Robert Hue : "Le seul qui peut rassembler sur une base progressiste, c'est Macron"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse partielle
N'y a-t-il rien du tout d'idéologique dans votre soutien à Emmanuel Macron ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Quels sont les chapitres les plus libéraux qui vous chagrinent chez Emmanuel Macron ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Sur la morale et l'éthique et le financement public dans une promesse d'Emmanuel Macron, vous interrogez-vous sur les fonds des donateurs ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction sur les costumes offerts à François Fillon ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Un mot sur la fin du clivage.
- 5:29RelanceRéponse directe
Emmanuel Macron élu, pour les législatives, vous n'appelez pas à voter pour lui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« nous avons une gauche en miettes et un vrai danger Front National »
- 1:21Invité politiqueFait
« Le seul qui peut, effectivement, sur une base progressiste, rassembler, me semble-t-il, c'est Emmanuel Macron »
- 1:47Invité politiquePromesse
« j'ai obtenu dans un débat, un dialogue avec Emmanuel Macron qui prenne en compte une de mes revendications fortes »
- 1:52Invité politiqueFait
« C'est celle d'un contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux entreprises privées et publiques »
- 2:36Invité politiqueFait
« il dit à ses donateurs, pas de problème, il faut que vous, si vous le souhaitez, vous disiez qui vous avez donné, combien, etc. »
- 2:54Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, on ne peut pas dépasser un certain seuil de dons »
- 3:22Invité politiqueChiffre
« il coûte 550 euros. Et c'est un des plus chers que j'ai acheté »
- 4:02Invité politiqueFait
« La probité, la moralisation de la vie politique qu'intègre Emmanuel Macron dans son projet est un élément central, à mon avis »
- 4:42Invité politiqueFait
« Je considère que les partis politiques ont joué un rôle important pendant un siècle et demi »
- 5:53Invité politiqueFait
« aujourd'hui en France, nous devons aller sur la base d'idées progressistes, naturellement, à des compromis progressistes »
- 6:30Invité politiqueFait
« Moi, pour moi, il est un candidat issu de la gauche sans problème »
Temps de parole
- Robert Hue78 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 25 %
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Robert Rue, fondateur du mouvement unitaire progressiste, président de la communauté de communes de Seine-Saint-Denis et soutien de la candidature d'Emmanuel Macron. Oui, un ex-communiste qui s'engage et qui fait le choix d'Emmanuel Macron. Bonjour Robert Rue. Bonjour. Vous dites avoir fait le choix du vote utile pour contrer ce qu'on appelle la droite dite « dure » au second tour. N'y a-t-il rien du tout d'idéologique dans votre soutien à Emmanuel Macron ?
Non, il y a un certain nombre de questions qui me vont bien dans le projet d'Emmanuel Macron. Sinon, je ne soutiendrai pas. Mais au fond, vous avez raison, ce n'est pas cette question qui, en premier lieu, me pousse à soutenir Emmanuel Macron. C'est que nous avons une gauche en miettes et un vrai danger Front National. Un vrai danger Front National, et je ne veux pas tomber dans la facilité, mais je crois qu'il y a une grosse sous-estimation dans le pays aujourd'hui de la montée, de l'ascension douce, comme je dis dans mon papier l'autre jour, dans le monde de Mme Le Pen. Il est clair que ce danger existe et qu'aujourd'hui la gauche est pulvérisée.
Le seul qui peut, effectivement, sur une base progressiste, rassembler, me semble-t-il, c'est Emmanuel Macron. Ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec l'ensemble de son projet. Par exemple, quels sont les chapitres les plus libéraux qui vous chagrinent chez Emmanuel Macron ? Sur un certain nombre de questions touchant au travail, il faut qu'on progresse encore. Mais bon, en tous les cas, j'ai obtenu dans un débat, un dialogue avec Emmanuel Macron qui prenne en compte une de mes revendications fortes. C'est celle d'un contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux entreprises privées et publiques. Ça, c'est quelque chose qui me semble tout à fait important.
Et après, à mon âge, je ne renie pas mes idées, mes principes. Mais je crois que là, face au danger, il y a la possibilité de se rassembler pour le renouveau démocratique.
Je reviens sur ce que vous avez demandé à Emmanuel Macron, un peu comme François Bayrou d'ailleurs, sur la morale et l'éthique et le financement public dans une promesse d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous vous interrogez, Robert Rue, sur les fonds des généreux donateurs d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, Emmanuel Macron, je l'ai entendu, on a posé plusieurs fois la question, il dit à ses donateurs, pas de problème, il faut que vous, si vous le souhaitez, vous disiez qui vous avez donné, combien, etc. Bon, moi, ce n'est pas la question. Il est clair qu'aujourd'hui, on ne peut pas dépasser un certain seuil de dons. J'ai été deux fois candidat à la présidentielle, je sais ce que c'est. Et bon, Emmanuel Macron rentre dans ces critères.
Question de probité également du côté de François Fillon, des costumes offerts qui auraient coté 13 000 euros. Quelle est votre réaction là-dessus ?
Réaction, je suis un peu stupéfait. Vous savez, moi, vous me voyez, là, je suis dans le studio, je n'ai pas un costume. C'est un très beau costume. Oui, mais il coûte 550 euros. Et c'est un des plus chers que j'ai acheté. Donc, il est bien clair qu'on ne joue pas dans la même catégorie. Je pense que ce qui me choque beaucoup, c'est qu'il banalise cela dans une interview à vos confrères Lacroix, je crois, ce matin. Les échos, pardon. Et c'est absolument invraisemblable qu'ils disent le nom au moins de la personne qui paie ses costumes. Enfin, il y a une certaine banalisation de « on n'a plus de compte à rente », dit-il pratiquement. Et alors, dit-il ?
Non, je crois qu'on est en droit de savoir, quand on est un homme qui veut effectivement participer à la gestion du pays, on est en droit de savoir ce qu'il paye, comment il le fait. La probité, la moralisation de la vie politique qu'intègre Emmanuel Macron dans son projet est un élément central, à mon avis. Et moi, je demande la même transparence, la même éthique concernant les fonds publics qui sont accordés aux entreprises privées et publiques.
Un mot sur la fin du clivage. Enfin, à la fin en tout cas, les clivages sont en train de changer en politique aujourd'hui. Les deux principaux candidats en tête aujourd'hui, que ce soit Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, tous les deux veulent des visions transversales, très œcuméniques finalement, pour rassembler au-delà des partis. Comment vous expliquez ce que vous annonciez il y a quatre ans dans votre livre d'ailleurs ? La mort des partis politiques ?
Je considère que les partis politiques ont joué un rôle important pendant un siècle et demi. Ils remplissaient une vraie mission républicaine. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, ce sont des logiques d'appareils, et je sais de quoi je parle, c'est pour ça que je m'en suis écarté d'ailleurs. Ce sont des logiques d'appareils. Il y a une vraie détestation désormais dans l'opinion de ce que sont ces appareils. De ce que sont ces réalités co-sanguines parfois à la direction des partis. Il faut changer cela profondément. Et c'est vrai qu'il y a quatre ans, dans un livre, je le disais, et je ne pensais pas anticiper autant.
Aujourd'hui, il y a un rejet, il y a vraiment un grand doute sur la vie politique. Et il faut modifier profondément les choses.
Ça pose tout de même un problème pour celui qui va être élu. Je prends le cadre d'Emmanuel Macron s'il est élu président de la République. Vous faites campagne pour qu'il soit président, mais une fois qu'il sera élu... Alors là, pour la législative, un mois après, vous n'appelez plus à voter pour lui, mais plutôt pour le Parti communiste ou le Front de Gauche.
Non, non, non, je n'appelle pas à voter pour le Parti communiste et le Front de Gauche. Je n'appelle pas à voter dans les 100 circonstances pour les candidats de mon mouvement, le mouvement des progressistes. Et oui, je suis... Ça veut dire qu'Emmanuel Macron va gouverner avec quelle majorité ? Eh bien écoutez, aujourd'hui en France, nous devons aller sur la base d'idées progressistes, naturellement, à des compromis progressistes. Il y a... Qu'est-ce qui peut penser à un instant qu'il faut aujourd'hui que la gauche qui fait 35% toute mouillée, cumulée, et d'autres...
Personne aujourd'hui n'est en situation de pouvoir gouverner sans, sur des questions de principes, des idées, rassembler des gens au-delà des clivages habituels.
A vos yeux, est-ce qu'Emmanuel Macron est un candidat de gauche ?
Moi, pour moi, il est un candidat issu de la gauche sans problème. C'est un progressiste et c'est pour cela que j'appuie sa démarche. Je répète, j'ai une idée de la transformation de la société très révolutionnaire qu'il n'a pas forcément, mais je le respecte. Mais moi, aujourd'hui, il est celui qui peut barrer la route au Front National et à Marine Le Pen, dont on ne regarde pas assez cette ascension douce et dangereuse.
Et Robert Rue, donc invité ce matin, un dernier mot. Comment votre entourage a compris votre nouveau positionnement en faveur d'Emmanuel Macron ?
Mon entourage immédiat a bien compris, parce que ça fait un moment que j'en parle et que j'en parlais d'ailleurs avec Emmanuel Macron. D'autres s'interrogent, mais aujourd'hui, vous m'avez aidé à apporter des réponses. Sous-titrage ST' 501
Robert Hue