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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 9 octobre 2024 16 min

Face aux experts du mercredi 9 octobre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin, Christian Estrosi, soyez le bienvenu sur LCI. Un mot au sujet de cette information exclusive LCI ce matin, un vol d'Air France est donc retrouvé au-dessus de l'Irak, c'est-à-dire pile entre Iran et Israël, au moment où l'Iran envoyait ses missiles, il y a manifestement un défaut de sûreté sur la prévision du groupe Air France. Il y a une enquête interne qui était diligentée. Est-ce que vous avez une réaction, M. Estrosi ?

0:19
Christian Estrosi

Alors, c'est l'enquête interne qui déterminera les choses. Ce qui est certain, c'est qu'Air France ne pouvait pas imaginer que l'Iran enverrait 200 missiles sur Israël à ce moment précis. Donc aujourd'hui, pour toutes les compagnies aériennes dans l'ensemble de la zone, il est évident qu'il y a à anticiper naturellement tout événement qui peut surgir à tout instant. On sait très bien qu'Israël s'apprête à réagir. On sait très bien que l'Iran a décidé de ne pas baisser les bras non plus.

1:00
Invité

Le couloir est fermé, M. Estrosi, aujourd'hui.

1:03
Christian Estrosi

Il est fermé aujourd'hui, mais on vous dit qu'il est fermé un jour, qu'il est réouvert le lendemain.

1:07
Invité

Je pense que le territoire a été interdit sur l'Iran.

1:09
Christian Estrosi

Je pense qu'avec cet événement, en tout cas, pour quelque temps, avant qu'une situation qui, d'ailleurs, est absolument dramatique, à la fois pour la zone, mais aussi, moralement, pour l'ensemble du monde libre, par rapport à cet obscurantisme qui s'abat depuis des années et des années sur tout ce qui frappe en termes d'attentats, depuis notamment ce 11 septembre, et sur le World Trade Center à New York, on peut s'attendre à beaucoup de choses à tout instant.

1:47
Auditeur

Bonsoir. M. Estrosi, votre ville de Nice est jumelée, je crois, avec Netanyah, en Israël. Absolument. Qui est un bastion du Likoud, et vous avez des relations très anciennes avec cette ville. Quand vous regardez aujourd'hui la situation en Israël, quand vous entendez Benjamin Netanyahou, hier, menacer le Liban, je le cite, de destruction comme à Gaza, quand vous regardez les images, vous voyez des hommes de l'infanterie israélienne planter le drapeau israélien au sud de Liban, est-ce que vous ne vous dites pas que le Premier ministre israélien est allé trop loin ?

2:18
Christian Estrosi

Bon, d'abord, je ne vois pas le lien qu'il y a dans votre question entre le fait que Netanyah, dirigée par mon ami Myriam Freyerberg, depuis longtemps, est renouvelée...

2:30
Auditeur

Ce que je voulais dire par là, c'est est-ce que notre amitié pour Israël, qui est une amitié français... Mon amitié, écoutez, mon amitié... Est-ce qu'il y a un moment où on ne doit pas dire la vérité à son amitié ?

2:38
Christian Estrosi

Mon amitié est pleine et entière. Et si vous parlez de vérité, il n'y a qu'une vérité, c'est celle du 7 octobre 2023, où nous avons eu pour la première fois depuis la moitié du siècle précédent, un pogrom où on a vu des femmes, des enfants, des femmes enceintes, des vieillards, des bébés qui ont été assassinés, brûlés, torturés, et qu'à un moment, oui, Israël a le droit de se défendre. Et que notre devoir, c'est d'apporter notre soutien à Israël dans sa défense.

3:14
Présentateur

Comment vous réagissez quand une partie des gens présents à l'invitation du CRIF siffle Emmanuel Macron à l'énoncé de son nom par Michel Barnier parce qu'il l'a dit, il faut arrêter de livrer des armes à Israël, celles qui servent au combat à Gaza ?

3:30
Christian Estrosi

Je dis très clairement que nous devons aujourd'hui, comme le font les Américains, il y a deux mondes aujourd'hui qui s'affrontent. Ce n'est pas qu'un problème qui se situe en Israël, il y a deux mondes qui s'affrontent. Est-ce qu'il faut choisir ? Il y a un monde de liberté, il y a un monde de dignité, il y a un monde de respect de la personne humaine, et puis il y a un monde de l'obscurantisme. Si Israël perd cette guerre, c'est nous qui la perdons. Y compris au Liban, je repose la question. Pardon, moi j'ai eu 86 morts sur la promenade des Anglais.

ce n'était pas l'État islamique et Daesh, les alliés du Hamas et du Hezbollah, qui sont à l'origine de cette tragédie que j'ai connue en France, dans ma propre vie, ou que nous avons connue au Bataclan. Alors, il faut situer les choses où elles doivent être situées.

4:23
Invité

La position de la France, c'était une position relativement équilibrée, historique, avec un État palestinien. Vous connaissez tout ça par cœur. Moi, je ne sais pas ce que veut dire équilibré. Ça veut dire un double État. On parle à tout le monde et on n'est fâché avec personne. Mais est-ce que dans votre esprit, c'est une question politique, est-ce que dans votre esprit, le moment est venu de choisir son camp, tel que vous le définissez, c'est-à-dire d'un côté Israël, sans condition, de l'autre côté, des groupements, des mouvements qui sont violents, qui sont terroristes ? Non, vous me posez... Je ne sais pas pourquoi vous ne me posez pas la question

5:00
Christian Estrosi

dans l'autre sens, ailleurs. Est-ce qu'il ne faut pas... Vous parlez-la dans l'autre sens, si vous voulez. Oui, moi, je me la pose dans l'autre sens. Ok, allez-y. Est-ce qu'à un moment, il ne faut pas rejeter les mouvements violents à l'égard d'Israël, plutôt que de défendre Israël ?

5:16
Invité

Mais c'est aussi clair que ça. C'est-à-dire que les adversaires d'Israël

5:19
Christian Estrosi

sont tous des terroristes. Écoutez, si on envoie 200 missiles depuis l'Iran sur la France, je ne sais pas comment vous réagirez. Vous posez la question. Moi, je vous le dis très clairement, l'Iran a toujours dit, toujours, toujours, par la voix des Mollahs, qui torturent des femmes et qui ont le courage d'aller manifester sans être voilées, qui se font lapider, qui se font torturer, qui se font pendre, parce qu'en réalité, c'est la question que vous me posez. Est-ce qu'il faut défendre ?

5:47
Invité

Non, je pensais aussi aux Libanais, aux civils Libanais. Je pensais aux civils Libanais. Si vous voulez, les gens qui vivent à Saïda, à Tire, etc., à Nabatier, ils s'en foutent de la guerre. Ils voudraient vivre, simplement.

6:02
Christian Estrosi

J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amis libanais, qui d'ailleurs, pour beaucoup, sont venus depuis de nombreuses années, se réfugier à Nice, contribuer à la croissance économique et sociale de ma ville, qui sont des médecins, qui sont des avocats, qui sont des intellectuels, qui sont des universitaires, qui sont des commerçants, des entrepreneurs, des gens de très grande qualité. Le Liban n'est pas un peuple libre, parce que le Liban est une soi-disant démocratie qui est dominée par le Hezbollah, vous le savez très bien.

6:38
Présentateur

Monsieur Estrosi, encore une question sur le sujet.

6:40
Christian Estrosi

C'est certain. Est-il vrai ou pas que tout gouvernement libanais, depuis maintenant 20 ou 30 ans, n'est pas un gouvernement libre, parce qu'il est sous le joug du Hezbollah ? C'est vrai ou pas ?

6:54
Présentateur

Encore une question, s'il vous plaît. Une dernière question sur le sujet. Je reprends vos propos. Vous dites si Israël perd cette guerre, ensuite c'est nous. Israël réfléchit à la réponse à apporter à l'Iran. Est-ce que comme les Etats-Unis vous dites qu'il ne faut absolument pas frapper les sites nucléaires uraniens, ou est-ce que vous dites qu'Israël le fait, Israël aura raison pour les causes que vous évoquiez il y a quelques instants ?

7:13
Christian Estrosi

Moi je vois Joe Biden et les Américains, et je suis sûr que n'importe quel autre chef d'État américain, parce que ça fait partie aujourd'hui de ceux qui considèrent, comme moi d'ailleurs, que notre devoir est d'être aux côtés de la défense d'Israël, s'engagent parce qu'ils savent le danger que pèse l'Iran. L'Iran est à deux doigts de posséder l'arme nucléaire, sans doute. On frappait les sites alors ?

7:43
Présentateur

Israël doit les frapper ?

7:45
Christian Estrosi

Lorsque l'on voit l'attitude de l'Iran qui n'hésite pas aujourd'hui à envoyer 200 missiles sur Israël, est-ce qu'il faut attendre que l'Iran se dote de l'arme nucléaire ou d'y mettre un terme suffisamment rapidement ? Donc plutôt oui, vous dites qu'Israël aurait plutôt raison de frapper ces installations.

Je dis que lorsque je vois de quoi ces mots-là, dont une immense majorité d'Iraniens, qui là aussi sont pour beaucoup des amis qui habitent chez moi, avec lesquels je partage tant de valeurs, veulent se défaire, est-ce que nous devons aider le peuple iranien à se défaire de ce terrorisme, de cette barbarie qui les domine depuis des années et à laquelle la France a contribué, parce que quand on a protégé l'Ayatollah Roménie ici en France avant de l'envoyer en Iran, pardon, mais ça fait partie des erreurs historiques de la France

8:40
Présentateur

que nous devrions peut-être réparer. Nous allons revenir en direct, dans quelques instants, nous reviendrons sur ce qui s'est passé à Tourcoing. Je voudrais également savoir ce que vous pensez des économies demandées aux collectivités territoriales, parce qu'il y a une situation budgétaire complexe. On dirait ce que vous comptez faire à Nice. Restez avec nous tout de suite. Christian Estrosi, notre invité ce matin. Monsieur Estrosi, une jeune fille de 18 ans est toujours en garde à vue dans le Nord après avoir frappé une enseignante à Tourcoing dans la cour de son lycée parce qu'elle lui demandait de retirer son voile. Il y a eu une émotion immense, une condamnation politique quasi unanime.

Est-ce qu'il y a vraiment des décisions qui changeraient la donne, qui empêcheraient que ce type de situation

9:13
Christian Estrosi

se produise ? Ça n'est pas un incident isolé. Il y en avait déjà Samuel Paty qui a été une sorte de révélateur mais on savait que ça existait déjà. Et donc, voilà, aujourd'hui, on sait que la violence, le rejet de la laïcité fait partie du quotidien des enseignants. Et chaque fois qu'un enseignant veut faire un rappel à la loi quelque part, il risque d'être frappé comme ça a été le cas à Tourcoing. C'est donc inacceptable. Systématiquement, il doit y avoir une exclusion de l'élève. Systématiquement, il doit y avoir des poursuites en justice de l'élève, de sa famille, si elle porte une responsabilité dans une éducation qui pousse à ça.

Parce qu'aujourd'hui, je vois dans notre pays une génération qui, en fait, est poussée à ça par la génération qui la précède. On ne peut pas faire de généralité. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques années. Donc, je crois que nous le devons d'abord à tous les enfants qui veulent travailler, qui veulent étudier, qui ne veulent pas être perturbés. Aujourd'hui, tolérer ça dans notre pays, c'est faire porter ce poids aux enseignants, mais c'est faire porter le poids à l'immense majorité de 99% des élèves qui ne veulent pas vivre dans ce climat non plus.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, je souhaite que sur ce terrain, la laïcité stricte soit appliquée à l'école et un élève qui ne ait franchi le portail ou qui tente de le franchir sans le respecter, ne serait-ce que par un signe, doit être rejeté de l'école.

11:08
Présentateur

Monsieur Estrosi, le gouvernement vous demande, pas vous personnellement, mais en tant qu'élu local, de faire des économies. Les collectivités territoriales sont mises à contribution à quel montant, Pascal ? 5 milliards. 5 milliards demandés.

11:21
Invité

230 milliards d'euros de dépenses chaque année, les collectivités. C'est le troisième poste de dépenses publiques.

11:26
Présentateur

Comment vous avez accueilli cette nouvelle, Monsieur Estrosi ? Est-ce que vous avez été consulté, d'ailleurs, avant qu'elle ne soit annoncée ?

11:31
Christian Estrosi

Non, je n'ai pas été consulté. Et je trouve que, d'abord, la situation de notre pays est grave. La France vit à crédit et nous le savons. Et que, en tant que représentant d'une grande collectivité, les Français qui nous écoutent à cet instant ne comprendraient pas qu'on demande à chacun de faire un effort, l'État, les entreprises, une certaine catégorie de Français, et que les collectivités n'y prennent pas leur part.

12:03
Présentateur

C'est bien, non ? C'est oui pour vous. Il faut aider le gouvernement.

12:06
Christian Estrosi

Non, non, non, non. Je sais bien que la télévision n'aime bien faire répondre par oui ou par non. Après, il y a un problème de méthode. Ça aurait de la clarté, au moins.

12:16
Invité

Parce que lorsque... Oui ou non. Oui, oui. Oui, mais ce n'est pas toujours clair. Non, mais... M. Estrosi, il faut aider le gouvernement

12:22
Christian Estrosi

ou pas ? Si pour vous, la clarté, c'est que le gouvernement impose une méthode plutôt que de la discuter avec la collectivité, pour moi, ça n'est pas de la clarté. Bon, je suis désolé.

12:32
Invité

Alors, on citait un exemple sur les retraites, les retraites des collectivités. Il va manquer 11 milliards d'euros chaque année à partir de 2030. Oui, mais que veut-on ? Vous allez augmenter votre taux de cotisation. Vous seriez obligés de le faire. Que veut-on ?

12:46
Christian Estrosi

Que veut-on ? Est-ce que l'on veut que les collectivités qui contribuent à 70% à l'investissement public dans notre pays et qui apportent donc des recettes fiscales à l'État, qui créent de l'emploi, qui créent de la croissance, qui créent du PIB, on se prive aussi de cela et qu'on constate à l'arrivée que d'avoir brutalement, de manière uniforme, dit à toutes les collectivités de France, non pas 5 milliards, comme vous l'indiquiez, 6 milliards et demi de coups de rabot. Il y a aussi les fameux

13:17
Présentateur

16 milliards de Bruno Le Maire qui a accusé les collectivités locales d'être responsables du déficit actuel dans lequel se trouve

13:23
Christian Estrosi

la France. Non, mais ça, c'est prendre les collectivités pour des boucs émissaires. Les collectivités, en moyenne, sur les 10 dernières années, c'est environ 5 milliards et en 2024, il y a 11 milliards de plus par la seule Île-de-France. Bon, il s'est peut-être passé des événements en 2024 en Île-de-France, d'accord, mais faire porter à l'ensemble des territoires de France les 11 milliards qu'ont coûté l'Île-de-France sur de la mobilité, sur des aménagements, etc. Voilà. Donc, quelle est votre réponse au gouvernement de Michel Barnier, M. Estrosis ? Ma réponse au gouvernement de Michel Barnier, c'est de dire oui, nous sommes là pour vous accompagner dans cet effort.

Oui, c'est un devoir des collectivités. Et oui, je dis aussi à l'AMF, l'Association des maires de France que moi, je rejette le rejet en bloc que moi, je dis que nous avons à discuter et à choisir une méthode. Je vous prends un exemple, ça peut être d'autres, mais pourquoi dire de manière uniforme le FCTVA, c'est la même chose pour tout le monde, les 1,9% de TVA qu'on enlèverait, c'est pour tout le monde, la réduction de... Donc, vous voulez du cas par cas. Donc, simplement, vous avez des collectivités qui font de la dette sur du fonctionnement et puis vous en avez qui font de l'emprunt pour faire des investissements productifs qui rapportent au contraire et qui ont bien géré.

Donc, moi, je serais plutôt pour une forme de bonus-malus. Ceux qui, quelque part, coûtent effectivement au déficit de l'État doivent payer plus. Ceux qui coûtent moins voilà, parce que privés des écoles, privés des équipements publics, privés des services publics dont des collectivités ont besoin et en plus contribuent à la croissance parce qu'elles créent des emplois, je trouve que ce serait une erreur. D'une phrase s'il vous plaît, monsieur Estrosi. D'une phrase s'il vous plaît. Simplement parce que on a une double dette. On a une dette écologique et on a une dette économique.

Et c'est Mario Draghi qui lui-même disait que, globalement, dans l'Union Européenne, si on n'injecte pas 650 milliards d'euros par an d'ici 2030, nous n'arriverons pas à la neutralité carbone en 2050. Alors, si vous regardez les dix dernières années parce que les gouvernements nous ont dit il faut y aller à fond, les collectivités, elles ont déjà investi près de 44% d'efforts de plus en matière d'écologie. Est-ce qu'on doit arrêter brutalement ceci ou pas ?

Eh bien, je dis que nous avons à réfléchir à ne pas créer une double dette, une dette économique et une dette écologique qui auraient des conséquences dramatiques parce qu'on l'a opéré au plan de la santé publique et au plan aussi de l'environnement.