L'interview intégrale de Laurent Nuñez sur BFMTV
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Préfet de police de Paris, Laurent Nunez, je vous interroge avec Cécile Olivier. Je voudrais pour commencer revenir sur la longue interview donnée par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, au journal du dimanche aujourd'hui. Il revient sur les éléments, les événements de Sainte-Solines. Je précise tout de suite qu'il ne vous concerne pas, c'est une zone de gendarmerie, vous êtes préfet de police de Paris. Il parle aussi des violences en marge de certaines manifestations et ses mots sont assez durs. Il refuse, dit-il, de céder au terrorisme intellectuel de l'extrême gauche qui, selon lui, inverse les valeurs. Les casseurs deviendraient les agressés, les policiers les agresseurs.
Est-ce que vous partagez cette vision des choses ?
Alors, d'un point de vue politique, non. Moi, je suis préfet de la République, mais d'un point de vue technique, oui, évidemment.
D'un point de vue technique, ce qui se passe dans les manifestations parisiennes, qu'elles soient organisées par l'intersyndicale ou dans ces manifestations sauvages, on voit bien que chaque fois que nous avons à intervenir, alors pour les manifestations intersyndicales, elles se passent très bien, mais nous avons toujours un pré-cortège, plusieurs milliers d'individus qui manifestent devant, au sein duquel se constitue un black bloc, en général, à l'initiative duquel on trouve des militants d'ultra-gauche qui fédèrent un peu tout ça et qui vont commettre des exactions, commettre des violences.
Et puis c'est vrai aussi dans les cortèges sauvages qu'on a eus pendant plusieurs nuits consécutives, et il y a encore deux ou trois jours, à Paris, où on a eu un certain nombre de vitrines brisées, de mises à feu de poubelles, parfois avec des propagations de véhicules, donc on a des violences extrêmement graves.
Et on voit bien que chaque fois que moi j'autorise mes effectifs à intervenir pour mettre un terme à ces exactions, systématiquement, on inverse un peu les rôles, c'est-à-dire qu'on nous accuse de casser les manifestations, de vouloir empêcher des gens de manifester, alors que le rôle des policiers et des gendarmes placés sous mon autorité à Paris, au contraire, c'est de protéger ces manifestations et de mettre un terme aux exactions.
Mais comme le dit fort justement le ministre de l'Intérieur, et ça on ne peut que le constater dans les critiques que nous avons à subir après nos manœuvres de maintien de l'ordre, on constate systématiquement que nous sommes accusés finalement de casser, je vous vois les guillemets, des manifestations, alors que c'est totalement l'inverse. Nous ne faisons qu'apporter une réponse proportionnée à des agressions, à des exactions qui sont commises pendant ces manifestations.
Alors le ministre de l'Intérieur, il emploie des mots très très durs ce matin, très forts. Il parle de terrorisme intellectuel de cette partie de la gauche. Il estime aussi, et je le cite, que la France insoumise déteste la police. Est-ce que vous avez l'impression que la France insoumise vous déteste ?
Écoutez, on a entendu des propos parfois tenus, la police tue, des propos qui laissent à penser qu'il y aurait un racisme systémique, des violences policières systémiques dans la police. J'entends assez peu de certains responsables politiques, on les entend assez peu, avoir un mot, ne serait-ce qu'un mot pour les policiers, les militaires de la gendarmerie blessés. Depuis le début du mouvement à Paris, c'est plus de 400 personnes qui ont été blessées, dont près d'une quarantaine qui ont dû être hospitalisées. Donc voilà, force est de constater que le soutien est très limité. Et au contraire, on a systématiquement une mise en cause de la légitimité de nos interventions.
Alors que, encore une fois, je pense que la majorité de vos téléspectateurs le savent et le comprennent, nous n'intervenons que pour mettre fin à des violences. C'est d'ailleurs pour cela que le ministre de l'Intérieur a souhaité que nous soyons le plus transparents possible, que nous accueillons des médias, que j'accueille en salle de commandement la défenseur des droits, pour qu'elle voit à quel moment je décide d'engager la force. C'est toujours quand on a un black bloc, c'est toujours quand ils commencent à casser les commerces, quand ils s'en prennent à d'autres personnes, voire aux organisations syndicales. Il faut aussi savoir nommer les choses.
Et c'est toujours dans ces moments-là que moi, je décide d'engager la force. Évidemment, le ministre de l'Intérieur a raison de dire qu'on a l'impression en ce moment que c'est le monde à l'envers, les rôles sont totalement inversés.
Mais alors, M. le Préfet, dans ce contexte-là, et pour faire retomber un peu la tension qui a envahi un peu toute la société ces dernières semaines, est-ce qu'il est à propos d'utiliser l'expression ? Vous avez cité les médias. M. Darmanin dit, il appelle les politiques et les médias à ne pas tirer dans le dos des forces de l'ordre. Pour un homme qui est en charge de la gestion de la police, de la gendarmerie, l'expression n'est quand même pas neutre. « Tirer dans le dos des forces de l'ordre », c'est très puissant comme expression.
Mais s'il l'a précisé, je l'ai écouté avec beaucoup d'attention, où il a précisé « moralement ». Vous savez, moi, comme préfet de police et comme je me fais le porte-parole de l'ensemble de mes effectifs, on se sent blessé moralement quand on est mis en cause systématiquement, quand on m'accuse, moi, de faire des interpellations préventives pour empêcher les gens de manifester alors que toute l'honneur, la fierté de ma mission…
On va y revenir, mais c'est vrai qu'il y a eu un vendredi où il y a eu 392 populations pour 9 déferments. Oui, c'était un jour, on y reviendra.
Mais ce soir-là, je ne crois pas que les Français auraient aimé que Paris soit à feu et à sang. Parce que si on n'était pas intervenus ce soir-là, c'est ce qui se passait. C'était autour, dans le 13e arrondissement de Paris.
Oui, mais il y a 380 personnes qui n'ont pas pu manifester.
Je vous expliquerai pourquoi, précisément, on y reviendra. Mais on ne peut pas laisser faire ça. Je pense que nos concitoyens comprennent. Manifester pacifiquement, c'est nous qui garantissons ce droit. Parce que sans la police et sans la gendarmerie, il n'y aurait pas de manifestation. Le dernier cortège qui s'est tenu, le dernier cortège de la terre syndicale cette semaine, on intervient à un moment parce qu'il y a des exactions sur des commerces. On intervient parce qu'il y a un feu avec un risque de propagation sur un immeuble. C'est à ce moment-là qu'on donne la force.
Dans une unité, d'ailleurs, dans laquelle vous aviez un de vos journalistes, qui était vraiment aux premières loges, si j'ose dire. Parce qu'il était vraiment au cœur de l'action. Et ce n'était pas un safari, comme j'ai pu le lire dans un quotidien encore aujourd'hui. Ce n'était pas un safari. Donc on intervient vraiment quand il faut donner la force, quand c'est absolument nécessaire et uniquement à ce moment-là, évidemment. Et ça, il faut bien l'avoir en tête. Et chaque fois que nous intervenons, nous prenons des tas de projections.
Alors je voudrais qu'on commence directement avec ce qui est au cœur des polémiques ces derniers jours. C'est la BRAVEM. Alors c'est une intervention motorisée, une unité d'intervention motorisée. Est-ce que la BRAVEM dérape ? Est-ce qu'il y a des dérapages de ces effectifs ?
Absolument pas. Absolument pas. D'abord, les quelques dérapages qu'il y a pu y avoir, parce qu'il y en a, c'est incontestable. Le ministre de l'Intérieur a rappelé ce matin qu'on a 36 affaires judiciaires qui ont été confiées à l'IGPN. Une grande partie d'entre elles concerne Paris. Les manifestations parisiennes, puisque c'est l'endroit où il y a quand même plus de...
Combien concerne la BRAVEM ? Parce que la patronne des CRS a dit par exemple qu'aucune de ces 36 enquêtes ne concernait les CRS. Donc combien de ces enquêtes concernent la BRAVEM ?
Alors on a un certain nombre d'investigations qui peuvent concerner des effectifs de la BRAVEM. Je ne vous donnerai pas le... Combien sur les 36 ? Je ne l'ai pas en tête, mais il y en a quelques-unes.
Est-ce qu'elle est surreprésentée ?
Il y en a quelques-unes qui concernent la BRAVEM. Elle n'est pas forcément surreprésentée. Ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. Ce n'est pas exactement comme ça qu'il faut voir les choses. La BRAVEM, c'est quoi ? La BRAVEM, c'est une compagnie finalement d'intervention, comme les CRS, comme les gendarmes mobiles, qui fait du maintien de l'ordre. C'est son job. La seule chose qui change, c'est qu'elle est mobile. Elle se déplace en moto pour pouvoir aller plus vite et pour pouvoir récupérer des groupes de manifestants violents. Et la BRAVEM, on l'engage toujours sur les manifestants violents. Donc, par définition, elle est beaucoup plus exposée.
C'est-à-dire qu'elle va évidemment au contact, puisqu'elle intervient toujours quand on a des exactions graves qui sont commises. Elle est mobile, elle part pour récupérer un groupe qui est parti dans les rues de Paris. Elle part sur un groupe qui commet des exactions à un endroit donné où il faut intervenir vite. Et elle va être plus souvent exposée que le sont les autres effectifs. Donc, il n'est pas évidemment choquant qu'on ait des gestes d'unis.
Et souvent, il y a des vidéos qui l'impliquent, elle, la BRAVEM. Je pense par exemple à un SDF qui ne fait rien de particulier, qui est projeté au sol, qui se fait traiter de sac à merde par un policier. Est-ce que c'est des comportements policiers ? Et à chaque fois, c'est la BRAVEM ?
D'abord, ce n'est pas la BRAVEM, là, sur cette affaire-là. Précisément, ce n'est pas la BRAVEM. Je suis désolé de vous contrôler. C'est quelle unité ? Il me semble que ce sont des effectifs, des compagnies républicaines de sécurité. Peu importe, c'est toujours sous mon autorité. C'est toujours sous mon autorité. De toute façon, moi, j'assume tout, les actes menés par les CRS, les EGM et les compagnies d'intervention. Mais attention, ce n'est pas parce que vous avez des vidéos qui montrent des images d'intervention policière que ce sont des actes disproportionnés. La légitimité de la force, elle appartient aux forces de l'ordre.
Quand vous avez des exactions qui sont commises, on n'attrape pas, on ne met pas un terme aux exactions avec des pistolets à haut. Il n'y a pas un pays où on n'utilise pas des armes non létales, évidemment, qui sont des armes intermédiaires et qui permettent d'éviter les exactions. Mais ensuite, ce que va juger l'IGPN, c'est la proportionnalité de la riposte. Ce n'est pas la riposte en elle-même. Alors, c'est facile de publier des vidéos quand vous les décontextualisez. Quand vous n'avez pas le contexte, vous n'avez pas l'avant. Généralement, vous n'avez pas l'avant. Vous avez l'après, mais vous n'avez pas l'avant.
Et moi, dans les enquêtes administratives que je demande sur chacune des vidéos qui sont publiées, je peux vous dire que quand on voit le contexte avant, c'est souvent, ce n'est pas la même histoire.
Pour être très concret pour nos téléspectatrices, nos téléspectateurs, tout le monde n'a pas vu ni entendu des séquences qui concernent la Bravem, on va en écouter une. On est dans le 3e arrondissement de Paris, dans la nuit du 20 mars. Interpellation de l'ongue de la Bravem.
On est arrivé, t'as bandé vers l'intérieur. On montait plus de billes d'or quand on est arrivé. T'inquiète, ta petite tête, on l'a déjà en photo. T'as juste à te reponter dans la rue prochaine année. Je peux te dire que nous, les têtes, on est vachement fusions, les requins. Mais t'inquiète pas que la prochaine fois qu'on vient, tu ne monteras pas dans le car pour aller au commissariat. Tu vas monter dans un autre truc qu'on appelle ambulance par là à l'hôpital. T'inquiète pas. Vas-y, rigole. C'était le 20 mars, M. le Préfet.
Là, j'ai envie de vous dire, peu importe le contexte avant.
C'est proportionné ?
D'abord, ce sont des paroles. Les propos qui sont tenus sont graves, mais ce sont des paroles.
C'est une façon de s'adresser à des jeunes qui ne sont pas des Black Blocs.
Mais évidemment non. Des jeunes qui avaient été interpellés parce qu'il y avait un certain nombre de mises à feu qui avaient été commises précédemment. La Bravem, ce soir-là, a fait énormément d'interpellations. C'est dans la nuit du lundi au mardi 20-21 mars. Je suis au courant de toutes les affaires, je vous rassure. Celle-ci est particulièrement grave. Moi, j'ai saisi l'IGPN, évidemment, par rapport aux propos tenus. La patronne s'est dit particulièrement choquée. Et la procureure de la République a saisi l'IGPN en judiciaire.
Donc les investigations sont en cours et permettront de qualifier ce qui relève du pénal dans les propos qui sont tenus, ce qui restera en administratif avec des sanctions disciplinaires. Les procédures sont lancées, mais je les ai immédiatement condamnées. Évidemment que ce n'est pas normal de tenir ce genre de propos.
Qu'est-ce qui deviennent ces policiers qui ont été identifiés ? Vous aviez dit qu'ils n'étaient pas sur la prochaine manifestation.
Ils ne sont pas engagés, contrairement à ce qu'on peut lire sur les réseaux sociaux. Il y a cinq personnes qui sont concernées, qui ne sont plus sur la voie publique pour l'instant.
Elles travaillent ? Elles sont au contact du public ?
Ils sont au repos. Ils ne seront pas sur la voie publique dans les semaines qui viennent. Je l'ai dit, ils ne sont pas suspendus. Moi, je ne sais pas lequel a tenu tel et tel propos. Il ne faut pas non plus basculer dans l'injustice. Ces propos sont inacceptables. Ils ne doivent pas jeter le propre sur l'ensemble des unités de la Brave M, qui font encore une fois un travail remarquable, sans lequel on aurait bien plus d'incidents. Ils sont indispensables aujourd'hui ? Pour moi, ils sont totalement indispensables. Pour l'instant, ces fonctionnaires ne sont plus sur la voie publique. Évidemment que la Brave M continue à travailler. Ils sont indispensables.
Quand vous avez, comme il y a deux ou trois jours, pour les dernières manifestations sauvages qui ont eu lieu, où vous aviez des groupes instrumentalisés par l'ultra-gauche, et ça, on l'a documenté, qui ont décidé de s'en prendre à la mairie du 11e, d'attaquer le commissariat du 11e, quelles sont les unités qui me permettent de se projeter très vite pour protéger la mairie du 11e, pour protéger le commissariat du 11e ? C'est la Brave M, parce qu'elle se déplace en moto, elle va très vite. Et dans Paris, quand vous avez un tas de poubelles qui ont été incendiées, cette unité se déplace plus vite que d'autres. Et elle se constitue alors en compagnie.
C'est-à-dire que les effectifs, les passagers, mettent pied à terre, se constituent en compagnie et interviennent, comme le fait une compagnie républicaine de sécurité, un escadron de gendarmerie mobile ou une compagnie d'intervention de la préfecture de police, auxquelles d'ailleurs ils appartiennent en réalité. Ils sont parfaitement formés au maintien de l'ordre.
Qui sont les policiers qui composent cette Brave ? Est-ce qu'ils sont formés au maintien de l'ordre ? Ils sont expérimentés ?
Mais bien sûr.
Ils sont issus de quelle brigade ?
On entend tout et n'importe quoi. C'est-à-dire que le curseur des commentateurs n'a pas évolué depuis 2018. Oui, effectivement, au moment des Gilets jaunes, on avait créé des forces mobiles qui puissent se déplacer rapidement en utilisant effectivement des effectifs de sécurité publique dont ce n'était pas la spécialité. Mais on parle d'il y a cinq ans, depuis il y a le schéma national de maintien de l'ordre qui a été mis en place par le ministre de l'Intérieur,
Donc ils viennent de quel service les policiers ?
Ils viennent des compagnies d'intervention. C'est-à-dire que ce sont des personnes qui quand on est, quand moi je décide de ne pas engager de BRAVEM, parce qu'on ne les engage pas à chaque manifestation, ils sont dans leur compagnie d'intervention comme des CRS ou des gendarmes mobiles. Et dans les premiers cortèges syndicaux, quand il y a eu les premières, moi je n'engageais pas à la BRAVEM, ce n'était pas nécessaire, ça se passait plutôt bien, on avait juste le black bloc devant qu'on allait empêcher de nuire, mais on n'avait pas besoin des BRAVEM.
Donc il faut arrêter de raconter tout et n'importe quoi sur cette unité dont le caractère indispensable est quand même lié, c'est en cela que le ministre a raison de dire qu'il ne faut pas éverser les choses. Moi je n'employerais pas à la BRAVEM s'il n'y avait pas des gens qui étaient là pour casser les vitrines, s'en prendre aux organisations syndicales, allumer des incendies et finalement provoquer l'effort de l'orge parce que tout ce qu'ils attendent c'est la confrontation en réalité. Il y a une pétition de M. Nunez
avec près de 250 000 signatures qui demandent la dissolution de la BRAVEM, ça vous fait réagir ?
Non, ce sont des procédures qui sont prévues par des textes, moi je n'ai pas de commentaire à faire. En disant qu'elle est un symbole
de la violence policière ?
Non mais elle n'est pas le symbole des violences policières. Ce simple terme laisse à entendre toujours qu'on a une police violente de manière systémique,
Ah vous n'acceptez pas ce terme alors ? Parce qu'effectivement le ministre de l'Intérieur dit qu'il n'y a pas, ça n'existe pas.
Mais il a raison de dire qu'il n'y a pas de violence policière systémique, il faut arrêter. Imaginez que la police serait par essence raciste et violente, ça ne correspond à rien.
Oui mais on dit qu'il y a des violences conjugales, ça ne veut pas dire que tous les conjoints sont violents.
Certes, mais ceux qui emploient ce terme... De ne pas vouloir dire violences policières... Cécile Olivier, ne soyons pas quand même naïfs. Est-ce qu'il y a un déni de ne pas vouloir prononcer le mot ? Non mais arrêtons d'être naïfs, quand on parle de violences conjugales, on vise des faits précis. Quand on parle de violences policières, ceux qui emploient ces termes-là le font à dessein pour laisser penser que ça se fait de manière systémique. Ça c'est clair, c'est net, c'est un vocabulaire qui correspond, qu'on entend beaucoup dans la bouche de politique.
Il y a des violences de policiers qui peuvent être commises dans des répostes qui peuvent être disproportionnées et systématiquement l'IGPN est saisie. Ce n'est pas marrant d'être policier ou gendarme quand on doit rendre compte de chacune des interventions. Quand vous avez travaillé pendant 10 heures, que vous êtes pris des pavés, des cocktails lot-off et qu'il faut intervenir casqués, où on ne voit pas toujours très bien, où on est en groupe, il faut être solidaire parce que s'il y en a un qui se détache du groupe, il risque d'être lynché. C'est ça la réalité. La réalité c'est ça.
Et ce n'est pas marrant parce qu'en plus...
Et ce n'est pas marrant parce qu'en plus le soir quand il rentre au service, peut-être que le lendemain, il y a le préfet de police parce qu'il fait son job qui va leur demander d'écrire un rapport parce qu'il avait une vidéo qui laisse à penser que... Ce n'est pas marrant pour eux. Ce n'est pas marrant.
Mais ça justifie que certains perdent leur nerf ?
Évidemment non, ça ne justifie pas que certains perdent leur nerf. Je rappelle un contexte qui est compliqué. Mais la très grande majorité d'entre eux font correctement leur job dans des conditions difficiles que je viens de décrire. Et ça, on ne peut pas leur mettre.
Pour clarifier les choses, M. Nunez, et pour ceux qui font leur job correctement, les enquêtes, le résultat, on les aura quand ? Là, on vous a montré des images de la nuit du 20 au 21 mars. Quand est-ce que vous attendez le résultat de ces enquêtes ?
Elles vont, je crois, savoir que pour ce qui s'est passé dans la nuit du 20 au 21 mars, un avocat a demandé le dépaysement du dossier. Je crois que le dossier est dépaysé. Moi, c'est la partie judiciaire. Moi, je ne sais pas le temps que ça prendra. Mais très honnêtement, sur des propos, qualifier les propos, ça va assez vite. Donc moi, je ne suis pas responsable. Je n'ai pas commenté des investigations judiciaires. Le ministre de l'Intérieur souhaitait que les choses aillent assez vite. Je pense aussi que c'est la volonté du garde des Sceaux. Qualifier juridiquement et pénalement un certain nombre de propos tenus, ça ne prend pas un temps.
Je pense que les enquêtes, cette enquête-là, en tout cas, sera menée assez vite. En tout cas, moi, je le souhaite. Je le souhaite pour pouvoir prendre des décisions administratives concernant les fonctionnaires concernés, le cas échéant.
Des policiers se présentant comme membres de la Brave M ont été invités par Cyril Hanouna dans son émission sur la chaîne C8. Est-ce que vous nous confirmez ce soir l'ouverture d'une enquête sur leur présence et sur leurs identités ?
Oui, moi, j'ai demandé, évidemment, quand j'ai eu connaissance de cette séquence vendredi soir, j'ai immédiatement demandé à la fois une enquête administrative, donc j'ai saisi l'inspection générale de la police nationale et puis j'ai saisi le parquet de Paris au vu de qualifier un certain nombre d'infractions qui ont pu être commises. Une partie de ses fonctionnaires, même s'il y a eu des précisions préalables qui ont été données, enfin, en gros, on a l'impression que ce sont quatre fonctionnaires de la Brave M qui se sont interrogés, de ce que j'en sais pas tous, en tout cas, la très grande majorité, non.
Donc ils sont tous identifiés ?
Il y a une enquête en cours, moi, je n'ai pas de commentaire à faire, surtout que la justice, maintenant, est saisie, donc je ne me prononcerai pas à ce sujet.
Mais vous savez qu'ils ne sont pas de la Brave M,
en tout cas, pas tous ? Donc ça veut dire quoi ? La quasi-totalité, voilà. Donc ils ne sont pas de la Brave M, mais on a encore quelques doutes.
Ils sont de la préfecture de police ?
Je n'en sais absolument rien. Donc on me dit que ce sont peut-être des policiers. Moi, je n'en sais rien. Ce que je sais, c'est que, et le ministre l'a rappelé à juste titre, nous sommes d'une transparence absolue. Nous répondons à de nombreuses invitations de médias. Nous autorisons surtout des fonctionnaires de police à s'exprimer. Au cas d'espèce, on n'a eu aucune autorisation. Aller, comme ça, communiquer, se faire les porte-parole de la Brave M de manière cagoulée...
Il y en a un qui est identifié, qui a assumé, qui n'est même pas policier,
qui a été révoqué. Qui n'est plus policier. Voilà. Donc évidemment, cette affaire, je considère que cette affaire est grave. C'est très grave. C'est cet homme. Et donc, les enquêtes...
Qu'est-ce que ça vous a fait de voir ces policiers comme ça, cagoulés, qui posent avec leurs armes, comme une bande ?
Je trouve que ce n'est pas terrible comme image. Non, ce n'est pas terrible. Je préfère voir des policiers en uniforme qui ne sont pas cagoulés et qui parlent de leur vie, de leur métier. Non, ce n'est pas terrible. Et ça nuit finalement à l'image de l'unité en question que nous défendons en permanence et qui fait un travail remarquable et qui, je pense, n'avait pas besoin de ça.
Est-ce que vous serez dans cette émission demain ? J'ai lu ça. Que vous auriez accepté l'invitation et que vous iriez demain dans cette même émission ?
Je vous parlais au conditionnel et vous avez parfaitement raison. D'abord, je réponds bien volontiers aux invitations des médias quand elles me sont adressées. Je crois savoir
que le ministre de l'Intérieur...
Je n'ai pas jugé de la pertinence de cette émission. On en a parlé avec le ministre de l'Intérieur. Je dois reboucler évidemment avec lui et sous son autorité pour savoir si on confirmera ou pas notre participation. Il y a des enquêtes en cours. Ce n'est pas évident. C'est la place
d'un préfet de police d'aller dans cette émission ?
Le préfet de police, sa place, c'est d'aller partout où il porte la parole de ses effectifs, de la préfecture de police pour les encourager, saluer leur travail et accessoirement les remercier.
C'est une émission qui met en scène des faux policiers de la brave qui a insulté un député de la République, qui a donné la parole à des personnes complotistes qui ont parlé d'un trafic d'enfants où on prélève leur sang pour le donner à des célébrités. C'est la place d'un préfet de police d'aller dans ce genre
d'émission ? D'abord, le préfet de police, il parle à des gens. Il parle à des gens. On se parle aujourd'hui, mais c'est aussi vos téléspectateurs, vos nombreux téléspectateurs qui m'écoutent. C'est important de défendre la police nationale. Au cas d'espèce, au cas d'espèce, encore une fois, moi je réponds à toutes les invitations de médias, je le fais bien volontiers. Là, pour l'instant, je dois en rediscuter avec le ministre de l'Intérieur. Il y a des enquêtes qui sont en cours, donc il convient d'être extrêmement prudent. Il ne faut pas non plus polluer ces investigations par une participation à cette émission. Donc voilà. Ces hommes-là,
on l'a bien compris, ne font pas partie de la BRAVEM, vous nous le dites en tout cas, pour l'immense majorité. Vous nous dites ça ce soir. Au cours de ce programme, en fait, ils ont dénoncé leurs conditions de travail. Ils ont parlé des heures, plus de dix heures parfois, sans boire, sans pouvoir aller aux toilettes. C'est ça la réalité de ces effectifs ?
Sur les maintiens de l'ordre qui sont longs, on a certains équipages qui effectivement, peuvent avoir une journée complète de travail. Oui, c'est possible, oui, pour certaines unités. Sans pouvoir boire de l'eau, sans pouvoir aller aux toilettes ? Non, n'exagérons pas. Il y a aussi des pauses. Bon, n'exagérons pas.
Mais quand on a un maintien de l'ordre qui est compliqué, quand vous avez une journée où vous commencez, où il faut aller débloquer un certain nombre de lycées, qu'il faut aller débloquer, comme c'était le cas il y a encore quelques jours, des dépôts d'ordures ou des dépôts de camions-bennes ou des centres de traitement de déchets, quand il faut aller débloquer des dépôts de bus RATP, les jours de grandes manifestations, qu'il faut ensuite aller encadrer des cortèges qui se forment pour aller rejoindre l'intersyndicale, qu'il faut ensuite travailler pour encadrer la manifestation de l'intersyndicale.
Quand ensuite, à l'issue, une fois que la manifestation s'est dispersée, vous avez des groupes de black blocs qui sèment le trouble dans les rues de Paris, quand vous avez à la fin des cortèges chauvages qui finissent à minuit, une heure du matin, oui, nous avons des unités qui sont amenées à travailler toute une journée. Oui, je vous le confirme. C'est pour ça que je vous dis qu'ils travaillent dans des conditions extrêmement difficiles.
En 2016, il y a eu des manifestations contre la loi El Khomri, il y avait des centaines de black blocs, c'était assez violent. La brave n'existait pas. Comment on faisait à l'époque pour gérer tous ces black blocs sans la brave ?
En 2016, on les gérait avec des forces mobiles qui ont fait remarquablement leur travail.
Sans la brave, donc ?
Oui, sans la brave. Mais dans les black blocs, encore une fois, je répète, parce que j'ai l'impression de me répéter éternellement, finalement, dans un cortège, quand vous avez un black bloc dans un cortège, on peut utiliser des forces traditionnelles, classiques, qui vont aller percuter latéralement le black bloc et le disperser. Parce que notre but, c'est ça. Notre but, c'est de percuter le black bloc, de le disperser, pour que derrière, les organisations syndicales puissent manifester. Et c'est ce qu'on a fait, et j'en remercie encore les forces de l'ordre, de manière remarquable depuis le début. Il n'y a pas une manifestation qui a été interrompue.
Je peux vous dire que la dernière, ce n'était pas gagné. Ce n'était pas gagné. Et sans notre intervention, le cortège syndical ne serait pas reparti. L'intervention à laquelle assistait votre journaliste a permis de dégager le black bloc et les organisations syndicales sont reparties. Je vous dis que la brave, elle intervient prioritairement sur les cortèges sauvages, c'est-à-dire ceux qui ensuite partent dans les rues de Paris et qu'il faut aller récupérer. Et ça, par rapport aux années 2016, et c'est une création de mon prédécesseur Didier Lallement en 2019, évidemment que c'est un plus. On est encore plus efficace qu'on ne l'était à l'époque.
Qu'est-ce que vous répondez, monsieur le préfet, à ceux qui comparent la brave M au voltigeur ? Donc, créé après les événements de 68, qui étaient à moto et qui avaient ce qu'on appelle le bidule, on voit les images, long bâton, et qui ont été mis en cause dans la mort de Malik Ousekine.
C'est un raccourci, je pense, qui est entretenu. L'idée, c'est de faire le lien avec ces faits à l'époque qui étaient dramatiques. Les voltigeurs, ils travaillaient à moto. Donc, ils travaillaient à moto. C'était une espèce de cavalerie motorisée avec des passagers qui pouvaient utiliser leurs bidules, enfin, leurs armes intermédiaires depuis la moto. Les règles d'emploi des braves ne sont pas du tout celles-là. D'ailleurs, elles sont... Ils ont interdiction d'utiliser une arme... Elles sont d'ailleurs publiques. Le président de la Ligue des droits de l'homme m'a saisi pour que je les lui communique. Je vais lui communiquer les règles d'emploi.
Il est clairement dit qu'on intervient en mettant pied à terre. C'est clair, net et précis. Et il n'y a pas d'exception à cette règle. Et c'est toujours comme ça que ça se passe. Et vous le voyez. Vous le voyez bien sur les réseaux sociaux. Vous le voyez bien sur les reportages que vous-même ou d'autres chaînes font. On voit toujours les motards qui arrivent, les passagers qui descendent, qui se constituent en unité et qui vont intervenir. Et ça, c'est assez clair. Et donc, c'est un raccourci de comparer ça au voltigeur des années 80. Mais c'est un raccourci entretenu. C'est un dessin qui est montré. Par qui ? Par ceux qui n'aiment pas la police, par ceux qui... Oui, tout simplement.
Par ceux qui n'aiment pas la police. C'est un raccourci entretenu. Et moi, je le redis, je l'ai dit dans d'autres médias, je mets au défi quiconque de démontrer que... de me montrer une image d'un effectif de la brave qui intervient depuis sa moto. Vraiment, ça n'arrive jamais. Ça n'est qu'un moyen de locomotion. Monsieur le Préfet,
je voudrais revenir de manière plus générale sur la façon dont les manifestations et ce qui s'est passé autour de ces manifestations ont été gérées ces dernières semaines. Et je propose pour ça d'écouter un avocat, Maître Kempf. Il représente en fait un collectif de personnes qui ont été arrêtées à Paris.
Un grand nombre de personnes dans ces manifestations ont été interpellées à tort. Et de la veu même du Préfet de police de Paris, l'immense majorité des personnes interpellées et placées en garde à vue dans le cadre de ces manifestations ont été relâchées sans aucune suite judiciaire avec un taux de réponse pénale très, très inférieur à la normale. Donc cette simple statistique nous permet de penser, de constater que ces personnes ont été privées de liberté alors qu'il n'existait aucun motif légal pour les priver et de leur liberté. Les chiffres ?
Alors si on prend par exemple la dernière manifestation, donc c'était mardi, il y a eu 72 gardes à vue et à la fin, 7 comparutions immédiates. Le reste, c'est des classements sans suite, des rappels à la loi, convocations devant un délégué du procureur. Donc on sait que ce sont pour des toutes petites sanctions. Donc on a l'impression que vos interpellations massives, elles font souvent pchit.
Vous êtes quand même suffisamment professionnels pour ne pas considérer qu'un rappel à la loi ou une alternative aux poursuites, ce n'est pas rien. Ce n'est pas rien.
Oui, mais est-ce que c'est proportionné à quelqu'un qui a été empêché de manifester et que ça se termine par un rappel à la loi ?
Non, mais attendez, ce n'est pas rien. Une alternative aux poursuites, ce n'est pas rien quand même. Bon, premier sujet.
Pardon, juste pour le préciser, pour celles-ci, mais la comparution immédiate,
il y a effectivement un certain nombre d'alternatives aux poursuites. Il n'y a pas que des comparutions immédiates, certes, mais ce que vise Maître Kem, c'est cette autre chose, puisqu'il a effectivement déposé plainte. Il vous cite par ailleurs. Oui, il me cite par ailleurs, évidemment, puisque de toute façon, c'est moi qui décide des manœuvres et je l'assume totalement. La nuit qu'il a en tête, c'est précisément ce soir où on a eu un peu moins de 300 interpellations et pour des groupes qui s'étaient dispersés partout dans Paris, avec énormément de mise à feu et les effectifs ont fait ce soir-là un travail remarquable parce qu'ils ont réussi à interpeller pas mal de ces groupes.
Et l'infraction qui a été retenue, c'était la constitution de groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Donc, un certain nombre d'individus ont été interpellés à ce titre et puis placés en garde à vue sous l'autorité d'un officier de police judiciaire. Ce n'est pas le préfet de police qui, de manière arbitraire, décide que. Sous l'autorité du parquet, évidemment. Et puis, dans les 48 heures de la garde à vue, oui, on n'a pas forcément pu démontrer que sur un groupe de 30-35 personnes qui avaient été interpellées, on n'a pas forcément pu démontrer que la totalité d'entre eux avait participé à ces violences ou à ces dégradations.
Et donc, heureusement, comme on est dans un état de droit...
C'est une avocate qui a parlé de pêche au chalut. Mais non, ce n'est pas de la pêche au chalut. C'est-à-dire qu'on interpelle des centaines de personnes qui, dans le tas, il y en aura peut-être quelques-uns qui auront fait quelque chose.
Je pense que les Françaises et les Français comprennent bien que quand on interpelle un groupe pour cette infraction-là et que, curieusement, une fois qu'on l'a interpellé, il n'y a plus de mise à feu dans la rue, il n'y a plus de vitrine qu'on tente de saccager, je pense qu'ils comprennent bien que ce à quoi on met un terme, c'est une infraction. Ce n'est pas une interpellation préventive, c'est une infraction. Et c'est, encore une fois, moi, j'assume ce qui est fait, c'est un travail qui est fait qui est remarquable et tout ça se fait sous l'autorité de la justice.
Je voudrais qu'on regarde une autre séquence, s'il vous plaît, M. Nunez. La question, celle du discernement des forces de l'ordre lorsqu'elles sont prises dans ce type d'événements et qu'elles chargent. Regardez.
M. le Préfet,
elles ont marqué parce qu'on n'a pas l'impression d'être face à un black bloc constitué. On voit des personnes âgées, on voit des jeunes, on voit des gens de... Est-ce que c'est normal ? Est-ce que ça répond à la doctrine du maintien de l'ordre et à ce que vous demandez à vos équipes ?
Alors d'abord, si on intervient, c'est qu'on est pris à partie. Systématiquement. Systématiquement. Donc là, ce que vous voyez là, c'est ce qu'on appelle un bon offensif. Donc on essaie de repousser un certain nombre d'individus. Ils sont malins, les black blocs. Ils ne vont pas rester... Ils rentrent évidemment dans le cortège, dans le pré-cortège en l'occurrence. Ils sont très malins. Ils vont se dissimuler dans la foule. Sur ces images-là, on en voit quand même certains qui sont tout en noir, qui ont les sacs à dos, qui sont cagoulés.
Oui, mais après, la question de la confiance. Là, je vous parle aussi en tant que citoyen. J'ai absolument confiance dans les forces de l'ordre. J'attends à ce qu'il y ait un discernement sur un bon offensif et ne pas me retrouver frappé si je me trouve
à côté de quelqu'un. Ça, c'est le jour d'une intersyndicale. Combien on fait de bons offensifs dans une manifestation l'intersyndicale ? On en fait très peu pendant la manifestation. Là, il a fallu le faire. Je crois que c'était l'avant-dernière manifestation. Donc, on fait un bon offensif pour écarter des individus dangereux qui prenaient à partie les forces de l'ordre. Et donc, on les repousse et puis on se retire. Alors, évidemment, on ne voit jamais dans les images qui sont mises sur les réseaux sociaux, on ne voit jamais l'avant et l'après.
L'avant, c'est des fonctionnaires de police qui prennent des projectiles ou c'est un commerce qui est en train d'être dégradé, pillé ou des mises à feu. Alors, on va regarder, on va regarder gentiment. Et non, on intervient, on fait un bon offensif pour disperser. Et moi, qui suis à la salle de commandement, une fois que ce bon a eu lieu, je demande à ce qu'on se replie. On se retire.
On se retire. Là, quand vous voyez un monsieur d'un certain âge, son petit-fils qui dit arrêtez, s'il vous plaît, il y a mon grand-père qui est par terre, etc. Quand on voit cette jeune femme qui passe en se mettant les mains sur le visage pour essayer de se protéger.
Évidemment que je ne suis pas satisfait de voir ces personnes qui se retrouvent au milieu des Black Blocs. Mais qu'est-ce qui provoque la police qui les prend en partie ? Qu'est-ce qui justifie ce bon offensif ? C'est bien des Black Blocs qui vont se réfugier ensuite dans le cortège. Donc, pardon pour l'expression,
c'est-à-dire qu'on ne fait pas dommage sans casser les oeufs ?
Non, ce n'est pas du tout ce que je veux dire. Là, c'est un bon offensif qui vise à repousser les gens. Et ensuite, on s'est retiré ce jour-là. D'ailleurs, ce jour-là, ce n'était pas très loin du carré syndical. Et on s'en est expliqué d'ailleurs avec les organisations syndicales. Donc, on visait aussi à faire en sorte que le cortège puisse continuer à progresser. D'ailleurs, vous voyez bien au loin que vous avez les ballons des organisations syndicales. Donc, il fallait qu'on puisse permettre au cortège d'avancer.
Ce que nous disent nos reporters sur le terrain, c'est qu'ils voient... Donc là, on voit des gens, voilà, des victimes collatérales quelque part, des gens normaux qui ne sont pas des Black Blocs et qui, à force d'être comme ça tapés parce qu'ils sont au mauvais endroit, finissent par s'énerver et jeter aussi des projectiles sur la police. Est-ce que vous travaillez aussi sur le concept de désescalade pour faire baisser la pression ? Mais tout le temps. Comment ?
Mais tout le temps. Sur les manifestations, quand elles commencent, on n'est pas visibles. On n'est pas visibles. Que ce soit les cortèges de l'intersyndical ou les cortèges... On se met à distance. Dans les rues adjacentes. On est dans les rues adjacentes. On intervient que quand il y a des exactions. Si ça, ça, c'est pas de la désescalade, moi, je ne sais pas ce que c'est la désescalade.
Qu'est-ce que vous mettez d'autre en place pour travailler sur la désescalade ?
On intervient quand il y a des exactions et on se retire. Voilà. C'est pas facile pour ma troupe quand on leur dit vous allez protéger un commerce. On a réglé le problème alors qu'ils prennent des puits de projectiles de leur dire vous vous retirez. On se retire.
Dans certains pays, il y a des équipes de policiers qui vont parler aux manifestants. Il y a des efforts sur la communication.
Oui, on fait rire tout le monde si on dit ça. Alors d'abord, je vais vous expliquer comment la chose se passe. Donc là, la désescalade, pour moi, on est dans la désescalade tout le temps. On intervient. Quand il y a des exactions, on se retire. Bon, il arrive et c'est arrivé lors de la dernière manifestation intersyndicale. Vous avez quand même tout le pré-cortège qui arrive sur la place d'Anne-la-Nation qui était le lieu d'arrivée et qui reflue vers les organisations syndicales au risque de bloquer le cortège. Donc là, nous sommes intervenus pour les repousser jusqu'à la place de la Nation. Mais ça, ça s'appelle la désescalade.
Ensuite, nous avons des officiers de liaison dont le but est de parler avec, d'informer les organisations syndicales de ce qui se passe. Et en réalité, en temps réel, on les informe. On les informe. On va leur dire attention, là, dans le pré-cortège, on a un black bloc qui est en train de casser. On va être obligé d'intervenir. Bloquez votre cortège. On traite le problème et puis le cortège repart. D'autres fois, on va leur demander d'avancer un peu plus vite pour faire avancer les gens. Mais le recours à la force, c'est l'ultime moyen que nous utilisons. Et ça, si ça ne s'appelle pas de la désescalade, moi, je n'y comprends plus rien. Alors justement, au sujet de la désescalade,
la défenseur des droits message sur Twitter, elle tweet, il va bien falloir une désescalade de la violence. C'est de la responsabilité de l'État, on voit ce message. Le guide dans tout cela, c'est le respect de la déontologie. Cela permet le respect et de rétablir la confiance. C'est essentiel. Évidemment, ce qu'elle écrit en creux, c'est ce qui n'est pas, selon elle, suffisant. Donc lorsqu'elle parle de respect et de rétablissement de la confiance, est-ce que ça vous touche ? Est-ce que vous dites qu'il y a des... C'est un peu la question de Cécile, qu'il y a des marges pour une amélioration,
au moins dans le dialogue ? Mais la défenseur des droits, le ministre de l'Intérieur l'a dit, elle sera, je l'espère, elle devait venir avec moi à la salle de commandement lors de la dernière intersyndicale, mais elle avait un engagement par ailleurs. Elle m'a appelé d'ailleurs pour s'en excuser et elle sera là à mes côtés à la prochaine manifestation. Je lui montrerai comment le Black Bloc se constitue, je lui montrerai à quel moment il passe à l'action et à quel moment, moi, je décide d'engager la force. Et elle constatera comme moi que si ce n'est pas de la désescalade, moi, je ne sais pas comment ça s'appelle.
Et je pense que nos concitoyens ne comprendraient pas qu'on laisse faire ces choses-là. Et elle verra jusqu'à quel moment on attend avant d'engager la force. Elle le verra. Et d'ailleurs, comme l'a dit le ministre, cette transparence, on la mettra en œuvre auprès d'autres autorités, de personnalités politiques. Il n'y a aucun souci là-dessus.
Vous avez proposé à un député LFI aussi de suivre la Brave
Hugo Bernalicis. On va expliquer ça parce qu'en fait, Hugo Bernalicis, il a fait, je crois, un tweet de 1er avril. Voilà. Au milieu de la polémique, j'ai été contacté par le préfet Nunes qui m'a proposé une journée d'immersion dans la Brave pour comprendre leur fonctionnement. Je serai donc parmi eux pour la prochaine journée du 6 avril. Je vous ferai un compte-rendu complet. Donc lui, il a tout dit ça. Vous nous confirmez que c'était une blague ? Vous n'avez pas contacté avant ? Non, non.
Il ne m'a pas contacté. Mais du coup, est-ce que vous l'invitez après ? J'ai compris que c'était un poisson d'avril mais je vous redis ce qu'a dit fort justement le ministre de l'Intérieur. Non, mais après,
la préfecture de police a répondu en disant « Chiche, on vous invite ».
Oui, évidemment. Vous imaginez bien que cette réponse, je la valide. J'en parle d'ailleurs avec le ministre en direct. On se dit « Tiens, bah oui, s'il veut, il peut venir ». Le ministre l'a redit. Il a reformulé d'ailleurs son invitation à tous les responsables politiques qui peuvent venir avec la Brave, qui peuvent voir un peu, au même titre que votre journaliste qui était engagé à nos côtés a vu à quel moment on intervenait quand il y a des violences, quand c'est plus possible et que ça ne devient plus supportable. Donc je pense que voilà, nous, on ne verrait que des avantages évidemment à les accueillir dans les unités mais je ne suis pas sûr que ce soit leur intention.
Comment vous réagissez ?
Alors, il y a de nouvelles vidéos qui sortent régulièrement sur les réseaux sociaux. Là, ce n'est pas du tout dans votre périmètre mais à Lyon, on a les images d'un policier qui manifestement tente de dénuder, enfin dénude un manifestant malgré ses résistances. Comment est-ce que vous réagissez quand vous voyez qu'aux Nations Unies, au Conseil de l'Europe, on pointe du doigt les violences avec la police en France ? Est-ce que vous vous dites personnellement « c'est mon travail qui est touché » ? Est-ce que vous dites « ils ne comprennent pas ce qui se passe » ? » Comment est-ce que vous vous l'interprétez ? Même la Maison Blanche a eu un commentaire là-dessus ?
Ces commentaires sont, pour vous dire la vérité, extrêmement blessants. Nous, ces dernières semaines, tout ce que fait la préfecture de police est pour permettre que les cortèges se passent bien. Toutes nos interventions permettent que les choses se passent bien. En réalité, en vrai, c'est ce qui se passe. On intervient pour dégager des fauteurs de troubles et c'est pour ça que les cortèges syndicaux se sont déroulés de manière assez satisfaisante. Ce sont des gens qui sont très loin de nous, finalement, physiquement, qui ne voient que les vidéos qu'il y a sur les réseaux sociaux. Et moi, ce sont des gens qu'on inviterait volontiers pour des missions, pour leur montrer.
Il va y avoir du monde dans la salle de commandement. Oui, mais oui, il y aura du monde. Mais il faudra que chacun reste bien à sa place. Mais on peut leur montrer comment on intervient. Mais ces propos sont surtout blessants. Enfin, on a l'impression que ce sont des gens qui ne voient pas vraiment la réalité de ce que nous faisons. Je crois que les Français et les Françaises, nos concitoyens, sont très fiers de ce que fait la police et la gendarmerie en ce moment. Parce que finalement, on permet une contestation sociale de s'exprimer en évitant qu'il y ait des débordements graves.
Alors, justement, aidez-nous à comprendre, s'il vous plaît, comment se passent les choses. Prochaine journée, c'est jeudi. Grande journée de mobilisation inter-syndicale. Qui décide du trajet ? Est-ce que vous savez déjà, par exemple, quel sera le trajet de cette journée de jeudi ?
Oui, on a travaillé vendredi. Il y a une déclaration qui nous est soumise par les organisations syndicales. Ensuite, on discute du trajet de l'itinéraire en lui-même. Pour être certain qu'il n'y a pas ici des chantiers, là, des difficultés. Oui, le trajet de jeudi a été arrêté. Ce sera de quoi, alors ? Je ne sais pas si les organisations syndicales l'ont rendu public, mais nous nous sommes mis d'accord vendredi sur un trajet qui ira des invalides à la place d'Italie.
Je vous pose cette question aussi parce que beaucoup se sont étonnés de l'arrivée dans des trajets place de l'Opéra. Oui. Passant par un boulevard des Italiens qui est peut-être plus encombré, avec des travaux très importants sur un cinéma qui est juste là à côté, des travaux sur la place de l'Opéra, beaucoup de boutiques à cet endroit-là. Qu'est-ce qui fait que vous, vous vous êtes dit OK, ça va, place de l'Opéra, ça peut marcher ?
Mais attendez, vous croyez que les choses sont si simples que ça ? Non, je vous pose la question pour vous essayer d'expliquer. On peut interdire, on n'ira pas à l'Opéra. Ce qui fait qu'il y a eu des incidents ce jour-là, ce n'est pas le trajet. Ce n'est pas le trajet. Alors, il est plus difficile à la dispersion. Cette place est plus difficile à la dispersion. C'est ce qui a fait d'ailleurs qu'on a fait arrêter les cortèges le temps de permettre aux précortèges de se disperser. Ce qui fait la difficulté, ce qui a fait la difficulté de cette manifestation, qui est celle où, objectivement, on a eu plus de violence, en fait. Bon, ce n'est pas le trajet.
C'est qu'on avait beaucoup plus de Black Blocs. On avait un groupe d'un millier de personnes qui a commis énormément d'exactions. Nous sommes là encore intervenus toujours dans le concept de désescalade. Tout le monde a vu ces images d'un Burger King, d'un McDo qui commençaient à être dégradés, un feu allumé sur la chaussée. Donc, on est intervenus d'abord pour y mettre un terme, puis on s'y retirait. Donc, on était évidemment dans le concept de désescalade. Mais à un moment, ça ne devenait plus possible parce que vous aviez un Black Bloc à 1 000 personnes. C'est ça qui a fait que cette manifeste ce n'est pas le trajet.
C'est que vous aviez un Black Bloc qui était beaucoup plus important que d'habitude. Vous avez des gens qui étaient extrêmement déterminés et il a fallu intervenir un peu plus que d'habitude. Oui, je vous le confirme. On n'exclut pas d'ailleurs pour cette manifestation qui était juste avant Sainte-Sauline. On a eu quelques individus étrangers qui, sur le trajet de Sainte-Sauline, ont fait un petit stop à Paris. On n'exclut pas non plus. Mais voilà, ça a été très dur. Mais ce n'est pas les trajets qu'il faut incriminer. C'est ceux qui commettent des exactions.
Est-ce qu'avec le recul vous dites « Arrivée place de l'Opéra » ? Parce que vous parlez de la dispersion pour les non-parisiens. Il faut expliquer que d'un côté, il y a les grands magasins. De l'autre côté, c'est la Madeleine. Après, c'est Vendôme. On est en plein cœur de Paris.
Oui, mais qui était tenu. On n'est pas irresponsables. Tout le monde nous dit qu'il y avait l'Opéra. Mais on avait du monde dans l'Opéra. On a tenu les grands magasins. On avait du monde devant les grands magasins. Il n'y avait pas de risque. Il n'y avait pas de risque. Ce qui a causé les troubles à l'ordre public, ça a été évidemment la présence de Black Bloc qui était en nombre extrêmement important ce jour-là. Mais à la fin, la manifestation est arrivée et il n'y a pas eu de souci. L'expression syndicale, elle a eu lieu ce jour-là. Grâce à nous, comme d'habitude. Grâce à la police, à la gendarmerie, sous mon autorité.
Qu'est-ce qui a changé dans le dialogue avec les syndicats ? Parce que beaucoup disent que depuis que Laurent Nunez est arrivé, ça marche mieux. Ça veut dire quoi ?
Il n'y a rien. On a toujours travaillé comme ça. Le schéma national du maintien de l'ordre nous demande de travailler avec les organisateurs. On a toujours travaillé avec les organisations syndicales. À un niveau technique, on ne discute pas avec les secrétaires généraux, il y a un niveau technique. On a toujours très bien travaillé avec les organisations syndicales. On prépare en amont, on débriefe même après, et on se parle évidemment pendant la manifestation. C'est très important.
Au sujet des manifestations, le tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté que vous aviez pris interdisant des rassemblements parce qu'il portait votre arrêté atteinte, selon lui, à la liberté de manifester.
Oui. C'est un arrêté très particulier qui est pris sur quelques heures seulement.
La nuit ?
Oui. Et dans des secteurs sensibles de la capitale où vous savez que normalement une manifestation doit être déclarée. parce qu'on doit pouvoir préparer la manifestation. Et là, dans certains secteurs sensibles de la capitale, évidemment, quand on n'a pas de déclaration, ce n'est juste pas possible de préparer une manif. Donc, on interdit effectivement les rassemblements non déclarés, je précise, non déclarés. Donc, ils ne sont pas légaux de toute façon. Quand vous ne déclarez pas, une manifestation de voie publique n'est pas légale. Et pour l'organisateur, c'est même un délit. Donc, c'est ça ce qu'on interdisait. Et je comprends.
Alors, j'ai lu la décision de justice, évidemment, que je ne conteste pas, que je ne commande pas. Je comprends pour des raisons, des circonstances de fait liées à la journée d'hier où les manifestations n'ont pas eu le succès escompté. On avait beaucoup moins de monde. Donc, il n'y a pas eu d'incident. Le tribunal administratif en a tiré les conséquences. Au cas d'espèce, au cas de la journée d'hier, que cet arrêté n'était pas légal. Moi, j'en prends acte. Je ne sais pas d'ailleurs si je signerais d'autres arrêtés. En tout cas, en même temps, le jugement du TA me donne un mode d'emploi. Il me dit dans quelles conditions je pourrais continuer à prendre ce type d'arrêté.
Je verrai si je continuerai ou pas en fonction des risques de troubles à l'ordre public. Mais je rappelle surtout, il faut bien que vos téléspectateurs comprennent, que cet arrêté, il n'autorise pas les rassemblements partout dans Paris. Le régime qui reste applicable, c'est celui de la déclaration de manifestation et qui d'ailleurs, normalement, il y a un délai. Il y a un délai. On doit déclarer une manifestation de voie publique revendicative trois jours avant cette manifestation. Et cette règle n'est absolument pas modifiée.
Juste avant de clore le chapitre lié à ces manifestations, vous étiez à la tête de la cellule de renseignement à l'Élysée auprès du président de la République. Vous êtes donc un des meilleurs spécialistes de ce sujet. Vous parliez des Black Blocs, vous expliquez que certains venaient de l'étranger. Je sais que beaucoup se demandent pourquoi est-ce qu'on n'est pas capable d'avoir les informations, d'interpeller ces gens et de les empêcher soit d'arriver sur notre territoire, soit de les mettre à distance avant qu'ils ne puissent nuire.
Le ministre de l'Intérieur l'a expliqué aujourd'hui.
Mais tout le monde ne l'a peut-être pas entendu.
Je vais vous redire puisque effectivement, quand vous dites je suis aussi un ancien du renseignement, évidemment qu'on connaît un certain nombre de ces individus. On en connaît même beaucoup et c'est heureux, c'est ce qui fait la force et la puissance de nos services de renseignement. Singulièrement la DGSI qui suit les plus durs et puis le renseignement de la préfecture de police de Paris ou le renseignement territorial. On a trois services qui travaillent sur ce qu'on appelle ces subversions violentes, ces individus violents, avec les partenaires étrangers parce que l'ultra-gauche est très organisé au niveau européen.
Vous en avez en Grèce, en Italie, en Espagne, en Allemagne de manifestations. Il y en avait très probablement à Sainte-Soligne, il y en avait à Sainte-Soligne et quand un appel est lancé à créer des dégradations d'Italie, généralement en France, ils répondent. On les connaît mais on est dans un pays de liberté. Ce sont des fiches de renseignement. Un certain nombre d'entre eux sont fichés S. Le ministre a donné le chiffre en 2200 au titre de la bouvance mais ce n'est pas pour ça qu'on peut les arrêter parce qu'ils vont sur une manifestation. On a tenté de le faire en 2019.
On a tenté en 2019 d'avoir une disposition législative qui permettait aux préfets parce que des individus avaient commis des troubles à l'ordre public précédemment étaient connus comme tels de pouvoir les interdire administrativement de participer à des manifs. C'est exactement ce que la question, ça répondait à la question que vous me posez mais ça a été jugé non constitutionnel. Il y a des interdictions judiciaires. Il y en a quelques-unes mais pas toutes. Mais on ne peut pas les empêcher d'intervenir, de venir à une manifestation.
Et j'ai envie de vous dire même en tant qu'ancien responsable du renseignement en tant que préfet de police heureusement quand même on est dans un état de droit. On ne va pas empêcher des gens d'aller manifester sur le fondement d'une fiche de renseignement. Par contre, ça nous permet de les suivre et de savoir qu'ils sont là. En général, quand on sait qu'ils sont là, on sait que ça ne va pas forcément bien se passer. Et quand ils passent à l'action, on intervient et on les interpelle. On va complètement changer de sujet.
Il vous concerne pour partie les trottinettes à Paris. Ce sont devenus pour certains une nuisance, pour d'autres considèrent toujours que c'est un moyen de locomotion formidable. Sauf que la maire de Paris a mis en place une votation aujourd'hui. Bonsoir Anaïs Croutes. Vous suivez ça pour nous. Où êtes-vous Anaïs ? Est-ce que les gens se déplacent pour voter ?
Je suis dans la mairie du 13e arrondissement, qui est l'endroit où les habitants de cet arrondissement peuvent voter. Ce qu'on a vu cet après-midi en arrivant, c'est qu'il y avait un peu de monde à l'extérieur. C'est pour ça que ce bureau de vote va fermer un peu plus tard. Normalement, il est censé fermer dans moins de 10 minutes. Là, désormais, il fermera un peu plus tard le temps que les personnes qui sont à l'extérieur puissent mettre leur bulletin dans l'urne pour ou contre les trottinettes en libre-service à Paris. On va essayer de faire un premier bilan de cette journée avec vous. Suzanne, vous êtes responsable du bureau de vote. Comment ça s'est passé aujourd'hui ?
Est-ce que vous avez déjà des chiffres de la participation ? Nous, dans notre bureau, on est à 5,5% de participation, ce qui est plus que ce qu'on imaginait parce qu'en plus, on est un des plus gros bureaux et on a eu des gens toute la journée. On ne s'y attendait pas. Ça a été continu et apparemment, il y a encore du monde dehors. Donc, c'est surprenant mais c'est hyper intéressant de voir que ça a bien marché et que les gens se mobilisent. Oui, parce que c'est une consultation citoyenne qui est inédite. En fait, on n'a pas de précédent. Oui, c'est vrai que c'est la première fois. Allez-y, madame. Pardon. A voter.
C'est la première fois qu'on voit un vote comme ça et qu'il marche, qu'il fonctionne aussi bien et puis les gens ont répondu présent. Donc, ça fait plaisir à voir. Merci beaucoup. Donc, ce bureau de vote qui fermera un petit peu plus tard. Résultat attendu à 22 heures. La mairie de Paris s'est engagée à suivre l'avis des Parisiens et donc, on saura à 22 heures si elle décide de renouveler ou non le contrat avec les opérateurs de trottinettes électriques dans la capitale à partir du 1er septembre.
Merci beaucoup, Annalise. Annalise Crout, Sadexia Ferré, Adrien Fage depuis le 13e arrondissement de la capitale. C'est un problème à gérer ou pas les trottinettes en libre-service ? Est-ce qu'il y a plus de vol ? Est-ce qu'il y a plus de dégradation ? Est-ce qu'il y a plus d'accidents avec ça ?
Alors, moi, je n'ai pas de commentaire à faire sur la votation en cours et sur... Ce que je vous demande, hein ? Voilà, mais ce que je peux vous dire, c'est que l'usage des trottinettes devient extrêmement compliqué. Je n'ai plus les chiffres en tête, mais les accidents liés aux trottinettes ont vraiment augmenté. Donc, c'est pour cela que la maire de Paris a lancé effectivement une réflexion sur l'utilisation de la rue, finalement, dans Paris. Parce que là, on parle du système d'utilisation des trottinettes, mais il y a aussi une réflexion qu'elle veut mener, à laquelle nous sommes associés, à laquelle nous allons évidemment participer.
Parce qu'il y a des enjeux de sécurité routière importants. Elle a lancé une réflexion sur l'utilisation de la rue qui ne vise pas que les trottinettes, mais pour les trottinettes, évidemment, l'enjeu est très important. Il y a énormément d'accidents de trottinettes, ça explose, également de vélos. Donc, voilà, il y a des conflits d'usage qui se traduisent par des enjeux de sécurité routière.
Il y a d'autres chiffres qui ont un peu baissé sur la fin de l'année. Vous êtes arrivé en cours de route. En juillet 2022. Comment les choses se présentent là pour le début 2023 ? Est-ce que vous pensez qu'il y aura en tout cas des améliorations significatives ?
Moi, quand j'ai pris mes fonctions, le ministre de l'Intérieur m'a fixé un objectif extrêmement fort sur la baisse de la délinquance. Il m'a demandé de faire baisser la délinquance à Paris. Et il surveille ça, je peux vous dire, de très près. Je lui présente quasiment toutes les semaines les chiffres et on regarde ensemble. Depuis que je suis arrivé, la délinquance baisse. On a à Paris un problème sur les cambriolages, même si on a réussi à les stabiliser. Et puis, pour le premier trimestre, j'espère, je touche du bois, il n'y en a pas, mais j'espère qu'ils vont même commencer à baisser. Et puis surtout, on est très efficace sur les vols violences, les violences dans les transports aussi.
On est sur des baisses sur les deux premiers mois de l'année de moins 35 %. Alors, je sais que ces chiffres feront toujours sourire. On dit oui, d'accord. Mais bon, oui, parce que le niveau de la délinquance est élevé. Alors, évidemment, ça baisse quand on dit moins 35 %. C'est parce qu'on compare à la période passée. Mais je vous confirme que sur les six derniers mois de l'année, la délinquance a plutôt baissé à Paris et que la dynamique est toujours très bonne au cours de ce premier trimestre 2023. Ça veut dire que ce sera bien pour le mondial de rugby ? Ça veut dire que ce sera bien pour les JO ? Alors, déjà, le point positif, c'est que la délinquance baisse.
Et l'activité des fonctionnaires de police augmente. On a fait, par exemple, en deux mois, plus 35 % d'affaires de trafiquants de stupes que par rapport aux deux mois de l'année 2022. Donc, c'est très bien. Surtout que l'année dernière, c'est surtout le début de l'année qui avait augmenté. Donc là, la crainte, ma crainte et celle du ministre, c'était qu'on revive le même cycle. On l'a complètement enrayé. Donc, on continue à avoir une délinquance qui baisse. Mais encore une fois, j'insiste, on part de haut. Donc, la délinquance reste toujours très élevée. Pour les JO, c'est un peu autre chose. Le ministre a lancé des plans délinquance zéro.
Son idée, c'est qu'évidemment, là où vont se dérouler les JO, et quand on dit là où vont se dérouler les JO, ce n'est pas que sur les sites des JO. Ce n'est pas que sur les sites, c'est dans les transports en commun, c'est dans les lieux touristiques. Il nous a demandé d'avoir des actions déterminées de lutte contre la délinquance. Donc, sur ces zones-là, on renforce les moyens, on renforce les opérations et nos très bons résultats, ils sont particulièrement sur ces zones-là.
C'est vrai à Paris, c'est vrai en Seine-Saint-Denis où il y a de nombreux sites des Jeux olympiques et les chiffres sont plutôt bons mais on va évidemment continuer cette action parce que c'est une action au long cours pour qu'on arrive au JO avec cet objectif autour de ces sites, autour de ces lieux très fréquentés, d'un zéro délinquance, l'objectif que nous a fixé le ministre.
Merci beaucoup, M. le Préfet, d'avoir été avec nous en direct ce soir sur BFM TV.
Merci beaucoup, Cécile.
Merci.
Laurent Nuñez