Discours de Christine Annoot - Européennes 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:02Invité politiqueFait
« Imaginez un pays où le parti au pouvoir mettrait l'essentiel de la machine d'État, des moyens financiers publics et du temps d'antenne télévisé au service de sa propre campagne de réélection. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Ce parti qui gouverne le pays depuis 62 ans a ainsi dire les mêmes dirigeants, les mêmes choix fondamentaux pour les mêmes résultats. »
- 3:57Invité politiqueFait
« L'euro a relancé le chômage. Les acteurs économiques fragiles n'ont pas survécu à la généralisation de la concurrence de plein fouet. »
- 6:06Invité politiqueFait
« L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes : soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit elle recourt à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure. »
- 6:49Invité politiqueFait
« Précisément, en se prononçant le 29 mai 2005 contre le TCE, le Français ont signifié l'exigence d'un changement radical de l'orientation politique. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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Bonsoir Paris. Bonsoir la France libre ! (Acclamations et applaudissements) Super contente d'être avec vous ce soir. Militante de longue date, parce que j'ai toujours eu une certaine idée de la France et de la liberté. J'aime l'engagement non pour le goût du combat mais parce qu'il y a des enjeux qui me tiennent à cœur. J'ai rejoint dès le 25 mars 2007 l'UPR et François Asselineau, que je connais depuis les européennes de 1999. (Acclamations et applaudissements) Élue de proximité, je peux mesurer l'impact de l'UE sur les politiques publiques en matière de choix politique, économique, social et sociétal.
Aussi, ma conviction est que dès lors que l'on oblige à une rupture, le champ du possible s'élargit. Je voudrais saluer tous les militants de France et du monde qui portent la parole et les affiches de François Asselineau et de l'UPR jusque dans les plus petits villages de notre douce France métropolitaine et ultramarine. Je salue enfin... — {François Asselineau :} Bravo ! (Applaudissements) Je salue enfin l'engagement de François Asselineau, qui depuis 12 ans a bousculé le ronron européiste. Merci de l'applaudir ! (Acclamations et applaudissements) Si nous sommes là, c'est que le jeu en vaut vraiment la chandelle, pour l'avenir de la République, pour l'avenir de la France.
Depuis 2005, l'évitement du débat sur l'UE fait loi. La quasi-totalité de la classe politique française a été jusqu'à nous imposer le traité de Lisbonne. Et cela ne l'empêche pas aujourd'hui de nous dire qu'elle veut changer d'Europe, qu'elle veut changer l'Europe. Elle ne manque pas d'air. (Huées et applaudissements) Imaginez un pays où le parti au pouvoir mettrait l'essentiel de la machine d'État, des moyens financiers publics et du temps d'antenne télévisé au service de sa propre campagne de réélection. Imaginez ce même parti expliquer toute la journée à son peuple que son projet incarne le bien absolu et expédier aux oubliettes tous ceux qui s'aventurent à le critiquer.
Imaginez que ce parti qui gouverne le pays depuis 62 ans a ainsi dire les mêmes dirigeants, les mêmes choix fondamentaux pour les mêmes résultats. Et pourtant, vous n'êtes pas dans une fiction de George Orwell. Ce pays, c'est la France de 2019. Ce parti, c'est celui du oui à la soumission. (Huées) Bien loin de nous protéger, l'UE est devenue le chausse-pied d'une mondialisation sans conscience, d'un pays qui sera bientôt cruel pour les peuples qui ont abandonné leur liberté. Oui, il y a 62 ans, le doute était peut-être permis. Il ne l'est plus depuis longtemps. Aux dires de ses zélateurs, la construction européenne voulait prétendre incarner l'espoir.
Elle est désormais la menace, au point qu'un européiste aussi indiscutable que Jacques Delors a pu dire que si l'Europe se mêlait de politique sociale, ce ne serait pas un progrès mais une régression. L'avenir de nos enfants, donc, mérite mieux qu'un avenir imposé par des hommes politiques – ou des femmes politiques – qui enfilent des phrases creuses en disant : « En avant, en avant ! », sans nous dire où il faut aller avec tant de détermination. Et une fois de plus, ils nous font le coup du sens de l'Histoire sans savoir l'histoire qu'ils font. Non, l'UE n'est pas comme on aimerait à le faire croire l'aimable jubilé de la paix et de l'amitié entre les peuples européens.
Non, l'UE n'est pas ce pays des merveilles tant vanté pour nous faire passer le pont. L'euro a relancé le chômage. Les acteurs économiques fragiles n'ont pas survécu à la généralisation de la concurrence de plein fouet. Seuls les grands prédateurs du nouveau capitalisme et les champions de la délocalisation en sont les grands profiteurs. La construction européenne, c'est la construction des hyper-profits et des hyper-élites. Depuis plus de 200 ans, la France, avec la république, s'est donné un modèle social particulièrement ambitieux. Le général de Gaulle affirmait : « La République doit avoir les moyens, du pouvoir correspondant à ses responsabilités ».
C'est ainsi et c'est pourquoi le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il a restauré la République, il a rendu la collectivité nationale propriétaire d'un certain nombre de grandes entreprises, lui permettant d'être davantage maîtresse de sa liberté, de son destin. (Acclamations et applaudissements) Déjà dans la Déclaration de 1789 sont définies les grandes libertés fondamentales. Et on s'aperçoit que celles-ci comprennent aussi bien l'instruction publique que les transports publics, parce que les services publics sont justement censés garantir à tous les citoyens l'exercice de toutes les libertés humaines. Non, la République n'est pas un mythe, mais bien justement une histoire.
Et l'UE, c'est justement le moyen d'en finir avec la République, parce qu'en abandonnant aux intérêts privés des pans entiers de la richesse nationale, l'État ne dispose plus des moyens économiques pour remplir les objectifs qui sont ceux de la République. Il est donc devenu incapable d'assurer l'avenir de la Nation. Dans le même temps, la démocratie elle-même tourne à vide. La démocratie n'est pas éternelle. La démocratie est fragile. En la croyant invulnérable, nous sommes aujourd'hui en train de la laisser se perdre.
(Applaudissements) Je vais peut-être pas faire plaisir à François Asselineau, mais je voudrais rappeler les paroles prémonitoires de Pierre Mendès France contre la ratification du traité de Rome.
Il disait que l'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes : soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit elle recourt à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance publique, car au nom d'une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, une politique budgétaire, une politique sociale, finalement une politique au sens le plus large, nationale et internationale. C'est ce qui nous arrive aujourd'hui.
Précisément, en se prononçant le 29 mai 2005 contre le TCE, le Français ont signifié l'exigence d'un changement radical de l'orientation politique. Ne renonçons pas à la France au nom de l'Europe, ni à l'idéal républicain au nom du libéralisme. C'est pourtant la voie qui a été suivie, dont nous payons aujourd'hui le prix fort. Jamais sans doute l'appel à plus de république n'a-t-il été aussi fort. L'heure est venue d'y répondre et de reprendre notre destin en main, enfin affranchis de l'électoralisme à vue de l'actuelle démocratie d'opinion.
28 semaines de Gilets jaunes sont là pour attester de cette volonté de participer au débat public et de se débarrasser d'une classe politique qui ne représente plus personne, qu'elle-même. (Acclamations et applaudissements) Et parce que nous sommes prêts aux sacrifices nécessaires, pourvu que ce soit dans la plus stricte conformité de notre idéal républicain de liberté politique, d'égalité sociale et de fraternité juste dans l'organisation de notre économie, nous devons répondre massivement à l'appel de la France et à l'appel de la République avec une énergie qui surprendra de nouveau le monde.
Parce que nous aurons convaincu les indécis, parce que nous aurons rassuré les inquiets, parce que nous aurons conforté les convaincus, parce que nous aurons mobilisé les égarés, donnons-nous l'assurance d'envoyer le 26 mai à Strasbourg des députés « Ensemble pour le Frexit » : députés qui seront la voix du peuple français pour rétablir la démocratie, pour rendre le pouvoir aux citoyens et aux élus, pour libérer la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Vive la République, vive la France libre ! (Acclamations et applaudissements)
François Asselineau