LE PANTOUFLAGE EMPOISONNE L'ÉTAT - Jean-Luc Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Jean-Luc MélenchonFait
« C'est une source de corruption, corruption morale »
- 1:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Nous sommes d'accord pour que les gens partent, mais nous ne sommes pas d'accord pour qu'ils reviennent »
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Mes amis du groupe la France insoumise ont exprimé à l'occasion de la présentation de ces amendements nos vues sur le sujet. Permettez qu'au moment où l'on va passer au vote, je ramasse une certaine vision que nous voulons porter de l'État. Nous comprenons, parce que c'est une liberté individuelle, qu'on quitte la fonction publique, mais alors il faut dire les choses comme elles sont : on ne la quitte pas du fait de ses seuls vertu et talent, car du talent il y en a partout ; on la quitte parce qu'on a un carnet d'adresses et un réseau d' influence.
C'est donc une façon d'acheter le résultat de ce qui a été acquis au service de l'État par des intérêts privés. Deuxièmement, le haut fonctionnaire en question sait dorénavant que non seulement il est possible mais bien vu, bien accepté, encouragé de passer du public au privé et d'y revenir. C'est une source de corruption, corruption morale.
Nous sommes d'accord pour que les gens partent, mais nous ne sommes pas d'accord pour qu'ils reviennent. C'est notre philosophie -- vous avez le droit de ne pas être d'accord -- et ça va me permettre de vous dire une chose : hier j'ai entendu des choses fort déplaisantes pour les fonctionnaires. Alors d'aucuns ici croient que les fonctionnaires c'est un monde clos, fermé, de gens qui restent entre soi, pétrifiés, n'ont aucune idée sur le sujet, qui évolueraient seulement l'air frais de ceux qui fréquentent les clients, leur permettraient de comprendre la mentalité de l'usager.
Il n'en est rien. Madame la ministre, vous fûtes rectrice et moi ministre. Et je me souviens qu'étant fonctionnaire, vous n'étiez pas quelqu'un de fermé.
Tout au contraire, rectrice vous étiez ouverte à toutes les innovations et vous les preniez en charge avec tout votre talent de fonctionnaire. Et les fonctionnaires -- je me permets de le dire -- ont construit l'État. Ils sont aujourd'hui ceux qui le portent sur leur dos et je demande qu'ici on ait aussi une pensée pour la haute fonction publique -- en lui reconnaissant des vertus qu'elle acquiert par la pratique de son métier, au service de l'État qui est un endroit d'émulation, d'intelligence, de compréhension et de dévouement absolu -- que ceux qui veulent partir usent de la liberté constitutionnelle de s'en aller, mais qu'il ne nous empoisonnent pas l'État en revenant. (Prés. de l'ass.) Merci, Monsieur Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon