Le RN votera contre le budget ! - Jean-Philippe Tanguy (France 3)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est dans votre logiciel, ça, le réchauffement climatique au RN ?
- 2:26OuverteRéponse partielle
Le Fonds vert va être réduit d'un milliard dans le prochain budget. Vous vous dites que ce n'est pas grave ou vous demandez à ce qu'il soit maintenu ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Vous êtes le spécialiste des finances RN. Les députés ne vont pas pouvoir voter le budget. Est-ce que vous êtes déçus ?
- 4:47RelanceRéponse directe
Mais qui est responsable précisément ?
- 5:15FerméeRéponse directe
Au vu de ce que vous savez maintenant de ce projet de budget du gouvernement, voterez-vous, vous, le RN, ce budget ou pas ?
- 6:45OuverteRéponse directe
Avant, en tout cas, le vote final, il peut y avoir un 49-3. Vous y attendez, j'imagine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:35Invité politiqueFait
« Il y avait Marine Le Pen avec un projet qu'on appelait Marie Curie, qui était un grand projet jusqu'en 2050 avec un programme de plus de 50 pages sur la transition écologique. »
- 1:47Invité politiqueFait
« En France, les éoliennes n'ont pas servi à décarboner l'énergie, puisque grâce au nucléaire et à l'hydroélectricité, on était déjà décarbonés et de loin. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Il y a un retard dramatique dans ce domaine-là. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Le gouvernement et les partis qui le soutiennent ont saboté ce budget. »
- 4:05Invité politiqueChiffre
« Les amis de M. Wauquiez et les soutiens de M. Macron ont déposé plus de 1 500 amendements à eux tous seuls. »
- 4:14Invité politiqueChiffre
« Il aurait fallu 12 jours pour étudier ces amendements alors qu'on n'a que 5 jours. »
- 5:49Invité politiqueChiffre
« M. Barnier est très content de faire un déficit de 5%. »
- 6:33Invité politiqueChiffre
« Avec 25 milliards de dépenses nouvelles. »
- 13:39PrésentateurFait
« Vous voulez revenir à 62 ans, c'est bien ça, au lieu de 64 ans, avec 42 ans de cotisation pour avoir un taux plein. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy64 %
- Présentateur23 %
- Invité6 %
- ?3 %
≈ 10,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, bienvenue dans Dimanche en politique. Vous allez réentendre parler des retraites dans les prochains jours parce que dès la semaine prochaine, le Rassemblement national veut remettre le dossier sur la table à l'Assemblée nationale. Avant cela, le RN joue sa partition sur le budget 2025 dans une concurrence avec la gauche. Parfois, les voix se mêlent. Ça pourrait-il même aller jusqu'à voter une motion de censure pour mettre un terme au gouvernement Barnier ? Invité de l'entretien de Dimanche en politique, Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes président délégué des députés Rassemblement national, chargé des finances aussi au Rassemblement national, dans le sens charge des finances spécialistes des finances. Une semaine après les inondations qui ont touché le massif central, le centre de la France jusqu'aux Alpes, c'est le sud qui est touché par les intempéries, le Var en particulier. L'eau a débordé sur les terrasses du port de Saint-Tropez, mais pour l'heure, les dégâts sont limités, contrairement à ce que d'autres régions ont pu vivre. Et vous en savez quelque chose en tant que député de la Somme. Ces catastrophes risquent de se multiplier. Ce sont les conséquences du réchauffement climatique.
Des scientifiques alertent, des écologistes alertent aussi, des spécialistes de l'environnement. Est-ce que c'est dans votre logiciel, ça, le réchauffement climatique au RN ? Oui,
tout à fait. Alors permettez-moi, avant de parler de ce sujet, de penser aux victimes, évidemment, aux élus locaux, aux secouristes qui permettent d'épauler les gens dans ces moments extrêmement douloureux. Effectivement, dans la Somme,
nous
connaissons régulièrement ces épisodes. Nos voisins du Pas-de-Calais, la dernière aussi, ont beaucoup subi ces intempéries, ces inondations dramatiques.
Le
réchauffement climatique,
c
'est quelque chose qui vous parle, vous, au RN ?
Absolument.
Il n
'y
avait que deux parties qui avaient vraiment proposé un programme de transition écologique au présidentiel. Il y avait M. Mélenchon avec sa logique qui n'est pas la nôtre. Et il y avait Marine Le Pen avec un projet qu'on appelait Marie Curie, qui était un grand projet jusqu'en 2050 avec un programme de plus de 50 pages sur la transition écologique. C'est vrai qu'on nous en parle assez peu quand on est interrogé. Non,
il y avait des choses aussi
étonnantes. Par exemple, arrêter les éoliennes.
Avouer que c'était un peu particulier. Pas du tout, parce qu'en France, les éoliennes n'ont pas servi à décarboner l'énergie, puisque grâce au nucléaire et à l'hydroélectricité, on était déjà décarbonés et de loin. Et ça n'a pas permis, par exemple, de nous débarrasser de nos quelques centrales à charbon ou de les convertir, comme propose notre député Alexandre Loubet à Saint-Avol, de les convertir à la biomasse. Ça fait plusieurs années qu'il y a un retard dramatique dans ce domaine-là. Et non, aujourd'hui, les éoliennes, si vous
voulez,
c'est de l'argent gâché qui aurait pu servir, par ailleurs, à la décarbonation. M. Jean-Covici dit souvent que l'ensemble des subventions aux éoliennes auraient pu être utilisées pour aider les gens à ne plus avoir de chauffage à fioul, par exemple, qui est très coûteux et assez polluant.
Alors à propos d'argent sur l'environnement, le Fonds vert, qui est là pour aider les communes à construire des équipements, pour contrer les inondations, par exemple, va être réduit d'un milliard dans le prochain budget. On est en plein budget en ce moment. Vous vous dites, les 1 milliard du Fonds vert en moins, ce n
'est
pas grave, ou vous demandez à ce qu
'il
soit maintenu ?
Le
Fonds vert, c'est un nouveau dispositif. Je ne suis pas sûr qu'il soit toujours bien utilisé, même si certains élus dans la Somme l'ont utilisé à bon escient. Et il ne faut pas saupoudrer. Donc il faut réfléchir à des moyens de financer la transition sur plusieurs années. Mais le Fonds vert, pour
vous,
s'il est amputé d'un milliard d'euros,
ce
n
'est
pas un problème
?
Non,
mais
le Fonds vert, il n'existait pas il y
a
deux ans. Donc ce n
'est
pas moi qui vais défendre le gouvernement, mais il faut trouver des économies. Donc ce Fonds vert, qui a servi un peu à acheter la paix sociale pendant les élections par Mme Borne, n'est pas pérenne, si vous voulez. Donc il ne
faut
pas non plus alerter les élus pour rien. Ce qu'il faut, c'est comment on finance dans la durée, comment les mairies ont les moyens de leur financement, comment les départements ont les moyens de leur financement, et qu'il n'est pas à besoin chaque année d'aller demander de l'aumône au gouvernement. —
Vous avez siégé jusque tard hier soir à l'Assemblée nationale pour débattre du budget 2025. Vous êtes le spécialiste des finances ORN, je le disais tout à l'heure. Mardi dernier délai pour le vote des recettes du budget. Vous avez débattu de ça ces derniers jours. Il reste 1 500 amendements. Donc d'ici mardi, ça ne va pas tenir. Les députés ne vont pas pouvoir voter le budget. Est-ce que vous êtes déçus ? — Je ne
suis
pas déçu. Je suis très en colère,
en fait. Parce que c'est sciemment que le gouvernement et les partis qui le soutiennent ont saboté ce budget. C'est très technique pour ceux qui nous regardent. Je comprends. Mais il faut savoir que normalement, les partis qui soutiennent un gouvernement ne déposent pas d'amendements. Puisque par définition, les partis qui soutiennent un budget sont d'accord avec ce budget. Les amendements, c'est pour le changer. Pour la première fois sous la Ve République, les amis de M. Wauquiez et les soutiens de M. Macron ont déposé plus de 1 500 amendements à eux tous seuls. Ça veut dire, en termes de temps nécessaire, qu'il aurait fallu 12 jours
pour
étudier ces amendements alors qu'on n'a que 5 jours. Donc quand ils font ça, ils sabotent sciemment le budget.
— C'est le sabotage ou l
'obstruction ? — C'est pareil. L'obstruction, c'est du sabotage. Quand les Insoumis faisaient de
l
'obstruction pour les régimes des retraites, les macronistes les condamnaient, eh bien ils ont fait la même chose. Parce qu'effectivement, c'est mépriser le Parlement et c'est surtout mépriser les Français. Parce que si les parlementaires ne peuvent pas voter, par exemple, sur les hausses d'impôts, ça veut dire qu'on va faire ça dans le dos des Français. Et donc je suis très en colère sur ce qui a été fait parce que… —
Mais qui est responsable précisément ? — C
'est évidemment Michel Barnier qui est responsable de cela et les partis qui le soutiennent. Moi, j'ai interpellé les différents membres de la majorité, Mme Broun-Pivet qui viendra sur votre plateau.
— Présent de l'Assemblée. —
Je lui ai dit « Mais si vous n'avez pas d'autorité
sur
vos députés pour qu
'ils
ne déposent pas d'amendements, ça veut dire que vous n'êtes pas capables de diriger le pays ». Or, je pense que s'il y
a
eu autant d'amendements, c'est bien qu'il y
a
eu une volonté de toute ou partie de la majorité de saboter ce budget.
—
Donc à l'arrivée, ce sera probablement la copie du gouvernement qui sera mise en discussion finale, très probablement. Au vu de ce que vous savez maintenant de ce projet de budget du gouvernement, voterez-vous, vous, l'ERN, ce budget ou pas ? — Ah ben non, on ne votera pas
ce
budget.
— Ce
ne sera pas une
abstention non plus ? — Non, mais on a toujours été…
— Ce sera un vote
contre.
—
Oui, mais nous sommes contre, par exemple, la hausse d'impôts sur l'électricité. Et nous avons réussi à la faire annuler grâce à un amendement d'URN. Mais le Sénat, qui soutient M. Barnier, va sans doute le rétablir. Mais surtout, on demande des efforts aux Français pour rien. Le Haut Conseil des finances publiques a dit et a critiqué le fait que les dépenses continuent à augmenter plus fort que l'inflation. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait le déficit continue à augmenter. Et M. Barnier est très content de faire un déficit de 5%. C'est toujours deux points de trop de ce qu'il faudrait faire.
Et beaucoup de spécialistes économiques disent qu'en plus, c'est encore un mensonge, comme l'année dernière avec M. Le Maire, et qu'en fait, le vrai déficit, ça va être 5,3. Alors ça veut dire à peu près 10 milliards encore de
mauvaises dépenses. — Mais ce que j
'entends, c'est que vous, au RN, vous voterez contre.
—
Oui, on votera contre. Mais de toute façon... — Non, parce
que
c'était pas si clair jusqu'à
ce moment-là. — Oui, je comprends. — J'ai dit
qu'on ne votera pas, mais on savait pas si c
'était
contre ou absent. —
Vous avez raison. Mais si vous voulez, il y a une crise budgétaire. C'est très facile de faire comme la gauche, de hurler et de dire non à tout. Nous,
on
a fait des propositions. J'ai présenté au nom de notre groupe, de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, un contre-budget permettant de rendre 15 milliards d'euros aux Français, notamment par des baisses de TVA, en coupant beaucoup plus dans les dépenses, avec 25 milliards de dépenses nouvelles. J'ai fait ces propositions aux deux ministres. Je n'ai eu aucun retour sur ces propositions concrètes. Et c'est aussi un mensonge de Michel Barnier qui avait promis de dialoguer avec les oppositions. Il dialogue avec personne. —
Avant, en tout cas, le vote final, il peut y avoir un 49-3. Vous y attendez, j'imagine ?
— Je ne sais pas. Il y a une autre méthode qui consisterait plus perfide, plus machiavélique, qui consiste en fait à laisser traîner les délais, à épuiser le Parlement, à traîner en longueur. Et le fait que le délai constitutionnel de 70 jours s'épuise et qu'en fait, il y ait un vote par défaut et ou un non-vote par défaut. Et une fois de plus, ce qui est très choquant dans la méthode utilisée par Michel Barnier, c'est que sous ces airs de sages, de personnes tranquilles, c'est une personnalité machiavélique qu'on découvre en réalité, puisqu'il sait très bien ce qu'il le fait. Et ce serait la première fois de
l
'histoire de la Vème République qu'on épuise volontairement les délais, qu'on épuise le Parlement tout en ne disant rien. Parce que quand même, Michel Barnier ne dit absolument rien
sur ce qui se passe. — Vous êtes très sévère avec le Premier ministre. Vous lui en voulez beaucoup aujourd'hui,
visiblement. Vous êtes très
sévère. Des propos comme ça, vous ne les
avez pas tenus jusqu'à maintenant.
—
Oui, parce que vous savez, il y a deux choses en politique. Il y a l'avis partisan. Moi, j'ai un programme, j'ai des idées, j'ai des valeurs. Et il y a le respect qu
'on
doit à la démocratie et à l'intérêt national. Et user les institutions, user la Vème République, ça peut très mal finir pour notre pays. Et je suis très inquiet de ce qui se passe. —
Nous allons accueillir Laurence Perron, Jean-Yves Poétique, à France Inter, pour sa carte blanche. Bonjour, Laurence. —
Bonjour,
Francis. — Je vous laisse saluer Jean-Philippe Tanguy. — Bonjour, Jean-Philippe Tanguy. — Parce que vous suivez les débats parlementaires et vous avez été surprise de certaines choses.
— Oui. On peine à comprendre un peu votre stratégie. Je trouve qu'elle a un petit côté marchand-crabe. Je vote avec la gauche, le NPF, le NFP, pardon, pour que les entreprises qui font des profits ou les plus riches soient plus taxées. En revanche, sur le prélèvement unique forfaitaire, la flat tax, comme on l'appelle. Là, vous avez dit pas question de taxer plus des entreprises. Est-ce que c'est pas un peu le signe d'une fracture qui parcourt votre partie entre une ligne bardelliste plus libérale et vous qui seriez un petit peu la ligne plus sociale ?
Est
-ce qu'il
y a
une fracture au sein du
RN
? — Non, pas du tout. Moi, je comprends que parfois, notre stratégie puisse être plus difficile à comprendre que des caricatures comme la gauche qui veut toujours tout taxer et les macronistes qui veulent sauver un bilan
économique qui
n
'a
pas
marché. —
Pas
du tout, oui. Sur la flat tax, moi, qu'est-ce qu'on veut faire ? On veut de la justice fiscale. La flat tax, c'est par nature une taxe injuste puisqu'elle frappe de la même façon les petits porteurs, les chefs d'entreprise qui se versent un salaire à travers cette méthodologie et les milliardaires qui ont plusieurs millions de revenus fiscaux. Donc quand vous augmentez de la même façon la flat tax, tout le monde est touché, y compris les classes moyennes et les chefs d'entreprise. Donc c'est la même ligne. — C
'est les seuls,
c'est les classes moyennes et les
plus
pauvres. Et c'est pour ça qu'on soutient aussi, comment dire, des taxes, des impositions sur les plus privilégiés parce qu'eux, ils peuvent contribuer. Mais vous savez, voilà, c'est un peu les deux caricatures. M. Macron qui a voulu aider les privilégiés en faisant payer la facture aux plus pauvres avec les hausses de taxes sur les carburants, par exemple, et le NFP qui veulent taxer tout le monde. Ils sont contents de créer 60 milliards de taxes. Moi, je ne comprends pas comment on peut être
content de créer 60 milliards de taxes. — Alors vous avez réussi quand même à
imposer
votre remarque sur
le débat
avec l'apport de la gauche et inversement. Vous êtes le groupe le plus puissant à l'Assemblée nationale. Et pour autant, vous n'avez pas obtenu de vice-présidence. Est-ce que le cordon sanitaire tient toujours, en dépit de la cravate, l'arrêt sur le côté, etc.
? Non, mais c'est surtout le Parti Unique. Ce sont des gens qui ne pensent qu'à sauver leur petit poste et mépriser la démocratie. Nous, on a voté pour des vice-présidents de toute obédience politique par respect pour la démocratie.
Eux… — C'est la faute du bloc central et donc des
macronistes.
—
Bien sûr.
C'est aussi la faute de la gauche. Mais la gauche, au moins, ils assument d'être sectaires et de n'aimer qu'eux. Les macronistes… Mme Broun-Pivet, d'ailleurs, dans la presse, a dit « Ah, ben moi, il faudrait qu'il y
ait
des vice-présidents de tous les partis politiques. » Et ils n'arrivent pas à s'organiser pour le faire. Et même, ils votent contre nous, encore cette semaine, où ils ont refusé d'élire un vice-président Rassemblement national.
— Jordan
Bardella, votre président sort un livre pour dire toute sa vérité. Est-ce que c'est une manière pour lui de se mettre en piste si Marine Le Pen n'était pas
en
capacité de se présenter à cause de son procès en 2027 avec son
présidentiel ? — Marine Le Pen sera en capacité de se présenter puisqu'elle est innocente.
—
C'est un événement politique, le livre de Jordan Bardella, pour vous
?
— Oui, c'est un événement politique. C'est une étape importante pour lui, je pense, dans sa relation avec les Français. Marine Le Pen a quand même eu le talent de repérer, il faut bien le dire, un surdoué de la politique et qui a été très populaire et qui a une vision forte pour notre pays. Et c'est un binôme, je pense, qu'on nous envie beaucoup, ce binôme qui fonctionne parfaitement, en parfaite harmonie. Et Marine Le Pen est parfaitement innocente de cette machination organisée par nos adversaires. Et je suis très heureux que, par son courage, elle ait démontré que le Parlement avait fait des faux documents et des faux contrats. Ça,
c
'est
comme l'événement
de la semaine dernière. C
'est
qu'on a réussi à débusquer ses mensonges et je trouve qu
'elle
est très courageuse.
— Merci, Laurence. Pour
trouver
60 milliards, certains proposent de réinstaurer la taxe d'habitation qui a été totalement supprimée depuis le 1er janvier 2023, notamment des élus locaux.
—
Je suis pour le rétablissement de la taxe d'habitation qui doit toucher tous les administrés.
C
'est un point fondamental. — Moi, j'aimerais la repayer, oui. Je vous le dis comme je le pense. Je ne demande pas à
ce
que les autres, les 80 %, la repayent, mais j'aimerais que, quelque part, ces 9
-10 milliards d'euros... — Et à partir de quel
salaire, vous pensez qu'il faut repayer sa... —
Les 20 %, c'était les 20 % de plus aisés. — Cette suppression de la taxe d'habitation a fait penser à nos concitoyens que tout était gratuit. Les crèches, l'école, les voiries, une politique culturelle, une politique sportive. Et donc, la réflexion se porte sur, oui, la création d'une taxe locale, d'un impôt, un nouvel impôt. Là où les collectivités territoriales ont raison de questionner le sujet de la fiscalité,
c
'est quels leviers fiscaux on crée sur le territoire. Est-ce que ça doit passer par la création d'un nouvel impôt ? Pas forcément. Je ne le crois pas. Et certainement pas par le retour de la taxe d'habitation.
—
Jean-Philippe Tanguy, question simple. Est-ce qu'il faut recréer la taxe d'habitation
? —
Non, non. Mais entre-temps, la taxe foncière, elle a complètement explosé. Donc ça voudrait dire qu'on supprime un impôt,
qu
'on fait exploser la taxe pour les propriétaires et qu'on remet une couche pour tout le monde. — Donc non à la taxe d'habitation. — C'est le délire total fiscal. Donc il faut faire des économies. Quand la mairie de Paris dépense plusieurs centaines de millions d'euros pour faire des fermes urbaines et faire n'importe quoi, et la société du Grand Paris qui fait des emprunts de plusieurs milliards d'euros, c'est même pas où va l'argent. Donc déjà qu'on fasse le ménage dans les mauvaises dépenses des grandes collectivités, des régions, il faut peut-être interroger le millefeuille territoriale, vous savez que nous, on préférait qu'il y
ait
seulement trois échelons, la commune, le département et l'État. Voilà. Donc on ferait beaucoup d'économies.
— Pas de retour de la taxe d
'habitation.
C'est hors de question. C'est bien ça. — Ah mais non, mais c'est la facilité.
—
D'accord. Donc oui. C
'est non à la... — C'est
vraiment la double peine.
—
La semaine prochaine, le Rassemblement national va pouvoir défendre ces thèmes à l'Assemblée nationale grâce à votre niche parlementaire. En haut de la pile, il y
a
la suppression de la réforme des retraites. En commission cette semaine, la gauche a détricoté votre texte. Donc la question qui se pose, c'est est-ce que vous allez maintenir la réforme des retraites dans le débat jeudi prochain ? —
Oui, on maintient. Et c'est Thomas Ménagé qui défendra cette mesure. Et j'espère qu'on arrivera à faire changer un certain nombre d'élus. C'est quand même triste que la gauche mente matin, midi et soir sur cette réforme qui fait tant de mal aux Françaises et aux Français, avec des gens qui sont fatigués après une vie de travail et qui méritent une retraite digne. Donc je trouve ça très triste comme attitude de la
gauche. — Vous
voulez revenir à 62 ans, c'est bien ça, au lieu de 64 ans, avec 42 ans de cotisation
pour
avoir un taux plein. Donc quelqu'un qui partira à 62 ans n'aura
pas le taux plein. — Ça dépend à quel âge il a commencé à travailler. Mais c'est vrai que ce qu'il
y a
de plus injuste, c'est vraiment l'âge de départ. Parce que des personnes qui ont travaillé à 19, 20 ans, aujourd'hui doivent cotiser 44 ans, sauf quelques rares cas et quelques dispositifs. Donc c'est très injuste. Et moi qui ai
eu
la chance de pouvoir faire des études longues, ça veut dire que je travaillerais moins qu'une aide-soignante ou qu'un ouvrier. Donc tout ça n'est pas juste. Et le Rassemblement national est très volontaire pour un système des retraites juste. —
Alors vous savez que c'est pas tout à fait la ligne du nouveau Front populaire. Vous dites que vous avez besoin des voix de la gauche pour faire passer ce retour à 62 ans. Mais ils sont pas tout à fait sur la même ligne sur tout, notamment là-dessus, sur la durée de cotisation, etc. Comment pouvez-vous les amener sur votre ligne,
puisque c'est pas le même programme ? — C'est-à-dire qu'on a choisi de simplifier. Marine Le Pen avait une réforme des retraites qui serait trop longue à expliquer en quelques minutes. Et donc on a choisi non pas de proposer la réforme de Marine Le Pen, mais de revenir avant la réforme de Macron, ce qui était le dénominateur commun de toutes les forces opposées à cette réforme injuste des retraites.
— Plus petit
dénominateur commun.
— Exactement. Mais d'ailleurs, c'est ce que les Insoumis vont proposer un mois après. Donc ils ne vont pas vouloir voter la nôtre. Et ils vont proposer la même un mois après. Bon, de toute façon, si la nôtre ne passe pas, on soutiendra celle de la gauche. Parce que ce qui compte, c'est l'intérêt des Françaises et des Français pour le Rassemblement national. —
Et
vous pensez que celle de la gauche aurait plus de chances de passer de ce fait ?
— Ah bon, elle passera grâce à nous. Voilà. Mais c'est quand même triste qu'on perde un mois. Parce qu'avec un mois, si ça part au Sénat plus tôt, et si d'autres parties au Sénat défendent cette réforme plus tôt, il y avait des gens qui pourraient peut-être partir en retraite plus tôt. Chaque mois qui passe, ce sont des gens qui vont souffrir. —
Alors vous avez aussi un problème dans vos rangs, je dirais, avec vos alliés. Parce que vos alliés de l'UDR, d'Éric Ciotti, ne veulent pas,
eux,
d'un retour à 62 ans. Pourtant, vous avez fait un contrat législatif avec eux en juin et juillet dernier. C'est un coup de canif dans l'Alliance, ça, non ? —
Non, pas du tout. Parce que s'ils étaient totalement comme nous, ils seraient au Rassemblement national.
— Non, mais c'est vos alliés. Ils seraient dans notre groupe. — C'est comme si
au Nouveau Front populaire, les gens ne votaient pas de la même façon.
— Mais ils ne votent pas de la même façon sur les retraites. — Pas toujours, sur les retraites-ci. —
Ah non, parce que, par exemple, les socialistes, c
'est
la réforme touraine avec 43 ans de cotisation. Et les insoumis, c'est 40 ans où ils rasent gratis. Bon, il y a autant de positions à gauche différentes. Quand on a fait alliance, M. Ciotti soutenait notre réforme, puisque le Rassemblement national faisait beaucoup plus de voix. Quand il n
'y
a pas d'élection, M. Ciotti défense ses idées. Mais c'est normal. Moi, avant, j'étais avec M. Dupont-Aignan.
— Il n'y a pas de grave.
— Non, pas du tout. Quand on soutenait Marine Le Pen avec M. Dupont-Aignan, avant que je la rejoigne, il y avait des différences avec M. Dupont-Aignan et Mme Le Pen. Et c'était pas un problème. Ce qui compte, c'est à un moment, faire un accord. Et entre le moment de l'accord, on peut faire vivre ces différences.
— Un de vos collègues a publié une affiche avec un député, Richard Ramos, dans le Loiret, en disant « Lui, il n'a pas voté la réforme des retraites ». Est-ce que vous allez multiplier ça ?
—
Oui, oui, c'est
une
campagne. — Vous l'assumez, ça ?
— Oui, parce qu'il faut dire la vérité aux gens. C'est trop facile, si vous voulez, de faire campagne ou de faire croire qu'on est contre la réforme
des retraites. — Donc le genre d
'affiche va se multiplier. — Oui, parce que bon, M. Ramos, effectivement, il avait beaucoup critiqué la réforme de M. Macron. Puis à la fin, il l'avait laissé passer. Donc c'est très facile de faire le tour des plateaux de télé et puis de dire qu'on est d'accord avec tout le monde. Et puis à la fin, faire l'inverse. Et il
y
a des gens qui payent. Parce qu'à la fin, ce sont les classes moyennes et les classes populaires qui paient les erreurs des politiques. — Merci, Jean-Philippe Théorny,
d'avoir accepté notre invitation dans
Dimanche en politique.
Jean-Philippe Tanguy