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interviewSud Radio (sur YouTube)· 21 février 2026 9 min

Le braquage du Louvre n’était “pas un accident” ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous évoquez une défaillance systémique pour que l'on comprenne bien quelles en sont les les illustrations dans un moment comme le cambriolage concrètement. Où sont les failles à ce moment-là ? Alors, il y a des failles vraiment à tous les niveaux.

Il y a des failles déjà techniques, hein. On a pu visiter le PC sécurité du Louvre où on a vu des caméras absolument euh obsolètres, de piètre qualité qui était incapable d'identifier euh des dangers. On a une chaîne de de remontée d'information et d'alerte de la police qui malheureusement euh n'est pas n'est pas opérationnel. et qui a permis enfin qui a permis aux voleurs euh de de partir.

Si la chaîne avait été plus réactive, les quelques secondes nécessaires aurait été gagné à ce niveau-là. On a des carences de formation lourdes, il a moins de 3 % des agents du musée qui se réformé aux question de sécurité de de sûreté et puis euh attendez attendez attendez, ça c'est très intéressant sur sur les personnes chargées de la sécurité, il y en a que 3 % qui sont suffisamment formés. L'ensemble du Je parle sur l'ensemble du personnel.

Hm. D'accord. Du musée.

Vous avez moins de 3% quand le métier c'est d'accueillir du public, vous imaginez bien que c'est pas c'est pas possible. Et c'est un point qui a été soulevé par l'inspection générale des affaires culturelles. Donc il relève directement du ministère.

Ça ça me semblait important de pouvoir le le rappeler. Il y a aussi des choix qui ont été faits, vous le savez, sur la galerie d'Apollon où a lieu le vol. Euh il y a cette question de la grille qui avait été retirée pour des questions euh d'accès pompiers.

Sauf que quand l'inspection générale des affaires culturelles demande aux pompiers s'ils ont été interrogés, ils disent que non. Donc on voit qu'il y a quand même euh une gestion qui est assez assez particulière. Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ?

Ça veut dire que ces défaillances en fait elles traduisent un des intérêts profonds structurels pour les questions de sécurité de santé. C'est ça qui est le plus grave. Hm.

Est-ce que ce sont des défauts comme euh vous vous lesquissez par moment vraiment de personnes et on aura l'occasion d'y revenir notamment concernant la la la directrice actuelle du musée du Louvre où ce sont des défauts, on va dire techniques de des défauts d'administratifs, c'est-à-dire il y a trop de lourdeur, on passe par beaucoup trop de canaux, il y a il y a trop peu de décisions respectées dans les temps, trop de normes à faire pour de microchangement. Ce qui est vraiment en cause, c'est le pilotage du musée comme institution. le Louvre est une institution tellement grande euh tellement forte qu'elle est devenue un état dans l'État.

C'est ça la vous c'est l'expression que vous employez, c'est vraiment un état dans l'État. C'est-à-dire que c'est une vie indépendante euh de tout contrôle, de toute autorité, euh de toute norme. Elle a un poids tellement important que ça devient difficile pour un ministère d'arriver à lui imposer ses priorités.

C'est pour ça que j'ai appelé avec notre rapporteur Alexis Corber à ce que l'État et le gouvernement puissent vraiment reprendre la main, impulser ses priorités et notamment en matière de sécurité. Quand on accueille 30000 personnes par jour, l'équivalent d'une ville moyenne, la sécurité peut pas être le dernier point de nos priorités. Ça doit être le numéro 1 à la fois pour les visiteurs évidemment, mais aussi pour les œuvres.

Euh le drame de cette affaire, c'est de se dire qu'on on a des bijoux à la valeur inestimable qui sont au cœur de l'histoire de France et qui malheureusement euh peut-être ne seront jamais retrouvé. Hm. Le le métier, la vocation d'un musée, c'est de conserver des œuvres dont on a hérité pour les transmettre à nos enfants et malheureusement, il est probable que celle-ci, elle ne soit euh plus jamais accessible à nos enfants.

Ça c'est dramatique. C'est un échec collectif. Alexandre Portier, je rappelle que vous êtes député L du Rôon et président de la commission parlementaire d'enquête sur la sécurité des musées.

Quand vous dites un état dans l'État, au point quand même qu'un ministère n'arrive plus à donner les impulsions suffisantes, à un musée, n'arrive plus à lui donner, on va dire, un ordre des priorités, concrètement ? Ça se ça se matérialise de de quelle nature sur les derniers mois, sur les dernières années ? Quelles ont été un moment des volontés importantes du ministère de la culture que le Louvre par exemple s'est permis de refuser ou s'est permis de considérer comme n'étant pas importante ?

En fait, le on a l'impression que le musée du Louvre est devenu tellement important que les décisions se prennent au niveau de sa présidence ou alors directement en échange avec la présidence de la République, mais que le maillon ministère de la culture aujourd'hui et depuis de nombreuses années en réalité n'est plus capable d'être dans cette fonction de contrôle. Qui est sa qui est sa mission ? Le ministère doit être une autorité de tutel, ça une autorité de contrôle.

Et euh on a bien vu euh que malheureusement euh il était parfois spectateur des décisions qui se prenaient en interne dans le musée. C'est pas acceptable quand vous déversez année après année des centaines de millions d'euros parce que c'est l'argent public des français et donc il est impératif que le ministère soit là pour contrôler. Mais je vais vous dire que le parlement aussi contrôle parce qu'en tant que député ce qui me frappe c'est qu'on parle trop peu des questions de patrimoine et euh qu'on parle souvent du Louvre après coup à pastériori jamais en amont pour savoir à quoi va servir l'argent des Français.

H et euh je suis pas seulement présent de cette commission d'enquête, je suis présent de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée. Je veux vraiment qu'on réinverse la vapeur euh quand on utilise de l'argent des Français et ben on a une responsabilité euh fondamentale. Il faut qu'on ait tous les outils pour la contrôler, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Un point euh qui interpelle naturellement tout le monde et ce depuis le cambriolage, c'est la présidente du Louvre. C'est quand même le véritable point d'interrogation, non ? sur sa sur son poste qui est qui est toujours le sien.

Est-ce qu'il n'y a pas quand même une démission qui s'imposait depuis le temps ? C'est un vrai mystère. C'est un vrai mystère et très franchement pas à moi de prendre la décision, je suis pas décisionnaire.

Mais par contre euh quand on regarde ce qui s'est passé sur d'autres situations dans d'autres pays, quand on interroge un petit peu euh des responsables d'établissement, très clairement, on voit que la somme des défaillances aujourd'hui euh la somme des des choix qui euh ont pu être fait, montrend très clairement que dans bien d'autres pays, dans bien d'autres établissements, euh il y a longtemps euh qu'un départ aurait été mis sur la table. H et dans le vous vous l'avez dit au début de notre conversation Alexandre Portier, c'est on va dire la moitié de la commission d'enquête dans les prochains jours. Le but des audition c'est notamment d'aller en profondeur on va dire sur les interrogations notamment avec l'audition de la ministre de la culture Rachid Adati.

C'est ça ? H oui tout à fait. On va auditionner Rachtier lundi, Laurence Descart mercredi et puis exactement et on va ensuite auditionner la Cour des comptes qui avait fait un rapport extrêmement dur sur la qui avait tiré à Boulet Rouge he sur le fait que des investissements n'allaient pas notamment au au bons endroits.

Exactement avec des interrogations sur la politique d'acquisition sur des projets jugés pharaoniques et peut-être au détriment de la mission première d'un musée qui est de conserver des œuvres. H et puis on va rentrer après dans une deuxème phase parce que je le dis à chaque fois, faut pas que le Louvre soit l'arbre qui cache la forêt. Le Louvre, on en parle parce que c'est le plus grand musée du monde parce qu'on est tous extrêmement fier d'avoir ces musées dans notre pays, mais il y a aussi des musées de province, des musées territoriaux, des musées dans nos communes qui régulièrement peuvent être l'objet d'attaque, de vol, de dégradation.

Ça peut être des chapelles, des églises, des châteaux publics ou privés et il faut pas qu'on les oublie. Hm. Et une dernière question un peu en dehors en tout cas de cette commission d'enquête Alexandre Portier, est-ce qu'il n'y a pas aussi une véritable question sur la rentabilité du Louvre au moment du cambriolage ?

Beaucoup s'étaient étonnés de l'argent public qui était distribué, du nombre de visiteurs avec qui plus un billet d'entrée qui a un peu augmenté et du manque de rentabilité du musée. Est-ce que en réalité sur les prochaines années, ça n'est pas une question qui va devoir à un moment arriver quand même sur le bureau du ministre de la culture ? Je pense pas qu'on doivent prendre la question d'un musée par langue de la rentabilité.

Euh un musée c'est fait aussi pour éduquer, c'est fait pour euh instruire, c'est fait pour partager des connaissances avec les enfants. C'est un lien entre les générations. C'est pas le musée d'une petite ville.

On pourrait se dire que le Louvre avec une telle exposition et qui plus quand on voit son rayonnement pourrait en plus jouir d'une petite rentabilité sans que ce soit un gros mot. Pour vous, ce n'est pas l'angle. Je suis pas sûr que ce soit le premier angle.

Par contre, la question c'est de savoir si le musée est capable de contribuer à sa politique d'investissement et vu les investissements nécessaires pour le Louvre, il est clair qu'il doit y avoir aussi des moyens, des ressources propres. Ça vaut pour Louvre mais en réalité ça vaut pour tous les autres musées. Et c'est pour ça que la deuxième partie de notre commission d'enquête, elle va être extrêmement importante parce que il s'agit aussi derrière le Louf de voir si on est capable de soutenir cette politique patrimoniale dans le temps.

Il y a une vraie alerte sur le patrimoine aujourd'hui. Euh il suffit de de se promener un petit peu dans dans nos villages pour voir que les édifices qui tombent aujourd'hui en embout malheureusement se compte par centaines si ce n'est par milliers. euh qu'on a euh une multiplication de vols euh depuis quelques mois dans l'établissement qui jusqu'ici n'était pas identifié comme un risque mais aussi parce que ces risques ont évolué.

Oui. Et puis on avait largement parlé ici notamment avec des pièces qui étaient volées et puis euh une sécurité qui était qui était ADLC. C'est quelque chose qu'on évoque souvent sur cette radio.

Merci beaucoup Alexandre Portier d'avoir été avec nous ce matin, député LR du Rône et président de la commission parlementaire d'enquête sur la sécurité des musées. on vous nen êtes qu'à la moitié he le travail se poursuit au moment des conclusions bien sûr on vous réinvitera pour faire le