Communalismes et municipalismes d’hier, aujourd’hui et demain | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh bienvenue euh dans cette conférence qui fait partie euh de du programme municipalité euh qui euh qui prend part hein sur euh voilà tout ce tout ce programme qu'il y a et qui aura encore cet après-midi euh avec pardon une conférence sur hop pardon euh sur le parcours thématique municipal. Donc une conférence à 15h30 sur les aménagements d'émolition, nos quartiers ne sont pas à vendre et adapter nos villes au changement climatiqu et enfin mairie du changement en Espagne et commun urbain à Naples. Euh voilà, donc ce sont les derniers les dernières conférences sur le parcours municipal qui a été créé pour ces amphi euh ces amis 2025.
Euh donc on est hein à 7 mois des élections municipales. Donc euh vous le savez sans doute hein, sur le stand des élus, vous avez euh la boîte à outil programmatique des municipales qui a été euh qui est à disposition et un kit arguite euh de la France insoumise. Alors sur la question de donc aujourd'hui, on va parler de communalisme et municipalisme d'hier, d'aujourd'hui et de demain. qu'on va euh naviguer euh dans le temps.
Et cette question du communalisme, je sais pas si vous avez vu l'article de Média Part qui date de je sais plus euh avril euh qui explique que la FI ne serait pas cohérente et que nous engagerions une MU paradoxale parce que nous serions des jacobinistes et que nous nous serions transformés en communaliste. que bon finalement tout cela est très cohérent avec l'appel à la 6e République, l'appel à une souveraineté populaire et donc cette conférence elle est là pour réfléchir aux exemples passés, aux exemples qui ont existé qui existent qui ont existé en 2020 qui existent aujourd'hui et qu'est-ce qu'on a envie de faire demain dans le cadre d'une révolution citoyenne qu'on appelle de nos vœux en 2026. Et donc pour euh parler de tout cela, nous avons quatre intervenantes et intervenants de grande qualité qui ont accepté de de participer à à cette conférence et je les en remercie.
Euh donc Ludivine euh Bantini, historienne euh qui a écrit euh un livre qui s'appelle La commune au présent et aussi qui sera donc en dédicace à 14h à l'espace du livre qui est situé juste à côté, enfin tout là-bas, pardon. Euh nous ne sommes rien euh soyant toutes que vous pouvez euh aller euh consulter à à l'espace librairie. Euh ensuite donc euh Kilian Martin euh sociologue euh encore en doctorat à l'université euh de Lille qui fait sa thèse donc sur euh les théories et les pratiques euh du communalisme et qui a participé, je vous invite à l'écouter à une émission de France Culture cette année euh dans le cours de l'histoire qui s'appelle de la commune au communalisme.
On va parler un peu de ça aujourd'hui. Histoire d'un projet politique et qui est très intéressant. Euh à ma droite Antoine Sal Papou qui est coanimateur entre autres du pôle programme municipal et auteur d'un livre que je crois qu'il n'est plus disponible à l'espace librairie.
Euh il fallait se le procurer hier qui s'appelle les communes libres. Et enfin Nathalie Oziol, co-chef de fil euh pour les élections municipales à Montpellier et député de l'héro et pardon, je me suis pas présentée. Donc moi, je suis Agath Roby, je suis cochef de fil également pour les municipales à Toulouse et conseillère municipal et métropolitaine de Toulouse.
Je vais pas être plus long, je vais laisser la parole la parole à Ludivine pour pour commencer ces échanges. Merci beaucoup Agath, merci pour cette organisation. Je suis ravie comme chaque année de retrouver cette cet endroit incroyable plein d'énergie et d'enthousiasme.
Merci beaucoup d'être venu d'ailleurs aussi nombreuses nombreux parce que on se disait qu'il faisait un peu frais que vous auriez pu préférer des conférences ou des tables ondes à l'intérieur. Euh voilà. Alors donc je vais parler pendant 10 minutes.
On s'est dit que on essayait de tenir les la dizaine de minutes pour pouvoir ensuite avoir un échange entre nous et un échange évidemment avec vous. une discussion euh pendant 10 minutes donc de la commune, l'expérience de la révolutionnaire d'une révolution populaire, la commune de Paris euh entre mars et mai 1871 en posant d'emblé quelques enjeux sur ce que représente cette expérience révolutionnaire, c'est-à-dire une expérience d'auto-organisation ouvrière et populaire. Euh c'est la première fois et la dernière d'ailleurs que on sera face à un gouvernement composé, y compris du point de vue de sa sociologie, euh deux classes populaires, des ouvriers, euh des employés, des petits commerçants, des artisans, des instituteurs, quelques artistes euh essentiellement et qui va mener une politique justement centrée sur l'émancipation, sur l'égalité et l'équité et sur la justice sociale. de tout fonder sur cette matrice de l'organisation politique qui qui est voilà dans une perspective émancipatrice de l'auto-organisation.
Et donc pour résumer, avant d'entrer dans le détail, euh c'est ce qui va nous permettre de réfléchir justement au commun et au communalisme. On pourrait considérer que la commune de Paris, c'est euh une sorte de d'imbation et ça rejoint l'interrogation que posait Demblé Agath à propos de la réaction à cet article de Médiapart. Est-ce que c'est un paradoxe ou pas ?
Moi, je ne pense pas. C'est-à-dire que c'est une articulation entre une puissance publique, ça veut pas dire un état, mais une puissance publique avec une assemblée décisionnaire euh élus euh avec quelques 70 euh élus qui sont avant tout considérés comme des mandatés. Voilà, ils ont un mandat qui est révocable d'ailleurs, lequel est censé justement appuyer des initiatives locales, des initiatives auto-organisées du côté des chambres syndicales, des coopératives, des mutuels, des associations.
Et donc il y a ce jeu de va et vien cette assemblée élue et l'auto-organisation à la base des femmes et des hommes qui ont le souci justement de changer la vie. C'est ce que dira, c'est pas une formule du parti socialiste uniquement changer la vie. C'était d'abord la formule de Rimbo.
Voilà, il faut changer la vie. Alors, je pense que on peut pas comprendre la commune de Paris si on revient pas un peu en arrière et je vais vous en parler bien sûr très rapidement, mais là aussi pour poser un enjeu stratégique et politique, c'est le moment 1848. C'est souvent un moment un peu moins connu, peut-être un peu moins enseigné, moins transmis.
Euh et c'est dommage parce que euh 1848, c'est euh le en février 1848, il y a une révolution en France, mais c'est aussi un mouvement révolutionnaire un peu partout en Europe avec une très forte solidarité internationaliste euh qui met en place pour ce qui concerne la France euh la 2e République. Et donc il va y avoir à ce moment-là un débat stratégique majeur pour savoir de quelle République on veut et de quelle République on aurait besoin selon ses appartenances et ses convictions politiques. Et à l'époque, ce sont les mots qui sont employés, soit une République plutôt bourgeoise, représentative, fondée justement sur des élections une fois tous les 4 ans et qui va confier justement le pouvoir à une assemblée, voir un peu plus tard aussi à un président de la République, le premier président de la République française qui sera Louis Napoléon Bonaparte, soit une République fondée sur l'auto-organisation populaire, une démocratie directe. où on ne on ne fait pas que voter une fois de temps en temps, mais où il y a véritablement une politique agissante au niveau des quartiers, au niveau des fabriques, des ateliers, au niveau du travail et donc une République qui est davantage active sur le plan de sa démocratie.
Et d'ailleurs cette ce débat stratégique va être tranché dans le sang en juin 1848, il va y avoir une insurrection ouvrière, une révolte parce que il n'y a toujours pas de droit au travail. Euh les quelques ateliers nationaux qui avaient été ouverts pour lutter contre le chômage ont été fermés par l'État et donc par cet état républicain. Et cet état républicain de la 2e République va euh réprimer dans le sang l'insurrection de juin 1848.
Et c'est la raison pour laquelle euh en 1871 euh les femmes et les hommes du peuple de Paris et pas seulement euh vont se dire que on ne peut pas juste donner un blanc sein à un gouvernement républicain. On peut pas juste lui donner euh son son accord de principe a priori au nom du fait qu'il s'agirait d'un gouvernement républicain parce qu'il y a vraiment aussi une République qui peut être oppressive, répressive, antipopulaire et antirévolutionnaire. Et donc en 1871 quand la commune de Paris émerge au travers d'une révolution que je peux pas vous raconter hein, mais c'est vraiment une révolution populaire avec une prise de pouvoir à l'hôtel de ville, il y a donc cette double structuration qui se met en place dans les conditions vraiment d'hostilité maximale. puisque en fait il faut bien avoir à l'esprit que la commune de Paris dès le début du mois d'avril 1871 est réprimé et bombardé par l'armée sous la ferule de tiers d'Adolphe tiers depuis Versailles.
Paris est bombardé et par ailleurs Paris a très peu d'argent puisque les haut fonctionnaires sous l'autorité de Jules Ferry très anti communard qui était maire de la ville de Paris avant la commune Ferry a fui à Versailles mais en emmenant une partie du budget de Paris. Donc ce dont je vais vous parler en quelques minutes là c'est vraiment dans des conditions très difficiles sur le plan de l'organisation matérielle. euh pas d'argent et euh une ville bombardée en permanence euh nuit et jour avec des morts chaque jour.
On estime qu'il y a environ 100 morts par jour et ce avant bien sûr la semaine sanglante qui va clore euh tragiquement la la commune. Alors, de quoi s'agit-il ? Il s'agit, comme je vous le disais en introduction rapidement, de dire qu'il y a une puissance publique qui va favoriser les initiatives d'autoorganisation populaire dans les associations, dans les clubs.
Alors concrètement, ça se traduit comment ? Les clubs ? Alors c'est pas ni les clubs mes ni les clubs boîte de nuit he les clubs, c'est vraiment des lieux de très forte démocratie active.
Euh souvent se organiser d'ailleurs dans les églises euh où on se réunit femmes et hommes. Alors, j'ai dis femmes et hommes en précisant d'ailleurs que la commune de Paris n'a pas octroyé le droit de vote aux femmes euh mais que les femmes, j'ai lu beaucoup beaucoup de sources, beaucoup d'archives pour travailler sur ce sujet, les femmes ne revendiquaient pas le droit de vote à cette époque. Et d'ailleurs Louise Michel, elle dirait que c'est pas c'est pas un sujet pour elle.
Pourquoi ? parce que elle considère que la citoyenneté ne passe pas nécessairement par le dépôt d'un bulletin de vote une fois tous les x années. Que la citoyenneté, c'est une vie politique vraiment agissante au niveau des quartiers, au niveau des entreprises, au niveau des associations et cetera.
Euh ça c'est c'est une dimension très importante, c'est que voilà, on revient à l'idée révolutionnaire de la Révolution française, qu'on est des citoyennes et citoyens et que ça nécessite et et implique une part active de participation à la vie politique. Euh sur le alors concrètement dans quel domaine s'agit-il euh d'avoir prise ? D'abord le domaine du travail comme je vous l'ai dit avec un rappel sur 1848, la question du droit au travail euh émancipateur et on peut le dire hein parce que c'est déjà euh le cas vraiment à l'époque posé comme tel anticapitaliste.
Alors le l'adjectif anticapitaliste n'existe pas à l'époque mais le la le rapport au capital est souvent comparé à une pieuvre ou un vampire qui justement vampirise qui suce le sang des productrices et des producteurs doit être abattu. et comment euh par l'auto-organisation euh via des syndicats, des chambres syndicales, des associations. Les femmes ici jouent un rôle absolument majeur.
Euh elles s'organisent euh en une euh une union des femmes euh et elles vont euh vraiment faire en sorte que il y ait une forme autogestionnaire qui se mette en place. Là non plus, le terme d'autogestion, il n'existe pas à l'époque, mais c'est bien de ça qu'il s'agit. c'est-à-dire vraiment organiser le travail par profession, par métier euh et faire en sorte qu'il n'y ait plus d'exploiteurs, qu'il n'y ait plus de patron, qu'il n'y ait plus d'intermédiaire.
Et la commune encourage justement, y compris financièrement euh cette dimension organisée d'un travail jugé émancipateur où les productrices et producteurs reçoivent euh les fruits de leur travail sans euh justement cette plus-value qui est typique de l'exploitation capitaliste. Sur le plan de l'école aussi, il y a vraiment des associations très diverses, notamment d'institutrices et instituteurs, mais pas seulement, euh qui prôent une une éducation vraiment égalitaire et vraiment émancipatrice où il y a déjà une réflexion euh sur ce que l'on pourrait appeler plus tard justement ces pédagogies émancipatrices où l'enfant doit euh être aussi porteur de sa propre éducation. L'enfant est respecté comme tel, comme agissant dans son éducation.
Et puis surtout, il y a vraiment l'idée qui est une idée euh à laquelle s'opposera Jules Ferry, hein, j'ai pas le temps d'y revenir, mais si vous voulez, s'il y a des questions à ce sujet, parce que en général Jules Ferry est très respecté dans notre histoire républicaine comme le fondateur de l'école publique gratuite laïque obligatoire. Et ce n'est pas vrai. Non seulement c'est la commune qui a vraiment inventé l'école publique et gratuite et laïque, mais en outre, Julferie et les femmes et les hommes de la commune n'ont pas du tout la même conception de l'éducation.
La commune, c'est une une éducation pour tous et toutes, quels que soient les milieux euh sociaux dont on provient. Et on a le droit, comme enfant des classes populaires avoir accès à l'art, à la culture, euh aux mathématiques, aux sciences et cetera et pas seulement au lire, écrire, compter euh que prendra euh Jules Ferry. Euh je vais donner deux autres exemples avant de de passer la parole à Kilian en avec une question qui qui sur laquelle peut-être il pourra rebondir.
Euh la question justement de l'art. En fait la la le gouvernement de la commune encourage aussi beaucoup les pratiques de fédération d'artistes euh là aussi via des via des aides pour que l'art ne soit plus réservé à une élite et ne soit plus d'ailleurs enfermé dans des lieux institutionnalisés. mais que l'art soit vraiment répandu pour tous et toutes avec des organisations de de concerts et cetera jusqu'à jusqu'au moment de la semaine sanglante, le premier jour de la semaine sanglante, le 21 mai 1871, et bien il y a un grand concert populaire aux Tuileries.
Euh un autre un autre exemple qu'on peut donner, c'est la question des services publics. Alors même qu'encore une fois la Paris est aux abois sur le plan euh financier, il y a vraiment cette idée que on va relancer les services publics et surtout qu'on va leur donner une vie qu'il n'avaient pas jusqu'alors. Donc je je vais m'arrêter là pour cette description très rapide puisque j'en suis déjà à 11 minutes 32 pour vous dire que du coup c'est vous voyez he c'est c'est très intéressant en terme de démocratie très vivante même si et et moi ça me semble une sorte de modèle parce qu'il y a une sorte de variation des échelles avec cette volonté de la commune de dire on va faire une fédération de communes c'est une sorte de confédéralisme démocratique une sorte de fédération de communes qui auront chacune une autonomie mais qui seront liés par des solidarités mutuelles et cetera.
Et en même temps euh voilà, je terminerai là-dessus sur Muray Bchin dont dont on va sans doute parler Kilion. Enfin, peut-être que j'anticipe un peu trop sur ce que tu vas dire, mais qui est justement un des grands théoriciens du du communalisme et qui a un regard assez critique sur la commune de Paris en disant que en fait il y a quand même eu une limite à ses yeux au sens où bah quand même il y avait cette assemblée un peu centralisée qui a qui a peut-être joué un rôle encore trop de de enfin fagocitant l'essentiel du pouvoir avec pas assez, il y en a eu mais pas assez d'assemblées générales, d'assemblées euh qui qui permettait de contrôler les mandats. Il y en a eu mais pas assez et puis faut revenir voilà faut avoir en tête vraiment ces conditions historiques extrêmement difficiles mais c'est quand même une expérience incroyable aussi de lutte de classe faut le dire et qui a été réprimée dans le sang précisément parce que elle mettait en cause radicalement l'organisation dominatrice et exploiteuse de la société telle qu'elle était à l'époque.
Merci merci du Divine pour ce ce rappel historique et et cette question enfin c'est c'est vrai que Mor Bookin enfin put je vais vous parler de M Bin un peu après, mais c'est vrai que pour anticiper un peu, il était plus communaliste que la commune et euh c'est quelqu'un de très exigeant. intellectuellement, politiquement euh qui euh ne s'embarrasse pas de de d'excuses euh envers des gens qui ont vécu 72 jours de d'insurrection, de guerre, qui étaient dans les situations de guerre et qui il comment dire, il a peu d'indulgence, moi je trouve, pour des gens qui ont quand même euh quand même réussi à faire tomber la colonne Vandô en faisant une grande fête autour. Et euh moi, je trouve que c'était un des plus beaux c'est un des plus beaux événements de l'histoire de France.
Euh et rien que pour ça, on peut avoir de l'indulgence pour eux. C'est vrai que le le il y a il y a des communards qui ont dû prendre des décisions un peu dans l'urgence et bref, moi je je suis plus indulgent que lui. Alors juste pour revenir sur sur les 150 dernières années euh parce que je je suis je suis spécial parce que je suis je suis spécialiste des communalismes contemporains, mais je pense que pour comprendre le communalisme contemporain, il faut voir un peu ce qui s'est passé depuis la commune de Paris.
Donc je vais essayer de faire ça en 10 minutes. Euh alors le communalisme de la commune de Paris, il est en grande partie euh influencé par Proudon euh qui a publié en 1863 euh un livre qui s'appelle Du principe fédératif et euh les communards les plus éminents étaient pour une grande partie des proudoniens et des proudoniennes. et et ce communalisme qui est un peu le communalisme classique reposait sur trois piliers qui étaient l'autonomie communale, la socialisation de la production et la démocratie directe.
Donc l'autonomie communale, c'est le fait de se fédérer entre communes qui ont la responsabilité sur leurs affaires et qui sont pas entièrement euh liés à un état souverain. La socialisation de la production est passée par le développement notamment des coopératives, différentes politiques redistributives euh à l'échelle de la commune euh et la démocratie directe par des assemblées d'habitants, par des mandats impératifs et réévocables dont Lud Divine a a déjà parlé. Ce communalisme, il a été mis en pratique notamment en 1936 pendant la révolution sociale espagnole.
C'est un un de ces épisodes les plus glorieux aussi. là aussi écrasé dans le sang encore une fois par des gens qui se réclamaient de la gauche pour en grande partie par des Staliniens. Euh et ensuite ce ce communalisme classique donc et ces trois piliers ils ont été reformulés dans les années 60 et 70 par donc un philosophe états-unien qui s'appelle Mé Boucin.
Alors Mébcin pour le situer un peu, il est né en 1928. Il au départ il enfin au tout départ il était trots quand il avait genre 15 ans. Euh et enfin au tout départ il a été stalinien quand il avait 11 12 ans.
Il est à l'époque à Brooklyn les on lisait les nouvelles assis sur des caisses en bois et on débattait et lui il lisait un journal stalinien euh comment ? Oui. On Ouais.
Et euh après il est allé au cinéma et de à l'époque de avant les avant les films, il y avait des des pastilles d'informations sur l'actualité internationale. Il a entendu parler à ce moment-là de la révolution sociale espagnole. Euh ça a été son tournant antistalinien et euh et bref, je j'accélère parce que sinon ça je vais dépasser encore plus les 10 minutes.
Euh dans les années 60-70, il a été un des pionniers de l'écologie, un des premiers à s'intéresser au problèmes écologiques. Il publie en 1962 un livre qui s'appelle notre notre environnement synthétique qui est un des premiers bouquins sur les pesticides qui sort la même année que Silent Spring de Rachel Carson qui était pareil le le bouquin fondateur des recherches sur le sujet euh et en même temps il cherche une synthèse entre le marxisme et l'anarchisme et donc il tombe inévitablement sur le communalisme et il reformule ça va lui prendre tout le reste de sa vie reformuler un projet communaliste cohérent et il va rajouter aux trois piliers classiques donc que je rappelle autonomie communale, socialisation de la production et démocratie directe. Il va rajouter le pilier de l'écologisation de la société, l'écologisation des modes de production, des modes de vie et c'est sous cette forme là, cette forme remaillée par Bushin que le communalisme va être appliqué dans plusieurs exemples contemporains.
Et je voudrais souligner que dans la boîte à outils qui a été réalisée par le pôle programmatique de la France insoumise pour les municipales, on retrouve c'estes au moins trois de ces quatre piliers. Il y a il y a à mon avis le 4e pilier de l'autonomie communale est peu abordé mais je pense qu'il y a quand même beaucoup de points de convergence entre le mouvement euh municipaliste contemporain et la France insoumise sur le point de l'autonomie communale. On va peut-être en parler à la fin. sera peut-être un sujet de discussion.
Mais en tout cas euh ce projet communaliste, il a été mis Je me rends compte, j'ai pas chronométré. Merde, quelqu'un sait quand est-ce que j'ai Ah, c'est bon. Merci, merci. 5 minutes.
Ah, c'est cool. Merci. Euh ouais donc ce projet communaliste, il va être mis en pratique sous cette forme là écologisée.
Euh donc le l'exemple paradigmatique c'est la révolution cure de Ouro Java qui est une une révolution explicitement communaliste parce qu'il y a parfois les chercheurs chercheuses, on aime bien trouver des révolutions communalistes qui ne disent pas leur nom. Genre le au chiapas, on dit qu'ils se disent pas tout à fait communalistes mais en fait quand on regarde ce qu'ils font, ils le ils le sont. Et moi je fais pareil, je cherche des terrains disant ça c'est du communalisme, les gens le savent pas mais ils font du communalisme.
Et là c'est très pratique au Ro Java, les gens disent "Je suis communaliste, je fais du communalisme." Etth voilà, ça simplifie beaucoup de travail. Euh donc ça c'est un des exemples les plus euh euh les plus célèbres mais qui ont qui est un peu spécifique du fait que c'est dans un moment de recul de l'État.
C'était pendant l'insurrection syrienne de 2011-212. Euh et donc c'est difficilement applicable tel quel chez nous. Donc l'exemple auquel on se réfère le plus en France, c'est celui des villes rebelles espagnoles qui ont été élus en 2015 qu'on pris le le mouvement municipaliste a pris vraiment toutes les grandes villes, enfin la plupart des grandes villes espagnoles dans le cadre d'accord avec Podemos et Iscardida. contre les les partis de la la gauche radicale qui ont décidé de ne pas présenter de liste en leur nom, ce qui a donné lieu à des négociations euh inédite entre des collectifs militants d'inspiration municipaliste et toutes sortes de de partis euh et qui a mené donc à l'élection surtout la c'est la la chef de fil c'était Adaolao à Barcelone mais aussi Manuel Carmena à Madrid et Et donc c'est ce cet exemple là du communalisme, enfin plutôt du municipalisme là je vais pas rentrer dans la distinction parce que ça ça prend beaucoup de temps, il y a beaucoup de désaccords.
J'ai un article qui va sortir sur le sujet dans un mois dans la revue participation que je vous je vous encourage à lire. Mais en tout cas le municipalisme barcelonais a vraiment servi d'exemples sur beaucoup beaucoup de points de la politique de logement, la politique de démocratie radical, la politique des transports, la politique écologique, écologisation des modes de vie. euh euh lutte contre la voiture.
Euh la voiture est l'ennemi de la commune, il faut le savoir. Euh et euh euh là où il y a aussi des leçons à tirer, c'est sur les échecs euh les limites de ces expériences espagnoles euh qui ont euh pour beaucoup les villes ont été perdues en 2019 euh et celles qui ont été gardées en 2019 ont été dans des le cadre d'accords municipaux moins radicaux. Et ensuite les dernières villes qui étaient qui avaient été gardées en 2019 ont été perdu en 2023.
Donc ça se termine un peu sur des échecs quand même. Ce qu'on peut retenir aussi du municipalisme espagnol, c'est le lien vraiment fondamental avec le féminisme, avec la féminisation de la société et la féminisation de la politique. C'est c'est les formulations utilisées par les municipalistes espagnols.
Euh j'en arrive enfin en France. Euh en France, le mouvement municipaliste, on situe sa date de naissance souvent à l'expérience de Saillan en 2014 qui est un village qui a mis en place des dispositifs de démocratie participative et qui a inspiré tout un mouvement qu'on appelle néunicipaliste avec plusieurs centaines de listes citoyennes et participatives en 2020. C'est un mouvement qui est très enthousiasmant pour les les communalistes et municipalistes qui cherchent à l'appliquer dans le concret des de la gestion communale aujourd'hui.
Mais euh évidemment quand on est chercheur chercheuse, on est exigeant comme Bouchin. Et moi, je voudrais juste souligner trois points de critique, trois limites qui ont été adressées euh au néunicipalisme français. qui font un peu consensus dans la la science politique et la sociologie sur le sujet et qui à mon avis doivent interroger les stratégies insoumises pour les municipales.
Le premier point, c'est que le néomunicipalisme français, il est très centré sur la démocratie participative, sur la la dimension de la participation et même sur la dimension technique de la participation au détriment de l'élaboration de vraies plateformes politiques de fond de transformation de la vie. Euh il y a un un aspect technicien euh qui euh et c'est euh son la deuxième critique qui est adressée, ça ça nourrit euh le fait que ce municipalisme ne s'adresse ne s'adresse qu'à des ou presque exclusivement qu'à des classes moyennes supérieures, à une petite bourgeoisie intellectuelle qui est passionnée de comment on fait pour décider ensemble quel que soit ce qu'on va finir par décider, quel que soit le contenu. C'estàd que si on, je caricature un peu, mais parfois si on décidait tous collectivement, démocratiquement d'arriver au fascisme de d'établir une dictature d'extrême droite, bah en fait ça serait légitime parce que on l'a tous et toutes décidé collectivement via le bon processus démocratique avec la bonne plateforme de Civictech.
Enfin bref, il y a il y a vraiment une focalisation sur la méthode qui est vous l'entendez peut-être à mon qui parfois est un peu exaspérante. Euh donc voilà, il y a la la focalisation sur la technique, euh il y a le fait de s'adresser principalement euh à une certaine classe sociale et il y a enfin la question de la dépossession des compétences. C'estàdire que souvent les municipalistes arrivent aux commandes d'une commune, arrivent à se faire élire. et se rendre compte que les communes ont été dépossédées par les communautés de communes, les établissements publics territoriaux euh se font euh interdire tout ce qu'elles essaient de faire par les préfets.
Et euh et là-dessus, on retrouve le pilier de l'autonomie communale qui euh à mon avis est trop souvent négligé. Mais euh pour avoir écouté les conférences hier du cycle municipal, j'ai entendu parler de lutte contre l'ingérence préfectorale, de lutte contre la métropolisation et tout ça, c'est vraiment des points cruciaux qui sont trop souvent négligés par les stratégies municipalistes. Voilà.
Donc si j'avais une question pour Antoine, ça serait ça. Ça serait Quels sont les stratégies insoumises pour faire face à ces ces trois ces trois limites du municipalisme ? [Applaudissements] Merci pour cette question.
Euh bonjour. Euh donc moi je vais dans mon intervention essayer un peu de répondre aux questions de Kilian mais surtout essayer de euh vous présenter donc euh ce queon peut entendre, ce queon peut comprendre par l'expression communalisme, ce qu'on peut comprendre, ce qu'on peut entendre par l'expression communalisme insoumis. Une expression qu'on retrouve dans les textes que nous avons adoptés collectivement. lors de nos précédentes assemblées représentatives et queon utilise maintenant pour décrire un peu le cadre théorico stratégique dans lequel nous nous inscrivons pour les élections municipales de 2026.
Je vais essayer de le faire en 10 minutes, ce qui représente un peu un défi pour moi puisque aux journées jeune, j'ai été invité à le faire et je l'ai fait en 1h30. Donc voilà, je perds pas de temps. Euh la France insoumise comme vous le savez je pense ici s'autodéfinit comme le mouvement de de la révolution citoyenne.
Et qu'est-ce qu'elle entend par là ? et bien il s'agit d'un d'une tentative de renouveler profondément le logiciel collectiviste pour notamment l'adapter au défi de notre époque notamment le le défi de la de la crise écologique. On dit révolution car pour cela, on compte s'appuyer sur une mobilisation populaire très intense et en passer par l'abolition des des privilèges oligarchiques et citoyennes.
Pourquoi ? parce que la méthode de ce processus révolutionnaire est celle d'une radicalisation des institutions démocratiques. Et si vous mettez ces deux éléments-l ensemble, et bien les deux convergent dans un élément central de cette révolution citoyenne qui est le processus constituant.
Au programme de de cette révolution citoyenne et bien euh il y a de de nombreuses tâches, notamment la planification écologique mais aussi l'extension de la logique des droits, des services publics et des communs. Et donc si les insoumis doivent participer activement et en première ligne à l'élection municipale comme c'est ce que nous revendiquons désormais, ça doit être ça ne peut pas être pour autre chose que dans une articulation à ce projet, à ce programme de révolution citoyenne. et pour que notre participation soit articulée à notre programme de révolution citoyenne et ne soit pas autre chose que que cela, et bien déjà il faudrait il faut se débarrasser, il faut rompre avec certaines des certaines habitudes de la de la politique de la politique locale et de la politique municipale.
Depuis les années 90, s'est installé une idée très dépolitisante de l'échelon municipal qui consisterait à dire un récit qui consisterait à dire que ben finalement la politique à cet échelon se situerait un peu en dehors des clivages entre droite et gauche, entre libéraux et collectivistes, entre productivistes et et écologistes notamment, c'est la montée en puissance de l'échelon intercommunal qui a amené cette idée qui a créé une sorte de culture du consensus entre élus locaux où les affrontements idéologiques doivent s'effacer derrière l'intérêt supérieur du territoire euh et le caractère technique soit-disant technique des débats quand bien même ces débats concernent le logement euh le réseau d'eau, le réseau de transport en commun, l'intercommunalité euh qui a été euh euh qui est un un vieux projet de la technoc technocratie euh française euh mais qui a été euh vraiment portée à à enfin qui a été vraiment réalisé euh à travers les lois des années 90 puis la loi nôtre de sous le mandat de de François Hollande bien en fait à quand même créé des structures qui sont assez éloignées de la surveillance populaire, de la surveillance démocratique et qui par là du coup a favorisé euh l'idée que on se mettait d'accord entre élus de centre gauche et de centre droit raisonnable que il y avait finalement une sorte de catalogue des bonnes pratiques de des politiques locales dans lesquelles il suffisait de piocher. Et donc rompre avec cette attitude est un préalable absolu pour pour nous insoumis dans la manière dont nous abordons les élections municipales. Ça peut paraître évident, mais je pense qu'il faut avant d'y aller de manière aussi conquérante que nous voulons y aller, bien l'avoir en tête parce que en fait ces institutions intercommunales, bah si nous gagnons des mairies, on sera amené aussi à les occuper et il faut l'avoir en tête car c'est des institutions qui n'ont pas été faites pour faire ce que nous voulons faire.
Elles ont été faites justement pour euh effacer la radicalité, euh pour euh créer une sorte de consensus mou euh à tel point qu'à mon avis, on peut quand même dire que le euh l'idée en France, le l'idée la concrétisation en tout cas de l'idée de de grande coalition entre droite et gauche a été bien expérimenté dans les intercommunalités et donc du coup dans le bloc communal avant euh euh que euh avant même le macronisme. Au contraire de ça, euh dans notre pensée, dans la pensée insoumise, les communes peuvent être considérées comme un terrain de premier plan de la conflictualité sociale de notre époque et cela pour plusieurs raisons. Et je pense dans notre analyse du capitalisme de notre époque, on peut s'inscrire dans les pas de théoriciens de d'un courant de pensée qu'on appelle la géographie critique comme par exemple Henry Lefèvre ou David Harvet et s'inscrire dans leur pas et bien voir la production de l'espace, c'est-à-dire l'urbanisation, c'est-à-dire le fait de transformer des quartiers, de transformer l'espace et Bien cette production de l'espace, elle est au cœur, elle est centrale dans la dynamique du capital et donc dans la lutte de classe de notre époque.
Des phénomènes comme l'étalement urbain, comme la gentrification des centre-villes, comme les grands projets urbains inutiles ou comme la financiarisation de l'immobilier, et bien ils ont tous une caractéristique commune. Ils ont tous même une cause commune et cette cause commune c'est la morchandisation et la transformation de l'espace. euh par le capitalisme euh pour et bien euh rendre l'espace utile à la logique du profit.
Et les communes sont surtout ben les institutions aussi qui ont la charge d'une grande partie des des réseaux urbains qui rendent possible le mode de vie urbain. Réseau d'eau sont à la charge des du bloc communal. Réseau de transport en commun, réseau des déchets par exemple.
Et le conflit qui s'organise autour du contrôle public ou privé par exemple et de l'accès à ces réseaux et bien est pour nous un un des conflits principaux qui organise le clivage que l'on nomme que l'on nomme peuple contreoligarchie. Alors non, les communes ne sont pas le lieu d'un d'un régime de consensus mais au contraire un champ de bataille. À ce stade, il faut aussi dissiper un malentendu sur ce qu'on pourrait penser.
Dire cela pour nous, ça ne veut pas dire que on pense que et je dis ça pour notre situation aujourd'hui et dans notre pays en France qu'il serait possible de faire la révolution citoyenne dans une seule commune évidemment mais même pas en fait la révolution citoyenne par simple association de communes au sens par association de communes que l'on aurait gagné par les élections municipales. Les tâches de la révolution citoyenne nécessitent à mon avis un niveau de ressources financières, de capacité de coordination, de ressources juridiques et de ressources politiques qui ne se situent pas dans notre pays au niveau des municipalités mais bien au niveau du gouvernement de l'État national. Le sens qu'on peut donner au communalisme insoumis est bien plus euh de préfigurer la révolution citoyenne, de la préparer, d'expérimenter les politiques nouvelles qui pourront être généralisées par son souffle.
Et en cela euh nous pensons qu'il s'inscrit quand même dans une histoire, dans une tradition historique, celle des villes, des communes qui dans l'histoire ont souvent justement ben euh préfiguré des grands changements révolutionnaires. on vient loin dans le passé et bien le mouvement communal ce qu'on a appelé le mouvement communal de la deuxème partie du moyen-âge à partir des 11e et 12e siècle en France ce mouvement d'autonomisation progressive des des villes par rapport au système féodal et au pouvoir féodal a inventé très progressivement et pendant très longtemps les formes de ce qui deviendra par par la suite le gouvernement représentatif qui sera généralisé en Europe à travers plusieurs vagues révolutionnaires, notamment la révolution anglaise, la révolution française et les révolution du du 19e siècle. Euh bah Ludiv a parlé de la commune de Paris évidemment.
Bah bon, la commune de Paris euh en en 72 jours a a préfiguré et même inventé un certain nombre de points euh qui vont être des points euh centraux du programme socialiste ensuite au 20e siècle comme la séparation des églises et de l'État, euh l'émancipation des femmes, l'instruction généralisée, le droit au travail et même la réquisition des logements vides. Enfin, les les municipalités ouvrières, c'est-à-dire les municipalités qui ont été conquis électoralement par les partis qui étaient les partis du mouvement ouvrier au début du 20e siècle, d'abord la SFIO puis le parti communiste français ont aussi inventé, expérimenté un certain nombre de politiques qui ont ensuite été généralisé par un rapport de force imposé au niveau national, le logement social inventé dans ces municipalités. L'idée même, les concepts même de politique culturelle, de politique sportive ont été inventé dans dans ces municipalités.
Et donc pour s'inscrire dans cette dans cette tradition et bien il faut définir comment les communes peuvent être à leur tour maintenant des laboratoires de la révolution citoyenne. Et c'est un peu comme ça qu'on a construit et pensé euh notre programme. que quand je dis notre programme, évidemment, il n'y a pas un programme national pour les élections municipales, mais il y a donc cet outil que vous connaissez, j'espère, qui est la boîte à outil programmatique municipale que vous pouvez, ça c'est le kit, non ?
Ouais, mais ça ça la même tête que vous pouvez retrouver en vente sur le stand des du réseau des élus insoumis ou sur le stand de matériel du mouvement ou bien vous pouvez retrouver gratuitement sur le site programme de de la France insoumise. Et donc ce programme, c'est en fait une articulation entre la preuve concrète et immédiate d'une alternative possible et la préparation euh de grands changements révolutionnaire mais à une autre échelle. Pour en citer quelques exemples seulement, il y a il y a plus de 400 mesures dans dans ce programme, mais pour en citer quelques exemples seulement, et bien l'objectif central de de la révolution citoyenne, en tout cas la méthode centrale de la révolution citoyenne, je l'ai dit, c'est euh le processus constituant et un un prérequis de de ce processus constituant, en tout cas une manière de préparer ce processus constituant, c'est l'invention d'une nouvelle culture démocratique qui est une culture de l'intervention populaire plus beaucoup plus que de la euh délégation.
Et ça c'est euh quelque chose que qui peut se préparer, qui peut se préfigurer, qui peut s'inventer, qui peut se construire euh au niveau municipal. Euh pour donner quelques exemples très rapidement, et bien euh nous pensons euh nous proposons des moyens en tout cas dans pour euh euh instituer le principe de révocabilité euh des élus municipaux, au moins des élus municipaux insoumis puisque bah bon en fait il faudrait changer la loi pour instituer le principe de révocabilité de tous les élus. Mais les élus insoumis peuvent déjà le faire sans changer la loi.
De même, il y a des moyens pour euh instituer d'un un RIC municipal. Euh de même euh il y a des institutions municipales qui sont aujourd'hui des institutions de concertation, diton euh qui sont des institutions qui sont beaucoup très délaissées et euh qui n'ont pas beaucoup de pouvoir mais qu'on pourrait auquel on pourrait nous donner du pouvoir. Il existe dans beaucoup de villes des conseils de quartier.
Et donc dans ce programme, on propose et bien euh de donner à ces conseils de quartier des des budgets euh d'investissement, une part du budget d'investissement de la commune. Pourquoi pas donner euh euh une sorte de mécanisme de droit de véto sur certaines décisions du conseil municipal. Il existe toutes sortes d'institutions, des certaines qui sont beaucoup moins connues, mais par exemple, il existe des commissions consultatives des services publics locaux qui sont des commissions dans lesquelles les usagers des services publics euh se réunissent.
Et bien là aussi, il faudrait si nous étions au pouvoir municipal leur donner beaucoup plus de pouvoir, leur un mot à dire dans réellement dans le gouvernement de de ces services publics locaux. Voilà, ce sont quelques quelques exemples. Le un autre un autre fil que qu'on peut tirer au niveau municipal et bien c'est celui de la planification écologique qui est euh en quelque sorte l'élément central du programme économique de de la révolution citoyenne.
Et bien dans cette planification écologique, l'échelon communal est absolument central. Pourquoi ? parce que surmonter les défauts des systèmes planificateurs du passé implique pour des raisons sur lesquelles je pourrais revenir dans un plus tard dans les questions mais implique de de d'impliquer justement les communes beaucoup plus au debout du processus de planification au départ pour qu'elle soit centrale dans le processus de délibération démocratique sur les les besoins collectifs et en en wood chaîne pour gérer le goutte à goutte des investissements, des grands investissements décidés par cette planification.
Et donc le pouvoir municipal peuvent peut s'y préparer ouh là euh peut préparer cette place des des communes euh en faisant un travail de conviction par la preuve mais aussi en ramenant en construisant l'expertise des communes pour intervenir dans la planification écologique dans le domaine de l'énergie. Elles peuvent le faire en créant des services des des des sociétés publiques locales euh de l'énergie dans le domaine de l'alimentation. Elles peuvent le faire en notamment par levier de la restauration scolaire.
Voilà, je m'arrête là pour l'instant. Peut-être qu'on pourra continuer dans les questions, mais j'ai déjà dépassé beaucoup plus que les autres intervenants. Donc je vous remercie.
Je m'arrête là et je vais passer la parole à Nathalie. Euh bonjour à toutes et à tous. Ravi d'être là ce matin pour cette conférence sur municipalisme et communalisme et mon propos va s'inscrire dans la continuité de ce qu'a dit Antoine puisque je vais parler de mandat du maire, de repolitisation du mandat du maire, de pratique démocratique du pouvoir à l'échelon local et d'intervention populaire.
Alors effectivement, le mandat de maire a été vidéon politique par celles et ceux qui sont en fait des petits gestionnaires locaux de tout bord, droite ou gauche. Et pour resituer, donc nous nos campagnes nationales, notamment pour les présidentiels, pour les législatives, se sont appuyé sur des programmes de rupture, sur un programme de rupture avec le néolibéralisme. C'est la même chose que nous voulons faire au niveau local avec des programmes de rupture, avec celles et ceux qui appliquent le néolibéralisme au niveau local, qui se comporte en petit baron, en roi telé qui finissent en fait par confisquer le pouvoir municipal.
Nous, insoumise et insoumis n'avons pas pour vocation de nous transformer en petit notable ou en petit baron ou en roitelé, ni de créer une espèce de caste de bureaucrates territoriaux qui comme ça dans le secret de de bureau déciderions tout de notre côté parce que nous saurions tout mieux que les administrés. Et c'est pour ça et là là je décris en fait ce qui se pratique actuellement dans un grand nombre de communes hein, cette espèce de bureaucratie qui décide tout dans le secret de je sais pas quoi d'ailleurs et à l'abri de l'intervention des gens de l'intervention populaire. C'est pour cela que nos listes aux élections municipales, elles se elles seront composées de jeunes, de femmes, d'habitantes et d'habitants de quartier populaire, bref des gens qui composent les communes et qui doivent pouvoir participer activement au processus de décision politique locale.
Alors, souvenez-vous, Macron s'était présenté en 2017 en créant une image de quelqu'un qui dépasse le clivage droite gauche. Et en fait la culture du ni droite ni gauche existe largement au niveau locaux comme l'a dit Antoine et a participé participé à dépolitiser le mandat de ma transformant les mères en en pseudochnicien tenté si bien que chez moi dans l'OSU par exemple bon on parle beaucoup là de municipal mais en fait quand on dit au niveau local pour les élections cantonales donc qui se font au niveau départemental il y avait vous savez c'est c'est des binômes qu'on présente il y avait des binommes et du PS et de LR quoi. Voilà ensemble parce que bon bah voilà après tout il y a plus rien qui les sépare ni gauche ni droite et cetera donc c'est l'illustration parfaite de la dépolitisation totale de ces espèces de techniciens qui qui en fait appliquent le capitalisme le néolibéralisme à l'échelle locale.
Mais tout ça ça participe à éloigner les gens des lieux de prise de décision politique. Nous ce que nous voulons faire c'est repolitiser le mandat de maire, repolitiser aussi le mandat des conseillers municipaux en faisant en sorte que les habitantes et les habitants de la commune puissent participer aux décisions dans leur commune. Alors, je vais m'appuyer d'abord sur des exemples repoussoirs, c'est-à-dire ce que nous ne voulons plus faire, ce avec quoi nous, quand je disais qu'on veut rompre, ce sont les pratiques.
Enfin, je je vais montrer quelques exemples de ce avec quoi nous voulons rompre en m'appuyant sur ce qui se fait à Montpellier, là où je là où je suis élu. Euh euh à Montpellier, un des problèmes transvers l'absence de consultation des gens. Euh par exemple, depuis quelques années, c'est une ville où il y a énormément de travaux qui sont faits euh mais dont personne ne comprend pourquoi ils sont fait.
C'est-à-dire peut-être que c'est bien, peut-être que c'est pas bien, mais personne ne sait puisque personne n'a été inclus, en tout cas les habitantes et les habitants n'ont pas été inclus dans le processus qui dirait bon ben, on va faire ce on va faire ses travaux dans cette rue parce que ça améliorera la circulation, parce que il y aura une piste cyclable et cetera et donc ça correspond à un besoin des gens. Non, ce n'est pas ça qui est fait. C'est-à-dire que du jour au lendemain, la route est barrée et on découvre au fur et à mesure ce qui est en train de se faire comme travaux.
Ça donne quand même des choses comme bon, il y a une place, la place de la préfecture, grand rendez-vous de manifestation chez nous euh où donc tout est refait, personne ne comprend trop pourquoi. Apparemment, ce serait pour libérer la la vision, voilà, pour qu'on ait une vision continue sur tout un axe. Super important, ça coûte une blinde et donc voilà, ça permet de libérer la vision.
Mais par exemple, des commerçants ont fermé boutique avec il y en a un en particulier qui a mis une grande affiche en disant voilà ce qu'on coûtait les travaux du maire, je ferme ma boutique. Donc enfin là c'est un exemple concret de quand il y a une telle déconnexion, un tel éloignement entre la décision politique et les gens et ben en fait ça impacte tellement les gens qu'ils sont même chassés de l'espace urbain. Même chose pour l'enrue.
Donc vous savez ça ce sont les projets de rénovation urbaine. Montpellier en fait partie là pour c'est 2026 hein, c'est ça euh dans deux quartiers populaires en notamment La Paillade, le plus gros quartier populaire de Montpellier, les Sévenes où j'habite. Euh et en fait et bien c'est un projet qui devrait être positif pour les habitantes et les habitants parce qu'on parle souvent de d'endroits où les habitations sont des crépites qui sont vieillissantes, des des passoirs thermiques.
Il y aurait plein de choses à faire en impliquant les gens. Et ben, c'est pas ça qui est fait. Euh les en fait ce c'est un en fait c'est un processus de de gantrification qui est à l'œuvre euh c'est-à-dire qu'il va chasser les habitantes et les habitants qui sont là depuis parfois des décennies depuis parfois la création de la paane qui est quoi année 60 70 he un truc comme ça. 70 ouais je regarde les Mopolir en même temps je pose mes questions.
Et ce qui se passe, c'est que bah les locataires voir les propriétaires donc savent qu'ils vont devoir quitter le logement le temps que les trois veut soi mais ne savent pas s'ils vont pouvoir être relogés. Ou alors les propositions qui sont faites, c'est à des prix qui ne sont pas du tout ceux qui vont leur permettre de se racheter ou de relouer en logement. Donc on participe à chasser les habitantes et les habitants sous prétexte de rénover le quartier.
C'est ça la gentrification. Euh donc ça c'est le des illustrations de manque de consultation. Après il y a aussi les fausses consultations.
Alors dans les fausses consultations euh à Montpellier un des grands projets qui qui arrive là c'est le projet de contournement ouest de Montpellier, un contournement autoroutier qui est censé être génial parce que ça relier les deux autoroutes qui actuellement ne passent pas à Montpellier ce qui est plutôt bien en fait hein parce qu'une autoroute ça pollue énormément, c'est brouillant, il y a des camions qui passent et cetera. Bon bah là, il y aurait donc c'est un projet en en partenariat avec Vinc hein qui participerait à relier les deux autoroutes. Il y en a une autoroute au nord et une autoroute au sud.
Ce serait merveilleux. Les poids lourds pourraient passer directement par Montpellier. Youpi !
Comme ça les marchandises seront transportés encore plus vite mais sous les fenêtres des Montpelieres et des Montpellierins. Il y a des endroits où c'est carrément des enfin le le truc sera tellement large que ce sera une 10 voie. Euh et donc il y a un processus de consultation à ce moment-là en plan été sans aucune information des monopolierèes et des monopolierenes.
C'est-à-dire que je pense que 99 % des gens ne savent pas qu'il y a cette consultation en ce moment. Euh normalement, un vrai processus de consultation qui permet d'impliquer les gens, il y a une campagne d'information, un minima, quoi, quand même. Voilà ce que nous vous proposons de faire, voilà quels sont les impacts, cetera.
Enfin, si les gens savaient qu'il s'agit d'une autoroute qui va passer sous leur fenêtre, qui va être une divoie, que ça va augmenter le trafic de poids lourd, que ça veut dire bon tout l'impact environnemental en santé et cetera, à mon avis, les gens voteraient non, on ne veut pas de ça. Donc voilà pourquoi cette consultation est une fausse consultation qui permettra de dire à la fin sur la base de nos 10 participants, nous avons qui sont les élus municipaux sur la base de nos 10 participants et bien tout le monde est content. Donc nous allons faire l'autoroute.
C'est un peu l'illustration de d'une A69 locale. Évidemment, c'est pas l'ampleur de la 69, mais c'est quand même un projet autoroutier avec tout ce qu' enfin on voit bien que quand il y a une mobilisation populaire, c'est contre ce type de projet. Les gens ne veulent plus de ça.
Ça ne correspond pas aux besoins. C'est à ça va à l'encontre des des de ce qu'on doit faire pour répondre à l'urgence climatique, sociale et cetera. Bref, autre type de fausse consultation.
Euh l'équipe municipale soi-disant se déploie dans la ville à grand renfort de réunion publique. Soit-disant ils ont piqué euh la charte graphique de la France insoumise. Franchement là, la bleue foncée et violette, c'était la nôtre, quoi.
Comme quoi, ce qu'on fait, ça marche tellement bien que même le PS le pique. Et euh et donc soi-disant, bah c'est le moment où vous pouvez interpeller le maire et lui parler et cetera. Euh bon, c'est pas du tout ce qui se passe puisque dans les ce qui a transformé la ville sans que les gens aient pu être impliqués dans ces transformations, il y a eu une transformation totale du plan de circulation de de Montpellier.
Un truc qui est borderline légal en plus parce que normalement pour pour transformer toute le tout le plan de circulation, enfin c'est des lourds procédés euh administratifs, légistique et cetera qui qui ont été contournés. Euh et donc des des gens se retrouvent donc il y a quatre boulevards à à Montpellier, ils se ils se sont retrouvés du jour au lendemain avec une circulation intense de bus, de camions, de voitures et cetera, euh bruit, pollution, euh enfin des des vibrations telles que il y a des fissures qui se créent sur leurs habitations, donc une perte aussi de la valeur de leur logement et cetera. Et donc ils se sont constitués en collectif pour protester contre les décisions en aparté du maire et ils vont l'interpeller dans ces réunions publiques.
Bah ils se font soit chassés, soit ils ont pas de réponse. En tout cas, ils sont méprisés et cetera. Donc non, ça ce n'est pas ce n'est pas une réunion publique.
Ça c'est la réunion verticale du maire et de son équipe qui du haut de leur piédestal parce qu'ils savent tout mieux que les administrés, ben présentent ce qu'ils vont faire euh de gré sinon de force. Voilà. Donc voilà, on se retrouve avec des décisions qui sont prises en toute opacité, sans aucune explication de ce qui est fait de l'argent public et cetera.
Et donc la commune doit être l'échelon du pouvoir populaire. Nous nous voulons rompre avec les pratiques de ces gestionnaires locaux du capitalisme. L'argent joue trop souvent un rôle d'influenceur et en tout cas bah là on le voit, il y a des des appels à projets qui sont faits en toute opacité, des projets qui sont enfin des des oui des projets qui sont commandés auprès de on ne sait pas quelle boîte, on ne sait pas pourquoi.
Et c'est ce avec quoi nous nous voulons rompre avec la France insoumise. C'est-à-dire que nous on ne s'intéresse pas à l'échelon municipal en y voyant des opportunités de carrière, des postes à occuper. La commune, c'est d'abord un outil au cœur de la révolution citoyenne et nous on vise une rupture concrète avec donc l'ordre néolibéral qu'il soit avec tout ce qui l'impacte dans dans les aspects écologiques, institutionnels, économique, social.
Donc il s'agit pour nous effectivement de récupérer ce le niveau institutionnel municipal, de le récupérer par le peuple, pour le peuple et pour remettre de la démocratie. Merci beaucoup euh à toutes et tous. Peut-être avant de laisser la parole à la salle, euh vous posez euh une question à tous et toutes euh un peu général pour aller un peu plus loin sur euh sur vos propos respectifs.
Euh bon, on a parlé beaucoup la autonomie communale, mais euh moi j'aimerais un peu vous entendre sur les exemples que vous avez un peu abordé chacun chacune, mais sur la question de l'organisation, de la la sociabilisation de la production et du travail. Euh et aussi sur les questions de de processus démocratique, c'est comment comment faire ou comment a pu être fait hein par le passé euh des comment des processus ont pu être fait pour pas qu'il soit captés par une certaine catégorie de la population comme tu le pointais sur sur le le néunicipalisme français qui a ce gros travers là en tout cas moi que j'ai constaté en 2020 à Toulouse avec l'initiative archip citoyen. Donc voilà, juste rapidement, peut-être en 2 minutes pour qu'on puisse laisser quand même 20 minutes d'échange avec le public pour voilà vous entendre.
Je sais pas qui c'est qui veut commencer si on refait dans le même ordre. M Divine. Oui, ben c'est ce que vient de d'expliquer de manière très précise et très juste Nathalie nous montre que en fait on peut pas juste prener une sorte de municipalisme qui serait purement fonctionnaliste, c'estàdire purement formel, y compris sur le RIC.
Et ça pendant le mouvement des gilets jaunes, soulèvement populaire si important, on était je pense beaucoup ici à être impliqué, il y avait quand même cette cette dimension centrale du ric. Mais euh là ce que ce que nous explique Nathalie, c'est que parfois le RIC euh est en partie un leur enfin si il n'y a pas un véritable projet politique qui l'accompagne et s'il n'y a pas une volonté déterminée farouche euh de politiser euh la question qui est posée parce que la la consultation dont tu viens de nous parler, voilà dont personne n'est au courant, ça me rappelle aussi ce qui a pu se passer à Notredame des Landes enf en fait ou à une échelle supérieure en terme géographique lors des référendums liés à l'Union européenne où en fait il y a une telle puissance parfois de ceux qui organisent ces référendum que il s'agit de coloniser nos esprits avec déjà la réponse. Il fallait par exemple répondre oui au TCE et tous les médias étaient alignés là-dessus et c'était pareil pour l'aéroport autour de Notream des Landes.
Donc c'est en fait du coup avec nos nos aspirations et nos revendications, c'est être extrêmement précise aussi sur l'articulation avec le projet politique. C'était c'était intéressant ce que nous rappelait Antoine en parlant notamment du Moyen-Âge parce que moi ça m'a fait penser à une dimension presque métaistorique, presque anthropologique au sens de l'histoire de l'humanité. Et ça parfois ça fait du bien de se le rappeler, c'est que dans une grande partie de l'histoire de l'humanité les sociétés se sont autoorganisées et qu'elles avaient un rapport non lucratif au vivant au commun justement enfin non lucratif non axé sur le profit.
C'est très important de se dire que en effet au Moyen-Âge par exemple, il y avait des assemblées communales auxquelles participaient les femmes et les hommes et il y avait ces biens commun, ces ces communaux qui étaient pas seulement des territoires mais vraiment des des outils, voilà, des choses qui étaient partagées parce qu'on avait pas du tout l'idée d'en faire un enjeu de rentabilité ou de profit. Euh et donc cette histoire du du capitalisme et dès lors de tout ce qui est ce que tu as décrit aussi finalement au travers de ces de ces projets qui visent toujours euh à être euh capitalistique et euh et rentable, euh c'est une une toute petite partie, un tout petit segment dans l'histoire de l'humanité. Je pense qu'autour de nous, c'est important peut-être de le rappeler parce que parfois on se dit non mais c'est quasiment impossible de mettre à bas un système aussi prédateur et exploitateur qui a vraiment tout colonisé.
Mais rappelez que si on se se prend une échelle beaucoup plus vaste euh alors on revient à des fondamentaux euh ce qu'on veut vraiment développer euh parmi nous. Et la dernière chose que je dirais en écho euh aux différentes interventions euh c'est la question en effet des des ressources financières et donc tous et toutes je pense qu'on y est revenu sur l'articulation des échelles parce que euh le risque euh alors le risque a été bien pointé notamment par Kilian sur une dimension trop technique formaliste où il y a justement une dépolitisation totale. Donc oui non mais c'est bien, on va vous faire participer et tout mais infiné il y a pas de projet émancipateur de commun.
Euh mais le risque c'est aussi euh quand on est à à la tête d'une d'une municipalité, c'est de d'être privé des ressources financière. Moi, en ce moment, je suis en train de travailler sur le Front populaire vraiment avec des archives très nombreuses et cetera. Euh c'est la la grande limite euh du Front populaire, c'est de ne pas pouvoir en réalité mettre en œuvre son programme parce que il n'a pas de volonté véritablement de toucher euh à un système tel qu'il existe et donc avec des fuites de capitaux et cetera.
Enfin voilà. Et donc euh il faut se donner, mais ça c'est ça a été bien rappelé par Antoine me semble-t-il, en fait c'est se donner aussi les moyens euh de d'articuler ces échelles, de dire que voilà, tout peut pas se jouer à l'échelle des municipalités, même si comme l'ont montré je pense la plupart de enfin voilà tout t tous nos propos me semble-t-il euh surtout les vôtres plus contemporains, c'est que il y a aussi malgré tout beaucoup à faire à l'échelle locale, beaucoup de perspective de justice, de justice sociale, de justice environnementale. Ça c'est clair et net.
ça me paraît très important d'y insister, mais voilà, toujours en lien profond avec un projet qui rond radicalement avec un système exploateur. [Applaudissements] Euh alors là, tu poses deux deux questions en une. Donc pardon, oui, tu poses deux questions en une. euh comment en gros socialiser l'économie à l'échelle municipale et comment avoir une vraie démocratie radicale qui soit pas réservé à une certaine classe sociale.
Euh pareil, vu que on n pas énormément de temps pour répondre à ces questions hyper larges, je vais je vais je vais me faire le le joker de donner des ressources. Il y a un super un super bouquin qui s'appelle pour en finir avec la démocratie participative qui a qui a un titre un peu provocateur mais qui reprend qui fait une super synthèse de la recherche sur la démocratie participative en France et en particulier dans les mouvements municipalistes et une synthèse critique he comme l'indique son titre euh qui montre comment la démocratie participative a été neutralisée, instrumentalisée, privatisé même par des certains intérêts et et qui pointe vers des des des des solutions ou des des idées pour la revivifier. Et alors parmi les les choses à prendre en compte qui qu'il soulligne, c'est un auteur, une autrice mais dont je me souviens plus du nom, je suis désolé mais vous le trouverez facilement.
Euh il pointe que euh la prise de parole en public est un privilège, est un savoir-faire euh qui est très peu euh très peu distribué euh qui est très concentré sur certaines classes sociales et que la démocratie euh participative a souvent été associée à ça, au fait de parler en public et donc ça ça réserve la parole à ceux et celles qui s'en sont s'en sentent la légitimité et et donc il y a tout sortes de dispositifs à à développer en dehors des conseils de quartier qui ont été pendant très longtemps le faire de lance de la démocratie participative en France. Dès qu'on avait un problème, on faisait une consultation avec des conseils de quartiers. Sauf que ceux celles qui viennent, c'est les responsables associatifs, c'est les les gens qui ont l'habitude de prendre la parole en public.
Et euh et donc il y a il y a il y a cette idée-là de ne pas faire parler forcément public les gens, d'aller les chercher autrement. Euh et juste sur la la question de la socialisation de la production, euh alors il y a il y a les exemples de de Barcelone qui sont euh donc avec la la création de communs municipaux avec la municipalisation de pas mal de de services, l'eau, l'électricité, Barcelone a gagné plein d'argent avec son électricité autoproduite et maintenant il y a plein de communes qui s'en inspirent. Moi je suis j'habite en partie en à Userche en Corè qui produit son électricité et produit l'électricité des communes avoisinante et qui gagne plein d'argent grâce à ça au lieu d'en dépenser.
Euh et euh et donc voilà, c'est c'est des idées et pour la à Barcelone, ils ont aussi développé ce qu'on a appelé le public communautaire, c'est-à-dire le c'est des coproductions de services publics entre le la commune et des associations, des organisations euh qui non lucratives qui en gros c'est comme des partenariats publics privés, sauf que au lieu d'aller au lieu d'aller chercher Vincy, on va chercher des des assauts anticapitalistes et qui veulent développer des communs urbains. Et ça inspire beaucoup les gens sur mon sur mon terrain là que que j'ai fait pour ma thèse qui en gros les les mairies développent l'économie sociale et solidaire comme une façon de faire des communs autogérés sur leur commune. C'est c'est quelque chose qui qui est très débattu parce que c'est aussi une forme de privatisation mais en même temps ça met les communs urbains et les communs municipaux à l'abri de des enfin potentiellement partie à l'abri de l'alternance parce que parfois il y a l'alternance fait que les communs municipaux peuvent être sacrifiés d'un coup quand ils sont dans la sphère sociale non marchande.
Ils peuvent être sauvegardés. Voilà, c'est des c'est des pistes. [Applaudissements] Alors, je vais essayer de répondre très très rapidement pour moins lamentablement dépasser le temps que je l'ai fait pendant mon intervention.
Euh, d'abord sur le les euh les processus démocratiques, je pense deux choses principalement. un euh bah en fait les processus démocratiques d'intervention populaire qu'on veut mettre en place dans des communes et ben il faut les penser en lien en appui sur les luttes réellement existantes des gens. Euh c'est-à-dire que et bien euh je pense un des défauts en effet de un peu la vague municipaliste de 2020 auquel beaucoup d'entre nous sûrement ont participé, c'était en effet de penser beaucoup les procédures et d'être obsédé par ça mais sans véritable forcément lien avec les mobilisations urbaines qui existe réellement.
Euh et euh d'autre part, l'utilisation qui est faite par la droite au sens large euh de euh de ces de ces espaces de concertation et cetera, c'est en effet pour euh régler des problèmes d'en haut. On vient chercher les gens pour régler les les pour trancher des questions, régler des problèmes qui sont des problèmes en fait du du de d'en haut du gouvernement quoi, municipal. Euh et donc bah je pense il y a beaucoup de villes en France maintenant où il y a des luttes depuis plusieurs années, par exemple contre les projets en rue, les projets de rénovation urbaine.
Bah ça c'est des luttes populaires urbaines qui existent réellement. Bah c'est là-dessus qu'il faut s'appuyer pour euh créer des espaces démocratiques, des conseils de quartiers qui discutent vraiment de quelque chose qui intéresse vraiment les gens. Euh et deuxièmement et ben euh il faut euh il faut avoir en tête justement ce problème que enfin il faut penser le fait que euh le les espaces de démocratie euh urbaine ou de concertation et cetera euh sont captés par euh des gens qui sont socialement très situés, des classes moyennes supérieures, des gens qui sont allés à l'université et cetera et il faut avoir en tête de ce problème pour y réfléchir quoi. comment on fait pour que ce soit pas le cas ?
Donc c'est des questions des fois matérielles. Euh donc il faut réfléchir à quel jour, à quelle heure on met les réunions. Est-ce que il y a quelque chose de prévu pour les gens qui ont des enfants, pour qu'ils soient gardés ?
Euh quel et ensuite quels sont en effet, comme disait Kylian, les modalités de participation ? Est-ce que c'est euh des choses qui sont euh des savoirs qui sont socialement à un endroit ou à un autre qui sont mobilisés pour participer à à ces réunions ? Voilà, je ben souscrit à ce qu'a dit Kilian sur les communs urbains, le fait de faire revenir en régie publique, en service public local, tout un tas de de services urbains.
C'est une première chose, je vais pas du coup revenir dessus. Et je vais juste dire une deuxième chose euh en terme de socialisation, c'est pas vraiment de la socialisation de la de la production, mais je dois dire que euh une des compétences principales des communes, c'est euh la les politiques de logement. Et en terme de logement, bon, il y a bien sûr tout ce qu'on connaît, la défense et le développement du logement social.
C'est absolument capital de tenir sur le logement social à une époque où à une heure où la droite voudrait essayer de faire croire que c'est le logement social des fois dans certaines communes qui est responsable du manque de mixité sociale. Bon alors que c'est l'inverse, c'est bien sûr le marché immobilier qui est qui est responsable de ça. Mais il y a aussi d'autres politiques, d'autres façons je pense maintenant qui existent de d'expérimenter des formes de socialisation du sol, de socialisation du foncier par des organismes, on appelle dans la loi maintenant des organismes de fonciers solidaires, mais ça peut être des associations, des organismes qui viennent de collectif, qui viennent de la société les mêmes auquels la municipalité donne un agrément qui permet de de dissocier en fait la propriété du sol et la propriété des murs du bâti qui permettent aux gens de devenir du coup propriétaires de leur logement tout en faisant en sorte que la collectivité garde un contrôle sur les conditions dont on est propriétaire de son logement et notamment sur euh le prix auquel on va le revendre d'encadrer en quelque sorte les plusvalues qui sont possibles de faire quand on vend logement par le fait que la propriété du sol reste à la collectivité.
Donc je pense c'est aussi des choses super importantes. Et donc pour à la fois essayer de donner des pistes de réponses et coller à mon propos sur comment on favorise l'intervention populaire pour repolitiser l'échelon municipal. Bah en fait je vais m'appuyer largement sur la boîte à outil programmatique dont la première partie est précisément sur qu'est-ce qu'on fait en terme de de démocratie.
Et il y a plusieurs plusieurs points notamment celui de partager le pouvoir. Et le partage du pouvoir ça se fait en consultant les habitantes et les habitants par exemple en organisant des votations citoyennes dont le conseil municipal doit respecter le résultat ensuite. et ben notamment lorsqu'on parle de grands projets d'aménagement, d'organisation des temps périscolaires, de de tarifs municipaux, ce sont des choses qui impactent au premier plan le la vie des gens et donc qui n'est qui euh enfin ce serait pas ce serait pas illogique de les impliquer dans dans les processuses de décision.
Impliquer les citoyennes et les citoyens, c'est effectivement, comme on vient de le dire, mettre en place des conseils de quartier citoyen de proximité. Bon à Montpellier par exemple, il y a des espaces qui s'appellent les maisons pour tous. Euh ce qui est ultra paradoxal puisque tout le monde n'y a pas accès en fait.
Donc en fait c'est au bon vouloir du maire ce qui s'y passe. C'est les activités que l'équipe municipale a décidé avec les gens qu'ils ont décidé et cetera. Mais enfin bon, il y a des espaces en fait qui pourraient être mis en commun lorsqu'on parle de cause commune de bien enfin de de choses qu'on peut mettre en commun.
Il y a des espaces qui existent. euh c'est euh fixer des règles d'utilisation des budgets euh participatifs avec les habitantes et les habitantes de manière à ce que il y ait un minimum de transparence euh dans l'utilisation euh de ces budgets. Euh et puis euh c'est euh aussi s'appuyer sur euh comment dire des modes de participation citoyens.
Enfin, ce qu'on va faire un peu dans nos campagnes, c'est-à-dire des questionnaires citoyens, aller rencontrer les gens, demander la vie des gens, faire des cahiers de doléances, des assemblées de quartiers et cetera. De la même façon que on doit organiser aussi des campagnes d'inscription sur les listes électorales, hein, au niveau au niveau locaux. Euh et d'ailleurs dans les outils qui est en ligne, il y a aussi la le kit, je sais plus comment on l'a appelé, kit d'outil citoyen.
Euh oui, avec les les toute une enfin une panoplie de de questionnaires à disposition qu'on peut s'approprier, adapter à la commune où elle va faire campagne et cetera et qui sont en fait exactement comment nous on s'approprie cette façonlà en fait, faire de la politique avec les gens. Euh, il y a une nécessité d'abolir les privilèges, d'abolir la corruption et par exemple, on pourrait demander des élus qu'ils publient leur rendez-vous avec les représentants d'intérêt privé. Ça c'est ce qui est proposé hein dans la boîte à outil programmatique de manière à s'assurer qu'il refuse les cadeaux, les gratifications, les avantages en nature de toutes sortes venant d'entreprise.
Et puis bon bah un aspect qui semble pré enfin là prééminent proéminent dans d'autant plus dans le contexte dans lequel on est puisqu'on a annoncé notre motion de censure à la rentrée et qu'on va recommencer les débats sur le le budget dès la rentrée là de de septembre. bah c'est combattre les politiques austéritaires dont les collectivités sont les premières victimes. Euh je veux dire, il y a un grand nombre de de maire et notamment je pense à peu près tous les maires actuels des des grandes communes hein euh et des petites aussi d'ailleurs mais qui euh en fait acceptent comment dire la la le l'enveloppe qu'il aurait à alloué, donc la commande politique qui leur est passée et qui vont se débrouiller pour appliquer une politique austéritaire à l'échelon local puisque ils n'ont pas assez d'argent pour tout faire fonctionner.
Enfin, je veux dire, ils sont pas obligés d'accepter la politique macroniste, quoi. En fait, ils appliquent le macronisme, donc le néolibéralisme, à l'échelon local. Et donc nous on augmente on exigera l'augmentation des dotations et évidemment que enfin on sera en opposition pendant 1 an puisqueen 2027 il y aura des présidentiels et que nous gagnerons et que tout ira mieux ensuite.
Mais parce que il y a une continuité hein municipale présidentielle enfin voilà faut gagner les municipales et après les présidentielles. Donc voilà et peut-être pour finir un petit un petit comment dire un petit une petite astuce. Nous ce qu'on a fait à Montpellier pour s'approprier donc cet outil là, c'est que on a fait une réunion avec les militantes et les et les militants et on s'est fait un débroussaillage de de cet outil, la programmatique, en sélectionnant 10 mesures dans chaque axe.
Là, il y a l'axe social, l'axe démocratique, l'axe écologique et l'axe Nouvelle-Fance. 10 mesures qui nous semblent particulièrement pertinentes pour Montpellier et les trois qu'on mettrait en place immédiatement. Mais c'est voilà, il y a plein de choses à faire pour pouvoir s'approprier ça.
Merci à tous les quatre pour ces interventions passionnantes. On va on va passer aux questions. Euh on a maximum 20 minutes pour les échanges.
Ce que je vous propose, c'est qu'on prenne plusieurs questions et si possible s'il y a des questions euh qu'elles soient euh assez courtes pour permettre d'avoir un un temps d'échange et voilà. Est-ce qu'il y a des questions ? Euh normalement, il y avait Esther.
Ah, tu es là. Merci. Et on va alterner un homme, une femme, un homme.
Alors 1 2 Alors, il y a je vu. J'ai vu au fond. Je vais sinon je les oublie après le fond.
Comme là on est dans un moment de transition avant le monde d'après, c'est des fois un peu difficile en ce moment de faire campagne parce que justement comme vous le soulignez, on n' pas accès aux salles ou voilà. Donc je voulais savoir si on si vous dans vous aviez aussi un peu peut-être des leviers juridiques pour euh voilà, moi j'habite à Roman qui est juste à côté et en fait la mère nous ne nous donne plus accès aux salles des aux maisons de quartier ou choisit quelles associations donc est-ce que voilà des pistes pour le moment un peu compliquées avant qu'on soit aux manettes. Merci.
Bonjour euh Romain de Gayak dans le Tarne. Euh j'ai beaucoup aimé la dernière question. Alors merci à vous 5.
J'ai beaucoup aimé la dernière question. C'était vraiment le centre de de ce qui m'intéressait dans ce débat et je trouve que Kylian a a été a été très pertinent. Je voulais aller dans ce sens.
Donc toujours efficace devant le but. Super. Euh mais en gros le la participation citoyenne elle elle ne peut pas s'articuler uniquement dans les assemblée mais elle doit se faire aussi dans les choses très pratiques.
Et je pense que c'est là qu'on peut amener d'autres personnes. C'est-à-dire que peut-être que le maçon retraité va être beaucoup plus efficace et beaucoup plus attiré par le fait de participer à un chantier euh directement et donc d'aider de ses mains plutôt que de venir à une assemblée pour définir les contours d'un projet de quartier. Et donc c'est c'est un peu l'équilibre entre le Soviet et l'Assemblée en quelque sorte.
Et je pense qu'il faut vraiment aller dans ce sens et dire que la participation des gens, elle est pas que théorique mais qu'elle peut partir du pratique et ensuite se généraliser. Et nous, on a travaillé un petit peu dans ce sens-là de pour essayer de concevoir la manière dont on envisage le communalisme euh dans ces élections et aussi l'articulation autour de commun. En gros, on se dit il y a la catastrophe écologique, il y a les bouleversements économiques et sociaux qui sont liés, donc dont on n'imagine pas, je pense encore aujourd'hui l'ampleur.
Il va falloir qu'on se dote d'outils pour répondre à nos besoins et de les gérer collectivement en créant des communs. Donc un commun autour de l'alimentation, un commun autour de l'habitat, un commun autour de la santé et on est en train de travailler sur ces petits pôles là et d'en faire à travers le mouvement coopératif des des des presque des des mébis thématiques qui s'autonomisent progressivement, dans laquelle la mairie a son mot à dire et a des choses, mais où les les habitants bah finalement euh s'emparent de l'outil et s'autogèrent. et je trouve que c'est c'est des pistes qui sont hyper intéressantes.
Je suis très content que par rapport aux dernières élections municipales, on se soit doté d'une doctrine en quelque sorte, qu'on soit pas juste dans une dans une liste de mesures. Je pense que c'est une piste pour aller encore plus loin et pour réinventer vraiment ce communalisme là. Merci. [Applaudissements] Bonjour et merci pour votre excellente intervention à toutes et à tous.
Euh moi, je fais un petit retour sur expérience puisque j'ai travaillé dans des collectivités territoriales où j'étais dans des services communication et où on organisait la justement la démocratie participative. Alors sur la démocratie participative euh il y a eu on a été confronté enfin la ville a été confrontée à deux difficultés. euh d'abord sur la prise de parole en public ce que vous avez évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire c'est pas seulement les gens qui se sentent légitime qui prennent la parole mais aussi des gens qui ont la capacité de prendre la parole en public qui a notre écueil et je me dis qu'il faudrait peut-être dans ce cadre là commencer par la base, c'est-à-dire faire en sorte que tout le monde se sente légitime à prendre la parole et et bon presque on est dans l'éducation populaire en quelque sorte et puis par rapport à la sociabilisation des moyens de production et de tout ce côté un peu économique, moi je voudrais revenir sur les marchés publics parce qu'il y a une très grande opacité là-dessus et tout à l'heure Nathalie vous parlez des travaux qui pilulent et que les gens ne comprennent pas pourquoi on les fait euh combien ça coûte quel est l'objectif et cetera.
Et là dans les collectivités territoriales, il y a un vrai problème de corruption aussi hein parce qu'on va calquer le cahier de charge sur telle ou telle entreprise avec laquelle on va bosser en intégrant un critère exemple voilà qui emploie des personnes handicapées mais tout ça est tout à fait tout est plié voilà carrément à la base. Et puis sur les enveloppes parce que moi j'étais dans une ville qui a accordé 80000 € au conseil de quartier. Et là on voit quand même que il y a comment dire ceux qui se sentent légitimes dans la prise de parole et qui sentent qui savent mieux que les autres qui vont plus être force de proposition sur des travaux à mener sur des espaces verts à aménager souvent à côté de chez eux.
En tout cas, comment faire en sorte que les gens qui participent justement à ces comités de quartier s'inscrivent vraiment dans une démarche collective et ne viennent pas poser juste simplement euh le problème auquel eux ils sont confrontés personnellement ? Voilà. [Applaudissements] Merci.
Ma question donc va porter sur les l'expérience des élections municipales en Espagne. Vous avez évoqué que 2015 ça a été bon la mise en place de de ces expériences municipales particulièrement à Barcelone et à Madrid. Mais vous avez aussi rapidement évoqué là je veux pas être rabageois qu'en 2019 et en 2023 il y a eu échec.
Donc c'est quand même intéressant aussi de comprendre comment on peut avoir échec. Enfin, en tout cas, si vous avez quelques secondes à nous expliquer, ce serait quand même intéressant pour éviter justement d'avoir à subir ces mêmes conséquence. Merci.
Oui, c'est c'est pas tant une question mais une proposition quant à la prise de parole de de des habitants d'une ville ou d'un quartier qui est un gros problème un gros problème et notamment en direction des quartiers populaires. Il faut savoir donc que les cahiers de doléance qui sont issus du fameux grand débat sont à disposition au niveau des des départements et des et des enfin en tout cas pour ce qui est de Toulouse. Euh ils sont à disposition pour justement faire en sorte que commune par commune ou par groupement de commune on puisse y avoir accès.
Donc c'est une proposition que je je vous soumets. J'imagine que dans d'autres départements la la la dynamique est enclenchée mais enfin voilà donc il y a de la matière pour faire en sorte de de faire remonter la parole citoyenne. Merci.
C'est bon c'est l'ordre. Je continue. Je peux en Ouais deux.
Allez merci. Oui bonjour Éric cochef de fil à Maison Alfort dans le 94. Je voulais parler de la vie associative.
On en a pas trop parlé. Pour moi, c'est un sujet important pour la vie d'une ville, notamment bah les associations, tout le monde s'engage, le sport, la culture et cetera. Et à mon avis, il y a un double enjeu sur ce sujet, c'est d'une part la question de l'austérité, elles sont prises à la gorge et manque de financement.
Et ça, ça me semble un sujet très important d'une part. Et la 2è part, c'est la question euh du clientélisme, de qui de qui on finance, pourquoi et euh du système dont euh les euh associations vont être subventionnées, par qui et pourquoi. Et donc euh bah voilà, je voulais un peu avoir vos analyses et vos éclairages là-dessus sur euh sur ce sujet qui est voilà pour moi important dans la vie d'une ville.
Merci. pour essayer on fait femme est-ce qu'on peut faire passer hop de Bonjour Nellie merci pour ce débat très intéressant euh une question et une suggestion question technique est-ce qu'une commission citoyenne qu'on établirait avec des règles bon à à voir pourrait avoir à voter ou à prendre part à des décisions de conseil municipal C'est une question un peu technique. La suggestion sur le la prise de parole effectivement c'est jamais évident.
Et dans moi je suis en ruralité he je suis à 13 en Provence. Il y a beaucoup de petites villes où il y a des journaux municipaux. Euh pourquoi pas euh utiliser une page pour faire un système de votation ou de suggestion euh détachable à rendre à retourner à la mairie.
Ça permettrait à des gens de s'exprimer non pas oralement avec les difficultés que ça mais par écrit ou toute forme de de choses comme ça. Voilà. Est-ce qu'on fait une pause ?
Je sur euh sur les mairies espagnoles, je suis vraiment pas spécialiste. J'ai lu un peu sur le sujet assez pour savoir que [Musique] il y a eu un sentiment de déception vis-à-vis de politique euh des politiques transformatrices notamment que il y a il y a beaucoup de politiques on va pu être financé à cause d'une loi d'austérité qui a été votée la loi Montero qui a beaucoup fermé le champ des possibles pour les les mairies du changement. Je sais aussi qu'en 2000 euh en 2019, c'était un scrutin qui était très qui s'est beaucoup joué sur des enjeux nationaux et donc en fait les mairies avaient peu de marges de manœuvre.
Il y avait un un il y a eu un un mouvement vers la droite assez généralisé. Et je sais aussi qu'en 2023, il y a eu ce problème de euh de désunion avec Iscarunida et Podemos et même au sein des confluences municipalistes. C'est comme ça qu'elle se se nommait.
Mais je sais pas exactement euh à quel point ces facteurs étaient centraux, s'il y avait d'autres facteurs et mais par contre je sais que vous trouverez toutes les réponses dans un livre qui s'appelle Ville Rebelle de Mathieu Pethomme euh Eloï Nise et une troisème personne dont j'oublie le nom. Et à 17h30 aujourd'hui, il y a Mathieu Petitom qui anime une table ronde qui s'appelle Mairie du changement en Espagne et commun d'un municipalisme contemporain et il pourra répondre beaucoup mieux que moi à cette question. Euh moi ce que je retiens des différentes interventions, questions, propositions, suggestion, c'est deux axes.
D'abord la question de la prise de parole et d'autre part la question du rapport entre pratique et théorie, les conditions matérielles en fait de possibilités de d'une véritable émancipation par les communs. Et je pense que les deux sont liés et les deux sont liés prise de parole et d'un autre côté le rapport à la pratique et pas seulement à la théorie abstraite. passe par exemple, il y a pas il y a pas on peut pas expliquer l'émergence de la commune de Paris pour revenir à cet exemple historique si on n pas en tête toutes les formes d'autoorganisation préalables qui ont conduit à ce surgissement révolutionnaire, c'est-à-dire justement les chambres syndicales, les associations, les coopératives, toute la dimension des mutuels, des mutuels de production, des cantines populaires, des toutes les formes aussi de coopérativ d'alimentation et cetera.
Et donc ça ce sont des des outils absolument majeurs et je pense que ça je dis pas que ça répond comme par magie à la question de la prise de parole mais cette dimension qu'on même qu'on a appelé pour le 19e siècle l'associationnisme euh c'est c'est-à-dire la la capacité à se sentir aussi légitime à intervenir dans le champ du politique au sens très large du terme au sens où c'est la cité c'est ce qui est notre bien commun et en fait si on si on ouvre le champ par rapport à cet exemple historique On s'aperçoit que il y a eu il y a il y a plein de de tentatives justement pour briser cette question de la de l'intériorisation de l'illégitimité. Ah mais en fait moi je l'ai vu aussi beaucoup en travaillant sur 68. Ah ben moi je suis une femme par exemple, je suis je suis pas légitime à intervenir.
Lui en tout cas il interviendra bien mieux que moi. C'est un dirigeant syndical. il dira "J'ai des idées bien sûr dans la tête mais il dira les choses mieux que moi." Et c'est aussi ce qui a par exemple expliqué euh euh bah le des organisation non mixité pour se donner confiance, pas que he d'ailleurs, mais euh je veux dire le mouvement féministe, il a aussi contribué à aider euh certaines femmes à se sentir légitimes, à prendre la parole notamment.
Et donc il y a plein de formes comme ça historiques et très contemporaines. Euh et je pense que du coup peut-être une chose qu'il faut pas faire, c'est ce qu'on est en train de faire, c'est-à-dire l'effet de tribune. Bon voilà, là c'est peut-être inévitable et cetera, mais ça marche super bien quand on est en cercle et c'est pas que formel être en cercle et tout.
Et en fait, je suis sûre que vous auriez eu beaucoup de choses à dire, peut-être autant que nous en réalité sur des sujets sur un sujet transversal comme celui-là. Et je termine sur la question de la de la matérialité. Je l'ai rappelé hein euh sous la commune de Paris, c'est pas que voilà, on va on va penser théoriquement ce que pourrait être une émancipation par les commun, c'est euh s'organiser dans des chambres syndicales pour faire en sorte que le travail soit euh autonome euh de l'exploitation capitaliste.
C'est euh se fonder sur des associations qui préexistaient à la commune euh sur la question de l'éducation pour mettre en place concrètement une école émancipée de la structure hiérarchisée euh inégalitaire et oppressive. Donc tout ça est vraiment lié et c'est la raison pour laquelle je pense qu'il faut vraiment euh construire nos syndicats euh nos associations, la vie associative dont dont il a été question dans l'une des des interventions, c'est fondamental euh toutes nos organisations et lutter aussi, c'est la dernière chose, contre la machine de guerre médiatique parce que les échecs ici ou là, c'est aussi lié à un travail de sap et on va le subir énormément. C'est pas pour être à Bajois là aussi, mais on va le subir énormément dans l'année à venir avec les milliardaires comme Stérin qui vont tout faire pour que l'extrême droite euh colonise et gagne énormément de municipalités.
Donc nous, on a beaucoup moins de moyens que ces gens mais on a notre énergie auto-organisée et bon ça ça importe au premier chef ou au premier plan, on va dire. H peut-être sur je réfléchis en même temps sur comment comment on fait pour que les gens se sentent légitimes à à intervenir. En fait effectivement, il faut créer des espaces où les gens se sentent en confiance.
Euh c'est une problématique notamment bah pour que les femmes interviennent, pour que les jeunes interviennent et pour que les habitantes et les habitants de quartier populaire se sentent légitime à intervenir. Alors bah un truc tout bête mais quand on est en marché c'est du 1 à un quoi. Donc c'est un format qui est assez comment dire natur où on va enfin où la personne répond de manière assez naturelle sans même imaginer qu'elle est en train de de participer à de la réflexion politique.
Donc déjà enfin juste ce cette prise de contact là permet de libérer la parole et ensuite ben dans des formats qui sont un petit peu plus collectifs bah il y a il y a plein de choses enfin que nous aussi on met en place enfin qu'on expérimente en tout cas à la France insoumise par exemple bah voilà comme on disait éviter le format frontal les formats en petite table pour que la la parole circule et cetera et puis pour que tout le monde ait eu l'occasion de donner euh de de participer à la conversation à l'échange et que on puisse se restituer quelque chose chose en en plainère ensuite qui qui en comment dire qui qui reflète la variété des des prises de parole des interventions. Euh donc en fait oui, c'est une question de enfin faut voir enfin voilà, faut inventer au niveau du format et un format qui puisse faire intervenir le plus grand nombre possible. Euh après, alors ouais, sur le nom près de salles euh c'est je pense que c'est un problème qui va se poser dans un grand nombre de de communes de toute façon.
Euh je je suis pas la spécialiste des leviers juridiques, mais il y a aussi un comment dire une question de de d'urgence quoi. Quand on a besoin d'une salle, on a besoin d'une salle, hein. Des fois bah c'est donc bon, nous on a choisi la débrouille hein.
C'est-à-dire que bon, plutôt que de rentrer dans la bataille avec la mairie, bah soit c'est du plein air, soit bah machin qui dans son quartier connaît le théâtre, enfin c'est ce qui s'est passé pour nous, connaît le théâtre et donc bah on a pu voilà se réfugier dans une salle comme ça. les bar enfin voilà, on réinvestit les espaces qui existent déjà et qui sont disponibles au grand public. Alors beaucoup de trucs ont été abordés donc je vais pas en rajouter.
Je vais vous inviter à aller voir les prochaines les trois conférences qui restent du parcours municipal. Donc une conférence, on en a parlé un peu ici euh sur la rénovation urbaine, c'est-à-dire sur l'ene. et beaucoup de luttes qui existent dans beaucoup de villes en France tout à l'heure à 15h30 et puis à 17h30, il y a une conférence sur l'adaptation des villes au changement climatique et conférence sur donc les mairies du changement et et l'expérience de Naples, parce que ici on a parlé d'Espagne mais si vous ne le savez pas, Naple a aussi été gouverné pendant un grand nombre d'années par un maire municipaliste, on peut dire, qui s'appelle Luigi Magistrice qui était très lié juste justement au mouvement des communs urbains de Napl qui a c'est une expérience très intéressante pour les gens qui s'intéressent à cette question des commun à mon avis puisque en gros la ville de Naples a essayé d'élaborer de de construire une sorte de nouveau droit au commun, c'est-à-dire un droit d'usage pour des collectifs qui utilisaient l'espace d'une façon qui était considéré comme d'intérêt général ou d'intérêt communautaire. euh un droit d'usage qui serait un peu équivalent, qui aurait en tout cas le même poids que le droit de propriété sur l'espace.
Bref, c'est une expérience très intéressante. Je vous invite à aller voir cette conférence et je voulais juste donner une réponse très courte à la camarade qui s'interrogeait sur la possibilité euh de contraindre le conseil municipal à prendre des décisions qui auraient été prises par des assemblées citoyennes ou peut-être des rices ou des droits de pétition ou et cetera. En gros, je pense que en fait dans la loi euh il n'est il n'y a pas par exemple le fait comme on le pourrait on peut le proposer nous que des conseils de quartier peuvent avoir un droit de véto sur des du conseil municipal.
ça n'existe pas dans la loi mais ensuite le conseil municipal est souverain. Donc si c'est une majorité d'insoumis dans le conseil municipal, il peut très bien s'appliquer, décider et s'engager à appliquer comme règle le fait que si telle et telle chose une assemblée citoyenne, un conseil de quartier, un un pétition qui dépasse tant de signature, alors il respectera la décision quoi. C'est plutôt comme ça qu' qu'il faut le formuler puisque bah changer la loi, c'est c'est au niveau de l'Assemblée nationale qu'on le fait.
Euh et je pense que le reste a été beaucoup évoqué par les autres intervenants. Je vais moi juste vous rappeler puisque je pense cette conférence touche à sa fin d'aller euh tous vous procurer votre boîte à outil programmatique municipal. Euh et puis je n'ai eu aucun moyen de le caler pendant mon intervention, mais je vais le caler quand même de façon totalement artificielle.
Euh n'oubliez pas camarade de vous acheter le nouveau livre de l'Institut Labo ici pendant ses amphies. Nouveau peuple nouvelle gauche. Et je voudrais juste rajouter quelque chose que j'ai oublié.
N'oubliez pas aussi que vous pouvez vous procurer pour 3 € le guide des radicalités concrètes qui a été fait par des camarades euh qui sont élus dans les collectivités territoriales et qui est à disposition. Il y a un monsieur qui le brandit là. Moi je n'ai pas eu le temps de l'acheter encore.
Sur le stand du réseau des élus insoumis et citoyens. Merci beaucoup à tous et à toutes. [Applaudissements]
Nathalie Oziol