Médine invité à l'université d'été de LFI, le budget 2024 et l'avenir de la Nupes... Le "8h30 franceinfo" de Clémence Guetté
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France Info Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Vous maintenez toujours votre invitation au rappeur Médine aux universités d'été de la France Insoumise, malgré ses positions antisémites ? Alors la question est posée d'une façon assez étrange.
Déjà, je vais contextualiser pour les gens qui nous écoutent. On tient nos universités d'été de rentrée, à Valence du 23 au 27, et on a plus de 150 invités, dont Médine, pour un format qu'on a appelé les grands entretiens. Il y a aussi des philosophes, des sociologues, des écrivains, et évidemment, on maintient cette invitation. On est honoré qu'il ait répondu favorablement à cette invitation. C'est un rappeur qui est engagé, qui a été très actif, notamment pendant la bataille contre la réforme des retraites. Donc on est heureux qu'il ait accepté, et on pense qu'on a des choses à se dire dans un échange.
Un artiste controversé, photographié à de nombreuses reprises, faisant le geste antisémite de la quenelle. Récemment, encore un tweet antisémite qui a été critiqué de sa part.
Un artiste qui a subi, en effet, de nombreuses polémiques, qui pour beaucoup d'entre elles sont orchestrées par l'extrême droite, sur lesquelles la Macronie embraye. L'antisémitisme est un sujet très sérieux. Il y a encore eu des dégradations sur un magasin à Levallois. Donc nous nous condamnons, et on pense qu'il faut s'y attaquer sérieusement. Et on pense qu'en l'occurrence, cette polémique, elle est montée contre Médine, que ce n'est pas la première qu'il doit encaisser. Et qu'il n'est pas antisémite.
C'est Médine qui a fait des quenelles. C'est Médine qui a posé en faisant des quenelles. Et c'est lui qui a écrit que Rachel Kahn, qui est juive et petite fille de déportée, était une rescanepée en faisant un jeu de mots avec son nom de famille. Ça, pour vous, ce n'est pas antisémite ?
Il fait des jeux de mots environ tous les trois jours sur le nom de famille Kahn. Il s'appelle lui-même, avec les siens, la Kahn Family. Sa femme a écrit un livre qui s'appelle « Bienvenue à la Kantosh ». Donc, il a reconnu un jeu de mots maladroit. D'ailleurs, il s'en est excusé.
Il n'aurait pas dû, alors ?
Comment ça ? Il n'aurait pas dû s'en excuser ? C'est la question que je vous pose. Je pense qu'il a bien fait. Mais en fait, je ne suis pas là pour dire à Médine ce qu'il devrait ou ce qu'il ne devrait pas faire sous prétexte que nous l'avons invité. Nous pensons qu'il n'est pas antisémite, sinon nous ne l'aurions... Mais oui, mais les écologistes se dépêtrent de ça comme ils le veulent. Je pense qu'inviter quelqu'un et ensuite lui dire qu'il devra s'excuser, il devra être clair, ce n'est pas la bonne chose. Nous ne pensons pas qu'il est antisémite, nous pensons qu'il ne l'est pas. C'est pour ça que nous l'avons invité. Si nous le pensions, nous ne l'aurions pas invité.
Nous pensons qu'il a beaucoup de choses à nous dire. Par ailleurs, je note dans cette polémique le fait que c'est un rappeur issu des quartiers populaires, que c'est à lui qu'on s'en prend. Je pense qu'il y a là-dedans une panique morale qui est créée, notamment par l'extrême droite et sur lesquelles ensuite la Macronie notamment et toute la petite bourgeoisie embrayent et que ça n'est pas justifié, qu'il a beaucoup de choses très intéressantes à nous dire.
Il n'y avait pas d'autres figures de la gauche, d'autres figures des quartiers avec qui vous pourriez dialoguer ?
Je reviens à ce que je vous disais tout au début de cette interview. Nous avons plus de 150 invités avec plein de figures des quartiers populaires sur lesquelles nous reviendrons dans plein de débats extrêmement intéressants. Donc j'invite plutôt les gens à venir. Il n'y aura pas que Medine, même si je pense, et je le redis, que l'échange avec lui sera très intéressant.
Est-ce que le risque, ce n'est pas de prêter le flanc à ceux qui reprochent aux Insoumis leur ambiguïté dans la lutte contre l'antisémitisme ?
Je pense que c'est instrumentalisé. Et que donc, de toute façon, si jamais ça n'était pas ça, ils trouveraient autre chose. Je pense que, je le redis, ça vient de l'extrême droite et que quand vous m'interrogez sur Medine, on ne parle pas de ceux qui réhabilitent Barès, Pétain, de M. Sarkozy qui dit que Marine Le Pen est tout à fait fréquentable, etc. Donc je pense que ça n'est pas innocent et qu'il y a un continuum entre l'extrême droite, la Macronie, les médias qui sont détenus par l'oligarchie, voire aujourd'hui dirigés...
Et je pense au JDD, la quenelle, ce geste popularisé par Dieu donné, qui est un geste à connotation antisémique.
Il l'a expliqué. Vous devriez vraiment lire des articles assez intéressants qui ont été produits sur les différentes polémiques qui ont fait suite, dans toute l'œuvre d'ailleurs de Medine, parce qu'il y a des phrases qui sont prises hors de ses chansons, qui sont non interprétées, prises hors de leur contexte. Et la quenelle, il a dit d'ailleurs, aujourd'hui je ne le referai pas. Et que sur le moment, pour lui, c'était un geste anti-système. C'est comme ça qu'il l'a expliqué.
Clémence Guettet, les Français suffoquent quatre départements, vigilance rouge, canicule, c'est exceptionnel. En cette fin août, le gouvernement a donc pris un certain nombre de mesures, un numéro vert, notamment un recensement des plus vulnérables, des spots de prévention. Est-ce que tout ça suffit ? Bien sûr que non, ça ne suffit pas.
Le problème, c'est que la canicule, en fait, c'est la pointe émergée de l'iceberg. Ce dont on parle, c'est le changement climatique, parce que c'est un des épisodes extrêmes auxquels on va devoir faire face de plus en plus souvent. Ce sera aussi des inondations, des tornades, etc. Donc je l'inscris plutôt dans un continuum sur lequel le gouvernement est entièrement responsable du fait qu'aujourd'hui, il ne fait absolument rien vis-à-vis du changement climatique. Ce n'est pas d'ailleurs moi seulement qui le dit. C'est le Conseil pour le climat qui dit que la transition n'est pas amorcée, ne serait-ce qu'amorcée.
La Cour des comptes qui dit qu'on ne met pas les moyens dans la lutte contre le changement climatique. Et il faudrait faire beaucoup d'autres choses pour qu'on soit plus fort pour tout ce qui va nous arriver. Par exemple, l'isolation thermique des bâtiments. Et je pense que c'est un bon exemple parce que justement, on l'avait voté dans le dernier budget et que par 49.3, le gouvernement et M. Macron ont décidé d'annuler cette dépense qui, pour eux, est visiblement superflu. Ça, c'est le problème profond. C'est le changement climatique. Ensuite, on a la canicule.
Et évidemment, nous, on a fait une série de propositions parce qu'on n'attend pas les canicules pour savoir qu'elles vont arriver de plus en plus souvent, évidemment, tous les étés, même si là, c'est un niveau très particulier, protéger les plus vulnérables, les plus fragiles. J'ai vu la communication gouvernementale qui dit grosso modo que les SDF devraient boire et se mettre à l'ombre. Ça n'est pas suffisant quand aujourd'hui, il y a des millions de logements vacants, que ces gens pourraient ne pas être à la rue et qu'on sait qu'on meurt autant de la rue et dans la rue en hiver qu'en été. Donc, je pense évidemment aux personnes sans domicile fixe qu'on devrait pouvoir loger urgemment.
Je pense aussi aux prisonniers, par exemple, qui sont dans des conditions absolument déplorables en prison et aussi aux personnes âgées où, finalement, le problème est plus profond que l'hydratation, prendre soin, c'est évidemment indispensable. Mais ça veut dire aussi plus, un ratio plus important de soignants à leur chevet pour être attentifs.
Et pour les gens modèles qui n'ont pas forcément pu partir en vacances dans des petites communes où on a fermé certaines piscines pour économiser l'eau, à votre sens, aurait-il fallu les laisser ouvertes, ces piscines, accessibles cet été ?
Eh bien oui, je pense. Mais ça, ça nous ramène à une question qui est intéressante, qui est celle des usages différenciés de l'eau. Qu'est-ce qu'on priorise ? En ce moment, certains médias font leur titre sur les golfs, puisqu'il y a eu une actualité, vous le savez. Eh bien moi, je pense que, plutôt que fermer les piscines dans lesquelles les enfants peuvent aller se rafraîchir, ou les familles d'ailleurs, je pense qu'il faudrait avoir une réflexion assez profonde de qu'est-ce qu'on va garder, qu'est-ce qu'on ne va pas garder.
On sait qu'il y aura moins d'eau, on sait que la sécheresse va s'installer assez durablement, et que donc, il y a des usages qui sont indispensables à la vie, boire, et donc ça, il faut la gratuité. Et puis ensuite, il y a des usages qui peuvent nous aider à surmonter ce type d'épisode de canicule, et il y a des usages qui, à mon avis, sont totalement superflus. En l'occurrence, ces piscines ? En l'occurrence, les golfs. En l'occurrence, les piscines,
je pense que c'est une bonne chose qu'elle reste ouverte, oui. Clémence Guettet, députée La France Insoumise du Val-de-Marne, vous restez avec nous, on passe d'abord par le Fil Info à 8h40 avec Elia Bergel. Gérald Darmanin dénonce un immense drame qui ne restera pas impuni après la mort d'un enfant de 10 ans tué par balle à Nîmes. Selon des témoins, au moins 4 tireurs ont fait feu tard hier soir sur une voiture conduite par son oncle qui est gravement blessé. Les suspects sont en fuite. Une enquête est ouverte. Le ministre de l'Intérieur évoque un possible règlement de compte entre trafiquants de drogue. Hong Kong va réduire immédiatement ses importations alimentaires du Japon.
Le pays va commencer après-demain, jeudi, le rejet dans l'océan Pacifique de l'eau. Traité de la centrale nucléaire de Fukushima, l'Agence internationale de l'énergie atomique, valide le projet. 1,3 million de tonnes d'eau au total. Le sommet des BRICS, c'est les pays émergents. Commencent aujourd'hui à Johannesburg, Afrique du Sud, Chine, Russie, Brésil et Inde se rassemblent pour échanger sur leur place dans le monde. Face aux pays riches, Vladimir Poutine doit faire une intervention en visioconférence. Un champion du monde, 98, à la tête de l'équipe de France Espoir de foot, la légende Thierry Henry va entraîner les Bleuets à moins d'un an des Jeux Olympiques de Paris.
France Info Toujours avec Clémence Guettet,
députée de la France Insoumise du Val-de-Marne, à quelques jours de la rentrée des classes, l'allocation de rentrée scolaire a augmenté de 5,6% par rapport à l'année dernière. Est-ce que c'est suffisant pour vous ? Non, pour le coup,
c'est des mathématiques assez simples. Les fournitures scolaires, elles ont augmenté de plus de 10%, notamment. Donc, évidemment, c'est une augmentation qui est insuffisante, auxquelles les familles ne vont pas toujours réussir.
C'est 20 euros de plus en moyenne par rapport à l'année dernière, cette allocation. Tout à fait,
mais c'est insuffisant par rapport au coût de l'augmentation des fournitures scolaires. Dans ma circonscription, mais comme dans plein d'endroits, on a plein d'associations qui nous contactent pour nous dire que, d'ores et déjà, ils ont beaucoup de demandes avec des gens qui n'y arriveront pas, qui n'y arriveront pas à faire face à ça. Et donc, on est dans une situation qui est très, très compliquée, à laquelle les communes essayent de parer comme elles peuvent. Parfois, dans certaines villes, il y a des fournitures scolaires qui sont proposées, mais on pense, nous, que ce serait du ressort de l'État. Évidemment, on avait fait une proposition de loi, d'ailleurs.
Pour la gratuité des fournitures scolaires ? Voilà, on avait fait une proposition de loi pour la gratuité des fournitures scolaires. Mais comment on fait ?
Qui paye cette gratuité, finalement ? Est-ce que ce ne sont pas les contribuables qui vont payer si c'est l'État ?
Si c'est l'État, de facto, mais comme le reste des services publics. Mais ça permet de remettre un petit peu d'équité là-dedans. Je n'accepte pas qu'il y ait des enfants qui commencent leur rentrée en n'ayant pas tout le matériel, pas le bon matériel, etc. Cette différence-là, elle est insupportable. Il y a les fournitures scolaires, il y a aussi les voyages scolaires, par exemple. Nous, on avait fait une proposition de loi pour que ce soit la vraie gratuité de l'école publique et que tous les enfants puissent avoir les mêmes chances. Je pense qu'il y a une énorme hypocrisie.
Là, on parle des fournitures scolaires, mais sur d'autres sujets, avec l'inflation qu'on connaît aujourd'hui, d'augmenter, de faire des augmentations qui sont toujours sensiblement en deçà et qui ne permettent pas aux gens de s'y retrouver parce que le budget est ce qu'il est. Les salaires n'ont pas augmenté suffisamment. Et donc, nous, nous avions fait des propositions alternatives qui ont été balayées par les macronistes.
Et comment vous faites pour endiguer cette inflation sur le plus long terme, pour redonner du pouvoir d'achat aux Français ? Si vous étiez au pouvoir, vous feriez quoi ?
On l'a fait, on l'a répété quand même depuis un certain temps. Il faudrait qu'on bloque les prix. Vous êtes toujours sur cette idée ? Bien sûr.
Parce que ça n'a pas marché en Hongrie. En Hongrie, au contraire, ça a même contribué à l'inflation parce qu'on pensait le blocage sur certains produits, les distributeurs augmentaient d'autres produits.
Dans d'autres pays, en Espagne notamment, ça a fonctionné. Et puis, on pense que quand M. Le Maire dit qu'il va décrocher son téléphone pour dire aux entreprises de faire des efforts, la grande distribution notamment, pour réduire leurs marges, c'est insuffisant. Ils sont au pouvoir, ils sont aux manettes. Donc, à un moment donné, il faut être plus ferme. On aurait pu s'attaquer à ce moment-là au super profit. Et surtout, il faut s'attaquer aux marges pour que ce ne soient pas les gens in fine qui payent la facture.
Dans le budget 2024, Clémence Guettet, l'exécutif cherche à faire des économies avec un objectif, baisser les dépenses de 15 milliards d'euros. Et l'une des pistes, c'est de s'attaquer aux dépenses de santé avec un doublement de certains montants payés par les Français, par exemple, pour la consultation, certaines boîtes de médicaments. L'un des arguments de Bruno Le Maire, c'est que la quasi-gratuité peut conduire à déresponsabiliser le patient. C'est un constat que vous partagez ? Non, je trouve ça écœurant.
En fait, je trouve que vraiment, ils font preuve d'une mauvaise foi. Ils devraient assumer plus clairement d'avoir érigé un totem qui est celui de ne pas s'en prendre aux riches. De ne pas s'en prendre aux riches par l'impôt, notamment par l'ISF. C'est un exemple parmi d'autres. Il y a aussi la fiscalité du patrimoine. Et donc, dès lors que vous donnez des gages aux agences de notation, parce qu'en l'occurrence, c'est ça, ils ont dit qu'ils allaient faire les bons élèves de l'austérité budgétaire. Et donc, là, ils sont confrontés à ça. 15 milliards à trouver. C'est beaucoup plus que les dépenses pour certains ministères en entier. Par exemple, c'est quatre fois le ministère de la Culture.
Donc, c'est absolument énorme à trouver. Et dans le même temps, ils disent, on ne va pas s'en prendre au partage des richesses, à comment on distribue le gâteau de tout l'argent qu'il y a en France. Et ce qui crée, évidemment, le fait qu'on s'en prend ensuite à tout le monde, mais notamment à ceux qui déjà galèrent. Et donc, l'exemple que vous citez, celui des médicaments, c'est absolument irresponsable, parce qu'on sait que si la franchise sur les médicaments ou les consultations augmente, ça va créer des renoncements aux soins. Les gens n'iront plus soignés. Ou ça va créer des reports de soins. Donc, des maladies qui étaient un peu bénignes vont finir par s'aggraver.
Mais dans ce système de santé, selon vous, il n'y a pas d'abus, jamais ? Et in fine, je finis juste mon idée, même dans une logique purement comptable et budgétaire qui devrait être la façon dont ils réfléchissent, ça nous coûtera plus cher. Voilà. L'aggravation de ces différentes maladies. Donc, même sur ce plan-là, qui n'est pas humain, il devrait réfléchir autrement. Et donc, moi, je pense qu'il y aurait largement à faire autrement. On a fait plein de propositions alternatives. On y reviendra. Sur ce budget, il y a plusieurs problèmes. Il y a le problème social, c'est-à-dire le partage du gâteau, comme je viens de le dire. Il y a aussi le problème écologique.
Toutes les dépenses brunes qui ont doublé dans les dernières années des dépenses, des niches fiscales polluantes, des dépenses pour des entreprises pour accompagner des entreprises polluantes.
Justement, Clémence Guettet, dans ce budget 2024, Bruno Lumaire veut s'attaquer niche brune, donc ces niches fiscales qui sont défavorables qui passent beaucoup de téléphones à l'environnement. Celles qui concernent, par exemple, le gazole non routier ou les transporteurs routiers, ça vous applaudissez, ça va dans le bon sens alors ?
Déjà, on va attendre de voir ce qu'ils font parce que, pour le moment, les dépenses favorables à l'environnement, c'est 1 milliard, il en faudrait 10. Les défenses défavorables à l'environnement, elles sont passées de 10 à 19. Donc, on va voir de quelle façon ils s'y attaquent. Ensuite, on a un point d'attention qui est le fait que nous, on parle d'écologie populaire. Donc, ça veut dire que toutes ces mesures, si jamais elles doivent pénaliser des gens qui sont déjà dans la difficulté, on sera contre. Parce qu'il faut de l'accompagnement des ménages. À chaque fois, c'est fait comme ça. Ils nous ont parlé de planification écologique.
Finalement, ils ont reporté deux fois les conclusions du Haut Conseil à la planification écologique. Peut-être parce qu'ils ne savent pas où ils vont. Mais donc,
vous êtes contre, par exemple, taxer plus les billets d'avion les plus chers ?
Non, en l'occurrence, ça, on y est favorable. On a même dit... Même si c'est dur
pour le pouvoir d'achat aussi.
On a même fait... Oui, mais tout le monde ne prend pas l'avion, loin de là. Et on a même dit qu'il fallait proposer des alternatives, par exemple, pour les vols intérieurs. Quand il y avait une alternative en train, il fallait la favoriser. Donc, évidemment, taxer davantage les billets d'avion et, dans le même temps, baisser le prix du train, c'est une proposition qu'on fait depuis très longtemps. Mais j'ajoute bien le et en même temps, baisser le prix du train. Parce que si le train reste absolument inabordable, les gens prendront la voiture. Voilà. Ils n'ont pas de vision en matière écologique.
Je pense d'ailleurs que c'est pour ça qu'ils ne rendent pas ces conclusions parce qu'ils ne savent pas où ils vont en cette matière.
Et donc, on comprend que vous vous opposerez au budget qui sera examiné à l'automne au Parlement. Est-ce que vous voterez, par exemple, une motion de censure qui serait déposée contre ce budget par les Républicains ?
Alors déjà, on ne s'y oppose pas par principe. On va faire notre travail de parlementaire et on va amender. Il y aura à nouveau le débat sur les super profits qui avait eu lieu l'année précédente. Je rappelle que, malgré ce 49-3, on avait voté des mesures intéressantes en matière écologique. Donc, on va aussi voir l'attitude du gouvernement qui, vraisemblablement, prépare déjà le terrain pour un nouveau 49-3 pour passer en force puisqu'ils ont décidé qu'ils donnaient des gages aux financiers, aux agences de notation et que l'austérité, ce sera pour tout le monde et à toutes les sauces.
Il faut bien voter le budget. Comment ? Il faut bien voter le budget, ils n'ont pas de majorité.
Exactement, mais ça, c'est notre rôle. Et avant de le voter, il nous faut l'amender. Donc, si aucun de nos amendements n'est retenu, évidemment, on va s'opposer à ce budget et d'ailleurs, vraisemblablement, on va dans la mauvaise direction. Ensuite, pour la motion de censure, il faudra qu'on en discute avec mon groupe parlementaire que je vais retrouver aux Amphis dès cet après-midi et puis nous verrons ce que nous ferons. Mais clairement, nous n'avons pas renoncé à l'idée de faire tomber ce gouvernement.
D'ici là, Emmanuel Macron propose une initiative politique pour la rentrée sans vous, sans la France insoumise. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Il n'invite que les partis de l'arc républicain, dit-il. Bon, on est revenu longuement
sur cet anathème qui est lancé comme ça, qui, je pense, est totalement irresponsable, qui manque totalement de recul historique sur ce qu'est l'extrême droite dans ce pays. Puisqu'il vous met sur le même plan que le Rassemblement national. Voilà, mais c'est leur responsabilité. Nous nous défendons la République et ses valeurs. Donc, je ne me sens pas concernée par ce type de... Voilà. Après, bon, en réalité, il ménage une grande surprise. Il a encore neuf jours pour nous dire ce que ça va être, mais très concrètement, on n'a pas compris. Je ne sais pas si vous, vous l'avez compris. Il donne l'impression d'être un peu à court d'idées.
Et pendant ses vacances, il s'est dit, il faut que je raconte quelque chose à la rentrée. Mais ni vous, ni moi, ne savons exactement ce que ça va être et aucun des partis, y compris ceux qui sont conviés, ne savent vraisemblablement ce que ça va être. Donc, il invente des choses comme ça pour un peu maintenir les gens en haleine. En réalité, il n'y a pas de suspens sur ce qui va se passer. Il va provoquer des réunions qui ne serviront à rien du tout et ils continueront surtout le même usage du Parlement qui est extrêmement brutal. Je veux dire, 11,49,3 l'année dernière, ça donne une dérive assez continue, lente, mais bien là
de la Ve République, de ses travers. Clémence Guettet, on poursuit cet échange après l'info à 8h50 avec Elia Bergel. Alerte rouge canicule pour 4 départements à partir du midi. Soyez très vigilants si vous habitez la Drôme, le Rhône, l'Ardèche et la Haute-Loire. Le dôme de chaleur continue d'écraser la moitié sud du pays. Il est très probable que ce soit la vague de chaleur la plus tardive que le territoire français connu, estime un climatologue sur France Info. Gérald Darmanin évoque un possible règlement de compte entre trafiquants de drogue après la mort d'un enfant de 10 ans tué par balle à Nîmes hier soir. La voiture que conduisait son oncle prise pour cible par au moins 4 tireurs.
Selon des témoins, il est gravement blessé. Le ministre de l'Intérieur promet que cet immense drame ne restera pas impuni. La Russie affirme ce matin avoir détruit un navire de reconnaissance de l'armée ukrainienne en mer Noire. Les attaques se multiplient dans la zone depuis que Moscou s'est retiré de l'accord serialier. Une bagarre entre supporters d'Ajaccio et de Bordeaux en Ligue 2. Hier soir, les Bordelais étaient pourtant interdits de déplacement en Corse. La rencontre a repris après une interruption score final 0 à 0. France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambret Agathe Mahuet
Toujours avec Clémence Guettet députée de la France Insoumise du Val-de-Marne on parlait à l'instant de la rentrée qui s'annonce agitée houleuse aussi pour la NUPES qui se déchire à nouveau. L'alliance a-t-elle vécu Clémence Guettet ?
Bon, ça fait un an qu'on est partis ensemble pour les élections législatives qu'on était arrivés en tête qu'on avait fait 26% et je pense que là on est à un moment de réflexion pour chacune des organisations pour savoir ce qu'on a envie de faire ensemble.
Nous, on a fait des propositions depuis un an qui sont nombreuses qui sont le fait de s'ancrer un peu sur le territoire de créer des comités locaux on a proposé on a proposé de relancer le Parlement de la NUPES qui est ce lieu où on rassemblait des artistes des organisations des associations à chaque fois on nous oppose une fin de non recevoir ça n'est pas possible et puis après il y a les prochains scrutins intermédiaires d'ici à 2027 à commencer par les sénatoriales où on a été exclu à la France Insoumise de toutes les alliances possibles alors qu'on n'avait pas des prétentions trop importantes et puis en ligne de mire vous le savez le scrutin des européennes l'année prochaine en 2024 pour lequel pour l'instant les discussions sont bloquées donc ce sont vos alliés qui ne jouent pas le jeu ?
pour l'instant en tout cas il y a une sorte de double discours qui devient un peu lassant qui consiste à médiatiquement encenser la NUPES dire que c'est très important de s'unir etc mais quand nous faisons des propositions à refuser systématiquement tout ce qu'on pourrait faire ensemble mais vous souhaitez que ça continue ?
nous on le souhaite mais pas pour une raison principielle si vous voulez on n'a pas d'appétence pour l'union pour l'union on a une organisation politique comme les autres on a un programme on a des propositions ça va sauf que le problème c'est qu'on pense que pour gagner et pour être en tête c'est le plus court chemin la NUPES et donc si on prend au sérieux cette idée là si on dit on veut en finir avec ce monde de malheur si on veut arriver devant la Macronie et devant l'extrême droite si on veut faire vraiment des choses pour le changement climatique ça nous ramène à la discussion précédente c'est le plus court chemin et donc c'est nécessaire sur un programme de rupture pas l'union n'importe comment avec n'importe qui et en disant n'importe quoi mais nous avons un programme et des propositions et donc ça serait possible
sur lesquelles vous êtes d'accord aujourd'hui
sur le fond en réalité ça marche bien à l'Assemblée nationale on vote très souvent vous êtes divisée sur les retraites là vous vous divisez cette idée sur les retraites on était d'accord on avait plein d'amendements en commun on a bataillé ensemble avec des méthodes qui sont légèrement différentes et qui ont beaucoup amusé les médias parce que ça faisait des sujets mais en réalité
sur les violences urbaines aussi vous divisez aujourd'hui sur Médine en réalité on est d'accord
sur les violences urbaines par exemple c'est intéressant parce que la prochaine étape c'est une marche le 23 septembre qui est appelée par plus d'une centaine d'organisations dont la CGT des syndicats des collectifs et certaines forces politiques dont nous la France Insoumise c'est des mots d'ordre qui sont extrêmement clairs la justice sociale la lutte contre les violences policières auxquelles nous adhérons totalement et qui est une forme d'union qui n'est pas l'union des organisations politiques traditionnelles mais qui permet de proposer un horizon aux gens sinon on est dans le désespoir en fait moi je croise plein de gens qui me disent les alliés participent aussi à cette manifestation je pense que ce serait une bonne idée chaque organisation fait comme elle veut ELV y participe également mais en tout cas il faut proposer quelque chose parce que les gens nous disent en permanence 4 ans ça va être encore très long donc s'unir pour proposer des choses un horizon désirable relever la tête
mais pour s'unir il faut être d'accord aussi par exemple sur les européennes vous revenez tout le temps à ce sujet alors que les écologistes passent leur journée à dire qu'ils veulent y aller seuls parce qu'ils ont leur spécificité pour la spécificité de cette élection est-ce que vous ne pouvez pas passer à autre chose maintenant ? Vous ne faites pas les forceurs comme disait Marine Tondelier la patronne des Verts ?
Alors cette expression je la trouve assez désagréable donc j'espère qu'elle ne serait pas employée à nouveau mais pourquoi ont-ils signé le programme partagé de gouvernement de la NUPES ? Pensait-il que si nous avions Jean-Luc Mélenchon Premier ministre nous n'aurions jamais parlé d'Union Européenne ?
Nous avons réussi et pour ça nous avons travaillé dans des négociations sur le fond j'y ai participé à trouver des propositions communes à parler de désobéissance à dire sur quel plan nous allions désobéir parce que nous désobéirions et c'est la vérité de le dire aux gens donc nous l'avions écrit dans notre programme je ne vois pas pourquoi à ce stade ça ne serait plus possible de s'accorder sur des propositions qui soient nuancées qui conviennent à chacune des organisations et surtout qui permettent la rupture avec le système tel qu'il est actuellement sur plein de sujets extrêmement importants au Parlement européen par exemple le marché de l'énergie pour donner qu'un exemple il faut arrêter que les organisations politiques se comptent demandent un siège ou deux de plus le but c'est d'être en tête de gagner et de donner de l'espoir aux gens
Un dernier mot encore Clémence Guettet l'Allemagne franchit un nouveau pas vers la légalisation du cannabis récréatif avec un projet de loi qui vient d'être validé par le gouvernement qui doit encore être voté au Parlement il deviendrait possible en Allemagne à partir de 18 ans d'acheter et de posséder jusqu'à 25 grammes de cannabis c'est le modèle à suivre ? C'est une proposition
qu'on a faite à de nombreuses reprises on a encore déposé quasiment on a encore déposé une proposition de loi il y a quelques mois pour faire la même proposition parce qu'on pense qu'en fait ça n'a pas de sens ça fait perdre du temps aux policiers qui pourraient avoir du temps pour notamment davantage lutter vraiment contre le trafic ce qui n'est pas dérangeant la consommation n'est pas dérangeante elle est déjà très massive dans la population mais il faut l'encadrer notamment l'encadrer par l'Etat donc ça libérerait du temps pour les policiers ça permettrait aux consommateurs d'être davantage tranquilles et puis ça permettrait de mettre des moyens dans autre chose la sensibilisation la prévention auprès des jeunes notamment donc moi je pense que c'est une bonne idée et qu'il faut aller en ce sens et je pense qu'on y viendra d'ailleurs
Clémence Guettet députée La France Insoumise du Val-de-Marne merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de France Info et bonne journée à vous merci merci
merci merci merci
Clémence Guetté