
'ai
pas l'impression qu'il y ait une baisse de l'immigration clandestine dans notre pays. Vous savez, la politique du socialiste Pedro Sanchez, elle est contestée pas que par le Rassemblement National. Vous savez, il y a 22 dirigeants européens qui ont demandé une conférence en urgence, à laquelle d'ailleurs c'est un courrier que Macron n'a pas signé. Vous voyez, donc en fait, c'est toute l'Union Européenne,
c
'est tous les dirigeants de
l
'Union Européenne qui se désolidarisent de la politique menée par le socialiste espagnol et qui disent stop à l'instrumentalisation des migrations et stop à l'entrée illégale qui donne droit à de la régularisation.
À la tête de
ce mouvement, il y a Giorgia Meloni en Italie, votre alliée italienne. Elle a rétabli les frontières avec l'Espagne ces derniers jours.
Elle
lui a refusé la solidarité européenne dont elle avait pourtant bénéficié, elle, en 2023, quand là aussi des milliers de migrants avaient débarqué sur l'île de Lampedusa. Donc, il fallait venir en aide à l'Italie il
y
a trois ans et laisser l'Espagne seule aujourd'hui.
Elle
a pointé du doigt.
Non, mais
en fait, l'Espagne n'est pas victime de cette situation. L'Espagne a organisé cette situation migratoire. C'est ce socialiste Pedro Sanchez qui, lui, est favorable à la régularisation des clandestins qui a véritablement lancé un appel d'air. Donc là, vous comparez deux choses qui ne sont pas comparables. Et moi, vous savez, en tant que responsable politique française, eh bien oui, je le dis que nous devons protéger les Français de cette submersion migratoire dont, je le dis, les Français ne veulent pas en réalité.
On
ne connaît pas, par exemple, aujourd'hui encore très précisément le rôle du Maroc dans cette histoire. On ne connaît pas les raisons de cet afflux soudain et qui n'a duré que quelques heures à Ceuta. Ça, ça n'a pas grand-chose à voir avec la politique migratoire de M. Sanchez.
Il faudra en effet éclaircir le rôle du Maroc sur cette situation. Mais c'est vrai que si le Maroc ne faisait pas preuve de coopération et ne reprenait pas ses clandestins, eh bien en effet, je pense que nous aurions des moyens de coercition. Vous savez, l'Union européenne, entre 2021 et 2025, a attribué 2 milliards de subventions au Maroc, dont 200 millions, notamment pour gérer la question migratoire et faire la lutte contre les passeurs. Donc si le Maroc n'a pas rempli son contrat, il faudra en effet suspendre les financements européens.
Edwige Diaz,
un
mot de cet arrêté d'expulsion qui vise la chroniqueuse russe pro-Kremlin, Xenia Fedorova. Comment vous qualifiez-vous cette décision du gouvernement
?
Écoutez, je n
'ai
pas été dans le détail. Je regarderai un petit peu plus tard et je vous dirai prochainement.
Ah,
parce qu'on sent un certain embarras au sein du RN. Vous n'êtes pas tous d'accord là-dessus. Thierry
Mariani
notamment a dit, on fait taire une des rares voix dissonantes dans la presse française, qui ne répétait pas le récit autorisé sur l'Ukraine.
Écoutez, moi je n
'ai
pas affaire d'ingérence et je le dis, j'ai été très prise par la question des incendies en Gironde ces derniers jours, qui m'a pris beaucoup de temps. J'ai fait beaucoup de visites de terrain, je suis venue en aide à des sinistrés. Je me suis engagée en tant que citoyenne et donc oui, désolé, vous savez la situation qu'a connue la Gironde.
Et
donc malheureusement,
j'aurais
aimé
consacrer mon temps à faire
autre chose, mais malheureusement, il a fallu que je gère les priorités. Et donc oui, je le dis, j'ai été aux côtés de sinistrés en Gironde et j'ai tenu mon rôle de responsable politique girondine.
Edwige Diaz, vice-présidente du RN, invité d'Inter ce matin. Merci et
bonne
journée.
Edwige Diaz