Médias en ligne : Disclose, Mediapart et Offinvestigation
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Quels critères pour faire évoluer les aides à la presse ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quel point de vue sur un label de fiabilité de l'information ?
- 19:00RelanceRéponse directe
Comment éviter un biais idéologique dans votre ligne éditoriale ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Avez-vous subi des pressions pour retirer une enquête ?
- 24:00OuverteRéponse directe
Quel rôle des plateformes dans la visibilité de vos contenus ?
- 2:00OuverteRéponse partielle
Comment gérez-vous la dépendance aux plateformes comme YouTube ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Eton, On poursuit nos travaux cet après-midi de notre mission d'information que nous avons intitulé les zones grises de l'information. Après avoir entendu lors de notre précédente séance les représentantes d'une génération de médias née avec les réseaux sociaux auditionnés notamment Brud Combin et Luxider dont le modèle repose plutôt sur les formats courts et la réactivité. Nous changeons aujourd'hui de paradigme si on peut le dire ainsi.
Euh il nous a en effet semblé indispensable d'interroger un autre plan de de la production d'informations à l'air numérique, celui de la la presse d'investigation indépendante. Nous avons ainsi le plaisir d'accueillir les représentants de trois structures qui chacune à leur manière on ont innové dans dans le paysage médiatique français. Médiia part, disclose et off investigation investigation pardon.
Les zones grises que nous explorons au fil de ces auditions recouvrent de fait une réalité multiple et diverse. Il s'agit des espaces où où la frontière entre information, divertissement, opinion, communication d'influence et parfois manipulation devient poreuse. Si les médias de de flux et de réseaux sociaux que nous avons auditionné précédemment nous ont éclairé sur les risques de l'amplification algorithmique et des contenus sponsorisés, votre présence aujourd'hui répond à une autre interrogation de notre mission et des trois corpporteurs que nous sommes avec Syvie Robert et Agnès Evren.
Comment le journalisme de temps long d'enquête et d'investigation peut-il subsister et chercher à se renouveler dans ce nouvel environnement numérique ? Vous représentez ainsi des modèles qui se veulent alternatifs là où la gratuité apparente souvent financé par la donnée ou la publicité et la norme. Vous avez fait de choix des choix de modèles économiques différents que bien sûr vous vous pourrez nous exposer dans dans quelques instants.
Pour éclairer nos travaux, nous nous souhaiterions que vous puissiez aussi revenir sur la jeunèse et et la logique de vos médias respectifs. Mé part d'abord a ouvert la voie il y a il y a près de de 20 ans en créant un modèle exclusivement numérique reposant sur l'abonnement. Votre slogan je cite "Seul nos lecteurs peuvent nous acheter.
Traduit ainsi votre ambition d'indépendance. disclose de votre côté avait importé en France un certain modèle de du journalisme d'investigation à but non lucratif inspiré de modèle américain et allemand en collaborant souvent avec d'autres rédactions. Vous renvoyez à la notion de l'information considérée comme un bien public.
Comment votre modèle de messen et de dons garantit garantis selon vous une plus grande étanchéité face au pouvoir politique et et économique ? investigation de de votre côté, monsieur, enfin s'efforce de porter l'exigence de l'enquête dans le format vidéo en se démarquant d'un domaine où l'image est souvent utilisé pour les l'émotion ou le divertissement dans un contexte où le cadre législatif de l'audiovisuel qui protège normalement le le pluralisme et l'indépendance ne s'appliquent pas pleinement à vos plateformes numériques. Comment assurez-vous la la fiabilité de de vos productions ?
Au-delà de vos modèles respectifs, comment vos structures parviennent-elles à créer des systèmes juridique et financier protecteur pour vos journalistes ? Nous pensons notamment au recours à des des fonds de dotation ou à des structures coopératives qui sanctuarisent le capital. Est-ce vous l'avenir d'une presse libre capable d'échapper aux différentes influences qui peuvent tenter de s'exercer sur elle ?
Par ailleurs, alors que nous évoquions avec vos confrères la dépendance aux plateformes, comment gérez-vous cette relation ? Si vos revenus ne dépendent pas de la publicité, votre visibilité en revanche dépend tout de même en partie de ces mêmes acteurs ? Comment évitez-vous que cela ne vienne à terme influencer sur le choix de de votre de vos sujets d'enquête ?
Enfin notre mission a pour objectif de trouver des pistes pour renforcer la fiabilité de l'information dans l'espace numérique. Quel dispositif mettez-vous en place pour renforcer la qualité des informations ? Comment rendre l'espace numérique plus sûr sans pour autant restreindre la liberté d'expression ou le droit à l'enquête ? retour d'expérience sur le terrain parfois face à des procédures judiciaires dites Billon seront notamment utiles pour notre réflexion sur l'évolution nécessaire du cadre législatif de 1986 qui semble n'être plus forcément adapté à la à la réalité de de vos métiers.
Avant de vous donner la parole pour un un propos léminaire, je vous rappelle que nous sommes en statut de mission d'information avec les statuts de avec les pouvoirs de commission d'enquête et donc je vais vous inviter dans quelques instants à prêter serment. Non sans vous avoir rappelé qu'un faux témoignage devant notre mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête est passible des peines prévues aux articles 434- 13 14 et 15 du code pénal. Je vais vous inviter à à prêter serment en disant toute la vérité, rien que la vérité et en levant la main droite en disant je le jure.
Monsieur Destal, merci madame Foutau, merci monsieur Révoir. Merci et je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de notre mission d'information. S'il y en a, il y en a pas.
Merci. Et enfin, je rappelle que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Je vais vous laisser nous allons vous laisser la parole pour un proposiminaire et puis sachant qu'après les rapporteurs et bien sûr les sénateurs qui le souhaitent pourront vous interroger ou revenir sur sur des points que vous n'avez pas pu développer dans votre proposiminaire.
Qui commence ? Monsieur Destal. Les regards se sont tournés vers vous.
Donc oui, appuyez sur le bouton pour que Si c'est bon, vous tout le monde m'entend. Et bien bah, merci. Euh mesdames les sénatrices, monsieur le sénateur.
Je m'appelle Mathias Destal, je suis l'un des fondateurs de Disclose et j'en suis actuellement le rédacteur en chef. Disclose, comme vous l'avez dit, c'est un média en ligne qui publie des enquêtes sur des sujets d'intérêt général. C'est un média à but non lucratif qui a le statut d'association loi 1901.
Cut dire que personne ne détient le capital du média, que nous ne faisons jamais appel à la publicité pour en tirer un quelconque revenu ni aux subventions publiques. Cela va cela veut aussi dire que nos enquêtes sont systématiquement publiées en accès libre sans mur payant et que nos contenus sont réutilisables par d'autres gratuitement. Pour produire ces enquêtes, Disclose qui fonctionne aujourd'hui au quotidien avec six salariés est financé par les dons de ses lectrices et lecteur et par des fondations philanthropiques qui ne connaissent pas nos sujets d'enquête et n'interfèrent pas dans le processus éditorial de la rédaction.
Nos comptes annuels sont par ailleurs accessibles en ligne à toutes et tous. [grognement] Disclose dont modèle est donc assez inédit et né en 2018 de plusieurs constats qui me semblent toujours d'actualité. Trop de médias alouent des ressources suffisantes à l'enquête.
La communication et la course au clic ou à l'audience ont pris le pas sur l'information, creusant toujours plus le fossé entre la presse et les citoyens. La concentration des médias dans les mains de quelques industriels influents étouffe l'indépendance des rédactions. Sur ce dernier point, nous avons nous avions à l'époque de la création un exemple très précis en tête puisque'en 2015, Geoffrey Livolzille, un des cfondateurs de disclause, s'était vu censurer la diffusion sur Canal Plus d'un documentaire révélant un système d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent au sein du Crédit Mutuel.
La censure émanait de monsieur Vincent Boloré dont le Crédit Mutuel était alors un partenaire économique. À nos yeux de journalistes convaincus, disclause était donc une nécessité, un outil au service de l'intérêt général, du droit d'accès à une information sérieuse et vérifiée, une organisation utile au débats public. Depuis 8 ans, Disclose a publié plus de 150 enquêtes journalistiques, produit quatre documentaires pour la télévision, coproduit deux bandes dessinées, réaliser des podcasts, obtenu plusieurs récompenses internationales et tissé un important réseau de partenaires avec qui nous enquêtons ou diffusons le fruit de nos enquêtes.
Les médias avec lesquels nous collaborons ou avons collaboré ont des modèles variés, publics comme privés et différents du nôtre. Ne pas travailler en vase clos, c'est aussi l'un des principes de disclause à sa création. Car encore une fois, ce qui compte pour nous, c'est que les informations révélées soient connues du plus grand nombre et suscitent un impact concret et positif pour toutes et tous.
Je vais vous citer juste quelques exemples concrets du coup de de d'investigation qu'on a pu réaliser. Notre [grognement] toute première enquête publiée en 2019, début de 2019, s'appelait Made in France. Elle révélait que la France a vendu à l'Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis des armes qui ont été utilisées contre des civils dans la guerre au Yémen en violation du traité sur le commerce des armes dont la France est signataire.
Ces révélations qui s'appuyaient sur des documents classifiés ont valu à trois de nos journalistes dont moi-même d'être interrogés longuement par les services de renseignement intérieur français à la suite d'une plainte du ministère des armées. Les poursuites ont finalement été abandonnées. Des enquêtes sur les ventes d'armes, il y en a eu beaucoup d'autres ensuite notamment sur les livraisons à la Russie malgré malgré la guerre en Ukraine ou vers Isra pardon vers Israël malgré le génocide à Gaza ou encore vers la dictature égyptienne.
Pour cette dernière enquête dans laquelle nous dévoilions l'existence d'une mission militaire française en Égypte, l'opération Sylie qui a permis au régime égyptien de tuer des centaines de civils. Ma collègue Ariane Lavrieux a été poursuivie pour violation du secret de la défense nationale, perquisitionné, placé 40 heures en garde à vue et fait l'objet d'une surveillance hors nomme avec des moyens de police normalement réservé à l'antiterrorisme. La juge d'instruction en charge de l'enquête a abandonné les poursuites. jugeant que nos informations étaient d'intérêt général, le parquet général a fait appel. [grognement] Le sujet des ventes d'armes à des régimes autoritaires était quasi inexistant dans le débat public avant nos enquêtes.
Depuis, elles ont été citées à plusieurs reprises au Parlement et ont débouché sur la création de la délégation parlementaire sur le contrôle des exportations d'armement. En 2021, on a publié une enquête sur l'actalis et la pollution des cours d'eau par ces usines sur tout le territoire français et de façon répétée. Près de la moitié des usines du groupe était mise en cause.
Nous titrions à l'époque pollution en bande organisée. Cinq usines du groupe avaient été mis sous contrôle renforcé à la suite de l'enquête. On a constaté l'année dernière avec une nouvelle enquête que 13 dépasse toujours les limites imposées par la loi.
Plus récemment, en février dernier, un scandale sanitaire lié à l'épendage dans les champs de déchets toxiques issus d'entreprises textiles et papetières avec une contamination inédite et massive au péface. Après nos révélations, un couple de maréché dont la terre a été contaminée avant qu'il ne s'installe sur place ont porté plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Et aujourd'hui [grognement] même, on a on va publier un article si qui dit que six communes aussi porte plainte pour trouver les responsables de cette contamination. [grognement] L'enquête toxique, une enquête sur les conséquences des excès nucléaires français en Polynésie réalisé en partenariat avec l'université américaine Princeton. travail inédit qui a abouti à la proposition de loi déposée par la députée Merina Red Arbelot le 29 janvier 2025 voté à l'unanimité par les députés et qui doit bientôt passer au Sénat. [grognement] Si vous la votez, elle permettrait une meilleure reconnaissance des victimes des retombées ratio-actives des essais nucléaires et pourrait ouvrir des droits d'indemnisation à plus de 15000 personnes.
Enfin, il y a 15 jours, nous avons révélé que les policiers et gendarmes français ont accès sur leur téléphone de service à un outil de reconnaissance faciale rattaché au fichier de policier tâage, le traitement d'antécédent judiciaire et qu'il l'utilise illégalement lors de contrôle d'identité. Des sources au sein de la police nous ont expliqué qu'ils peuvent s'en servir dès la sortie de l'école alors même que son usage est strictement réservé à des fonctionnaires spécialement habilité. [grognement] Le sujet à la fait l'objet de deux questions écrites au gouvernement d'une question orale au ministre de l'intérieur Laurent Lunez lors des questions gouvernement le 1er avril au Sénat.
Il ne s'est pas apesentiant mais il a au moins reconnu le caractère illégal de cette pratique que nous avons largement documenté. Par ailleurs, la KNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés, a annoncé qu'elle allait lancer une série de contrôle sur le sujet. La CNIL qui déjà en 2023 s'était saisie d'une autre enquête de discla sur la reconnaissance faciale. [grognement] Cette fois, il s'agissait d'une dizaine de services de police qui utilisaient illégalement un logiciel de vidéosurveillance permettant la reconnaissance faciale.
Il s'appelle Briefcam. Après notre enquête, la place Bova avait suspendu son utilisation. Pour cette enquête, comme pour toutes celles que je viens de citer et toutes les autres, nous avons collecté des informations et des documents, recueilli des témoignages, interroger les responsables avant la publication.
Nous avons fait notre travail de journaliste loin d'une supposée zone grise de l'information. Merci. Karine Foutu pour Méia Part.
Monsieur le président, mesdames les rapporteurs, mesdames messieurs monsieur le président, est-ce que ça fonctionne ? Monsieur le président, mesdames les rapporteurs, mesdames messieurs les sénateurs, les sénatrices, je me présente devant vous comme directrice de la publication et présidente de Médiapart. Euh je veux vous dire mon étonnement d'être convoqué devant cette commission d'enquête relative aux zones grises de l'information.
Mais avant de vous expliquer pourquoi, je tiens à vous dire quelques mots sur Mediaapart. Miapart est un quotidien généraliste qui publie des informations d'intérêt public. Il est indépendant de tous les pouvoirs financés exclusivement par les abonnements de ses lecteurs et ses lectrices.
Il vit sans publicité, sans aide publique, sans milliardaire à sa tête et sans accords commerciaux avec les gars femmes. Il est fabriqué tous les jours par 150 salariés dont la moitié de journalistes pour la plupart euh qui détiennent la carte de presse. En terme d'abonnement numérique, Médiapart est le 3e quotidien d'information générale en France derrière le monde et le Figaro avec plus de 270000 abonnés à ce jour.
Nous obtenons ces résultats sans subterfuge. Nous comptons pour un les abonnements collectifs. Tant les extrapolations nous paraissent sujet à caution.
Médiart vient de fêter ses 18 ans. Cela fait 15 ans maintenant que nous sommes rentables. Euh une rentabilité sans discontinuer donc depuis 15 ans avec un taux de rentabilité sans doute le plus élevé ou l'un des plus élevés de tous les quotidiens de presse écrite.
Aujourd'hui, plusieurs décennies après le début de la révolution numérique, la distinction entre presse papier et presse en ligne n'a plus aucune pertinence. Les journaux imprimés ont tous ou presque leur déclinaison numérique grâce auxquelles déclinaisons numérique ils tirent leur bénéfic l'essentiel de leur bénéfic puisque vous savez les ventes papier sont aujourd'hui résiduelles. Si médiia part innove dans les formats, notre conception du journalisme est des plus classiques et peut-être plus classique que la plupart de nos concurrents, y compris les plus anciens.
Notre mission démocratique est de publier des informations d'intérêt général, si possible exclusives au service des citoyens et des citoyennes. Notre rôle est de les éclairer sur celles et ceux qui gouvernent, celles et ceux qui font la loi, celles et ceux qui concourent au débat public. Notre rôle est de révéler des informations également sur certaines puissances politiques ou économiques qui préféreraient qu'il préférerait ces informations voir caché, ignorer ou passer sous silence.
Nous ne sommes d'aucun camp. Nos enquêtes me semble-t-il depuis 18 ans en témoigne si ce n'est celui du droit de savoir des citoyens et des citoyennes. Miapart relève ainsi du même champ d'activité de la même zone de concurrence que le monde ou le Figaro pour ne citer que est soumis ni plus ni moins aux mêmes obligations légales.
En 2008 quand Méia Part a été créé, ce n'était pas acquis. Euh les fondateurs de ce journal se sont battus pour obtenir cette égalité de traitement. Ainsi, nous avons cofondé le syndicat de la presse indépendante d'information en ligne, le SPIL que, me semble-t-il, vous avez auditionné en amont de de ces travaux.
Et nous sommes à l'origine des échanges qui ont conduit à la création du statut de service de presse en ligne adopté en 2009. Nos modes de régulation sont les mêmes. En amont la CPPAP, la commission paritaire des publications et des agences de presse et en et en aval la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui encadre nos droits et nos devoirs en tant que médias.
Miapart est donc évidemment inscrit sur les registres de la CPPAP depuis ses débuts. J'en rappelle quelques-uns des critères : contenu original d'intérêt général, emploi de journaliste, traitement de l'actualité, périodicité régulière et cetera. Quant à la loi de 1881, elle est aussi lumineuse qu'ancienne et dans notre pratique quotidienne de journaliste, elle est une solide boussole.
Il arrive que nos informations dérangent les personnes ou les institutions qui nous arrivent de mettre en cause nous mettons en cause les agissements dans nos articles. Il est absolument légitime que ces personnes puissent se défendre devant les tribunaux. aussi à chaque fois que nous sommes euh poursuivis sur le terrain judiciire, nous répondons systématiquement et en personne de nos informations.
Médiapart au-delà de ces obligations légales puisque nous sommes attachés, vous le savez peut-être, au principe de transparence et de probité. Et donc comme disclause, nous publions nos comptes chaque année. Alors comme disclause, mais je crois que ça fait quand même de nous des exception dans le paysage médiatique français sans que rien ni personne ne nous y oblige si ce n'est le lien de confiance qui nous lit à nos lecteurs et nos lectrices.
Autre exception, peut-être partager avec quelques autres, nos journalistes publient une déclaration d'intérêt attachée à leur biographie et bien sûr, ils sont soumis à notre charte de déontologie ainsi qu'à tous les grands textes qui régissent notre profession à l'échelon international. Ce mode de régulation fonctionne depuis plus de 100 ans grâce à la loi de 1881. Le juge d'un journal ne peut être qu'un juge indépendant et en l'occurrence le juge des libertés par excellence.
Ça ne peut d'aucune manière être une administration ou une autorité comme l'Arcom dont le président est nommé par le chef de l'État. La loi de 1880 est la seule et unique régulation légitime. La remplacer par un autre mode de régulation serait un acte antidémocratique aux conséquences gravissimes pour le droit de savoir.
Alors que l'information est en danger, il paraît plus urgent de remédier à la diffusion des fake news, des opinions mensongères et de la propagande que d'interroger des supposées zones grises de l'information. Alors que certaines chaînes de la TNT diffusent à longueur de journée des propos racistes, xénophobes, antisémite euh et j'en passe et des meilleurs, il paraît plus urgent que l'Arcom remplisse correctement sa mission et que le législateur veille à ce qu'elle en ait les moyens. Alors que la presse est attaquée de toutes parts, il paraît plus urgent de renforcer les droits des journalistes comme nous le défendons avec tous nos confrères et consœurs de la presse indépendante.
Or, depuis 10 ans, rien n'a été fait pour défendre et pour consolider la presse dans sa mission d'intérêt général. Je passe sur les régressions mais je profite de cette audience pour enjoindre les parlementaires à transposer sans plus tarder dans la loi française la directive européenne contre les procédures Billon. Euh il se trouve que les parlementaires n'ont plus que quelques jours pour le faire et j'imagine que vous avez vu passer cette tribune euh publiée et signé par de nombreux confrères et consœurs sur sur cette nécessité de transposer dans la loi française la directive européenne contre les procédures Bayon.
Il faut également renforcer le secret des sources. Il faut garantir l'indépendance des rédactions face à leurs actionnaires en les dotant d'un droit d'agrément et de révocation sur leur direction éditoriale. Conditionner les aides à la presse au respect de critères de transparence et au respect du droit d'agrément.
Je crois que vous en parlez dans les questions que vous nous avez adressé. [grognement] Je vous invite également à limiter les seuils de concentration des médias pour favoriser le pluralisme de la presse et empêcher quelques milliardaires dont l'information n'est pas le métier de contrôler des médias dans le but de principalement d'asseoir leur influence et de défendre leurs intérêts propres au détriment de l'intérêt général. Enfin, je terminerai juste en disant euh notre soutien Média Park, mais je pense que ça vaut pour l'ensemble de la presse indépendante, à notre conœur Nassirel Moadem, menacé de mort et insulté par un sénateur et LR et à notre confrère Christophe Glaz qui est actuellement emprisonné en Algérie.
Évidemment, avoir une pensée pour tous les journalistes palestiniens qui risquent leur vie pour nous informer sur ce qui se passe à Gaza. Merci Rivoir pouration. Bonjour, merci [raclement de gorge] beaucoup de nous recevoir.
Je je mesure le geste parce qu'on vient de diffuser investigation un documentaire indépendant sur les violences sexuelles en Macronie qui pointait notamment une certaine laxisme de la présidence du Sénat à la garde de certaines violences sexuelles et usage de drogue au Sénat et malgré ça vous nous invitez. Donc franchement merci beaucoup pour votre indépendance, on en est très content. Euh un mot sur OF investigation, on l'a créé avec quelques jeunes journalistes au printemps 2021.
Euh moi, je venais de passer euh 5 ans dans un placard à Canal Plus pour avoir protesté contre une censure décidée par Vincent Bolloré en 2015 sur une enquête qui montrait que la banque Crédit Mutuel favorisait l'exil fiscal et recevait des valises de cash dans une de ses filiales. Ça rejoint ce que disait Mathias tout à l'heure. Donc 50 placards entre 2015 et 2021.
Je suis sorti de Canal à ce moment-là et avec quelques jeunes journalistes. On a voulu faire du documentaire indépendant. On n'a pas eu envie forcément d'aller à France Télévision parce qu'il y avait d'autres contraintes de contrôle à France Télévision par le pouvoir politique.
On n pas eu envie non plus d'aller dans les chaîne privée. Donc on s'est dit qu'il fallait parler aux citoyens de ce pays et leur dire que pour avoir du documentaire d'investigation indépendant de qualité, ben il fallait que les citoyens s'en préoccupent et éventuellement le financent dans dans la mesure du possible. Et donc on a lancé un modèle un peu particulier pour faire du documentaire d'investigation indépendant financé par des campagnes de dons annuelles qu'on lance tous les ans en novembre et qui nous permettent de lever environ 300 à 350000 € par des dons citoyens. de gens qui sont voilà contents qu'on puisse agir sans fil à la pâte ni d'annonceurs publicitaires, ni de l'État, ni d'actionnaires privés, ni de grands industriels.
Euh j'ai un peu réagi comme Karine Futo quand on a reçu votre invitation sur les zones grises de l'information. Je j'étais un peu étonné. Est-ce que vous avez invité par exemple ces news dans c ces auditions ?
Donc pas spécialement. D'accord. Parce que bon comme cette chaîne vient de de comparer un maire qui vient d'être élu parce qu'il est noir à un singe ou un chef de de tribu, je me disais que ça peut-être peut-être partie de sujet d'intérêt général pour les pour les Français.
Il y a aussi Bernard Arnaud qui est intéressant parce qu'il contrôle quasiment la totalité de la presse économique en France et qu'il utilise régulièrement le Parisien pour soit protéger Emmanuel Macron, soit invisibiliser des syndicalistes. Donc ça nous paraît important d'autant que ces grands médias tenus par des grands industriels contrôlent 95 % des marques d'information en France. Donc c'est vraiment pour les citoyens de ce pays extrêmement important plus que nous qui sommes plus modestes quoi.
Je me souviens monsieur Lafond, je crois que vous aviez reçu Bernard Arnaud lors de la commission d'enquête du Sénat en 2022 en le félicitant pour la qualité de son vin château d'Ikem qui est effectivement excellent. Il possède un grand cru mais il possède aussi plein de marques d'information qui qui vous informe qui nous informent tous les jours pas que c'est moi qui l'ai félicité pour son château alors ça doit être quelqu'un d'autre. Ça m'avait frappé.
Bon euh c'est pas vous. D'accord. Bon en fait, il avait été félicité dès son arrivée pour son excellent vin, ce qui est effectivement un excellent vin, il y a pas de souci.
Mais il y avait peut-être aussi d'autres sujets euh sur un mot donc sur nous, on est financé de manière citoyenne en fait. Donc, on a deux pôles à investigation, un pôle audiovisuel financé par des campagnes de dons euh qui lèvent donc 300000 € par an et qui permettent de fabriquer quatre assis documentaires d'investigation indépendant qui sont généralement refusés par toutes les chaînes dont qu'on poste sur YouTube. Donc oui, le modèle économique de offre en deux mots.
Donc nous on voudrait financer le jour par des par les citoyens. Donc on fait des campagnes de dons annuelles qui lèvent environ 300000 € qui permettent de financer 4 à 5 ou six documentaires d'investigation. Comme en général nos sujets sont plutôt refusés par toutes les chaînes, on les diffuse sur YouTube en excès libre pour le plus grand nombre.
Ils sont visibles depuis le monde entier et on les laisse plusieurs années. Donc on fait des documentaires plutôt patrimoniaux qui sont pas collés à l'actualité mais qui essayent de décrypter des problématiques de fond. On a un autre pôle, un pôle écrit qui fonctionne comme le monde de médiia part sur abonnement 6,90 par mois sans engagement et qui permet aussi d'avoir un équilibre économique complémentaire.
Donc on a et de l'abonnement et du don et on se développe on se développe plutôt pas mal depuis quelques années comme ça et on fait du journalisme en totale liberté. Un mot sur les éventuelles subventions qu'on pourrait aller chercher pour vous faire cours pour documentaire d'investigation en France, vous pouvez aller faire toc toc au CNC, le centre national du cinéma. Alors au début, ils nous ont aidé à développer notre chaîne YouTube comme beaucoup de médias indépendants, on en a été très content, on les en remercie mais après les deux premières années, ça se passe différemment.
Il faut aller les voir pour chaque documentaire que vous voulez produire et demander éventuellement une aide du CNC. À part un exemple pour un film en production sur l'histoire politique des guignoles de l'info, l'histoire secrète de cette émission de canal un peu mythique qui a duré 30 ans et qui s'est terminé en 2018. À part ça, tous nos projets proposés au CNC ont été refusés.
Je donne trois exemples. Sex connection de l'empire TF1 au système Canal Plus sur la prédation sexuelle dans les médias. On a eu beaucoup de sujets la suite c année, ça veut pas dire qu'on s'intéresse qu'à ça, mais là il y en a eu.
Bon, ça a été non. Anouna show intox et culture du viol sur l'animateur le plus réprimand des du paf ça a été non et une enquête sur les pressions sur l'humour politique dans l'audiovisuel public ça a également été non et à la fin le CNC nous a dit bah écoutez de toute façon nous nous ne sommes pas là pour financer ou subventionner le le des documentaires journalistiques donc pas de journalisme. Donc du coup bah nous on était un peu coincé parce que nous c'est ce qu'on fait.
Donc voilà je sais que le CNC dans le passé a pu financer plein de documentaires à France Télévision. Je me souviens not d'un sujet de France 5 où Bernard Henry Lévi avait fait un documentaire sur son RAD de Marrakech euh sur France 5 si je me souviens bien. Donc beaucoup de choses ont été financées dans le passé mais nous on nous dit non pas de journaliste.
Bon ben du coup donc onira plus faire toc toc au CNC. [grognement] On a un autre clichet où on peut aller dire coucou, c'est le ce qu'on appelle l'aide au pluralisme. Vous connaissez ça ?
Donc les aides à la presse. Alors là aussi ça s'est pas très très bien passé parce que Demblé ils nous ont dit en fait les de tiers de votre masse salariale ne peuvent pas être prise en compte dans les aides parce que ce sont des réalisatrices de documentaires qui ne sont pas assimilées à des journalistes. Alors c'est une distinction un peu complexe et donc les deux tiers ne sont pas pris en compte et donc finalement on l'a obtenu une fois l'année dernière.
ça représentait 5 % de notre chiffre d'affaires, ce qui est assez assez dérisoire et surtout surtout ces aides à la presse nous paraissent quand même assez critiquable dans leur forme actuelle puisque comme vous le savez elle consiste essentiellement à faire payer par les contribuables euh les médias souvent déficitaires de 4 ou 5 milliardaires qui ont pris le contrôle de 90 % des médias en France et qui font financer leurs journaux écrits par ce système. celui qui reçoit le plus d'ides à la presse président dans les poches des citoyens, je vous l'apprendrai pas, c'est donc Bernard R qui a reçu en 2020, je crois 22 millions d'euros d'aide. Euh nous les médias indés, on a l'impression de recevoir quelques miettes et en plus c'est de l'argent qui est pris dans la poche des Français sans leur demander leur avis pour financer des milliardaires souvent inféodés ou proches du président de la République.
Donc ça nous paraît extrêmement discutable. Alors faut pas les supprimer. elle pourrait être plus transparente, elle pourrait être plus juste, mais dans dans leur fonctionnement actuel, elles nous paraissent extrêmement injustes, notamment pour nous qui essayons de refonder un peu l'information libre dans ce pays.
Et du coup, bah je pense qu'on va faire comme Médiia part en fait, on a décidé de ne plus aller chercher ces aides au pluralisme et de nous appuyer uniquement sur les citoyens euh parce qu'après tout, ils doivent avoir le droit de dire "Je souhaite aider ou financer tel média que je lis ou je souhaite pas." Euh c'est important et et ça nous permet d'être totalement indépendant. Après, pour finir, je voyais que vous voulez réguler un petit peu les médias numériques dont certains peut-être posent des problèmes, je ne sais pas.
Mais moi, je vous suggérerai aussi de réguler un petit peu les procédures bayon parce que on les subit quand même assez régulièrement. Alors, comme disait Karine, c'est parfaitement normal que les gens puissent saisir la justice et se plaindre d'un contenu journalistique quand quand il y a matière à s'en plaindre. Il y a aucun problème avec ça.
Mais évidemment, quand vous avez des millions d'euros, bah c'est beaucoup plus facile de missionner des avocats pendant des semaines, des années et cetera. Et les médias comme nous, bah c'est des frais judiciaires extrêmement élevés, hein. La justice est pas gratuite en France.
Pour ne prendre qu'un seul exemple, bon qui me concerne directement, je sais pas si vous savez, mais moi quand j'ai quitté Canal en 2021, après 50 placards, pour arriver à être mis dans un plan social, on m'a imposé de signer de manière complémentaire une transaction où je promettais de ne jamais dire ce que j'avais vu que Vincent Boloré avait fait à Canal Plus pendant ces 5 années. Ni d'aller témoigner nulle part, ni d'aller dans des procès, ni de rien faire, ni de rien du tout et cetera. Bon euh ça m'a paru tellement attentatoire la liberté d'expression surtout d'un journaliste que euh qu'en Report sans frontière à l'automne 2021 m'a demandé de d'évoquer dans un documentaire comment les choses se passaient parmi 10 autres journalistes.
J'ai décidé d'en d'en parler. Je rappelle que Vincent Boloré à l'époque assumait lui-même de de régner par une certaine terreur dans ses médias. Il l'avait dit devant les salariés de Canal Plus.
Donc j'ai j'ai fait que que dire ça. Ça ça a suffi à déclencher un un procès. Donc Canal Plus me poursuit depuis 6 ans pour me demander 150000 € de remboursement.
J'ai été condamné à le rembourser en première instance. La cour d'appel de Versailles tranchera le 20 mai. Donc c'est pas grave hein, j'ai sécurisé l'argent.
S'il faut, on remboursera et cetera. Mais c'est pour vous dire que on vit sous ces espèces de pressions. Euh bah voilà, nous on est un médien dépendant de demain matin s'il y a plus ça, mais il y a plus beaucoup de trésorerie.
Donc euh bon voilà, on va pas discuter d'un cas particulier, mais si vous voulez les procédures urbaillant, c'est souvent, c'est beaucoup, c'est fatiguant et le risque aussi c'est que nous on s'épuise au bout d'un moment. C'estàd qu'à force de travailler 16 heures par jour en étant payé, moi je me suis pas payé les trois premières années, maintenant je me paye 1500 € par mois depuis 4 ans parce que je crois à cette mission. Mais 16h par jour, c'est fatiguant.
C'est le weekend, la vie privée en prend on prend un coup et on se demande un peu ce que la République peut faire pour nous aider à faire une information de qualité dans ce pays et indépendante. C'est pas une question de droite de gauche. Je crois que tout le monde dans ce pays a envie que l'information soit un peu indépendante, qu'elle soit pas dépendante de tel ou tel actionnaire, annonceur publicitaire ou ministre.
Je pense que tout le monde peut s'y retrouver mais nous on est en train de souffrir là et on a pas beaucoup d'aide quoi. Alors peut-être à Thor, nous utilisons cette notion de zone grise de l'information. Je vais essayer de la préciser parce que j'ai l'impression après vous avoir écouté enfin nous avons l'impression après vous avez écouté tous les trois que il y a une un malentendu sur ce qu'on appelle la zone con de l'information.
Pour nous c'est la question de l'information sur le numérique dans sa diversité dans sa pluralité. Euh si on vous a proposé de venir et ensemble, c'est justement pour que vous nous expliquiez vous qui êtes des médias euh j'allais dire professionnel, je sais pas si le terme était euh vous le reprenez à votre compte mais en tout cas on peut le qualifier de cette manière avec des des process des méthodes de journaliste professionnel. comment vous arrivez à exister dans cette sphère numérique où il existe aussi cohabite également des gens qui produisent de l'information ou qui commandent de l'information ou qui agrègent de l'information et qui n'ont pas euh les mêmes euh les mêmes caractéristiques et les mêmes discipline que vous pouvez avoir.
Vous avez notre idée n'était pas de vous mettre en avant comme des zones grises de l'information, mais comment on peut exister dans cette zone grisée de l'information en essayant de de produire d'information de façon professionnelle ? Je pour préciser ce que nous entendions par zone grise de l'information et le pourquoi de votre invitation aujourd'hui sans plus sans je vais donner la parole à Sylvie Robert pour la première question. Oui, merci.
Bon, je pense que c'était important de vous préciser ça. Comme on a fait la commission d'enquête sur la concentration des médias, on a invité Médiia Part et il s'était d'ailleurs félicité d'être invité parce que je pense que c'est un travail de commission d'enquête et vous n'êtes pas à l'Assemblée nationale, vous êtes au Sénat d'auditionner tout le monde et on a déjà auditionné des médias traditionnels comme on a on auditionnera effectivement télé, presse, influenceur, médias numérique. Ça fait partie d'un travail là aussi un peu d'investigation totale pour que on puisse en tout cas aussi faire des proposition et nous faire notre propre jugement.
Et c'était très important qu'on vous auditionne pour que vous nous disiez ce que vous nous avez dit cet après-midi puisque vous parliez d'aide à la presse et beaucoup revenu dans nos auditions et et singulièrement monsieur ce que vous avez énoncé. C'est vrai que la question euh des conditionnalités des aides à la presse, cette conditionnalité revient. J'aimerais vous demander euh quels seraient pour vous les critères qui seraient euh euh indispensables pour pouvoir faire évoluer effectivement euh les modèles de de ce soutien à la presse, transparence, on a vu la CPPAP, est-ce que c'est cartes de journaliste ?
Est-ce que donc ça c'est ma première question et la deuxième puisque on voit que dans les médias numériques et on va en auditionner certains, la question aussi du label revient sur la fiabilité de l'information sourcer, vérifier. Quel est votre point de vue sur cette entre guillemets alors c'est GTI ou autres en tout cas, mais est-ce que cette certification, ce label qui en fait participerait aussi de la confiance que aujourd'hui on on [grognement] devrait avoir avec nos concitoyens et qui s'avère un peu un peu compliqué. Euh est-ce que c'est quelque chose qui que que qui vous intéresse ?
Quel est votre point de vue là-dessus ? Merci. Carine.
Ben peut-être pour commencer sur les aides à la presse. Effectivement Média Park ne touche plus les aides à la presse depuis euh 2010, depuis le moment où nous avons été à l'équilibre, c'est-à-dire 2 ans après le début de l'existence de de ce journal. Euh ce qui veut dire que par principe nous ne sommes pas opposés aux aides à la presse.
Nous considérons non seulement légitime mais même nécessaire que l'État veille au pluralisme euh de l'écosystème médiatique. Euh voilà. Donc première chose, c'est pas parce que nous ne touchons pas d'aide à la presse que nous sommes pour leur suppression.
Au contraire. En revanche, effectivement, nous considérons que euh leur distribution manque absolument de transparence et ça ça doit être une absolue nécessité que par ailleurs euh leur distribution doit être euh conditionnée à la garantie de l'indépendance des rédactions, c'est-à-dire s'assurer que les rédactions ont effectivement leur indépendance par rapport à leur actionnaires, propriétaire de leur journal. Et donc ça ça passe par le droit de révocation, le droit de désignation de la direction éditoriale.
Pour moi, ça doit être une condition sinéquanon. Et peut-être pour terminer, s'assurer que euh les aides ne vont pas dans les poches de multimilliardaires qui contrôlent des médias dans le but d'asseoir leur influence plutôt que de s'intéresser vraiment à l'information et à l'intérêt général. et donc s'assurer que ces aides vont à des des groupes ou des personnes morales dont le métier et l'information.
Bah pour aller dans le même sens, enfin je sais pas combien quel pourcentage des aides à la presse vont entre les poches de de 5 milliardaires extrêmement riches dont le métier n'est pas l'information. Mais moi je suis encore plus radical. Je pense c'est extrêmement malsin que l'information soit contrôlée en France par des gens dont c'est pas le métier et qui utilisent les médias dont ils dont ils prennent le contrôle pour faire alors soit arranger leur business en Afrique, soit euh favoriser tel ou tel homme politique dont ils attendront en retour euh un avantage.
Enfin c'est ça, on on est dans un conflit d'intérêt géant dans la presse française. Le système informationnel français est profondément malade. Je sais pas si vous le mesurez.
Enfin moi je le perçois comme ça. Profondément malade. Il y a une crise de confiance inédite avec les citoyens qui est absolument lunaire.
Je veux dire quand 70 % des gens de ce pays ne croient plus les journalistes, je sais pas si vous voyez la gravité de ce qui se passe. Ça veut dire queils vont croire qui demain ? S'il croient plus les journalistes ?
Ils vont croire des influenceurs, des complotistes, des gens qui racontent n'importe quoi. C'est ça qui se passe aujourd'hui en France. Donc là, il y a un problème majeur qui se situe pour moi dans les 90 % des des des des médias contrôlés soit par l'État parce que la la mamise de de de la macronie sur l'autel publique s'est accentué depuis la fin de la redevance en 2022.
Il faut maintenant que les patrons de l'autel public aillent mandié à un budget tous les ans. Donc aujourd'hui c'est Emmanuel Macron, demain ça sera à qui ? Enfin, c'est extrêmement malsin.
Et nos confrères de de l'auto public en souffrent beaucoup. Et et dans les grands médias privés, encore une fois, les industriels qui utilisent les médias, ils sont tout le temps dans des rapports d'intérêt avec l'État. En France, un grand industriel peut difficilement travailler sans avoir des rapports avec l'État, quoi qu'on dise les uns et les autres.
Donc, c'est extrêmement malsin. Et cette crise de confiance auprès de la population, elle est majeure, est spectaculaire. Nous, on essaie de retisser un lien de confiance. dire que les gens nous renvoient quelque chose d'extrêmement favorable en disant "Mais enfin, on sent que vous avez le droit de dire les choses" et les gens ils attendent que ça.
Les français ils détestent pas les journalistes hein, ils détestent les gens qui sont un féodés à des intérêts qui sont pas la presse. Mais je veux dire quand les gens ils se font le travail, ils sont applaudis. Donc moi les a la presse, qu'est-ce que je dis ?
À partir momentù 80 ou 90 % de ces millions d'euros pris dans les poches des français vont entre les mains de personnes qui servent enfin qui qui ptis tout le temps avec le président, ça peut pas fonctionner. Moi je suis encore plus encore plus direct. Bah du coup, il y a beaucoup de choses ont été dites.
J'ai pas j'ai pas grand-chose à ajouter. Euh sinon non, préciser également que Disclose n'a jamais n'a jamais fait appel aux aides à la presse. On a tout on a tout de suite pensé qu'il fallait construire un modèle indépendant de toute dépendance, notamment des de ce type de subvention publique ou d'aide.
Euh et et à mon sens, c'est un modèle qui mérite d'être approfondi et de faire des petits puisqu'on voit que si le politique décide à un moment de geler euh certaines aides ou allocations, ça a des effets dominaux sur toute la chaîne de l'information et beaucoup de médias qui dépendent de ces aides. Et bon, je conclurai en effet sur le le le problème majeur, c'est la captation la captation de ces aides par des grands groupes industriel qui n'en ont pas besoin. Merci beaucoup.
C'est très intéressant ce que vous disiez à l'instant sur la défiance qu'il y a des Français par rapport aux médias traditionnels. Ils sont 62 % en effet à dire qu'ils ne font pas confiance aux journalistes et donc ils vont s'informer sur les réseaux sociaux mais qui ne sont pas fiables non plus. Donc là, il y a un vrai enjeu de démocratie et en effet, le sujet c'est comment est-ce qu'on restaure cette confiance entre les Français et les médias traditionnels ?
J'avais une question madame à vous poser. Vous disiez nous sommes pour médiia part d'aucun camp. Mais alors dans ces cas-là, comment est-ce que vous évitez en fait d'aligner votre ligne éditoriale puisque vous êtes financé par vos abonnés l'aligner sur en fait les attentes idéologiques de votre public ?
Est-ce qu'il y a pas là une forme d'un biais idéologique ? Ça c'est la première question. Et la deuxième que je voulais vous poser, monsieur, sur les enquêtes, est-ce qu'il vous est déjà arrivé d'en retirer ?
Est-ce que vous avez subi des pressions directes ou indirectes ? Et si oui, par qui ? Merci.
Alors ensuite, on répondra sur le label parce que c'est important euh sur le sur les supposés biais idéologiques de nos lecteurs et lectrices, ils sont plus de 270000 et notre audience c'est 30 millions de pages vues par mois sur l'ensemble de nos vidéos et nos contenus qui sont sur les réseaux sociaux puisque nous sommes aussi sur les réseaux sociaux comme la presse imprimée, hein, je le rappelle. C'est pour ça que pour moi en fait il y a pas de distinction à faire entre la presse numérique et la presse imprimée. La presse imprimée aujourd'hui fait tire tous ces bénéfices de la presse numérique.
Bref, pour revenir sur euh les supposés biais éditoriale idéologique et notre ligne éditoriale. Donc 270000 personnes, vous imaginez bien, qui n'appartiennent pas à tous, ni au même parti, ni au même syndicat, ni à la même association. Notre lectorat, notre public nous lit justement parce que nous sommes capables de sortir des informations aussi bien sur les uns que sur les autres.
Quelle que soi leur couleur politique, quelle que soit leur allégance à telle organisation syndicale, quel que soit leur allégance ou leur participation à tel mouvement de fond de la société. C'est pour ça qu'ils nous lisent parce que nous sommes d'utilité publique. Nous sommes exigeants avec l'ensemble des champs de la vie politique et économique française.
Et c'est pour ça précisément que nous tissons un lien de confiance avec nos lecteurs. Et sincèrement, il suffit de regarder le panel d'enquête que nous avons publié depuis 18 ans qui concerne aussi bien, si on s'en tient au champ politique, des représentants politiques de droite que de gauche, mais aussi d'organisation syndical et cetera et cetera. On voit bien que nous ne sommes d'aucun si ce n'est celui du droit de savoir.
Ce qui n'empêche pas évidemment que nous avons des engagement, des valeurs qui, si on devait les résumer en une seule phrase sont les valeurs qui sont inscrites à l'article 1er de la Constitution française. Votre question c'était est-ce que on a vous avez suivi des pressionalit on a on n' jamais eu à retirer d'enquête. Non non et encore là je reviendrai je reprendrai ce que ce que disait Karine Futo.
Euh nous notre boussole le curseur c'est la loi sur la presse de 1880. Donc si on doit avoir des problématiques ou à en réponde, c'est devant un juge. Donc on n' jamais eu à subir de telles pressions.
Et si on avait eu à les subir, je vous garantis que on aurait publicisé euh cette pression. Euh non non, il y a on a rien à cacher. On n pas on ne tracte pas il y a pas de tractation avec X ou Y acteur.
On ne manœuvre pas avec les uns ou les autres et on ne négocie pas avec les uns ou les autres. On leur donne des droits de réponse contradictoire. C'est la seule chose qui est possible.
Euh, on le fait de façon rigoureuse puisqu'on a des processes en la matière. On laisse du temps aux acteurs mis en cause pour répondre à des séries de questions qu'on leur adresse par écrit tout en leur demandant s'ils veulent faire un entretien oral, se rencontrer, à faire une interview par téléphone ou physiquement. La plupart du temps, ça nous est refusé.
Donc, on adresse des questions circonstanciées avec des informations précises qui seront euh rendues publ dans nos enquêtes afin que personne ne soit surpris du contenu de nos articles. Euh, il arrive malheureusement de plus en plus régulièrement que des autorités, des institutions, des ministères, des responsables politiques et publics ne répondent tout simplement pas, n'accusent même pas réception de nos de nos questions pour parfois derrière attaquer. Ça a été le cas récemment nous avec avec la société l'entreprise Talè puisqu'on lui avait transmis un contradictoire étayé fourni sur la base des informations que nous avions à savoir que Talès fournissait du matériel à des entreprises d'armement israéliennes pour équiper des drones alors même qu'ils étaient susceptibles de bombarder des civils en à Gaza.
Talè n'a pas souhaité répondre puis nous a demandé d'ajouter un droit de réponse à un article que nous avons fait sur conseil de notre avocat, ce qui ne les [grognement] a pas empêché derrière de nous attaquer. Donc c'est à mon sens absolument une procédure bayon puisqu'ils attaquent disclos en diffamation que ça nous coûte des sous, de l'énergie, des ressources et que il est important d'ajouter que si ils perdent, ils n'auront pas à couvrir les frais que nous avons nous mis en [grognement] mis en mis dans la mis dans le mis dans la bataille juridique. judiciaire pour l'honnêteté de notre travail.
Donc voilà, je crois que j'ai répondu mais sinon non et dernière chose, on est disclose, c'est une c'est c'est un donc c'est une association de la 101 mais c'est un média qui est géré, administré et et animé par des journalistes. Donc il y a pas d'actionnaires, il y a pas de responsable qui auraient des des intérêts ailleurs que ceux de d'informer le public. Donc, il n'y a pas aussi d'autocensure.
Euh, on va jusqu'au bout de nos enquêtes. On ne on ne présage pas que notre enquête va poser un problème puisqu'on la source, puisqu'on recoupe l'information, puisqu'on en on fait un contradictoire. Donc ça c'est un élément important puisque la l'autocensure on l'oublie mais c'est un des éléments les plus permnicieux dans dans notre écosystème.
Maintenant les il y a des journalistes qui avant même de demander à leur supérieur hiérarchique ont intériorisé le fait qu'il ne faut pas parler d'un tel ou d'un tel puisque sinon ils se feront taper sur les doigts. Voilà le label et après je prendrai parle de minutes. Tu vas y aller sur le label.
Allez lab. [raclement de gorge] Donc on l'imagine, il se labelle comme un mode de régulation. Euh pour pour notre part, nous ne sommes pas du tout favorables.
On est soumis au regard de nos lecteurs, on est soumis à nos obligations professionnelles, à nos chartes de déontologie. Et par-dessus tout, comme je l'ai dit tout à l'heure, nous sommes soumis à la loi de 1881 qui euh est instruite par un juge indépendant, par le juge des libertés par excellence et pour nous, c'est le garant de notre possibilité de de fonctionner. Euh nous ne pensons ni nécessaire ni opportun soumettre à une quelconque autre organisme organisation dont on ne saurait pas par elle serait contrôlé qui en seraient les représentants, quels serait ça ou ses légitimités.
Donc sincèrement, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, nous on considère que cette loi de 1880 pour réguler la presse fonctionne depuis plus de 100 ans euh et que on lui doit énormément et que il faut que ça continue de cette manière. Un petit mot sur les les biais idéologiques éventuels. Bon, il y a il y a en France des gens de gauche, des gens du centre, des gens de droite, il y a des gens de tout.
Nous quand on réfléchit à une enquête, on se dit pas est-ce qu'on va intéresser les gens de gauche ou les gens de droite ? on se dit est-ce que c'est un sujet qui peut intéresser beaucoup les citoyens de ce pays ? Euh en règle générale, comme on trouve que le système informationnel protège un peu souvent les pouvoirs, nous on fait plutôt du contrepouvoir.
C'estàd qu'on essaie de regarder comment travaillent les gens qui ont une grosse influence sur ce pays au plan économique ou politique. Ça nous paraît être notre rôle. Donc on fait du contrepouvoir.
On n'est pas là pour cibler des personnes. C'est qu'on fait rarement des portraits de quelqu'un pendant une heure pour le voilà le flatter ou démonter. C'est pas notre sujet.
On essaie de démonter des mécanismes, des systèmes, des fonctionnements de société qui pourraient être questionnés. Ça nous paraît plus opportun. Je donne quelques exemples.
Il y a quelques années dès la première saison, on s'est intéressé par exemple, on a voulu faire un un espèce de de bilan du premier quinquen à Macron parce qu'on trouvait que France Télévision le faisait pas beaucoup. Donc, on a essayé auprès 5 ans de Macron de faire un bilan sur plusieurs sujets. Et par exemple, on s'est intéressé à son patrimoine parce qu' il est apparu que Emmanuel Macron n'avait pas forcément dit tout à fait à la réalité de son patrimoine, ça nous a paru intéressant.
Je crois que ça intéressé des gens de gauche et des gens de droite. Euh ensuite, on a eu un travail sur comment les grands propriétaires de presse ont propulsé Macron entre 2012 et 2017 pour l'aider à arriver jusqu'au sommet du pouvoir. C'est pas eux qui l'ont élu, c'est les Français.
Mais n'empêche qu'il y a eu quand même des aides médiatiques majeures, elles étaient intéressantes à décrypter. Je crois que ça intéressé des gens de gauche et de droite. Actuellement, on a un sujet en fabrication sur le le tout numérique.
Ça vous a pas échappé que depuis 15 ou 20 ans dans ce pays, tout doit se faire de façon numérique. Alors, c'est à la mode, c'est la start-up nation, c'est moderne. Ça permet d'économiser des fonctionnaires, on supprime des guichets.
Mais alors, par contre, pour les gens de ce pays, c'est souvent une catastrophe. Et pas que pour les vieux, c'est aussi une catastrophe pour les pauvres et pour les jeunes et pour des gens qui en ont marre de passer 2h ou 3h à essayer de faire une démarche toute simple sans pouvoir parler à un humain. Donc ça par exemple, typiquement, ça nous parle un sujet absolument majeur qui empoisonne la vie des gens de ce pays, qui à mon avis pèse lourdement dans les urnes, qui n'est pas forcément perçu par le système médiatique.
Donc on dit on y va voilà et c'est pas un sujet de gauche ou de droite. On essaie de faire des trucs intéressants. Après on a aussi nous euh des valeurs.
On est on est on pense pas que que que les personnes les plus faibles de la société, que ce soit les femmes, les enfants, les migrants, soit les les grands méchants qu'il faut sur lequel il faut taper, absolument, on pense pas que la fraude à la sécu soit absolument plus importante que l'évasion fiscale qui représente près de 100 milliards d'euros en France. Vous voyez, on voilà, on essaie de travailler plutôt sur les gens qui ont une grosse influence sur le pays, quoi. Je voudrais revenir sur la la question de la visibilité puisque vous êtes tous sur des plateformes.
C'est votre mode de diffusion à l'exception de de fin investigation. Vous avez dit que vous avez une version YouTube pour les documentaires. Oui, mais sinon il y a une version papier.
Et sinon les l'essentiel de votre activité est sur les plateformes. Évidemment, ça pose la question de votre visibilité dans dans les plateforme. Est-ce que vous avez analysé de votre côté euh si les plateformes avaient un rôle pour mettre en avant tel ou tel documentaire, reportage, analyse que vous avez pu faire ?
Est-ce qu'ils sont plus attirés par tel ou tel euh reportage ? Est-ce que vous avez cette cette fait ce travail là ou est-ce que vous ressentez qu' y a il y a un forme de biais quand même introduit par les plateformes et quelle relation vous avez avec les plateformes est-ce que vous en avez notamment sur les ressources publicitaires que elles peuvent tirer de la visibilité de de vos journaux ? Je peux vous en dire un mot si vous voulez parce qu'on est on est beaucoup sur YouTube pour nos documentaires.
Euh alors déjà évacuant une incompréhension, les réseaux sociaux, le numérique pour nous ont été une formidable opportunité de faire du journalisme indépendant en France. Entendons-nous bien, il y aurait pas eu les réseaux sociaux et YouTube nous, moi je devenais chauffeur de taxi he clairement parce que les les sujets qui qui dérangent un peu passent pas à France Télévision n'était pas accepté. Donc c'est une super opportunité.
Après, on est conscient aussi qu'on est extrêmement dépendant de gars femmes américains qui peuvent être extrêmement discutables dans leur choix éditorieux. Je vais vous en dire un mot et moi, je regrette voilà à l'âge que j'ai très avancé qu'on ait pas en France effectivement un peu anticiper ce problème et éventuellement construire au niveau français ou européen des des systèmes pour diffuser de l'information sans dépendre de monsieur YouTube ou de monsieur Facebook. Pour ce qui est des valeurs des Américains, je vous donne un exemple.
Euh YouTube par exemple n'aime pas en gros deux choses. Euh ils aiment pas qu'on montre si la police tape des gens. Ça, ils aiment pas du tout ça.
Et ils aiment pas euh dès qu'on parle de sexe, ça ils aiment pas du tout non plus. Donc en fait, il faudrait pas parler de ça parce que YouTube ça les ça les embête. Donc par exemple, on avait fait un une enquête sur la répression de la révolte des gilets jaunes il y a quelques années qui avait qui était parti très fort.
Les gens s'intéressaient beaucoup à cet épisode qui retraçait l'histoire du mouvement des gilets jaunes. Au bout de même pas 8 jours, YouTube a décidé de ne plus le recommander à la communauté YouTube. Et quand YouTube ne recommande plus, et ben il vous arrête en plein vol et vous vous stagnez à 80000 vues au lieu d'un million.
Donc ils ont tué ce documentaire parce que il fallait pas montrer la violence policière qui était ou la violence de la rue ou la violence des manifestants qui était pourtant une réalité queon avait pu documenter en France. C'était pas des fake news ou de l'invention, c'était une réalité historique importante à montrer. YouTube a dit non, ça non.
Pourquoi ? Vous savez pas. Vous me dites est-ce qu'on peut leur parler ?
Alors nous pendant 4 ans, on a absolument pas pu parler à YouTube parce que on n pas d'interrocuteurs. En fait, ces gens ne vous calculent pas. Vous pouvez envoyer une lettre d'avocat, ça fait rien.
On peut pas leur parler. Voilà, ça a été vrai pendant 4 ans. Depuis 6 mois, je sais pas ce qui s'est passé, ils ont découvert qu'on existait.
Ils nous ont dit une personne peut vous parler une fois par mois, un quart d'heure en gros. Enfin, je carqu un peu mais c'est un peu ça hein. À distantiel, on les voit jamais.
Euh voilà. Et sur le sur les histoires de de violence sexuelle, c'est pareil. Les Américains sont assez prudes.
Donc euh faut je sais pas enfin ou alors il y a pas de violence sexuelle en France ou s'il y en a, faut pas en parler. Voilà, ça ça passe très mal. Donc il décommande votre reportage.
C'est intérê au moins de 18 ans, faut mettre sa carte d'identité. sur des sujets d'intérêt public. Donc on a ce problème.
Alors ça nous empêche pas de faire d'autres types de sujets. Ça nous empêche pas de travailler parce qu'on propose aussi nos documentaires à nos abonnés sur une autre plateforme pour éviter la censure YouTube. Mais clairement alors voilà, c'est pas un sujet majeur pour nous mais c'est une préoccupation.
Et encore une fois il y a 2 ou 3 ans, Marc Zuckerberg a décidé de moins recommander sur Facebook les contenus journalistiques. Nos contenus ont diminué de de 50 % en 3 jours parce qu'il avait claqué dans les doigts. Donc on est extrêmement dépendant des Américains et moi ça me ça m'inquiète un peu effectivement.
C'est un vrai sujet. Cela dit, encore une fois, pour l'instant, c'est grâce à ces plateformes qu'on peut faire du journalisme indépendant en France. Quand quand vous dites que YouTube vous parle depuis 6 mois, il vous parle de quoi ?
Alors, il nous parle de d'augmenter leurs chiffres d'affaires publicitaires, de réfléchir à comment ça pourrait être mieux pour eux. Je vous fais cours mais quand vous faites un documentaire qui fait un million de vues sur YouTube, ça vous rapporte à peu près parce que nous on ouvre un petit peu à la publicité, alors pas à l'intérieur du reportage parce qu'on veut pas polluer notre communauté et les spectateurs, mais on ouvre au début sur une ou deux petites pubs sur 10 secondes et après on on autorise pas pendant le documentaire. Voilà.
Mais ça par exemple, vous faites un million de vues, ça vous rapporte 2000 € mais YouTube a capté 40 % de la man publicitaire et il vous il vous redistribue peut-être à peu près la moitié enfin cet ordre là. Donc ils prennent une dîme importante. Néanmoins là encore voilà nous fait nous par exemple 5000 € de pub par mois c'est un tout petite ressource mais bon dans la situation où on est on la prend.
Les conditions justement de de retour sur les sur votre structure elles ont été définies de manière unilatérale par YouTube ou Ah je vous le confirme, ils sont très très puissants. Ah oui oui, c'est n je encore ils ne nous parlent pas. C'estàd que vous mettez un truc sur YouTube, vous pouvez juste dire "Je veux bien pas de pub du tout, une pub en entrée ou plein de pub au milieu." Donc nous, on dit juste une pub en entré.
Voilà. Et puis du coup, bah à la fin du mois, tous les mois, ils vous disent "Bah voilà, votre reportage a généré quelques centaines d'euros de publicité, on vous les verse." Voilà.
Et quel que soit le l'éditeur de la publicité, quel que soit le diffuseur, vous avez pas de votre mot à dire. Si Vincent Voloray veut placer une publicité sur finestation, il peut le faire. C'est pas grave, il sera très vu.
Non mais euh comment dire c'est une boutade. Mais est-ce que vous avez il y a une cohérence entre la alors la l'annonce publicitaire et le et et la ligne éditoriale pour tout vous dire. Alors nous moi je m'en occupe absolument pas.
On s'en occupe absolument pas. Je je peut-être je je peut-être la personne qui nous aide à gérer cette chaîne YouTube a pu dire on veut pas de publicité trop contestable en terme d'éthique. Je dis n'importe quoi.
On veut pas de vent d'armes. Je sais pas quoi. J'ai n'importe quoi.
Mais je suis même pas sûr. En tout cas nous on ne s'en occupe pas. On considère que c'est lié au nombre de vues.
On sait que 1 million de vues, c'est 2000 € terminé. Euh et il est hors de question qu'on commence à s'en occuper. Alors, on pourrait se dire on va contacter directement des annonceurs pour éviter euh la commission YouTube qui est assez élevée, mais ça pour nous, c'est pas jouable parce qu'on va pas commencer à les demander à des annonceurs de mettre leur publicité dans nos films à condition qu'on enlève un truc qui gêne l'annonceur.
On rentre pas là-dedans. Donc, on s'en occupe absolument pas. Et encore une fois, c'est pas énormément d'argent hein, mais bon, voilà, c'est un petit revenu complémentaire, quoi.
Ouais. Alors sur ce point vraiment j'irais pas du tout dans tout le sens quand tu dis que c'est grâce à aux plateformes qu'on peut faire du journalisme indépendant en France. justement, on a développé notre modèle pour ne pas dépendre des plateformes et des gars femmes.
Après, ça nous empêche pas évidemment euh de j'allais dire coloniser les réseaux sociaux euh en tout cas d'y d'y être d'y être présent au même au même titre que les journaux avec des des parties imprimées qui évidemment sont également sur les les réseaux sociaux. Euh on le fait pourquoi ? pour nous faire connaître du plus grand nombre, pour accroître euh nos audiences et pour donner une sorte d'avant-goût de ce que c'est Média Part pour faire en sorte que euh certaines personnes qui ont juste entendu notre nom à un moment donné se disent tiens, qu'est-ce que c'est ? donner quelques bribes d'information, parfois des des des débuts d'information en laissant nos informations qui ont le plus de valeur ajoutée derrière derrière le payall puisque nous considérons que la gratuité pour notre part et est ce qui tue l'information et que l'information de qualité a à un prix.
Et donc si on se sert, si on essaie d'utiliser autant qu'on peut les réseaux sociaux, euh on fait en même temps tout pour ne pas en être dépendant. Et donc euh ce qu'on va faire et notamment pour ce qu'on appelle travailler l'engagement avec notre public, c'est-à-dire travailler ce lien, travailler le lien avec notre communauté de d'abonnés ou de lecteurs ou de presque abonnés ou de gens qui s'intéressent, et bien c'est d'aller directement vers eux autant que possible, de de rompre ce lien qui passe par les plateformes et de d'avoir un contact direct avec eux. Alors par exemple, ça passe par les newsletters qu'on peut envoyer.
Alors là, il faut déjà récupérer, il faut que les gens s'intéressent déjà d'une manière ou d'une autre. Faut récupérer des mails. Mais une fois que vous faites partie de notre base de personnes qui s'intéressent, on peut vous envoyer si vous le souhaitez des newsletters et comme ça qui sont en accès libre.
Vous pouvez même vous abonner d'ailleurs, même si on s'est jamais rencontré directement en allant sur le le site de Média Part. Et ce qu'on fait aussi de plus en plus, et ça nous paraît absolument indispensable, c'est d'organiser des événements physiques, c'est-à-dire des soirées, des débats, des festivals, des discussions, des échanges en en réel, en concret pour que les les gens aient l'occasion de nous rencontrer, de nous poser des questions, de nous critiquer si bon leur semble. Le le film que nous avons diffusé, personne n'y comprend rien autour de l'affaire libienne dont vous avez sans doute entendu parler, nous a permis euh comme ça d'aller partout en France dans plus de 150 salles et nous avons beaucoup plus de salles en vérité mais 150 salles dans lesquelles nous avons accompagné le film, nous avons organisé des débats et c'est autant de personnes à chaque fois que nous rencontrons avec lesquelles nous tissons un lien qui voilà une énergie qui qui passe de eux à nous et de nous à eux et ça nous paraît extrêmement indispensable dans un moment comme celui-ci de justement vraiment trouver cette fibre humaine du lien qui lit les lecteurs et les lectrices à leur journal. [grognement] Les plateformes, les réseaux sociaux, nous à la base quand on s'est créé disclose, notre notre idée c'était d'abord de faire de de nouer des partenariats avec des des grands médias dont dont dont médiia partent par exemple. euh partenariat de diffusion de nos enquêtes ou partenariat d'enquête, mais l'idée étant comment euh comment donner une caisse de de résonance, comment donner de l'écho à nos à nos enquêtes sinon avec des médias déjà installés qui eux-mêmes avaient une grande audience puisque nous à l'époque nous n'étions encore qu'un qu'un petit blog.
Ça c'est le c'est le départ. Donc on n' pas investi les réseaux sociaux comme d'autres ont pu le faire, ni embaucher tout de suite un community manager ou une personne responsable des réseaux sociaux. On a d'abord travaillé l'enquête, les infos, les sourcés et c'est par la méthodologie aussi de nos enquêtes et leur puissance qu'on a commencé à se faire connaître.
Ensuite, il est indéniable que les gens sont sur les réseaux sociaux. Donc puisque les gens sont sur les réseaux sociaux et qu'on veut les informer, ben on va sur les réseaux sociaux. Donc on est sur tous les réseaux, on est même encore aujourd'hui sur X en dépit d'un d'un de réflexion interne qu'il y a eu euh au moment où ça Twitter est devenu X.
Mais puisque là encore, il y a une audience importante, il nous semblait important d'y être. Euh aujourd'hui, on met des forces sur un réseau comme Instagram et là pour le coup, c'est le réseau le plus réactif, je dirais, aujourd'hui. Mais c'est aussi parce qu'il y a des milliers, millions de personnes de français, de françaises qui s'y qui s'y informment.
Euh des moi, j'ai des petits cousins, cousines qui ne s'informment plus que par Instagram, qui ne connaissent pas les journaux comme le monde ou d'autres grands médias traditionnels, ils ont jamais ouvert, ils sont pas abonnés ni rien. Ils ont une information qui leur semble facile [grognement] d'accès et gratuite. Donc, on y est.
On essaie de toucher cette audience là plus jeune. C'est pas nécessairement les gens qui donnent aujourd'hui à disclose. Il y a à peu près par an un peu plus de 5000 personnes qui font des dons réguliers ou ou épisodique à disclose.
C'est la base n'a pas n'a pas 20 ans, mais c'est pas grave, il faut les adresser, il faut leur parler et il faut faire vivre euh nos infos. Et comme disait Karine, par ailleurs, euh l'engagement qu'on peut susciter sur ces médias-là, sur ces plateformes permet peut-être à la fin que ils ont entendu une fois, deux fois, trois fois le nom de disclose. Les informations sur lesquelles on bosse, notre ligne édito, ils iront peut-être sur le site internet, ils iront peut-être s'abonner à une newsletter.
On a plus de 40000 abonnés à notre newsletter. C'est aussi là pour nous un lien très fort avec notre audience et notre public qui est plus discret que les réseaux sociaux pour le coup. Mais donc voilà, c'est un outil, c'est un lieu et un outil d'information et de transformation potentielle de d'une audience pour l'instant qui pense l'information gratuite euh comme des gens qui viendront nous soutenir pour une cause qui est indispensable aujourd'hui en démocratie.
Vous vous parlez des des jeunes public jeunes, on sait que c'est une une cible acteurs de de nombreux acteurs du du numérique. Comment vous faites pour les toucher spécifiquement ? Alors, on est, j'adorais vous donner ma une recette.
Euh on n' pas de recette, mais on on passe. Il y a plusieurs Il y a plusieurs euh il y a plusieurs outils. D'abord, ne on fait on on met beaucoup d'attention, mine de rien, euh au contenu qu'on produit sur les réseaux.
Euh parce que et je reste sur les réseaux parce que c'est d'abord là qu'ils sont euh on fait des on écrit c'est très édité, il y a beaucoup de il y a un travail iconographique et graphique euh pour que les bah pour impacter les gens dans une économie de l'attention quand même un peu compliquée et avec des informations les informations essentielles de nos enquêtes en quelques slides, en quelques visuels euh qui peuvent ensuite faire tourner sur un réseau social, faire tourner à leurs amis retweeter, commenter, envoyer, bon, c'est une première chose. Mais on travaille aussi un peu et de plus en plus avec des créateurs de contenu ou des influenceurs qui ont eux-mêmes qui sont maintenant des marques à part entière suivies par des centaines de milliers voir des millions d'abonnés sur ces réseaux. Donc on travaille en amont d'une enquête ou au moment d'une publication, on leur propose un partenariat de diffusion, de publication, ce qui nous permet de toucher et pour le coup c'est instantané euh des milliers et des milliers de nouveaux euh lecteurs qui ne nous suivaient pas sur les réseaux par exemple, qui nous suivent après avoir vu passer un contenu diffusé par un producteur de contenu.
Donc ça c'est une des de nos stratégies pour essayer de toucher ces audiences plus jeunes et ensuite c'est de parler simplement à des des de sujets qui peuvent les intéresser même si on n pas de pour le coup on reste on estime qu'il y a des sujets qui n'intéresseront pas forcément les plus jeunes on les fait et il s'avère par surprise que sils sont intéressés donc pour le coup on n pas on n pas de de critères en amont de qu'est-ce qui intéressera ou pas mais ils sont intelligents. qui y vont je vais dire un tout petit mot sur l'histoire des plateformes et la puissance de YouTube. Je vous donne un exemple.
Depuis un an, nous on réserve nos documentaires dans un premier temps en avant-première à nos abonnés pour les inciter à l'abonnement pendant 15 jours. Et donc, on les met pas sur YouTube, on les met sur une plateforme qui s'appelle Pirbe qui est une plateforme d'échange libre entre qui permet de pas avoir la censure et cetera. Quand on met d'autres documentaires sur PierreTube réservé aux abonnés, il va faire 1500 vues en 15 jours à peu près.
D'accord ? Faut bien comprendre que YouTube c'est une autoroute. Vous débarquez demain sur YouTube, on fait 1 million de vues, 2 million de vues, 3 millions de vues.
Donc c'est absolument considérable. Et pour parler aux gens qui voient ce doc et que ça intéresse et leur dire bah voilà, c'est un doc qui a été financé par des citoyens, si vous voulez aider ça, vous pouvez faire un petit don. C'est beaucoup plus efficace sur YouTube.
Autre chose, deux chiffres. Je sais pas si vous savez ce que coûte à peu près un documentaire d'investigation à la télévision publique et quelles audiences il fait. On est sur des montants qui vont de en gros 120000 à 500000 €.
Euh et sur des audiences qui vont de 200000 spectateurs à 3 millions à peu près hein à la télévision. Euh vous avez par exemple actuellement des des audiences qui s'affaiblissent à la télévision, par exemple France 5, ils ont des soirées documentaires, je crois, du dimanche qui parfois tombent jusqu'à 200 2200 téléspectateurs pour un documentaire qui a pu coûter 100 ou 50 ou 200000 € qui a bénéficié d'argent public. Donc on est quasiment à 1 € le spectateur.
Je sais pas si vous voyez le le tau. Bon, nous l'expérience qu'on a depuis 4 ans, on fabrique des docs qui coûtent entre 40 et 50000 € euh et qui font entre 500000 vues et 4 millions de vues. Donc en terme d'impact euh c'est vraiment très important.
Du coup, on fait extrêmement attention euh à nos contenus, enfin en terme de de de rigueur, de précision et cetera parce que bah c'est très regardé, donc c'est très exposé à la critique et c'est légitime hein. Mais ce que je dire c'est que ce que moi ce que je trouve fou pour avoir passé 20 ans à la télévision et voilà, c'est qu'en fait ce système permet vraiment d'affirmer beaucoup de gens dans ce pays avec relativement peu d'argent quoi. Enfin, alors je dis pas que c'est bien, c'est pas le but de faire des des films à ce prixlà.
On va essayer de grossir mais c'est pour dire qu'en terme d'impact, on est un peu sidéré que ça fonctionne en fait. Je je on s'interroge aussi un petit peu sur justement la capacité de mesurer réellement le l'audience que vous citez d'un reportage fait qui a 1 million 2 millions de vues. C'est ce que vous indique YouTube.
Alors c'est pas la même chose à la télévision et en YouTube. Vous savez qu'à la télé je crois qu'il faut que les gens restent voilà il faut qu'il reste alors un certain un certain temps devant le programme pour que ce soit compté comme un auditeur. YouTube à partir momentù la personne regarde quelques minutes, ça compte.
Non, ce que ce que je voulais dire un c'est un bien ou pardon. C'est ce que je voulais dire, c'est que à la télévision il y a un organisme qui mesure de manière, j' dire scientifique médiamétrie les audiences sur YouTube. C'est YouTube qui vous donne les chiffres.
Oui. Alors c'est public he puisque YouTube communique en dessous de la vidéo son score. Donc on le voit évoluer tous les jours hein.
Ça ça grossit et cetera. J'ai je j'ai pas de raison de penser qu'il traite différemment les différentes personnes qui postent. En revanche, ce qui est vrai, c'est que voilà, comment YouTube compte, c'est pas pareil que médiamétrie.
Donc ça, il faut le savoir. Et c'est vrai que par exemple, quand on dit 4 millions de vues sur un documentaire, c'est pas forcément des gens qui ont vu l'intégralité. Le temps moyen de visionnage dépend des programmes.
Quand c'est des programmes un peu longs, un peu un peu costaud, bah nous on sait qu'on a à peu près des gens qui restent une demi-heure par exemple devant nos documentaires qui peuvent y revenir plus tard. Et par ailleurs, sur des documentaires d'unhou, on les redécoupe en morceau de 15 20 minutes en chapitre. En fait, on reposte derrière.
Pourquoi ? parce qu'il y a des gens qui ont pas forcément 1 heure et3 pour regarder un programme mais par contre sont intéressés et donc ils vont regarder par chapitre sur des trucs de 15 minutes, c'est plus pratique et il y en a plein par exemple qui nous disent moi je consomme vos programmes par des extraits de 15 minutes. J'en je ne rate pas seul en fait beaucoup qui regardent plus la télé mais qui regardent YouTube dès le lendemain pour pour revisionner un reportage ou un documentaire.
Alors alors nous nous comme dans la première saison on avait proposé à toutes les chaînes de télé notre série critique sur Kakena Macron et que toutes les chaînes avaient refusé. Euh effectivement, on est sur YouTube hein. Euh je je rappelle juste ça cartonne en fait c'est YouTube le premier réseau maintenant de tout.
Bah c'est en train de concurrencer sérieusement la télévision et je je rappelle juste que nous avez répondu les chaînes de télé parce que moi j'avais pas envie d'aller sur YouTube et euh de pas bien gagner ma vie. C'était pas mon but hein. Moi j'avais envie de bien gagner ma vie dans le journalisme et de faire du bon travail.
Donc on avait quand même contacté toutes les chaînes de télé sur ce bilan du quinquena Macron. Et donc pour mémoire donc M6 nous avait dit "Écoutez, on ne va pas sur la politique sauf avec Karine le Marchand. TF1 nous avait dit on a déjà un projet sur Macron mais pas tout à fait pareil.
France Télévision nous avait dit non, je crois on prendra pas et avait dit ça n'intéressera pas les Allemands. Donc en fait, il y avait eu des refus de toutes les chaînes pour juste un bilan critique d'une présidence, ce qui est légitime que ce soit Macron ou quelqu'un d'autre, peu importe. Donc en fait, on s'est dit mais c'est pas possible en fait de faire ce travail dans la télévision française aujourd'hui pour plein de raisons.
Et donc oui, on est sur YouTube et donc on dépend de YouTube mais en même temps on touche les Français quoi. Ah ouais, exactement. Je voulais revenir sur ce que vous avez dit sur les les créateurs de contenu et les et les influenceurs parce que là par contre on rentre un peu dans la zone grise ce que nous on appelle la zone grise.
Vous vous les choisissez les influenceurs ou les créateurs de contenu avec lequel vous vous allez travailler et quelle garantie vous avez sur leurs influences éventuelles euh enfin leurs financeurs, les les influences auxquelles ils peuvent être soumis ? Est-ce que c'est des choses que vous vérifiez ? Euh oui, c'est une bonne question.
Tout à fait. D'abord, on les choisi en fonction de bah que est-ce que leur ligne éditoriale en tant que créateur producteur de contenu colle avec la nôtre ? C'est la première chose.
La deuxième chose, c'est on vérifie en effet s'ils travaillent ou non avec des entreprises, s'ils sont sponsorisés par des entreprises puisque dans leur dans le modèle, mais d'autres seront mieux placés que moi pour le dire, mais eux en l'occurrence, mais dans dans le modèle des créateurs, il y a aussi beaucoup de de publicité ciblé ou orienté d'une certaine façon avec du sponsoring. On travaille pas on travaille pas avec enfin je vous dis on est au début on travaille pas avec ces créateurs. Si un jour on devait créer travailler avec l'un d'eux ou l'une d'elles, on mettrait en place pour le contenu de qui nous concerne disclose, il y aurait un contrat, il y aurait un cadre euh clair qui stipulerait que il ne doit pas y avoir de publicité sur la vidéo, qu'il il doit elle doit être accessible et qu'il n'y a pas de publicité ciblée. encore moins pas de publicité en gros mais voilà après pour l'instant nous on a travaillé par exemple avec Charles Villa qui est un journaliste qui travaille beaucoup sur des questions internationales les guerres les conflits armés et les crimes de guerre.
On a travaillé du coup naturellement avec lui sur nos nos enquêtes sur les ventes d'armes. On a travaillé avec Camille Coursi Camille reporter qui est aussi journaliste. En l'occurrence on a fait une vidéo avec elle sur la reconnaissance faciale dont je vous parlais en préambule.
Euh, on a travaillé plus récemment avec un créateur de contenu qui ne fait pas de publicité qui s'appelle vivre moins con sur Instagram. Voilà, c'est des et qui travaille beaucoup sur les questions environnementales. Là, en l'occurrence, c'était sur notre enquête sur les PFAC.
Donc, on les choisi pour leur rigueur et et le et la la cohésion avec notre ligne éditoriale, la cohérence. destination, vous travaillez aussi avec des Non. Alors nous on fait que de l'information, on s'inscrit que dans la loi 1881, donc on travaille que avec des gens qui sont journaliste et avec beaucoup de rigueur et éventuellement des réalisatrices ou des réalisateurs de documentaires mais qui s'inscrivent vraiment dans la logique de l'information et de l'investigation.
Donc on n pas à faire à des influenceurs. Non mais je peux vous dire un mot sur la manière dont on s'adresse à la jeunesse et nous on considère que c'est par le journalisme et nos informations et les thématiques qu'on peut déplier. Il se trouve que pas mal des thématiques qui nous intéressent beaucoup à Média part intéressent aussi la jeune génération je pense aux question des discriminations, aux questions des violences faites aux femmes, aux questions des d'écologie.
C'est trois champs. Il y en a d'autres. Là, on vient de de commencer à à travailler sur les droits de l'enfant.
Ça nous paraît extrêmement important euh de lever les tabous les uns après les autres. Et donc bah oui, il se trouve que là, on entre en résonance avec des préoccupations très fortes de la jeunesse en fait hein. Pour intéresser les lecteurs, faut aussi parler de ce qui les préoccupe au jour le jour.
Donc pour nous, ça c'est vraiment la première chose de travailler sur sur des thématiques qui qui leur importent. Euh je pense qu'il y a aussi autre chose qui est intéressant pour euh trouver cette écho, trouver ce lien, euh c'est euh de raconter comment on travaille, de raconter notre démarche. Et nous, on a beaucoup de formats pour déplier le dessous des cartes.
Comment on a fait pour euh aboutir sur cette enquête ? Quelles sont les questions que nous nous sommes sommes posées, les questions déontologiques puis qu'il y a beaucoup d'enquêtes qui n'aboutissent pas parce qu'à un moment donné justement le contradictoire est fait et nous obtenons des informations qui montrent qu'on s'était trompé de voir. Bref, on est le plus transparent possible sur les difficultés qu'on peut rencontrer, les questions qu'on se pose encore une fois et ça, je pense que c'est très important faire de la pédagogie aussi, expliquer tout simplement.
Voilà et peut-être pour pour terminer évidemment utiliser et ne voilà des formats audio, vidéos qui peuvent les intéresser mais tout en gardant les standards de d'information et de journalisme aussi haut que nécessaire. Excusez-moi, j'ajoute quelque chose mais c'est un peu pour rebondir à ce que avec ce que disait Jean-Baptiste. On n'est pas on n'est pas on ne travaille pas avec des enfin en fait je sais pas ce que c'est des influenceurs.
Nous on travaille avec des créateurs de contenu. Donc journalistes là en l'occurrence je vous citais des journalistes en fait c'estes créateur par exemple Hugo Descrypt qui est aujourd'hui OK bah qui est aujourd'hui c'est c'est lui qui a enfin c'est le TF1 des jeunes he pour la faire cours qui est ici dans une heure qui sera ici dans une heure je crois. Bon attend voilà c'est parfait.
Bon mais donc du coup non, c'est pour dire qu'il y a aussi derrière ces équipes, il y a des rédactions, parfois il y a des journalistes. Là, moi je parlais de gens qui sont journalistes et les du coup j'aime pas le terme j'ai pas enfin je j'aime pas l'idée d'influenceur parce que je sais pas très bien ce que c'est et ils influencent enfin je sais pas ce que ça veut dire. Nous, on travaille du coup avec des des journalistes qui sont sur les médias sociaux qui ont donc internalisé, qui connaissent les qui ont les outil, qui ont les prods, qui ont le matériel, qui savent faire la vidé une vidéo qui en fait qui ont internalisé intériorisé toutes les les codes et que nous n'avons pas.
Évidemment, idéalement à la fin, on travaillera, on le fera par nous-même. Mais c'est un voilà, c'était juste un ajout pour dire que travaillez pas avec des gens qui font des qui vendent des crèmes. Sachez aussi que enfin une marque d'information reconnue si elle prend un risque éditorial avec quelqu'un qui raconte une bêtise, enfin je sais pas si vous imaginez, je dis pas qu'on est sous pression mais en fait enfin c'est toute la marque que vous abîmez, je veux dire toute la marque par une connerie.
Donc on fait quand même très attention quoi. Enfin ça veut pas dire qu'on en fait pas mais on fait vraiment gaffe quoi. Si on si on vous posait cette question, c'est aussi parce que vous avez revendiqué on on comprend tout à fait votre souci d'indépendance mais d'une certaine manière vous mettez dans une dépendance en passant par ces agrégateurs ou c'estes c'est c'est a il y a aussi une dépendance de de la diffusion et de la visibilité à travers ça.
C'est pour ça que je la question c'était comment vous l'appréhendez cette mon c'est plutôt un outil pour c'est plutôt un outil qui nous permet d'avoir plus d'indépendance plus on est déjà indépendant mais encore c'est pas ça plus d'influence plus d'écho. Donc on n'est pas dépendant d'eux parce que on pourrait faire sans eux. Ça nous amuse en plus de tester ces nouveaux modèles, de rencontrer euh ces gens-là et de tester cette nouvelle culture.
Après, nous demain, si on quitte à YouTube, je pense qu'on aurait toujours nos nos milliers d'abonnés aussi écrit et on aurait toujours nos 20000 donateurs qui donnent parce qu'ils aiment bien ce qu'on fait et que ils peuvent le découvrir. Euh voilà. Mais par contre, on aurait moins d'impact sur la population quoi.
Mais je veux dire, notre communauté nous soutient. Allez-y. Dans l'ordre que vous voulez.
Oui, moi j'avais deux choses. Effectivement, il y a quelque chose que je comprends pas. Effectivement, je comprends bien le côté professionnel avec les journalistes et comme dit pour la diffusion vers les jeunes, on va vers les influenceurs.
Alors là, je il y a quelque chose que je comprends bien. Donc, je voudrais un petit peu plus d'explication sur ce sujet. L'autre sujet, c'est qu'effectivement, on vous venez de dire madame, on fait du contradictoire et parfois au bout du contradictoire, il on constate qu'on s'est trompé.
Sauf que quand sur le terrain on apprend qu'une institution ou quelqu'un est appelé parap, c'est comme la présomption d'innocence. Il en reste quelque chose sur le terrain. C'est c'est pas perçu comme un truc totalement innocent.
La perception terrain. Donc c'est un petit peu ce que je voulais vous dire. vous avez un pouvoir en terme d'investigation et et une influence qu'il ne faut pas minorer parce qu'elle elle peut être tout à fait importante et peut avoir des effets tout à fait redoutables surtout à certains moments des fois de la vie politique ou de la vie du d'une institution.
C'est juste ce que je voulais vous dire. Merci. Juste juste là-dessus, je réponds aussitôt une une enquête de médiia part n'existe que si elle est publiée.
Ça si elle n'est pas publiée, elle n'existe pas. Sinon, on est justement dans le champ qu'on essaie de dénoncer peut-être une zone grise du mensonge, de la rumeur. Nous ne sommes pas dans ce champ-là.
Une enquête de médiia part n'existe que si elle est publiée. Si vous ne la voyez pas sur notre site, c'est qu'elle n'existe pas. Euh oui.
Alors, moi, j'avais une question pour d'explication. Bon, j'espère qu'on va auditionner YouTube. C'est prévu bien sûr.
Voilà. Bien sûr. Euh moi juste là pour que ce concerne discla- que j'aimerais que vous me précisiez justement votre partenariat avec ce que vous appelez les producteurs de contenu qui ont été raccourci à influenceur pour savoir comment en définitive c'est une relation de confiance.
Mais comment qui sont-ils ? Enfin en définitive bon on connaît bien le TF des jeunes mais il y en a certainement d'autres. Et euh comment vous procédez concrètement pour vérifier quand même ce qui enfin ce que le la demande, la vérifité de leurs propos et cetera euh comme avec chacun de nos partenariats.
Donc je vois qu'il y a on il y a une une interrogation, je sais pas si c'est une non pas une crispion, mais en tout cas une interrogation précisément sur ces créateurs. Nous, ça fait 8 ans qu'on existe. Ça fait à peine quelques mois qu'on teste ce genre de format.
Ça c'est la première chose. Donc c'est un peu en effet, on a notre base de de soutien et elle continuera d'exister, de grandir, je l'espère, sans eux. Ceci étant, c'est comme un partenaire média à nos yeux.
On travaille, en tout cas là, l'expérience qu'on a, c'est celle-ci. On travaille euh en confiance et en transparence sur la base de nos informations euh qui peuvent ensuite aller prolonger, chercher de nouveaux témoins, travailler parce qu'ils sont journalistes. Là, je vous citais Charles Villa Camille Coursi par exemple, il Camille Coursi sur la l'enquête sur la reconnaissance faciale qu'on a faite avec elle.
Bah je vais voilà le le process c'est on enquête, on a obtenu des documents, on est en train de confirmer nos hypothèses. Il s'avère que la reconnaissance faciale est utilisée par les forces de l'ordre lors de contrôle d'identité grâce à leur téléphone de service. Euh on la contacte pour lui proposer un partenariat là-dessus parce qu'on la connaît de réputation, elle est intéressée et on met sur la table nos éléments et on fait une travaille une feuille de route.
On a un regard sur le script, il y a rien qui sort avec un logo ou une citation de disclose sans notre aval. euh parce que notre responsabilité est évidemment engagée. Donc ensuite, on voilà, c'est comme ça, on écrit, on scripte, enfin la l'auteur, l'autrice fait son fait son dérouler bien sûr, mais s'il y a des inexatitudes, des problématiques, des enjeux de tiens de droit de la presse, euh on lui en discute, on lui en réfère et ensuite on publie un jour J prévu organisé ensemble.
Donc tout ça pour dire c'est quand même en fait comme avec les médias traditionnels ou les médias avec qui on a pu faire des partenariats et le monde médiia part France 3, Radio France enfin il y en a beaucoup beaucoup et des internationaux euh mais dans un lien plus direct parce qu'il y a pas une chaîne hiérarchique parfois très compliquée qui peut même aller jusqu'au refutre du partenariat pour des raisons qui nous échappent. C'est vos infos peut-être. Quelle définition vous apporteriez à des médias d'investigation comme vous, des médias d'opinion ou des influenceurs politiques ?
Quel comment vous définiriez les uns et les autres et où est la frontière ? Je vous citerai un exemple après pour voir où est-ce que vous le placez. médias d'information, enfin médias d'investigation, mais la presse dont on parle, je crois, c'est publié des informations d'intérêt général.
Euh c'est publié des informations sur [grognement] C'est ce que je vous disais tout à l'heure, celles et ceux qui nous gouvernent, celles et ceux qui qui font la loi, celles et ceux qui concourent au débat public. qui est là évidemment on élargit le champ des personnes qui peuvent être intéressées par des informations d'intérêt général sur l'intérêt des sur l'intérêt public l'intérêt général il y a une jurisprudence très belle de la CEDA je vais pas vous la citer mais qui dit assez clairement ce que c'est que l'intérêt général les tribunaux y recourent pour pour juger de de de de la légalité ou pas de telle ou telle procédure. Bon voilà, le reste ne nous concerne pas.
Nous ne sommes pas des journaux d'opinion. Nous faisons de nous publions des faits. Voilà.
Voilà des faits recouper, documenter, vérifier. C'est ce qui fait la fiabilité de notre journalisme. C'est ce qui fait la qualité de nos informations et surtout c'est ce qui fait que les lecteurs et les font confiance.
Et donc pour Media Part en tout cas qui s'abonnent à ce journal parce qu'ils font confiance à nos informations, au fait que nous publions. C'est vraiment voilà, c'est ce qui nous distingue absolument de de de des médias d'opinion. Je sais même pas si on va appeler ça des médias.
Enfin bon bref, de cet autre monde. C'est pour moi c'est pas un média. Je les regarde pas beaucoup.
Ce que j'ai vu, c'est des trucs assez, il me semble qu'ils vont parfois sur le terrain voir des gens de gauche de manière un peu provocatrice pour, me semble-t-il, créer des clashes et ensuite expliquer qu'ils sont victimes. J'ai pas passé beaucoup plus de temps que ça devant frontière. Euh je pense qu'il y a une frange du des médias français et de certains industriels qui les contrôlent qui cherchent effectivement à hystériser le débat public et à créer de la guerre civile.
Je vous donne un exemple. En novembre 2024, nous on à force de voir sur les plateaux télé un certain nombre de propos qui nous paraissaient quand même extrêmement bordeur. Alors ça peut être de l'opinion du café du commerce.
Les Arabes c'est pas bien. Les musulmans, c'est sale, on peut dire tout ce qu'on veut. Ça faisait un certain de mois que ça durait.
Et puis il y avait eu aussi les gilets jaunes, ils sont débiles et puis et puis la gauche, elle est antisémite. Enfin, de mon point de vue, ça prenait des proportions complètement délirantes. Donc, on a fait un documentaire qui s'appelait média de la haine, objectif guerre civile point d'interrogation.
Et on a eu le sentiment que vraiment il y avait des gens sur certains plateaux qui poussaient qu'il y avait besoin que le que que le débat aille au clash entre un certain nombre de gens habitant ce pays. Moi la lecture que j'en fais, c'est que il y a des gens qui contrôlent des médias qui ont envie que les gens se disputent. Alors entre selon leur origine par exemple ou leurs idées que ça se clashe que ça se divise parce qu'on divise comme ça on règne.
Bon et ça m'a par être une vraiment une stratégie quoi extrêmement dangereuse. Voilà et donc donc on a fait ce ce documentaire et bon frontière moi je vois les choses comme ça mais ça ressemble un peu à ce que ce que fait ces news toute la journée et cetera. Donc euh je vois j'ai sentiment qu'il y a dans ce pays des gens qui essayent de recréer du lien, un peu de bienveillance, un peu de de vivre ensemble qui apporte beaucoup à la communauté, à leurs voisins qui aident et cetera.
Et puis il y a des médias qui parfois montrent du doigt toute la journée des gens en essayant de les faire passer pour des des gens horribles et de de créer de la de la bagarre. Je veux dire, si ça continue comme ça, ils vont y arriver. C'est qu'à un moment donné effectivement on va avoir des gens qui insultent leurs voisins parce qu'ils sont noirs, d'autres qui les traitent de singe, d'autres qui enfin je dire ça va aller très loin.
Donc moi frontière, je vois ça comme ça. Euh nous on n'est pas là pour que les gens s'arrachent. Alors toute société pose des règles entre les gens.
Il y a un civisme à respecter mais en bas de la société mais aussi en haut hein. Alors parce que des fois on a l'impression qu'en haut il y en a un peu moins. Donc là il y a un souci et l'enjeu c'est qu'on arrive à peu près à vivre ensemble le mieux possible.
Donc euh Frontière pour moi est un média d'hystérisation en fait du débat public comme d'autres. Oui, on n' pas encore parlé d'intelligence artificielle. C'est un peu notre actualité cette semaine puisque vous savez que demain on va passer un texte pour défendre les ayants droits.
Néanmoins, est-ce que sur la certification qui a bien une origine justement humaine journalistique par rapport à la production et la diffusion de vos informations ? euh pour rassurer en interne et aussi euh en externe, c'est-à-dire euh vos abonnés, voire même au-delà. Est-ce que vous avez mis en place à l'intérieur de vos organisations des processus un peu voilà de vigilance, d'alerte sur ce qui pourrait arriver pour là aussi euh je parle pas des droits voisins hein, mais pour au moins euh euh vous voilà muscler un peu vos vos processus en interne et et essayer justement de de certifier un peu cette information vis-à-vis de l'extérieur.
Alors, on on parle beaucoup de d'intelligence artificielle. Enfin, moi, enfin, nous, à OF Investigation euh tellement un sujet quotidien. Moi, je suis assez euh réticent à la guerre de ces de de de ces systèmes et je pense qu'en fait, c'est assez antynamique avec l'investigation.
Autant si vous résumez un match de foot, bah peut-être que une intelligence artificielle peut vous résumer brillamment un match de foot, peut-être, je sais pas. Mais dans ce qu'on fait nous, c'est franchement absolument si vous approchez pas des victimes qui ont peur avec une intelligence artificielle. Enfin, ça n'existe pas. le facteur humain est absolument clé.
Et par ailleurs, un journaliste qui signe un contenu qui soit du visuel ou écrit est responsable de son contenu. C'est qui a sa signature en dessous, il est responsable. Euh et donc il fait extrêmement attention à ce qu'il fait et la rédaction chef fait extrêmement attention aussi.
Donc en fait enfin pour nous c'est enfin chez nous c'est pas un sujet quoi. Non vraiment pas quoi. Euh pour nous qu'est-ce que je peux vous dire là-dessus ? plusieurs choses.
D'abord, notre valeur ajoutée, c'est de produire des informations exclusives. Donc par définition que LIA ne peut pas inventer. Donc nous nous sentons pas dans une zone de concurrence avec Lia.
Nous ne sommes pas du côté de celles et ceux qui republient 1000 fois euh la même dépêche euh que l'on voit effectivement euh euh diffuser à peu près partout sur tous les sites. Nous ne faisons pas ça. Euh nous produisons quelque chose qui est neuf par définition.
C'est le fruit de notre travail, c'est le fruit de notre enquête. Euh par ailleurs, on va pas certifier tous nos articles puisque ils répondent tous et toutes euh tous ce toutes nos enquêtes, tous nos articles, tous nos reportages à au processus qu'on a évoqué tout à l'heure, la vérification d'information, des faits recoupés, documentés et cetera fiable, rigoureux, honnête. Et pour terminer, néanmoins, nous avons rédigé une charte puisque ça nous semblait effectivement nécessaire pour nous adresser à nos lecteurs et leur certifier que nous n'utilisons pas DI générative d'aucune manière pour des des articles, des contenus illustrés, des de l'infographie et cetera et cetera.
Oui, che à disclos même chose, on produit des contenus exclusifs, des révélations. Donc le on a on n'est pas dans le commentaire dans la réaction à des actualités. Donc on a on a peu de chance de se faire coincer à chaud parce que le flux l'implique l'impose par une fausse information puisqu'on la vérifié et la recoupe.
Et en interne, je voulais ajouter qu'on a un process de vérification assez avancé puisqu'on a quelqu'un qui est dédié au fact checking, à la vérification des informations pour chacun de nos articles. Ce qui signifie que il y a un travail d'édition important, long, parfois fatiguant pour les auteurs et les autrices de des articles qu'on publie, mais au moins, [grognement] il y a pas de voilà, il y a il y a une personne qui fait des allers-retours, qui dialogue avec les auteurs autrices, avec le rédacteur ou la rédactrice en chef sur l'enquête et ce qui permet d'éviter des erreurs. Mais bon, c'est même plus de l'IA là.
Moi, je parle d'erreur sur un chiffre, on est on est on essaie d'avoir le on est on a horreur de on est obsessionné méticuleux. Donc voilà, on évite au maximum de de faire des bêtises. Donc j'avoue que chez nous pour le moment, on se sent pas euh menacé par l'intelligence artificielle.
Et juste si on là on réfléchit en terme d'écosystème médiatique, sans doute qu'il doit y avoir une réflexion à pousser du côté de la CPPAP pour veiller à sortir du champ tous ces sites qui ne font que utiliser LIA pour de pseudoart qui n'en sont donc pas. Euh voilà, ça je pense vraiment qu'il y a une réflexion à avoir là-dessus. Enfin, je il me semble que c'est une réflexion qui a déjà court euh mais sans doute qu'il faudrait euh effectivement pousser puisque ça c'est un fléau de la même manière dont on a parlé tout à l'heure de certaines chaînes de télévision ou de médias d'extrême droite et de désinformation.
De la même manière, on a des sites qui ne font que reproduire des faux articles. C'est donc effectivement ça la zone grise. C'est ça la zone contre laquelle alors là il faut lutter mais frontalement.
C'est-à-dire que les mensonges, les fake news, euh là, on est dans un moment à à l'heure euh Trump mondialisé où euh il faut pas prendre des mesurettes, il faut effectivement euh y aller euh de manière massive et groupée pour faire en sorte que ces ces cette désinformation cesse de pourrir notre espace démocratique. Concrètement, comment on fait sur le numérique ? sur le numérique, ben je je j'imagine qu'il y a évidemment plein de choses à faire, mais là la CPPAP, je pense à un rôle de gardien à jouer en en amont, à veiller effectivement à ce que les publications respectent les les obligations.
Je pense qu'il y a aussi beaucoup à faire du côté de la concentration des médias. Ça c'est la garantie du pluralisme. Ça évite aussi que certains groupes euh contrôlent le la totalité d'une chaîne à la fois horizontale et verticale de la supposée information et un effet catastrophique sur l'ensemble du champ parce que ça part quand même de là.
Là, en gros, on parle de la sphère bolorée qui avec ses chaînes le JD avec le CWS, le JDD et européen est capable de relayer euh des fausses informations, de les amplifier et d'avoir finalement un impact sur l'ensemble de l'espace public puisque l'ensemble de l'espace public se recadre à ces débats autour de ces questions-là. Donc ça a des effets délétaires. Donc effectivement le le rôle de de de gardien en entrée de la CPPAP et travailler sur la question de la concentration des médias un moment comme celui qu'on est en train de traverser me paraît absolument déterminant.
J'essaie d'entendre votre inquiétude he si je comprends bien vous me m'arrêtez. C'est serait que les gens croient des des bêtises en gros hein, croient des des fake news, des interprétations discutables faites par des influenceurs mal contrôlés qui raconter n'importe quoi. On s'entend à peu près.
Oui. Non, c'est c'est on s'entend à peu près. Je rajouterai juste que quand vous êtes sur l'espace numérique, c'est au même niveau.
Les la l'information travaillé, l'information ou le commentaire, il y a des gens qui peuvent confondre, c'est au même niveau. Voir l'algorithme place tel ou tel vecteur en en premier plan. Alors, c'est c'est c'est une vraie question, mais alors soit vous dites il va falloir aller chercher tous ceux qui racontent des bêtises, il va y avoir pas mal de travail, soit vous prenez le truc autrement en vous disant "Mais pourquoi autant de gens dans ce pays ne croient plus les médias qui en principe respectent les critères de la CPPAP et cetera ?
Enfin, en tout cas, pas tous les médias, mais je veux dire pourquoi il y a une telle crise de confiance et qu'effectivement, ils vont les se précipiter dans les bras de n'importe qui ?" Donc, je pense que on peut on peut traquer les méchants ou s'interroger pourquoi il y a une telle crise de confiance. Et oui, c'est essentiel de rtisser une confiance avec les vrais médias d'information.
Et c'est pour ça que encore une fois, de mon point de vue, le fait que la puissance publique a laissé 95 % de ses médias tomber sous la coupe de 5 milliardaires et être contrôlé par l'État de manière excessive est le problème de fond. Voilà. Et tant que ça ça sera pas traité, euh vous arriverez pas à lutter contre tous ceux qui raconteront d'autres choses sur internet quoi.
Parce que c'est sûr que pour lutter contre la désinformation, on peut pas compter sur les algorithmes. Ils nous aiderons certainement pas dans ce chemin. Donc en fait et bien il faut euh donner les moyens et en tant que parlementaire, vous avez la possibilité de le faire. les moyens la presse indépendante qui justement par son tissu économique, par son modèle économique peut créer un lien de confiance avec les lecteurs et les lectrices travaillent avec des méthodes euh à prouver déontologiques qui assurent qui garantissent une information de qualité.
Donc c'est aussi votre rôle. L'exécutif à mon sens ne l'a pas joué au cours des deux mandatures de de d'Emmanuel Macron. n'a pas joué le rôle qu'il aurait pu jouer.
Euh et bien c'est j'imagine aussi à vous, nous en tant que médias de la presse indépendante, on fait ce qu'on ce qu'on essaye, c'est-à-dire être à la hauteur euh publier toujours des faits, des faits, des faits et je pense qu'effectivement le législateur doit être là pour garantir et renforcer les droits de la presse indépendante. pour pour ne prendre qu'un tout petit exemple quand une filiale de Vivindi Bolloré Progressif Média créé pour discréditer Reporter sans frontières un faux site internet parce que Reporter sans frontières a saisi le Conseil d'état à propos de ces news. Il crée un faux site internet marqué reporter sans frontières pour faire croire que c'est ça.
C'est une filiale du groupe vivide de Vincent Boloret. Comment est-ce que quelqu'un qui fait ça peut en même temps contrôler le tiers des médias français sans que le législateur s'en préoccupe ? Enfin, je pardonnez-moi, c'est lunaire quoi.
Faux site. Faux site. Je pousse un peu la réflexion parce que c'est quand même bien pour ça queon travaille aussi dans cette commission d'enquête.
La CPAP, vous pensez qu'il faut modifier sa composition, ses missions, aller plus loin ? Je sens et je vous rejoins un peu euh que il faudrait peut-être aller plus loin dans Est-ce que vous pouvez peut-être approfondir ? J'ai j'ai bien compris hein ce que vous avez dit.
Je pense qu'en tout cas elle doit être très vigilante sur ces sites d'infos qui ne publient que des articles mouliné par Lia. Ça me paraît effectivement une nécessité à un moment où effectivement comme vous le dites la la la vague qui nous arrive d'IA est vertigineuse et qu'il faut regarder directement ce qui est en train de se passer. Après, j'ai pas de conseil législateur à donner sur c une question.
Ben en général le législateur, on est là pour ça, essaie aussi d'avoir des conseils, des recommandations. C'est un peu l'écoute qu'on qu'on veut avoir à votre rencontre. Donc, mais bon, j'ai bien j'ai bien compris que voilà sur la question li je pense qu'on peut aller plus loin.
Mais après, je crois cav je pense que la CPAP vérifie qu'il y a bien des journalistes dans les médias qui réclament un agrément ou ou peut-être pas assez. Effectivement, peut-être pas assez, je te rejoins mais après vous pouvez prendre le problème autrement. Quelqu'un qui dirait je me fiche de l'agrément de la CPPAP parce que j'ai pas besoin d'aller chercher du don desfiscalisés par exemple.
OK bah il se fiche de l'agram de la CPPAP hein. Il se passe quoi ? C'est c'est là où on se pose la question si la posé à travers la la labellisation mais on peut aussi s'interroger sur la la régulation sur les espaces qui ne sont pas régulés jusqu'à présent essentiellement le numérique.
On a bien compris à travers vos introductions tout à l'heure que vous n'étiez pas favorable en tout cas pour vous madame à à une régulation. jusqu'où on peut aller pour essayer de justement faire la part des choses ou aider le citoyen à faire la part des choses entre l'information travaillée et et puis le commentaire sans réguler ou sans labelliser ? C'est la question qu'on se pose.
C'est pour ça qu'on pour nous éclairer. Oui. Mais non, moi je serais bien incapable de vous éclairer très loin.
Sinon, j'ajouterai qu'il y a quand même l'éducation au médias aussi qui est un sujet que je sais pas si vous l'abordez mais en tout cas c'est un sujet important. Euh l'éducation [grognement] à l'information au médias. On dans nous dans les dans l'équipe de disclause, on en fait beaucoup.
Je sais qu'il y a beaucoup de de gens dans les dans les rédactions des médias indépendants qui vont au contact des jeunes publics notamment pour leur expliquer les fondamentaux du journalisme. Et c'est vrai que il y a beaucoup de travail mais bon je voulais juste apporter ce point-là. Il faut pas perdre de vue qu'on est dans un champ qui est rég loi de 1880 sur la liberté de la presse.
C'est vraiment une loi qui est centrale dans notre République, dans notre démocratie. Et je pense qu'il faut faire attention au label qui cherchent à censurer ici, faire revenir par là et cetera. Euh encore une fois, on a le socle qui nous faut, le socle juridique euh auquel nous soumettons comme on l'a dit bien volontiers puisque nous sommes des justiciables.
Alors euh voilà, comme les autres, nous répondons de nos informations. Euh et je pense que dans dans un régime de de liberté, il faut faire attention aussi à protéger ces ces acquis. Encore une fois, cette loi, elle fonctionne depuis plus de 100 ans.
Attention à ne pas détricoter quelque chose qui fonctionne. Je pense que dans notre esprit, on n' pas du tout envie de détricoter la loi de 1880. Bien au contraire.
Euh GTI dont je parlais, c'est une autorégulation entre paires qui ne touche pas à la loi de 1881, mais qui est simplement là pour un moment dans une autorégulation, essayer de voilà certifier une information pour s'assurer que elle est bien. C'est c'est de ça dont dont dont je parle les CRSF, vous le savez, il y a beaucoup de médias qui sont aujourd'hui, mais vous connaissez par ça par cœur. C'était une question pour savoir si vous voilà.
Mais il est absolument hors de pour nous euh de question de toucher à la loi de 80. Enfin, n'ayez pas ça votre esprit. D'abord, on l'a jamais dit et c'est pas du tout le sujet, hein.
Je pense qu'il y a autre chose dont les les journalistes doivent se méfier, c'est une forme de corporatisme. Euh nous sommes redevables et on le disait tout à l'heure, devant nos lecteurs et nos lectrices, c'est eux qui nous font confiance. Nous ne nous n'avons pas le droit de publier de fausses informations.
Ce n'est pas possible. Euh et on le paye Ouais. immédiatement.
C'est c'est le le la sanction de d'électeurs et d'électrices serait immédiate et ils auraient raison. Ce que nous leur proposons, c'est une information 100 % vérifiée, recoupée, documenté. À partir du moment où euh nous nous rompons ce ce lien de confiance, c'est le modèle qui tombe.
Donc notre indépendance est liée à la qualité de nos informations. Nous nous n'avons pas le droit à l'erreur. Moi, je préfère avoir la loi euh voilà qui qui veille sur médiia part, sur l'ensemble des médias comme sur l'ensemble des citoyens plutôt que tel ou tel corporatisme, telle ou telle structure, bidu et cetera.
Donc peut-être qu'un jour elle serait euh [raclement de gorge] sous la responsabilité de journaliste, mais lesquels ? Peut-être que à un moment donné un législateur aurait envie d'y ajouter des responsables politiques, pourquoi pas de l'exécutif, pourquoi pas des représentants de l'État ? Voyez ?
Non. Par ailleurs pour dire un tout petit mot sur l'ARCOM, hein, moi j'ai été en contact avec le CSA pendant des années quand j'étais au placard à Canal Plus et ensuite parfois avec l'ARCOM. Cette instance n'a pas pu protéger le journalisme en France à la télévision.
Quand quand un patron de chaîne de télévision qui veut signer des contrats avec un dictateur africain fait fabriquer sur sa chaîne du public reportage pour ce dictateur tout en faisant supprimer un reportage qui gêne ce dictateur parce qu'il montre que son peuple est dans la rue qu'il a fait tirer sur son peuple. Quand tu as pas 30 chaînes fait ça en France, il se passe rien à part un article dans les jours médias indépendants. Donc si vous voulez moi l'art comme LCSA, je sais pas combien ça coûte mais des fois on se demande pas à quoi ça sert.
Donc une nouvelle instance pour faire quoi ? Mais quelle confiance franchement hein. Et je parle pas des singes qui sont noirs des noir qui sont des singes.
Ouais. Juste une dernière question sur on a parlé de de Lia mais je voulais vous poser la question de la façon dont les informations que vous recevez euh peuvent être éventuellement déformées par l'IA. Quel contrôle vous avez de ce point de vue-là sur euh sur euh les informations que vous avez et est-ce que ça vous semble de plus en plus difficile à repérer justement de l'information produite ou déformée par de l'IA ?
Après publication, vous voulez dire non avant publication dans dans la dans le travail de collecte d'information, on serait intoxiqué par ça vaut pour l'air comme pour n'importe quel type document de document. On peut être euh la destination mais à part ça nous est déjà arrivé de faux documents. On essaie de nous tromper, on essaie de nous piéger.
Donc là c'est notre travail de vérification de des documents, de leur authenticité, de recouper, de recueillir des témoignages, de vérifier, de trouver des sources supplémentaires et cetera. Donc ça c'est le travail qu'on fait tous les jours. Donc évidemment on le fait avec Lia pour s'assurer que on n'est pas face à des faux documents.
Mais encore une fois ça nous est arrivé il y a 10 ans et ça nous arrive régulièrement. On essaie de nous faire du mal. Bien on sait par ce genre de situation.
Ça pourrait être piègeux effectivement, mais dans dans tout travail, il y a un travail de vérification qui évidemment se méfie aussi de ce type de choses, hein. Oui, on en revient toujours à la même question en fait, c'est le recoupement des informations, traçabilité, transparence, sourcing de l'info. Donc plusieurs témoins.
Ce que je pense pour revenir à une question que vous vous posez euh n'est pas forcément l'apanage du média frontière. Je crois pas qu'il recoupe toutes leurs informations comme nous le faisons autour de cette table par exemple. S'il y a plus de questions, on va s'arrêter là en vous remerciant de d'avoir répondu à nos interrogations.
Merci. Merci beaucoup. [toux]
Agnès Evren