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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 octobre 2021 26 min

Référendum en Nouvelle-Calédonie, Covid-19 en Martinique... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Lecornu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Lecornu. Bonjour, merci de m'accueillir. On va parler tout à l'heure avec vous des deux gros dossiers qui vous occupent en ce moment. La crise sanitaire tout d'abord en Outre-mer et puis le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui approche puisqu'il est prévu dans le mois de décembre. D'abord la campagne présidentielle à six mois du scrutin vous décrit souvent comme l'un des ministres les plus proches d'Emmanuel Macron. Je vois que ça vous fait sourire. Vous oeuvrez en tout cas en coulisses à sa réélection. Est-ce que vous êtes tout simplement son futur directeur de campagne ?

0:33
Sébastien Lecornu

Je n'oeuvre pas en coulisses. Oui, je soutiens l'action du président de la République. Et s'il choisissait d'être de nouveau candidat, je ferais tout pour qu'il soit réélu parce que j'estime que c'est ce qu'il y a de mieux pour mon pays. Moi je n'avais pas voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle en 2017. Vous aviez voté pour qui ? Rappelez-vous pour qui j'étais à la fois le directeur adjoint de campagne à l'époque et en même temps derrière le grand déçu. Mais ça c'est un autre aspect des choses. Non, moi je fais partie de cette recomposition politique avec Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Larmanin, Thierry Solaire et tant d'autres.

Où en 2017 on a fait ce choix de se dire que... Non, j'ai dit que vous n'aviez pas voté Bruno Le Maire. A la primaire, si, mais il ne nous a pas échappé. Et après François Fillon, plutôt l'action présidentielle. Non, donc je fais partie de celles et ceux qui ont cru à cette recomposition politique. Et je fais partie de ceux désormais qui considèrent que le compte est là, que le compte est bon. Et notamment avec des crises terribles que nous avons connues. Donc après, le commentateur commande sur les affaires de campagne, pour qu'il faut qu'il soit candidat.

La réalité c'est que je suis effectivement un élu local, un politique et que j'entends bien, je le revendique, et que j'entends bien évidemment faire campagne s'il devait être candidat.

1:33
Présentateur

Alors s'il devait être candidat, ce serait un deuxième mandat. Pourquoi Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il sera juste là pour nous dire, je ferai dans mon deuxième mandat ce que je n'ai pas eu le temps de faire ? Non. Lors du premier, la dépendance, les retraites, parce que les crises sont passées par là ?

1:44
Sébastien Lecornu

Mais déjà, les crises sont passées par là, et je pense que les Français sont plutôt reconnaissants de la merde dont ça s'est passé. Qui d'autre aurait mieux fait que lui ? Ça me paraît peut-être un peu arrogant que de présenter des choses comme ça. Vous pensez que personne n'aurait fait mieux que lui ? Non, mais je pense que c'est bien aussi de regarder le bilan pour ce qu'il est. Moi j'ai organisé le grand débat national à ses côtés pendant la crise des Gilets jaunes. Beaucoup de personnes se planquaient sous la table parmi la classe politique. Il était le contact directement de la population et des maires. Il est président de la République, c'est bien normal, mais il l'a fait.

La crise Covid, elle est particulièrement violente. On en reparlera dans un instant, elle continue de sévir en plus en Outre-mer. Et d'ailleurs, ça appelle beaucoup de vigilance encore dans l'hexagone. L'État a tenu, et on peut se comparer pour le coup avec d'autres pays dans le monde. Donc, pas d'arrogance en disant qu'on est les seuls à savoir gérer une crise. Mais en tout cas, on a su la gérer, me semble-t-il, avec évidemment des hauts débats, des imperfections, comme chacun peut le savoir. En revanche, il y a un enjeu de transformation du pays.

Je crois que le cap qui a été donné sur France 2030 est intéressant, sur la réindustrialisation de la France, sur le mix énergétique, sur notre capacité à ne pas perdre pied sur la scène internationale. Il y aura des sujets importants, et la campagne présidentielle, qu'il soit candidat ou non, et les autres candidats aussi devront traiter ces sujets-là, parce que les Français sont en demande de réponse.

2:53
Invité

Non, Emmanuel Macron, vous avez un doute qu'il soit candidat ou non ?

2:55
Sébastien Lecornu

C'est toujours une décision très personnelle, et au fond, je pense que ça lui appartient à lui seul. Et ce n'est pas de la langue de bois, ce n'est pas une facilité. Non, parce que c'est une affaire... Je suis assez... Regardez, même Éric Zemmour, dont ça semble être un secret de Paul Huchinelle, il ne l'a pas toujours déclaré, parce qu'il estime que c'est à lui de le faire au bon moment. Et vous avez un doute sur Zemmour aussi ? Mais laissons-leur le temps et le choix de le dire au moment où bon leur semblera. C'est ni le boulot des journalistes, et encore moins le boulot des ministres.

3:21
Invité

Sauf qu'en coulisses, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, vous vous activez, Sébastien Lecornu, vous créez des comités de soutien pour la réélection d'Emmanuel Macron sur le territoire. Il y en a un peu plus de 200 aujourd'hui. À quoi ils vont servir ces comités ?

3:35
Sébastien Lecornu

En fait, ils sont créés parce que beaucoup, beaucoup de collègues élus souhaitent bouger, et qu'il fallait commencer à organiser un tout petit peu les choses pour éviter que cette énergie soit un peu perdue un peu partout. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de caricatures de fait pendant le quinquennat sur la relation entre le président de la République et les maires. Et là aussi, on voit qu'il y a un bilan. Je ne suis peut-être pas complètement objectif, parce que j'étais ministre en charge des collectivités locales. Mais j'ai la faible zone. C'est bien de leur connaître. Et puis je le porterai, ce bilan.

Et de fait, beaucoup de collègues maires, présents de départements, présents de régions, que sais-je, pensent que pour le coup, le moment est venu de s'engager, s'ils devaient être de nouveaux candidats, et puis même d'ailleurs pour porter le bilan en matière territoriale.

4:13
Invité

Et le but, c'est de rallier aussi de nouveaux élus de droite, par exemple, à la cause d'Emmanuel Macron ?

4:18
Sébastien Lecornu

En tout cas, non, de droite comme de gauche. Il y en a aussi de gauche qui viennent. Oui, bien sûr. Le but aussi, vous savez, depuis le long cumul des mandats... Ça a l'air d'être une évidence, mais on ne sait pas, nous. Parce qu'on regarde toujours les grandes communes, mais en plus, il faut regarder l'ensemble du réseau des élus locaux. Vous savez, depuis le long cumul des mandats, les maires sont de moins en moins affiliés à des formations politiques.

Donc, c'est un royaume des divers droites, des divers gauches, des divers centres, avec des gens qui sont très très libres et autonomes dans leur manière d'aborder cette élection présidentielle, d'aborder aussi leur capacité à parrainer un candidat à l'élection présidentielle. Et donc, je pense qu'il faut organiser, en tout cas réfléchir à une campagne aussi qui serait, s'il y a campagne, très éloignée des formations politiques traditionnelles, et donc aussi permettre cette relation directe avec les Français, et donc aussi avec leurs élus locaux.

5:04
Présentateur

Votre collègue ministre des Affaires européennes Clément Beaune avait eu il y a quelques mois une formule assez étonnante pour décrire ce que devait être la campagne d'Emmanuel Macron s'il était candidat à un deuxième mandat. Il avait dit, je cite, il nous faudra incarner le camp de la République, de la raison et de l'équilibre. Est-ce à dire que les autres candidats, dont certains, vous connaissez très bien, les Xavier Bertrand, les Valérie Pécresse, les Yannick Jadot, ne sont pas des candidats de la raison ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Il faut poser la question à Clément Beaune. C'est un peu étonnant de renvoyer ses adversaires d'un côté de l'irrationnel.

5:32
Sébastien Lecornu

Ce que, à mon avis, le collègue Clément Beaune aussi a souhaité dire, c'est qu'il y a eu quand même de grands moments d'irrationalité, on l'a vu, sur un certain nombre de sujets. La crise des Gilets jaunes, elle démarre sur un terrain social, sur un terrain politique. On arrive à la comprendre, on la regarde chaque samedi au mois de décembre. On voit bien qu'elle vire davantage sur une crise de l'ordre public et un des règlements en tant que tel, et que ce n'était plus rationnel. Pareil pour le rapport à la vaccination. Avoir des questions sur le vaccin, s'opposer même, d'ailleurs, à une politique publique vaccinale est une chose.

Commencer à raconter n'importe quoi et relayer un certain nombre de fake news ou de fausses informations sur la vaccination en être une autre. Et que, dans ce moment de société, les candidats à l'élection présidentielle, les familles politiques, doivent faire un pari cartésien de revenir aussi à une pédagogie rationnelle, mais ce que, d'ailleurs, France Info cherche à faire aussi, en objectivant les choses, en donnant la parole aux uns et aux autres, etc. C'est une bonne chose. Et ça, je pense que Clément Beaune a eu raison de le faire. Quant au pari de la République, pardon, c'est un système de valeurs dont il appartient à chaque candidat de démontrer qu'il y est attaché.

Voilà, et ça, je pense qu'aussi, on en sera amené à revenir dans les semaines qui viennent.

6:33
Présentateur

Une toute petite pause, Sébastien Lecornu, le temps du fil Info, à 8h40, avec Mélanie Delaunay.

6:38
Invité

L'IHU de Marseille confirme des antibiotiques ont bien été administrés contre la tuberculose sans l'aval de l'agence du médicament. Enquête interne après les révélations de Mediapart. De son côté, la NSM saisit le procureur ait vu une inspection à l'Institut Hospitalo-Universitaire dirigée par le professeur Raoult. Deux navires anglais verbalisés en bête scène hier prémisse de ce qui risque de se généraliser. Dès mardi, la France menace de ne plus laisser débarquer les bateaux de pêche britanniques dans les ports français afin d'obtenir davantage de licences. Pour nos pêcheurs, la ministre de la Mer demande ce matin à la Commission européenne de faire pression sur Londres.

Un an de prison ferme pour un homme qui se faisait passer pour le neveu de Brigitte Macron afin de profiter d'événements et de séjours dans des hôtels de luxe. Cet usurpateur avait déjà été condamné une quinzaine de fois pour des faits similaires. Pas de vainqueur à l'issue du match de la troisième journée de Ligue 1 rejoué hier entre Marseille et Nice. Un but partout, c'est donc Lens qui reste le dauphin du Paris Saint-Germain. France Info

7:43
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

7:48
Invité

Toujours avec Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mer. La Nouvelle-Calédonie devrait voter le 12 décembre pour ou contre son indépendance alors qu'elle fait face aujourd'hui à une résurgence de l'épidémie de Covid et un reconfinement. Est-ce que le référendum aura vraiment lieu à cette date ?

8:03
Sébastien Lecornu

C'est la date qui a été choisie avant l'été parce que les indépendantistes ont demandé les élus du Congrès indépendantistes ont demandé l'organisation de ce référendum et donc nous sommes tenus de l'organiser entre fin 2021 et la fin de l'année 2022 sachant que ce référendum ne peut pas avoir lieu pendant l'élection présidentielle.

8:20
Présentateur

Les mêmes indépendantistes aujourd'hui disent qu'ils n'iront pas voter le 12 décembre et ils vous demandent de le reporter.

8:25
Sébastien Lecornu

Les mêmes indépendantistes étaient déjà contre la date du 12 décembre et nous demandaient déjà, avant la crise Covid, de le reporter. La réponse est claire.

8:32
Présentateur

Aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie est confinée

8:35
Sébastien Lecornu

et qu'on ne peut pas faire qu'en vacances. Elle n'est pas confinée complètement, au contraire, un déconfinement. Il y a des couvre-feux le soir, mais les restaurants sont rouverts, le pass sanitaire fonctionne. Là-bas, un choix de vaccination a été fait différemment parce que la Polynésie française et les Nouvelles-Calédonies sont compétents en matière sanitaire. Les gouvernements locaux ont décidé, notamment en Nouvelle-Calédonie, de l'obligation vaccinale. Non, le référendum, de toute façon, on doit l'organiser puisqu'il a été demandé. Maintenant, c'est seul sur des critères sanitaires que nous pouvons établir si nous pouvons le maintenir ou pas le 12 décembre prochain.

Depuis quelques jours, nous avons un plateau sur le taux d'incidence. Le taux d'incidence a vraiment considérablement diminué ces 15 derniers jours. Mais il est clair qu'il est trop tôt, malheureusement, pour avoir une projection sanitaire fine qui nous permet d'établir si le 12 décembre, peut-être maintenant ou pas. Mais je l'ai déjà dit, dans une démocratie, on tient ses élections à l'heure. Le principe, c'est qu'il a lieu le 12 décembre. L'exception, c'est qu'il doit être reporté. Et moi, j'appelle les familles indépendantistes à ne pas s'écarter de ce seul baromètre sanitaire, ce que je vois bien dans les différentes... Il s'appelle le bruit pot,

9:34
Invité

là, aujourd'hui.

9:35
Sébastien Lecornu

Mais ça, c'est de la terminologie politique. Ce n'est pas une discussion technique, sanitaire, objective. Dans une démocratie, un des deux camps, ce que les loyalistes, eux, demandent à ce que ça a eu le 12 décembre. Donc, l'État est neutre dans l'organisation de cette affaire. On ne peut pas, parce qu'un des deux camps demanderait à changer la date, dire, oui, tiens, sur un bout de table, je choisis un changement de date. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut l'objectiver pour de bonnes raisons. Je vous rappelle que c'est un processus de décolonisation, encore, au sens juridique du terme, encadré par les Nations Unies.

Je sais, quand on écoute sa radio le matin dans l'Hexagone et qu'on parle de processus de décolonisation de 2021, ça fait un peu bizarre. Mais c'est encore un processus complètement extraordinaire qui sort de toute forme d'ordinaire et donc on ne change pas la date comme cela.

10:16
Présentateur

L'État est neutre. Ça veut dire qu'Emmanuel Macron, par exemple, ne lançera pas un appel à un moment pour que la Nouvelle-Calédonie reste française.

10:22
Sébastien Lecornu

En fait, il faut reprendre nos cours de droit ou le cas échéant d'instructions civiques. Le gouvernement de la République, le Parlement peut exprimer des préférences. L'État comme organisation est neutre. Quand le préfet organise les élections municipales, le préfet dit pas aux électeurs « J'aimerais plutôt que Marcel, plutôt que Josiane, soit maire. » Donc l'État reste neutre. C'est que ce serait mal pris si le président s'exprime. Les Nations Unies, comme une partie du corps électoral, quel qu'il soit, auraient du mal à comprendre que nous nous détachions de ça parce que c'est un processus d'écolonisation.

Néanmoins, si la question est de dire « Est-ce qu'Emmanuel Macron a déjà dit où est-ce que son cœur était ? » Il l'a fait au théâtre de Nouméa lors de son discours en disant que la France ne serait plus la France dans la Nouvelle-Calédonie. Néanmoins, pardon, une fois qu'on a dit ça, ça ne règle pas le problème que vous avez une population qui se déchire sur le caillou, il faut dire les choses telles qu'elles sont, sur son appartenance à la République et c'est ça qu'il faut arriver à traiter.

11:10
Présentateur

Ce processus a été lancé il y a très longtemps lorsque Michel Rocard était à Matignon.

11:14
Sébastien Lecornu

Il y a eu 2 votes récents

11:17
Présentateur

par 2 fois la population a rejeté l'indépendance mais la dernière fois lors du prochain vote cette fois la population vote pour l'indépendance. On coupera le cordon définitivement ou on re-votera encore une fois.

11:31
Sébastien Lecornu

L'accord de Nouméa tel qu'il a été signé en 1998 et merci de me permettre de le redire parce que ce n'est pas nous qui l'avons imaginé et maintenant certains qui l'ont soit voté soit signé parfois oublient son contenu si le oui l'emporte la pleine souveraineté de Kanaki indépendante sera proclamée. Nous y sommes tenus c'est l'accord de Nouméa en 1998. Inversement, si le non l'emporte une troisième fois la Nouvelle-Calédonie sera maintenue dans la République sans pour autant que ça n'éteigne un certain nombre de contestations politiques d'une part mais aussi le processus de décolonisation d'autre part. Ça reste un chantier complexe.

12:00
Présentateur

Et si l'indépendance l'emporte, la France, la métropole en tout cas fera donc une croix sur les réserves absolument incroyables de nickel qui sont là-bas qui sont absolument essentielles pour la fabrication de l'acier et de l'oxydat notamment.

12:11
Sébastien Lecornu

On sait que malheureusement le nickel calédonien va essentiellement en Chine et pas dans l'Hexagone. Voilà encore un des grands ratés de ces 20 dernières années. C'est intéressant parce que souvent...

12:20
Présentateur

On ne l'offre pas à la Chine.

12:21
Sébastien Lecornu

Oui, il est vendu bien sûr mais ce que je ne veux pas c'est que le modèle industriel malheureusement ou heureusement je n'en sais rien je vous laisse juge est intéressant c'est que dans les fameux grands rééquilibrages les politiques de nickel sont faites avec le soutien de la République française depuis maintenant 20 ans et l'essentiel des débouchés de ce nickel se fait malheureusement en Asie.

Donc là aussi ça permet aussi de casser quelques mythes ou tabous là-haut encore et moi je suis le premier à m'en attrister et je souhaite d'ailleurs que si la Nouvelle-Calédonie reste dans la République on puisse aussi prendre ce sujet en le regardant droit dans les yeux en se disant qu'il y a un nickel-caïn à venir notamment pour les batteries de voitures et sur lesquelles il faudra bien qu'on en tire quelques conclusions.

12:53
Présentateur

On fait le tour de la planète Salé Abraclia.

12:55
Invité

Oui, et on part en Martinique où les soignants n'ont plus besoin de montrer leur passe sanitaire pour travailler. Pourquoi, monsieur le ministre ?

13:02
Sébastien Lecornu

Ce n'est pas vrai. Il y a eu quelques débordements au CHU de Fort-de-France avec d'ailleurs des menaces de mort contre son directeur que je tiens à soutenir publiquement à votre micro parce qu'on est dans un moment qui paraît là aussi complètement irrationnel si on y revient à la conversation que nous avions précédemment. Pourquoi vous dites que ce n'est pas vrai en Martinique que le pass sanitaire est suspendu pour les soignants ? Non, non. Déjà deux choses. Les soignants, ce n'est pas que le pass. C'est l'obligation vaccinale étant le principe.

13:26
Invité

Donc l'obligation vaccinale elle n'est plus nécessaire en Martinique ?

13:29
Sébastien Lecornu

Si, elle s'applique sur tous les territoires de la République. Pas au CHU, pas pour les soignants. Elle a été levée par la direction de l'hôpital. C'est ce que je vous explique. Le directeur a eu malheureusement cette position malencontreuse mais je le soutiens quand même parce qu'il a été menacé de mort. Il a été menacé lui et sa famille pas que sur les réseaux sociaux mais également physiquement et donc il y a eu un peu ce lâcher prise. Une fois de plus avec Olivier Véran nous lui apportons notre dossier. Mais bien sûr l'obligation vaccinale des soignants elle s'applique sur l'ensemble du territoire de la République.

Là où en revanche il y a des mesures différenciées c'est évidemment sur le couvre-feu c'est évidemment sur le pass sanitaire parce que tout simplement les taux d'incidence sont très différents d'un territoire à l'autre et parfois vous ne demandez pas le pass sanitaire pour aller dans un restaurant quand les restaurants sont fermés.

14:10
Invité

Ce matin vous nous confirmez Sébastien Lecornu que tous les soignants qui travaillent au CHU de Fort-de-France par exemple en Martinique doivent présenter

14:17
Sébastien Lecornu

en Guadeloupe ou à La Réunion ou en Guyane l'obligation vaccinale s'applique. Il y a une tolérance sur le temps pour accomplir cette obligation vaccinale qu'on a déjà annoncé depuis nombreuses fois c'est pas un scoop on a demandé vraiment un peu de souplesse parce que tout simplement l'épidémie continuait de circuler très fortement et qu'il n'était pas question de fermer un certain nombre de services hospitaliers parce que les personnes ne seraient pas obligées. Oui mais qu'on laisse le temps mais il y a de la souplette. Concrètement 86% des soignants du CHU de Pointe-à-Pied sont vaccinés.

Voilà donc les choses avancent même si certains sur les réseaux sociaux s'appliquent à laisser à penser qu'il y aurait quelque chose de mal organisé.

14:53
Invité

Il y a moins de 50% alors les véritables chiffres c'est 95%.

14:55
Sébastien Lecornu

Vous avez tout 70% de la médecine libérale qui est libérale donc hors hospitalière qui est vaccinée en ce moment même aux Antilles et sur le je n'ai plus le chiffre exact en Martinique mais je pourrais bien vous le communiquer en tout cas en Guadeloupe on est à 95%. La vaccination des soignants elle avance mais elle s'est faite sous fond de menaces et de troubles en Martinique qui sont absolument scandaleux. Donc ce n'est pas le système qu'il faudra interroger mais il faut surtout condamner les agitateurs de tout poil.

15:19
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon qui est lui-même je le précise vacciné était ces derniers jours en Guyane où il a refusé d'inciter formellement les habitants à aller faire la même chose de vacciner contre le Covid il dit je ne suis pas virologue chacun doit agir selon sa conscience vous êtes d'accord avec lui ?

15:32
Sébastien Lecornu

Mais il est surtout candidat à une élection présidentielle et il ne veut pas être impopulaire dans une population qui a du mal à se faire vacciner moi je suis ministre je considère que l'intérêt général est de dire à nos concitoyens qu'il faut se faire vacciner vous avez en Guyane le taux d'incidence le plus haut de la République deuxième chose vous avez en Guyane une tension hospitalière toujours extraordinairement forte troisième chose c'est une épidémie de concitoyens non vaccinés ça veut dire quoi ? C'est irresponsable

15:56
Invité

de ce que fait Jean-Luc Mélenchon ?

15:57
Sébastien Lecornu

Je pense que c'est un manque de franchise et de courage et qu'on ne peut pas donner de la voix comme il le fait parfois sur ces sujets ou certains sujets en disant que lui parlerait vrai et puis en même temps comme ça au détour d'un déplacement emménager chèvre et choux je pense qu'un peu de franchise ça fait du bien sécuriser nos concitoyens je pense que d'ailleurs dans l'hexagone les taux de couverture vaccinale désormais le démontrent c'est les appeler à se faire vacciner et malheureusement l'épidémie se poursuit en Outre-mer et singulièrement dans la Caraïbe ne sont pas suffisamment vaccinés

16:27
Invité

Un mot sur les tests de confort qui sont désormais payants en métropole pour les non-vaccinés ou à La Réunion Est-ce qu'il reste gratuit en Guyane aux Antilles et à Mayotte ?

16:38
Sébastien Lecornu

Un principe tout simple Mayotte ils sont payants aussi Là où l'état d'urgence sanitaire est encore proclamé Guyane et peut-être malheureusement bientôt Martinique parce que les choses sont très tendues et difficiles les tests sont gratuits pour tout le monde et c'est bien logique on est en situation de crise et d'urgence là où l'état d'urgence sanitaire élevé comme à La Réunion par exemple pour donner un exemple très précis les tests deviennent payants sauf pour les personnes vaccinées comme pour l'Hexagone

17:02
Présentateur

Est-ce qu'il est envisageable Sébastien Lecornu que l'un de ces territoires soit reconfiné ?

17:06
Sébastien Lecornu

Vous parlez de la situation en Martinique notamment Les mesures de différenciation sont plus précises que le confinement parfois ce sont des couvre-feux parfois ce sont des mesures qui peuvent être aussi territorialisées La Guyane c'est grand comme le Portugal donc parfois les mesures sont appliquées à Cayenne ne sont pas appliquées à Saint-Laurent-de-Maroli donc c'est important de l'avoir c'est pas que la jungle il y a une population Saint-Laurent-du-Maroli il n'est pas sous la pêche donc ça Saint-Georges de Leiapec de l'autre côté On a un député

17:32
Présentateur

qui parle de sa circonscription vous allez citer toutes les villes de la Guyane

17:36
Sébastien Lecornu

C'est bien que nos concitoyens d'Hexagone aussi soient familles de ces communes qui sont en France

17:39
Présentateur

Est-ce qu'on pourrait redurcir à nouveau les mesures ?

17:41
Sébastien Lecornu

Malheureusement en Guyane quand vous avez un taux d'incidence au-dessus de 200 on est sur un plateau qui est fragile donc on a toujours des couvre-feux c'est le territoire de la République qui a des mesures de restriction depuis maintenant le plus longtemps depuis mars 2020 et c'est vrai que si on devait de nouveau avoir une augmentation du taux d'incidence on serait obligé de durcir dès lors que la couverture vaccinale n'est pas là et bien il vous reste quoi pour régler vos problèmes de tension hospitalière il vous reste les mesures de freinage couvre-feu fermeture de restaurant que sais-je donc nous on ne sait pas ce qu'on souhaite mais force est constater qu'on doit tenir sur le terrain hospitalier

18:10
Présentateur

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est l'invité de France Info jusqu'à 9h le fil info à 8h51 Mélanie Delaunay

18:16
Invité

Décevante disproportionnée le gouvernement britannique réagit aux menaces de la France de fermer dès mardi l'accès à nos ports aux bateaux de pêche britanniques si rien n'est fait dans le dossier des licences les pêcheurs français ne nous envoient pas les preuves pour les obtenir assure sur France Info un ministre de l'île de Jersey plus de 3000 passages aux urgences pour bronchiolites la semaine dernière le seuil d'alerte de l'épidémie est dépassé dans presque toutes les régions pour éviter les infections la présidente de la société française de pédiatrie recommande sur France Info si vous avez un nouveau-né de moins de 2 mois de limiter les visites aux adultes du cercle très proche et en bonne santé on en sait plus sur le projet du complotiste Rémi Daillet son opération Azure avait pour objectif un coup d'état pour s'emparer de l'Elysée 14 personnes sont mises en examen dans cette enquête retirer de l'argent liquide mission impossible dans de nombreux villages ou de petites villes alors pour y remédier des distributeurs de billets vont être installés dans des bureaux de tabac une vingtaine pour commencer au mois de novembre France Info

19:23
Présentateur

le 830 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

19:28
Invité

toujours avec Sébastien Lecornu le ministre des Outre-mer des Outre-mer pardon quand vous voyez dans le Figaro hier que la société française est plus à droite que jamais des électeurs selon la Fondapol 37% des électeurs français sont de droite se disent de droite est-ce que vous dites le plus difficile pour Emmanuel Macron dans cette campagne présidentielle à venir c'est d'être face à un Xavier Bertrand ou une Valérie Pécresse

19:52
Sébastien Lecornu

Non, le plus difficile dans cette campagne à venir s'il y a campagne pour Emmanuel Macron c'est de maintenir l'idée que seul un dépassement politique permettra quand même de transformer le pays et que le retour du clivage il est intéressant sur le terrain idéologique parce qu'il ne faut jamais refuser les débats d'idées je pense qu'on aurait bien tort d'en faire l'économie surtout dans une vie politique qui malheureusement s'est beaucoup peu périsée de ce point de vue néanmoins je pense que nous collectivement c'est-à-dire la majorité présidentielle on ne doit pas perdre l'intuition de 2017 qui m'avait profondément séduit au fond que d'ailleurs j'applique aussi dans les collectivités territoriales dans lesquelles j'ai été moi-même élu c'est de se dire que des réformes sont suffisamment difficiles pour qu'il ne soit pas utile de rétablir un clivage gauche-droite complètement virtuel en tout cas une fois plus s'il est virtuel et c'est vrai que ce spectaculaire glissement non pas à droite de la société française parce que il suffit de relier René Raymond les droites en France une fois plus soyons moins dans l'actualité regardons un tout petit peu l'histoire regardons ce qu'était aussi la France d'après-guerre regardons ce qu'était la France aussi avant 68 et après 68 c'est intéressant de voir qu'au fond il y a toujours eu un baril centre de la société française à droite la vraie question c'est que veut dire la droite je suis plutôt ségueniste à la base je crois plutôt aux interventions de l'Etat dans l'économie je suis parfois moins libéral que la plupart de mes petits camarades de gauche donc tout ça est à mon avis vous dites que la droite

21:10
Invité

elle est chez vous aujourd'hui elle n'est pas chez les républicains

21:11
Sébastien Lecornu

non il y a les droites il y a les droites la droite de M. Zemmour ce n'est pas celle de M. Bertrand qui n'est pas la mienne et je suis un homme de droite donc je pense qu'il faut au-delà des mots et des étiquettes et des stickers je pense qu'il faut aller un tout petit peu au-delà il faut rentrer dans le débat d'idées j'espère que la campagne présidentielle permettra de le faire

21:30
Présentateur

pourriez-vous en quelques mots nous expliquer la stratégie aujourd'hui de l'exécutif face à Eric Zemmour je pense qu'il n'y a pas de stratégie de l'exécutif face à Eric Zemmour parce qu'on est au pouvoir ça j'ai du mal à le comprendre il y a des ministres qui en parlent il y a des ministres qui n'en parlent pas il y a des ministres qui disent c'est une bulle un ministre c'est fait pour être

21:45
Sébastien Lecornu

patron de son administration et c'est fait pour gouverner quand on est au gouvernement on gouverne donc c'est silence radio c'est pour vous par exemple votre position c'est que je pars du principe que nos concitoyens d'outre-mer ils n'ont pas envie d'allumer France Info pour voir le ministre des Outre-mer parler d'Eric Zemmour pendant 10 minutes on n'a pas besoin du ministre des Outre-mer pour se faire une opinion sur Eric Zemmour on peut parler de Nouvelle-Calédonie on peut parler de Covid on peut parler de relance on peut parler de sécurité à Mayotte on peut parler de l'eau en Guadeloupe on peut parler de mon département de l'heure mais je pense que les ministres sont faits pour être ministre je pense que c'est bien fait les députés sont faits pour députés vous pouvez parler de la droite

22:16
Présentateur

de la gauche de tout le monde d'Emmanuel Macron mais pas d'Eric Zemmour

22:18
Sébastien Lecornu

non mais vous parlez d'Eric Zemmour

22:19
Présentateur

Emmanuel Macron il a fait un choix ces dernières semaines oui c'est pareil du pays pas seulement il parle d'Eric Zemmour mais en creux lorsqu'il va parler de l'affaire Dreyfus mais parce qu'il parle surtout de l'affaire Dreyfus oui mais vous entendez aussi le message qu'il donne c'est donc un débat sur les valeurs

22:31
Sébastien Lecornu

c'est mieux de parler de l'affaire Dreyfus et des valeurs d'Emmanuel Macron et de ce qu'il veut porter comme président de la république sur cette vérité historique ça pour le coup c'est intéressant mais à chaque fois on revient toujours dans le même syllogisme non pas journalistique je ne vous ferai pas cet affront vous avez droit mais non mais en plus je ne le pense pas mais il y a une facilité il y a une facilité toujours à repartir du moment de l'actualité alors qu'au fond il faut revenir sur le fond parlons de mix électrique de mix énergétique parlons justement de la place de l'industrie dans la société française

23:00
Présentateur

je pense que ça intéresse on va oublier Eric Zemmour Emmanuel Macron a fait le choix il y a quelques semaines d'annoncer que la France allait réinvestir un milliard d'euros dans la recherche sur le nucléaire est-ce que c'est un débat qui se fait en catimini à six mois à l'élection présidentielle ou est-ce que c'est un débat qui doit être tranché par les français lors d'une campagne présidentielle ou lors d'un référendum

23:19
Sébastien Lecornu

tout ça à la fois référendum je ne le crois pas mais que l'énergie soit un débat permanent dans le débat politique c'est une bonne chose moi j'étais secrétaire d'état à l'écologie donc en charge de l'énergie on a eu un mal de chien à parler de cette question

23:32
Présentateur

vous lisez comme nous la presse il y a quelques jours encore le Figaro a expliqué qu'Emmanuel Macron allait pour Noël annoncer la construction de six nouveaux six je crois six nouveaux EPR mais pardon

23:41
Sébastien Lecornu

mais tout ça est en fait dans une grande continuité j'étais en train de vous dire j'étais secrétaire d'état à l'énergie qu'on a eu un mal de chien à porter calmement ce débat sur la place publique on a tenté de le faire y compris d'ailleurs pendant le grand débat où rappelez-vous beaucoup de choses avaient émergé pourquoi on partait du prix du gasoil au prix de l'essence sujet qu'on connait encore aujourd'hui qui nous amenait au fond à parler de notre souveraineté énergétique c'est un sujet qui doit être traité calmement et dans lequel au fond on s'inscrit dans une continuité depuis 2017 donc il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'Emmanuel Macron annonce la construction de la centrale de toute façon je vais vous dire une chose une des raisons aussi de ce que nous vivons au prix à la pompe c'est notre dépendance et je reste persuadé c'est bien gaullien ou gaulliste comme thème et ça me semble intéressant de le traiter dans une campagne présidentielle effectivement ou même dans une campagne législative c'est de se dire quel est le niveau de dépendance ou d'interdépendance que l'on veut avoir en matière d'énergie le nucléaire c'est notre indépendance moi je suis toujours éternité en nucléaire je me suis à la fois occupé de la centrale de Fessenheim mais aussi du site de Bure vous savez qui est l'endroit dans lequel nous projetons à l'avenir d'enfouir les déchets nucléaires parce que c'est une des solutions qu'il faut trouver à cette question le nucléaire pose la question essentielle des déchets il faut donc y répondre mais une fois de plus il ne faut pas que ce soit un débat qui à la va-vite à la JADO en quelque sorte ou à l'Europe Écologie Les Verts pourquoi à la JADO ?

parce que les choses sont faites avec une simplicité il affiche la couleur le rapport de RTE c'est une autorité indépendante quand le rapport ne nous convient pas on ne peut pas expliquer qu'RTE ment comment voulez-vous que le débat public se fasse sereinement ? ce sont des questions techniques des questions industrielles des questions d'équilibre de l'électricité on vit dans un pays dans lequel il n'y a pas de blackout on vit dans un pays dans lequel il y a une sécurité il y en a assez peu

25:18
Présentateur

il y a des blackout autour de nous en Europe même dans des pays qui n'ont pas de centrale nucléaire

25:22
Sébastien Lecornu

vous verrez que c'est beaucoup plus compliqué il y a des pays en Europe pour ne pas couper le courant ? et pour ne pas couper le courant qu'est-ce qu'on fait ? on démarre beaucoup beaucoup de centrales à diesel ou de centrales à charbon souvent donc notre pilotage d'électricité repose sur ça avec un mix électrique qu'il faut trouver avec la question des éoliennes sur lequel il faut être vigilant parce que l'acceptabilité par nos concitoyens désormais est très très réduite c'est le moins qu'on puisse dire donc je pense qu'il faut porter cette question énergétique le Président de la République a bien raison de le faire merci à vous Sébastien Lecoye merci pour votre invitation

25:47
Présentateur

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