Discours de Yoann Gillet (05/02/2025)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues. La France traverse une crise profonde, une crise de confiance, une crise économique, une crise sociale. Depuis ces temps, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs ont conduit notre pays dans le mur.
Après cette longue année d'un pouvoir aveugle aux réalités des Français, le constat est sans appel. La France est plus endettée que jamais, les Français n'ont jamais été autant taxés et n'ont jamais eu autant de mal à vivre de leur travail. Les services publics dysfonctionnent faute de moyens, là où ils existent encore.
Les inégalités et les injustices se multiplient. Notre pays est affaibli, divisé et précarisé et même moqué à l'international. Nos entreprises agonisent sous la pression fiscale, celle la même que vous souhaitez accentuer.
Nos artisans et commerçants peinent à survivre quand ils ne mettent pas la clé sous la porte. La gestion macroniste de la crise inflationniste a laminé le pouvoir d'achat des ménages. Et votre incapacité à réguler les prix de l'énergie a étouffé nos entreprises et a asphyxié nos agriculteurs.
Votre réforme des retraites imposées sur Dialogue a par ailleurs brisé la confiance des citoyens. Résultat, jamais la défiance envers l'Etat n'a été aussi grande. Avec une dette abyssale de près de 3 400 milliards d'euros, un niveau jamais atteint dans notre histoire, la France peine à rendre lisible son avenir tant auprès de nos compatriotes que de nos partenaires.
Un tel niveau devrait vous ouvrir les yeux. Face à ce constat, que proposez-vous pour le budget 2025 ? Le déficit budgétaire, loin des promesses de redressement, continue de creuser inexorablement pour atteindre à travers les prévisions 5,4% du PIB.
Le déficit de près de 133 milliards d'euros que vous générez avec vos décisions budgétaires relève d'un véritable dérapage. Là où une gestion en bon père de famille s'impose, vous prévoyez d'augmenter la pression fiscale sur les ménages, d'augmenter la pression fiscale sur les entreprises et de ne pas prendre à bras le corps le sujet du train de vie de l'Etat. Rien d'étonnant donc à ce que ce budget soit le 51e budget déficitaire de la France.
Un budget injuste et austère. Monsieur le Premier ministre, vous vous présentiez en gestionnaire, en réformateur, en protecteur du pouvoir d'achat. Mais la réalité de ce budget met en lumière votre vrai visage.
Les prélèvements obligatoires atteignent 43,5% du PIB. Loin de la rupture attendue et du courage politique, ce budget présente 9 euros d'impôt supplémentaire pour 1 euro d'effort sur la dépense publique. Ce budget présente par ailleurs une augmentation colossale de la dépense publique, de 43 milliards d'euros.
Les prétendus visionnaires de l'économie que vous prétendiez être ne sont en réalité que les illusionnistes de la faillite, ruinant la France à coups de déficits et d'impôts. En conséquence, ce budget ne corrige rien. Il ne fait qu'enteriner la gestion désastreuse d'un Etat qui préfère financer l'inutile plutôt que de financer l'essentiel.
Ce budget demande des efforts aux Français, mais ne fait pas d'économie sur l'immigration, sur la fraude, sur les centaines d'agences d'Etat inutiles, sur notre contribution au budget de l'Union européenne. Ce budget s'inscrit dans la continuité. Ce budget est un véritable raquette organisée sur le dos de ceux qui travaillent et produisent dans notre pays.
Pour les ménages, vous augmentez les frais de notaire. Vous augmentez la TVA sur les abonnements d'électricité, comme vous augmentez la TVA sur les chaudières à énergie fossile. Vous augmentez la taxe sur les billets d'avion et vous créez une énième éco-contribution.
Pour les entreprises, vous augmentez les impôts de production et vous pénalisez ainsi le Made in France. Que dire également de l'abaissement du seuil d'exonération de TVA à 25 000 euros et à l'augmentation des cotisations URSAF pour les auto-entreprises et qui va tuer de nombreux indépendants. Le Rassemblement national défend une approche radicalement différente en faveur d'une véritable liberté économique pour les entrepreneurs.
Notre programme prévoit, et vous feriez bien de vous en inspirer, la suppression de la cotisation financière des entreprises, une baisse des impôts de production pour redonner de la compétitivité aux petites entreprises, la simplification massive des normes et des seuils fiscaux afin de libérer les indépendants du carcan administratif, ainsi qu'un plan massif de baisse de la fiscalité sur les salaires pour favoriser l'embauche et l'investissement. Contrairement au trio socialiste-macroniste-LR qui multiplie les contraintes, notre groupe veut encourager ceux qui travaillent et qui créent de la richesse en France. Notre priorité reste la protection du tissu économique français et la fin du matricage fiscal qui pousse trop d'entrepreneurs à envisager l'exil.
Alors, Monsieur le Premier ministre, la question que les Français se posent est « Où va notre argent ? » La réponse est assez simple et d'ailleurs, ils connaissent la réponse. En tout cas, certainement pas dans nos écoles, où les classes ferment les unes après les autres, laissant nos enseignants démunis et nos enfants privés des conditions d'apprentissage qu'ils méritent.
Certainement pas dans nos hôpitaux, où le personnel soignant est à bout de souffle, où les urgences débordent et où la bureaucratie asphyxie le quotidien. Certainement pas non plus dans notre sécurité, alors que nos forces de l'ordre sous-équipées et en sous-effectif font face à une explosion de la violence et de l'indélinquance et de l'insécurité. Ces forces de l'ordre sont en colère.
La manifestation d'hier, qui a rassemblé plusieurs milliers de policiers devant l'Assemblée nationale, en témoigne. Les députés du Rassemblement national et de l'UDR étaient à leur côté. L'argent des Français ne va pas non plus dans la lutte contre l'immigration irrégulière.
En revanche, les Français le savent, l'immigration leur coûte cher. Monsieur le Premier ministre, vous aviez eu des mots très durs sur l'aide médicale d'État pour les clandestins. Et pourtant, ce budget supprime-t-il l'AME ?
Non. Ce budget prévoit-il au moins une baisse des crédits alloués à l'AME ? La réponse est toujours non.
Les belles paroles et les promesses, les Français n'en veulent plus. Les portes de notre pays n'ont jamais été aussi grandes ouvertes et jamais l'immigration n'a été aussi nombreuse. En témoigne le record de demandes d'asile.
En témoigne aussi le nouveau record qui a été atteint en termes de délivrance de premiers titres de séjour, 337 000. 337 000 entrées légales, c'est l'équivalent des populations de Bordeaux ou de Strasbourg. Cela représente 1 000 entrées par jour ou une entrée toutes les deux minutes.
Le stock total des titres de séjour en cours de validité atteint quant à lui 4,2 millions. Les naturalisations ont quant à elle augmenté de 22%, ce qui non seulement affaiblit la valeur même de l'acquisition de notre nationalité, mais fait artificiellement baisser le nombre d'étrangers légaux sur notre territoire. Les statistiques officielles le montrent, l'immigration de travail reste par ailleurs minoritaire, 17%.
Face à cette réalité, vous ne saisissez pas l'opportunité de réaliser des économies sur ce thème, alors même que les Français ont clairement indiqué par les urnes, en plaçant l'ERN en tête des élections européennes et législatives, qu'ils ne voulaient plus subir l'immigration de masse. Les Français ne veulent plus payer pour une immigration de guichet social, qui coûte une fortune à nos finances publiques. Cette disproportion inacceptable appelle à un rééquilibrage d'urgence.
Avec ce budget, vous sacrifiez même la souveraineté de la France sur l'autel de l'austérité et de la soumission au diktat européen. Nous paierons en 2025 plus de 23 milliards d'euros à Bruxelles sans jamais obtenir la moindre contrepartie, sans jamais avoir la possibilité de décider librement de notre avenir. Pendant que l'Union européenne impose ses règles injustes, votre gouvernement obéit, sacrifiant notre indépendance énergétique et mettant en péril notre sécurité alimentaire.
À l'heure où nos compatriotes peinent à boucler leur fin de mois, où nos agriculteurs sont étranglés par les charges et les normes absurdes, votre gouvernement s'obstine dans l'inaction et le dogmatisme. Au passage, soulignons que malgré vos belles paroles, le budget consacré à l'agriculture est en nette baisse, moins 18%. 5,3 milliards en 2024, 4,6 milliards dans le budget initial pour 2025 et 4,4 milliards en sortie de CMP.
Que dire également du budget dédié aux collectivités territoriales, ces collectivités qui agissent pour le quotidien des Français. Les petites et moyennes collectivités, et communes notamment, auront des miettes, mais les métropoles et les régions détenues par vos amis se voient, elles, bien loties. Monsieur le Premier ministre, Votre gouvernement, à l'instar de ses prédécesseurs, continue de faire s'envoler les dépenses publiques d'État, et taille là où il est facile de tailler.
Nous sommes ainsi très loin du budget de rupture attendu. Dans ce contexte de crise budgétaire et institutionnelle, le Rassemblement national n'a cessé de tendre la main en proposant un contre-budget raisonnable et réaliste. Un contre-budget solide, avec 57 propositions réalistes et financées pour défendre le pouvoir d'achat, la sécurité, les retraites et stopper l'immigration incontrôlée.
Mais aussi avec des propositions concrètes de réduction des dépenses. Nos propositions étaient claires et répondaient aux aspirations des Français, ainsi qu'aux sérieux budgétaires qui s'imposent. Rendre du pouvoir d'achat, je le disais, défendre nos entrepreneurs, lutter contre les rentes, la spéculation et la fraude, dégraisser l'État et le recentrer sur ses missions régaliennes.
Dans le contexte difficile que nous vivons sur le plan institutionnel et politique, du fait des accords contre nature qui ont été passés entre la Macronie et l'extrême-gauche avec la complicité de la droite molle et qui ont privé le pays d'une stabilité, nous avons tout de même réussi à arracher des victoires et des concessions. Ainsi, le Rassemblement national a empêché le déremboursement des médicaments. Nous avons permis la réindexation des pensions de retraite au 1er janvier dernier.
Et pour 24 millions des ménages, nous avons obtenu une baisse des tarifs de l'électricité de 15%. Et si ce budget est injuste, les Français doivent néanmoins savoir qu'il permet d'acter ces mesures essentielles pour eux, qu'il permet aussi le respect des lois de programmation militaire, de la justice, de la recherche et de la lopmie, tant attendues par nos forces de l'ordre. Pour terminer, je voudrais dire ici que cette motion de censure du nouveau Front populaire est une mascarade.
Après être passés par nos facultés et par nos banlieues pour faire leur campagne électorale sur Gaza, après avoir appelé à voter pour des candidats du président Macron comme Mme Borne, en retirant le candidat NFP face à elle, le cirque NFP est aujourd'hui de passage à l'Assemblée nationale. En effet, nous avons donc des clowns de l'alliance NFP qui déposent une censure et d'autres clowns de cette même alliance NFP qui annoncent qu'ils ne la voteront pas. Pour que la censure passe, le calcul est pourtant très simple.
Il faut que les voix du NFP s'ajoutent à celles du Rassemblement national. Si les socialistes qui ont déjà annoncé qu'ils ne voteraient pas la censure ne la votent pas in fine, alors celle-ci ne passera pas, c'est un calcul à la portée d'un enfant de 7 ans. Collègues du NFP, achetez-vous une cohérence.
Soit vous soutenez tous la censure, soit vous ne la déposez pas et vous cassez officiellement votre alliance. Car c'est quoi aujourd'hui le nouveau Front populaire ? Un Front qui tire dans deux sens différents et vous prétendiez pourtant gouverner la France ensemble.
Alors, vous n'êtes pas d'accord sur cette censure, comment auriez-vous pu demain diriger notre pays ? Et vous allez oser accuser le Rassemblement national alors que sans la voix des socialistes, cette censure est numériquement vouée à l'échec. Arrêtez de vous moquer des Français, de jouer avec eux, alors que vous êtes comme Dr Jekyll et Mr Hyld, vous n'avez aucune conscience, aucune cohérence, aucune colonne vertébrale.
Collègues du nouveau Front populaire, au lieu de nous faire perdre notre temps à tous ici devant la France entière, lavez votre linge sale en famille et mettez-vous déjà d'accord entre vous. Parce que collègues du NFP, vous faites honte au peuple de gauche, dont beaucoup se sont déjà détournés de vous et beaucoup d'autres demain. Au lieu de jouer sur les peurs, au lieu d'attiser la haine, commencez par cesser de voter Macron au second tour de l'élection présidentielle, par cesser de faire voter aux élections législatives pour les candidats de Macron qui brutalisent notre peuple et font s'effondrer la France.
Aujourd'hui, tous les sondages le montrent et vos petites manipulations n'y changeront rien. Vous êtes tous démonétisés. Le seul salut ne viendra pas d'une censure proposée par des imposteurs qui ont soutenu des macronistes face au RN.
Non, le salut viendra de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Alors vivement, la prochaine dissolution. Merci.
Yoann Gillet