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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 7 septembre 2024 21 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileRetraitesÉconomie & entreprises

Thomas Ménagé (RN) : "Nous ne rentrerons pas dans le gouvernement, nous sommes dans l'opposition"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Comment vous avez reçu sa prestation ? Est-ce que vous avez été rassuré ?

  • 1:06OuverteRéponse partielle

    Michel Barnier, vous le trouvez rassurant, donc ?

  • 1:37RelanceRéponse directe

    Il se démarque de vous, parce qu'il n'a rien de commun avec les thèses du RN. Comment vous la recevez ?

  • 2:17FerméeÉludée

    Vous ne voterez pas la censure, pour commencer ?

  • 3:17FerméeÉludée

    Si jamais il y a un vote de confiance après le discours de politique générale, vous voterez la confiance ?

  • 4:10RelanceRéponse directe

    Vous n'avez jamais réussi à voter ensemble RN et gauche contre un gouvernement...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « il n'a pas infirmé les positions qu'il avait tenues sur le perron. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « il respectait les 11 millions d'électeurs, qu'il respectait Marine Le Pen, qu'il allait recevoir notre présidente de groupe Marine Le Pen. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « ce n'est absolument pas de notre famille politique, et on est dans l'opposition à M. Barnier »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour nous soient respectés. »
  • 4:22Invité politiqueChiffre
    « au moment de la réforme des retraites, on était à neuf voix de faire tomber et de mettre en échec le gouvernement sur cette réforme. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « nous censurons tout gouvernement, et notamment même le gouvernement Barnier, rapidement ou non, ça dépendra de lui, qui ne donne pas des réponses très claires en matière de pouvoir d'achat, d'insécurité et d'immigration »
  • 9:05Invité politiqueChiffre
    « nous ne voulons pas taper sur les classes populaires et les classes moyennes, nous voulons, par exemple, avoir une recette supplémentaire, que serait l'impôt sur la fortune financière, qui permettrait de rapporter, déjà, par exemple, 3 milliards d'euros au budget d'État. »
  • 10:43Invité politiqueChiffre
    « ça coûte 10 milliards. »
  • 11:18Invité politiqueChiffre
    « ça coûte environ 7 milliards si on prend les chiffrages qui sont aujourd'hui connus. »
  • 11:30Invité politiqueChiffre
    « il y a 5 millions de chômeurs qui ne trouvent pas d'emploi. Il y a 500 000 seulement offres qui ne sont pas pourvues. »
  • 14:14Invité politiqueFait
    « C'est une anomalie démocratique, mais c'était un peu peut-être la seule solution ou la seule possibilité qu'avait Emmanuel Macron. »
  • 17:37Invité politiqueChiffre
    « on a juste aujourd'hui une position qui est approuvée par 73% des français sur l'insolage qui est sorti hier, 93% de nos électeurs qui ont compris qu'on était dans une situation inédite. »
  • 18:29Invité politiqueFait
    « je l'explique par l'image catastrophique qui a été donnée de l'institution dès les premiers jours où justement nos électeurs ces 90% ont été éjectés des instances où il y a eu une coalition de M. Wauquiez jusqu'au nouveau Front Populaire qui ont fait le choix de ne pas donner les postes qui dans les règlements de l'Assemblée revenaient aux électeurs du Rassemblement national. »
  • 20:05Invité politiqueFait
    « je suis très heureux de voir que grâce à ces propos maladroits sur lesquels j'ai intervenu on parle des sujets environnementaux ici à France Inter de manière encore plus importante. »

Temps de parole

  • Thomas Ménagé68 %
  • Présentateur16 %
  • Invité11 %
  • Invité 24 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le grand entretien d'Inter ce samedi matin avec Marion Lourdes, notre invité et député Rassemblement National du Loiret, vice-président de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale. Vos questions, réactions sur la scène et le moment politique que nous vivons au 01 45 24 7000 chers auditeurs ou sur l'application France Inter. Thomas Ménager, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation. Et bienvenue, vous étiez devant votre télévision hier soir. Première interview de Michel Barnier sur le plateau de TF1. Première interview de Michel Barnier, Premier ministre. Comment vous avez reçu sa prestation ? Est-ce que vous avez été rassuré ?

0:39
Thomas Ménagé

Pour le moment, oui, il n'a pas infirmé les positions qu'il avait tenues sur le perron. C'est-à-dire, un, le respect de l'ensemble de la classe politique. Il a dit par exemple qu'il respectait les 11 millions d'électeurs, qu'il respectait Marine Le Pen, qu'il allait recevoir notre présidente de groupe Marine Le Pen. Et donc, il est dans la continuité, au lendemain, ça aurait été gênant de se contredire, de ce qu'il a annoncé. Maintenant, c'est des paroles. On va voir les actes très concrets, le discours de politique général et le budget, notamment.

1:06
Présentateur

Michel Barnier, vous le trouvez rassurant, donc ?

1:08
Thomas Ménagé

Non, enfin, généralement, ce qui me rassurait, ça serait dans l'intérêt du pays d'avoir un gouvernement du Rassemblement National, et ça aurait été d'avoir Jordan Bardella. Mais dans tous les cas, il rassure sur le fait qu'il ne se contredit pas dès les premiers jours, et qu'il semble aussi, semble aussi, ne pas vouloir être à la main d'Emmanuel Macron. Et c'est ce que les électeurs attendent, ce que les Français, au-delà de nos électeurs, attendent, c'est qu'on ne soit pas dans la continuité du macronisme, mais qu'il y ait une véritable rupture.

1:32
Invité

Et en même temps, il se démarque de vous, parce que ce qu'il a dit aussi hier, au 20h, le nouveau Premier ministre, c'est qu'il n'avait rien ou pas grand-chose de commun à voir avec les thèses et les idéologies du Rassemblement National. Comment vous la recevez, cette déclaration ?

1:45
Thomas Ménagé

Je vous confirme, il dit exactement ce que l'on dit nous aussi, où certains ont voulu faire croire que c'était limite notre choix, notre désir qu'on avait rêvé au Rassemblement National d'avoir Michel Barnier. Absolument pas, c'est un opposant politique, il a été de tous les gouvernements successifs qui ont aussi mené le pays à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Donc ce n'est absolument pas de notre famille politique, et on est dans l'opposition à M. Barnier, mais il y a plusieurs manières de faire l'opposition. Il y a la bordélisation, le blocage, et il y a l'opposition qui doit être aussi une opposition constructive, raisonnable, ferme, mais pour éviter le blocage de notre pays.

2:17
Présentateur

Le rôle du Rassemblement National, il faut se souvenir de Sébastien Chenu, membre de votre mouvement, qui disait lui-même, c'est tout juste si Marine Le Pen ne devient pas la DRH d'Emmanuel Macron. Donc ça ne vient pas de nulle part comme idée que le Rassemblement National aurait des points communs, ou aurait en tout cas des affinités avec Michel Barnier et la politique qu'il pourrait mener.

2:38
Thomas Ménagé

Non, je crois qu'Emmanuel Macron, et c'était son rôle en vertu de la Constitution, devait nommer un Premier ministre. Il a fait le choix de nommer un Premier ministre qui pouvait durer, au moins ne pas être censuré dès le premier jour. Ce qui aurait été le cas d'un Premier ministre du nouveau Front populaire, et nous avions fixé des lignes rouges. Nous, pour le mandat qui nous avait été confié, c'est que les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour nous soient respectés. Donc on ne voulait pas, par exemple, que M. Bertrand, qui avait insulté avec des propos outranciers vis-à-vis de nos électeurs, soit Premier ministre. Mais on n'a pas choisi, mais M.

le Président de la République a bien entendu consulté Marine Le Pen et Jordan Bardella pour peut-être s'assurer de sa stabilité du moins provisoire.

3:13
Présentateur

On a du mal à comprendre malgré tout le positionnement du Rassemblement National. Vous ne voterez pas la censure, pour commencer ? Pas le premier jour. Pas le premier jour.

3:20
Thomas Ménagé

Tout dépendra. Nous, on attend de voir, on attend la feuille de route, on attend le budget, on attend le discours de politique générale. Mais si, dès la semaine prochaine...

3:27
Présentateur

Si jamais il y a un vote de confiance après le discours de politique générale,

3:30
Thomas Ménagé

vous voterez la confiance ? Il n'y aura pas de vote de confiance. Ni M. Attal, ni Mme Borne l'ont demandé, alors même qu'ils avaient une majorité relative, mais quand même une majorité. Mais c'est pas impossible. Aujourd'hui. Après, la confiance, non. Vraisemblablement, on ne la voterait pas si elle était demandée. Vous vous abstiendriez ? On n'a pas confiance. Si on votait contre, il y aurait bien entendu le gouvernement qui tombait. Ça serait une motion de censure déguisée.

3:52
Présentateur

Pas complètement, puisque le vote du groupe Rassemblement National ne suffirait pas à faire tomber le gouvernement.

3:58
Thomas Ménagé

Oui, mais on sait très bien que le nouveau Front Populaire, qui est prêt même à aller jusqu'à la censure, a priori, sans même entendre, sans même discuter, et au blocage du pays, le ferait. Donc, bien entendu, mais la question du vote de confiance ne se posera absolument pas.

4:10
Présentateur

Parce que la question des motion de censure, jamais vous n'avez réussi en deux ans à voter ensemble, RN et gauche, contre un gouvernement...

4:18
Thomas Ménagé

Alors, si, on l'a fait même avec certains républicains, mais jamais en nombre suffisant. Au moment de la réforme des retraites, on était à neuf voix de faire tomber et de mettre en échec le gouvernement sur cette réforme. Ça n'a pas été le cas, malheureusement.

4:29
Invité

Ce qu'on sait, et c'est les informations de notre service politique ici à France Inter, c'est que le président de la République a appelé, en tout cas le Rassemblement National, pour s'assurer, a priori, que vous ne censureriez pas automatiquement le Premier ministre Michel Barnier. Quelle garantie le Rassemblement National a obtenu en échange ?

4:46
Thomas Ménagé

Je crois aucune. Enfin, on a absolument, on a juste répondu, Marine Le Pen, enfin, je n'ai pas à teneur des conversations, a juste répondu et a donné surtout des conditions, des lignes rouges sur les personnalités. Alors, première ligne rouge que nous avons fixée, c'était, je vous l'avais dit, le respect de nos électeurs, que nous censurions toute personne qui allait cracher, parce que c'est un peu ce que fait, par exemple, M. Bertrand, sur les élus du Rassemblement National et les 11 millions de Français qui ont voté pour nous.

Et puis, après, derrière, nous censurons tout gouvernement, et notamment même le gouvernement Barnier, rapidement ou non, ça dépendra de lui, qui ne donne pas des réponses très claires en matière de pouvoir d'achat, d'insécurité et d'immigration, et qui aussi n'ouvre pas le dossier de la proportionnelle pour dégager demain une majorité.

5:29
Invité

Donc, ça veut dire qu'on vous a dit que le président de la République n'a pas fermé la porte à l'introduction d'une dose de proportionnelle par ce nouveau gouvernement Barnier quand il sera formé ?

5:37
Thomas Ménagé

Alors, je ne sais pas s'il a répondu à ces questions, s'il a donné un retour. Ce qui est certain, c'est que nous, on a entendu et on a appris que c'était M. Barnier, et qu'on a constaté que la première condition était respectée. Après, je pense que les autres conditions, on va les voir en marchant, en fonction de la feuille de route et de la manière de travailler de ce nouveau Premier ministre.

5:57
Présentateur

Mais vous fixez des conditions, on va aller au Standard Inter, où il y a de nombreuses questions de nos auditeurs, pour vous, M. Ménager, mais vous, vous avez l'intention d'être fermement dans l'opposition, ou dans une forme d'accompagnement, j'allais dire, doux ?

6:16
Thomas Ménagé

Non, enfin, de la même manière qu'on allait être avec M. Attal ou Mme Born, c'est-à-dire que dès lors qu'ils dépassaient un certain nombre de limites, notamment au moment du budget, notamment au moment des retraites, sur un certain nombre de projets de loi, on était dans une opposition très ferme. Mais aujourd'hui, on est dans une situation inédite. Les Français l'ont bien compris, il y a trois blocs. Si tous les deux blocs censurent automatiquement le troisième, on est dans une situation où tous les premiers ministres vont tomber. Donc, opposition très claire à M. Barnier, on n'est absolument pas dans un soutien. Mais vous savez, c'est les usages de la 5e réplique.

Dès lors qu'on est dans l'opposition, on ne censure pas automatiquement. Les oppositions n'ont pas toujours déposé une motion de censure continue contre le gouvernement en place. La motion de censure, c'est un outil qui est là pour faire tomber le gouvernement quand il va trop loin. Bonjour Frédéric, et bienvenue sur Inter.

7:02
Invité

Bonjour à tous, bonjour Thomas Ménager. Alors, une remarque, là, je suis ravi d'entendre que vous ne censureriez, disons que si vous n'étiez pas d'accord, c'est pas ce qu'on avait entendu par rapport aux nouveaux fronts populaires. Par exemple, si le Front populaire avait proposé une augmentation du SMIC, donc vous disiez que vous l'auriez censuré. J'apprends aujourd'hui que c'est non. Il y a là, disons, un double langage qui ne me va pas très bien. Mais ma question porte sur les finances. À l'état actuel, disons, de crise économique, et dans l'état économique où la Macronie nous laisse le pays, l'État va avoir besoin d'argent, obligatoirement.

Et il n'y a que deux solutions, c'est soit l'impôt, soit la dette. Alors, l'impôt, on sait qu'on a un système fiscal très inégalitaire. Augmenter l'impôt permet de diminuer les inégalités. Alors, vous avez le choix soit entre laisser les inégalités en n'augmentant pas l'impôt, soit augmenter la dette, quel est le choix du RN ?

7:59
Thomas Ménagé

Merci Frédéric pour votre question. Bon, Frédéric, concernant la première question, malgré tout, on était une, je vais répondre très rapidement. Effectivement, il y aurait eu, de notre part, une sanction du Nouveau Front Populaire, parce que pour rebondir ce que vous dites après, le programme du Nouveau Front Populaire était un danger pour le pays. 150 milliards de dépenses supplémentaires, alors même que, vous l'avez très bien expliqué, la situation économique est aujourd'hui déjà catastrophique. Et puis après, sur le plan des valeurs, sur un certain nombre de sujets, comme la laïcité, sur les sujets régaliens, il y avait aujourd'hui une ligne rouge et qui était à l'opposé.

C'est malgré tout la première force au Parlement. En termes de nombre, bien entendu. Mais aujourd'hui, il y a trois blocs quasiment équivalents, on est de 140 à 180, et donc il n'y avait pas de majorité, contrairement à ce que laissait penser 140, nous sommes 140 avec nos alliés des Républicains d'Éric Ciotti. Concernant l'économie, bien entendu, en 2026, ce sera le premier poste, notamment la charge de la dette, c'est bien entendu pour les générations à venir, et c'est un sujet majeur.

Et vous avez raison, ça passe par des économies, qu'on pourrait lister, sur l'immigration, sur la fraude sociale et fiscale, sur le train de vie de l'État, notamment, et, vous l'avez très bien dit, des recettes supplémentaires, donc indirectement l'impôt, mais nous, nous ne voulons pas taper sur les classes populaires et les classes moyennes, nous voulons, par exemple, avoir une recette supplémentaire, que serait l'impôt sur la fortune financière, qui permettrait de rapporter, déjà, par exemple, 3 milliards d'euros au budget d'État.

9:17
Invité

Et ça fait partie, peut-être, des mesures fiscales qu'a esquissé, déjà, Michel Barnier. Il a parlé aussi, hier, le Premier ministre, puisqu'on en est au chapitre économie et finances, il a parlé de ce débat qui va ouvrir sur la réforme des retraites, le passage à 64 ans. Vous, votre parti, a milité pour l'abolition de cette réforme des retraites. D'ailleurs, vous allez le reproposer à l'Assemblée nationale fin octobre. Qu'est-ce que vous espérez du débat que va ouvrir Michel Barnier sur le sujet ?

9:42
Thomas Ménagé

Alors, on verra ce que M. Barnier lance, mais nous, on a quand même l'initiative parlementaire. Il faut que les Français comprennent que, bien entendu, il y a l'initiative du gouvernement, et le Parlement, en plus, reprend toute sa place. On l'a dit, et donc l'Assemblée nationale. Donc, on verra. Moi, je n'attends pas Michel Barnier, j'attends de voir. Je ne peux pas vous dire, et je n'ai pas une boule de cristal pour savoir ce que M. Barnier va faire. Nous, ce que je sais, c'est que...

10:00
Invité

Il y a amélioration et pas annulation de cette réforme, quand même.

10:03
Thomas Ménagé

Après, ça sera la même chose, nous, le 31 octobre, quand nous déposerons dans notre niche parlementaire, et là, ça sera notamment au nouveau Front populaire, comme vous l'avez dit, qui représente aussi une importante part de cette Assemblée, de se définir. Mais nous, nous proposerons l'abrogation uniquement, pas des avancées qui ont permis les augmentations des petites retraites, puisque nous le portions avec Marine Le Pen au moment de l'élection présidentielle, et que nous avons soutenu au moment de la réforme des retraites, ces petites parties.

Mais surtout, c'était l'économie générale de la réforme et la question de l'âge, avec le passage de deux ans supplémentaires, de 62 à 64 ans, notamment pour les catégories générales, qui sera abrogé, du moins mis en abrogation possible, lors de cette réforme parlementaire.

10:43
Invité

Ça coûte 15 milliards.

10:44
Thomas Ménagé

Et on a une dette monumentale. Selon l'IFRAP, qui est un institut indépendant, ça coûte 10 milliards.

10:50
Invité

C'est un institut indépendant libéral de droite, l'IFRAP.

10:53
Thomas Ménagé

Oui, enfin, ce n'est pas l'institut du Rassemblement national. Nous, on l'a chiffré à 10 milliards. Ils l'ont confirmé à 10 milliards. Aujourd'hui, ça coûte dans tous les cas. 10 milliards, vous avez raison. C'est un choix de société. Après, ces 10 milliards, il faut aussi y retrancher 3 milliards, rapport de la Cour des comptes de 2021, qui démontre, quand vous augmentez deux ans, de plus l'âge de départ à la retraite, il y a des dépenses supplémentaires sur d'autres branches de la sécurité sociale, puisque quand vous êtes plus âgé, vous êtes plus en maladie professionnelle, plus au chômage, plus au RSA.

Donc, ça coûte environ 7 milliards si on prend les chiffrages qui sont aujourd'hui connus. C'est un choix de société. Et puis après, il y a d'autres leviers. La natalité, la démographie, la question de la productivité, la recherche et le développement, et puis la question de l'emploi. Aujourd'hui, il y a 5 millions de chômeurs qui ne trouvent pas d'emploi. Il y a 500 000 seulement offres qui ne sont pas pourvues. Donc, il y a nécessité de relancer notre économie, de travailler la démographie, la productivité, pour permettre d'avoir des ressources supplémentaires.

Et puis, je vous le dis, nous, nous l'assumons, un choix de société de faire que les gens puissent partir en bonne santé à un âge raisonnable à la retraite. Et ça a un coût, c'est certain.

11:51
Présentateur

On retourne au standard. Bonjour Patrick. Et bienvenue dans le grand entretien d'Inter.

11:56
Auditeur

Oui, bonjour. Il y a une majorité au Parlement pour voter le RIC, référendum des initiatives citoyennes. Donc, je voudrais savoir si une proposition de loi sera déposée, puisque ce programme est du Rassemblement national et du Front populaire.

12:12
Présentateur

Merci Patrick pour votre question.

12:15
Thomas Ménagé

C'est imaginable ? Alors, cette proposition de loi, elle a déjà été déposée dans la législature précédente par mes collègues du Rassemblement national. Et vous avez raison. Je pense qu'il y a une majorité qui peut se dégager. Elle sera sûrement redéposée par mes collègues et peut-être par d'autres bancs. Moi, ce que je peux dire à votre auditeur aujourd'hui, c'est que nous, si c'est demain sur la table, que ce soit de notre part ou d'un autre groupe parlementaire, on fera ce qu'on a toujours fait. Si on est d'accord... Votre niche parlementaire

12:38
Présentateur

est fixée au 31 octobre prochain. Oui. Alors après, aujourd'hui, on a un groupe.

12:43
Thomas Ménagé

On verra si ça peut être un des sujets qui peut entrer dans la niche. Aujourd'hui, l'ordre du jour n'est pas défini, excepté la question de l'abrogation de la réforme des retraites. Mais ce que je peux, moi, confirmer aux auditeurs de France Inter ce matin, c'est que nous, on vote toujours tout ce qui va dans le sens de l'intérêt général et tout ce sur quoi on est en phase. Et le RIC en fait partie, peu importe, de manière non sectaire.

13:02
Invité

Alors, il y a plus de 150 cortèges aujourd'hui qui sont annoncés en France à l'appel de LFI, des étudiants aussi, des organisations étudiantes, des écologistes pour dénoncer, je les cite, un coup de force d'Emmanuel Macron avec cette nomination de Michel Barnier. Est-ce que vous comprenez cette expression coup de force ?

13:20
Thomas Ménagé

Non, parce que le nouveau Front populaire depuis deux mois veut laisser penser qu'ils ont gagné et qu'ils ont une majorité.

13:26
Invité

Ils étaient en tête, encore une fois.

13:27
Thomas Ménagé

Alors, en nombre de parlementaires, après un certain nombre de manœuvres qui ont entraîné des évolutions sur ce qu'il aurait dû être. Mais, dans tous les cas, moi, je respecte la composition de l'Assemblée nationale telle qu'elle est aujourd'hui. Après, aujourd'hui, le président de la République, et il n'est absolument pas de ma famille politique et je le combat maintenant sans relâche depuis sept ans, a fait le constat réel qu'à la fois ses députés et le Rassemblement national, parce que le programme du nouveau Front populaire était un danger, allaient censurer a priori tout gouvernement du nouveau Front populaire. Donc, il y aurait une instabilité.

Donc, à un moment, il faut que ces personnes arrêtent de vouloir mettre le bazar, parfois appeler à marcher sur l'Assemblée nationale et reviennent à la raison. Il y a trois blocs, il faut se mettre au travail et trouver des solutions pour les Français et ne pas mettre le bazar.

14:08
Invité

Mais nommer quelqu'un qui est issu d'un parti qui a fait 6,5% aux élections législatives, c'est démocratique ?

14:14
Thomas Ménagé

C'est une anomalie démocratique, mais c'était un peu peut-être la seule solution ou la seule possibilité qu'avait Emmanuel Macron.

Et ça revient sur le sujet que nous sommes aujourd'hui peut-être les seuls à mettre au cœur des préoccupations, qui est la question de la proportionnelle avec une prime majoritaire, c'est ce qui existe dans les communes, c'est ce qui existe dans les régions, qui permet que le parti arrivé en tête ait une majorité et qu'il puisse dégager un gouvernement et qu'on évite en fait ce blocage institutionnel parce que par le passé, la Ve République a été pensée avec un bipartisme, deux blocs, aujourd'hui il y a trois blocs et donc le scrutin majoritaire à deux tours ne correspond plus à la réalité politique et il faut surtout qu'on se pose la question avant une éventuelle dissolution parce que les mêmes effets pourront se reproduire à l'avenir.

14:54
Présentateur

La raison pour laquelle vous ne censurez pas immédiatement un gouvernement en Barnier c'est notamment ses positions sur l'immigration ?

15:01
Thomas Ménagé

Non. Là aussi il vous a rassuré de l'aménager ? Pas spécialement, objectivement pas spécialement, je vous ai dit les lignes rouges ont été claires, après c'est vrai que M. Barnier en vieillissant a évolué sur un certain nombre de sujets, sur les sujets européens, sur la question de l'immigration, il a repris notamment quand il était candidat à la primaire un certain nombre de ce que nous défendons au Rassemblement National en 2021. Exactement, il a repris un certain nombre des positions qui étaient les nôtres, notamment je pense au remplacement de l'aide médicale d'Etat par l'aide médicale d'urgence, mais maintenant vous savez nous attendons de voir si M.

Barnier va au bout de ce qu'il a pu défendre quand il n'était que candidat putatif à l'élection présidentielle.

15:41
Présentateur

Est-ce que M. Barnier est un fossile ?

15:43
Thomas Ménagé

Je vois que mon collègue Jean-Philippe Tanguy qui était chez vous justement est revenu sur ses propos il a dit il s'en est même excusé en disant qu'il n'était pas forcément très courtois maintenant il est Premier ministre il ne l'était pas il le respectera Il qualifie M. Barnier

15:58
Présentateur

de fossile

15:59
Thomas Ménagé

à qui l'on essaye de redonner vie ? C'est un cri du coeur d'un député de la Somme qui est un territoire qui a énormément souffert notamment du fait de la question européenne que M. Barnier a soutenu pendant de nombreuses décennies d'un certain nombre de gouvernements il s'est excusé il a expliqué que c'était absolument pas courtois et Jean-Philippe Tanguy qui est un colliste qui respecte les institutions vous le verrez comme on l'a toujours fait il respectera le Premier ministre quand il sera dans l'hémicycle et maintenant qu'il est Premier ministre

16:23
Invité

Alors Michel Barnier il vous respecte aussi il l'a dit hier soir il respecte vos électeurs toutes les forces politiques il consulte en ce moment pour former un gouvernement et il a reçu hier les groupes Renaissance et LR est-ce qu'il a appelé le RN est-ce qu'il a reçu le RN est-ce qu'il va le recevoir ?

16:39
Thomas Ménagé

Il l'a dit lui-même pour le moment je ne sais pas si la date est fixée parce qu'il a commencé par son camp avec ceux qui vont vraisemblablement rentrer dans le gouvernement nous ne rentrons pas dans le gouvernement nous sommes en opposition mais bien entendu on n'est absolument pas de la même famille politique nous sommes dans l'opposition à M. Barnier il sait aussi M. Barnier alors c'est juste je vois vos airs surpris mais ça sert à quoi

16:59
Invité

de lui parler du coup c'est l'image

17:00
Thomas Ménagé

parce que vous savez l'opposition a toujours parlé à la majorité l'opposition n'est pas là juste pour dire nous bloquons tout nous ne parlons rien nous attendons le prochain coup pour se faire élire c'est pas comme ça que ça marche l'opposition est là pour s'opposer améliorer amender obtenir des victoires pour les français et éviter le blocage du pays

17:19
Présentateur

mais s'abstenir lors d'un vote de confiance ne pas voter la censure et éventuellement même voter ou s'abstenir sur le budget excusez-moi c'est une manière de s'opposer qui n'est pas franchement radicale Tom Ménager

17:30
Thomas Ménagé

vous le verrez les français à un moment ne présagez pas de la manière dont on agira au parlement on a juste aujourd'hui une position qui est approuvée par 73% des français sur l'insolage qui est sorti hier 93% de nos électeurs qui ont compris qu'on était dans une situation inédite qu'il y avait trois blocs et qu'on ne pouvait pas bloquer pour bloquer qu'on ne pouvait pas juste être dans une opposition bête et méchante c'est ce que fait le nouveau front populaire et ce n'est pas dans le sens des français qui attendent des mesures en matière de santé en matière de pouvoir d'achat en matière de services publics en matière d'immigration en matière de sécurité et si on est juste dans cette volonté de bloquer le gouvernement quel qu'il soit ça n'a absolument pas de sens

18:07
Présentateur

90% de vos électeurs c'est le verdict d'une grande enquête menée par l'institut Ipsos pour le monde et la fondation Jean Jaurès 90% de vos électeurs disent ne pas avoir confiance dans l'Assemblée nationale nouvellement élue c'est un paradoxe au moment où jamais le Rassemblement national n'a eu autant de députés comment l'expliquez-vous ?

18:29
Thomas Ménagé

je l'explique par l'image catastrophique qui a été donnée de l'institution dès les premiers jours où justement nos électeurs ces 90% ont été éjectés des instances où il y a eu une coalition de M.

Wauquiez jusqu'au nouveau Front Populaire qui ont fait le choix de ne pas donner les postes qui dans les règlements de l'Assemblée revenaient aux électeurs du Rassemblement national aux élus du Rassemblement national donc je peux comprendre les électeurs qui se disent cette Assemblée bien entendu elle me représente encore plus puisqu'il y a un groupe du Rassemblement national qui est le premier groupe mais en même temps avec toutes les autres forces politiques qui se coalissent contre et donc qui ne respectent pas

19:05
Présentateur

le scrutin on ne vous fait pas confiance alors toujours dans cette enquête 76% de vos électeurs à nous si je pense aux autres

19:10
Thomas Ménagé

je ne pense pas

19:11
Présentateur

les électeurs du Rassemblement national à 76% sont favorables à la démission d'Emmanuel Macron vous les comprenez ?

19:17
Thomas Ménagé

vous les encouragez ? je les comprends et je comprends le ras-le-bol de cette ère Macron après Emmanuel Macron a été élu Emmanuel Macron a été élu il est légitime jusqu'à la fin de son mandat après si demain à un moment il y a un blocage tel dans le pays qu'il n'y a pas la possibilité d'avoir une stabilité d'avancer dans le sens du pays des français et de leur quotidien il devra se poser la question mais je ne suis pas là pour appeler à la démission du président de la république ça serait totalement contraire aux usages aux institutions et à la démocratie

19:47
Invité

Thomas Ménager l'été 2024 a été le plus chaud jamais mesuré ça c'est ce que nous a appris hier l'institut Copernicus vous continuez de penser comme vous l'aviez dit à ce micro je vous vois sourire oui mais ça fait 4 fois que vous me reposez la même question la question se pose est-ce que vous continuez de penser que les membres du GIEC qui lancent régulièrement l'alerte sur ce réchauffement ont tendance à exagérer

20:05
Thomas Ménagé

je suis très heureux de voir que grâce à ces propos maladroits sur lesquels j'ai intervenu on parle des sujets environnementaux ici à France Inter de manière encore plus importante on ne vous a pas attendu sur votre respect et c'est tant mieux parce que c'est un sujet important j'avais expliqué que je ciblais et que j'avais été maladroit dans mes propos les experts politiques du GIEC je pourrais les citer qui ont souvent des engagements politiques de part ailleurs et bien entendu et j'espère que ce gouvernement et le Premier ministre l'a dit ira sur les sujets environnementaux j'ai sorti un rapport sur les accords de libre-échange 50% des gaz à effet de serre sont aussi liés aux importations il y aura aussi la question de la crise agricole tous ces sujets sont des sujets majeurs il faudra les traiter

20:39
Invité

et quand Michel Barnier parle de dette climatique vous comprenez ce qu'il veut dire de dire la vérité sur la dette climatique ?

20:44
Thomas Ménagé

bien entendu et puis parce que c'est les générations à venir dans tous les cas ceux qui devront payer à la fois les dettes financières si on ne gère pas de manière sérieuse nos comptes publics et qu'on ne redresse pas la barre en faisant je vous l'ai dit des économies et des recettes supplémentaires pour aussi apporter plus de justice sociale il y aura en parallèle aussi cette dette climatique et ces difficultés à vivre dans notre pays sur toute la planète si on n'agit pas rapidement et intelligemment

21:05
Présentateur

merci Thomas Ménager d'avoir été l'invité de France Inter ce matin merci Thomas Ménager

Thomas Ménagé (RN) : "Nous ne rentrerons pas dans le gouvernement, nous sommes dans l'opposition" — Thomas Ménagé · Pourquijevote