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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 20 octobre 2025 26 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Jean-Philippe Tanguy : "Les députés LR ont trahi leurs électeurs !" (France 3)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 13 %Attaque 66 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    La bataille budgétaire va commencer dès demain à l'Assemblée nationale, vous allez être au premier rang, puisque vous êtes le spécialiste finance du RN. Cette image qu'on a vue du Premier ministre proche des Français, ça vous rassure ?

  • 0:33FerméeRéponse directe

    Est-ce que d'après vous, il y aura un budget voté, d'ici la fin de l'année ?

  • 1:42OuverteRéponse partielle

    Les Français, justement, ils savent qu'ils vont devoir mettre la main à la poche. Et la promesse de suspendre la réforme des retraites ne suffit pas à les rassurer.

  • 2:13ComplaisanteÉludée

    Elle devra donc être compensée financièrement, y compris par des mesures d'économie.

  • 3:51FerméeRéponse directe

    Amélie de Montchalin met en garde : Attention, s'il n'y a pas de budget, ce sont des pans entiers de la vie quotidienne des Français qu'on vient de voir qui vont être menacés. C'est un vrai risque ?

  • 5:37FerméeRéponse directe

    En tout cas, il y a un dossier qui est au milieu des débats, c'est la réforme des retraites. Qui est donc suspendue. En tout cas, il est proposé qu'elle soit suspendue. Parce qu'il faut que ce soit voté. D'abord, est-ce que vous votez sur le principe de la suspension ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Écoutez, il a le droit de faire ses cours, cet autre Premier ministre. »
  • 0:17Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est complètement artificiel, et tout le monde sait que quand on est Premier ministre, on ne fait pas son marché normalement. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « Je pense que le gouvernement, M. Lecornu est très cynique, qu'il a fait un cadeau empoisonné en nous retirant le 49-3, et qu'en fait son but, c'est qu'il n'y ait pas de vote. »
  • 0:54Invité politiqueFait
    « ce serait la première fois sous la Ve République, s'il n'y a pas de vote, le gouvernement peut faire des ordonnances. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Bon, ce n'est même pas les Insoumis pour une fois, c'est les membres du Bloc Central. Et c'est la première fois. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « Alors, elle nous refait, Mme Montchalin, nous refait le coup du mensonge de Mme Borne l'année dernière. Souvenez-vous qu'elle avait dit s'il n'y a pas de budget, il n'y aura pas de carte vitale. Les cartes vitales seront éteintes au 1er janvier. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « Mme Montchalin ment sur le coup de la censure en disant que ça a coûté l'année dernière 15 milliards. C'est totalement faux. »
  • 4:58Invité politiqueChiffre
    « sur les 11 milliards qu'annonce Mme Montchalin, c'est 9 milliards de non-hausses d'impôts. »
  • 6:07Invité politiquePromesse
    « On veut l'abrogation et surtout le changement par une autre réforme des retraites plus juste et qui permet l'équilibre. »
  • 9:51Invité politiqueChiffre
    « il y a une baisse des retraites pendant 4 ans. À la fin, ça fait 20 milliards de pouvoirs d'achat qui va être piqués aux retraités. »
  • 10:16Invité politiqueFait
    « Il faut garantir la retraite par répartition parce que ceux qui ont des petits salaires, ils ne peuvent pas faire de la capitalisation en plus. »
  • 18:00Invité politiqueFait
    « Parce que malheureusement, ils préfèrent trahir leurs électeurs que d'avoir le courage de revenir devant les électeurs. »
  • 18:30Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle que les députés gagnent plus de 6 000 euros par mois. »
  • 23:31Invité politiqueFait
    « on ne peut être que frappé par l'absence d'éléments à charge. »
  • 23:45Invité politiqueFait
    « il n'y a pas de preuve et c'est que c'est l'intime conviction des juges. »
  • 24:22Invité politiqueFait
    « l'exécution provisoire, c'est-à-dire mettre en prison ou appliquer une peine alors qu'il y a encore appel ou cassation, c'est une remise en cause de l'État de droit. »
  • 25:57Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il avait repris les thèses du RN et qu'après, il a beaucoup menti. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy62 %
  • Présentateur13 %
  • Locuteur 87 %
  • Locuteur 45 %
  • Locuteur 54 %
  • Locuteur 23 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être sur le plateau de Dimanche en politique. La bataille budgétaire va commencer dès demain à l'Assemblée nationale, vous allez être au premier rang, puisque vous êtes le spécialiste finance du RN. Cette image qu'on a vue du Premier ministre proche des Français, ça vous rassure ?

0:15
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, il a le droit de faire ses cours, cet autre Premier ministre. Je pense que c'est complètement artificiel, et tout le monde sait que quand on est Premier ministre, on ne fait pas son marché normalement. Mais enfin écoutez, il y a suffisamment de vrais problèmes pour ne pas polémiquer avec M. Lecornu, qui a acheté un bon poireau. J'espère que c'est un bon poireau français et normand.

0:32
Présentateur

Ah ça, on lui le mandera. Pour aller très vite, parce qu'on va aller dans le détail après, est-ce que d'après vous, il y aura un budget voté,

0:37
Locuteur 8

je viens de dire voté, d'ici la fin de l'année ? Je ne crois pas, en tout cas je ne pense pas que ce soit le plan du gouvernement.

0:42
Jean-Philippe Tanguy

Je pense que le gouvernement, M. Lecornu est très cynique, qu'il a fait un cadeau empoisonné en nous retirant le 49-3, et qu'en fait son but, c'est qu'il n'y ait pas de vote, parce que pour ceux qui nous regardent, ce serait la première fois sous la Ve République, s'il n'y a pas de vote, le gouvernement peut faire des ordonnances. C'est-à-dire qu'en fait, il peut faire adopter directement,

1:00
Locuteur 8

sans qu'aucun député ou aucun sénateur ne vote. Donc pour vous, très clairement, il n'y aura pas de budget voté, c'est bien important, d'ici la fin de l'année ?

1:05
Jean-Philippe Tanguy

Je pense qu'ils vont tout faire pour perdre du temps. D'ailleurs, j'ai une petite information, j'ai appris que pour que ce soit voté dans les délais, on s'est tous engagés à respecter le nombre d'amendements. Plus il y a d'amendements, plus il y a de risques que ce ne soit pas voté. Et bien devinez qui n'a pas respecté ce nombre d'amendements. Bon, ce n'est même pas les Insoumis pour une fois, c'est les membres du Bloc Central. Et c'est la première fois. Donc pour la première fois, ils ont déposé trop d'amendements. Trop d'amendements, il y a difficulté à respecter les délais.

Donc j'ai l'impression qu'ils sont en train, avec un beau sourire de façade, de saboter le budget et de prendre les Français de bonne foi, comment dire, de les tromper. Et ça, c'est très grave, parce que tromper la confiance des Françaises et des Français en ce moment, c'est très grave.

1:42
Présentateur

Les Français, justement, ils savent qu'ils vont devoir mettre la main à la poche. Et la promesse de suspendre la réforme des retraites ne suffit pas à les rassurer.

1:51
Locuteur 10

Les gens qui vont être à la retraite, ils ne savent pas sur quel pied danser. Un coup, si je prends 63 ans, après 62 et 9 mois, après quoi ?

2:00
Présentateur

Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle.

2:07
Locuteur 10

C'était urgent la réforme. Maintenant, on peut revenir en arrière.

2:12
Locuteur 1

Je n'ai pas vraiment compris ce que ça voulait dire, suspendu. Je suis très, très déçu que ce ne soit pas une abrogation. Si je gagne un an, c'est sûr que je serai ravi. Surtout avec les métiers qu'on fait. Il y a de la poussière, il y a du bruit, il y a tout un tas de choses.

2:24
Locuteur 2

Vous imaginez le boulot pénible que nous on fait ? C'est que des bonnes nouvelles pour nous.

2:30
Locuteur 4

Le problème, c'est que qui va payer les retraites ? Moi, encore, ça va à mon âge. Je me dis, j'aurai ma retraite. Mais les gens qui ont 10, 15 ans de moins que moi.

2:38
Présentateur

Elle devra donc être compensée financièrement, y compris par des mesures d'économie.

2:43
Locuteur 3

Le projet du gouvernement prévoit qu'après remboursement par la Sécu, il vous restera à payer non plus un, mais deux euros pour chaque boîte de médicaments.

2:52
Locuteur 1

Sur cinq médicaments, il y a quand même 10 euros qui partent. Pour moi, ça fait beaucoup. Là, on est en train de dire, vous êtes malade, en plus vous avez payé. On ne choisit pas d'être malade.

3:01
Locuteur 2

Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des retraités qui seront encore la variable d'ajustement avec la fin de l'abattement des 10% que vous envisagez avec le gel des pensions.

3:13
Locuteur 3

L'abattement forfaitaire de 10% est supprimé pour les retraités, remplacé par un forfait de 2 000 euros.

3:20
Locuteur 4

Ça va m'avantager, parce que j'ai une petite retraite.

3:23
Locuteur 10

Nous avons défendu une idée simple avec la taxe Zoukman et nous continuerons de le faire. Que les classes moyennes ne payent pas les impôts des hyper-riches qui ne les payent pas.

3:32
Locuteur 2

Les entreprises sont prêtes à faire des efforts. Il faut simplement que ça soit équilibré. Chaque fois, c'est toujours les mêmes qui payent pour les autres. Il y en a énormément qui ne payent rien.

3:40
Locuteur 10

Quand on a des très hauts revenus, il faut partager. Qui sera capable de proposer la bonne solution ?

3:46
Locuteur 4

La suite au prochain gouvernement.

3:49
Présentateur

On verra s'il y a un prochain gouvernement et quand. Mais en tout cas, il y a Amélie de Montchalin qui est dans Ouest-France aujourd'hui, elle est mise du budget, met en garde. Attention, s'il n'y a pas de budget, ce sont des pans entiers de la vie quotidienne des Français qu'on vient de voir qui vont être menacés.

4:00
Locuteur 8

C'est un vrai risque ?

4:01
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. Alors, elle nous refait, Mme Montchalin, nous refait le coup du mensonge de Mme Borne l'année dernière. Souvenez-vous qu'elle avait dit s'il n'y a pas de budget, il n'y aura pas de carte vitale. Les cartes vitales seront éteintes au 1er janvier. Donc, les cartes vitales ne se sont pas éteintes. Et j'invite, comment dire, les responsables politiques à la tête de l'État de cesser de mentir aux Français en faisant peur. Tout ce que dit Mme Montchalin est totalement faux.

Il y a soit, malheureusement, les ordonnances que j'ai déjà mentionnées, sinon il y aura une loi spéciale qu'on a votée l'année dernière et les Françaises et les Français, on peut voir que l'État s'était maintenu et qu'il est toujours, malheureusement, d'ailleurs, aussi défensé.

4:30
Présentateur

C'est le budget d'année d'avant qui coûte.

4:32
Jean-Philippe Tanguy

Exactement. Il est reporté. Donc, tout ça, c'est pour faire peur aux gens. Je pense que les Françaises et les Français ne tombent pas dans le panneau. Et il y a aussi une autre info. Moi, ça fait un an que Mme Montchalin ment sur le coup de la censure en disant que ça a coûté l'année dernière. 15 milliards. C'est totalement faux. Eh bien, c'est totalement faux. Et d'ailleurs, il se trouve que, comme je le connais, j'ai su qu'il y avait Mme Maillet qui venait, que j'ai sorti une petite étude que tout le monde pourra aller voir de l'OFCE qui, soi-disant, comptabilise le coût de cette censure.

Donc, en fait, par exemple, sur les 11 milliards qu'annonce Mme Montchalin, c'est 9 milliards de non-hausses d'impôts. Donc, en fait, elle considère que les Français ne vont pas payer des impôts et que ce n'est pas bien. Donc, nous, on vise bien de baisser de 9 milliards au moins les impôts que doivent payer les Français. Et les 2 milliards, c'est le coût de l'incertitude. Mais, en fait, l'étude qui permet de qualifier ces 2 milliards se base sur la dissolution de M. Macron. Absolument pas sur la censure d'un gouvernement. Donc, vous voyez, il y a quand même beaucoup en ce moment d'inquiétude. Et vous le savez, le reportage le montre bien.

Et je trouve que, quand on est à la tête de l'État, rajouter du mensonge au mensonge, c'est complètement irresponsable. Et qu'en plus, aujourd'hui, tout le monde peut vérifier les informations sur Internet. Donc, je les invite à reprendre leur calme.

5:37
Présentateur

En tout cas, il y a un dossier qui est au milieu des débats, c'est la réforme des retraites. Qui est donc suspendue. En tout cas, il est proposé qu'elle soit suspendue. Parce qu'il faut que ce soit voté. D'abord, est-ce que vous votez sur le principe de la suspension ? Bien sûr.

5:48
Jean-Philippe Tanguy

Vous n'avez pas d'abrogation, vous ?

5:49
Locuteur 8

Si.

5:50
Jean-Philippe Tanguy

Mais c'est mieux que rien. D'abord, la suspension, ça évitera, ça fera gagner 3 mois de retraite à des gens qui travaillent dur. On a vu un marbrier. On a vu une personne qui fait du BTP. Ce sont des travaux difficiles. Donc, 3 mois, je peux vous dire que ça peut éviter une blessure et ça peut changer la vie. même si ça ne paraît pas beaucoup pour ceux qui ont des travaux plus faciles. Mais on veut l'abrogation et surtout le changement par une autre réforme des retraites plus juste

6:12
Locuteur 8

et qui permet l'équilibre. On va y revenir. Marine Le Pen, elle demande des garanties pour que cette suspension ne passe pas à la trappe au cours des débats. En l'inscrivant dans un texte, fermement. Si le gouvernement ne le fait pas, quelle sera votre position ? Ça prouvera que c'est une arnaque. Parce que pourquoi est-ce que

6:26
Jean-Philippe Tanguy

Marine Le Pen, hier... D'accord, mais qu'est-ce que vous ferez ? On en tirera les conséquences. C'est-à-dire ? On informera et on dira aux Français que ce qui est en train de se passer est une arnaque. On votera quand même l'amendement. Alors là, c'est très technique parce que c'est vrai que c'est de la tambouille parlementaire. Ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est quand même Marine Le Pen et votre serviteur qui ont soulevé, dès le discours du politique général de M. Le Cornu, le mensonge des socialistes. Parce qu'eux, ils disaient « Ne vous inquiétez pas, il y aura une loi. » C'est ce qu'a dit M. Fort le lendemain chez vos confrères.

D'ailleurs, au passage, en disant « Je racontais n'importe quoi ». Finalement, c'est M. Fort qui racontait n'importe quoi. C'était, soi-disant, un amendement. Et en fait, l'amendement, il peut être censuré par le Conseil constitutionnel. Je n'ai pas beaucoup de temps pour expliquer. Non, mais ce serait compliqué. Donc, il faut un texte particulier. Ce qui est intéressant, M. Le Tellier, c'est que comme, vous nous avez dit qu'il n'y a pas de risque de censure, mais maintenant, il y a un risque de censure. Et donc, un constitutionnaliste, M. Morel, a dit qu'il fallait une troisième voie, c'est-à-dire une lettre qui permet de rectifier le budget initial.

Et là, tout le monde est en train de dire que c'est vrai. Donc, au-delà du fond de la suspension, ce qui est grave, c'est que les socialistes n'ont pas censuré M. Le Cornu sur la base, soit d'un mensonge, soit en tout cas d'une mesure très importante

7:29
Locuteur 8

qui n'était absolument pas prête. Je vous entends, Jean-Philippe. Absolument pas prête.

7:32
Présentateur

Et c'est nous qui avons dit la vérité. D'accord. Mais si cette suspension n'est pas écrite noir sur blanc, est-ce que vous iriez jusqu'à

7:38
Locuteur 8

remettre en jeu une censure ? Bien sûr.

7:42
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, si M. Le Cornu a menti droit dans les yeux aux millions de Français qui l'ont écouté à l'Assemblée nationale, a menti aux sénateurs, a menti aux députés, évidemment que dans ce cas-là, on mettra une censure en jeu. Mais j'ose croire que les socialistes eux-mêmes auront au moins la décence de cacher leur mensonge parce qu'ils le savent très bien

7:57
Locuteur 8

de cacher leur mensonge par une censure. Pour vous, la preuve qu'il n'aura pas menti, c'est d'inscrire noir sur blanc dans le texte la suspension ? Oui, dans une lettre qui permet de rectifier le budget. Et là, il y a une chance que ça passe. Et même ça, c'est pas sûr.

8:09
Jean-Philippe Tanguy

Donc j'y reviens. S'il n'y a pas cette lettre, parce que ça s'appelle comme ça, vous censurez. Non, on va attendre. On attendra sans doute un peu, si vous voulez, parce qu'il faut de la clarté. Et dans ce cas-là, ils pourraient nous accuser, si vous voulez, de ne pas avoir montré qu'ils ont menti. Donc nous, on montrera. C'est juste qu'on alerte. Nous, on est une force d'alerte aussi. Le rôle des députés, c'est aussi de dire ce qui se passe de technique, ce qui peut être compliqué, parce que l'administration et les macronistes ont l'habitude de manipuler aussi nos institutions pour mentir.

8:33
Présentateur

Vous dites que vous attendez, vous lui donnez combien de temps à Sébastien Lecornu pour répondre à ce que vous demandez, à ce que ce soit inscrit noir sur blanc ?

8:38
Jean-Philippe Tanguy

Déjà, ce qu'il présentera vraiment avec ce projet de loi de sécurité sociale, où il y aura la suspension de la réunion des reprètes.

8:43
Présentateur

Donc il a encore une semaine pour répondre ? Voilà.

8:45
Jean-Philippe Tanguy

On verra ensuite l'attitude des députés, si, comment dire, ils utilisent en fait ce débat pour perdre du temps. Et on revient à notre échange du début, c'est-à-dire que si le débat s'envenime et qu'on perd du temps, il n'y aura pas de vote. Et donc c'est le texte initial qui serait appliqué. Voilà. Donc c'est vrai que c'est un peu technique pour ceux qui nous regardent et je m'en excuse, mais vraiment, le diable est dans les détails et malheureusement, je crains que les socialistes et M. Lecornu aient fait un mauvais coup aux Français justement en voulant les perdre dans des détails techniques qui en fait ont des conséquences sur leur vie. Parce que tous ces détails techniques

9:16
Locuteur 8

ont des conséquences très dures sur la vie des gens.

9:18
Présentateur

En tout cas,

9:18
Locuteur 8

les retraites seront au cœur des enjeux de la présidentielle. Le retour aux 60 ans pour les carrières longues, c'est toujours dans votre programme ? Oui, pour les carrières longues, pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. C'est toujours dans votre programme. Le ministre du Travail,

9:27
Présentateur

Jean-Pierre Farandou, lui, il veut rouvrir le débat sur la retraite à point et même sur la capitalisation. Pour vous, c'est non ?

9:34
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire que tout ça, il n'est pas le moment. Donc ça, on verra à la présidentielle. Nous, on n'écoute le régime à point parce que ça permet en fait de spolier les retraités. C'est-à-dire ce qu'on voit là, la non-addexation des pensions sur la retraite. Il faut savoir que dans le projet de loi qui a été déposé mardi, il y a une baisse des retraites pendant 4 ans. À la fin, ça fait 20 milliards de pouvoirs d'achat qui va être piqués aux retraités qui ont travaillé dur. Et je voyais une dame qui disait « Moi, je suis protégé parce que j'ai une petite retraite. » C'est l'inverse. Plus la retraite est petite, plus vous allez être tapé par ce qui est sur la table.

10:03
Locuteur 8

Donc non à la retraite à point et la capitalisation. Ça existe déjà, la capitalisation. Oui, à minima. Mais si elle était généralisée, vous dites quoi, vous, là-dessus ? Il faut aider les Français qui le veulent.

10:12
Jean-Philippe Tanguy

En fait, dans notre pays… Il n'y a aucune raison d'être contre une liberté. Nous, on veut la liberté. Il faut garantir la retraite par répartition parce que ceux qui ont des petits salaires, ils ne peuvent pas faire de la capitalisation en plus. Ce n'est pas vrai. Quand vous avez un SMIC 1 400 euros avec toutes les dépenses contraintes, vous ne pouvez pas trouver 100 euros par mois en plus pour la capitalisation. Donc ça, ce n'est pas vrai. Par contre, ceux qui ont plus de moyens ou plus de liberté de le faire, il faut les aider. Et notamment, on a proposé un fonds souverain avec Marine Le Pen pour financer les entreprises françaises pour que les gens soient actionnaires par exemple du 440.

Vous savez, on dit il y a 90 milliards de dividendes par an. C'est vrai. Aujourd'hui, il y a plus de la moitié qui vont dans les fonds de pension américains parce que le 440 français est possédé par des fonds américains. Bon, s'ils étaient possédés par des fonds français et par les retraités français, les dividendes, ils iraient dans la poche des retraités français. Ce serait quand même mieux.

10:57
Locuteur 8

Dernière chose sur ce sujet.

10:58
Présentateur

Vous entendez le gouvernement qui dit qu'il faut faire des compromis. C'est le mot qui n'est pas à la mode. Vous avez longtemps déjà qu'il est là. Est-ce que vous êtes prêt à faire des compromis sur certaines mesures que propose le gouvernement ou rien du tout ? Nous, on a fait beaucoup de compromis

11:10
Jean-Philippe Tanguy

depuis 3 ans, M. Le Tellier. Vous savez qu'on vote 60% à peu près des lois qui sont proposées par le gouvernement parce qu'on n'est pas pour la politique du pire. Mais c'est eux qui ne font jamais de compromis. Moi, je mets au défi les macronistes de nous citer un seul exemple où ils ont vraiment à la fin adopté une mesure qui était contre ce qu'ils avaient prévu au début. Voilà, donc ce sont des gens qui parlent beaucoup. M. Emmanuel Macron, pardon, c'est le spécialiste. Au début, il fait semblant de débattre et à la fin, il fait adopter

11:33
Locuteur 8

ce qu'il avait prévu dès le début. Donc, alors qu'il est Jean-Philippe en dit, si je vous comprends bien, il y a très peu de chances que le RN vote le budget.

11:39
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais il n'y a aucune chance qu'on vote le budget. Enfin, je veux dire, il faudrait, si vous voulez, pourquoi c'est un mensonge une fois plus du gouvernement ? Si on vote le budget, ça veut dire qu'on a réussi et je l'espère, à supprimer les 19 milliards de hausses d'impôts, en particulier les 10 milliards de hausses d'impôts sur l'impôt sur le revenu. Ça veut dire qu'on a évité le drame sur la santé avec les mauvaises mesures qui ont été annoncées dans votre sujet contre les malades, les franchises médicales, un certain nombre, un milliard de taxes sur les mutuelles qui, évidemment, vont être payées par les mensualités des assurés.

Bref, si on arrive à limiter tout ça, peut-être qu'à la fin, on pourrait s'abstenir. Mais vous savez très bien qu'à la fin, ça n'arrivera pas et que le gouvernement interviendra. Soit il réutilisera le 49.3, contrairement à ce qu'il a dit, soit il n'y aura pas de vote et on en revient à la...

12:21
Locuteur 7

Aux ordonnances ? Aux ordonnances. Vous dites, ça y est, on va droit aux ordonnances.

12:24
Jean-Philippe Tanguy

Vous voyez, vous voyez, notre logique, elle est quand même cohérente, alors que la leur, c'est quand même

12:27
Locuteur 7

tout le méandre. Alors qu'il est gouvernement, il va droit aux ordonnances.

12:30
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait. D'ailleurs, j'ai alerté il y a 10 jours nos compatriotes dans une autre émission en disant que j'avais des informations très précises comme quoi Bercy, les services de Bercy, donc le ministère de l'Économie et des Finances, préparaient ces ordonnances pour la première fois sous la Ve République. Personne ne m'a contredit.

12:45
Locuteur 8

Mais là, aujourd'hui, vous le confirmez. Vous dites, on y va droit.

12:52
Présentateur

Sébastien Lecornu, c'est aussi Emmanuel Macron qui est visé.

12:57
Locuteur 4

Sébastien Lecornu présentait lundi son gouvernement. Le second, 34 ministres qui ne savent pas combien de temps ils resteront.

13:04
Présentateur

Merci d'avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République. Je mesure chaque risque que vous avez pris.

13:10
Locuteur 4

Le pari est risqué, en effet, pour ceux qui rentrent, politiques ou sociétés civiles. Je vais vous mettre

13:15
Locuteur 8

dans celui-là.

13:16
Locuteur 4

Ah, vous le savez ? À votre avis. Pour ceux qui veulent rester contre les consigneux de leur parti. Est-ce que vous le dites d'un prénom au taillon ? Il vous a exclu pour la deuxième fois. Madame Dati, s'il vous plaît, si on va les ronds, on va les ronds. Madame Dati, Madame Dati. Mais le pari est risqué, plus encore, pour Emmanuel Macron, occupé sur la scène internationale et affaibli par la crise politique.

13:34
Locuteur 1

Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les soeurs pour ça peut se désordre. Moi, j'assure la continuité, la stabilité, je continuerai de le faire.

13:44
Locuteur 4

Et pour prix de la stabilité, le président a donc donné son feu vert à la suspension de la réforme des retraites. Le geste est salué par les applaudissements des députés socialistes qui ne voteront pas la censure. Au Sénat, dirigé par la droite, le climat est nettement plus frais.

13:58
Présentateur

Suspendre, ce n'est pas renoncer, ce n'est pas reculer non plus. Si nous savons utiliser... Des huées,

14:03
Locuteur 4

des interrogations se font entendre.

14:06
Locuteur 2

Monsieur le Premier ministre, il va falloir nous en dire plus pour nous convaincre. On ne peut pas soutenir à n'importe quelles conditions et n'importe comment.

14:16
Locuteur 4

Voilà. De son côté, à l'Assemblée, Éric Ciotti s'emploie à rallier des Républicains pour faire mentir l'arithmétique.

14:23
Locuteur 8

Malgré leur absence,

14:25
Locuteur 2

je m'adresse à mes amis républicains. N'écoutez pas votre peur. Empruntez le chemin courageux de l'Union. Censurez !

14:36
Locuteur 4

Mais Marine Le Pen, en écoutant Laurent Wauquiez sermonner les censeurs, comprend vite qu'aucune voix ne bougera. Je n'ai plus rien à dire aux députés LR qui aujourd'hui ont trahi leurs électeurs. À 18 voix près, Sébastien Lecornu aura donc évité la censure mais pas la menace.

14:52
Présentateur

Si le gouvernement ne tenait pas ses engagements, il va de soi que nous censurerions immédiatement. Voyez bien que c'est difficile. Je ne vais pas commencer à bavarder tout le temps. Je ne vais pas commencer

15:01
Locuteur 2

à faire des déclarations tout le temps. Donc, au travail.

15:05
Présentateur

Sébastien Lecornu qui est avare de ses déclarations. C'est un nouveau style

15:09
Locuteur 8

aussi, après tout. Mais tant mieux, ça pour le coup, on ne va pas lui reprocher.

15:12
Présentateur

Alors qu'Emmanuel Macron, lui, il a critiqué cette semaine quand il était en Égypte ceux qui veulent déstabiliser le gouvernement et qui créent le chaos. Est-ce que vous vous sentez visé ?

15:18
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais il parle de lui comme toujours. Monsieur Macron... Oui, mais il parle de vous. Oui, mais quand M. Macron insulte souvent ses opposants, en fait, il parle de lui dans un délire narcissique malheureusement que les Français et les Françaises connaissent bien. Donc, M. Macron a mis la pagaille pendant toute la semaine. On sait que c'est lui qui a forcé la nomination de M. Le Maire pour mettre le bazar. On sait que c'est lui qui a forcé M. Lecornu à démissionner puis revenir. Bref, cette mauvaise tragédie politique qui a désespéré à juste titre les Françaises et les Français qui travaillent et qui ont des journées difficiles et qui voient ça en rentrant chez eux. Tout ça, c'est M.

Macron et d'ailleurs, les gens le savent bien et lui reprochent. Et vous en profitez ? On en profite, oui. Non, parce que vous savez, comment vous dire, un pays qui est dans une situation de tension...

15:58
Locuteur 8

Électoralement, j'entends. Oui, mais même pas. C'est ce que j'entends dire. Il y a aussi des gens... C'est le RN qui en bénéficie.

16:01
Jean-Philippe Tanguy

Oui, oui, mais ça c'est... Tous les analystes disent ça. Oui, mais ils disent bien ce qu'ils veulent. Moi, vous savez, sur le terrain, je le vois aussi qu'il y a beaucoup de gens qui sont désespérés, qui en ont assez et c'est jamais bon pour personne. Moi, je ne suis pas pour la politique du pire. Vous savez, si les Françaises et les Français nous font confiance à Jordan Mardella et à Marine Le Pen, il faudra un grand mouvement de redressement national et pour ça, il faut avoir le moral, il faut de la cohérence, il faut de la cohésion. C'est pour ça d'ailleurs que Marine Le Pen appelle à l'Union nationale et pas à l'Union des droites.

Il faut rassembler les Françaises et les Français dans un grand projet et ça, ça demande une société française

16:30
Locuteur 8

qui va bien et M. Macron ne fait que mettre de l'huile. On va parler de cette histoire de l'Union des droites. Vous parliez de Marine Le Pen,

16:35
Présentateur

la présidente de votre groupe qui a vu rejetée par le Conseil d'État cette semaine l'application immédiate de sa peine d'inéligibilité dans l'affaire des parlementaires du FN à l'époque. Est-ce que ça veut dire que sa candidature à la présidentielle devient de plus en plus hypothétique ?

16:49
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce qu'en l'occurrence, c'était sur son mandat de conseiller départemental du Pas-de-Calais. Donc, non événement pour vous ? Oui, ce n'est pas grave du tout. Ce qui compte, c'est le procès en appel. Marine Le Pen est redevenue innocente évidemment de tout ce qu'on lui reproche et je suis sûr qu'elle sera innocentée puisque je le sais directement qu'elle est innocente.

17:08
Présentateur

Nous retrouvons Laurence Perron, journaliste politique à France à Terre qui est donc avec nous aujourd'hui pour Dimanche Moïtique. Re-bonjour Laurence.

17:12
Locuteur 5

Bonjour Francis. Bonjour Madame. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.

17:15
Présentateur

Et on va revenir sur ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale notamment. Oui, c'est pour ça la censure

17:18
Locuteur 5

qui a recueilli beaucoup, beaucoup moins de voix que celle de LFI et c'est-à-dire que finalement vous n'êtes pas les premiers opposants politiques.

17:26
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais on est les premiers non-sectaires. Bon, écoutez, si ça amuse la gauche de faire du sectarisme alors qu'on parle de 19 milliards d'impôts sur le dos des gens, de 7 milliards sur la sectaire. Vous le reprochez

17:37
Locuteur 5

de ne pas avoir voté avec vous.

17:38
Jean-Philippe Tanguy

C'est pathétique. Mais de toute façon, toutes les analyses pour le coup montrent que les Françaises et les Français détestent le sectarisme surtout quand on parle de sujets importants. Donc nous, on n'est jamais sectaires. On vote pour l'intérêt national. Si ça amuse les insoumis de rester dans son point toujours. Alors ça n'amuse pas que la gauche parce que regardez,

17:52
Locuteur 5

les LR par exemple ne vous ont pas rejoints alors qu'ils étaient appelés par leur ancien président Ciotti à le faire. Comment vous expliquez que les LR n'aient pas voté avec vous ?

18:00
Jean-Philippe Tanguy

Parce que malheureusement, ils préfèrent trahir leurs électeurs que d'avoir le courage de revenir devant les électeurs. On a bien vu qu'ils avaient peur puisque M. Macron, dans une forme de sadisme, a humilié les LR et les socialistes en disant la veille si vous votez la censure, il y aura dissolution donc vous irez aux élections. Et donc en fait, il a révélé que les socialistes et les républicains avaient peur de venir voir leurs électeurs. Ce que je comprends parce que comme ils les ont trahis...

18:22
Locuteur 5

Donc c'est la seule raison selon vous de la la censure, c'est l'idée

18:25
Jean-Philippe Tanguy

où on préserve nos petits postes. Vous avez vu les LR qui avaient tellement honte de leur vote qu'ils ne sont même pas venus. Je rappelle que les députés gagnent plus de 6 000 euros par mois. Quand on assume une position, on vient et on défend sa position. Moi, je n'ai pas été élu pour être planqué dans mon lit, regarder la télé et dire si j'avais été là, j'aurais voté la censure. Voilà, donc tout ça est lamentable. Et moi qui viens de l'UMP il y a très longtemps, il y a 20 ans, j'étais après avec M. Dupouragnan en tant que souverainiste qui vient... Et d'ailleurs, j'ai quitté l'UMP à l'époque parce qu'ils avaient trahi les Français sur le référendum.

Donc en fait, cette famille politique est toujours dans la trahison de leurs convictions, la trahison de leurs électeurs et malheureusement, c'est une tragédie qui finit un peu comme le destin de M. Sarkozy.

19:02
Locuteur 5

Et alors, en présentant le cas, pour ce qui est de cette union des droites que vous appelez de vos voeux, est-ce que vous l'appelez vous véritablement, cette union des droites ? Non, nous on appelle à l'union nationale.

19:13
Jean-Philippe Tanguy

Alors, c'est quoi la différence ? Eh bien, la différence c'est que tous les Français et les Français qui veulent rejoindre le projet de Marine Le Pen et Jordan Bardella pour redresser la France... Donc même des gens de gauche éventuellement ? Bien sûr, mais de toute façon, vous savez très bien dans la Somme chez moi, chez Marine Le Pen, dans le bassin minier, il y a beaucoup d'électeurs de gauche du monde ouvrier, du monde agricole qui se sont mobilisés pour Marine Le Pen.

19:32
Locuteur 5

Donc vous allez essayer d'expliquer à des électeurs par exemple de LFI qu'ils ont plus intérêt à voter pour l'ERN parce qu'en réalité, ils ont plus à faire avec vous qu'avec par exemple LFI.

19:43
Jean-Philippe Tanguy

Si des électeurs LFI sont attachés à la justice sociale, au progrès économique et au contrôle d'ailleurs aussi des frontières, parce que dans les sondages, on voit bien que même les électeurs des Insoumis veulent le contrôle de l'immigration, la sécurité, lutter contre la drogue, tout ça. Donc moi, je n'ai pas une vision caricaturale des électeurs de gauche. Je pense que ce sont des familles

19:59
Locuteur 5

qui veulent le bien de leur enfant. Alors du coup, on a du mal à comprendre pourquoi vous êtes allé chercher Éric Ciotti ? Parce qu'Éric Ciotti, pour le coup, est un urtiquant pour certains électeurs de gauche et en réalité, il n'a pas véritablement réussi son pari puisqu'il n'a pas réussi à vous ramener la droite.

20:11
Jean-Philippe Tanguy

Les seules personnes que peuvent déranger le courage d'Éric Ciotti, c'est les lâches. Donc je ne vois pas... C'est bien le Fémicain, vous voulez dire ? Oui, c'est sûr. Mais pourquoi il n'arrive pas à les arriver ? Il a fait venir beaucoup de monde et quand on voit les nouvelles études qui montrent qu'aujourd'hui, près de 80% des électeurs LR veulent une union avec le Rassemblement National. On voit bien que ce mouvement, il a fonctionné. Vous savez aussi, en politique, il faut de l'humilité et il faut laisser du temps au temps. Éric Ciotti avait fait ça de manière très rapide. Peut-être qu'on avait manqué de temps pour l'expliquer aux électeurs.

Depuis un an, je pense que les électeurs de droite qui apprécient toujours Éric Ciotti et ses amis de l'IDR...

20:45
Locuteur 5

Les Bruno Retailleau, alors est-ce qu'il pourrait venir ?

20:46
Jean-Philippe Tanguy

Ils ont vu... Écoutez, c'est à lui de le dire. Mais écoutez, M. Retailleau, il a refusé la main tendue par Jordan Bardella. C'est dommage. Vous savez, M. Retailleau, il a passé un an entre Mme Borne, les macronistes, entre des anciens, des nouveaux ou des ex-socialistes et des traîtres en tout genre. Donc peut-être qu'il a besoin de temps pour renouer avec... Je reviens... Oui, mais je voudrais revenir deux secondes quand même. Non, non,

21:07
Présentateur

sur Éric Ciotti. Parce que vous dites que ça a été un peu vite, etc. Le fait est, c'est qu'à l'Assemblée, à l'Assemblée, il n'a pas réussi à faire venir des gens de LR sur votre motion de censure. C'est quand même un échec. On en a eu trois.

21:19
Jean-Philippe Tanguy

Alors, c'est pas beaucoup. Alors, excusez-moi, il y a trois ans, c'était une ligne rouge déjà. Donc trois étaient déjà présentées comme quelque chose d'impossible.

21:25
Locuteur 5

On en a eu plus que la gauche, qu'on en a eu plein.

21:26
Jean-Philippe Tanguy

Mais voilà, mais ça ne suffit pas. Puis surtout, nous, on aurait préféré qu'ils votent les deux motions pour que ce soit plus utile. Mais ça va venir, mais vous savez... Et vous pensez qu'en cas

21:33
Locuteur 5

d'élection législative anticipée, la droite pourrait se désister, par exemple, pour vous faire gagner par rapport à... Je ne sais pas,

21:39
Jean-Philippe Tanguy

mais je vais vous dire... Je vais vous dire ce qu'on a besoin, c'est de clarté. Et je pense que de toute façon, les électeurs, s'ils votent pour Jordan Bardella et Marine Le Pen, ils veulent une rupture. Donc il y a des gens courageux à droite, ils n'ont qu'à se manifester. Et ceux qui, par contre, ont cautionné 19 milliards d'impôts, une fois plus, vous savez, là, quand on est de droite, quand on a ces valeurs, ces principes, donc quand on est pour la modération fiscale, la baisse des dépenses, comment dire, favoriser l'entrepreneuriat, on ne peut pas accepter un budget comme ça. Et ça, je ne le dis pas en tant que député Rennes. J'essaie de rester objectif.

Il y a une fois plus une augmentation des impôts. La dépense publique continue à augmenter.

22:10
Locuteur 5

Mais quand on est un électeur de droite, on ne peut pas valider non plus la suspension de la réforme des retraites.

22:13
Jean-Philippe Tanguy

Eh bien, je ne crois pas. Parce que si, effectivement, c'est la caricature que présentent les LR, à savoir, on reste gratis, je comprends votre point de vue. Si, par contre, on regarde vraiment la réforme de Marine Le Pen, à savoir favoriser l'emploi des jeunes, favoriser l'emploi des temps partiels subis, notamment pour les femmes, favoriser l'accès à l'emploi des personnes en situation de handicap, 140 milliards de plus de recettes pour le système social. Donc, en fait, les choses sont beaucoup plus subtiles que la caricature des LR. Et c'est dommage, d'ailleurs, parce qu'en fait, ils refusent le débat avec nous.

Moi, je n'arrive jamais à avoir de débat avec la direction des LR sur l'économie, parce qu'en fait, ils n'ont pas grand-chose à proposer.

22:48
Présentateur

Donc, ça veut dire qu'entre eux et vous,

22:49
Locuteur 8

il y a toujours un mur ?

22:51
Jean-Philippe Tanguy

Un mur d'hypocrisie, oui, mais pas avec les électeurs. Vous savez, je vois bien dans ma circonscription les électeurs de droite attachés au gaullisme, notamment dans le nord de la France. Bon, ils votent déjà pour nous. Voilà, donc il faut les convaincre. Rien n'est jamais acquis. Il faut leur montrer qu'on est digne de leur confiance, qu'on est digne, comment dire, de gouverner la France. C'est un long chemin. Mais je pense que Marine Le Pen et Jordan Bardella l'ont pris avec courage.

23:11
Présentateur

Merci. Merci, Laurent. Merci, madame. On évoquait rapidement tout à l'heure Nicolas Sarkozy qui va être donc incarcéré après-demain, après sa condamnation dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. C'est une première. Pour vous, un ancien président de la République est injusticiable comme les autres ?

23:29
Jean-Philippe Tanguy

Évidemment, de M. Sarkozy, ce que j'ai fait, on ne peut être que frappé par l'absence d'éléments à charge. Enfin, c'est à charge, mais ce n'est pas prouvé. Donc, on nous explique comment dire qu'il est innocenté, qu'il est relaxé pour la quasi-totalité des motifs du procès et qu'à la fin, il n'y a pas de preuve et c'est que c'est l'intime conviction des juges. Donc, écoutez, on ne peut pas envoyer en prison quelqu'un quand on le relaxe sur 90% des faits qu'on lui reproche.

23:54
Présentateur

Alors, ça fait une espèce de solidarité, j'allais dire, entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, puisque tous les deux, d'ailleurs, ont dénoncé le pouvoir des juges.

24:00
Locuteur 8

Il y a une solidarité entre les deux, de fait ?

24:02
Jean-Philippe Tanguy

Non, il n'y a pas une solidarité. Je comprends votre question, mais déjà, M. Sarkozy a été reconnu coupable définitivement pour d'autres faits, ce qui n'est pas du tout le cas de Marine Le Pen, qui est présumée innocente des faits qui lui sont reprochés. Ce qui est sûr, c'est que, comment dire, l'exécution provisoire, c'est-à-dire mettre en prison ou appliquer une peine alors qu'il y a encore appel ou cassation, c'est une remise en cause de l'État de droit. Parce que, si M. Sarkozy, en appel ou en cassation, est reconnu innocent, il aura été en prison et personne ne pourra, comment dire, réparer cette humiliation et cette injustice.

Et c'est pareil pour Marine Le Pen, s'il ne peut pas se présenter aux élections, aucun juge qui s'est trompé ne pourra réparer cette injustice. Donc, c'est ça le problème. Ce n'est pas le problème. Moi, je comprends les Françaises et les Français qui sont énervés quand ils pensent que les hommes et les femmes politiques demandent de l'exception. On ne demande aucune exception, on demande l'application du droit pour tout le monde de la même façon. C'est vrai que pendant 50 ans, les hommes et les femmes politiques ont été beaucoup protégés. Maintenant, c'est franchement l'inverse.

C'est qu'ils sont frappés, surtout quand ils viennent de la droite ou du Rassemblement National, de façon beaucoup plus dure par des juges, par certains juges.

24:59
Locuteur 8

En tout cas, parmi ceux qui vont voir Nicolas Sarkozy, il y a Jordan Bardella, le patron de votre parti. Est-ce que ça veut dire qu'il y a des proximités politiques ? Non, je ne sais pas. Je ne pense pas. C'est bien qu'il aille voir Nicolas Sarkozy.

25:10
Jean-Philippe Tanguy

Moi, si on me proposait un rendez-vous avec même François Hollande, j'irais. Non, mais là,

25:13
Locuteur 8

je vous parle de Nicolas Sarkozy. Non, mais avec un ancien président de la République.

25:16
Jean-Philippe Tanguy

Voilà, M. Sarkozy, ancien président de la République. Moi, je préférerais aller parler avec Nicolas Sarkozy qu'avec François Hollande, évidemment. Mais même si c'était François Hollande, j'irais lui parler. Il ne pense pas qu'il veuille parce que c'est intéressant. Avoir l'expérience d'un ancien président de la République. Moi, j'avais eu la chance de croiser une fois dans ma vie Valéry Giscard d'Esta, qui n'était pas du tout de ma famille politique. Moi, je suis gaulliste. Lui, c'était les anti-gaullistes du centre. Bon, c'était quand même passionnant. Voilà, même si c'était 5 minutes.

25:37
Locuteur 8

C'est 5 minutes qui quand même marquent votre existence. En 2007, Nicolas Sarkozy avait tenu à distance

25:42
Présentateur

le candidat du FN à l'époque à la présidentielle, Jean-Marie Le Pen. Parce que c'est la seule élection présidentielle au cours des 15-20 dernières années où le FN ou le RN n'étaient pas au second tour. Ça voulait dire quoi ? Qu'il savait parler aussi à votre électorat ? C'était la droite qui savait parler à l'électorat du RN ?

25:57
Jean-Philippe Tanguy

Je pense qu'il avait repris les thèses du RN et qu'après, il a beaucoup menti. Il a beaucoup déçu. Il a été battu. Voilà, s'il n'avait pas déçu, vous savez, ce qui compte, c'est appliquer une politique. Mais ça pourrait revenir ? Non, je ne crois pas. Quelqu'un de droite qui irait... Non, non, je crois que là, c'est trop gros maintenant. Je pense que les... C'est M. Retailleau, vous ne pensez pas ? Ah non, là, je crois que c'est raté. Là, c'est fini. Je crois que maintenant, M. Retailleau, son seul espoir, c'est d'aider Marie Le Pen, et Jordan Bardella a sauvé la France. S'il veut rester dans son coin et bouder, c'est dommage.

En tout cas, ce n'est pas au niveau de l'engagement et des convictions de M. Villiers, à qui il doit beaucoup.

Jean-Philippe Tanguy : "Les députés LR ont trahi leurs électeurs !" (France 3) — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote