L'invité d'Apolline Matin : Logement, la préférence nationale proposée par le RN, la solution face à la crise ? - 15/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:38OuverteRéponse partielle
Supprimer la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux dans les villes, comment réagissez-vous ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Est-ce que la question n'est pas aussi l'accès à la propriété ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Comment réagissez-vous à la proposition de Marine Le Pen sur la préférence nationale pour le logement social ?
- 5:19RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas la libéralisation de la construction qu'il faut organiser ?
- 5:55OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas la libéralisation de la construction qu'il faut organiser ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48InvitéChiffre
« La loi SRU, si je prends d'abord ce sujet, c'est celle qui a permis depuis 2000, quand elle a été adoptée, de faire construire à peu près un million de logements. »
- 3:07InvitéChiffre
« Ah, complètement. Mais vous savez, il y a 2 millions de demandeurs de logements sociaux aujourd'hui. »
- 4:36AuditeurChiffre
« On sait que la moitié de la population détient 95% de la richesse brute. »
- 6:19InvitéChiffre
« On sait qu'il faut construire à peu près 400 000 logements par an. »
- 6:26InvitéChiffre
« On est à moins de 300 000. »
Temps de parole
- Invité43 %
- Présentateur22 %
- Auditeur15 %
- Invité 29 %
- Invité 36 %
- ?4 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC.
De
plus en plus de voix qui montent pour dire que la crise du logement est en train d'étouffer la France et les Français.
Et
face à cela, il y a eu hier les propositions radicales de Marine Le Pen. Elle annonce que si elle est élue, le logement sera l'un de ses grands chantiers, mais avec notamment l'idée d'une préférence nationale pour l'accès au logement social. Bonjour Christophe Robert. Bonjour. Vous êtes le délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, c'est l'ancienne fondation Abbé Pierre. Réserver les logements sociaux aux seuls Français, elle appelle ça la priorité nationale. Supprimer la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux dans les villes, comment est-ce que vous réagissez ?
On
croit rêver, c'est effrayant. La loi SRU, si je prends d'abord ce sujet, c'est celle qui a permis depuis 2000, quand elle a été adoptée, de faire construire à peu près un million de logements.
C
'est un peu plus de la moitié des logements construits ces 20 dernières années.
C
'est donc celle qui permet quantitativement de répondre à nos concitoyens les plus fragiles, ceux qui ont des ressources modestes, les plus pauvres, les classes moyennes inférieures, les travailleurs pauvres, les travailleurs précaires.
Et
tout d'un coup,
et
je crois que le Rassemblement National et l'EFN n'avaient jamais été aussi loin, ils proposent de la supprimer purement et simplement. Ça veut dire moins de logements, sachant qu'à l'Ouest et Rue, c'est
beaucoup
plus de construction de logements, mais c'est aussi mieux réparti dans les villes, pour ne
pas
qu'il
y
ait d'un côté 70% de logements sociaux et de l'autre 5%. L'idée, c'est de dire qu'on fait tous à
minimum
20 à 25%.
Sur tout le territoire, toutes les
villes font 20 à 25%.
Oui, à partir de 3500
habitants. Mais effectivement, globalement, c'est super, c'est une meilleure répartition, c'est plus de logements sociaux.
Je
vous entends, je ne
suis
pas certain que la proposition de Marine Le Pen, effectivement, soit la solution à tout. Je ne
crois
pas, non. Non, d'accord. Mais cela dit, la vérité, c'est que, un, elle en fait un axe prioritaire de sa campagne, deux, c'est un... Le logement. Oui, le logement. Si elle émet ses propositions, c'est parce qu'elle sait qu'elles seront entendues par son électorat, et là, en l'occurrence, ça concerne essentiellement des classes populaires, donc on est bien obligé de constater que, un, c'est un échec des partis de gouvernement, le logement, et que, deux, cette loi SRU, c'est très bien qu'elle existe, et peut-être qu
'il
faut la maintenir et la renforcer, mais pour l'instant, la vérité, c'est qu'elle n'a pas réglé le problème du logement.
Christophe Robert.
Le Pen prend un sujet extrêmement préoccupant en France aujourd
'hui, la crise du logement. Et c'est la seule à être entendue sur ce sujet. Par
contre, quand vous dites qu'elle va répondre à l'électorat populaire, non, le logement social, c'est justement pour les classes populaires. En supprimant la loi SRU, c'est moins le logement social. En supprimant les aides pour la rénovation thermique de logements, au profit de prêts, c'est ça qui est proposé, on empêche les personnes de pouvoir rénover
leur logement pendant les passports thermiques. Dans les
différentes études.
Donc la
question, c'est, elle met le sujet sur la table, ça c'est bien, et j'aimerais que tout le monde mette bien le sujet sur la table, mais les réponses sont complètement à l'inverse de ce dont nous avons besoin aujourd'hui, notamment les
classes populaires dans ce pays. Est-ce que la question, ce n'est pas
aussi l'accès à la propriété, le fait de pouvoir aussi en sortir du logement social ? Bien sûr. C'est aussi une des questions et un des échecs, peut-être, c'est ce sentiment, pour un certain nombre de Français, d'attendre des années avant de pouvoir avoir accès au parc social, aussi parce qu'il n'y a pas vraiment de roulement.
Ah, complètement. Mais vous savez, il y a 2 millions de demandeurs de logements sociaux aujourd'hui, parce que pour beaucoup de nos concitoyens, c'est la seule solution. Parce que le logement locatif est trop cher, parce que l'accession à la propriété est rendue impossible pour les classes moyennes inférieures, pour les catégories modestes. Donc, ceux qui sont dans le logement restent bloqués dans le logement social, et beaucoup de monde voudrait pouvoir y accéder, et ne le peuvent pas. Donc,
il
faut absolument relancer la production. Mais Marine Le Pen ne dit pas comment elle va construire. Elle va moins construire, puisqu'il y
aura
déjà moins de logements sociaux via la loi SRU, et ensuite, elle va moins rénover, parce qu'elle supprime les subventions aux catégories modestes pour rénover leur passeport. Je
voudrais qu
'on
donne la parole à Ethan, qui nous appelle de Chaville, dans les Hauts
-de
-Seine. Bonjour, Ethan.
Je crois que vous
êtes chauffeur routier, vous vivez vous-même dans un logement social, et vous avez été choquée quand vous avez entendu Marine Le Pen, qui dit, en fait, le problème, c'est aussi les étrangers qui ont accès au parc social, et qu'elle veut désormais réserver le logement social aux seules personnes qui ont la nationalité française. Comment vous réagissez, Ethan
? Oui,
moi, je trouve que l'extrême droite, c'est l'art du bouc émissaire. Comme d'habitude, on dresse les Français, enfin, on dresse la population les uns contre les autres.
Je
pense que ça, c'est une sorte de diversion. Le problème, on le sait très bien, c'est le manque de logements sociaux et des constructions qui ne sont pas à la hauteur. Et donc, dire, faire croire aux Français que s'ils ont du mal pour se loger, c'est à cause de leurs voisins d'origine immigrée, c'est vraiment de la malhonnêteté intellectuelle. On a aujourd'hui une fracture sociale qui n'a jamais été aussi grande en France. On sait que la moitié de la population détient 95% de la richesse brute. On sait que le nombre de multipropriétaires n'a jamais été aussi important. Il faudrait plutôt s'attaquer à ça. Et là, on aura des logements qui permettront aux Français de se loger décemment.
Je trouve que toujours s'en prendre aux immigrés, aux Algériens, aux musulmans, toujours la même rengaine en faisant croire aux Français que ce sont les responsables de la situation du pays, c'est de la diversion. Et encore une fois, je le dis, l'extrême droite, c'est le parti qui permet à l'élite de s'enrichir toujours autant. Et pendant ce temps, les gens qui sont en
bas... C'est important d'entendre
aussi votre témoignage et votre réaction, Ethan. Emmanuel ?
Moi, ce qui me gêne un peu, et c'est un petit reproche que je vous ferai, Christophe Robert,
c
'est que dans tout le débat, on ne parle que de logements sociaux. Or, il y a 5 millions de logements sociaux en France, il y a 38 millions de logements au total. Et j'ai l'impression qu'en fait, on ne dit pas grand-chose de ce qui, quand même, serait un moyen de résoudre une partie de ce problème plutôt que de gérer la pénurie, comme on le fait. C'est d'encourager massivement la construction privée. Or, vous avez parfois des prises de position, je me dis, vous soutenez des mesures qui sont quand même... Des mesures qui n'encouragent pas, par exemple, l'accès à la propriété pour les gens qui veulent louer, etc. Et donc, est-ce que ce n
'est
quand même pas la libéralisation de la construction qu'il faut organiser, qui fait retomber des règles très
contraignantes
aujourd'hui
?
Ah, c'est votre chute. Non,
non,
attendez, vous m'interrogez sur la suppression de la loi SRU, sur la préférence nationale, et moi, je vous dis, Marine Le Pen ne
propose rien pour réduire les logements.
Mais oui, bien sûr. Mais pas la chute que vous proposez là. C'est-à-dire, oui, bien sûr qu'il faut construire plus. On sait qu'il faut construire à peu près 400 000 logements par an. Mais les mesures prises depuis 10 ans ont réduit considérablement la construction de logements. On est à moins de 300 000. Ensuite, il faut favoriser l'accession sociale à la propriété pour ceux qui le souhaitent. Il y
a
des outils qu'on peut développer pour ça. Ce que nous disions là, c'est que Marine Le Pen, qui dit qu'il va en faire un chantier prioritaire de son quinquennat, supprime les outils qui permettent de produire du logement social, supprime les outils qui permettent de rénover les logements locatifs privés. Je ne parle pas de logement social. Ma prime rénove au profit de prêts. Mais c'est bien mal connaître l'état des finances de nos concitoyens les plus modestes, des classes moyennes inférieures et des plus pauvres. Et puis après, mais l'État ne l'a dit, il a très bien dit, il faut quand même réguler les marchés. C'est-à-dire qu'à un moment, regardez par exemple l'encadrement des loyers.
J'ai la ministre du Logement.
Il se trouve que Cécile Duflo vient d'entrer dans ce studio, car comme chaque mardi, dans un instant, c'est la proposition concrète de gauche, et ce sera Cécile Duflo. Vous
avez
enfin une mesure qui redonne du pouvoir d'achat aux ménages. On a besoin pour nos concitoyens d'avoir des mesures qui fonctionnent. Mais pas pour bloquer tout le marché, c'est là où vous avez raison. Ça limite simplement les loyers excessifs. Et ça redonne du pouvoir d'achat aux ménages. Ça leur redonne la capacité d'agir. Enfin, donc on a là, bien sûr, nécessité de jouer sur tous les leviers, de l'accession aux locatifs privés, aux logements sociaux. Mais là, Marine Le Pen a agité le chiffon rouge, si vous voulez, en mettant les étrangers comme étant la cause. C'est ce que disait Ethan, ce qui est complètement faux. D'ailleurs, il
n'y a
pas de favoritisme dans l'accès au logement social. Il n
'y a
pas une surreprésentation dans le logement social. C'est faux, mais pendant ce temps-là, on ne parle pas des vrais sujets, ce dont nous sommes en train de parler.
Merci beaucoup Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés. Et merci à Ethan pour son témoignage.