LYCÉENS MUTILÉS : LE FOUTAGE DE GUEULE DE NUÑEZ
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« Il a donc annoncé en grande pompe la suspension des grenades assourdissantes provisoirement. »
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« Il s'agit en fait que d'un seul type de grenade assourdissante parmi l'arsenal relativement fourni des policiers qui est concerné la grenade ASSD projetée par lanceur. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Un gendarme mobile avait raté son lancer et envoyé directement sa grenade à SSD dans la nuque d'un de ses collègues. Malgré ses multiples protection, il avait eu des vertèbres cassées. »
- 9:11Invité politiqueFait
« Tout cet arsenal que la France déploie contre son peuple est un choix politique, celui d'un maintien de l'ordre qui réprime durement plutôt que de viser à la désescalade. »
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« Monsieur le député, mes instructions aux forces de sécurité intérieure, c'est pas aux 20hures de TF1 que je les donne. C'est dans des instructions écrites qu'a cité le premier ministre. »
- 11:20Invité politiqueFait
« Quand vous dites que les forces de sécurité intérieure utilisent des armes de guerre, c'est n'importe quoi. Ce sont des armes intermédiaires qui sont non létales. »
- 14:02Invité politiqueFait
« Je pense qu'il faut aller plus loin, il y a certaines formes d'armement qui y compris en dehors des manifestations lycéennes ne devraient pas être utilisé dans le cadre de ce qu'on appelle le maintien de l'ordre. »
- 14:36Invité politiqueFait
« Amnestye Internationale France a d'ailleurs demandé l'interdiction définitive de toutes les grenades assourdissantes. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez100 %
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Marion, on a reçu ça du gouvernement là. Une missive du ministère de l'intérieur qui nous informe très officiellement que le porte-avion Charles de Gaulle ne sera pas déployé dans le canal Saint-Martin dans le cadre des mobilisations lycéennes. C'est une très bonne nouvelle. Ah, ils vont pas non plus déployer les sous-marins à tête nucléaire qui resteront dans les eaux internationales. Ah ouais. Non mais on est sur la bonne voie. Progresse et oui et ça il faut le dire. C'est une décision pleine d'humanité de la part du ministre de l'intérieur. Merci Que Laurent Nugèz. Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le jeudi 8 octobre et le gouvernement nous en fume.
Depuis qu'un adolescent de 15 ans a été mutilé de la main jusqu'au coude par une grenade à lance dans le cadre du mouvement lycéen, tout le monde parle des armes utilisées pour le maintien de l'ordre. souvent d'ailleurs très approximativement, le sujet étant pour le moins technique et Laurent Nugèz a bien compris l'intérêt de cette confusion. Le ministre de l'intérieur multiplie les déclarations pour se donner le beau rôle hein, celui du ministre responsable qui encadre les forces de l'ordre et veille à ce qu'elle ne puisse pas réprimer la jeunesse, les mains complètement libres. Pour l'affaire simple, le premier flic de France veut nous faire croire qu'il tient la laisse.
Il a donc annoncé en grande pompe la suspension des grenades assourdissantes provisoirement. Il y a une action de police qui nous interroge tous évidemment au sein du ministère de l'intérieur à commencer par le ministre de l'intérieur lui-même. C'est évidemment ce qui s'est passé à Lance avec une possibilité forte que ce soit une grenade assourdissante he qui estclement. une grenade assourdissante hein. Donc et j'ai demandé d'ailleurs dès d hier hein que cette grenade ne soit plus utilisée dans le casre du mouvement lycéen provisoire. Sauf que derrière les grands discours et les stratégies de communication, la réalité des faits est un temps soit peu différente. Bougez pas, je vous explique.
Et avant de continuer cette chronique, je vous rappelle que le média doit rapidement réunir 10000 donateurs mensuels pour pouvoir continuer à vous informer. C'est à partir de 3 € par mois. C'est vous qui choisissez le montant de votre contribution selon vos moyens et vos envies et puis c'est déductible des impôts. Toutes les infos sont à retrouver sur capsurd.v.fr. On retourne au récap. Fin de la réclame. Depuis le début du mouvement des lycéens, la répression policière est sans précédent. On en a parlé déjà plusieurs fois dans le récap ces derniers jours. À ce stade, au moins 18 enquêtes de l'IGPN seraient ouvertes selon les chiffres donnés par les autorités.
Et si les images de violence policière toutes plus terribles les unes que les autres nous arrivent sans cesse chaque jour, c'est visiblement le cas de Lance avec ce jeune de 15 ans qui s'est fait arracher une main qui a réussi à émouvoir un temps soit peu le ministre de l'intérieur et autant vous dire que c'était pas gagné. Voilà ce qu'il disait encore mardi matin sur France Interre. Les choses se passent sans dégâts majeurs. Il y a eu ces 10 affaires que je regrette, que je déplore, pour laquelle IGPN pour lesqu sur ces lycéens, vous avez appelé euh la famille, les parents pour euh au titre de votre responsabilité euh de comme premier flic de France pour présenter excuses.
Non, je vais pas présenter les excuses. Il y a des enquêtes judiciaires en cours. On verra si les responsabilités sont établies ou pas. En revanche, Benjamin Dubie Belle, je peux vous assurer, j'adresse un message de soutien à l'ensemble des forces des membres de forces de sécurité intérieure qui sont blessés 715 depuis le début. Pour ce qui est des familles, il y a des enquêtes judiciaires en cours. Je n'ai pas à m'en mêlé. Précisons tout de même que cette déclaration du ministre intervient au lendemain de la mutilation à lance.
Laurent Nugèz, au moment où il s'exprime, est donc parfaitement au courant de ce qui s'est passé, mais ça ne l'empêche pas de mépriser les familles et de renouveler son soutien aux forces de l'ordre. Ce qu'il n'avaiit pas anticipé en revanche, c'est la force des images sur l'opinion publique. Cette fois, un sursaut a eu lieu. Il aurait dû évidemment intervenir à la première image de mutilation, hein, surtout lorsque des mineurs sont touchés. Mais c'est ce cas donc Al qui a enfin réveillé les consciences et poussé à interroger l'armement policier.
Forcément dans ce contexte, le soutien inconditionnel du pouvoir aux forces de l'ordre et la ritournelle sur la proportionnalité de la violence employé et ben elle passe pas très bien. Alors Nugèz a rectifié le tir ou plutôt il a tenté son coup de com pour le laisser penser. Ce mercredi 7 octobre, le ministre de l'intérieur a donc annoncé dans les médias la suspension des grenades assourdissantes le temps que les circonstances de la blessure du jeune homme à lance soient établi sans davantage de précision, vous le noterez.
Et c'est justement là que ça devient intéressant parce que lorsqu'on jette un coup d'œil au télégramme envoyé la veille par le directeur de la police nationale à toutes ces unités, on comprend qu'il s'agit en fait que d'un seul type de grenade assourdissante parmi l'arsenal relativement fourni des policiers qui est concerné la grenade ASSD projetée par lanceur. qu'au moins quatre autres types de grenades assourdissantes, ces grenades donc qui m'utilent à tour de bras depuis des années, sont toujours parfaitement utilisable par les forces de l'ordre dans les manifes lycéennes et les autres évidemment. Sans parler du reste, on y reviendra.
Attardons-nous d'abord sur la fameuse grenade interdite par Nugèz, en tout cas celle qui est mentionnée dans le télégram. Elle ressemble à ça et voilà ce que ça donne lorsqu'elle explose. Et ben oui, parfois les policiers se blessent eux-mêmes avec leurs propres armes. He ça arrive. Ces images, elles datent du 1er mai 2023. Un gendarme mobile avait raté son lancer et envoyé directement sa grenade à SSD dans la nuque d'un de ses collègues. Malgré ses multiples protection, il avait eu des vertèbres cassées. Alors, je vous laisse imaginer les dégâts sur des manifestants à qui on interdit jusqu'aux lunettes de piscine pour se protéger.
D'ailleurs, pas besoin d'imaginer, les précédents sont nombreux, elle mutile et arrachent des membres. Cette affreuse grenade explosif, elle nous vient de la tout aussi affreuse entreprise ALCTEX, hein, des armes donc made in France, Cocorico. Elle a été mise en service en 2022. Merci Macron. À cette date, hormis les grenades de désencerclement, logiquement réservé à un certains usages très précis, bien qu'il ne soi que rarement respecté, il faut le dire, les policiers et les gendarmes ne disposaient plus que de grenades à main suite à l'interdiction de la GM2L, aussi fabriquée par LCTEX.
Merci encore responsable d'au moins deux mains arrachées en décembre 2020 à Paris et en juin 2021 lors d'une rêve partie à Redon sauvagement réprimé. Cette grenade interdite, elle remplaçait déjà la gli F4 hein qui elle aussi aux surprise avait mutilé des corps lors des gilets jaunes cette fois. Bref, vous avez compris la mécanique. À chaque drame trop médiatisé, le pouvoir fait mim de calmer le jeu en interdisant certaines armes tout en demandant au fabricant d'en inventer de nouvelles qui au final mutilent comme les précédentes. Mais comme elle ne s'appelle plus pareil et bah le tour est joué. C'est quand même formidable la communication.
Et puis il y a un autre point sur lequel joue sans cesse le gouvernement, c'est les modalités d'envoi de ces grenades décriées. Par exemple, la GM2L, elle avait été interdite au lancer à main, mais pas dans sa version utilisable avec un lance-grenade preuve en né à Sainte en mars 2023. 1375 GM2L avaient été utilisé en l'espace de quelques heures à peine faisant de nombreux blessés dont certains très grave comme toujours. En l'occurrence, le télégramme envoyé aux forces de police n'est justement pas très clair parce qu'il parle de la grenade SSD tirée au moyen d'un lanceur. Or cette grenade à SSD, elle a précisément été créée pour être lancée à la main.
On ne sait donc pas bien si c'est la SSD à la main qui est suspendue par décision ministérielle ou le F son équivalent apparu l'an dernier qui elle est compatible avec un lanceur de type Cobra à double canon avec une portée de 80 m.
Maxime Sirvince journaliste spécialiste de ces questions chez Politis et à l'origine du site maintiendelordre.fr fr que je vous invite vivement à consulter précise que ce lanceur Cobra et que cette grenade ne sont en dotation que chez certains CRS, une minorité donc des agents en charge du maintien de l'ordre et qu'il s'agisse de la EF son ou de la SSD reste toujours que le pouvoir n'a interdit momentanément qu'un seul type de grenade assourdissante et que les forces de l'ordre disposent toujours d'au moins quatre modèles du même type tout aussi dangereuses mais qui restent autorisé donc pour réprimer le mouvement lycéen et toute autre forme. forme de mobilisation sociale dans ce pays.
Sans compter évidemment sur le reste de l'arsenal, notamment les fameux lanceurs de balle de défense, les LBD qui eux aussi sont responsables d'un nombre considérable de mutilation notamment aux yeux et dans les parties génitales. Alors même que le règlement interdit évidemment de viser ces zones. Mais vous savez ce que c'est ? C'est pas les policiers qui visent délibérément toujours les zones interdites. Ce sont les victimes qui bougent toujours au dernier moment. Évidemment. Et rappelons que tout cet arsenal que la France déploie contre son peuple est un choix politique, celui d'un maintien de l'ordre qui réprime durement plutôt que de viser à la désescalade.
Et ce n'est pas une fatalité, c'est un choix comme le rappelle justement une ancienne juge Evveline Cirmarin sur le plateau de LCI. Dans d'autres pays d'Europe, on n'utilise pas cette arme qui est le LBD ou des grenades de désencerclement ou des grenades assourdissantes. On n'utilise pas ces ces armes qui sont dangereuses contre des manifestants. Et ça, il y a plein de pays d'Europe où c'est le cas. C'est le cas de l'Irlande, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de tous les pays nordiques et cetera. Alors ce que dit Red Abellage, c'est que euh c'était pas contre des manifestants, c'est-à-dire que eux recevaient des cocktails molotofs ou des pavés. Oui, mais bien sûr.
Non, je voudrais bien sûr. Ça c'est on on déborde un peu du cadre de la manifestation. Je voudrais en venir, si vous voulez à cette technique du maintien de l'ordre qui a été d'emblé une technique confrontationnelle et on peut faire autrement. Euh les policiers le savent très bien euh lorsqu'il y a des mouvements d'agriculteurs comme il y a eu en 2024 par exemple. Euh qu'a dit monsieur Darmanin ? Euh n'est pas un gauchiste, je crois euh il était ministre de l'intérieur, je termine.
Euh monsieur Darmanin a dit euh "On ne va pas ajouter des CRS euh à leur souffrance et je pense que d'emblé c'est tout à fait regrettable que on ait pris cette affaire comme véritablement comme si c'était des émeutes alors que c'est un mouvement social." Mais le pouvoir, il y a ces armes qui mutiles et blessent les chair voir qui tue d'ailleurs. Bien qu'elles soi estampillée, non létal comme le rappeler l'exécutif. Et les forces de l'ordre aussi, elles y tiennent malgré la pseudo suspension d'un type de grenade en cours hein dont on a exposé ici les limites. Elles sont déjà montées au créneau pour se plaindre de devoir s'en passer.
Alors Nugèz s'emploie lui à noyer le poisson, enfumer le débat et à multiplier les diversions quit à mentir devant la représentation nationale. Monsieur le député, mes instructions aux forces de sécurité intérieure, c'est pas aux 20hures de TF1 que je les donne. C'est dans des instructions écrites qu'a cité le premier ministre et qui en appelle et qui en appelle effectivement quand il y a des violences, des dégradations, des atteintes au personnel enseignant systématiquement des interventions effectivement mais toujours avec proportionnalité. Toujours avec proportionnalité. Alors, quand vous dites, je vais vous dire quelque chose.
Quand vous dites que les forces de sécurité intérieure utilisent des armes de guerre, c'est n'importe quoi. Ce sont des armes intermédiaires qui sont non létales. Monsieur le député, arrêtez de faire croire à notre jeunesse n'importe quoi. On va continuer à faire ce que nous faisons, à maintenir l'ordre. Pas d'armes de guerre, vous dites, monsieur le ministre de l'intérieur. Et ben, c'est pas tout à fait ce que raconte le code de la sécurité intérieure qui classe en catégorie A2 les armes relevantes des matériels de guerre. C'est écrit noir sur blanc et ça concerne notamment les grenades EF son, GM2L ou encore celle de désencerclement pour ne citer quel.
Alors après, on comprend hein que ce soit embarrassant dit comme ça des armes de guerre c'est pas c'est pas super hein. Et puis assumer qu'on les balance sur des lycéens mineurs qui réclament des profs dans leur salle de classe forcément ça la fout un peu mal. Mardi 6 octobre, le chef des députés socialistes à l'Assemblée nationale, Boris Vallot, a annoncé que son groupe allait déposer une proposition de loi pour que face à des manifestations appliquant des mineurs, les forces de l'ordre ne puissent plus utiliser d'armes mutilantes ou de pratiques brutales. Une pétition est également en cours. Par ailleurs, nous souhaitons vous l'annoncer ce matin.
Le groupe socialiste déposera aujourd'hui une proposition de loi visant à interdire l'usage des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létal lors des manifestations lycéennes. On ne peut pas traiter des enfants, en l'occurrence nos jeunes comme on traite des adultes dans le courant de ces manifestations. Nous appelons ainsi chacune et chacun à signer la pétition qui est d'ors et déjà en ligne sur ce sujet sur le site de l'Assemblée nationale. C'est une revendication qui est également portée par SOS racisme. Je vous remercie. Le député et coordinateur national de la France insoumise Emmanuel Bompard a dit soutenir ce texte du PS mais appelle à aller encore plus loin. On l'écoute.
Je vous rappelle hein juste pour quand même la discussion qu'on est en train de parler d'enfant mais lui il parlait de violence urbaines de 15 ans. Il parlait de violences urbainees. Manuel gens il parlait pas d'utiliser ses armes contre des lycéens qui manifestent pacifiquement. Vous pensez que le le jeune homme qui a perdu son œil, le jeune homme qui a perdu sa main, il y a des Vous pensez qu'ils étaient en train de faire quoi d'autre que de participer à un mouvement lycéen ? Donc vous allez bien la proposition du chef des députés socialistes Boris Ballot.
Mais moi je suis la loi pour que des manifestations impliquant des mineurs les forces de l'ordre n'utilisent pas d'armes mutilantes ou de bien sûr c'est c'est une initiative qui a été lancée par l'association attaque et que j'appuie absolument mais je vais vous dire je pense qu'il faut aller plus loin il y a certaines formes d'armement qui y compris en dehors des manifestations lycéennes ne devraient pas être utilisé dans le cadre de ce qu'on appelle le maintien de l'ordre on rappelle au passage que la France est régulièrement condamnée notamment par la Cour européenne des droits de l'homme en raison de sa doctrine et de ses méthodes de maintien de l'ordre.
Ça a été le cas par exemple à la suite de l'affaire Réy Fres, un jeune écologiste tué par l'explosion d'une grenade lors des manifestations contre le projet de barrage de Sivince. Hier, Amnestye Internationale France a d'ailleurs demandé l'interdiction définitive de toutes les grenades assourdissantes. Les manifestations ne doivent pas se transformer en champ de bataille, plaide l'ONG. Les grenades assourdissantes sont conçues pour choquer, désorienter et semer la panique. Souvent parmi des foules denses lors de manifestation, certaines peuvent entraîner une perte d'audition irréversible ainsi que des mutilations irrémédiables du fait du souffle et des éclats.
Elle appelle aussi à une refonte complète de la réglementation relative à l'usage de la force à l'encontre des manifestants afin de garantir que la France respecte ses obligations découlant du droit international relatif aux droits humains, notamment le droit de réunion pacifique. Fin de citation. Amnestie rappelle également qu'elle demande de longues dates l'interdiction du LBD dont on vient de parler et plus généralement l'interdiction à échelle mondiale de l'utilisation des grenades incapacitantes dans les opérations de maintien de l'ordre lors de manifestation. Doit-on préciser que ces revendications sont restées lettre morte ? Je ne crois pas.
Alors, à un moment, il va falloir arrêter de jouer avec les mots. Armes non létales, ça ne veut pas dire sans danger. Ça ne veut pas dire qu'elle ne peut pas mutiler, handicapé, voire même tuer. Et surtout, ça ne transforme pas une arme dangereuse en outil anodin de maintien de l'ordre. Depuis des années, on assiste au même petit jeu. Une arme provoque des blessures très graves. Le gouvernement annonce qu'il va revoir son usage, parfois suspend le modèle le plus embarrassant. Puis les forces de l'ordre continuent avec les autres. souvent, on l'a dit, en s'affranchissant des règles élémentaires d'utilisation.
Et quand un drame trop embarrassant arrive et ben c'est toujours la même poudre aux yeux. On fait mine de réagir mais au final on se contente de mesures cosmétiques, des changements de nom, de légères évolutions techniques. Mais au final le résultat est toujours le même. De nouveaux drames arrivent avec les nouvelles grenades prétendument révolutionnaires et moins vulnérantes que les précédentes parce que le problème c'est qu'on ne change jamais la logique du maintien de l'ordre ni même les consignes données sur le terrain. À lance et ailleurs.
Ce n'est pas seulement une arme qui a fait des dégâts, c'est tout un système qui a considéré qu'il était acceptable de prendre ce risque face à des lycéens. Et j'en profite pour le dire clairement parce qu'une petite musique commence déjà à monter autour du fait que ce jeune aurait ou non tenté de ramasser la grenade comme si cela pouvait expliquer ou justifier ce qui lui est arrivé. C'est absolument indigne. C'est exactement la même logique que celle qui consiste à demander à une femme ce qu'elle portait au moment où elle a été agressée. À quel moment, un gamin de 15 ans ou n'importe quel manifestant d'ailleurs devient-il responsable d'avoir perdu un membre en manifestation ?
Je vous le demande. Et après ça, venir nous expliquer qu'il faudrait mieux encadrer l'usage des grenades et ben c'est prendre les gens pour des cons. Le problème n'est pas qu'une arme ait été mal utiliser. Le problème c'est qu'on continue de considérer comme normal de sortir cet arsenal face à des manifestants, face au peuple français. Tant qu'on ne remettra pas ça en cause, on pourra bien changer les grenades, les noms et les modes d'emploi. On ne changera rien au problèmes de fond. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du recap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via email si vous nous regardez à la télé.
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Laurent Nuñez