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Discours / meetingMarine Le Pen (sur YouTube)· 25 mars 2026 13 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsOutre-mer

Situation au Proche et Moyen Orient : l'intervention de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:01Invité politiqueChiffre
    « En 2018, le gouvernement avait même pour projet de fermer 14 réacteurs depuis 25 ans. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « Si les ménages sont aujourd'hui les premiers touchés, les risques pour les agriculteurs et les entreprises sont désormais majeurs. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « La France doit assumer les accords signés avec les pays de la zone et leur venir en aide à partir du moment où ils sont victimes collatérales du conflit entre l'Iran et l'alliance israélo-américaine. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « Dois-je rappeler que la France reste une cible privilégiée des islamistes ? »
  • 5:47Invité politiqueFait
    « Je veux croire qu'il nous reste sur la scène internationale suffisamment de crédit pour porter une telle initiative fondée à la fois sur notre rapport à la souveraineté des nations et sur nos liens privilégiés avec nombre de pays dans la région. »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « les frappes en Libye auxquelles la France avait malheureusement participé avec les conséquences que l'on connaît sur la prolifération djihadiste au Sahel. »
  • 9:15Invité politiqueChiffre
    « la suspension des certificats d'économie d'énergie qui vont peser pour 8 milliards d'euros sur les consommateurs français, entreprises et particuliers cette année. »
  • 9:55Invité politiqueFait
    « En Italie et en Espagne, des mesures ambitieuses permettant de baisser le prix de l'essence de 20 à 30 centimes d'euros ont été rapidement déployés. »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

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Marine Le Pen

La parole est à présent à madame Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national. Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mes chers collègues, près d'un mois, après le lancement des frappes aériennes contre l'Iran, et c'est ce que vos propos ont confirmé, monsieur le Premier ministre, il est difficile d'espérer une stabilisation rapide de la situation et encore moins le retour prompte de la paix dans cette région berceau de plusieurs civilisations millénaires. Si le cauchemar du régime des molas pour le peuple iranien ne fait aucun doute et je tiens à saluer ici le courage de ce peuple.

En particulier celui des femmes dont les aspirations légitime à la liberté ont été réprimées dans le sang il y a quelques semaines. Il m'apparaît illusoire d'arriver à le faire chuter par des bombardements aussi massifs soit-il. Je crois même que c'est assez mal connaître le régime iranien et d'histoire de l'Iran que de le penser. À ce jour, la terrible répression observé ces derniers mois a manifestement joué un rôle dissuisif et l'on observe aucun signe d'effondrement du régime ni d'exode massif de la population. En tout cas, pour les États-Unis qui avaient probablement promis à leurs alliés régionaux une chute rapide du régime iranien.

Et malgré les propos du président Trump, cette opération s'avère manifestement périlleuse avec un coût financier, militaire et politique qui semble n'avoir pas été anticipé. En outre, les nations du Golf qui avaient fait le choix de se rapprocher des États-Unis se trouvent désormais sous le feu de la riposte de l'Iran dont les capacités militaires semblent bien moins affaiblies et bien plus résilientes que ce que semblait espérer certains dont nous faisons partie. Une réalité sans doute peu satisfaisante pour nous occidentaux, mais qu'il s'agit de ne pas nier. Elle s'impose à nous.

S'agissant d'Israël, il est évident que les attaques directes mais surtout indirectes qu'elle a subi, doivent être dénoncées. Mais si Israël a le droit et même le devoir de se défendre et d'assurer la sécurité de son territoire et de ses habitants, il est de l'honneur, de la seule démocratie de la région de respecter les règles du droit international, notamment relatif au conflits armés. Que ce soit le ciblage de la finule ou plus grave la mort de trois soldats libanais ou du père Pierre Elra, l'armée israélienne doit éviter à tout prix ces dommages collatéraux dans son offensive par ailleurs légitime contre leboll. J'y reviendrai.

Lors de son allocution du 3 mars dernier, le président de la République a évoqué sa responsabilité de défendre l'intérêt national. Je ne peux évidemment que souscrire à ces propos. Trois intérêts prioritaires pour la France semblent aujourd'hui se dégager. Le premier d'entre eux est bien sûr notre souveraineté énergétique. Depuis 25 ans, notre pays navigue à vue sans vision stratégique. Les investissements indispensables dans notre parc nucléaire actuel et futur ont été négligés. En 2018, le gouvernement avait même pour projet de fermer 14 réacteurs depuis 25 ans. Nous subventionnons abondamment des panneaux solaires et des éoliennes massivement importés de Chine.

Nous avons aussi sacrifié la compétitivité électrique nationale du préférent des mécanismes de prix européens à la fois instabl et inflationniste, ce qui a retardé l'électrification massive et indispensable des usages individuels et industriels. Enfin, nous avons refusé par idéologie, sous les mandats de François Hollande et d'Emmanuel Macron, d'exploiter nos ressources minières et géologiques pourtant abondante, en particulier en Outre M. Le résultat de cette incurie est pas tant en période de tension sur nos approvisionnements. Si les ménages sont aujourd'hui les premiers touchés, les risques pour les agriculteurs et les entreprises sont désormais majeurs.

Et vous l'avez dit, monsieur le premier ministre, des secteurs stratégiques pourraient être rapidement concernés. Je pense par exemple à la chimie ou à la défense. Le second intérêt prioritaire est la préservation de nos partenariats industriels et diplomatique de défense avec plusieurs pays de la région. À l'heure où le bouclier américain n'est manifestement pas à la hauteur espérée, la France doit assumer les accords signés avec les pays de la zone et leur venir en aide à partir du moment où ils sont victimes collatérales du conflit entre l'Iran et l'alliance israélo-américaine.

La concrétisation de ces engagements sera en outre probablement bénéfique si la confiance de ces pays envers les États-Unis s'érodaiit durablement. Sur ce point, il ne faut bien évidemment assurer également la protection des emprises françaises dans la région en particulier militaire. Le troisème intérêt peut être moins visible est la poursuite de la lutte contre les groupes islamistes. Malgré les efforts constants de beaucoup de pays dans la région, l'adre islamiste n'a pas totalement disparu et l'instabilité géopolitique fait constamment peser un risque de résurgence dans cette région.

C'est d'ailleurs dans ce contexte et je tiens à lui rendre à nouveau hommage que le major Frillon est mort pour la France sur le sort iraakien. Nous ne pouvons sous-estimer la menace que ferait peser sur notre propre sécurité la constitution d'une zone de chaos au sein et aux frontières de l'Iran. Tout relâchement sur cette question pourrait avoir de graves conséquences demain pour notre pays. Dois-je rappeler que la France reste une cible privilégiée des islamistes ? Mais du fait de la singularité française, notre implication dans le concert des nations ne peut se résumer à la défense de nos intérêts. Nous avons également des devoirs, j'en vois au moins trois dans la crise actuelle.

Le premier est celui d'être une puissance d'équilibre et de devenir ou plutôt de redevenir l'interlocuteur privilégié des nations parties prenantes directes ou indirectes au conflit. Il ne faudrait pas que ce rôle soit laissé à la Chine, à la Russie ou à l'Inde. En cela, il serait souhaitable que la France, au lieu de consentir à sa dilution dans une politique étrangère européanisée, prenne l'initiative d'une médiation en faveur de la paix. J'ai déjà formulé ce vœu s'agissant de la guerre en Ukraine.

Je veux croire qu'il nous reste sur la scène internationale suffisamment de crédit pour porter une telle initiative fondée à la fois sur notre rapport à la souveraineté des nations et sur nos liens privilégiés avec nombre de pays dans la région, le Liban, Israël, les Émirats en particulier. Notre deuxème Merci monsieur Bidochon pour votre intervention. Notre deuxième devoir est d'être le défenseur absolu et résolu du droit international. Ces dernières années ont vu un grand nombre de puissances et singulièrement les deux plus grandes s'affranchir avec une légèreté croissante et profondément inquiétante de ce cadre indispensable.

Je pense à l'invasion de l'Ukraine par la Russie avec un conflit meurtrier qui dure depuis 4 ans et plus récemment, sans établir naturellement d'équivalence entre ces deux événements à l'enlèvement de Nicolas Madura par les États-Unis. Ces épisodes font écho à d'autres erreurs majeures commises au cours des deux dernières décennies. l'invasion de l'Irak en 2003 à laquelle d'autres pays avaient eu l'honneur de s'opposer ou plus récemment les frappes en Libye auxquelles la France avait malheureusement participé avec les conséquences que l'on connaît sur la prolifération djihadiste au Sahel.

Le conflit le conflit qui fait rage aux MoyenOrient s'inscrit dans ce contexte et des voix s'élèvent désormais au sein même de l'administration américaine pour interroger l'opportunité, la légalité voire la rationalité stratégique de cette intervention. Si n'est évidemment pas question de défendre les régimes corrompus et autoritaires force de déstabilisation, la France ne peut rester silencieuse dans la défense des principes qui régissent le droit international. Notre troisième devoir fondé sur notre histoire millénaire avec ce pays est celui de protéger le Liban. Une nouvelle fois victime collatéral des tensions dans la région avec 1000 morts dont 120 enfants et un million de déplacés.

Certes, son incapacité à éradiquer la milice du Esbola de son sol empêche Israël de traiter d'égal à égal avec sa nation voisine. Mais la France, et je salue les propos du président de la République en ce sens, a le devoir de soutenir ce pays et ses institutions, aussi imparfaites soit-elles. L'annonce de l'expulsion de l'ambassadeur iranien par le Liban doit être vue comme l'expression de la volonté du Liban de faire cesser les ingérence iranienne via le esboll sur son sol et doit donc être salué. Nos intérêts et nos devoirs ayant été définis. Permettez-moi d'évoquer les mesures que le gouvernement devrait désormais déployer au plus tôt pour défendre les premiers et assumer les seconds.

Je ne peux m'empêcher de commencer par souligner qu'avec le mauvais budget que vous avez imposé il y a moins de 2 mois, nos marges de manœuvre sont très faibles. Du fait d'hypothèse exagérément optimiste, mais aussi de votre refus d'accepter les mesures d'économie structurelles que nous avons documenté dans notre contrebudget, vous avez dramatiquement limité notre liberté d'action en cas de crise. Or, si cette crise est régionale, son impact est d'ors et déjà et restera sans doute durablement mondial.

Il est donc de notre devoir non pas de temporiser en espérant que la situation s'améliore, mais d'agir en concentrant nos efforts sur la défense de nos intérêts et l'accomplissement de nos devoirs. À cet effet, monsieur le Premier ministre, pour protéger le pouvoir d'achat de nos compatriotes et la compétitivité de nos entreprises, nous vous demandons à nouveau la sortie des règles européennes de fixation des prix de l'électricité, la baisse des taxes sur l'énergie.

Je pense évidemment, vous le savez car je défends cette mesure depuis la dernière présidentielle à la baisse de la TVA, la suspension des certificats d'économie d'énergie qui vont peser pour 8 milliards d'euros sur les consommateurs français, entreprises et particuliers cette année. Je ne peux que regretter de ne pas avoir encore été entendu alors même que certaines de ces mesures sont mises en œuvre chez nos voisins et même, je ne peux m'empêcher de le souligner, réclamé par la présidente de la Commission européenne elle-même. Avouez que c'est un comble.

En Italie et en Espagne, des mesures ambitieuses permettant de baisser le prix de l'essence de 20 à 30 centimes d'euros ont été rapidement déployés. Vous ne semblez pas conscient de l'urgence. Tout ce temps perdu a un impact concret sur les ménages, mais aussi sur les agriculteurs, les routiers, les pêcheurs, les libéraux notamment du secteur de la santé et plus largement sur un nombre important d'entreprises. Je regrette vivement l'option retenue en ce qui concerne les stocks stratégiques de carburant. Le recours à ces stocks doit avoir des conséquences concrètes sur nos concitoyens et nos entreprises.

Et non, je cite le ministre l'Escure sur les zones où il y a des tensions d'approvisionnement et c'est évidemment à l'Asie que je fais référence SIC. Je considère que ces stocks ont bien deux utilités. Limiter les pénuries bien sûr, mais aussi jouer un rôle de levier contracyclique en cas de tension sur les marchés. Ces précieuses réserves ne doivent donc pas aller sur les marchés mondiaux mais bien être mises au service de notre marché intérieur avec évidemment un contrôle temporaire mais strict démarche par les services de l'État.

Pour ce qui est de la protection militaire de nos intérêts extérieurs, que ce soit le déploiement du groupe aéronaval ou l'augmentation des moyens aériens et maritime dans la zone à l'autre des éléments en notre possession, nous considérons la réponse française à la hauteur. J'attire votre attention, mais je suis sûr que nos armées et nos services y sont attentifs sur la protection des nombreux câbles sous-marins vitaux pour notre économie présent dans la zone.

À l'heure actuelle, même si le rétablissement de la liberté de circulation dans le détroit d'ormous peut être considéré comme une urgent, je ne vois pas comment cela peut se faire sans devenir partie prenante au conflit, ce qui n'est évidemment pas du tout souhaitable. Je me félicite de l'aide humanitaire apportée au Liban par la France. J'invite le gouvernement à accentuer les efforts diplomatiques pour parvenir à une trève, au désarmement du Esbola et au retour de la souveraineté libanaise sur l'ensemble de son territoire garanti par la force des Nations- Unies dans la zone frontalière.

Avant de conclure, je tenais également à vous alerter sur une possible conséquence certes future mais potentiellement très impactante pour l'économie française. Les engagements financiers des pays du golf, notamment via leur fonds souverains, sont importants dans notre économie, y compris dans notre dette. Or, il est possible qu'une fois la situation stabilisée, ces p ces pays pardon réorientent une partie importante de cet argent pour leur reconstruction et pour un renforcement sécuritaire. Il faut donc, je le crois, anticiper cela.

La mise en place d'un fond souverain français que je propose depuis longtemps pourrait être une partie de la solution pour renforcer notre souveraineté économique face à ce type de crise. Monsieur le premier ministre, mes chers collègues, nous le constatons, les risques que ce conflit fait peser sur notre pays sont majeurs. De nombreux analystes soulignent que la situation va s'aggraver et il est par conséquent du devoir de la chef de l'opposition de vous appeler solennellement ne pas subir mais à actionner dès maintenant tous les leviers disponibles pour en limiter les effets sur notre pays et sur nos compatriotes. Merci beaucoup madame la présidente. avant de donner la parole.