Ingérences israéliennes : après Piquemal à Toulouse, Mélenchon prochaine cible en 2027 ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir le député de la France Insoumise François Picmal pour parler de son ouvrage Élections sous influence aux éditions Arcanes qui traite des ingérences étrangères dans les campagnes électorales françaises.
- 1:37OuverteRéponse partielle
Pourquoi cette image de Roberto Baggio pour évoquer la défaite électorale ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que Jean-Luc Mélenchon vous a écrit après les résultats des municipales et que vous a-t-il fallu plusieurs semaines pour comprendre ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Avant de parler des ingérences, on va peut-être parler des raisons de ces ingérences, c'est votre engagement pour la Palestine.
- 6:10OuverteRéponse directe
Pourquoi vous avez choisi de monter sur une flottille ?
- 7:56RelanceRéponse directe
La protection, elle n'est pas au rendez-vous. Qu'a fait la France pendant, avant, au retour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Souvenez-vous au moment de la NUPES, Mme Delga n'a pas appelé à voter pour la NUPES. »
- 0:05Invité politiqueFait
« Au contraire, elle a mis des candidatures dissidentes en Occitanie face aux candidats de l'Union de la gauche. »
- 0:12Invité politiqueFait
« Ça a permis même des élections de membres du Rassemblement National. »
- 0:23Invité politiqueFait
« M. Glucksmann lui l'a dit, bon à Toulouse il n'y a pas besoin d'appeler au vote parce que M. Moudin c'est un maire de centre droit. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Moi je l'invite à venir voir les actions de la mairie de droite radicale de Toulouse qui encore cet été publiait des informations mensongères sur Bali Bagayoko en citant des journaux comme Français de souche et Frontières. Rien que ça. »
- 6:12Invité politiqueFait
« En fait parfois on a des associations d'idées qui comme ça n'ont pas vraiment de sens. »
- 6:19Invité politiqueFait
« Moi j'ai eu l'opportunité d'aller en 2016 à Jérusalem et à Bethléem, parce que j'avais une amie qui travaillait là-bas, et j'ai pu voir l'apartheid qui était en place vis-à-vis du peuple palestinien. »
- 7:00Invité politiqueFait
« On a fait un premier voyage interparlementaire en février 2024 sous l'égide d'Éric Coquerel. On est allé à Rafa, avec d'autres collègues parlementaires. »
- 8:30Invité politiqueFait
« Moi-même, député, ils ont pris mon écharpe, ils l'ont jeté à terre, ils l'ont piétiné. »
- 8:41Invité politiqueFait
« En prison, on a eu un traitement brutal, violent. »
- 8:52Invité politiqueFait
« Certains, puisque Marie Messmer a déposé plainte, parlent d'actes de torture. »
- 12:02PrésentateurChiffre
« Vous et votre équipe, vous avez compté, entre mai 2023 et mai 2025, 1 509 articles de La Dépêche du Midi donner la parole à la seule majorité de droite, 126 à la seule opposition, donc 80% contre 5%. »
- 14:06PrésentateurChiffre
« Le parti de Jean-Luc Moudenk pour Toulouse affichait 357 000 euros de trésorerie. »
- 14:12PrésentateurChiffre
« Vous, votre budget sur toute la campagne n'a pas dépassé 290 000 euros sur les deux tours. »
- 15:48PrésentateurFait
« En janvier 2024, à la demande de la ville, la préfecture supprime 14 lieux de vote dans une ville en pleine croissance démocratique. »
- 20:58PrésentateurFait
« Il y avait eu une préméditation de cette manifestation. Avec le SMS de Franck Toubou, le président du CRIF Toulouse, qui a écrit à la rédaction de France 3 « Venez avec la caméra à la manif annuelle d'hommage aux victimes du 19 mars. Il va y avoir du grabuge. » »
- 22:33PrésentateurFait
« Trois insoumis sont concernés : Sébastien Delogueur à Marseille, David Guiro à Roubaix. Et vous, à Toulouse, des ingérences venues d'Israël. »
- 23:24Invité politiqueFait
« Elnet, qui est l'agence de lobby pro-israélienne, pro-gouvernementale en France et qui a un projet politique connu, peut-être qu'on en parlera notamment sur l'islamophobie. »
- 30:01PrésentateurChiffre
« Vous documentez le lobbying fait par Elnette : plus de 90 séjours de parlementaires payés depuis 2019 entre 100 000 et 200 000 euros annuels déclarés à la HATVP. »
- 31:14Invité politiqueFait
« en France ils ne peuvent pas le faire donc ils agissent par d'autres moyens et par les techniques d'influence et de lobbying somme toute habituelle »
- 31:27Invité politiqueFait
« c'est un lobby important et on voit que beaucoup de parlementaires qui ensuite peuvent devenir ministres ont été approchés voire on fait des voyages avec Elnette »
- 31:57Invité politiqueFait
« c'est des gens qui partagent les valeurs de droite radicale voire d'extrême droite sur certains aspects »
- 32:14Invité politiqueFait
« il a fait mettre le capitole aux couleurs d'Israël après le 7 octobre et aux couleurs de l'Ukraine »
- 32:22Invité politiqueFait
« nous on lui a dit mais il faut mettre le capitole aux couleurs de la Palestine et du Liban »
- 32:32Invité politiqueFait
« il y a un jumelage entre Tel Aviv et Toulouse que nous nous souhaitions suspendre comme d'autres villes l'ont fait Barcelone La Rochelle Bruxelles »
- 33:38Invité politiqueFait
« Nathalie Loiseau qui est une eurodéputée macroniste s'en est émue en disant que c'était de l'ingérence diplomatique »
- 33:46Invité politiqueFait
« si on avait une sorte d'Ellnet venu de Chine ou de Russie qui envoyait comme ça des dizaines et des dizaines de parlementaires en voyage qui se permettait de faire de l'ingérence dans notre pays quelle serait la réaction de la classe politique »
- 34:22Invité politiqueFait
« Black Corps est basé à Tel Aviv »
- 35:13Invité politiqueFait
« il y ait plus de moyens donnés aux agences de l'état chargées comme la Vigilium l'Atsi de faire des surveillances de détailler les processus d'ingérence »
- 35:25Invité politiqueFait
« c'est qu'il y ait une autorité qui se mette en place le temps de la campagne présidentielle avec tous les candidats et leurs équipes pour avoir une veille sur ces sujets-là »
- 35:41Invité politiqueFait
« il y a une haute autorité qui s'occupe de ça mais aussi de la sécurité cyber informatique »
- 39:36Invité politiqueFait
« Madame Delga n'a pas appelé à voter pour la NUPES au contraire elle a mis des candidatures dissidentes en Occitanie face aux candidats de l'union de la gauche »
Temps de parole
- François Piquemal73 %
- Présentateur23 %
- ?4 %
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Souvenez-vous au moment de la NUPES, Mme Delga n'a pas appelé à voter pour la NUPES. Au contraire, elle a mis des candidatures dissidentes en Occitanie face aux candidats de l'Union de la gauche.
Ce
qui a rendu des victoires de la gauche quasi
impossible.
Ça a permis même des élections de membres du Rassemblement National. M. Glucksmann lui l'a dit, bon à Toulouse il n'y
a
pas besoin d'appeler au vote parce que M. Moudin c'est un maire de centre droit. Moi je l'invite à venir voir les actions de la mairie de droite radicale de Toulouse qui encore cet été publiait des informations mensongères sur Bali Bagayoko en citant des journaux comme Français de souche et Frontières. Rien que ça.
Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver sur Le Média TV. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir le député de la France Insoumise François Picmal pour parler de son ouvrage Élections sous influence aux éditions Arcanes qui traite des ingérences étrangères dans les campagnes électorales françaises. On s'autorise à penser, c'est tout de suite.
Mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés. Alors ça ne fait pas un autre truc.
Les
milieux autorisés vous y êtes pauvres.
Avant
de commencer je vous rappelle que si l'on peut continuer de proposer un contre-discours à celui des médias mainstream c'est grâce à vous. Et on a besoin de votre soutien. Rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr pour devenir un donateur mensuel et nous permettre de continuer à vous proposer ce genre de format. Bonjour François Picmal. Bonjour, merci de l'invitation. Merci à vous de l'avoir accepté. Je parlais en introduction de cet ouvrage qui traite des ingérences étrangères. Mais je voulais commencer sur le résultat des élections municipales parce que vous avez utilisé une image dont vous parlez dans l'ouvrage.
C
'est celle de Roberto Baggio, du joueur de foot, de 1994. Pourquoi cette image
?
En fait parfois on a des associations d'idées qui comme ça n'ont pas vraiment de sens.
Mais
bon je pense que j'ai écrit ce livre dans un moment
où
il y avait la coupe du monde qui arrivait. Moi je suis fan de foot donc je suis fan de l'équipe de France et je suis la coupe du monde depuis longtemps. Et puis pour l'anecdote personnelle en fait j'ai perdu mon grand-père à ce moment-là. Et il se trouve que c'est avec lui que je regardais beaucoup les matchs de foot et qu'une des premières Coupes du Monde dont je me souviens c'est celle de 1994. Donc pour les anciennes et les anciens c'était l'Italie de Roberto Baggio et la fameuse finale perdue au tir au but. Et cette image est restée un petit peu iconique de Roberto Baggio qui manque son tir au but.
Et
on se dit une Coupe du Monde ça se joue à quoi sur une carrière d'un joueur ? Ça se joue à ce tir au but raté, à un ballon qui passe un centimètre au-dessus.
Et
finalement le soir d'une élection quand vous êtes candidat et que vous sentez que la victoire vous a glissé entre les doigts. Avant toutes les questions rationnelles, les explications que vous allez essayer de trouver.
Il
y a cette sensation en fait de solitude qu'il faut assumer
et
puis repartir de l'avant parce qu'après une Coupe du Monde il y
en
a une autre. On va parler de l'arbitrage de cette Coupe du Monde
pour faire la
métaphore. Mais avant ça on va parler dans l'ordre de cette loi. Je vais vous
parler
de plein de choses. On parlait notamment de Jean-Luc Mélenchon qui vous écrit après ces résultats aux élections municipales. qui vous dit que ce n
'est
pas une défaite et vous écrivez qu'il vous a fallu plusieurs semaines pour comprendre la phrase. Qu'est-ce que ça voulait dire pour vous ?
Bien sûr parce que quand on a le choc de la défaite, qu'on a eu beaucoup d'espérance d'y arriver et puis de pouvoir changer la vie des gens. Et là c'est la rentrée scolaire et ça se matérialise concrètement. Les kits de fournitures scolaires que font les mères insoumis, l'encadrement des loyers qui n'est pas à Toulouse. Bref je vous passe les mesures sur la gratuité des transports et autres. On a évidemment ce choc-là et il faut du temps.
C
'est pour ça que moi je dis tirer le bilan d'une élection à chaud c'est jamais bon
parce
que ça demande de laisser retomber la poussière. Et c'est ce qui permet aussi de comprendre dans quel contexte on a évolué. Parce que quand on est dans une campagne, bien sûr on le sent,
on
le voit,
mais
on a parfois du mal à prendre du recul sur ce qui se passe autour de vous, sur les forces qui sont à l'œuvre en face de vous. Et donc ce que j'ai compris, et c'est beaucoup nos anciens et nos anciennes dans les luttes qui nous enseignent des choses, qui ont cette forme de sagesse du temps, c'est qu'en fait une ville qui est de droite quasiment depuis 1971, si on met entre parenthèses la parenthèse Pierre Cohen qui a duré que 6 ans, une ville qui est de droite depuis quasiment un demi-siècle, avec un maire sortant, son appui financier, ses appuis financiers institutionnels, ses appuis de clientèle, disait le politologue Jérôme Fourquet,
c
'est difficile à gagner du premier coup comme ça. Donc effectivement on a réussi déjà une percée assez historique pour la gauche solide sur ses appuis, on est arrivé en tête de la gauche, on a réussi à faire l'union de la gauche, c'est mon vœu. Et malgré le bashing d'une semaine auquel on a eu droit nationalement et puis avec les ingérences en plus, on a réussi à faire un score tout à fait honorable et correct et qui donne de l'espoir pour la suite.
En tout cas, je le sens à Toulouse, c'est que maintenant il y a beaucoup de jeunes, y compris qui n'avaient pas l'âge de voter, qui sont prêts pour dans 6 ans, qui ont compris qu'on a réussi à sensibiliser aux enjeux municipaux, à une histoire toulousaine ancrée dans le social, dans ses mémoires de la seconde république espagnole, de la gauche solide sur ses appuis, etc. Donc je pense que c'est une des réussites qu'on a eues. Après, il conviendra dans quelques temps de faire un bilan plus précis de tout ça.
Avant de parler des ingérences, on va peut-être parler des raisons de ces ingérences, c'est votre engagement pour la Palestine, on va le dire. Fin août 2025, à 7 mois du scrutin, vous partez sur une flottille. Le déclencheur pour vous, ce sont les départs, notamment du médecin toulousain, si je ne m'abuse, Tralette Benboutrif, et de vos collègues députés Thomas Porte et Marie Mesmer.
Pourquoi
vous avez choisi de monter sur une flottille ? Pour
être tout à fait complet, moi j'ai eu l'opportunité d'aller en 2016 à Jérusalem et à Bethléem, parce que j'avais une amie qui travaillait là-bas, et j'ai pu voir l'apartheid qui était en place vis-à-vis du peuple palestinien. Je connaissais déjà cette cause, évidemment, j'avais participé ponctuellement à des manifestations, mais quand on observe, on va dire, même si c'est de manière très courte, les choses, ça vous sensibilise encore davantage et vous vous rendez compte de l'injustice que vit le peuple palestinien. Donc j'ai suivi ça, même si je n'étais pas un militant, on va dire, en pointe là-dessus, mais en tout cas je suivais comme d'autres causes avec toute ma solidarité.
On a fait un premier voyage interparlementaire en février 2024 sous l'égide d'Éric Coquerel. On
est allé à
Rafa,
avec d'autres collègues parlementaires. Et ensuite, il y a eu les flottis avec Rima Hassan et d'autres, Emma Fourreau, Gabriel Catala et, désolé si j'en oublie, mais d'autres collègues insoumis, eux en l'occurrence. Et quand il y a eu l'opportunité de partir, en fait, il y
a
eu un concours de circonstances. Raled Benboutrif, que j'avais justement rencontré, non pas à Toulouse, mais à Rafa, qu'en revenant de Rafa, m'a dit qu'il partait. Donc moi, je pensais que les places étaient très compliquées à obtenir,
mais
j'ai candidaté en tant que parlementaire. Et la délégation suisse cherchait des personnes
dont
elle pensait qu'elles allaient assurer un minimum de protection diplomatique. Ça n
'a
pas du tout été
le cas,
on en parlera. Mais voilà, ça s'est fait comme ça et je n'ai pas hésité longtemps quand on m'a fait la proposition à participer à cette flottie.
La protection, elle n'est pas au rendez-vous. Au port d'Agedot, vous décrivez un soldat qui arrache l'écharpe tricolore de Marie Messmer, députée, votre collègue à la France insoumise, et Greta Thunberg mise à genoux devant le drapeau israélien. Qu'a fait la France pendant, avant, au retour ? Est-ce qu'il y a eu même des prises de contact avec vous
?
Pas grand-chose, si vous voulez. On avait le représentant de l'ambassade de France qui est venu nous visiter en prison. Mais
ce
dont on s'aperçoit, en fait, quand on arrive, c'est que Marie Messmer porte son écharpe tricolore. Vous aviez aussi Ada Colahou, l'ancienne maire de Barcelone, dans le groupe qui nous précédait. Et en fait, moi-même, député, ils ont pris mon écharpe, ils l'ont jeté à terre, ils l'ont piétiné. En prison, on a eu un traitement brutal, violent. Et certains, puisque Marie Messmer a déposé plainte, parlent d'actes de torture. La justice le qualifiera au moment voulu. Mais ce dont on se rend compte, c'est qu'en fait, le pouvoir israélien, les soldats israéliens,
n
'ont plus aucune,
se
sentent en toute impunité, en fait.
C
'est-à-dire maltraiter l'ancienne maire de Barcelone, qui est quand même la deuxième ville d'Espagne, maltraiter des parlementaires européens. Ouah, c'est pas un souci.
Qu
'est-ce que vous allez faire ? De toute façon, moi, je peux entendre leur positionnement. Ils se disent, que va faire le gouvernement français ? Ils
nous apportent
leur soutien inconditionnel à l'Assemblée nationale. Quand l'ambassadeur d'Israël fait de l'ingérence diplomatique,
pas
de convocation. Donc, en fait, le gouvernement israélien, et puis tout ce qui en dépend, se sent en toute impunité. On le voit à d'autres échelons, et de manière beaucoup plus grave, évidemment, à Gaza, en Cisjordanie, et sur d'autres éléments. Donc, ça a juste conforté cette idée-là, et ça l'éclaire.
Vous
parlez aussi d'une jeune femme qui a été mise à genoux à côté de vous, à qui un soldat israélien coupe au couteau le collier, hérité de sa grand-mère, et qui prend une gifle pour avoir dit shame on you, honte sur vous, aux soldats. C'est intéressant, parce que vous dites ensuite qu'à Toulouse, quand on vous insulte, les insultes glissent. Ça vous a créé une forme de carapace. Oui,
en fait, moi, il y a cet épisode-là, effectivement, qui
est
un épisode de violence sur le port d'Ashdod, où on est tous à genoux, où il y a des coups donnés par les agents israéliens, où il y a les colliers, les bracelets qui sont arrachés au couteau, littéralement, des uns, des autres, où on jette les effets personnels, etc. Bon, c'est une scène de violence. Il y
a
eu aussi des violences en prison. Moi, dans mon passé militant, j'ai assisté, malheureusement, à des violences physiques d'humiliation, notamment quand j'étais au DAL, au droit au logement. J'ai assisté à des campements où on expulse les gens de manière hyper violente. Donc, en fait, comment dirais-je
? C
'est quelque chose, malheureusement, avec lequel j'ai dû apprendre à composer, à supporter, à gérer aussi. Parce que quand on est responsable associatif ou politique, qu'on se doit de faire preuve, si possible, du plus de sang-froid possible. Donc, quand on arrive à la cérémonie du 19 mars, où il
y
a les menaces de mort, où il y a les insultes, où il y a les sifflets, les cris, etc., je sais très bien
pourquoi
ils font ça et quelles réactions ils attendent de ma part.
Ils
attendent à ce que je m'énerve, à ce que ça m'irrite, à ce que j'ai une mauvaise réaction. Et donc, moi, je sais que dans ces moments-là,
je
me mets dans ma bulle. Je pense aux choses qui sont essentielles. Je pense à pourquoi on fait les choses. Et je fais le vide. Et là, je pensais, en l'occurrence, sur la cérémonie du 19 mars, tout simplement à celles et ceux qui, partout dans le monde, ont été victimes d'attentats terroristes et, bien sûr, aux victimes, en l'occurrence, de Toulouse.
On
va parler de Toulouse et de la machine toulousaine. Vous et votre équipe,
vous
avez compté, entre mai 2023 et mai 2025, 1 509 articles de La Dépêche du Midi donner la parole à la seule majorité de droite, 126 à la seule opposition, donc 80% contre 5%. Donc, La Dépêche du Midi, c'est un des journaux les plus simples.
C
'est le principal journal à Toulouse de droite, un journal avec une ligne éditoriale que moi, j'estime de droite.
Comment ils expliquent ça ? Est-ce que vous avez déjà sollicité des explications
de leur
droit
?
Oui, mais après, moi, j'entends qu'un journal, il est sa ligne éditoriale et que La Dépêche, désormais, est une ligne éditoriale de droite. Il suffit de regarder les éditoriaux de La Dépêche. Si j'invite tout le monde à les lire, vous verrez que le directeur de la formation,
comme je dis,
souffre d'insoumiphobie.
C
'est-à-dire que, pour lui, sur Terre, la France insoumise égale Jean-Marie Le Pen, etc., on a le droit à des qualificatifs comme ceci. Totalement malhonnête intellectuellement, mais passons. Moi, en fait, ce qui m'interroge davantage, c'est comment la bientôt troisième ville de France a un niveau, au niveau médiatique, qui est celle d'une ville de deuxième division, j'ai envie de dire. Et ça, bon, il y a des médias qui essayent de faire bien leur travail. Il y a Actu Toulouse qui fait des articles équilibrés, Médiacité qui mène des travaux d'enquête. Mais il y a un manque de moyens dans les médias des services publics, que ce soit ici Occitanie ou France 3 Télévisions.
Et
surtout, je pense qu'il y a un manque de moyens qui sont donnés à des initiatives de médias indépendants qui pourraient exister dans notre ville et qui fait qu'aujourd'hui, il n'y
a
pas de débat politique proposé par des médias. Par exemple, être un membre de la majorité municipale et un membre de l'opposition municipale. Et je veux dire,
ça fait
partie du débat démocratique et puis après, chacun se fait à son idée.
Il y a cette forme de déséquilibre médiatique dont vous parlez. Il
y
a aussi ce déséquilibre financier, dont Médiacité recense d'ailleurs le 17 mars 2025. Le parti de Jean-Luc Moudenk pour Toulouse affichait 357 000 euros de trésorerie. Vous,
votre
budget sur toute la campagne n'a pas dépassé 290 000 euros sur les deux tours. Et le parti de Jean-Luc Moudenk, pour être précis, c
'est
un micro-parti ?
C'est un micro
-parti, exactement. Selon Médiacité. En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il avait, avant de débuter la campagne, plus de 300 000 euros sur son micro-parti d'après le journal. Et il faut rajouter à cela, bien sûr, le budget de campagne, qui doit être, à mon avis, on verra, je n
'ai
pas les chiffres officiels, mais je n
'ai
pas peur de dire qu'il est proche, à mon avis, du double d'une autre. C'est-à-dire, on doit être sur du 400 000, allez, on va dire 400 000 euros. Donc,
400
plus 300, 700. Et nous, 270 000. Donc, souvent, je dis, mais c'est comme si on avait joué le TFC contre le PSG.
On
n'est pas à armes égales dès le départ.
Et
ce problème de financement, il existe à Toulouse, mais il existe ailleurs. Julia Cagé, l'économiste, a fait des travaux dessus. Et c'est quelque chose qui doit se poser aussi dans la refonte du système démocratique via la 6e République. Parce que, forcément, ça a des incidences. Par exemple, dans une élection locale, où, en plus, vous n'avez pas peu de médias qui font du débat local sur les dernières années, le fait de pouvoir payer un courrier que vous allez publier, posté dans une ville de près de 500 000 habitants, ce n'est pas donné à tout le monde.
D
'ailleurs, nous, on n'en a pas fait parce qu'on n'avait pas les moyens. Je pense que M. Moudin, qui est ses équipes, ils ont dû en faire au moins 3-4 durant la campagne. Et ça vous fait une différence d'information.
Et on ajoute, après l'aspect financier,
l
'aspect médiatique, on va parler du scrutin en lui-même. En janvier 2024, à la demande de la ville, la préfecture supprime 14 lieux de vote dans une ville en pleine croissance démocratique. Vous l'avez dit, c'est bientôt la 3e ville de France. Et vous l'écrivez, ces lieux de vote supprimés correspondaient à des secteurs de la ville ayant largement plébiscité Jean-Luc Mélenchon, puis Jeanne Nupes en 2022. Cette élection était-elle vraiment équitable ? Non, elle n'était pas
équitable, mais on
le
savait avec mon équipe en se lançant dans la campagne que c'était David contre Goliath, l'histoire. Mais si vous voulez, en fait, tout ça... C'est un peu grossier, là. Oui, mais ça marche. En fait, plus c'est gros, plus ça marche. Et pourquoi, c'est ce que j'explique, c'est que cette droite-là à Toulouse, qui est droite radicale, et qui
n'est
pas une droite centriste, contrairement à ce qu'on veut faire croire. C'est droite qui sent toute impunité. La bras droite de M. Moudinck pendant longtemps, c'était Mme Marie Bagé, elle a été condamnée, je cite la justice, pour complot politique. Et pas vis-à-vis de quelqu'un de gauche, vis-à-vis d'une députée macroniste, qui s'appelle Corinne Vignon, que je salue d'ailleurs, et qu'on a été les seuls à défendre dans le conseil municipal. Et il y a d'autres affaires qui épinglent toute l'équipe de M. Moudinck. Mais en fait, eux, ils se sentent tranquilles, comme il n'y a pas un grand média qui vient mettre en avant les péripéties de cette équipe-là, comme il n
'y
a pas de débat démocratique qui est organisé à Toulouse. Bon, ils nous coupent le micro en plein conseil municipal. Mais ça ne gêne plus personne. En fait, c'est des pratiques... Qui sont
inscrites
dans la
manière de fonctionner.
Oui, et puis en fait, ils ne supportent pas qu'il
y
ait une opposition, qu'il soit une opposition, de combat consistante, endurante,
et
qui n'attend pas juste l'élection pour se réveiller.
Donc
c'est pour ça qu'on a le droit à plein de fausses polémiques, là, il y
a
eu les mariages cet été où on veut m'empêcher de marier les gens. Bon, on a des trucs aussi pathétiques et médiocres que ça. Mais ça correspond bien à cette droite-là, d'ailleurs, qui en fait est...
Enfin,
je le dis dans le livre, le premier discours de Jean-Luc Mounin lorsqu'il est réélu maire, ce n
'est
pas de dire mon projet pour Toulouse a gagné, on va faire tel chantier, telle affaire. Non, c'est de dire
oh,
on a eu peur, qu'est-ce qu'on a eu peur ? Et vous êtes rassurés ? Bon, c'est le candidat de la peur. Mais
son
programme, c'est la peur.
Et
après, du coup, on reste une ville qui, malheureusement, gâche son potentiel, à mon avis. Mais ça, c'est mon point de vue et celui de beaucoup de Toulousaines et Toulousains, puisque c'est bien de rappeler que c'était 53-47 quasiment le score. Donc la ville, c'est comme tout le temps, il y
a
des gens qui pensent l'inverse de
ce que dit le maire.
On
va venir à quelque chose qui a peut-être dû jouer aussi, c'est le 19 mars, dont vous avez parlé
tout
à l'heure,
et
la commémoration des attentats de Mohamed Merah.
C
'est le plus
facile
! C'est le plus facile
!
On a un affaire ici
!
Anti-juif
! Anti-juif !
Anti-juif
! D
'habitude, à ce genre de cérémonie, il y a une centaine de personnes. Là, cette année, il y avait des pancartes, plus de 250 personnes, un mégaphone où vous avez entendu des insultes et des interpellations assez violentes. On va te crever, va mourir avec tes amis à Gaza, devant le maire et le préfet de Haute-Garonne, qui ne bougent pas. la préfecture de Haute-Garonne, à votre sens, était prévenue ?
Alors,
le préfet, je ne sais pas du tout s'il était prévenu.
Comment vous
expliquez sa non-réaction ? Ça, je ne l'explique pas.
Je
n'explique pas non plus la non-réaction du maire, parce que la cérémonie était organisée par la municipalité. Donc, c'est de son ressort de faire assurer la sérénité d'un moment de recueillement, ce qu'il n'a pas fait, clairement. À mon avis, sciemment. Ce qui est sûr, c'est que dès que je suis arrivé, j'ai compris
que
cette cérémonie ne serait pas comme les précédentes et qu'il y avait l'organisation d'une manifestation pour nous huer, pour nous insulter. Et dès qu'on est arrivé, les insultes ont commencé.
Et
les menaces de mort, y compris vis-à-vis d'un ancien élève d'Ozara Torah, qui a été l'école victime des attentats de Mohamed Merah, les attentats antisémites de Mohamed Merah, qui s'est fait menacer de mort. Et ça,
il
y a des vidéos. Donc, on a les individus. L'enquête se poursuivra. Et toute la cérémonie, ça a été ça. C'est-à-dire des insultes, des menaces de mort, quelqu'un au mégaphone qui eut les élus quand ils vont déposer les gerbes. Et ce n
'est
pas que les élus insoumis. C'est aussi le président du conseil départemental, Sébastien Vassili, qui s'était prononcé pour l'union de la gauche. C'est François Briançon qui a fait l'union de la gauche avec moi, qui s'est fait menacer de mort en partant. Donc, vraiment, une violence verbale. Il y a même eu des gens bousculés, etc. Et moi, je remercie les membres du service d'ordre de la France insoumise et de notre campagne de manière générale qui étaient présents
et
qui ont, à mon avis, évité des choses plus graves nous concernant et concernant notre intégrité physique et qui ont fait preuve d'un sang-froid exceptionnel. Donc, voilà pour cette séquence. Et après, ce qu'on a appris, c'est via le syndicat national des journalistes de France Télévisions qu'il y avait eu une préméditation de
cette manifestation. Avec le SMS
de Franck Toubou, le président du CRIF Toulouse, qui a écrit à la rédaction de France 3 « Venez avec la caméra à la manif annuelle d'hommage aux victimes du 19 mars. Il va y avoir du grabuge.
»
Voilà. Ça, c'est l'effet rapporté par le syndicat national des journalistes de France Télévisions.
Oui.
Sachant qu'ils reprochent aussi à leur rédaction de ne pas avoir averti l'équipe qui
est partie sur place
et qui a pu penser que c'était des événements spontanés, ce qui n'était pas du tout le cas. Et M. Toubou, en fait, ce qui est intéressant, c'est que c'est le président du CRIF à Toulouse, mais c'est aussi un très proche de Jean-Luc Moudinck, puisqu'il déclarait dans des articles de presse sur la précédente élection municipale Oui, dans Médiacité. qu'il était un de ses principaux rabatteurs de fonds. Donc, voilà. C'est quelqu'un qui a une proximité opérationnelle avec M. Moudinck sur les campagnes et
qui
a une proximité idéologique aussi, puisque c'est un soutien du gouvernement de M. Netanyahou.
Oui, il se vantait dans Médiacité d'avoir renforcé du mieux qu'il a pu les moyens de Jean-Luc Moudinck pour qu'il gagne. Et dans ce même article, 53 000 euros auraient afflui en 2019 sur les comptes du micro-parti du maire par son entremise.
Voilà. C'est ce qui est dit dans cet article, effectivement.
Est-ce qu'on peut parler... C'est un très bon moyen de parler aussi de l'ingérence que, en ce moment, on est en pleine campagne présidentielle. Mais on a appris dans un rapport Vignum du 11 juin 2026 qu'il y avait plusieurs campagnes d'ingérence pendant les municipales. Trois insoumis sont concernés. Sébastien Delogueur à Marseille, David Guiro à Roubaix. Et vous, à Toulouse, des ingérences venues d'Israël. Pierre-Yves Bournazel à Paris a été concerné aussi par des ingérences russes selon le rapport. Qu
'est
-ce que ces rapports établissent exactement
concernant ?
Ces rapports, ils établissent ce qu'il y
a
bien eu... Enfin, ils établissent des faits. Moi, je remercie d'ailleurs les services de l'État qui ont essayé de le faire le plus rapidement possible et qui détaillent ça et ça montre l'importance de leur donner des moyens.
Les
rapports, ils montrent quoi ? Ils montrent qu'il y a une entité qui s'appelle Black Core avec une autre entité qui s'appelle Galacticos
qui
ont usé de moyens de désinformation à notre égard pour essayer d'influer sur les campagnes municipales qui étaient les nôtres. Le point commun de ces deux entités israéliennes,
c
'est qu'elles republient du contenu d'Elnet. Elnet, qui est l'agence de lobby pro-israélienne, pro-gouvernementale en France
et
qui a un projet politique connu, peut-être qu'on en parlera notamment sur l'islamophobie. Si on peut y revenir, je pense que
c
'est intéressant dans la séquence actuelle d'ailleurs. Bref, donc on a Elnet dont le principal dirigeant aujourd'hui en France et M. Harry Ben Semoun qui est l'ancien président du CRIF Toulouse et qui a fait des vidéos d'appels à voter pour Jean-Luc Moudin. Décidemment, tout se passe à Toulouse.
Donc
on a, je ne sais pas, les enquêtes doivent dire les rôles des uns et des autres dans tout ça. Moi, je ne présume de rien. On a en tout cas une nébuleuse de l'extrême droite israélienne qui a opéré
que
ce soit dans les ingérences étrangères avérées par Vigilium, que ce soit le 19 mars au vu des propos tenus qui étaient des propos non pas relatifs à la mémoire des victimes mais relatifs à ce qui se passe à Gaza et en Israël et probablement avec les fausses publicités du second
tour qui
sont arrivées la veille. du
second tour.
Vous écrivez que ces rapports passent sous silence les fausses publicités diffusées la veille du second tour ce qui était pourtant une partie assez massive de la campagne qui vous ciblait. Pourquoi selon vous ce rapport n'en parle pas ?
Alors, je ne dis pas qu'ils le font potentiellement. Je dis qu'en tout cas il faudrait qu'ils le fassent que les services de l'État se penchent là-dessus parce qu'à mon avis les fausses publicités qui ont été diffusées la veille du second tour des élections municipales à Toulouse sont celles qui ont eu le plus d'impact
potentiellement.
On avait reçu à l'époque votre coordonnatrice de campagne
Inès Jelida qui
elle vous a alerté justement en vous disant que des gens voyaient des publicités à votre nom en jouant à un Candy Crush.
C
'est assez curieux c'était des visuels islamophobes du coup avec une femme voilée représentée qui joue en gros sur le stigma islamophobe le 22 mars je choisis Picmal et je garde le haut. Il y
a
aussi un montage d'American History X du film avec une croix gammée transformée en logo et les filles. Une phrase de Marianne qu'on vous attribue à tort et ça tourne un peu partout que ce soit dans des jeux comme Candy Crush ou sur le site de la dépêche Oui
sur la dépêche du midi Vinted Paris Sportif Dictionnaire des Synonymes c'est très géolocalisé donc l'opération elle a voulu toucher des gens de Toulouse et sa région ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui moi j'ai déposé plainte donc il y
a
une enquête qui est en cours je ne
sais
pas ce qu'elle donnera mais par exemple on l'a interrogé la dépêche puisqu'ils ont diffusé ces fausses publicités pour leur demander
quand
même c'est problématique pour la réputation de votre journal vous dites un journal d'information vous diffusez de la désinformation donc ils ont diligenté à priori une enquête interne ils auraient déposé plainte je mets du conditionnel parce que j'attends les suites et en tout cas ce qu'ils nous ont dit c'est qu'ils avaient beaucoup de publicités qui arrivaient par leur régie pub qui est gérée par Google et que c'était des millions d'impressions des millions d'impressions
22 millions
d'impressions par jour
par
jour
et
vous étiez en réserve
électorale on était en réserve électorale vous vous rendez bien compte
qu
'une veille de second tour de l'élection municipale de la bientôt troisième ville de France qui a été surmédiatisée
beaucoup
d'électeurs on le sait ils se déterminent dans les 48 dernières heures
bon
ils font quoi ils se disent je suis allé sur mon journal local tiens à voir les dernières infos et vous tombez sur des fausses publicités qui nous font prêter des propos qui sont diffamatoires qui ne nous rendent pas service et ça avec 22 millions d'impressions par jour donc ça ne
veut
pas dire qu'il
y a
22 millions de personnes qui ont été touchées mais ça veut dire qu'à minima il y en a certainement des dizaines de milliers centaines de milliers voire plus et donc forcément ça peut altérer le jugement personne ne peut dire l'inverse donc toute la question c'est de savoir à quel point donc moi ce que je demande c'est que toute la lumière soit faite qu'on sache qui est l'auteur de ces fausses publicités vu le processus et vu le registre de discours de ces publicités
tout
laisse à penser mais je mets du conditionnel que ce serait lié aux ingérences israéliennes également mais peut-être que c'est autre chose donc moi je suis ouvert aux autres hypothèses mais il faut que l'enquête les détermine
on
parlera un peu de Lnet France et de leur projet mais quand on voit la facilité à laquelle ces fausses nouvelles se sont propagées et ce degré d'impression sur le site de la dépêche du midi on en parlait 22 millions d'impressions par jour ça vous inquiète pour la présidentielle à venir parce que là il y a l'enjeu sans vouloir comparer mais l'enjeu est quand même plus grave peut
-être que
les ingérences seront encore plus violentes c
'est pour ça que j'ai décidé d'écrire le livre il y a une préface de Jean-Luc Mélenchon justement parce qu'il doit servir aussi à lancer l'alerte
ce
qui s'est passé à Toulouse à Roubaix et à Marseille c'est du jamais vu en France mais c'est potentiellement qu'un début pour notre souveraineté démocratique moi j'invite tout le monde à réfléchir quel que soit votre bord politique d'ailleurs vous êtes dans votre commune dans votre pays est-ce qu'il vous est supportable de penser qu'une puissance étrangère
puisse
venir influer les choix qui vont être les vôtres de grande orientation politique en l'occurrence là pour les présidentielles je pense qu'il
y a
un enjeu de souveraineté démocratique et c'est pour ça qu'il faut qu
'on
prenne un certain nombre de mesures en France pour s'en prémunir le plus possible
parce
que maintenant c'est une réalité concrète des pays ou des mouvements politiques qui ont apporté leur soutien à la Palestine on prend le cas de
Pédan Sanchez en Espagne avec
Pédan Sanchez qui accuse directement Israël d'être impliqué dans la
crise d'Assemblée Israël et
la Russie d'avoir fomenté une campagne de désinformation c'est ce que dit Pedro Sanchez avec visiblement des preuves à l'appui qu'à mon avis quelqu'un d'aussi sérieux que lui fournira mais voilà on sait qu'en tout cas il y
a
une internationale réactionnaire qui va de Trump à Poutine en passant par Netanyahou qui a intérêt à chaque fois mettre des bâtons dans les roues de tous les gouvernements de gauche ou de celles et ceux qui veulent parvenir au
pouvoir dans notre camp on va parler un peu de Elnette qui joue un rôle d'influence majeure en France son dirigeant Harry Bencemo on en parlait tout à l'heure est un soutien autoproclamé de Maudinck il y a une vous documentez le lobbying fait par Elnette plus de 90 séjours de parlementaires payés depuis 2019 entre 100 000 et 200 000 euros annuels déclarés à la HATVP qui régit ce genre de choses c'est des moyens très conséquents qui sont investis pour influer
est-ce que vous vous souvenez de la phrase de Retailleau abat le voile oui
c
'est à l'occasion d'un meeting organisé par une entité qui s'appelle Agir Ensemble qui est proche d'Elnette que ces propos sont donnés sont dits donc avec un meeting que d'aucuns ont qualifié à juste titre d'islamophobe et en fait Elnette ce que détaille Vigilium c'est que beaucoup des phases de désinformation se jouent sur la question de l'islamophobie et de la fracture avec nos concitoyennes et concitoyens musulmans souhaités par Elnette et après donc Elnette a un travail de lobby vous l'avez dit il y a beaucoup de parlementaires qui sont allés en Israël via ce lobby qu'est Elnette qui est en fait le petit frère d'Eypak aux Etats-Unis dont on a pas mal entendu parler cet été parce que les règles aux Etats-Unis permettent à Eypak de financer directement des candidats qui sont pro-Netanyahou grosso modo donc Elnette ne peut pas le faire donc ils agissent en France ils ne peuvent pas le faire donc ils agissent par d'autres moyens et par les techniques d'influence et de lobbying somme toute habituelle donc que ce soit les voyages que ce soit des grands meetings les déjeuners les déjeuners et autres donc oui c'est un lobby important et on voit que beaucoup de parlementaires qui ensuite peuvent devenir ministres ont été approchés voire on fait des voyages avec Elnette
le
29 mars d'ailleurs le compte Agir Ensemble dont vous parlez rediffuse les premiers mots de l'investiture du maire de Toulouse-Mauding ce résultat quel soulagement nous l'avons échappé belle vous y voyez la preuve d'un objectif commun au moins
pour moi
ils ont un objectif politique commun c'est des gens qui partagent les valeurs de droite radicale voire d'extrême droite sur certains aspects et une des choses qui par exemple nous différenciait parmi d'autres avec Jean-Luc Mauding c'est sur la question du conflit de ce qui se passe à Gaza c'est à dire que Jean-Luc Mauding par exemple il a fait mettre le capitole aux couleurs d'Israël après le 7 octobre et aux couleurs de l'Ukraine
donc
ok
mais
nous on lui a dit mais il faut mettre le capitole aux couleurs de la Palestine et du Liban plus récemment suite aux agressions et aux crimes israéliens chose qu'il a toujours refusé il y a un jumelage entre Tel Aviv et Toulouse que nous nous souhaitions suspendre comme d'autres villes l'ont fait Barcelone La Rochelle Bruxelles et pareil ça a été un des points de clivage important et qui a certainement aussi fait qu'il y a eu cette mobilisation de l'extrême droite israélienne
bon
voilà donc je pense que monsieur Mauding c'est un soutien
de
la politique israélienne
et
que ses amis locaux qui la soutiennent aussi se sont retrouvés autour d'un objectif commun oui effectivement
et plus généralement ces ingérences israéliennes dont parlions l'Espagne etc on a des indices assez clairs que ça va cibler Jean-Luc Mélenchon le 5 juin l'ambassadeur d'Israël en France Joshua Zarka déclare qu'il préférait n'importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle il n'a pas été convoqué il n
'a pas
été questionné questionné là-dessus est-ce que pour vous c'est une manière d'annoncer aussi la couleur oui
bien sûr bien sûr mais en fait ce que vous dites est juste et même Nathalie Loiseau qui est une eurodéputée macroniste s'en est émue en disant que c'était de l'ingérence diplomatique
mais
moi je laisse tout le monde imaginer si on avait une sorte d'Ellnet venu de Chine ou de Russie qui envoyait comme ça des dizaines et des dizaines de parlementaires en voyage qui se permettait de faire de l'ingérence dans notre pays quelle serait la réaction de la classe politique d'une partie de la classe politique vis-à-vis de ça je pense qu'on convoquerait peut-être l'ambassadeur de Chine ou de Russie pour leur demander des explications
bon
moi il n'est pas normal quelle que soit la puissance étrangère
qui
commence à s'ingérer dans les affaires de notre pays que l'ambassadeur ne soit pas convoqué de la même manière maintenant qu'on sait que Black Corps est basé à Tel Aviv le gouvernement français devrait dire au gouvernement israélien
vous
devez les poursuivre ou alors nous donner toutes les données nécessaires pour que nous nous le fassions puisque ces personnes ont enfreint notre souveraineté démocratique
le gouvernement il a annoncé fin juillet un texte assez court triplement des peines pour production de faux contenus en période électorale extension du référé judiciaire à toutes les élections commission permanente d'information du public je n
'ai
pas trouvé les détails sur cette commission permanente d'information justement le texte ne nomme aucun pays évidemment il n
'y a
pas une précision claire vous dans je ne
sais
pas dans le livre c'est dans des entretiens vous avez demandé précisément l'extension des pouvoirs du juge des référés afin qu'ils puissent agir en urgence face aux opérations
nous ce qu'on demande c'est d'abord qu
'il
y
ait
plus de moyens donnés aux agences de l'état chargées comme la Vigilium l'Atsi de faire des surveillances de détailler les processus d'ingérence etc parce qu'elles ont besoin de moyens humains et matériels deuxième chose c'est qu'il y ait une autorité qui se mette en place le temps de la campagne présidentielle avec tous les candidats et leurs équipes pour avoir une veille sur ces sujets là pouvoir alerter et pouvoir désamorcer toute tentative d'ingérence si elle est repérée la seconde chose c'est qu'à plus long terme il
y a
une haute autorité qui s'occupe de ça mais aussi de la sécurité cyber informatique parce qu'on l'a vu ça touche nos services publics alors après donner des amendes oui mais en vérité
une
structure comme Elnett ou d'une grosse puissance étrangère
le
temps que l'enquête ait lieu que les responsabilités soient établies elle a le temps de se retourner voire d'y échapper donc pourquoi pas mais c'est plus de l'ordre du symbolique qu'autre chose aujourd'hui donc nous ce qu'on dit aussi c'est qu'il
y a
un enjeu d'éducation de formation des journalistes des journalistes mais j'ai envie de dire toute la société de plus en plus avec les réseaux sociaux l'apparition de
l
'intelligence artificielle sur la vérification des sources
on
citait Guillaume Erner sur France Culture on a beaucoup travaillé dessus ici au Média on avait révélé à l'époque que la rédaction de France Culture prévoyait une sanction justement cette séquence elle a été portée par un montage diffusé par Léon le Média dont le rédacteur en chef Avishai Légère Tanguère travaille pour le CRIF donc il faudrait que que ça soit Vignum selon vous qui forme les journalistes à éviter de tomber dans ce genre
de piège
c'est la réflexion qu'on doit avoir c'est à dire je pense que les journalistes en fait ça devrait faire partie de leur formation d'autologique mais je pense que c'est déjà
le cas
sur la vérification des
sources
je le dis parce que par exemple sur les premières ingérences qu'on a subies vous avez un journaliste qui les a répercutées donc qui
n
'a pas vérifié ces sources donc la vérification des sources est très importante mais je pense qu'aujourd'hui quand on est dans un pays où beaucoup des médias sont détenus par des milliardaires d'extrême droite qui ont un intérêt à la désinformation
et
bien il faut former tous les citoyens donc il
y a
un travail aussi à faire
à
l'éducation nationale et ailleurs sur ces questions là
Le même rapport Vignum il parle d'une opération russe contre Pierre-Yves Bournazel à Paris est-ce que vous avez été en contact avec lui ?
Non
mais pourquoi pas à l'occasion moi de toute façon la question pour nous ça nous arrivait à nous bon on est bien le parti le mouvement anti-système on le sait donc le système se défend mais ce que je dis dans ce livre c'est que ce qui nous est arrivé peut arriver à d'autres demain pour des raisons diverses et variées dont on n'a pas les tenants et les aboutissants et que je le souhaite à personne donc monsieur Bournazel moi il a toute ma solidarité et évidemment s'il écoute le média je ne sais pas on
l'a interviewé une fois et qu'il
souhaite qu'on se rencontre et bien ce sera avec plaisir
on
peut l'organiser tu offrirais mon livre on va parler un peu de l'actualité votre liste au municipal arrive en tête à gauche le 15 mars vous visionnez la nuit même avec celle de François Bréanson que vous remerciez d'ailleurs vous avez remercié tout à l'heure d'avoir fait l'union de la gauche pendant ce temps Carole Delga et Raphaël Glucksmann appelaient à autre chose place publique a exclu son responsable du département Hugo ça joue pour avoir participé à la liste finalement Raphaël Glucksmann et Carole Delga portent la même ligne maintenant pour la présidentielle que celle qu'ils avaient portée contre vous au
municipal oui
mais après c'est malheureusement pas nouveau parce qu'il
y a
6 ans notre candidat de l'union de la gauche c'était Antoine Maurice qui était candidat écologiste
et
qui avait subi la même chose c'est à dire le torpillage de la liste socialiste et Madame Delga qui fait une première sortie publique avec Monsieur Mouding plutôt qu'avec Antoine Maurice donc il y a toujours eu ça à Toulouse avec je pense d'ailleurs que François Briançon aurait été en tête il aurait subi la même chose à partir du moment il était allié avec nous il aurait subi la même chose donc moi je le regrette mais c'est des gens qui jouent contre le camp de la gauche et qui sont déshabitués souvenez-vous au moment de la NUPES Madame Delga n'a pas appelé à voter pour la NUPES au contraire elle a mis des candidatures dissidentes en Occitanie face aux candidats de l'union de la gauche ce
qui a rendu du coup des victoires de la gauche quasi
impossible
ça a permis même des élections de membres du Rassemblement National donc si vous voulez moi je le regrette Monsieur Glucksmann lui il a dit bon à Toulouse il n'y a pas besoin d'appeler au vote parce que Monsieur Mouding c'est un maire de centre-droit moi je l'invite à venir voir les actions de la mairie de droite radicale de Toulouse qui encore cet été publiait des informations mensongères sur Bali en citant des journaux comme Français de souche et Frontières rien que ça donc moi si c'est la droite modérée pour Monsieur Glucksmann j'ai un point de vue différent évidemment non je le regrette mais par contre
je
pense que tout le monde est meurtri par ce genre de comportement et je pense que les personnes qui font ça et qui se disent de gauche n'en sortent pas grandi et que d'une manière ou d'une autre elles vont le payer un jour ou l'autre dans les urnes ou autrement symboliquement mais je remercie celles et ceux qui comme François Briançon Hugo Saljo que vous mentionnez ont pris leurs responsabilités et ont su reconnaître que quand on est de gauche en fait on vote à gauche et on arrête de se poser des questions pas possibles ou de se trouver des excuses pour être de droite
vous écrivez parce que vous venez de parler de Bali Bakayoko vous écrivez que les nouveaux maires insoumis sont des points d'appui pour la conquête de nouvelles villes est-ce que ça veut dire que vous allez y retourner
?
alors ça je sais pas il y
a
un recours qui est en cours sur l'élection municipale donc évidemment si le recours dit que les élections doivent avoir lieu dans les mois qui viennent je suis prêt mais il faut avoir des discussions avec tout le monde et avec toutes les composantes qui ont composé la liste du nom de la gauche et puis après si le recours n'aboutit pas malheureusement il va se passer du temps et il va se passer d'abord l'élection présidentielle c'est ma priorité pour faire en sorte que notre programme arrive au pouvoir ce qui améliorera aussi la vie des Toulousaines et des Toulousains par ailleurs si Jean-Luc Mélenchon est président et qu
'il
y a une augmentation du pouvoir d'achat la transition écologique et toutes les mesures que vous connaissez donc mon cas individuel en fait pour le moment se projeter dans 5-6 ans bien sûr je veux participer de l'histoire qui fera que Toulouse reviendra à gauche mais quelle sera ma place c'est les prématurés pour le dire
qu
'est-ce que ça change dans la campagne présidentielle ces victoires municipales que ce soit de Bali Bakayoko
ou de
David Quiro c
'est des exemples
concrets
c
'est très important parce qu'on dit souvent que l'histoire bégaye
et
par exemple moi je me suis beaucoup intéressé ces dernières années à l'histoire de Toulouse qui contrairement à ce qu'on dit a longtemps été une ville de gauche solide sur ses appuis avec des maires rouges on les appelait les rouges Jean-Rieux il avait un drapeau rouge sur le capital et donc j'ai observé un petit peu comment ils étaient arrivés à gagner la municipalité et ça ne s'est pas fait en une fois ça a été un processus long sur une génération quasiment
et
donc le mouvement insoumis c'est un mouvement jeune et on voit des choses
qui
sont assez similaires c'est-à-dire on commence à prendre des villes à montrer par l'exemple ce que ça change à maire insoumis là c'est la rentrée scolaire vous avez les kits de fournitures scolaires par exemple gratuits à Saint-Denis je crois que c'est pareil au tampon à La Réunion et dans d'autres communes qui sont dirigées par des maires insoumis et qui sont en fait la pointe avancée
je
pense d'une vague municipale qui est inéluctable en France c'est-à-dire je ne
dis
pas qu'on va prendre toutes les villes la prochaine fois mais je pense qu'on en prendra encore davantage que l'on en a gagné aujourd'hui
Pour
finir François Picmal qu'est-ce que vous n'avez pas écrit dans ce livre
?
J'ai fini ce livre je crois aux alentours du 14 juillet quelque chose comme ça donc depuis j'ai appris d'autres choses parce que c'est un peu un feuilleton
qu
'est-ce que je n
'ai
pas écrit dans ce livre ? Si vous
avez des nouvelles choses
à nous révéler nous on est preneur Je n
'ai
pas de nouvelles choses à vous révéler trop de croustillants je pense qu'il va y avoir des enquêtes qui sont en cours
on
va en apprendre on va en apprendre au fur et à mesure le 10 septembre juste vous dire le 10 septembre à Toulouse salle du Sénéchal à 19h je présenterai mon livre donc si vous êtes à Toulouse n'hésitez pas à venir vous êtes bienvenus et on en parlera puis je serai à la fête de l'humanité aussi le dimanche 13 14h30 au stand Vitry moi juste vous dire la première chose que j'ai faite quasiment après l'élection ça a été de me dire bon il faut que je lise un livre maintenant
et
j'avais un livre que je voulais lire depuis longtemps c'est celui de Nelson Mandela un long chemin vers la liberté ce sont ses mémoires j'en parle d'ailleurs dont vous avez croisé le petit-fils
et en fait exactement
je l'ai croisé son petit-fils était en prison avec moi suite à la flottie il était en face de moi et on avait bavardé comme ça des mots succincts en anglais mais je m'étais dit en revenant quand même j'ai jamais lu les mémoires de Nelson Mandela on connait tous le personnage et j'avais cette question comment a-t-il fait pour tenir 18 ans en prison et sortir de là et réussir à avoir cette énergie après on peut faire le bilan de l'action politique de Nelson Mandela mais comment on fait pour tenir 18 ans en prison
quand
pour nous déjà une semaine
ça
nous a paru bien long
et
du coup j'ai lu ça alors c'est c
'est
un pavé
mais
c'est très intéressant et ça donne énormément d'optimisme pour la suite
parce
que Nelson Mandela explique qu'en prison il a jamais douté du fait que si c'était pas lui qui sortirait et qui verrait un jour meilleur pour son pays ça adviendrait inéluctablement
et
je pense que ça nous remet aussi à notre place d'être humain
dans
un processus historique plus long où nos destins individuels sont de passer d'ouvrir des chemins parfois de construire des victoires qu'on ne voit pas de son vivant
mais
il faut pas oublier que toutes celles qu'on a eues par le passé c'est parce que certains ont fait un pas puis deux puis trois puis quatre
et
bon voilà je pense que ça ramène à une forme d'humilité et ça permet aussi de se rappeler que personne n'est essentiel mais tout le monde l'est
sur cette conclusion de Nelson Mandela merci beaucoup François Picmal
d'avoir été avec nous
je rappelle votre ouvrage Élections sous influence aux éditions Arkanes 17 avec
une préface
de
Jean-Luc Mélenchon
est disponible dans toutes les bonnes librairies et merci à vous de nous avoir suivis je vous donne rendez-vous quant à ma part sur capsurdicap.lemédiatv.fr pour continuer de nous soutenir c'est grâce à vos dons qu'on peut continuer de vous proposer ce contre-discours aux médias dominants donc n'hésitez pas à continuer de nous renforcer pour qu'on puisse vous proposer ce genre de format
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François Piquemal