Universités : Audition d'Olivier Beaud
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la rapporteur, monsieur le président de la commission, mes chers collègues, monsieur le professeur, merci d'être venu jusqu'à nous. Je rappelle que vous êtes professeur agrégé de droit public et peut-être que on vous posera des des questions sur l'agrégation de droit public. C'est un dossier que nous avons eu déjà à évoquer lors de nos précédentes auditions.
Je je vous dis quelques mots très rapides. Alors, c'est une commission d'enquête qui a été décidée par le Sénat à l'initiative du groupe Les Républicains et dont la rapporteur est Laurence Garnier et son objectif c'est d'établir un état des lieux partagés du modèle universitaire français et à identifier les moyens de le rendre encore plus performant et et excellent. Je rappelle en quelques en quelques mots beaucoup trop brefs votre parcours.
Euh vous êtes un grand défenseur de l'université et des libertés académiques et à plusieurs reprises dans l'hémicycle, j'ai entendu un vice-président du Sénat vous citer abondamment. Moi en l'occurrence vous êtes [rires] sur dans ce domaine là, vous êtes ma référence absolue. Donc je vous le dis et j'ai plaisir à vous le dire.
Vous [grognement] êtes l'un des fondateurs du collectif pour la défense de l'université qui a vu le jour au moment de la loi dite les rues en 2007 et vous êtes le président d'honneur de l'association qualité de la science française. En 2010, vous avez contribué à la rédaction d'un ouvrage programme intitulé Refonder l'université et vous êtes l'auteur de très nombreux livres, articles, tribunes. Je vous rappelle en quelques questions très générales quels sont les attendus de cette commission.
Donc nous souhaiterions identifier les forces et les faiblesses du modèle univers français. Essayer de trouver des marqueurs pertinents de l'excédence académique des universités. La façon dont il faudrait aménager le le modèle actuel français. et puis vous nous donnerez vos idées sur ce que pourrait être pour vous l'université française.
Je vais vous laisser la parole pour une dizaine de minutes et un proposiminaire. Ensuite, c'est notre rapporteur Laurence Garnier qui vous posera une série de questions. Puis je passerai la parole à à nos collègues.
Avant, je dois réaliser les formalités d'usage que vous connaissez parce que vous êtes un juriste et je me permets de vous rappeler qu'un faux témoignage devant cette commission est passible des peines prévues aux articles 434-13-14-15 du code pénal. Et je vous invite, monsieur le professeur, à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant, je le jure, j'ai pris acte de votre serment. Je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de notre commission d'enquête.
Vous n'en avez pas et je me permets de vous informer vous et nos collègues que cette émission est diffusé en direct sur le site internet du Sénat. Monsieur le professeur, je vous abandonne la parole pour environ 10 minutes. Vous avez la parole.
Merci monsieur et merci à tous pour cette invitation à venir m'exprimer devant vous et désolé pour le pour le retard. Je me réjouis de savoir que des parlementaires et des sénateurs en particulier s'intéressent à l'université qui est dans une situation quand même alarmante et je vais essayer de peut-être ici développer quelques idées. Je m'exprime à un titre personnel et non pas au titre de l'association qualité de la science française.
J'espère que mon nouveau président le professeur Foncou sera invité à parler ici. Mais je voudrais faire peut-être déjà quelques deux remarques sur le titre commission d'enquête sur la capacité des universités françaises à garantir l'excellence académique du service public de l'enseignement supérieur. La première remarque, c'est qu'il y a quand même une contradiction dans les termes puisque on évoque d'une part les universités françaises le service public de l'enseignement supérieur.
Je pense que la première chose à avoir à l'esprit c'est que l'université c'est une seule une partie seulement de l'enseignement supérieur. Il y a pas une identité et c'est même tout le problème. C'est ce que j'évelai tout à l'heure parce que c'est le problème parce que c'est la partie faible ou méprisée de l'enseignement supérieur et l'expression excellence académique et mérite un commentaire.
Euh je voudrais mettre l'accent ici sur euh ce qui garantit cette excellence du point de vue des professeurs et je parlerai très peu de l'excellence des des étudiants. Euh la grande idée, je pense qu'il faut avoir en tête quand on travaille sur l'université et les universitaires en général ne travaillent pas sur l'université, c'est leur lieu de travail donc ils réfléchissent à leur métier. c'est que l'université française a cette particularité unique au monde ou presque d'être le secteur négligé, le secteur faible, secteur méprisé l'enseignement supérieur et il subit une double concurrence concurrence des loyales, des grandes écoles qui ont eu très tôt le privilège de la sélection.
Je rappelle que les universités n'ont pas la sélection puisque il y a la possibilité dans la loi orientation réussite des étudiants, il y a la possibilité pour le pour le recteur d'imposer des étudiants à aux universités. Donc c'est quand même une singularité qui n'existe nulle part au monde, c'est-à-dire que les universités ne sont pas libres de choisir les étudiants qu'elles veulent. La deuxème singularité, c'est évidemment la deuxième concurrence déloyale.
Elle est faite par les organismes de recherche, c'est-à-dire le CNRS et les organismes de recherche qui ont eu un autre privilège qui est celui de pouvoir chercher sans enseigner. Donc ils ont beaucoup moins de charges et ça a une conséquence évidemment très importante, c'est que un universitaire très doué, un chercheur très doué, s'il a le choix aujourd'hui entre choisir l'université, choisir le CNRS ou un organisme de recherche, il choisit euh le CNRS, il choisit plus l'université. Donc on a cette double concurrence illégale inégale qui fait que comme le dit mon ami François Vatin avec qui on a écrit le livre avec un cahier refondé l'université une formule frappante que j'utilise souvent et que je reprends la l'université c'est la voiture balai de l'enseignement supérieur.
On y va par défaut et on raconte dans celui une anecdote très frappante d'un parent d'élèves. Son élève en terminale ne marche pas très bien, il est pas sérieux, il travaille pas. Et le proviseur convoque le père et il dit à la fin de son discours, il dit "Vous savez, si votre fils continue comme ça, il y a plus que la fac." Voilà, donc tout est dit hein.
Tout est dit à partir de cette idée que la fac c'est une voie de relégation et on est on n'est pas sorti malheureusement de cette de cette situation. Le caractère alors qui me prouve cela que c'est que maintenant il y a aussi c'est encore plus aggravant croissance d'un enseignement supérieur privé je crois que c'est à peu près de 15 % qui croit de plus en plus malgré des mauvaises formations, malgré des prix prohibitifs, les parents d'élèves, les parents d'étudiants continuent à envoyer commencent à envoyer continuent à envoyer leurs enfants dans ces enseignements supérieurs privés. Et si vous aviez une commission d'enquête supérieure à faire, vous devriez faire une commission d'enquête sur ce secteur privé qui est en général de très mauvais niveau et qui coûte très cher.
Donc on a une situation quand même qui est très compliquée et on est héritier de cette situation et on a on n'est pas sorti de de cette situation. Alors pour les j'ai pas beaucoup de proposition de réforme parce que je suis pas un homme politique mais je deux ou trois sur la question de l'organisation de l'université. Il y a trop d'université hein, il y a je crois que 84.
Je donne un exemple. La création de l'université de Nî est une aberration. Pourquoi est-ce qu'on a créé l'université à Nî à 60 km de Montpellier, à quelques kilomètres d'Avignon alors qu'on avait créé l'université à Avignon ?
Pourquoi créer aussi les antennes universitaires ? Moi, je suis pour la suppression de toutes les antennes universitaires. Par exemple, l'exemple que je cite souvent et qui a attiré l'attention des médias, c'est l'exemple de Montpellier qui a une antenne à Bédier.
Madame Fresse, présidentité de Montpolier, a voulu supprimer cette antenne. Il y a eu un un tout le monde s'est élevé contre cette suppression. Suppression paraît normale.
Ce sont des aberrations. Les maires des villes moyennes ont voulu avoir l'université comme ils veulent avoir une piscine. Ça n'a aucun sens.
Et on dit les étudiants comme ça travaillent chez eux, sont chez eux, restent chez eux bien au chaud, ça coûte moins cher à leurs parents. C'est faux. Mon frère a écrit un livre 80 % au bas qui montre très bien que c'est un piège pour les gens des origines modestes et populaires d'aller à l'université en restant chez eux dans les quartier parce qu'ils peuvent pas sortir de leur milieu.
Il faudrait qu'ils arrivent à Montpellier ces gens de baisier qui a une maison de baé qu'on crée quelque chose pour qu'on puisse les accueillir pour qu'ils puissent bien travailler hors de chez eux. Donc ces antennes universitaires coûtent un argent fou, dévalorise l'université et s'il y avait une réforme radicale à faire, il faut la faire simplement, il faudra il faudra vaincre l'opposition de tous les maires parce qu'il voit dans ces antennes des des emplois publics, mais c'est à mon avis pour l'université une aberration que ces antennes je pourrais développer dans la question pourquoi c'est très mauvais. Donc il y a à mon avis quelques réformes à faire.
Il faut un peu de courage mais il faut les faire. 2è 3è problème qui est là pour encore plus aigu, c'est le décalage entre Paris et la province, c'est-à-dire la vieille formule Paris et le désert français. Il me semble que le déséquilibre malheureusement entre Paris et provinces continue à à s'accroître au profit de Paris et au détriment de la province.
On dit la les régions maintenant, mais peu importe le terme et ça c'est un vrai problème. Et pour vous montrer à quel point on narrive pas à combattre cela, je vais prendre un exemple qui très parlant qui est l'exemple de la création de l'Institut universitaire de France par Claude Allègre en 91. Claude Allegre crée cet institut universitaire de France et il met comme règle une règle intelligente.
Il voulait stabiliser des bons professeurs en province et donc la règle c'était qu'on moi j'ai été à l'Institut d'université de France donc vous sa comment ça marche. Pendant 5 ans on restait là où on avait été. On avait une délégation de l'université Institut universitaire de France.
On faisait moins de cours mais on restait on était obligé de rester sur l'université ce qui fait qu'on avait des très bons enseignants qui restaient 5 ans. Cette règle a été abrogée par un arrêté pour des raisons que je ne m'explique pas qui fait que maintenant quand quelqu'un l'UF est dans une fac de province et bien il peut quitter sa de province en emmenant avec lui sa délégation IUF. Donc il a bénéficié du quota 2/3 1/3 pour avoir cette cette délégation et pu partir ensuite dans une autre université.
C'est une aberration. Pourquoi est-ce qu'on a changé cette règle ? Donc vous voyez comment là au profit de Paris, c'est au profit de Paris.
Comment est-ce qu'on a pu s'installer installer de telles règles aussi nocive pour l'équilibre entre Paris et province ? Pour finir, deuxième point que je voulais évoquer sur la question de l'excellence académique. L'excellence académique, la chose fondamentale dont on parle jamais pour les professeurs, c'est la question du recrutement.
C'est le point central vraiment. Et on recrute mal en France, il faut le savoir. Notamment pour les maîtres de conférence.
L'agrégation est une exception en droit, c'est une exception. Si tout le monde pouvait être recruté par ce modèle-là, ça serait sérieux. Comment peut-on accepter qu'on recrute un fonctionnaire avec une audition qui dure un quart d'heure ?
C'est ça le système actuel. Comment peut-on accepter de recruter un universitaire alors que les autres collègues, le grand principe d'université, c'est le principe de cooptation par les collègues, principe de collagité et de cooptation. Nous choisissons nos collègues et nous les choisissons pour des critères scientifiques normalement, idéalement.
Or, avec les commissions de spécialistes et bien dans les comités de sélection, c'est une petite minorité de nos collègues qui recrutent les autres collègues. On a perdu ce privilège fondamental pour les universitaires de recruter nous-mêmes les autres universitaires. La conséquence évidemment, c'est que le recrutement à mon avis n'est pas toujours très bien fait.
Et deuxième chose sur l'avancement, il y a un vrai problème aujourd'hui d'absence de mobilité. Les universités ne peuvent pas bouger quand veulent changer d'université qui est le moyen normalement pour promouvoir les personnes et là je dois invoquer la responsabilité des parlementaires et malheureusement de l'ancien ministre madame Vidal avec cette calamiteuse réforme de la LPR lo programmation de la recherche où on a institué le fameux repyramidage c'est-à-dire pour ceux qui sont pas spécialistes puisqu'il y a des gens qui nous écoutent qui sont pas spécialistes le fait qu'on a permis au maîtres de conférence de devenir à l'ancienneté professeur et ça a accru le point nodal Ça a accru le pouvoir du président de l'université qui peut discrétionnairement en réalité choisir en fait des ma de conférence à l'ancienneté des personnes qui très souvent n'ont pratiquement plus rien n'écrit plus fait de recherche depuis des années qui deviennent professeur professeur à la à la voix à la voie spéciale que c'est un repyramidage qui est une catastrophe qui a été voulue parce qu'on a voulu acheter les syndicats pour qu'ils votent la loi pour qu'ils acceptent le principe de la loi LPR. Donc c'est une négociation absolument scandaleuse.
Madame Vidal est hautement responsable d'avoir commis à mon avis ce crime contre le recrutement qui est le le pyramidage. Enfin et dernier point très important sur cette question du recrutement. Comment est-ce qu'on a pu nous universitaires se laisser imposer le rapprochement pour conjoint ?
Ça c'est val là pour les fonctionnaires. Mais un universitaire s'il change l'université c'est pas parce queil se rapproche de son conjoint. C'est parce qu'il est considéré comme scientifiquement compétent et c'est parce qu'il est scientifiquement compétent qu'on doit le recruter.
Dernier point sur la liberté académique, j'en ai un peu parler parce que j'ai beaucoup écrit là-dessus. Il faut savoir que dans la liberté académique en France, on a un cas particulier, on n'est pas aux États-Unis. La principale menace contre la liberté académique, elle vient de l'administration.
On n'est pas dans le secteur privé, on est le secteur public. Et aujourd'hui, il y en a deux deux institutions qui menacent la liberté académique des professeurs des enseignants. C'est d'une part, l'enseignement supérieur et deuxièmement le président de l'université. et les cas se multiplient d'arbitraires des présidents de l'université qui ont beaucoup trop de pouvoir.
La fameuse loi RU de 2007 a voulu créer des mini managers en réalité créer souvent des despots ou des despots quand ils ont l'âme de despot ou des gens ou de chefs autoritaires lorsqu'ils ont cette âme et malheureusement parfois je dirais pas souvent mais ça arrive en tout cas que des présidents de l'université se comportent très mal. Je prends juste un exemple parce qu'on on l'a cité dans QSF. Le président de l'université de Dijon et une tribune sur QSF a décidé que les recrutements à Dijon devaient être locaux pour les mettre de conférence.
Or, la règle, c'est un concours national. Comment un président de l'université ose dire cela ? Comment est-ce qu'il ose dire ça sans être convoqué par le ministère de l'enseignement supérieur vous pour rendre des comptes ?
Comment est-ce qu'on peut autoriser un président d'université à dire chez nous on prend que des locaux ? Le président de l'université qui donne cet exemple. Donc vous voyez, il y a des choses qui vont pas à l'université, il faut que vous le sachiez et c'est souvent à mon avis en partie du fait de l'incurrie de notre ministère.
Voilà mes propos un peu critiques, je dois l'avouer. J'aurais préféré éviter d'être critique. Merci monsieur le professeur pour la franchise de vos propos et la confiance que vous nous faites.
Madame la rapporteur, vous avez la parole pour une série de questions. Merci professeur pour ce propos liiminaire. Alors, je vais reprendre au tout début du parcours universitaire de nos étudiants.
Je vais reprendre au niveau du jeune homme qui travaillait pas bien et à qui on a dit bah si ça continue comme ça, il restera que l'université. Euh vous avez beaucoup écrit sur le sujet et notamment un article du dans le monde il y a quelques années que je relisais pour préparer cette audition dans lequel vous dites "L'université n'est pas la solution pour tout le monde." Euh peut-être qu'on peut partir de de cette formule euh qui est effectivement un point d'interrogation puisque dans les difficultés que vous avez présenté de l'université, il nous semble au fur et à mesure que nos travaux se resserrent que beaucoup concernent le début du parcours universitaire des des jeunes Bacheliers qui sont de plus en plus nombreux. 95 % d'entre eux ayant obtenu le bac en filière générale en juin 2025.
Euh, on constate par ailleurs un taux d'échec important en première année alors qui concerne moins, nous avons le président d'Assas la semaine dernière, donc qui concerne moins, nous en avons conscience, votre établissement que beaucoup d'autres. Un taux d'échec qui reste important puisque le taux d'échec en première année de licence, c'est aux alentours de 40 %. Euh vous expliquez qu'il faut euh tout ça ayant un coût important chiffré par la Cour des comptes à 1 demi plus d'un demi milliard d'euros par an.
Euh donc un taux d'échec pour les étudiants, une difficulté pour les universitaires que vous êtes et puis bien sûr un coût pour euh la nation dans son ensemble. Euh quelles alternatives pourrions-nous construire pour permettre d'accompagner l'ensemble d'une classe d'âge dont une partie n'est sans doute pas faite pour s'installer sur les bancs de l'université ? Alors, j'ai pas de solution Clairmain.
La seule chose qu'on peut dire, c'est qu'effectivement c'est une erreur de vouloir admettre tout le monde à l'université. Je rappelle qu'on a pas changé la règle. C'est donc depuis Napoléon parce que le bac a est un diplôme universitaire.
Donc c'est une raison qui date depuis quandme il y a très longtemps. Donc il faudrait déjà faire sauter cette règle. Il y a aucune raison que parce qu'on a le bac qu'on a qu'on a un diplôme universitaire c'était valable au temps de Napoléon.
Ça devrait plus être valable aujourd'hui surtout quand on voit ce qui est devenu le lycée. Le lycée d'aujourd' n'a rien à voir avec le lycée napoléonien. Donc on est on est bloqué sur cette règle napoléonienne qui effectivement nous interdit nous à aux universités de de sélectionner.
Alors évidemment c'est c'est la grande c'est le grand problème français. C'estàdire que tout le monde estime qu'il faut une formation générale et on part du principe que plus on fait de formation, plus on aura un emploi qui soit qualifié. Mais c'est pas malheureusement c'est malheureusement pas le cas.
Donc dès lors qu'on arrive si vous voulez par prenons l'exemple du droit, c'est hommes que je connais, je parle de ce que je connais. Si vous maîtrisez pas bien la langue et pas bien la grammaire, vous pouvez pas réussir votre première année. C'est pas possible parce qu'il vous manque les bases.
Donc forcément l'échec il est pas contrairement à ce qu'on dit, il est pas imputable à l'université. Il est imputable au fait qu'on laisse des gens venir à l'université alors qu'ils peuvent pas suivre des études. Euh sans compter l'autre problème évidemment que j'ai qui est évidemment très important qui est le choc de l'extrême liberté qu'on a à l'université et de l'absence totale de liberté d'encadrement qu'on a au lycée.
Donc ce ce choc très important que les Bacheliers euh donc subissent en arrivant en première année, évidemment la plupart d'entre eux sont et ils ont 18 ans, ils sont jeunes ne sont pas absolument ne sont pas du tout murs pour devenir autonome d'un seul coup et apprendre à travailler parce qu'on a leur pas appris à travailler tout seul. Il faut qu'il fasse donc tout en même temps. Donc c'est une mission impossible.
Donc on avait nous éventuellement prévu une sorte de sas aujourd'hui entre la c'est pareil une évidence dans le livre de 2010, on proposait des des écoles ou des collèges. C'était la solution de Vacquem mais ça a échoué pour des raisons absolument différentes, pas pour des raisons intellectuelles. Mais c'est évidemment ça qu'il faut faire.
On le sait depuis 30 ans qu'on peut pas continuer. Ça fait 30 ans juste à cause cette affaire de de la réforme de Vet et la mort de Balikin qu'on a pas pu tout simplement mettre les choses à plat. Mettre les choses à plat c'est dire aujourd'hui vu ce qui est le lycée vu ce qui est devenu le lycée et et la diversification des filières on ne peut plus admettre cette ancienne règle sur laquelle tout bacholier doit accéder à l'enseignement supérieur à l'université.
Ce n'est pas possible. Donc il faut tirer les conséquences de cela et surtout il faut pas dire que les universitaires sont responsables de cet échec. Certains veulent nous culpabiliser mais c'est une aberration.
Tous les universitaires sérieux savent très bien que quand ils ont euh leurs étudiants devant eux dans la première année, ils savent très bien qu'il y en a qui ne réussiront pas la première année. Voilà. Donc il faut effectivement rebâtir le système.
Ça c'est évident. On l'avait proposé le livre 2010 pas eu de chance. Il était tombé en pleine déjà pleine réforme des retraites.
Donc on en a pas du tout parlé mais après je vois que vous l'avez lu donc content. Euh bon merci merci à vous. Donc si on vous comprend bien en finir avec le baccalauréat comme droit d'accès à l'enseignement supérieur qui soit universitaire ou autre mais de fait la voiture balais oriente davantage ceux qui ne sont pas pris ailleurs vers les universités il s'agit de culpabiliser personne.
Certains nous ont dit on met sur le dos de l'université beaucoup de sacs très lourds et on leur demande ensuite de courir plus vite que les autres et si possible de produire par ailleurs une recherche d'excellence en prenant en faisant voiture balcalauréat. Donc nous ce qui nous intéresse c'est précisément de restaurer les conditions de cette excellence universitaire française. Certainement pas de culpabiliser les uns ou les autres.
On a bien conscience que l'université fait beaucoup et a d'ailleurs beaucoup bougé au cours de ces au cours de ces 20 dernières années. Euh j'avance dans le cursus de notre étudiant qui s'est donc retrouvé sur les bans de la fac. Euh le président d'Assas nous expliquait les démarches particulières qu'il que vous avez faites, que vous avez conduite pour mieux encadrer en terme de taux d'encadrement, en terme de campus dédié justement les étudiants issus de première année.
Si j'entends vos propos et pour nous permettre d'avancer, sauf contradiction de votre part, j'entends qu'il y a peut-être un travail, une réflexion à avoir que vous avez déjà au sein de votre établissement sur ces étudiants de première année pour les prendre en compte d'une manière qui permet d'assurer la transition avec le lycée. Oui. Oui.
C'est d'ailleurs Louis Vogel, votre collègue et sénateur qui a eu cette idée de faire trois filières, notamment une filière excellence le collège de droit et une filière réussite pour aider justement ce qui on besoin et je pense ça a été efficace évidemment c'est une bonne idée. Très bien. Je poursuis après le lien lycée licence qu'on vient d'évoquer rapidement mais sur lequel je pense on a compris votre pensée.
Euh je voulais avoir votre regard sur le lien licence master. Euh on a aujourd'hui euh des étudiants qui sont emmenés sur un parcours de licence et qui ne seront pas reçu en master. Toutes les personnes que nous avons auditionné, y compris les plus réives à la notion de sélection, considère qu'il y a un moment où il faut de toute façon sélectionner et ce moment pour un certain nombre de nos interlocuteurs, c'est le master.
Euh entre les deux, il reste des étudiants qui ont été amenés en licence de droit, de philosophie, de psychologie, de beaucoup d'autres matières qui obtiennent leur licence et qui n'obtiendront pas de master. Est-ce que vous avez une idée de la proportion dans votre établissement ou peut-être dans votre filière, le cas échéant, et de la manière dont on peut s'attaquer à ce yatus puisque on est en droit de penser, là aussi vous pourrez nous corriger, qu'avec une licence dans une discipline générale aujourd'hui, on a des difficultés importantes à s'intégrer sur le marché du travail. Là, j'ai pas de de remède.
La seule chose que vous pouvez dire évidemment, je suis àas donc c'est un cas très particulier parce qu'on a des demandes qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on a avec ce fameux mon master qui à mon avis une mauvaise idée, c'est qu'on voit arriver à Paris 2, Assass et Paris 1 des centaines de candidatures. Donc on dépe aussi des a étudiants qui viennent de province de des universités donc de province en en 4e année. C'est ils ont fait leur licence en en province et ils montent à Paris en 4e année.
Nous on n pas on a trop de demande. Donc on a un par contre on a un vrai problème dans les universités dans certaines universités de province qui voi leur master se dép parce que évidemment ils peuvent aller ailleurs. Euh moi je moi je maintiens la nécessité de la sélection parce que effectivement en 3 ans on n' pas forcément réussi à à bien former des juristes.
Et là on commence vraiment à faire du travail sérieux parce qu'on est en petit groupe c'est à partir de la 4e année en M1 et surtout en M2. Donc c'est c'est ça le problème, c'est qu' endroit vraiment où on peut vraiment suivre nous les professeurs et les étudiants, bah on les suit en 4e et 5e année parce que en première 2è 3e année c'est des grands cours magistraux sont les professeurs qui font les cours les chargés de TD font les travaux dirigés les travaux dirigés malheureusement sont trop chargés. Il y a souvent plus de 30 étudiants, ce qui à mon avis un non sens pédagogique.
Donc forcément comme il y a toute cette charge qui arrive donc dans les trois premières années, on est obligé d'instaurer une sélection en en M1 pour arriver à dégager effectivement. Alors, j'en terme une élite de jurisme. Voilà, c'est c'est parce que on a besoin pour que ces gens trouvent du travail.
C'est ça aussi qui est important. Il y a il y a le marché du travail en droit, c'est important. On peut pas se on peut pas se désintéresser cette question.
Et la preuve, c'est qu'effectivement sur le dans le cadre du marché du travail, ben nos étudiants trouvent des emplois. Ça c'est moins qu'on puisse dire. Donc, on est une des rares filières universitaires avec la médecine où on est vraiment professionnalisant.
Donc, je vois pas comment on peut. Là, je parle que du droit. Donc le propos devrait évidemment être un peu différent si on voquait les autres disciplines que je connais mal.
Donc je parle pas de ce que je connais pas. Et une licence en droit, monsieur le professeur, juste pour bien comprendre quand vous arrivez sur le marché du travail avec une licence en droit et que vous n'êtes accepté dans aucun master, qu'est-ce que ça vaut ? Qu'est-ce que ça permet ?
Bah ça vous permet pas ça vous permet pas grand-chose parce que vous pouvez pas considér vous êtes pas assez spécialisé en juriste pour pouvoir tout de suite travailler efficacement. C'est c'est moins que dire euh ce problème existe dans d'autres pays. En Allemagne par exemple, c'est encore pire parce que ils font 7 ans et ceux qui ont pas le stat ils se retrouvent sans rien après 7 ans.
Donc faut pas croire que ça soit spécifique à la France le problème de des gens qui ont qui ont des diplômes et qui doivent arrêter leurs études à un moment donné sans avoir forcément une garantie d'emploi. Donc là, c'est une difficulté qu'on retrouve dans tous les pays. C'est pas propre à la France.
Non, non, bien sûr. Nous notre sujet, c'est comment on oriente au mieux l'ensemble d'une classe d'âge. Oui, moi j'ai pasé de réflexion là-dessus effectivement, comment faire pour que que pour les récupérer et sortir par l'eau et non pas les laisser à à la barre hau.
Ce qui est important aussi, ce qui est pourquoi par exemple les universités sont sont si faibles par rapport aux grandes écoles ? C'est parce qu'il y a ce fameux réseau des des anciens diplômés. C'est c'est comme ça, c'est ce fameux c'est des mauvaises écoles de commerce arrivent toujours à caser leurs étudiants grâce à leur réseau d'anciens élèves.
Et nous on n pas ça l'université, on n pas cette faculté justement qui est pas du tout propre à la qualité scientifique de ce qu'on enseigne mais à l'été sociale. On a on commence maintenant à le faire nous à ça université ce fameux alumni ça commence à venir mais ça vient bien tard et donc effectivement on n' pas ce ressaut d'anciens élèves qui pourrai éventuellement aider ces diplômés qui arrivent avec une licence et qui n'ont rien. Merci beaucoup.
Je termine sur cette ensemble de questions avant de parler davantage de gouvernance. Vous avez écrit toujours dans une tribune, il faut arrêter d'orienter vers l'université, ceux qui s'y inscrivent par défaut pour la sécurit de séjour. Euh c'est effectivement l'exacte contraire de ce que l'on souhaite bâtir pour redonner aux universités françaises ou garantir là où elle existe l'excellence de nos universités françaises.
Euh vous avez des éléments chiffrés pour euh pour pouvoir expliquer. Certains nous disent que c'est simplement pour avoir même une carte d'étudiant, une bourse, un titre de séjour, l'accès à la sécurité sociale. Non, ça je l'ai pas.
Je sais par les témoignages c'est pas du tout scientifique. Donc s'il y a des sociologues qui nous écoutent, ils vont dire "Ça c'est pas de la science mais je prétends pas faire de la science. C'est tout tous ceux qui disent que par au moment des examens vous avez des étudiants qui arrivent qui restent une heure rendent la copie blanche et et partent." Et donc ça c'est pas c'est pas c'est pas alors on comptabilise pas le nombre de d'étudiants qui font ça mais il y en a quand même certains qui le font tout le temps.
Il y a toujours cette cette partie des étudiants qui ne remplit pas les copies. Pour revenir à cette expression, en fait, je m'inspirais beaucoup de mon ami et collègue sociologue François Vatin qui dit toujours "On confond en France" et sa formule est très frappante et très intelligente. "On confond en France politique de la jeunesse et politique universitaire." Voilà, on fait une politique de la jeunesse.
Et d'ailleurs, il y a un symptôme qui ne trompe pas, c'est qu'on parle même plus des étudiants, les syndicats d'étudiants qui ont fait tant de mal à l'université. Il parle plus des étudiants, il parle des jeunes. Les jeunes, les étudiants sont pas des jeunes, ce sont des jeunes mais par ailleurs des étudiants.
Et c'est ça qu'il faut prendre en compte. Et et on doit pas faire une politique de la jeunesse pour les étudiants. On doit faire une politique universitaire pour les étudiants pour le permettre d'être Pourquoi c'est si important l'université ?
C'est c'est parce qu'on doit prendre des connaissances et on fait plus que ça à l'université. On forme des citoyens et ça personne n'en parle ou très peu alors que c'est très important. On leur apprend le sens critique.
On n'est pas dans le système du bâchotage des grandes écoles. Normalement, un universitaire, un étudiant qui qui suit l'université, il est censé être aussi compétent scientifiquement et on espère aussi qu'on lui donne quelque chose de plus. C'est aussi la capacité de devenir de devenir un citoyen éclairé.
C'est à mon avis l'élément qui justifie le plus l'université. C'est pour ça que ça me désole d'autant plus de voir que on est si mal si mal vu et si mal traité [rires] parce qu'on joue un rôle à mon avis capital. Merci beaucoup.
Euh un point sur alors deux questions, une question sur le financement des universités et une autre ensuite avant de laisser la parole à nos collègues euh sur la question de la gouvernance, sur la question du financement des universités. Donc vous savez qu'il y a des assises du financement qui sont euh qui ont été lancées par le ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Euh quel regard portez-vous sur le la possible évolution du montant des droits d'inscription ?
Sachant que nous avons parfaitement à l'esprit que les droits d'inscription représentent une petite part des universités françaises et que leur augmentation n'aurait pas vocation ni abaissé la part de l'État au travers de sa subvention pour charge de service public, ni à remédier aux difficultés que rencontre l'université. par contre à envoyer peut-être un signal prix positif par rapport aux enseignements supérieurs privés que vous avez évoqué au début de votre propos et dont beaucoup de familles aujourd'hui nous disent que l'université si c'est pas cher c'est que ça doit pas être très bien et puis par ailleurs pour venir compléter aider appuyer soulager un petit peu les difficultés de financement des universités sans pour autant les régler je redis que ça n'est pas ça n'est pas la piste que nous souhaitons suivre. Moi, je suis assez réticent sur l'augmentation des frais d'inscription parce que je sais pas si aujourd'hui on peut se permettre d'augmenter les frais d'inscription.
Ça suppose un service. On n pas en mesure nous à l'université vu la la la les faibles moyens qu'on a de de d'imposer ça au aux parents d'étudiants. Et surtout les exemples qu'on a à l'étranger sont très inquiétants comme il y a une réforme en Angleterre qui est quand même très contestée.
On a obligé les étudiants à s'endetter. Il me semble que ça serait très très mauvais que de que de prendre cette cette option là de d'augmenter considérablement les droits d'inscription. On pourrait éventuellement, ben j'ai j'ai pas beaucoup réfléchi à cette question, mais il me paraîtrait peut-être judicieux à partir d'un certain niveau de de rémunération des parents de d'imposer euh mais juste dans ce cas très précis euh une une augmentation des droits d'inscription mais uniquement dans ce cas très précis qui serait aussi une mesure d'égalité sociale.
Ça choquerait pas complètement euh mais il y a pas beaucoup comme on peut le constater, il y a de moins en moins de de gens d'origine sociale élevé dans les universités. Donc je sais pas si ça rapporterait beaucoup d'argent mais ça serait au moins un signal et puis peut-être aussi ça rapporterait un petit peu d'argent mais moi j'ai beaucoup de doutes, j'ai beaucoup de réticence par rapport j'ai l'impression que c'est qu' on ouvre là une boîte de pandore et on on sait pas comment on s'en sortira et moi je veux pas que [rires] les étudiants je veux pas ce qui se passe aux États-Unis ou que les étudiants s'endêtent pour faire des des études parce qu'ils savent parce que ça suppose ça capte leur ils sont obligés de rembourser et ils font des études non pas pour s'améliorer pour devenir citoyen mais pour rembourser ensuite les frais qui vont donc qui vont devoir rembourser donc s'il faut un emprunt. Donc j'ai peur d'une logique perverse dans les frais d'inscription.
M'arrê on en prend bonne note et merci de merci de vos éléments d'explication. L'idée n'est pas d'aller sur des volumes, des frais d'inscription qui soient lourds. Enfin, vous parlez des universités américaines ou même des écoles de commerce française.
L'idée ce serait d'augmenter alors évidemment à proportion des revenus des familles mais dans des dans des proportions qui resteraient relativement modestes. Mais on se faisait la réflexion avec notre collègue Max Brisson l'autre jour. Les familles françaises mettent beaucoup d'argent dans l'enseignement supérieur pour leurs enfants, parfois dans des des diplômes de l'enseignement supérieur privé lucratif dont la qualité de la formation est souvent médiocre et pour autant les Français préfèrent aller dépenser de l'argent dans ses établissements.
On peut penser qu'il pourrait peut-être le dépenser et sans doute mieux à meilleur au sein de l'université française. Oui, on pourrait faire aussi une grande campagne d'information quand même à l'attention des des parents de Bachelier en disant attention à l'enseignement superprivé attention n'oubliez pas qu'il y a il y a des choses qui s'appellent l'université où on fait des bonnes choses faire des témoignages pour qu'on donne des qu'on permettre à des gens qui ont réussi dans la vie en faisant l'université de dire voilà moi j'ai un projet de livre là-dessus faire un livre où tous les gens qui sont passés par l'université et qui ont été contents et qui ont trouvé ça mieux que les grandes écoles puissent expliquer à apprendre aux gens que l'université ça Pour le coup, simplement les parents ne le savent pas. Et le livre dans de qu'on a fait justement, François Vattin raconte l'anecdote du chauffeur de taxi de Bastien.
Ça fait fille à Hbac brillante et elle va dans une école privée à Nice qui coûte un argent fou alors même qu'elle sait même pas qu' a l'université qui peut l'accueillir. C'est les aberrations et c'est aussi un manque d'information. Je vois pas pourquoi on apprend aux gens qu'il faut faire attention quand on conduit.
Bah ils doivent faut qu'il fasse attention qu'ils inscrivent leurs enfants dans un supérieur. Mais il faut qu'ils soient informés pour ça. Et à mon avis ils le sont pas et ils le sont pas assez. vaste sujet que nous allons nous espérons pouvoir examiner prochainement au sein de notre assemblé.
Euh une dernière question sur euh la gouvernance des universités. Alors vous avez dit un mot donc je ne reviens pas sur la question de la gestion des personnels et de leur recrutement. Vous l'avez largement développé dans votre proposinaire. je n'y je n'y reviens pas mais ça fait écho effectivement à la loi russe sur l'autonomie des universités et la question du recrutement nous semble effectivement être un point important euh par rapport aux questions qui lit l'université au rectorat.
Euh est-ce que vous pensez que l'autonomie des universités devrait leur permettre de définir elles-mêmes leur capacité d'accueil filière par filière plutôt que de se les voir imposer par les rectorats de leur euh secteur ? Bah oui, si si on prend l'autonomie au sérieux, je pense que l'autonomie n'est pas prise au sérieux en France, elle a jamais été prise au sérieux parce que l'État a toujours été ultra présent notamment dans le financement. L'existence même de du rectorat prouve.
Donc si effectivement on prend au sérieux l'autonomie, il faut que ce soit les universités qui gèrent elles-mêmes le l'accueil des étudiants. C'est le c'est leur responsabilité et donc je vois pas pourquoi euh elle se verrait imposée par le rectorat des étudiants dont elles ne veulent pas. Ça me paraît euh ça me paraît tout à fait contradictoire de vous dire vous leur dire vous êtes autonome mais là vous avez refusé tel ou tel étudiant ben on on va vous l'imposer pour des raisons par exemple sectoriell ou territorial.
Non ça me paraît pas ça me paraît pas du tout logique. C'est c'est illogique. Merci.
Et une dernière question concernant la gouvernance euh des universités toujours, les conseils d'administration, les différents collèges, les présidences d'université que vous avez évoqué rapidement. Est-ce que pour vous ces modalités de gouvernance permettent euh la souplesse nécessaire ? Vous avez parlé très rapidement des syndicats étudiants qui ont fait tant de mal à l'université, venez-vous de dire.
Euh certains sont représentés au sein des conseils d'administration des universités. Euh comment, quel regard portez-vous sur leur gouvernance propre des universités pour faire face aux enjeux de recrutement de leurs enseignants, de leurs élèves, à la définition de nouveaux parcours de formation en fonction des besoins qui peuvent être identifiés sur un territoire. Considérez-vous que les les modalités actuelles de gouvernance permettent de répondre à ces enjeux ?
Alors et et le cas échéant, où sont les blocages ? Hm. Le donc le l'essentiel de la structure vient quand même de la loi de de 2007 qui on été modifié par la loi Fiorzou mais à mon avis à la marge.
Le problème c'est qu'on a voulu faire de du président de l'université un manager avec un conseil d'administration qui est qui est à sa main et donc le problème c'est qu'on a pas de véritable contrepouvoir. Donc si si vous voulez pour comprendre l'université et je pense que vous comprendrez tout de suite ce que c'est l'équivalent de la commune d'une commune, c'estd elle est étranglée financièrement par l'État et elle se gère comme une commune. C'est il y a le maire et puis les autres.
Voilà, avec une prépondérance exécutive très forte, ce qui fait que c'est l'arbitraire. Tout dépend de la qualité du président. Donc si on a si on a un bon président, le côté positif c'est que le présid c'est une sorte de mini président la 5e si vous voulez.
Si on a un bon président, il peut faire gagner un temps fou à l'université et faire avancer l'université. Si on en a un mauvais ou a mauvais qui se répètent, là par contre c'est la catastrophe pour l'université. Donc c'est c'est ça qui va pas, c'est qu'il y a pas véritablement de contrepouvoir.
Il y a pas la possibilité par exemple, j'avais signalé ce cas qui m'avait par singulier. Qu'est-ce qui se passe lorsqu'un président d'université prend des décisions très contestables ? Bah, il peut pas être mis en minorité par son conseil d'administration.
Il peut pas être évoqué. Il est évident que selon moi, on devrait introduire dans la loi une disposition, je crois la même chose d'ailleurs pour le conseil municipal qui permet qui permettrait dans des cas extrêmes de révoquer un président qui d'un seul coup se mettrait à abuser de ses pouvoirs de façon absolument scandaleuse, de façon à à limiter son pouvoir. Voilà, tout pouvoir est appelé en abus de tout pouvoir et on sait qu'il faut arrêter le pouvoir par le pouvoir.
Donc il faut faire des choses de ce genre qui n'ont pas été pensé dans la loi qui a été très vite fait qui a été faite à partir de cette idée du président manager et à mon avis qui est une idée qui ne qui se fracasse sur la réalité dans la mesure où ça ça fait aussi ce qui est très important c'est que ça fait perdre à l'université ce qui était aussi son ADN c'est le principe de collégialité on est entre paères à l'université il y a pas de supérieur hiérarchique il y a pas d'autorité hiérarchique parce que beaucoup de gens comprennent pas effectivement qu'ils sont pas de l'université c'est que nous à l'université on n'a pas de chef donc effectivement il y avait quelqu quelqu'un qui m'avait un doyen, un collègue belge m'a dit "être doyen c'est être un berger de chat." Voilà, ce qui est une formule superbe qui montre effectivement la difficulté et je n'y pas la difficulté pour les présidents et pour les doyens de diriger les universitaires. Pour les étudiants, heureusement le poids maintenant est beaucoup moins important.
Quand j'ai parlé du mal des syndicats étudiants, c'est très souvent ce qu'ils ont fait en dehors de la loi, en dehors des gouvernances, notamment quand monsieur Juliard avait obtenu de monsieur Sarkozi le fait qu'il y avait pas de sélection à l'université. Ça a été fait avant que le le projet de loi, c'était prévu dans l'avant projet de loi et ça a été supprimé à suite de négociation entre le président de l'UNEF et monsieur Sarkozi. Donc c'est souvent en dehors des cadres institutionnels que les syndicats d'étudiants ou par la menace de grève ou par les occupations que les syndicats d'étudiants jouent un rôle bien plus important sachant qu'il y a même pas 10 % d'étudiants qui votent.
Donc ce sont ils sont sont très peu représentatifs et ils ont un rôle beaucoup trop important étant donné leur faible représentativité. Mais les hommes politiques évidemment s'en méfi parce que ils peuvent les faire tomber tout le monde le sait. Merci monsieur le président.
Alors sur le berger de chat, il y a aussi la formule transporter des grenouilles dans une brouette qui est voilà qui est et qui est bien pratiqué par les par les centriques. Ils savent ils savent faire sur votre [grognement] comparaison avec la avec la 5e République, j'ai fini la dissolution de la 5e République que vous avez écrit avec votre collègue Barranger qui est quelque chose de très intéressant, une contribution très intéressante sur nos institutions. Moi je me permets juste une question avant de passer la parole à à nos collègues.
Je reviens sur la liberté académique parce que vous êtes l'un des rares à avoir expliqué de façon très claire que ce n'était pas une liberté strictement individuelle mais que c'était une liberté professionnelle qui devait être garantie dans un cadre disciplinaire qui était cogéré par les pères. ce que je trouve tout à fait fondamental et avec ma collègue rapporteur à plusieurs reprises nous nous sommes inquiété de la dilution des disciplines et de la disparition des champs disciplinaires qui était quand même une référence de base de la pensée académique. Est-ce que vous pouvez nous nous dire quelques mots sur ce sujet ?
Oui. Alors, je dis souvent euh c'est une formule dans américain, la liberté académique n'est pas l'anarchie académique, hein. Donc, la liberté académique, c'est la liberté qui est accordée à l'universitaire de faire correctement son métier.
Pour qu'il puisse faire correctement son métier, qui globalement consiste à rechercher la vérité, et bien il faut qu'il soit libre. Il faut qu'elle soit libre, indépendant de tout pouvoir politique, religieux, économique, social, notamment par exemple les étudiants qui représentent la société civile qui voudraient l'empêcher de s'exprimer. Et bien l'universitaire doit avoir cet espace de liberté.
Et cette liberté, elle est composée de trois libertés. La liberté de recherche, c'est l'enseignant qui détermine lui-même son objet de recherche parce que c'est lui qui sait ce qui est pertinent du point de vue de la recherche. La liberté d'enseignement puisque c'est pas un professeur de lycée, il enseigne, il enseigne et il peut enseigner de manière critique une discipline.
Et ensuite la liberté d'expression en tant qu'universitaire dans ses cours, dans ses écrits, il a une plus grande liberté d'expression du que le fonctionnaire parce que c'est un fonctionnaire. Donc je dis toujours l'universitaire c'est un fonctionnaire atypique. Donc on peut pas comprendre l'universitaire.
Le l'universitaire si on dit simplement c'est un fonctionnaire. Non, on est fonctionnaire. Oui, ça nous donne la garantie d'emploi, c'est très important mais on est plus qu'un fonctionnaire.
C'est une collègues économistes Gary Bobo et Tranois appellent une profession libérale d'État. Donc on a un système très particulier. effectivement, c'est une liberté professionnelle et donc le le l'autre versant, c'est justement l'éthique académique.
Un la liberté professionnelle, ça veut dire on est libre de faire tout ce que je viens de dire si l'on respecte les canaux de la discipline, les canons scientifiques, méthodologiques de la recherche. Si on ne respecte pas ces canons et ce que moi j'appelle l'éthique académique ou ce qu'on appelle aujourd'hui maintenant de plus en plus en France l'intégrité scientifique et bien on ne remplit pas on ne peut pas exercer sa liberté puisque on la contredit cette liberté puisque on oublie qu'elle repose elle repose forcément sur une éthique académique et donc les deux sont liés liberté académique et éthique académique sont lié d'ailleurs je me réjouis que dans la proposition de loi qui a été faite de la liberté académique ils ont rajouté un paragraphe qui n'était pas au début sur le fait que la liberté académique s'exerce dans le respect de l'intégrité scientifique. Les deux sont liés.
Si on n pas si on ne respecte pas les deux et bien on peut pas jouir de la Si on ne respecte pas l'étiquette académique, on peut pas invoquer la liberté académique. C'est pas possible. Donc c'est c'est une liberté exigeante.
Oui. Ici. Merci euh professeur.
Vous vous êtes très sévère avec les antennes d'université même pour les premières années. Les pour les premières vous avez elle trouve jamais grâce à vos coup. Il a écrit un livre 80 % en bas. votre micro professeur s'il vous plaît.
Mais alors comme c'est mon frère qui est sociologue, j'ai lu son livre, il me l'a donné et qui s'appelait 80 % au bas qui était donc la formule de chevinement. Il montre très bien comment cette réforme censée être généreuse et et profiter aux classes sociales et toutes les classes sociales et notamment aux classes aux enfants des classes populaires se retournent contre les classes populaires puisque ils vont à l'université mais ils restent chez eux. Voilà.
Mais chez eux, ils ont pas les conditions de travail adéquates pour travailler, pour être indépendant. Ils sont constamment sollicités par leurs anciens camarades qui n'ont pas le bac qui dit "Bah viens, viens jouer avec nous, qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que tu fais là ?" et cetera.
Et ils sont dans une tension permanente, ils arrivent pas à sortir de cette contradiction. Or, l'université, ce qui est est important, c'est effectivement de pouvoir aller étudier, sortir de son cadre et pouvoir en en en avoir des bonnes conditions évidemment de de logement évidemment et et ensuite découvrir autre chose de nouveau et et échapper en partie à à la condition initiale qui qui vous bloque parce que évidemment on peut pas travailler très bien dans une famille où vous êtes toujours dérangé ou par des amis. Donc c'est ça l'idée, c'est et surtout pour répondre à votre question, c'est surtout dès la première année qu'il faut euh permettre et effectivement à en permettant à ces villes moyennes d'aider tout leur euh tout le habitant les étudiants euh en financièrement ou effectivement moi j'avais parlé de maison de maison de baé à Montpolier, j'ai pris cette image pour qu'il y ait des résidences universitaires qui soient consacrées où on peut bien travailler pour tous ces étudiants et ça coûterait ça coûterait certainement beaucoup moins cher que ces antennes universitaires.
Le défaut de ces antennes universitaires, c'est que effectivement c'est ça impose aux universitaires d'aller faire des heures de plus, faire des déplacements, ça coûte cher. Alors, on paye des on paye des suppléments en train et ça me paraît très onéreux pour un résultat qui n'est qui n'est pas bon. Tout simplement, qui n'est pas bon.
Monsieur le président, mon professeur, heureux de vous retrouver déjà. Attends. Euh moi j'avais deux questions à vous poser parce que les sujets qui sont ceux de notre commission d'enquête sont des sujets qui viennent régulièrement dans nos réflexions et qui étaient aussi très présents au moment de la loi d'orientation et de réussite des étudiants de de 1900 de 2018 pardon.
Euh et et dans les éléments qui étaient donnés dans le cadre de cette loi, il y avait parcours sup avec l'idée alors je parle pas de parcours supil informatique mais euh tout ce qui entoure l'outil c'estàd la la possibilité que les l'université puisse avoir des critères euh non pas de sélection mais d'orientation enfin quels que soient les termes qu'on qu'on y apporte. Quel regard vous portez sur justement parcours sup euh quel avec quelques années de recul. Est-ce que ça a amélioré cette problématique de l'accès à l'université, de la meilleure orientation des des sorties de bac dans le système universitaire ou pas ?
Et puis la deuxième question au moment de des débats sur orientation et réussite, je me souviens qu'on avait il y a eu quelques amendements ici au Sénat sur une année propédotique, sujet qui a été là aussi qui revient assez régulièrement dans nos débats. Quel regard vous portez sur cette question de l'année propédétique ? Est-ce qu'elle est nécessaire comme année un espèce de sas en fait avant de rentrer dans dans un parcours plus spécialisé ?
Est-ce que c'est une utopie ou est-ce que c'est ça peut être utile cette année propéodétique ? On a évoqué cette idée dans micro. Oui.
L'année propétique pour ceux qui ont un niveau insuffisant. Donc c'est c'est effectivement l'idée de de de pas les lancer dans l'université avec une formation qui est celle du bac qui est aujourd'hui insuffisante. Donc je il me semble que c'est une année supplémentaire qui est nécessaire.
Peut-être qu'on devrait réfléchir d'ailleurs aussi si on crée cette année supplémentaire à aussi et c'est un autre thème moi qui mériterait aussi de discussion qu'on qu'on raccourcisse certaines études. Par exemple nous en droit on a 5 ans d'étude. Est-ce que vraiment c'est aussi tout le monde me dit que c'est indispensable de qu'il faut 5 ans pour faire un jurisme ?
Moi je suis pas convaincu. Moi je pense qu'on pourrait tout à fait faire de bones études. Si on a moins d'étudiant, on pourrait tout à fait former un étudiant en 4 ans.
Les anglais font en 3 ans. On n pas plus stupide queeux. À part qu'évidemment ils sont sans sans par promotion dans dans certaines universités.
Donc donc je pense qu'on on doit en tout cas si on veut permettre aux étudiants d'avoir une chance à l'université, ben cette création de probiotique c'est ça qui leur donnerait une vraie chance. Là, on leur donne pas une vraie chance. C'est un mauvais cadeau.
C'est un cadeau empoisonné qu'on leur fait en les laissant accéder à l'université alors qu'ils n'ont pas les moyens intellectuels tout simplement de le faire. Et aussi quelque fois l'envie parce que ça on en parle jamais mais quelquefois vous avez des étudiants qui n'ont aucune envie d'être là. Moi je me rappelle très bien que j'étais jeune assistant à Renn un étudiant qui était particulièrement mauvais.
Je dis mais vous avez rien fait cette année. Dit oui mais moi je vais être pilote d'hélicoptère. Je dis mais qu'est-ce que vous faites là ?
Ah mais j'étais trop jeune pour être pour tenter plus donc il était venu non il était venu pour rien vous voyez donc et et ça faisait de plusieurs pour dire c'est un cas particulier mais je suis sûr qu'il y a beaucoup de cas particuliers de ce type. Donc je pense qu' on peut rationaliser à mon avis la première année. Pour en revenir à Parcours supidéré de voir que des gens demandent encore la suppression de parcours sup.
Ils ont la mémoire courte. Parcours sup a été créé pour mettre fin à ce scandale absolu qui était le tirage au sort. Donc il faut se rappeler qu'avant parcours supissait les universités, choisissait avec l'ordinateur, ne choisissait pas, utilisait l'ordinateur pour sélectionner les étudiants, enfin pour admettre les étudiants sur le modèle du tirage au sort.
Mais dans quel pays on voit ça ? C'était absolument absurde. Donc parcours sub de ce point de vue-là est une amélioration relative mais évidente.
Je vois je vois j'ai du mal à comprendre comment on peut criti critiquer par cours ou alors si on critique c'est qu'on sait pas ce qu'il y avait avant. Moi je sais ce qu'il y avait avant. C'était le pire, c'était le tirage au sort.
Donc on a fait un progrès pour alors exemple c'est un peu gigantesque, ça angoisse tout le monde peut-être mais il faut voir avant que c'était totalement arbitraire. Là c'est quand même beaucoup moins arbitraire donc c'est un progrès relatif. Donc je suis souvent critique vous remarquerez mais là je suis pas critique.
Je trouve que c'est un progrès relatif et c'était une bonne chose de le faire même si on n pas à mon avis complètement on l'a fait il fallait le faire. de de fait parcours suprogeons tous les personnes que nous que nous auditionnons sur parcours sup et l'unanimité est quasiment au rendez-vous quels que soient les interlocuteurs que nous avons en face de nous le le système de parcours sup même s'il provoque des interrogations voire des angoisses chez les familles et chez les jeunes est plébiscité par la par la sphère universitaire que vous représentez aujourd'hui. Il faudrait expliquer aux journalistes he quand même parce que là ils sont beaucoup sans doute beaucoup de pédagogies à faire mais pas qu'aux journalistes d'ailleurs.
Euh est-ce que vous avez pu constater d'ailleurs euh certains ont pu nous dire que Parcours suppu avait commencé à diminuer le taux d'échec en licence ? Euh est-ce que vous l'avez observé à l'échelle de votre filière universitaire ? Je peux pas vous dire parce que comme on a je sais que on sélectionne bien plus comme on est à ça une université très demandée effectivement le le niveau des étudiants augmenté.
Ça c'est ça c'est évident. Oui mais on a un cas particulier. Ouais, parce que les universités parisiennes sont train de demander et donc euh je pense que c'est la conséquence logique.
Oui. Hm hm. Juste un petit point un petit point d'histoire, c'est Chevenement qui en 1983 avait demandé à ce que les enseignants chercheurs le statut de fonctionnaire parce que le ministre de l'époque qui fait la réforme de la fonction publique considère comme vous d'ailleurs que il y a une certaine incompatibilité entre la liberté absolue qui doit être donnée à l'enseignant chercheur et les contraintes qui sont imposées par le statut de la fonction publique.
Et donc il aurait pensé autre chose mais c'est chevenement qui l'impose. Qui impose le statut de fonctionnaire. Tout à fait.
Non non c'est avant je suis certain. Le statut de fonctionnaire on l'a eu depuis la Mais dans la réforme de la fonction publique de 83 à ce momentl c'est chevenement. Oui. qui introduit le l'université.
Voilà. Voilà. Mais c'était discuté à l'époque.
Est-ce qu'il y a d'autres d'autres questions ? C'est bon pour Merci. Clair.
On a compris votre projet. [rires] C'est pas un projet personnel. Enfin voilà.
Bon en tout cas merci. Je vous remercie quand même beaucoup de vous prencher sur le cent d'université qui mérite mieux. Merci beaucoup monsieur le professeur.
M. Yeah.
Laurence Garnier