Budget 2026 : un accord est-il possible ? | Parlement Hebdo - 24/10/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, ravie de vous retrouver dans ce nouveau numéro de "Parlement hebdo". - Comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, c'est Laurence Garnier qui nous accompagne face à Hadrien Clouet. - A la, cette semaine, la course contre la montre pour le budget. 70 jours pour le voter.
Le débat continue. On reviendra sur les points chauds. Trois jours après le cambriolage spectaculaire du Louvre, la directrice du musée a été entendue par la commission de la culture du Sénat pour s'expliquer sur ce fiasco qui a fait le tour du monde. - D'abord, le budget 2026.
Et d'un examen sous haute tension à l'Assemblée nationale. -Il faut essayer de prendre le rythme dès le début. - Après trois jours et trois soirs de travail, les députés sont arrivés au bout de l'examen du budget à deux heures du matin ce jeudi.
Première étape de cette course contre la montre budgétaire. La commission des finances a fait en sorte de trouver des compromis. Mais chacun campe sur ses choix..
Le PS a échoué à faire monter la taxe Zucman. - Comment vous n'allez pas taxer les biens professionnels ? Sur la fiscalité des plus riches, il n'y aura pas de retour de l'ISF, pas de hausse de la flat tax.
Mais les députés ont largement rejeté des mesures emblématiques du budget de Sébastien Lecornu. Ils ont dit non à la fin de l'abaissement de 10 % sur les retraites. Ils ont aussi dit non à la hausse des taxes sur les biocarburants et à l'imposition des indemnités pour les maladies longues durées. - Vous allez dire aux malades du cancer qu'ils vont maintenant payer des impôts ?
C'est une honte. - Moins d'impôts c'est autant de recettes en moins pour le budget de l'Etat, ce qui donne des surcroîts aux députés du bloc central. - Nous sommes en train d'enchaîner les chèques en blanc.
On va faire comment pour financer ça ? - Il y a beaucoup à faire. Le budget actuel n'est pas crédible. - Monsieur budget Lecornu pourtant retouché ne convient à personne ou presque. - 37 contre. - Seul Ensemble pour la République a voté pour.
Les 560 débutés au complet se retrouvent dans l'hémicycle ce vendredi. - Voilà pour cette première étape. Hadrien Clouet, le débat se poursuit.
On a l'impression que la discussion est difficile. Discuter pour finir par un rejet. Est-ce qu'un compromis est possible au bout du chemin ? - On est dans une contradiction qui a quelques semaines.
Le Gouvernement est tenu par les macronistes qui perdent toutes les élections. Il est bloqué non pas par le fait du parlement mais par Emmanuel Macron qui nomme tous ses proches au poste de commande. Rappelons-nous que l'année dernière...
Les députés avaient réécrit les projets budgétaires du Gouvernement. Ils avaient même adopté et envoyé cela au Sénat. On est en capacité de créer des budgets.
Là, le problème ce n'est pas ce qu'on ait voté mais que le projet lui-même est un projet de privilégiés fiscaux. Il y a du support pour la macronie surtout. Le RN a défendu les privilèges fiscaux. - Il a été dit que c'était un projet patchwork.
Est-ce que ce n'est pas la limite du parlementarisme de redonner la main aux parlementaires, ça échoue ? On ets au bout de l'exercice. Effectivement, on a un président de la République qui n'a jamais été aussi faible dans la représentation parlementaire. - Vous êtes d'accord sur ce point, au moins. - Tout à fait.
Et un Premier ministre qui a fait le pari risqué de se priver de la seule arme institutionnelle qui lui permettrait de faire passer le budget, le 49.3. Je pense que ni l'un ni l'autre nous nous retrouvons dans le budget tel qu'il a été préparé par les députés de la commission des finances et, finalement, très largement rejeté.
Au Sénat, on a l'habitude de faire un travail consensuel dans l'intérêt des Français, du pays ça reste l'intérêt du pays que notre pays ait un budget pour l'année prochaine. Pour autant, le consensus n'est pas tenable à n'importe quel prix surtout pas à celui du manque de clarté. Je regardais les travaux des députés, c'est la foire.
Ca part dans tous les sens. C'est très incohérent. Je ne vois pas comment on pourrait y arriver en état. - Est-ce que c'est responsable de proposer autant de taxes ? - On parle de quatre ou cinq impôts sur les 1000 plus riches du pays.
Je n'appelle pas ça la foire aux taxes. Ceux qui ont un gros patrimoine doivent payer plus d'impôts. Sinon, c'est le reste qui les payera.
Les revenus patrimoniaux génèrent 6 à 7 % par an en plus pour ceux qui les détiennent. Demander un impôt à 2 %, c'est la moindre des choses. Plus on est riche, plus il faut payer d'impôts. - J'essaie d'écouter les arguments de ceux qui pensent différemment.
Pour autant, on est dans le pays qui est déjà parmi les plus taxés au monde. La dépense publique dans notre pays est 57 % de plus dans notre pays. Si ça marchait, ça se saurait.
On a des services publics qui sont fragilisés. Regardez nos hôpitaux, notre système de santé...
Si c'était du taxer, imposer toujours plus pour garantir des bons services, ça se saurait. Vous me dîtes que ce n'est pas la foire aux taxes, je vois des volontés de taxer les produits de luxe, ceux qui voudraient remporter des trophées de chasse...
Ca va dans tous les sens. J'ai entendu des députés LFI vouloir augmenter des droits de douane sur les produits qui arrivent d'Israël. - Vous allez répondre. - Plusieurs éléments sont intéressants.
D'abord, vous me dîtes que dans les dépenses publiques dans le PIB plus élevé. Oui, en France on a des crèches publiques. Les services sont les mêmes mais dans les comptes publics, c'est plus élevé. - Ca ne marche pas.
L'impôt n'est pas forcément efficace pour améliorer... - On pourrait comparer avec d'autres pays qui sont en développement où les gens ont une espérence de vie de 40 ans. - Je ne dis pas ça. - L'argument est réversible.
S'il est réversible, il a pas de portée concrète. On peut aussi poser la question non pas des recettes mais des dépenses. Est-il normal que tous les ans il y a 240 milliards d'euros versés aux entreprises ? - Continuons. - Ce n'est pas normal. - Continuons sur les dépenses des mesures.
Les députés ont voté les rabattements...
Est-ce que les retraités doivent être particulièrement contributifs cette année ou faut-il les épargner ? C'est un sujet sensible. - Je pense que c'est une question d'équilibre à tenir.
On voit aujourd'hui qu'on a trop de dépenses publiques. On a trop de dettes publiques. C'est un vrai problème.
Certains voudraient nous faire croire que non. La question est celle du remboursement de la dette. Dans deux ans, la totalité de l'impôt sur le revenu ne suffira plus à payer les intérêts de la dette.
Oui, il faut faire des efforts et tout le monde devrait le faire. - Y compris les retraités ? - Il y a déjà des efforts qui sont faits par les retraités au travers de l'année blanche qui ne verra pas l'indexation des retraites sur l'inflation.
On peut essayer de réfléchir à des schémas équilibrés. On répartit de manière intelligente l'effort à fournir. Ca ne sert à rien de promettre tout français.
Il faudra qu'on fasse tous des efforts. Les retraités vont le faire au travers de l'indexation. L'abattement en plus, je ne pense pas que ce soit une manière équilibrée. - Est-ce qu'ils doivent participer davantage ? - Les retraités, c'est comme tous.
Il y en a des riches, des moins riches. Il n'est pas question d'avoir une double peine car vous êtes retraités. D'où vient l'abattement, il est écrit car il y avait un sous remboursement des frais de santé pour les personnes à la retraite.
On a trouvé cette solution pour les épargnants types. Le budget présenté aujourd'hui c'est une année blanche, ça veut dire que l'inflation n'est pas représentée sur les retraites. Ca fait 200 EUR par an. -C'est pas tant. -Allez dire ça aux retraites.
En plus, certains vont prendre encore 200 EUR en moins. Pendant ce temps, on met à contribution des gens qui ont cotisé des décennies alors que les grandes fortunes ne payent rien. -Une question sur la taxe Zucman.
La gauche voulait ajouter par voie d'amendement mais elle n'a pas été ajoutée. Cela pourrait représenter jusqu'à 25 milliards de nouvelles retraites selon les promoteurs de cette taxe. Pourquoi s'en priver ? -Vous avez raison de préciser selon les promoteurs de cette taxe.
Les estimations sont très différentes. Certains ne parlent que de quatre ou 5 milliards. En tout état de cause.
On a aujourd'hui une difficulté lorsqu'on dit qu'on veut taxer les revenus professionnels et personnels. Vous avez du mistral. Le géant de l'intelligence artificielle.
Il expliquait que la valorisation des actions commerciales, il ne pouvait pas en faire une grande personnel et encore moins payer des impôts dessus. Ce qu'il faut dire clairement ce qu'on ne peut pas s'y prendre mieux - Est-ce que vous pourriez voter une forme de taxe Zucman sur des entreprises qui sont côté ? - On a besoin de clarté.
Le travail des LR et de s'opposer à toute augmentation de taxes, d'impôts...
La foire aux taxes parce qu'il faut qu'on s'occupe des dépenses. On a un sujet colossal car personne ne veut voir la réduction des dépenses. Commençons par réduire et après on verra ce qu'il faut augmenter.
Comment on peut penser qu'on peut voter un budget dans les temps ? - Quand il y a un blocage politique, il y a toujours la demande populaire. Vous dites, ce serait moins de 25 milliards.
Je veux bien...
Les biens professionnels, il faut les intégrer car ils échappent à l'impôt. On prend l'exemple de Mistral, il ne peut pas payer car il ne touche pas un revenu, on peut payer un impôt en nature, par action, les donner à l'état. L'entreprise est plus stable car une petite partie est propriété de l'Etat. - Si vous enlevez les biens professionnels... - Personne ne fait ça. - Ce n'est peut-être pas une idée si géniale que ça et les entreprises iront voir ailleurs.
Je vous parle de la taxe Zucman. Personne ne la mise en oeuvre. - Elle a été inventée il y a un an, forcément. - On va faire fuir nos chèvres nos chefs d'entreprise.
Ils créent de l'emploi, de la richesse. Pour redistribuer, c'est essentiel, notre nation est redistributive, il faut créer la richesse. On fait fuir la richesse et on n'y arrivera pas. - Je ne crois pas qu'un dirigeant suis car l'Etat à 0,5 % de taxation sur les entreprises.
Je n'y crois pas. Beaucoup de ces dirigeants le comprennent. Certains disaient que ça les sécurisait de payer en nature des impôts de la taxe Zucman car l'Etat aura quelques pourcentages et ça maintient la valeur boursière de l'ensemble des actifs.
C'est une bonne chose pour tout le monde. Ceux qui partent, c'est des traîtres à la patrie. - On ne vous mettra pas d'accord.
On poursuit. - Juste un tout petit point, vous dîtes que les gens vont partir, mais on peut faire comme les Etats-Unis. Il n'y a pas de raison que parce qu'il quittent le pays, ils ne paient pas. - La taxe sur les GAFAM quand on fait ce genre de choses, ces entreprises nous expliquent que ces géants répercutent directement l'intégralité de la taxe.
On pénalise nos entreprises françaises. - Ce que vous défendez... - Le débat continuera.
On passe au deuxième thème, le vol au Louvre. C'était dimanche dernier, la directrice du musée s'est exprimée mercredi devant les sénateurs. Elle a appelé à l'installation d'un commissariat de police à l'intérieur du musée. - Une blessure immense.
C'est en ces termes que la présidente et directrice du musée du Louvre a qualifié le cambriolage des joyaux de la couronne de France. Devant les sénateurs, alle a voulu défendre son action. - Je n'ai cessé depuis ma prise en fonction d'attirer notre attention sur notre tutelle, sur les dégradations du musée. - Malgré ces alertes, le plus grand musée du monde présente d'importantes failles de sécurité, a reconnu la directrice, en particulier en matière de vidéosurveillance. - Le parc est très insuffisant.
Ca ne couvre pas toutes les façades du Louvre. Malheureusement, du côté des galeries d'Apollon, une seule caméra est posée du côté ouest et ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction. - Un peu plus tôt, lors des questions Gouvernement, la ministre de la Culture avait nié toute défaillance du système de sécurité du musée. - Est-ce que les dispositifs de sécurité interne au musée du Louvre, comme je le dis depuis dimanche ont fonctionné ?
Oui. Est-ce que les alarmes ont fonctionné Oui. Est-ce que les agents ont respecté le protocole de sécurité et de sûreté ?
Et la mise à l'abri des auditeurs ? Oui. C'est un succès ?
Non. - La directrice a défendu le plan Nouvelle renaissance du Louvre annoncé par Emmanuel Macron en juillet dernier. Il comporte d'importants travaux. - Est-ce qu'il n'y avait pas moyen d'accélérer le renouvellement de défaillance ?
La question demeure ce soir. - Devant la multiplication des cambriolages dans les musées français, il y a un fonds d'urgence pour améliorer la sécurité dans le cas de projet de loi de finances. - Dans cette affaire, chacun se renvoie la responsabilité, qui est responsable, on a du mal à savoir.
Est-ce que la ministre de la Culture Rachida Dati doit être auditionné ? - Elle va l'être la semaine prochaine. C'est une bonne chose.
Il y a eu des défaillances. Je vois mal comment on peut expliquer aux Français que tout s'est bien passé, que tout a fonctionné... - Défaillance politique ? - Une Commission d'enquête va être créée à l'Assemblée nationale.
Il faudra déterminer les défaillances, les fautes ou les erreurs et de qui elles relèvent de quoi elles relèvent. Des difficultés de réseau, de son calibrage de réseau électrique pour avoir un dispositif de vidéo complet. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas mettre des têtes au bout des piques, il faut que lors des auditions, j'étais présente à l'audition de la présidente du Louvre au Sénat, il faut faire que ça n'arrive plus. - C'est le rôle des parlementaires. - Ca c'était épouvantablement passé.
Les JO se sont bien passés. Il faut aller au bout du travail pour savoir ce qui a mal fonctionné. - Commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur cette affaire pour évaluer les défaillances ? - Il n'y a jamais eu de problème à mener une enquête sur une défaillance.
On parle de 8 objets volé en cinq minutes. On est dans un moment, on ne peut parler de cette situation sans rappeler que le budget retient des millions d'euros au Louvre. Il vient larmoyant en disant que dans une seule sur trois il n'y a pas de caméras de surveillance, et que depuis 10 ans on a supprimé 25 % des postes d'accueil, surveillance et en magasin.
Et on s'étonne que les monuments n'aient plus les moyens d'assurer leur sûreté. Le musée d'histoire naturelle a été aussi victime de vol. - A Limoges aussi. - Non pas que les gens ne font pas leur boulot. - Abandonnés par l'Etat. - Les gens font leur boulot.
Vous avez un exemple concret. Tant qu'on ne fait pas payer des impôts justes ou plus aisés aux personnes riches de ce pays... - Y a-t-il une défaillance de la part des parlementaires ?
Vous n'avez pas voté ces budgets à la hauteur. - On peut faire tous les exercices intellectuels mais les premières responsables, ce sont les cambrioleurs. La sécurisation du Louvre est de la responsabilité de la directrice du Louvre.
Si vous voulez, on peut tout raconter. Il y a des budgets qui sont difficiles car il n'y a plus d'argent dans les caisses du pays. Quand on est dans cette situation, on priorise.
Le musée du Louvre doit prioriser la sécurisation...
Les auditions vont nous permettre d'y voir clair sur ce sujet. - La présidente du Louvre a parlé d'installer un commissariat de police au sein du musée. C'est une bonne idée ?
Vous validez cette idée ? - Je ne suis pas directrice de musée donc j'ai un peu de mal à prendre une décision. Il y a une émotion nationale, qui est intéressante et qui dit beaucoup de l'attachement des Français à leur patrimoine.
Tout ce qui pourra permettre une sécurisation dans de bonnes conditions de notre patrimoine, doit être étudié. - Des policiers au musée du Louvre, ça changerait quelque chose ? - Ca dépend qui paye.
Si vous ajoutez 10 agents de police et vous en retirez 10 de surveillance, ça sert à rien. Il faut écouter les syndicats de la culture qui tire l'alerte sur le budget de la sécurité. On voit bien que petite coupe par ici, par là, on finit par des désastres. 5 millions de moins par an chaque année, ce serait des postes... - Un plan avait été prévu.
Il prévoyait 80 millions d'euros pour la sécurisation des sites. Pourquoi ça a tardé ? - Encore une fois, les auditions permettront d'y voir clair. - On a voulu améliorer et augmenter le nombre de touristes dans le musée, on a vu les choses à l'envers. - Il y a une question de priorité qu'il faudra regarder de près.
On est dans un budget qui est contraint. Le budget de la culture est contraint de l'ensemble des politiques publiques de l'Etat, ils seront tous contraints au budget 2026. On ne peut pas continuer à dépenser toujours plus.
J'entends, Hadrien Clouet, que votre remède miracle est de taxer plus. Je suis favorable à l'impôt et beaucoup de Français payent leurs impôts en se disant qu'il le paie justement pour alimenter...
On ne peut pas continuer avec cette folie fiscale qui fait de notre pays un des plus taxés d'Europe. Si ça marchait bien, après tout, ce serait une ligne contre une autre. Ca ne marche pas.
Regardez l'état des hôpitaux français. Regardez l'état de l'école. Il faut qu'on s'attache à réduire les dépenses publiques sans réduire la qualité du service pour nos concitoyens.
A l'hôpital, 35 % du personnel administratif...
Il faut plus de soignants. - Le problème de l'hôpital, c'est le personnel de l'hôpital. Non, il y a des coupes budgétaires depuis 15 ans.
Ca fait 15 ans que la droite nous explique que les riches paient trop d'impôts, il paient moins que les classes moyennes. On ferme des classes, enfin des lits...
C'est la réalité. - C'est le mot de la fin. On se quitte là. - A la semaine prochaine.
Hadrien Clouet