Nicolas Dupont-Aignan invité du Club de la Presse sur Europe 1
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 39 %Défensif 19 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Qu'ont voulu dire les Français avec leur vote ? La classe politique les a-t-elle entendus ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Avez-vous ressenti cette hostilité des Français envers les politiques ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a déjà une ébauche de 'politique autrement' ?
- 4:42OuverteRéponse directe
Quels sont les deux problèmes que vous identifiez dans la pratique politique ?
- 13:29OuverteRéponse directe
Est-ce que la recomposition politique passe par aller chercher des idées à droite et à gauche ?
- 22:18OuverteRéponse directe
Pourquoi n'avez-vous pas donné de consigne de vote au second tour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 15:56PrésentateurFait
« Ce gouvernement a refusé pour la quatrième année consécutive un coup de pouce au SMIC. »
- 16:07PrésentateurFait
« Ce gouvernement est le premier qui désindexe les pensions de retraite. »
- 18:10PrésentateurFait
« Il y a des milliers de faillites de nos artisans, de nos commerçants dans toute la France, du BTP. »
- 31:41PrésentateurFait
« Il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français. »
- 36:11PrésentateurFait
« L'état d'urgence, je l'avais proposé en janvier au président de la République. »
- 38:20PrésentateurFait
« Nous avons, en pourcentage de la richesse nationale, le plus faible budget de l'état régalien. »
- 37:35PrésentateurFait
« Il a corrigé en disant contrôle. »
- 37:39PrésentateurFait
« Un mois après, il a dit dans une interview : je ne crois pas aux frontières nationales. »
- 39:07PrésentateurFait
« Ceux qui sont étrangers de retour dans notre pays doivent être expulsés de France. »
- 39:12PrésentateurFait
« Ceux qui ont une double nationalité doivent se voir déchoir de la nationalité. »
- 39:18PrésentateurFait
« Ceux qui sont pour la seule nationalité française doivent être éloignés, j'avais parlé de Cayenne. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Intervenant11 %
- ?8 %
- Présentateur 28 %
- Intervenant 26 %
- Présentateur 35 %
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Le
club de la presse d'Europe 1, 19h-20h, Nicolas Poincaré.
En
direct jusqu'à 20h, le club de la presse pendant près d'une heure. Un invité face à trois grandes signatures d'Europe 1. Et ce soir, l'invité, c'est le président de Debout la France, député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir. Bonsoir, Nicolas Poincaré. Les Français, ça n'a échappé à personne, ont donc voté dimanche dernier et le dimanche précédent. Qu'ont-ils voulu dire aux politiques ? Qu'avez-vous, vous, entendu ? Est-ce que la classe politique les a entendus ? On en parle jusqu'à 20h. On pourra aussi parler de la Corse et puis de la réponse au terrorisme et de la question de la déchéance de la nationalité.
Sur tous ces sujets, vous êtes interrogés ce soir par Aurélien Beaumont, Robert Namias et Nicolas Béthoud de l'Opinion. Bonsoir à tous les trois. Bonsoir. Nicolas Dupont-Aignan, je ne sais pas ce que vous pensez de Xavier Bertrand, mais ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce que vous allez nous dire sur les propos qu'il a eus dès le soir, des résultats dimanche dernier et puis les jours suivants. Il a donc annoncé qu'il a abandonné la politique telle qu'elle se pratique jusqu'à maintenant, qu'il abandonne l'Assemblée nationale, qu'il démissionne de son poste de maire de Saint-Quentin.
Et tout ça, si j'ai bien compris, c'est parce qu'il a vécu une épouvantable campagne électorale, qu'il a rencontré au quotidien des électeurs qui lui tournaient le dos, qui n'avaient plus aucune confiance dans les hommes politiques. Je vous vois, vous n'avez pas l'air très convaincus par ces propos. Ma question, c'est est
-ce
que vous l'avez ressenti vous aussi, cette hostilité des Français vis-à-vis des politiques ?
Oh oui,
je l'ai ressenti. Peut-être parfois un peu moins que les autres, car à chaque fois que j'étais sur des marchés ou en campagne, les gens souvent me voient un peu différent dans la mesure où j'ai quand même rompu avec ce système politique il y
a
quelques années en quittant l'UMP. Mais quand même, je n
'ai
jamais vu un tel climat, mais qui est tout à fait compréhensible. À partir du moment où les hommes politiques et les gouvernements ne servent à rien,
et
en vérité ne gouvernent pas, ne font qu'appliquer
les
directives qui leur sont dictées par Bruxelles, par les marchés financiers, par l'Allemagne,
à
partir du moment où la seule réponse des hommes politiques, c'est de dire «
je
ne peux rien faire
»,
il ne
faut
pas s'attendre à ce que nos concitoyens sur les marchés vous disent « bravo, vous êtes formidables ». Car le vrai problème,
c
'est bien sûr les mœurs politiques,
c
'est bien sûr la corruption, la malhonnêteté, ceux qui s'accrochent à leur fauteuil,
mais
ce n'est pas seulement cela. Et c'est là où je suis un peu nuancé sur les propos de Xavier Bertrand. Il a raison sur un certain point, c'est-à-dire la pratique politique.
Mais
la pratique politique, c'est un peu l'emballage, le paquet cadeau de la politique. Le problème de fond, c'est la direction des affaires, c'est-à-dire «
est
-ce qu'un homme politique aujourd'hui, un chef d'État,
une
majorité, un Parlement, ça permet de prendre des mesures qui changent la vie des gens en bien ? Est-ce qu'on est là pour accommoder la mondialisation inhumaine, le retour en arrière, la pire régression sociale depuis la guerre mondiale ? Ou est-ce qu'on est là pour offrir, grâce à une politique indépendante, d'efforts de responsabilité, un autre destin, notre peuple ? »
C
'est ça la question. Et moi je crois qu'il faut
rendre
à la France son indépendance, non pas contre les autres pays, mais pour prendre des mesures radicales qui permettent de créer de
l
'emploi, de protéger nos concitoyens. C'est ça l'enjeu. Donc tant qu'on ne changera pas de cap,
et
ils ne veulent pas changer de cap, on va en reparler, tant qu'on ne changera pas de cap, eh bien les Français nous
considéreront
comme des moins que rien.
Robert Danas ? Oui, alors avant de parler du fond, que vous avez venu d'aborder, une question qui est de fond également d'ailleurs, mais qui est quand même liée à ce qui s'est passé ces deux derniers dimanches. On a entendu la quasi-totalité de la classe politique
dire,
on a entendu les messages, désormais la politique, ça doit être la politique autrement, c'est la nouvelle formule à la mode. Est-ce que, nous sommes jeudi, quatre jours après le deuxième tour, est-ce que vous avez le
sentiment... On a même
vendredi, cinq jours après
le deuxième tour, comme le temps passe. On a même vendredi, pardon, oui, oui,
oui, oui, je suis en retard de jour. C'est en direct, précisons-le. Est-ce que vous avez le sentiment qu'effectivement, il y a déjà un peu d'ébauche d'une politique autrement
dans
l'approche ? Il y
a
eu la question du cumul. Et Bertrand, de ce point de vue-là, a quand même eu un discours un peu autrement, si j'ose dire, un peu différent. A l'inverse,
on
a vu un président de l'Assemblée nationale, finalement, s'enfermer dans l'entre-soi habituel des politiques. Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y en a qui ont déjà pris un chemin un peu différent, ou est
-ce
que la classe politique, dans son ensemble, mis à part quelques petites choses ici, va retomber, ou est déjà retombée dans ses ornières
? D
'abord, il n
'y
a pas des méchants et des bons, il y a des nuances.
Mais
ce qui est sûr, c'est que je pense qu
'il
y
a
deux problèmes. Il
y
a un problème de la pratique politique.
C
'est ce que j'appelle la forme, mais qui induit le fond, quand même. Et à ce titre, je préfère le comportement de Bertrand ou de Le Maire au comportement de Bartholone, pour être clair.
Mais si
c'est uniquement cela le renouveau, c'est du gadget.
Parce
que moi, depuis un certain temps que je suis étudiant, à chaque échec politique, j'entends la politique autrement.
Et
pour moi, le problème est bien sûr la pratique, le comportement politique, l'honnêteté, la droiture, le respect de l'électeur, ça va de soi.
Mais
c'est surtout la ligne politique. Et ce qui me fait peur, aujourd'hui, c'est quand j'ai entendu le Premier ministre, je crois que c'était sur une chaîne de télévision, à une question que lui posait deux fois de suite, ou trois fois de suite, le journaliste, est-ce qu'on vous allait changer de cap ? Non, nous maintiendrons le même cap. Le Président de la République a pris des défaites successives, comme son prédécesseur, remarquez. Et ne change pas de cap.
Et
ce qui est tragique...
En
matière de sécurité,
notamment, ils ont
changé de cap avant les élections. Ça n
'a
rien à voir avec les élections.
Ah
ben d'accord, mais on peut
changer de cap. Ah ben d'accord, 130 morts sur les trottoirs de Paris, heureusement qu'il y a quand même une infection.
On peut changer de cap. Mais, dans l'ensemble, dans l'ensemble, je vous ferai remarquer
qu
'il
y a
eu sept grands changements politiques depuis 1995.
Je
ne
veux
pas être long, on reprend. Jacques Chirac l'emporte face à Édouard Balladur.
Changement
politique. Aucune leçon. Juppé gouverne
comme
si Balladur était président. Échec. J'ose pas être élu sur une inflexion. Aucune leçon. Jean-Marie Le Pen est en 2002 au deuxième tour. Tremblement de terre. Aucune leçon. Ça ne veut pas dire que j'ose pas gouverner comme Chirac. Oui, mais les grands choix sont les mêmes. Référendum de 2005, je serai très bref. Référendum de 2005, les Français votent non. 55%. Vous croyez que la classe politique française a entendu le message de changer d'Europe ? Non. 2007, Nicolas Sarkozy est élu. Grand espoir. Aucun changement réel. 2012, François Hollande est élu pour changer la politique d'austérité budgétaire inefficace, contre-productive. Aucun changement. Ce que je vous dis, c'est que si on continue
à
appauvrir les Français, à ne pas les protéger, à avoir l'entrée de la Turquie, là, ils viennent de signer l'entrée de la Turquie, un nouveau chapitre de négociation. Ils viennent de le signer. 90% des Français, ils sont hostiles.
On n'a pas
signé l'entrée de la Turquie dans l
'Europe. Ils viennent d'ouvrir un nouveau
chapitre de négociation.
Il y en a encore pour l'attente. Il y en a encore pour l'attente. Il y en a encore pour l'attente.
Oui,
oui, mais
attendez, ça veut dire quand même des choses. Ça veut dire
que
les Français ont voté 7 fois, depuis 1995, pour changer de politique. Et on sait très bien ce qu'ils veulent, nos concitoyens. Aucune inflexion. Pilotage automatique. Eh bien, il
y a
un moment, qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'il n'y ait plus ce pilotage automatique ? C'est ça l'enjeu.
Vous
tenez le même discours que Marine Le Pen là-dessus ? Alors,
je
partage le même constat
que
des gens aussi différents. Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, Henri Guénaud, Arnaud Montebourg ou moi-même. C'est-à-dire une classe politique oligarchique mêlée au milieu financier et médiatique dans l'ensemble qui considère qu'il n
'y
a pas d'autre politique possible et qu'il faut appliquer à la France une espèce de loi absurde que n'appliquent ni l'Allemagne, ni l'Angleterre, ni la Chine, ni les Etats-Unis qui, eux, profitent de la mondialisation mais gardent un intérêt national.
En
revanche, je suis différent de Mme Le Pen parce que je considère, et c'est la leçon aussi du scrutin, au premier tour les Français ont envoyé balader les partis traditionnels, ils protestent avec le Front National, mais à juste raison, et c'est notre différence à Debout la France avec le Front National, ils ne veulent pas gouverner avec le Front National. Ils protestent avec lui parce qu'ils ne veulent plus entendre parler des autres, mais au moment de passer au second tour, ils se disent «
On
n'a pas envie de monter dans la voiture conduite par le Front National ». Et c'est là
où,
avec Debout la France et notre million d'électeurs,
qui
progressent à chaque fois, modestement mais sûrement,
nous proposons
827 000, mais nous étions à 300 000 il y a quelques mois, quelques années. Nous offrons et nous allons offrir ce nouveau patriotisme différent de celui de Mme Le Pen, c'est-à-dire de rassemblement
avec un programme plus modéré. Vous savez quoi
? On va faire une pause, comme ça vous aurez le temps ensuite de nous parler de ce programme. Plus modéré, dites-vous que le Front National. On revient avec une question de Nicolas Béthoud, dans un instant.
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T
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Dans une minute sur Europe 1, la suite du Club de la Presse avec Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la France et député de l'Essonne répond aux questions de Nicolas Poincaré. Et ce soir, d'Aurélie Herbemont, Robert Namias et Nicolas Béthou, le Club de la Presse d'Europe 1, jusqu'à 20h. Chez mon opticien Atoll, je suis sûre de trouver des lunettes hors du commun qui
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bien. J
'aime bien le covoiturage, moi. C'est tellement économique. Du coup, je peux me permettre de voyager, puis c'est plein de rencontres. C'est drôlement convivial.
Dites, ça vous ennuierait de la boucler ? Mais
pas
du tout.
De toute façon, j'avais fini. Non, votre ceinture. Ah oui, ma ceinture !
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Le Club de la Presse d'Europe 1.
Avec
vous, Nicolas Poincaré. Les régionales. Une semaine après, on continue à en parler dans le Club de la Presse d'Europe 1 ce soir avec Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France, interrogé par Robert Namias, Aurélie Herbement et Nicolas Béthou qui vous pose la prochaine question.
Dans
l'ambiance qui prévaut depuis 4 ou 5 jours, on parle beaucoup de concorde, d'union nationale, de recomposition. Vous avez vous-même cité des noms qui tapent à droite ou qui tapent à gauche, les chevènements, les guénaux, les monts de bourg et vous les avez présentés comme étant libres et probablement proches de quelque chose qui ressemble à une partie de vos idées. C'est ça la recomposition ? C'est aller chercher un peu à droite et à gauche des gens qui vous ressemblent ?
Je
crois qu'en vérité, il y a deux clivages qui se superposent.
Vous
avez l'ancien clivage droite-gauche qui existe toujours,
de
droite-de gauche.
Mais
vous avez un autre clivage qui traverse la gauche et la droite, qui est un clivage
en
schématisant un peu intérêt national ou patriotisme.
Contre
l'Europe ou
contre l
'Europe ? Oui, enfin c'est pas l'Europe parce que moi j'aime l'Europe, mais j'aime l'Europe des
projets. Tout le monde dit qu'on aime
l'Europe.
Non mais il y a
deux Europes,
Europe
supranationale
et Europe
supranationale ou Europe de projet, disons. Mondialisation totale ou intérêt national. Et ces deux clivages, on le voit, traversent nos deux camps politiques depuis des années. Et on voit aujourd'hui
qu
'à la faveur des élections régionales, on a un résultat très curieux. Au premier tour, les Français ont dit qu'on ne veut plus, à mon avis, c'est mon sentiment, de cette espèce de pilotage automatique où Macron pourrait être ministre de Sarkozy ou NKM ou Raffarin pourrait être ministre de Hollande. Donc c'est ce que j'appelle l'européisme B.A. qui mène à la catastrophe. Ceux-là,
ils
peuvent se regrouper.
Et
d'ailleurs, ils l'ont fait au second tour dans certaines
régions. Vous
pouvez regrouper
avec Chevalier Nord, avec Montebourg. Je pense
qu'il y a des patriotes
qui
sont prisonniers aujourd'hui d'un Front National qui atteint un plafond de verre. Et je dis aux électeurs du Front National, ils en sont conscients.
Ils
votent Front National très nombreux, 40%, très fort. Et en même temps, ils n'accèdent jamais au pouvoir. Un peu comme à une époque, les communistes
votaient
très fort à gauche et n'accédaient pas au pouvoir. Et un jour,
il
y
a
un homme qui n'était pas communiste, qui s'appelait François Mitterrand, et qui a redonné espoir à un peuple de gauche en rassemblant des gens, des communistes, des socialistes et des autres. Et bien moi,
mon ambition,
oui, autant le dire franchement, c'est de rassembler des patriotes qui votent Front National aujourd'hui, qui votent Républicains aujourd'hui avec Nadine Morano et d'autres, qui votent à gauche aussi. Parce qu'il y a beaucoup de patriotes républicains qui sont écoeurés par la politique de M. Macron, de M. Hollande, du chômage de masse. Quand vous pensez, par exemple, je prends une anecdote, ce gouvernement a refusé pour la quatrième année consécutive un coup de pouce au SMIC. Ce gouvernement est le premier qui désindexe les pensions de retraite. J'étais à un repas des anciens dans ma circonscription tout à l'heure. Les gens me disaient,
nos
retraites baissent. C'est un gouvernement dit de gauche qui fait baisser les retraites.
Mais
moi, ce n
'est
pas ça que je veux pour mon pays. Je veux baisser les charges des PME, je veux relancer l'activité. Il y a des hommes qui l'ont fait aux Etats-Unis, Obama, l'Angleterre l'a fait à sa façon. Mais ce n
'est
pas la plus de pauvreté, c'est relancer la machine. Et je crois qu'il faut une politique de défense de l'intérêt national, qui ne soit pas dans l'excès de Marine Le Pen ou du Front National, mais qui reprenne les bons côtés que
parfois dit Marine Le Pen. Quels sont les bons côtés de
ce que dit Marine Le Pen pour vous
? Sur lesquels points vous êtes... Il y a des
désaccords, il y
a
des accords. Les désaccords, vous les connaissez. Sur l'Europe, je pense qu'il faut quand même de l'Europe. Sur le programme économique, je pense qu'il faut la liberté des entreprises, etc. Mais, par exemple, rétablir les frontières.
Mais
il
n'y
a pas que Marine Le Pen qui le dit. Il y a 80% de l'électorat des Républicains, et il y a beaucoup de gens à gauche
qui
ont compris qu'il fallait rétablir nos frontières. Pourquoi le gouvernement ne rétablit pas les frontières de la France ? Pourquoi... Un autre exemple, les travailleurs détachés.
Vous
connaissez ce que c'est, c'est les 500 000 Polonais, Roumains, Espagnols,
qui
sont en France à la rigueur. Mais ils ne payent pas les cotisations sociales françaises,
ils
payent la sécurité sociale roumaine. C'est une concurrence déloyale qui ruine nos artisans, nos commerçants. Il suffit de rompre la directive. Ça ne coûte rien. Il faut oser dire à Bruxelles, stop. On veut bien qu'il
y ait
de
la
libre circulation de travailleurs, mais tout le monde doit payer la sécurité sociale du pays dans lequel on est. Ça, pourquoi les partis traditionnels, pourquoi les Républicains n'y arrivent pas ?
Et ça, Mme Le Pen, M. Montebourg, ils sont d'accord. Ils payent les mêmes charges sociales
individuelles en France.
Non, ils payent les charges sociales, la
cotisation sociale est
payée. L
'employeur, s'il est polonais, paye en Pologne. Mais le
travailleur détaché,
il paye les
mêmes charges sociales qu'en France. Le
travailleur détaché,
vous
prenez... Attendez, tout le monde le sait, on peut le vérifier sur Internet. Eux, le salaire, le SMIC est le SMIC français. En revanche, les charges sociales sont payées par la société qui met à disposition en Pologne. Voilà. Eh bien, croyez-moi, il y
a
des milliers de faillites de nos artisans, de nos commerçants dans toute la France, du BTP. Et ils m'entendent sûrement, certains. Pourquoi aucun gouvernement
?
Pourquoi les Républicains, comme le Parti Socialiste, ne veulent pas remettre en cause cette ligne, cette directive ? Expliquez-moi.
Robert Names.
Oui, il y
a
quelque chose de très important. Vous avez dit, le Front National a un plafond de
verre
indépassable. À cause de ses excès ? C'est effectivement une vraie question qui s'est reposée le dimanche dernier. Et on en a déduit qu'à nouveau, effectivement, dans les perspectives de duel, il n'y avait pas de possibilité, voire même de triangulaire d'ailleurs en Alsace, il n'y
a
pas de possibilité pour le Front National d'accéder vraiment à la responsabilité.
Mais
alors vous, politiquement, vous vous situez comment ? Vous êtes la tête chercheuse pour le Front National et pour les aider à crever ce plafond de verre
? Ou
alors au contraire, vous avez l'ambition de les réduire à peu de choses pour être, vous, la force d'opposition sur ce terrain-là ?
Non,
ni l'un ni l'autre.
Moi, je veux offrir aux Français...
Vous êtes le marche-pied du Front National ? Non,
ça se saurait. Je suis gaulliste, je crois en la France. Je pense que les partis...
Vous
aussi, ceux qui
sont
gaullistes, alors ? Moi, il n
'y
a pas... Attendez, je suis gaulliste, je crois en la France. Je pense que la classe politique d'aujourd'hui est finie.
Parce
qu'ils ne remettront jamais en cause
le
logiciel qui a tué à petit feu l'économie de notre pays, la sécurité et l'immigration.
Et
donc, je pense que la seule solution pour sortir notre pays de la crise est apporter des solutions à la vie quotidienne des Français. Sécurité,
croissance
économique, pouvoir d'achat.
C
'est un rassemblement de patriotes sans les excès
du
Front National. Parce que pour rassembler les patriotes, il ne
faut
pas diviser les Français. Et je suis certain
que
les Français attendent l'offre politique que je propose, qui n'est ni le système,
ni
le Front National ou le Front de Gauche. Parce qu'entre nous, Mélenchon, a les mêmes excès de
l
'autre côté. Réduit à 3%, hein, Anne. Non, aujourd'hui... Le Front de Gauche. Oui, enfin, mais qu'importe les pourcentages qui comptent,
c
'est où on va.
Ça veut dire qu'il n'est pas entendu.
Oui,
mais
il faut les faire grossir. Ce que je veux dire, les Français, le premier parti de France, et pas le Front National, pardonnez-moi, le premier parti de France, ce sont les abstentionnistes. Même au second tour,
là,
18 millions,
qui
en ont ras-le-bol de ce choix terrible. Soit vous choisissez des incompétents, qui ont montré leur incompétence depuis 20 ans. Soit vous partez à l'aventure. Eh bien, est-ce qu'on n'a pas le droit, en tout cas moi j'essaie de le faire avec tous ceux qui m'accompagnent, de proposer une offre raisonnable, d'alternatives politiques ?
Mais avec des alliances.
Mais déjà,
avant des
alliances, il faut déjà se renforcer. Il faut déjà pouvoir parler aux Français. Il faut leur présenter un projet très concret, avec des mesures simples, réalistes. Annulation de la directive travailleur détachée, on peut le faire demain. Moratoire sur le recombant familial, on peut le faire demain. Contrôle des frontières, on peut le faire demain. Baisse des charges sur les PME,
on peut le faire demain.
Aménagement de l'euro. On peut le faire demain,
c
'est-à-dire réorganisation du système. Ce n
'est
pas obligatoirement une sortie brutale, c'est simplement, on a réussi à le faire baisser. Heureusement, c'est une première étape. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises
pour
débloquer la France. Et ce sera l'enjeu de la présidentielle. Projet contre projet. C'est l'enjeu de la politique. Mais si on enferme les Français dans ce face-à-face mortel, Front National qui est au plafond de verre, à cause des excès, parce que les Français n'ont pas envie de partir dans l'excès et la division, et de l'autre côté des incompétents qui se remettent ensemble pour sauver les meubles, mais ça va finir dans la rue, mes amis. On ne peut pas laisser la France dans la rue. Nicolas Dupont-Aignan est l'invité du Club de la Presse. Aurélie Herbemont revient juste après une pause.
Le
Club de la Presse d'Europe 1, 19h-20h, Nicolas Poincaré. Le Club de la Presse d'Europe 1 avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, interrogé par Robert Namias, Nicolas Béthou et Aurélie Herbemont. On continue à parler de l'après-régional, tranquillement et sereinement, ce soir dans le Club de la Presse. En Ile-de-France, Nicolas Dupont-Aignan, vous avez fait 6,6% des suffrages. Vous avez refusé la fusion avec Valérie Pécresse, c'était votre ni-ni. Elle
ne me
l
'a
pas proposé non plus. Et vous n'avez donné aucune consigne de vote, alors que vous avez donc plus de 6% des suffrages.
C'est
important.
C
'est-à-dire que vous-même, par exemple, vous ne nous dites pas pour qui vous avez voté, entre le Front National, Claude Bartholaine et
Valérie Pécresse ? Je n'ai pas
donné de consigne de vote, non pas parce que je n'ai pas d'opinion. C'est parce que j'estime que je ne
suis
pas propriétaire des voix qui se portent sur mes listes. C'est pour
ça que je me demande si vous-même vous avez voté. Bien sûr que j'ai été voté.
Et parce que, je ne
vais
pas le dire, ça voudrait dire que je dois donner une consigne, mais parce que je fais de la politique pour changer mon pays et pas pour me vendre aux plus offrants, ça ne m'intéresse pas. Je veux une rénovation totale, profonde de la vie politique du pays. Je construis quelque chose à long terme. Je veux dire aux Français,
il
y
a
de
l
'espoir, on peut changer les choses, mais il ne
faut
pas de compromis avec cette classe politique perdue. Il faut tout rebâtir à zéro. Il n
'y
a que ça, c'est que comme ça qu
'on
s'en sortira. Et c'est que comme ça qu'on rassemblera tous les patriotes qui veulent sauver la France, comme dans l'esprit du Conseil National de la Résistance.
A
l'époque, le Conseil National de la Résistance n'a pas repris les gens de Vichy, n'a pas repris les gens de X ou de Y. Le Conseil a rebattu la France sur quelques idées claires, et on se rassemble et on y va. C'est ça que je veux proposer aux Français. C'est d'une autre nature, pardonnez-moi, de savoir si je suis sous-vice-président de Valérie Pécresse, que je respecte par ailleurs et je lui souhaite bonne chance.
Nicolas Béthoud. Dans l'histoire politique française, avec les institutions que nous avons, lorsque des partis sont minoritaires et qu
'ils
veulent arriver au pouvoir, ils s'allient les uns les autres.
Ils
créent des alliances,
ils
créent un programme commun, une union de la gauche, une gauche plurielle, ou alors ils disparaissent progressivement. Vous, à 3,80%, vous représentez quelque chose comme un dixième des voix rassemblées sur le Front National. Un peu plus d'un dixième. Bon, c'est-à-dire que beaucoup
trop
peu... Oui, aujourd'hui, beaucoup trop peu pour
avoir une chance...
Je vais vous poser ma question. Beaucoup trop peu pour avoir une chance, un jour, d'exercer le pouvoir, ou en tout cas d'être une force dominante dans une alliance. Est-ce que votre choix,
c
'est valoriser au maximum votre capacité de nuisance,
c
'est-à-dire ne pas dire pour qui vous votez à un deuxième tour, et laisser les gens libres, je vous cite, de faire ce qu'ils veulent, ce qui est assez étrange de la part d'un leader politique, ou est-ce que c'est rentrer dans une alliance dans laquelle vos voix, vos 827 000 voix, votre million bientôt, peut-être plus davantage, vous permettront de faire peser l'alliance un peu dans votre sens
?
Nicolas Dupagnan.
Vous
connaissez la différence entre la photographie et le cinéma
?
Je vois
assez précisément. Ça bouge, j'ai refusé, j'ai refusé, j'ai refusé, j'ai refusé. Voilà.
Vous raisonnez en photographe,
je
raisonne en cinéaste. Mais
écrivez-moi la fin du film.
Écrivez-moi la fin du film, entre capacité de nuisance ou alliance.
Eh bien, ni l'un ni l'autre, le rassemblement des Français,
vous
raisonnez dans une période,
comme
si on était dans une période classique. Alors, dans une période classique, pépère, où il n
'y a
pas de problème dans le pays, alors, mon raisonnement ne vaudrait pas, et vous auriez raison de me poser ça. Moi, je vous dis que les Français affrontent une crise sans précédent. Je m'adresse aux 20 millions d'abstentionnistes. Je leur dis, ne vous laissez plus faire. Nous construisons un rassemblement exceptionnel. Ils progressent très vite.
Je
m'adresse aussi à tous ceux qui votent Front National et qui sont dans une impasse. Je m'adresse aux Républicains qui ne savent plus quoi penser entre NKM, Wauquiez, c'est la mélasse, c'est n'importe quoi. Je m'adresse aux électeurs de gauche, républicains, qui ne veulent pas obéir à Bruxelles et à Mme Merkel. Je suis absolument certain que dans la crise sociale et politique qui arrive,
il
faut un point de rassemblement, et que Debout la France, c'est un beau titre en plus, va rassembler les gens. Après, on verra. Après, je ne vais pas vous dire qu'éternellement, mais après, peut-être que d'autres se positionneront par rapport à moi. Peut-être que d'autres, aux Républicains, comme Henri Guénaud, voudront rejoindre un mouvement qui est différent et qui reçoit l'adhésion des Français qui vont apprendre à nous connaître. Mais attendez, on démarre, on n'était pas nés il y
a
quelques... Vous plaisantez ? Debout la France n'existait pas il y a cinq ans.
Vous
plaisantez ? Est-ce que vous connaissez un mouvement qui s'est autant développé, même les Verts, même le Front National, a mis 20 ans avant de démarrer ? Nous, ça s'est fait en 4-5 ans. Laissez un peu de temps au temps.
Admettez que
les Français puissent découvrir autre chose,
qu
'ils puissent être orphelins d'une belle ambition pour la France. Est-ce qu'on n'a pas le droit, dans notre pays, d'imaginer un autre
destin ? Oui, c'est bien la loi.
On vous écoute et on se dit... Vous
ne me comprenez pas, je vois vos regards.
Vous
n'êtes
pas du tout. Vous êtes quelqu'un de très sympathique, de très propre sur lui, de très agréable, et trop intelligent, à mon avis, pour complètement croire ce que vous dites. C'est-à-dire que, honnêtement, vous avez le même discours que les autres. Il est totalement plaqué sur une réalité qui est quand même un tout petit peu plus subtile. Alors c'est facile d'accéder ce genre de choses. C'est un tout petit peu plus subtile. Je vous donnais l'exemple tout à l'heure de la sécurité.
Le
gouvernement a fait un virage à 180 degrés. Vous pouvez le critiquer. Vous pouvez dire que c'est un virage qui est tout à fait hors sol.
Superficiel.
Très
bien, je vais vous le
dire. Mais c'est un véritable virage. Non. Mis à part sur la question de la déchéance de nationalité, c'est un véritable virage. Vous êtes un peu hors sol, pardon. Attendez, la question des alliances, elle est parfaitement fondée. Nous sommes dans un système institutionnel, électoral. Il y a des élections présidentielles dans 15 mois, des élections législatives dans 16 mois.
Et donc vous avez les devoirs pour la question des alliances. Et bien justement,
vous n'avez rien compris,
pardonnez-moi. Monsieur Damia,
c'est vous qui êtes complètement hors sol. Non,
je
ne crois pas. Ben si. Justement,
l'élection présidentielle. L'élection présidentielle, mais ce n'est pas méchant. Les faits
approchent,
je ne le dis pas
méchamment. En ce qui me concerne, non plus. L
'élection présidentielle. Est-ce que vous êtes hors sol ? Est-ce que le gouvernement a fait un virage sur la sécurité ou pas ?
L'élection présidentielle, justement, ce
n
'est pas justement ce régime des partis, votre petite soupe dont vous lassez les Français. L'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme avec un peuple dans un moment de situation exceptionnelle. Laissez les Français au premier tour mettre de leur choix. Vous voulez enfermer les Français. C'est nos futurs. C'est ça que vous enfermez. C'est pour ça que les Français n'écoutent parfois plus la télé, la
radio. Vous
y serez au premier tour ?
Je vous verrai le temps venu.
Si
vous n'y êtes pas, c'est que vous vous êtes allié à
quelqu'un.
Vous
voulez... Vous êtes
très fort.
Vous verrez le moment venu. Je vous le dis. Je veux apporter de la liberté aux Français. Et quand vous dites que je suis hors sol
et
que
je
suis comme les autres, ça me fait doucement rigoler. J'ai rompu avec un parti en 2007 qui était vainqueur. J'ai quitté sur des convictions. Parce que les Français avaient voté non au référendum et que Nicolas Sarkozy m'avait dit dans le secret de son bureau qu'il ferait voter oui. J'ai eu le courage de tout quitter, de fonder un parti. Je suis réélu à 80% dans ma ville pour la quatrième fois. J'ai été réélu au législatif contre tous les partis. Et j'ai des gens autour de moi, des élus, qui se battent courageusement. Donc, je ne fais pas partie. Je ne pense pas avoir le même parcours. J'ai mes défauts. Je ne demande à personne de suivre mes idées. Mais nous avons eu le courage
de
rompre.
Et
ce courage-là, je peux vous dire que je suis certain que les Français le reconnaîtront un jour. Et je pense que maintenant, il faut leur présenter un projet pour changer leur vie quotidienne. Et puis, il y aura, après le premier tour de la présidentielle, un autre temps qui commencera en fonction des scores. Mais ne préjugez pas des scores à l'avance. Laissez
le
temps au temps.
Mais
concrètement, comment vous faites pour avoir des députés en 2017
?
Eh bien, tout dépendra du score éventuel. Il
faut des alliances
dans une circonscription. C'est quand même compliqué.
Mais en attendant,
vous raisonnez
à
l'arrêt, à froid, dans un pays qui est en bouillonnement, qui n'en peut plus, avec une colère des habitants incroyable.
Vous
n'imaginez pas ce qui est en train d'arriver. C'est une vague. Les régionales, ce n
'était
rien à côté du tsunami qui arrive et qui va balayer tout ça, s'il n'y
a
pas des hommes raisonnables et de convictions qui
disent « voilà, il y a autre chose
». Nicolas Dupont-Aignan, ce tsunami, il a un nom, il s'appelle le Front National.
Non, pas seulement. Il peut se faire dans la rue.
Vous ne savez pas si au mois de mai, ça ne
va pas se faire dans la rue. Il peut se faire dans la rue, ce
tsunami politique.
Évidemment, il peut toujours y
avoir
un mai 68. Mais si c'est un tsunami politique,
ça
peut être...
Mais pourquoi,
je
vais vous dire pourquoi vous ne parlez que du Front National ? C'est parce que le système a besoin
du Front National pour se maintenir.
On l'a vu au régional. Ils font monter le Front National en parlant de personne d'autre. Et puis après, ils disent « oh là là, le Front National, danger fascisme ! » Et ils se maintiennent au pouvoir provisoirement. Ce système-là, on a vu le piège du Nord-Pas-de-Calais et du PACA. Je suis certain que les Français n'en veulent pas, en tout cas, beaucoup.
Peut
-être pas tous, mais une majorité. On verra.
Et
la Corse, qu'est-ce que vous en dites Nicolas Dupont-Aignan de Jean-Guy Kitalamoni qui hier a prononcé son discours de nouveau président de l'Assemblée Corse ? Entièrement en Corse. Je vous pose la question juste après une nouvelle. Le club de la presse de Repin. C'est avec nous Nicolas Pancaré.
Et
avec Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, interrogé par Aurélie Herbemont, Robert Namias et Nicolas Béthoud. Vous avez entendu sans doute, comme moi, Nicolas Dupont-Aignan hier, le discours de Jean-Guy Kitalamoni, le nouveau président de l'Assemblée Corse. Discours de 9 minutes en Corse. Ça vous a choqué ? Oui, bien sûr, parce qu'il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français.
Et
ce qui m'a le plus choqué,
c
'est l'absurdité de la situation quand on sait
que
les nationalistes
n
'ont eu, ce qui est déjà beaucoup, mais quand même 35% des voix, et se sont emparés de l'Assemblée de Corse. Ils se sont emparés de l'Assemblée de Corse parce que la classe politique locale,
qu
'elle soit de gauche ou de droite, est lamentable depuis tant d'années,
qu
'elle a été divisée, qu'elle a été incapable de s'entendre, qu'elle a été incapable de rompre avec un clientélisme malsain. Et donc, on est dans une situation d'une autre nature que celle qu'on connaît dans notre pays, mais avec des sortants qui ne sont pas reluisants et des entrants qui vont mener la Corse à l'aventure.
Et que doit faire la République ? Que doit faire le gouvernement ?
Le gouvernement doit cesser ses ambiguïtés,
c
'est-à-dire arrêter d'offrir des nouveaux statuts tous les deux ans,
qui
vont toujours plus loin dans une dérive autonomiste, reconnaître la spécificité Corse. Moi, je ne suis pas un Jacobin absolu, il y
a
une spécificité Corse
qui
a été largement respectée. On a transféré à la Corse quantité de compétences que cette Assemblée, sous le précédent, M. Jacobi, n'a jamais correctement exercée.
Au
lieu de vouloir davantage de compétences, il ferait bien déjà d'exercer correctement celles que la République leur a données. Et on voit bien que M. Talamoni va se livrer à une surenchère
pour
dissimuler l'incapacité des élus Corse à assumer leurs compétences qui sont les plus importantes de toutes les régions de France. J'y ai été sur place pendant la campagne, ils ont des compétences considérables qu
'ils
n'assument pas. Et il faut encore plus, alors la co-officialité, l'amnistie des terroristes, etc. J'espère que la République restera inflexible, sans excès, mais pour dire aux Corses, vous êtes
français, et
il faut penser aux 75% de
Corses qui
n'ont pas voté pour les nationalistes, parce que 35% d'exprimés, ça fait à peu près un quart des inscrits. Il y a 75%
des Corses... Mais ça, c'est pareil dans toutes les régions. Oui, mais j'ai
calculé, j'ai calculé. Ça fait à peu près
un quart.
C'est le mode de scénario. Dans les 75%, il y a la même proportion de Corses qui aiment vivre entre soi, en faisant leurs petites affaires pour ne pas dire plus. Vous le savez très bien.
Il y a
vraiment une question Corse qui est posée au gouvernement depuis 40 ans, de droite comme de gauche, et personne,
en
effet, aucun gouvernement n'a résolu cette question.
Est
-ce que, à votre avis, on l'entend monter ici et là, est-ce qu'il ne faudra pas à nouveau en passer par un référendum clair, précis,
pour
savoir ce que veulent les Corses, les 75% ou 65% dont vous parlez, l'ensemble des Corses, et pour trancher une fois pour toutes dans le vif, parce que sinon, on va continuer de dire qu
'il
faut faire ceci, il faut faire cela, et on va toujours être confronté à cette question
Corse. –
Alors,
vous
avez raison, je pense, mais pas totalement, si je peux me permettre, parce qu'il y a déjà eu un référendum en Nobel 3, on peut en faire un nouveau. Mais est-ce que ce n
'est
pas aussi la faiblesse de l'État français et de la classe politique française qui a laissé une majorité de Corses pris en otage par un mouvement nationaliste indépendantiste qui, il faut le reconnaître, sait ce qu'il veut, alors que la classe politique locale ne sait pas tellement ce qu'elle veut, à part les prébandes. –
Ça
faisait 45 ans que ça dure,
ça a commencé à aller à
RIA et bien avant.
– Tout à fait, mais
reconnaissez que chaque gouvernement, pour se débarrasser du bébé, a lâché des transferts de compétences.
Il
fallait sans doute en lâcher pour reconnaître la spécificité Corse. Mais n'a-t-on pas été trop loin
?
Et quand on voit ce que c'est devenu l'université de Corté, où on met dans le circuit fermé les étudiants corse sans les ouvrir au monde, il
ne s
'agit même pas de tomber dans le patriotisme français, mais au moins qu'ils sachent ce
qu
'il se passe ailleurs, on est en train d'enfermer la Corse dans une espèce de nombrilisme malsain. Et je crois qu'il faut que la France soit très claire. Notre pays
et
le gouvernement de la France doivent être clairs, et je ne voudrais pas que le gouvernement prépare un nouveau statut.
Voilà. On
va les voir à l'œuvre. Bon courage. – Alors je voudrais qu'on ait le temps de revenir sur cette polémique qu'il avait tout à
l
'heure entre Robert Namias et vous, sur le virage sécuritaire, oui ou non, qui a été mené par le gouvernement après les attentats, lorsque François Hollande s'est exprimé devant le Congrès, lorsqu'il a notamment envisagé la déchéance de la nationalité pour les terroristes, est-ce que oui ou non, ce n'était pas un virage ?
–
Il y a eu une inflexion réelle, oui, bien évidemment. L'état d'urgence,
je
l'avais proposé en janvier au président de la République. Donc, je ne
vais
pas dire que
ce
n
'est
pas bien. Oui, il y a eu un changement.
– Non,
simplement, trop peu, trop tard.
Et
quand je vois que le président de la République ne veut pas contrôler les frontières nationales,
ne
veut pas incarcérer les djihadistes de retour de Syrie,
les
plus dangereux, qui sont coupables de haute trahison, puisqu'ils ont combattu là-bas nos valeurs et nos soldats.
–
Et qui, en très
grande majorité,
sont incarcérés à
leur retour
lorsqu'ils sont
arrêtés. – Non,
ce n'est pas vrai, Nicolas Poincaré. Pardonnez-moi, je connais parfaitement le dossier. – Très peu sont incarcérés uniquement
ceux
qui font l'objet d'une procédure judiciaire, mais il n'y a pas, c'est une minorité, ce sont des procédures très longues, et vous avez,
allez,
entre
environ
1800, mais il ne
faut
pas incarcérer les 1800, bien sûr, mais vous avez 1800 personnes qui ont été combattres en Syrie, qui sont sur notre sol en totale liberté, c'est une folie.
– J'ajoute enfin, j'ajoute enfin… – Vous parlez
du contrôle aux frontières, mais il y
a
eu un rétablissement, d'ailleurs, présenté comme provisoire. –
La
question de Schengen est posée, quand même, elle ne l'était pas il y a quelques semaines, elle est posée, elle a été posée par le gouvernement. – Le président de la
République, c
'est très
intéressant, j'allais dire psychiatriquement, le président de la République, dans son discours du soir de ce drame atroce, a répondu deux choses, état d'urgence, fermeture, il a même employé le mot fermeture des frontières. – Et après, il a corrigé en disant contrôle.
–
Contrôle, et après, un mois après, il a dit dans une interview, je ne crois pas aux frontières nationales.
– Et
il y a des contrôles épisodiques à nos frontières, mais qui n'ont rien à voir avec un pays qui contrôle ses frontières. Et on nous ressort la vieille lune du contrôle des frontières européennes, qui ne peut pas marcher, car le président de la République, je lui ai dit, n'est pas président de la République, de la Grèce, de la Roumanie, des autres. Enfin, ce n
'est
pas la Roumanie, parce que Schengen s'arrête avant, de la Slovaquie, etc. Donc, moi, je vous dis, oui, il y a eu une inflexion grâce à l'état d'urgence,
mais
il faut aller plus loin, contrôle des frontières, incarcération et jugement des djihadistes, pas tous, mais ceux qui sont dangereux, et troisièmement, donner des moyens à notre police
et
notre justice. On est très loin du compte. Nous avons, en pourcentage de la richesse nationale,
le
plus faible budget de l'état régalien. On a un budget trop lourd en assistantat, mais pas assez fort en état régalien. Il faut donner des vides des moyens à nos forces de police.
Nicolas
Dumont-Aignan, François Hollande avait prononcé le mot d'échéance de la nationalité, Nicolas Poincaré le rappelait à l'instant, pendant le discours du Congrès à Versailles, au lendemain des attentats. Il semble que le gouvernement et le président de la République soient en train de renoncer, en tout cas de reculer sur ce projet. Est-ce qu'ils doivent le maintenir, en dépit du fait que
ça
ne passe pas, semble-t-il, en partie à gauche et en partie
à droite aussi ? Oui, mais c'est très dommage. J'estime que quand quelqu'un a été combattre nos valeurs et participer à des gens qui décapitent, qui tuent, qui massacrent, y compris sur les trottoirs de Paris,
j
'estime que c'est de la haute trahison. Ceux qui sont étrangers de retour dans notre pays doivent être expulsés de France. Ce n'est pas encore le cas pour tous. Ceux qui ont une double nationalité doivent se voir déchoir de la nationalité. Et ceux qui sont, pour la seule nationalité française, doivent être éloignés, j'avais parlé de Cayenne, dans un lieu fermé,
sous
contrôle judiciaire,
pas
éternellement bien sûr, pour s'assurer qu'ils ne vont pas mettre des bombes ou fusiller des gens sur les terrasses des cafés.
Est
-ce qu'on aura le courage de le faire ? Non. Ça veut dire qu'on se met à la portée de ces fous furieux qui peuvent recommencer demain. Et je mets en garde le gouvernement, leur faiblesse, sa faiblesse, est porteur d'une grande inquiétude,
et
je ne le souhaite pas, mais je suis inquiet à l'idée qu'on ait un troisième attentat. On n'a pas le droit de l'avoir.
Merci
beaucoup Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France, c'était l'invité du club de la presse ce soir avec Aurélie Herbemont, Robert Namias et Nicolas Béthoud de L'Opinion.