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Podcast / conversationQG TV· 18 février 2020 13 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

« Il suffira d'une étincelle » – Contre-Courant avec Anasse Kazib et Alain Badiou [EXTRAIT]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Le pouvoir est-il en train de gagner le bras de fer ? Quelle pourrait être l'étincelle qui mettrait le feu à la plaine ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Que peut-on espérer dans les semaines à venir ? Le texte sera adopté sauf coup de théâtre révolutionnaire.

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes encore dans cet état d'esprit de combativité ?

  • 8:08RelanceRéponse partielle

    Comment peut-on être dans une situation où après plus de 50 jours de grève, rien n'a été lâché ?

  • 9:35OuverteRéponse directe

    L'élargissement de la perspective est-il nécessaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:50Anasse KazibFait
    « le cœur même du néolibéralisme, c'est la fin de l'État providence, c'est notamment des services publics »
  • 8:08Anasse KazibFait
    « le retrait simple de la réforme des retraites ne suffira pas »
  • 11:46Alain BadiouFait
    « il faut méditer et discuter tout ça dans un cadre collectif peut-être renouvelé »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:32

Bonsoir à tous. Bienvenue au théâtre de la commune pour une nouvelle édition de contre-courant, l'émission que j'ai la joie d'animer avec mon ami Alain Badiou depuis 2013. Ce soir, après Thomas Piquetti en novembre dernier, nous recevons un des acteurs les plus remarqués du combat en cours contre la réforme des retraites, Anas Kazib. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Anas, vous êtes chemin pour ceux qui vous ne connaît pas encore. Vous êtes aiguilleur à la gare de trial du Bourger pour être plus précise, vous êtes militant Sudraille, vous êtes militant au NPA et membre du collectif révolution permanente. Courant courant Révolution permanente

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qui est une des tendances du NP. Voilà. Euh vous êtes donc une des figures les plus médiatiques de cette grève. une des plus la plus longue même de toute la 5e République, même si son destin et bien sûr incertain à l'heure où nous parlons et si certains on prévisent déjà le champ du signe. Le pouvoir est-il en train de gagner le bras de fer où sommes-nous au contraire dans ces moments d'apparente acalmie qui précèdent les grandes bourasques ? Quelle pourrait être l'étincelle qui mettrait le feu à la plaine ? À quoi ressemblera la prochaine révolution dans 6 mois ou dans 6 ans ? Tels seront les nombreux sujets de la discussion de ce

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soir. Je rappelle à tous ceux qui nous regardent que nous sommes actuellement sur le site de QG QG.media. Donc si vous souhaitez nous retrouver sur le site de QG, euh vous allez dans la section en live, vous cliquez en haut à gauche de la page. Nous sommes aussi en live sur Facebook, le Facebook de QG et le Facebook du théâtre de la commune qui nous accueille une fois de plus ce soir. Mais tout de suite, nous passons au débat. Et tout d'abord, Anas, j'ai envie de vous demander quelle est la situation sur le front de la lutte. Ce matin même sur le site du journal Le Monde, on pouvait lire le titre suivant : "Le

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texte sera adopté sauf coup de théâtre révolutionnaire". Que peut-on espérer dans les semaines à venir ? Euh bah déjà, bonsoir à toutes et à tous. Euh moi, je voulais tout d'abord vous remercier de de m'avoir invité. C'était toujours un plaisir de de discuter, de débattre sur QG. Euh en toute honnêteté, je voulais faire tout d'abord une salutation très rapide aux différents camarades du théâtre de la commune parce que bon, il y a beaucoup m'ont sollicité et cetera sur ma venue, ma présence ici que moi c'est avec plaisir que je viens de discuter, débattre avec Alain Badiou et de d'être dans un cadre aussi magnifique comme ce théâtre là que je ne connaissais pas. Donc voilà, je voulais leur transmettre mes salutations euh également de

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remercier Ha de de m'inviter dans cette émission. Euh pour moi, oui, le le sujet de la grève, il est loin d'être d'être refermé euh même si on est dans une période soit de reflux, soit où certains disent "On a besoin de de récupérer notre souffle ou de reprendre notre souffle." Euh moi, je considère que je ne suis pas essoufflé euh que malheureusement on est obligé un petit peu de devoir euh euh retrouver des forces des forces financières parce qu'on est rattrapé par par la réalité. C'est celle de comme moi je dis celle du frigo, celle de l'assiette qu'on laisse ce qu'on met dedans pour nos pour nos enfants et que une grève illimité faite d'amour et d'eau fraîche, c'est c'est sympa, c'est

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romantique, mais c'est difficile à faire et qu'il faut il faut armer, il faut armer stratégiquement et outiller les grévises pour pouvoir tenir. Donc voilà, il y a eu un combat de plus de de plus de 50 jours. Moi personnellement, je crois j'ai fait jusqu'à 56 jours. Il y en a d'autres qui ont tiré un peu plus une semaine après, mais effectivement la grève reconductible telle qu'on a pu la connaître à la RATP, la SNCF s'est arrêté. Euh mais enfin le le champ des possibles est encore devant nous, notamment avec le gouvernement où on voit ne serait-ce qu'avec l'affaire Griveau est complètement fragilisé dès que dès qu'il y a quelque chose qui bouge chez eux. Donc on voit que euh tout est encore possible quoi. Alors le 2 janvier euh dernier, vous

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déclariez qu'à partir du moment où les grévistes avaient déjà sacrifié un mois de salaire, il ne rentreraient pas chez eux. Je vous cite, une main devant, une main derrière. Est-ce que vous êtes encore dans cet état d'esprit de convivité ? Oui, je suis encore dans cet état d'esprit. c'est que les les les salariés, ils ont au fur et à mesure de de la grève, ils ont commencé à à à prendre conscience des difficultés. Moi, je me rappelle les premiers les premiers dépôts dans lesquels j'allais de la RATP ou dans lesquels j'étais invité, je commençais notamment à parler des questions de caisse de grève, de commencer à armer un peu stratégiquement, politiquement aussi les camarades en leur disant ne banalisez pas l'auto-organisation des des travailleurs, ne banalisez pas les

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assemblées générales, ne banalisez pas les caisses de grève parce que peut-être que l'argent n'est pas votre prérogative première après le le 3e ou le 4e jour que bon, on peut l'entendre quoi. Quand on est à 95 ou 100 % de gréviste, sa préoccupation c'est pas de se dire commencer à récolter récolter de l'argent. Notamment que la question des la caisse de grève, elle est souvent mise en opposition avec la question de la grève par procuration de se dire est-ce que je si je demande la solidarité, est-ce que ça veut dire en fait que j'accepte que tu ne fasses pas grève ? Et donc il y a beaucoup d'interrogations qui venaient à l'esprit de des grévistes, mais moi en tant que militant militant révolutionnaire mais avec aussi l'expérience du terrain à travers le syndicalisme, je sais que un

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mouvement dur, une grève illimitée, un moment donné, il va y avoir le la croisée des chemins, celle de celle de de la fiche de paye qui ramène tout le monde à la réalité. C'est-à-dire est-ce qu'on peut encore tenir ? Est-ce qu'on peut encore pousser le curseur ? Donc ouais, dans la tête encore des grévistes, ils entendent pas rentrer une main devant, une main derrière. Moi, j'ai jamais vu autant de détermination à essayer de revenir. Sauf que tout le monde est convaincu d'une chose, c'est que les transports publics seuls ne gagneront pas, que seul on ne gagnera pas uniquement même avec une greffe très forte. Elle a été très forte à la RATP, à la SNCF, personne ne pourra le nier. Mais que face au au macronisme, face au néolibéralisme aujourd'hui qui enfin le

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cœur même du néolibéralisme, c'est la fin de l'État providence. c'est notamment des services publics, c'est d'essayer de de se farcir réellement les services publics. C'est pour ça que par exemple, on a vu avec quel aisance ils ont céder des clauses du grand-père au Stewart, au au balai de l'opéra et autres et qu'ils n'ont ils n'ont même pas tenté de le faire ne serait-ce que à la RATP, la SNCF ou à l'éducation nationale parce que l'éducation nationale aussi c'est le cœur de de la politique en fait néolibérale. C'est-à-dire qu'il préfèrent leur donner à minima quelques augmentations salariales plutôt que d'essayer d'envisager de leur donner une clause du grand-père comme voulait le faire au début le gouvernement. Donc c'est pas suffisant et la politique je pense à

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venir ça va être celle de la jonction de l'ensemble des secteurs euh forts du mouvement vrier, nos camarades raffineurs de l'énergie, les égouttiers et autres mais également la jeunesse. On attend que la jeunesse puisse parce que elle a cette toujours cette force cette explosivité en fait à rendre une mobilisation ouvrière dans une mobilisation politique et je pense également la question du programme que le retrait simple de la réforme des retraites ne suffira pas. Ça ne suffira pas. Je pense que l'une des forces des gilets jaunes et je pense peut-être on en parlera peut-être tout à l'heure, c'est que c'est que les gilets jaunes ont mis très clairement la question de la démission de du gouvernement et que moi en tant que militant enfin oui, si on retire la réforme des retraites, ça

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reste encore Macron derrière, ça reste encore un gouvernement néolibéral, ça reste potentiellement le gouvernement qui a le plus de chance d'être réélu en 2022 si d'ici là il il ne se passe rien d'autre et que les perspectives que je veux pour mes enfants et moi, C'est pas un éternel recommencement en fait d'un d'une discussion entre Macron et et Le Pen et des réformes où on sort tous les 6 mois, tous les 1 an à courir à chaque fois, essayer de récupérer les bouts de chandelle et je pense que il va falloir passer passer à un moment donné le cap à l'offensive d'arrêter de se défendre, de commencer à à revendiquer. Alors Madio, comment comment est-ce qu'on peut être dans une situation où après 5 plus de 50 jours de grève, rien n'a été lâché ? Je voudrais d'abord euh

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dire que il faut euh rendre un certain hommage à tout ça, hein. Il faut quand même le saluer comme un épisode, je dis pas salvateur, effectivement, c'est tout un problème, mais comme un un épisode populaire, gréviste, acharné qui met à l'ordre du jour. On va discuter de ce point ce que peut être une victoire dans le temps présent. Ça c'est à mon avis une question une question clé et qui tout de même nous sort du du du maras de la confusion dans lequel la politique proprement parlementaire tentait de nous conduire hein. Donc c'est ça c'est le premier point. Alors après, moi la question que j'aimerais poser à vous qui êtes un acteur [raclement de gorge] essentiel de toute

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cette affaire, c'est dans la foulée de ce que vous dites précisément cet élargissement de la perspective. Cet élargissement de la perspective, vous dites qu'il est nécessaire à un moment donné et je suis tout à fait d'accord avec vous. Je pense que euh un mouvement de cet ordre ne peut pas indéfiniment stationner sur une revendication euh précise et unique. Il faut pour qu'il s'élargisse, qu'il ait aussi une vision euh plus générale de la situation et de ce qu'il revendique. Et alors, je me demandais de ce point de vue-là si l'exemple que vous prenez était était bon parce que en vérité non à Macron, c'est également négatif. C'est ça le point. C'estàd ce qui est commun à la loi des retraites et et à Non à Macron.

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c'est qu'on n'est pas encore dans le domaine d'une proposition affirmative réelle. Et ça, il me semble tout de même qu'il faut méditer ce point en bilan de tous les mouvements qui se sont succédés qui est que au fond la faiblesse d'un mouvement vient aussi non pas évidemment de ces nécessités tactiques d'épuisement de relance tout ce dont vous avez parlé mais elle vient aussi à mon sens de ce que il y a un primat de la négation c'est-à-dire là ce qui fait l'unité du mouvement c'est non à la loi des retraites Et l'élargissement dont vous indiquer, c'est non à Macron. Oui, mais non à Macron dans la situation politique actuelle, ça veut dire oui à qui en fin de compte ? C'est ça le problème. C'est le le problème, c'est d'avoir une

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proposition politique. Et s'il y a pas une proposition politique, un moment où le mouvement social a besoin d'une proposition politique. Et cette proposition politique, elle ne peut pas être strictement négative. Parce que si elle est strictement négative, elle ne fait que prolonger, que élargir au fond le mouvement proprement revendicatif. Et alors moi ce qui me semble c'est que le mouvement est arrivé au point et vous le disiez en un sens parce que le mouvement me semble arriver au point où il faut méditer et discuter tout ça dans un cadre collectif peut-être renouvelé. Peut-être des assemblées transprofessionnelles, peut-être des rapports entre jeunes étudiants et ouvriers comme j'en ai connu moi-même dans [rires] l'époque glorieuse de M 68 et de ses

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conséquences. peut-être des propositions idéologiques aussi large novatrices. Le fait que on s'entraîenne explicitement au noyau dur du capitalisme après tout hein parce que Macron c'est pas c'est c'est aussi un processus ininterrompuisation c'estàd c'est aussi un processus de destruction du service public et plus généralement de destruction de tout ce qui peut apparaître comme une propriété collective ou un bien populaire. C'est son programme affiché. C'est un programme affiché. Mais alors même là, si on dit on ne veut pas de ça, c'est bien mais qu'est-ce qu'est-ce qu'on veut ? Et ça ça me semble être quand même une question qui est subjective finalement idéologique programmatique aussi qui est

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qui va décider en partie de de l'avenir de tout ça. Enfin voilà, voilà une question que je voulais vous poser.