Paris, Lyon, Marseille : faut-il changer les règles ? | Parlement Hebdo - 11/04/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Parlement Bido, l'émission qui vous fait vivre les temps forts de la semaine au Parlement. Et comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur. Cette semaine, nous accueillons Emmanuel Grégoire.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes député socialiste de Paris et candidat à la mairie de Paris en 2026.
C'est face à vous Jean-raymond Hugonet. Bonjour. Bonjour, vous êtes sénateur de Leson apparenté au groupe Les Républicains.
On reviendra sur les tensions commerciales déclenchées par Donald Trump. Vous débatterez des conséquences de cette tempête sur nos finances publiques. Faut-il laisser filer le déficit alors que la France s'apprête à augmenter ses dépenses militaires ?
Dans ce contexte, de nouvelles coupes budgétaires sont annoncées. Et puis on parlera de PLM pour Paris Lyon Marseille. Les députés ont adopté la proposition de loi qui modifie le mode de scrutin particulier des élections municipales dans ces trois villes.
À un an des élections, la gauche et une partie de la droite dénoncent un tripatouillage électoral. Mais d'abord les tensions commerciales et leurs conséquences sur notre budget. Cécile Six.
Quoi qu'il arrive, il faut tenir. La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin ne lâche rien. Elle compte maintenir ses objectifs budgétaires et notamment réduire les déficits publics à 5,4 % malgré les chocs économiques provoqués par Donald Trump.
Les efforts de défense liés à l'Ukraine et l'augmentation des taxes de 10 % vont impacter la croissance française. Il faut, dit-elle, faire un effort budgétaire supplémentaire. qu'on va réduire de 5 milliards de plus notre dépense que ce que nous pensions faire au départ.
Le but c'est quoi ? C'est qu'il y a des dépenses qu'on pensait faire, qu'on ne va pas faire, qu' a des dépenses qu'on fera plus tard. Il y a aussi des endroits où on va faire plus d'économie pour financer par exemple un peu plus d'efforts sur la défense à la fin.
Notre but c'est quoi ? C'est de tenir le déficit. Le sénateur LR Jean-François Rapin soutient cette fermeté du gouvernement nécessaire selon lui pour maintenir le cap budgétaire.
On ne pourra pas supporter des déficits de 6 5 6 % comme ça pendant des années. On sait très bien que l'endettement est très fort. À chaque fois qu'on reprend du déficit, on reprend de l'endettement.
Donc il faut retravailler réellement sur le budget. Pour la gauche, une autre voie est possible, celle d'augmenter les impôts. Le sénateur communiste Pascal Savold dénonce un arbitrage vertical du gouvernement.
Euh crise du Covid, crise de l'Ukraine, crise avec les droits de douanes, euh surarmement, c'est à chaque fois euh déficit public. C'est la seule entrée qu'il y a. Il y a pas recette publique.
Vous voyez ce que je veux dire ? Ça, ça mérite un arbitrage par les Français. Voilà, je vous le dis très sincèrement.
Je pense qu'à un moment donné, faudra aussi demander la vie aux français et aux françaises. Le gouvernement contre réunir, élus, partenaires sociaux et collectivité locale pour préparer le prochain budget dans une grande conférence des finances publiques qui aura lieu le 15 avril prochain autour de François Beou. Jean-Ray Mononna, il faut préparer le pays à de nouveaux efforts budgétaires dans ce contexte international qu'on connaît désormais avec une hausse des dépenses de défense et puis aussi une tempête commerciale dans laquelle nous trouvons et ce qui pourrait ralentir notre croissance.
Écoutez, je crois qu'il faut être clair. C'est la quadrature du cercle dans notre pays. Ça fait un moment que ça dure.
Alors, j'entends euh les expressions des uns et des autres. Au final, c'est quoi ? Tant que notre pays ne fera pas des réformes structurelles profondes, il ne pourra pas avancer et répondre aux questions qui qui lui sont posés.
Je le redis, c'est la quadrature du cercle. Je ne vois pas comment on va pouvoir s'en sortir alors que déjà le budget 2025 est un échec. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette vision des choses du sénateur Emmanuel Grégoire ?
Est-ce qu'il faut faire des réformes profondes vu que la situation budgétaire ne va pas s'arranger avec ces annonces de Donald Trump ? où il faut sans doute faire des réformes. Enfin, c'est ça, c'est de se payer de mots.
La réalité, c'est queil faut d'abord prendre des décisions et je trouve qu'il y a beaucoup d'opacité dans ce qui est en train de de se passer. Et quand j'écoute la ministre de Montchalard, pourquoi la prévision de croissance, elle a été abaissée, c'est les conséquences cumulées et de la situation économique, aggravé évidemment par l'évolution des taux de droit de douane. On peut pas en même temps baisser la prévision de croissance de 0,2 points à 0,7 % et afficher un maintien de l'objectif de déficit public à 5,4 %.
Ça marche pas. Non, c'est pas possible. Donc ça veut dire qu'il y a des économies cachées et je trouve que c'est pas légitime d'y réfléchir mais qu'il y a une immense opacité qui s'est installée actuellement.
Le Parlement n'est absolument pas saisi de ces questions. C'est-à-dire que le gouvernement ne vient pas dire où il veut faire les économies précisément. Et qu'est-ce qui se passe dans l'arrièreboutique ?
Parce que je la connais bien l'arrière boutique. Et bien il y a des gens qui dans leur petit bureau décident on va faire des économies ça s'appelle des gels de crédit et on en prendra la mesure par décret. Ça veut dire sans passer par le parlement.
Exactement, c'est il y a pas il y aura pas de débat sur ces sujets-là et on découvrira à mon avis à l'été sans doute à la fin de l'été l'ampleur des secteurs qui ont été touchés auquel euh avec un petit sourire en coin on annoncera des économies qui n'avaient absolument pas été préparées. Ça pose deux problèmes. un problème démocratique parce que ça n'a été discuté avec personne et le deuxième un problème d'organisation et de préparation puisqu'on va dire fin septembre qu'ils toucheront il y aura moins de finance, il y aura moins d'argent pour financer les politiques publiques qui ont été programmées avec des des impacts absolument majeurs et donc je trouve que c'est un double problème qui doit être levé très rapidement.
Alors, vous dites qu'il y a une forme d'opacité sur nos comptes publics et pourtant Jean-Mayont Ugonet, euh ce mardi, ce mardi 15 avril, et bien François Baouot va organiser une grande conférence nationale sur les finances publiques pour faire un état des lieux des comptes de la nation, présenter les trajectoires budgétaires. Est-ce que c'est la bonne méthode ? Est-ce que c'est aussi une manière de mettre tous les parlementaires, y compris ceux d'opposition, devant leur responsabilité pour redresser nos finances publiques ?
Qui croit encore à ça ? Honnêtement, dans notre pays dès qu'il survient un problème, on fait une grande conférence, un grenel de ceci de Tartempion. Plus personne ne croit à ça, ni la population, ni les politiques.
Une chose qu'il faut remarquer et qui est nouvelle, le décret d'attribution du périmètre des ministres. Regardez celui de monsieur Lombard qui pour l'instant s'en sort plutôt pas mal. C'est pas ma tasse de thé, mais il s'en sort plutôt pas mal. son périmètre d'attribution est très très important par rapport à celui de madame de Monchalin qui est très restreint.
C'est vraiment lui le premier ministre bis et on le comprend pourquoi politiquement puisqu'il est socialiste. Donc j'attends de voir ce qui va sortir là. Cette conférence ne va servir à rien et je rejoins mon collègue député dans le fait que le parlement est contourné mais ça fait belle lurette.
Vous voyez, on a eu affaire à monsieur le maire, on a déjà compris ce qu'il en était indépendamment des mensonges et du contournement du parlement. Là, j'attends de voir. Mais il vous faites confiance à monsieur Lombard pour prendre les bonnes décisions dans ce contexte ?
Non, il a une approche assez, j'allais dire presque assez honnête. J'attends quand il va quitter les éléments de langage pour réduire et résoudre la quadrature du cercle. Là, je l'attends au au tournant.
Est-ce que vous pensez, Emmanuel Grégoire, que le ministre des finances actuelles peut résoudre la coadure du cercle ? Est-ce que vous socialiste, vous êtes prêt à travailler avec le gouvernement pour avoir le meilleur budget possible dans ce contexte trouble ? Oui.
Alors, il y a deux choses parce qu'il y a le budget pour 26, mais c'est surtout là, on parle en fait de ce qui se passe en cours de route et donc c'est un sujet d'ajustement. D'abord Éric Lombard, il est pas socialiste, il était socialiste quand il était tout jeune, peut-être même enfant, peut-être même vous vous avez été de moche un jour. Euh ça marque.
Non mais en tout cas, bon, j'ai remarqué vous aviez salué son sens du dialogue et il est réel. Euh et évidemment il est là, il est une des personnalité qui permet quand même d'avoir un débat euh intéressant. Mon regret, c'est que Éric Lombard a une surface politique à l'intérieur du gouvernement qui est pas à la hauteur de ses qualités pour le dire comme je le pense.
Euh il faut qu'on puisse urgemment discuter de plusieurs choses. D'abord euh le gouvernement a chiffré à 5 milliards d'euros l'effort qui lui semble nécessaire pour réactiver, on va dire, une stratégie qui s'adapte aux enjeux internationaux en matière de défense. Il faudrait qu'il le documente, il faudrait qu'ils expliquent.
On n'est pas obligé d'acheter les 5 milliards. Si c'est 6, c'est plus. Si c'est 4, ça peut être moins.
Bref, expliquer. Et là, vous dites que c'est pas expliqué. Euh, c'est pas Non, non, non, je le Oui, il y a un manque de transparence et c'est là que je fais un reproche au gouvernement qui reste le même, c'est de ne contre la situation, c'est de pas plus s'appuyer sur les parlementaires de de deux exemples par peur par peur ou par contournement.
D'abord, peut-être par indifférence culturelle dans un pays qui a pas une tradition de faire confiance à son parlement. Euh et la 2è, c'est que euh il y a beaucoup d'opacité, c'est-à-dire qu'on veut pas dire les choses exactement. Euh il faut faire confiance à la représentation nationale.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que d'abord qu'il y a un travail approfondi dans les commissions de la défense qui sont les commissions parlementaires au Sénat et à l'Assemblée qui sont chargé de cela. Nous avons besoin, je veux dire moi par exemple à tit personnel, j'ai besoin d'être éclairé par les spécialistes du sujet de la défense en disant oui c'est 5 milliards ou c'est 4 ou c'est 6 flottent autour de cette question. pour vous donner un exemple, la question du financement d'un second qui est en réalité un nouveau portavion nucléaire quand le Charles de Gaulle sera déclassé.
Est-ce qu'on en a besoin ? Est-ce que dans les enjeux géopolitiques et de défense qui sont les nôtres, c'est maintenant qu'il faut l'engager, pourquoi et cetera et ensuite se poser la question si on doit trouver des marges de manœuvre budgétaire supplémentaire, et bien où on les trouve ? Où on les trouve en dépenses ?
Mais je suis obligé de le dire, où on les trouve en recette. Vous avez encore il y a de jours un rapport qui dit que les impôts augmentaient pour tout le monde sauf pour les riches en 2024. Peut-être est-ce quand même le sujet numéro 1 qui doit être mis à l'ordre du jour ?
On va en parler de la question des impôts. Donc en gros, les socialistes attendent d'avoir les éléments à voir de avant de se positionner sur ces 5 milliards d'euros de de baisse de dépenses publiques annoncées par Amélie de Monchalin. Jean-raymond Hugonet une nouvelle baisse de dépenses publiques alors que notre croissance pourrait être réduite avec toute cette tempête commerciale déclenchée par Donald Trump, c'est quand même un petit peu risqué de encore baisser les dépenses pour la croissance.
Bah baisser les dépenses, écoutez, il faut être d'accord. Alors là-dessus, c'est un un point de désaccord que nous avons profond. Euh les socialistes, c'est toujours plus d'état et les libéraux je dis je suis non inscrit à parenté au groupe LR et j'y suis très bien.
Me permettrait de nuancer parce que c'est pas ce que j'ai dit que je pense mais non non non mais je je parle globalement on est là on n' pas 6 he devant nous hein mais quand même les socialistes c'est toujours plus d'état et toujours plus d'impôts les libéraux ça peut aller jusqu'à beaucoup moins. Et moi en ce qui me concerne, ça peut aller jusqu'à Elon Musk aux États-Unis. Voilà, vous prenez mais voilà, soyons bon pour bien résumer résumer le sujet, on a quelque chose qui est vous savez où on est dans l'émotion où on est dans l'analyse.
En terme d'analyse économique, il y a des gens c'est vieux comme le monde les sujets que nous avons là. Il y a quelqu'un, si on a 2 secondes, euh qui s'appelle Dany Rodrig, un économiste distingué qui a dit au début des années 2000 exactement le problème. Vous prenez un triangle, aux trois angles de ce triangle, vous avez la mondialisation, la souveraineté nationale et puis les institutions démocratiques.
Et il a dit et démontré que si on veut rassembler les trois, ce n'est pas possible. Vous vous pouvez en avoir deux sur les trois, mais pas les trois ensemble. Nous sommes face à ça.
Si vous avez la souveraineté nationale et la mondialisation, vous avez la Chine, la démocratie. En revoir. Si vous avez la démocratie et la mondialisation, vous avez l'Europe et sinon vous avez la souveraineté nationale.
Et la démocratie, c'était les accords de Breton Wood. Faut renoncer à la mondialisation et se protéger. C'est pas renoncé, mais si on la pousse au maximum, vous perdez l'un des deux.
C'est ce qui se passe aujourd'hui. Pour revenir à la question de d'un effort possible qui serait demandé aux plus riches, à ceux qui peuvent contribuer, aux entreprises qui font des bénéfices. Est-ce que vous pensez Emmanuel Grégoire, qu'un impôt sur les plus riches serait vraiment productif alors qu'on est dans un contexte compliqué et qu'on a besoin d'investisseur ?
Euh deux choses. La première, on peut ne pas être d'accord, mais c'est insupportable d'observer que les impôts augmentent pour tout le monde, en particulier les classes moyennes, à l'exception des plus riches. C'est insupportable.
Et je ne sais pas dans quelle tête d'économiste on pense que c'est une bonne idée, mais ça ne l'est pas. Et d'ailleurs dans l'histoire, dans tous les pays qui ont été confronté à des situations de préparation, à du risque de guerre, de crise économique très grave et cetera, on a d'abord mis à contribution les plus aisés et pour une raison qui est logique philosophiquement. Ils ont profité généralement des phases d'avant pour accumuler des sommes colossales.
Vous faites le bilan de ce qui a été touché par les plus aisés depuis selon plein de mécanismes d'exonération du patrimoine et cetera. Mais depuis 10 ans, depuis 2017 en particulier, il a été donné des sommes pharamineuses aux plus riches voir au même très riches. Il est normal, il est logique, il est même impératif qu'en conséquence qu' des conditions où il y a une dégradation, ils soit les premiers mais à contribution.
C'est exactement l'inverse qu'on observe. Ça continue à baisser alors que ça augmente pour tous les autres. C'est insupportable socialement, c'est insupportable démocratiquement et il y a pas que les socialistes qui pensent ça.
Et bon, ce serait plus juste et normal de demander un effort au plus riche par exemple pour financer nos dépenses de défense. C'est pas ça. C'est c'est ce qui s'appelle la solidarité.
C'est Léon Bourgeois. C'est on va pas reprendre ça bien évidemment. Ça pourrait s'entendre ce que dit mon collègue député si on ne faisait pas n'importe quoi. ceux qui financent la procrastination budgétaire que l'on observe dans notre pays depuis 40 ans, cela ne supporte plus de contribuer largement déjà à la GAPGI financière avec des politiques qui sont incapables incapables de maintenir des des une une espèce de voilà un axe budgétaire raisonnable de très très grosses entreprises qui font des des mais les très très grosses entreprises, croyez-vous qu'aujourd'hui elles ne contribuent H voilà ça ça vous dites ça un cheval de bois il vous donne ne contribue pas et je parle pas des très grandes entreprises le sujet est un petit peu compliqué mais enfin tous les rapports montrent que l'effort fiscal il est largement moins élevé en pourcentage du revenu prélevé plus vous êtes riche plus d'une certaine manière le taux moyen d'imposition baissent mais c'est abérrant et c'est pas c'est faut faut expliquer pourquoi des gens pensent qu'il faut faire ça pensent qu'il faut faire ça pour attirer les grandes fortunes et attirer en gros tous les acteurs pour financer l'investissement.
C'est toute la base de la réflexion qui est mis en échec depuis 2017. C'est l'idée on va exonérer les plus grands d'efforts parce que ils vont investir et que ça va ruisseler et à la fin on y retrouvera marche la solidarité. la solidarité quand on sait que moins de 50 % des Français payent l'impôt ça commence aussi à poser un problème vrai personne ne par sur le pb les contribution nous sommes les champions du monde des taxes en France c'est prouvé champion olympique de tout ce que vous voulez donc moi je veux bien qu'on continue à avancer làdedans p pas d'impôt personne ne paye pas d'impôt cétait mais bien sûr que oui mais bien sûr que ouies par la TVA tout le monde.
Ben évidemment, c'est le plus gros rendement fiscal de l'État. Donc les plus modestes, les tous les plus modestes, les plus précaires, ils payent des des ils donnent des recettes à l'État. C'est ça que je veux dire.
On va changer d'échelle pour évoquer effectivement les élections municipales puisque les députés ont largement adopté la proposition de loi qui modifie le mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille. À 1 an des municipales, la gauche et une partie de la droite dénoncent un tripatouillage électoral. Elsa Mandingava.
PLM pour Paris, Lyon, Marseille est une réforme du scrutin municipal adopté à une large majorité à l'Assemblée nationale pour 183 contre 53. Depuis 1982, ces trois villes ont un mode de scrutin particulier. L'idée de la réforme est d'instaurer deux votes distincts, un pour élire les conseillers d'arrondissement, l'autre le conseil municipal qui désignerait le maire comme dans toutes les autres communes de France.
Spécificité à Lyon avec un troisème vote pour la métropole. On dit simplement un Parisien égale une voie, un Marseillais égale une voie, un Lyonnais égale une voix. C'est ça la force de la démocratie.
Ce n'est pas le cas avec ce mode de scrutin à l'heure actuelle depuis 40 ans qui a été inventé par Gaston De Fer pour une raison gagnée en étant minoritaire. La mesure est soutenue par les groupes ensemble pour la République et modem, le Rassemblement national et la France insoumise. Les socialistes, les écologistes et les communistes y sont opposés.
Certains y voi une volonté de privilégier Rachid Adati à Paris. La vérité en fait c'est que cette proposition de loi est le résultat d'un deal inavoable avec entre Emmanuel Macron et Rachid Atati. C'était le prix de l'entrée de Rachid Atati au gouvernement.
À droite un groupe très divisé qui a finalement voté majoritairement pour le texte. Un passage sans encombre donc à l'Assemblée mais cela pourrait être bien différent au Sénat. où une majorité d'élus est opposée à la réforme PLM.
Alors Emmanuel Grégor, une question pour vous avant de parler du fond de la réforme, un mot sur le calendrier. Changer les règles de ces scrutins dans ces trois villes à moins d'un an de l'échéance. Est-ce que ça laisse le temps aux habitants de de s'y faire ?
Non, c'est un peu la difficulté. D'abord, on reparlera du fond, mais le les macronistes avaient eux-mêmes voté un article du code électoral qui interdit de changer le mode de scrutin à moins d'un an. Pourquoi ? parce que c'est très compliqué sur le plan pédagogie du scrutin, sur le plan aussi des conséquences matérielles d'organisation.
Chacun comprend qu'à Lyon, il y aura trois urnes. À Paris, il y aura et à Marseille, il pourrait y avoir deux urnes. Ça va être un immense bazar à organiser.
Et et deuxièmement, c'est une affaire philosophique. On ne change pas les règles électorales. Ça avait fait à l'époque des débats les trémolos dans la loi.
On ne on ne tripatouille pas les règles un an avant et les mêmes d'une certaine manière changent parce que ça les arrange. Et l'alliance, ce texte est passé à l'Assemblée nationale dans une alliance qui signe la forfaiture. les LFI avec le Rassemblement national et les macronistes.
Enfin franchement la simple coalition qui a permis de passer ce texte signe qu'il est animé de de très mauvaises intentions. Et je dis pas qu'il faut pas réfléchir sur le mode de scrutin, mais il faut pouvoir le faire avec un peu de hauteur, un peu de méthode permettant d'éviter le soupçon de tripatouillage. Jean et monugonet sur le calendrier de cette réforme, c'est une forme de tripatouillage électoral qui est fait par le gouvernement et vos et vos alliés macronistes.
J'ai un faible pour la philosophie. Je vais rejoindre ce que vient de dire notre collègue. Bah, c'est caricatural là encore, excusez-moi, dans notre pays.
C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'arrive un scrutin, arrive ce sujet sur la table. À chaque fois, reprenez. Alors, si c'est un vrai sujet et et on peut le croire clairement, on parlera du fond, mais si c'est un vrai sujet, à ce moment-là, au lendemain d'élection, un an après un scrutin de façon plus apaisée, quand les choses la démocratie a parlé, à ce moment-là, on s'attaque au sujet.
Mais à 1 an ou moins d'un an de l'échéance, c'est juste incroyable et ça et bien évidemment ça peut être pris pour un tripatouillage. Alors justement sur le fond Emmanuel Grégoire, à l'inverse de toutes les autres communes de France à Paris Lyon Marseille, les électeurs votent par secteur et non pas à l'échelle de la ville. Est-ce que ce serait pas plus démocratique de changer les règles pour permettre de de d'avoir quelque chose de de corriger finalement une anomalie démocratique ?
Alors vraiment je ne crois pas ça et c'est un peu long à argumenter mais je voudrais donner quelques exemples. D'abord ils utilisent toujours l'argument de faire la fait pour de faire en 82. Vous dites il c'est qui c'est les les promoteurs de cette réforme utilise l'argument en disant c'est Gaston de fer qui s'est écrit une loi pour lui pour les élections municipales de 83.
Et c'est vrai, c'est vrai. C'est l'unique cas sur les 24 scrutins qui auraient été organisés dans lequel on a observé cette anomalie insupportable d'avoir un maire élu en ayant eu moins de voix que son adversaire. C'est la seule fois.
Et d'ailleurs linge à colon à Lyon, il est le maire de Lyon avec une minorité de voix. Oui, mais ça c'est pas c'est le cas de dans le droit communal n'importe où quand il y a une triangulaire. Gérard Colomb, il était peut-être pas majoritaire seul mais il était en tête.
Dans n'importe quelle commune quand il y a une triangulaire, on peut avoir un maire élu. C'est le principe de la prix majoritaire pour assurer la stabilité. C'est la seule fois et d'ailleurs ce cas avait été corrigé dès 1987.
C'était le découpage des secteurs à Marseille. Avait été opéré Jacques Chira qui était premier ministre. Comme quoi, quand on récupère les ciseaux, on les change.
C'est exactement ce qui est en train de de se passer. Moi ce que je veux dire, c'est je rebondir là-dessus, c'est qu'on réfléchisse au bon mode de scrutin. Pourquoi ces trois villes ont cette organisation un peu particulière qui est historique he à Paris, les arrondissements ont été créés en 1795.
C'est parce que ce sont de très grandes villes. Paris, c'est une ville de 2,1 million d'habitants. Elle n'a rien à voir en matière de gouvernance, de disponibilité des élus locaux avec une ville de 50000 habitants.
Et la deuxième chose, c'est que on a on a en terme de méthode organisé des des des débats. Le président de la République lui-même avait dit en 2017, l'Île-de-France, prend moi je m'exprime surtout sur Paris par définition, c'est un 1000 feuille administratif. via la métropole, les établissements publics territoriaux, la ville, les arrondissements et cetera.
Et ce qu'on avait prévu, c'était de réfléchir aux compétences peut-être à une simplification globale mais pas le le mode de scrutin, c'est la fin du processus, c'est pas le début. Justement, Jean-Raymond Hugo, est-ce que vous êtes d'accord avec ces arguments ? Est-ce qu'il faut garder ses spécificités dans ces trois villes ou au contraire aligner le mode de scrutin sur celui des qui est qui a lieu dans les dans les autres villes de France ?
Je vais diverger avec mon collègue parce que autant dans une décentralisation bien comprise, il faut en terme de compétenir compte des spécificités autant dans la démocratie pure, ça ce n'est pas possible parce que et on s'en rend bien compte maintenant, nous avons les Toulousains qui lèvent le doigt en disant Paris Lyon Marseille c'est pas c'est pas le championnat de Ligue 1. Même si Toulouse est mal classé au niveau de de la population, ils sont pas mal classés du tout. Alors pourquoi pas Toulouse ?
Pourquoi pas Toulon, pourquoi pas ? Et ensuite, on ne s'en sort plus. Je pense que pour la démocratie et pour la compréhension des choses, un être humain, une voix, c'est la base de la démocratie.
Vous savez, dans les intercommunalités, à un niveau une micro échelle, dès qu'on commence à avoir des scrutins avec où on demande l'unanimité, où chaque commune, quelle que soit la taille de la commune, n'est plus représentée que par un délégué, ça ne fonctionne pas et c'est comme ça qu'on détourne la démocratie. Emmanuel Gréwir, pourquoi ne pas euh enfin pourquoi refuser cette règle simple un citoyen une voix ? C'est pardon, c'est exactement le cas dans le mode de scrutin actuel.
C'est exactement le cas. Se dire ça est un mensonge au regard de la réalité du mode de scrutin tel qu'il existe actuellement. Et le deuxième mensonge, je rejoins votre observation sur expliquez-nous pourquoi.
Mais parce que c'est c'est un système d'organisation par circonscription mais chaque personne peut voter. Quand on vote pour celui qui sera en majorité et bien on a des élus. Quand on vote pour l'opposition, on a des élus.
L'opposition à Paris a des élus. S'il y avait pas un scrutin, une voie, l'opposition n'aurait pas d'élu. Euh et le 2e mensonge, et c'est là que que ce projet est une monstruosité démocratique, ils réussissent l'exploit avec ce qu'ils proposent parce que le le mensonge, c'est de faire croire que le le ce qui est proposé, c'est de faire comme Mailleur.
Ce n'est pas vrai du tout. Ce n'est pas vrai. Il propose un régime d'exception qui va aboutir à cette monstrue monstruosité démocratique qui fait que dans les quatre plus grandes villes de notre pays, Paris, Lyon, Marseille et Toulouse, puisque Toulouse dépasse en population cette année la ville de Lyon, quatre plus tout grand villes- de France, quatre modes de scrutin différents.
Mais à quel moment on peut utiliser ou se prévaloir de l'argument démocratique en disant "Mais c'est une réforme démocratique, on va faire comme partout ailleurs." Ils font pas du tout ça. Quatre grandes villes, quatre modes de scrutin.
Vous connaissez un pays dans le monde qui se dit que c'est une bonne idée d'avoir quatre modes de scrutin différents dans ces quatre plus grandes villes. Ça montre ce bidouillage, cette improvisation, cette impréparation et honnêtement, on aurait pu mettre à profit plusieurs mois de travail un peu serein en surplomb des enjeux électoraux pour réfléchir sérieusement à ça. Moi ce que je crois en démocratie, c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait de régime d'exception.
Je suis assez d'accord avec ça. Mais donc discutons-en collectivement et corrigeons ce qui doit l'être. Très très vite.
Le le texte va venir maintenant devant vous. Sénateur, qu'est-ce que vous allez faire ? Alors, un parlementaire paraissance s'il se prononce une fois qu'il a un texte surtout sur un sujet aussi brûlant à l'heure actuelle serait aussi divisé ou il y aura une majorité ou pas ?
Écoutez, moi j'ai pas le je ne lis pas dans une boule de cristal ce que je sais en tout cas personnellement et ça je peux en parler, je ne peux pas voter ce texte, ça c'est très clair. Emmanuel Grégoire, cette réforme, elle est taillée pour les macronistes parisiens et pour Rachid Alati. Oui.
Oui, il faut comprendre le le pourquoi il y a eu cet accord et pourquoi il y a eu ce projet. C'est un accord entre Rachid Adati et les macronistes au détriment des LR parisiens d'ailleurs parce que on défend pas une boutique nous toutes les stimulation montre que avec le mode de scrutin qu'il propose la gauche en 2020 aurait exactement la même chose. C'està-dire elle aurait gagné et elle aurait à l'unité près le même nombre d'élus.
Donc c'est le sujet est pas de s'inquiéter pour le scrutin, il est de s'inquiéter pour la bonne gouvernance de la capitale de la France. C'est le mot de la fin. Merci à vous d'avoir participé.
Merci beaucoup. Oh. [Musique]
Jean-raymond Hugonet