Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 20 juillet 2020 24 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Amélie de Montchalin : "Les agents publics sont les premières victimes de la bureaucratisation"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Comment on sort de l'impasse pour convaincre les pays frugaux à signer le plan de relance ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    La France devait toucher 40 milliards d'euros avec ce plan de relance. Est-ce que si ce plan n'est pas signé, ça pourrait impacter notre plan de relance national à 100 milliards ?

  • 3:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que vous nous annoncez ?

  • 4:10RelanceRéponse directe

    On ne voit pas bien en quoi va consister votre job ?

  • 5:52OuverteRéponse directe

    Vous mettez un baromètre en ligne, c'est ça ?

  • 6:22OuverteRéponse directe

    Pour parler des trains qui arrivent en retard, quels sont les principaux points de blocage que vous avez déjà repérés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « Vous savez, il y a trois mois, il n'y avait même pas de plan de relance du tout. »
  • 0:48Invité politiqueFait
    « Le président, la chancelière, vous savez, le 18 mai dernier, ont présenté une grande initiative. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « On ne fait pas ça pour se donner bonne conscience. On fait ça parce qu'on est totalement convaincus qu'aucun pays ne peut redémarrer si ses voisins ne redémarrent pas. »
  • 1:57PrésentateurChiffre
    « La France devait quand même toucher 40 milliards d'euros avec ce plan de relance. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « La bataille, elle est sur comment, à quel montant, pour financer quoi. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « C'est la survie de la zone euro qui se joue ? »
  • 2:56PrésentateurFait
    « Amélie de Montchalin, vous êtes aujourd'hui la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Il y a au cœur de notre pays une immense défiance. Une défiance face à ce qu'on appelle l'impuissance publique. »
  • 4:28Invité politiqueFait
    « Et puis après, il y a la vraie vie. Est-ce que dans la vraie vie, ça se voit ? »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « Non mais regardez, pendant la crise, il s'est passé des choses formidablement efficaces. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Moi, je veux voir que souvent, on crée des systèmes qui sont très beaux sur le papier à Paris. »
  • 7:29PrésentateurChiffre
    « Pour la rénovation thermique, 60 000 demandes, seulement 5 000 dossiers traités. »
  • 8:14Invité politiqueFait
    « Les agents publics sont les premières victimes de la bureaucratisation, des lourdeurs. »
  • 10:16Invité politiquePromesse
    « Pas de suppression de postes dans la fonction publique dans les deux ans qui viennent. »
  • 18:06AuditeurFait
    « Est-ce que vous pouvez confirmer que les concours restent le mode principal de recrutement avec bien qu'il y ait une réforme de la fonction publique ? »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin79 %
  • Présentateur16 %
  • Auditeur3 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Dans le grand entretien, ce matin, nous recevons la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. Vos questions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'appli France Inter. Amélie de Montchalin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Question d'abord à l'ancienne secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes que vous êtes. Comment on sort de l'impasse pour convaincre les pays frugaux, pour ne pas dire radins, à signer le plan de relance ? Les 27 n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord après trois jours et même trois nuits de négociations. Ils doivent se retrouver tout à l'heure vers 16h.

0:29
Amélie de Montchalin

Vous savez, il y a trois mois, il n'y avait même pas de plan de relance du tout. Il y a encore trois mois, l'idée même qu'on ait un sommet pour réfléchir à comment, ensemble, de manière solidaire, on fait face à cette crise qui va être économique et qui malheureusement peut être une crise sociale majeure, ça n'existait pas. Donc il y a eu énormément de chemin de fait. Le président, la chancelière, vous savez, le 18 mai dernier, ont présenté une grande initiative. Ensemble, tout le week-end, toutes les nuits des derniers jours et nuits, ont travaillé ensemble. Justement, à rappeler l'objectif de ce qu'on est en train de faire. Il faut bien rappeler aux Français pourquoi on fait ça.

On ne fait pas ça pour se donner bonne conscience. On fait ça parce qu'on est totalement convaincus qu'aucun pays ne peut redémarrer si ses voisins ne redémarrent pas, parce que nos économies sont extrêmement liées. Les entreprises françaises ont des fournisseurs, ont des clients partout en Europe. Et donc, la France ne redémarrera pas si l'Italie ne redémarre pas, si l'Espagne ne redémarre pas, si la Slovaquie, si la Pologne. Bref, si l'Union européenne dans son ensemble ne redémarre pas. La bataille qui est en cours, c'est une bataille pour rappeler pourquoi on fait ça. Il y a des arguments de fond. Il y a eu, je crois, cette nuit, des discussions très dures.

Je comprends également que ce matin, les esprits se soient un peu calmés, et que cet après-midi, les choses reprennent, et qu'on a la piste d'un accord. Mais rappelons-nous, il y a trois mois, l'idée même qu'un sommet se tienne sur ce sujet n'était même pas réaliste.

1:54
Présentateur

Une solidarité financière européenne totalement inédite. La France devait quand même toucher 40 milliards d'euros avec ce plan de relance. Est-ce que si ce plan n'est pas signé, ça pourrait impacter notre plan de relance national à 100 milliards ?

2:05
Amélie de Montchalin

C'est pour ça que le président se bat, c'est pour ça que la chancelière se bat. Il y aura un plan de relance. Aujourd'hui, la bataille n'est pas sur... Est-ce qu'il y aura un plan de relance ? La bataille, elle est sur comment, à quel montant, pour financer quoi. Mais je peux vous dire qu'effectivement, tous les pays ont besoin de l'argent, pas juste pour l'argent, mais pour la coordination que ça va créer entre nous. pour qu'on ne crée pas des plans de relance de part et de part des frontières, qu'ils soient concurrents. C'est la survie de la zone euro qui se joue ? C'est la survie de ce qu'on appelle le marché intérieur.

C'est le fait que nos économies, notre richesse collective, elle est née de cette interdépendance. Soit ça devient une fragilité, dans ce cas-là c'est très grave, soit on en fait une force, et c'est pour ça que les discussions en cours avanceront dans les prochaines heures, j'espère. En tout cas, on a des signaux qui montrent que si on continue, c'est parce qu'on a l'espoir de pouvoir conclure positivement.

2:50
Présentateur

Évidemment, on suivra ça avec attention sur France Inter. Amélie de Montchalin, vous êtes aujourd'hui la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. On voit bien ce que c'est que la fonction publique, on va y revenir. La transformation, beaucoup moins concrètement. Qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que vous nous annoncez ?

3:04
Amélie de Montchalin

Alors, le Président et le Premier ministre m'ont confié une mission qui répond exactement au moment que nous vivons. Nous vivons, on voit, une crise. On a à reconstruire notre pays. On a surtout à être efficace. Il y a au cœur de notre pays une immense défiance. Une défiance face à ce qu'on appelle l'impuissance publique. La différence entre les discours à Paris, les lois qu'on vote, et ce que les Français vivent, chacun d'entre eux, là où ils sont, des services publics, de ce qu'on leur rend comme solution, des résultats qu'on leur apporte.

Et donc, la clé de ma mission, c'est de s'assurer qu'entre ce qu'on dit ici à Paris, et ce que chacun vit, là où il est, qui que ce soit, une entreprise, une famille, une personne âgée, eh bien, les choses changent. Donc, moi, mon rôle, c'est d'être la porte-action. Il y a le porte-parole, la porte-action. Qu'est-ce qu'on fait concrètement là où les gens vivent ? Et comment, dans cette phase de crise économique et sociale majeure, on est capable non seulement de parler, mais on est surtout capable d'agir ? Vous savez, le mot transformation, il y a notamment dans le rugby, ça veut dire finaliser. On a fait l'essai, et puis après, on réussit à 100%.

On ne voit pas bien, Méline Monchelle, en quoi va consister votre job ? Mon job, c'est d'aller, la moitié de mon temps, partout en France, d'aller voir où est-ce que ça bloque. Pourquoi, sur le terrain, il ne se passe pas ce qu'on dit, qui devrait se passer quand on a voté une loi au Parlement ? Vous savez, après une loi, on fait des décrets d'application, on rend les choses juridiquement applicables. Et puis après, il y a la vraie vie. Est-ce que dans la vraie vie, ça se voit ? Et donc, mon rôle, c'est de débloquer, c'est d'aller voir avec mes collègues ministres où est-ce qu'on peut accélérer, où est-ce qu'on peut mettre en œuvre beaucoup plus concrètement les choses.

C'est-à-dire qu'il faut qu'on réponde à cette défiance qui alimente les extrêmes dans notre pays. Vous savez, ce « ils nous mentent ». « Ils nous mentent », ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on entend des choses et on ne voit pas là où on est. Et au cœur de ce qu'on a vu être l'abstention dans les élections municipales, au cœur de ce qu'on voit être parfois la défiance, à quoi servent tous ces politiques qui nous parlent ? Si, dans la vie quotidienne des Français, il n'y a pas de changement. Vous savez, pendant longtemps, ce rôle-là, c'était un rôle de pilotage avec des tableaux de bord et des grands chiffres à Paris. Et donc aujourd'hui, ça va être quoi ?

Ça va être une présence sur le terrain, aller voir les agents publics, aller voir ceux qui font l'action publique. Pourquoi on parle des agents publics ? Parce qu'au fond, ceux qui voient bien ces blocages, c'est aussi ceux qui sont à notre service, ces serviteurs d'intérêt général que sont les fonctionnaires. On va revenir sur les agents publics. Il faut qu'on puisse leur donner confiance, il faut qu'on puisse leur donner des moyens d'action. Avec un outil ? Non mais regardez, pendant la crise, il s'est passé des choses formidablement efficaces. On s'est détaché d'un certain nombre de normes, de règles.

Et partout sur le territoire, dans les différentes communes, dans les départements, il y a eu des initiatives de prise. Et on a pu répondre vraiment aux besoins des Français. Comment on fait pour garder ça ? Comment on met l'action publique au bon niveau ? Comment, comme le dit le Premier ministre, on met plutôt des agents publics sur les territoires plutôt qu'à Paris ? Tout ça, c'est une transformation de notre action pour qu'elle soit plus simple, plus proche, plus efficace, plus juste.

5:52
Présentateur

Vous mettez un baromètre en ligne, c'est ça ? Pour qu'on puisse suivre où on en est ?

5:55
Amélie de Montchalin

Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on soit transparent avec les Français. Ça ne sert à rien de faire le tour de France de ce qui marche, ni faire le tour de France de ce qui ne marche pas. Ce qu'il faut, c'est qu'on puisse dire, voilà les calendriers qu'on se fixe, voilà les jalons qu'on se pose, voilà les garanties qu'on vous donne. Le baromètre, il est intéressant, il vous dit à la fois quand il fait beau et quand il ne fait pas beau, quand il pleut ou quand il y a du soleil. Donc, ça veut dire quoi ? Il y a des choses aujourd'hui où ça marche. Eh bien, il faut qu'on puisse le mettre en avant, apporter la bonne information. Il y a des choses où c'est bloqué.

Et il faut qu'on soit lucide, il faut qu'on soit transparent.

6:22
Présentateur

Pour parler des trains qui arrivent en retard, quels sont les principaux points de blocage que vous avez déjà repérés ? Par exemple, donnez-nous un exemple.

6:27
Amélie de Montchalin

Moi, je veux voir que souvent, on crée des systèmes qui sont très beaux sur le papier à Paris. Et puis, quand vous allez sur le terrain, quand j'étais députée, l'accès aux droits. Vous savez, quand on avait fait la prime d'activité, on avait dit on augmente de 100 euros la prime d'activité. Mais vous savez qu'il y avait déjà des millions de Français qui avaient déjà droit avant à cette prime et qui ne l'avaient jamais demandé. Ça, c'est au cœur de notre justice, de notre pacte républicain, de notre pacte démocratique. Comment les droits qu'on crée dans les lois sont des choses auxquelles les gens ont accès ?

Et bien ça, ça veut dire comment on informe, comment on regroupe les services, comment on simplifie, comment vous n'êtes pas obligés de faire 50 fois le tour de 50 bureaux pour avoir les bons papiers, pour qu'on puisse vous répondre. Comment avec les outils numériques aussi, on a ce qu'on appelle le « dites-le-nous une fois ». Pourquoi on passe notre temps à dire mille et mille fois la même chose aux administrations ? Et derrière ça, je viens vraiment à le dire, il y a des agents publics extrêmement dévoués qui se sont engagés à notre service. Comment on leur rend aussi la vie plus simple ?

7:20
Présentateur

On va y revenir sur les agents publics et sur la fonction publique, mais juste pour rester sur ce baromètre et sur votre action en tant que ministre de la Transformation. Je crois par exemple, pour la rénovation thermique, 60 000 demandes, seulement 5 000 dossiers traités. Vous, vous allez faire quoi ? Vous faites comment pour que ces demandes soient traitées ? Vous allez taper du poids sur la table ? Vous allez donner des mauvaises notes ? Qu'est-ce qui se passe ?

7:38
Amélie de Montchalin

Par exemple, on va avec Emmanuel Vargon avoir un... On va se rencontrer, on va essayer de faire le bon diagnostic. Est-ce qu'il y a un blocage ? Si oui, où ? Qu'est-ce qui fait que c'est lent ? Comment on peut accélérer ? Vous voyez, ce n'est pas une grande annonce. On ne va pas faire un énième plan. On va se dire, voilà, on a un bon dispositif. Il est bien calibré. Il correspond à une demande. Maintenant, où est le blocage ? Est-ce qu'il y a trop de contrôle ? Trop de vérification ? Est-ce que la décision se prend trop loin des gens ? Ça, c'est des choses très concrètes. Et je reviens aux agents publics.

Parce que si on sépare cette volonté de rendre le service public plus efficace de ceux qui font vivre le service public, alors on a une mauvaise vision de comment ça peut marcher. Les agents publics sont les premières victimes de la bureaucratisation, des lourdeurs. Ils sont là pour... Ils se sont engagés pour être justement des serviteurs d'intérêt général. Si ce qu'on leur demande de faire, c'est des choses lourdes, pas efficaces, ils sont, eux, d'abord empêchés de faire leur métier. Et nous, citoyens, entreprises, usagers, on est aussi victimes d'une ferme de lenteur.

8:35
Présentateur

Je vous promets qu'on va y arriver dans un instant. Pour résumer, en fait, vous voulez montrer ce que le gouvernement fait pour les Français. C'est aussi ça, finalement, votre action, porte-action, comme vous dites. Est-ce qu'après l'échec des municipales, l'idée, c'est de préparer la réélection, de préparer la campagne présidentielle ?

8:50
Amélie de Montchalin

Mais c'est bien plus que ça. Qui que ce soit au gouvernement, si nous n'arrivons pas à faire entrer dans la vie quotidienne les lois, quelles qu'elles soient, pour quelque gouvernement que ce soit, la démocratie elle-même est en danger. Pourquoi les gens iraient un dimanche matin voter s'ils ont l'impression que, quel que soit le bulletin qu'ils mettent, ça ne change rien dans leur vie ? C'est faux. Au municipal, on a vu des grandes villes basculer PS, basculer écologistes. Mais vous avez aussi vu une abstention record.

Vous avez aussi vu des pans entiers de Français, notamment, je pense, aux jeunes, qui se détournent de la politique parce qu'ils ont l'impression que ça ne sert à rien, à rien dans leur vie quotidienne. Donc, bien sûr que tout le travail qui a été fait depuis trois ans, toutes ces réformes, toutes ces lois, tout ce travail très minutieux de comprendre ce qu'on devait faire, c'est déjà un énorme chemin. Mais il n'a de sens, au fond, que s'il fait le dernier kilomètre, que s'il est visible, tangible, concret, partout là où les Français sont et vivent. Et je pense que la noblesse de la politique, quand on parle du service public, vous savez, mon ministère, c'est une maison du service public.

C'est les agents qui le font, c'est les outils dont ils disposent, c'est la modernisation qu'on peut leur apporter, c'est la facilitation de faire qu'on peut leur apporter. Mais ce ministère du service public, il y a le mot service au cœur. Si ce service, c'est uniquement des beaux mots qu'on dit ce matin à la radio, les Français n'y croiront plus. Et ce qui est en jeu, c'est notre pacte républicain, c'est notre pacte démocratique.

10:06
Présentateur

Amélie de Montchalin, on vous entend beaucoup parler des agents publics, leur rendre hommage ce matin. Très bien. Est-ce que ça veut dire qu'il n'est plus du tout question de supprimer de postes dans la fonction publique d'ici la fin du quinquennat ?

10:16
Amélie de Montchalin

La priorité de l'année qui vient, le Premier ministre l'a très bien dit de nombreuses fois déjà, c'est d'apporter de la puissance publique, de l'efficacité pour reconstruire le pays. L'heure aujourd'hui, c'est que dans tous les territoires de France, on sauve l'emploi, on sauve les entreprises, on forme les jeunes, on crée de l'apprentissage et donc on s'approche du terrain. Il a annoncé aussi, les créations de postes en 2021 se feront dans les territoires et pas dans les administrations centrales. Parce que c'est là qu'on a besoin d'agir. Et donc effectivement, l'heure aujourd'hui n'est pas à faire des économies pour faire des économies, n'est pas à couper des postes pour couper des postes.

C'est comme on retrouve une action publique puissante. Donc pas de suppression de postes dans la fonction publique dans les deux ans qui viennent. Le budget est en train de se faire. Ministre par ministre, échange avec bien sûr Olivier Dussaud qui est en charge de présenter le projet de budget à la rentrée. Mais l'objectif premier que nous avons, la boussole politique que nous avons, c'est que nous devons mettre des hommes et des femmes là où les décisions se prennent pour qu'on puisse faire face à cette crise.

11:11
Présentateur

Vous parlez de territoire, Jean Castex aussi beaucoup. Ça veut dire que les régions, les départements, les collectivités territoriales vont avoir plus de pouvoir, de moyens certes, mais aussi plus de pouvoir, plus d'autonomie.

11:21
Amélie de Montchalin

Il y a bien sûr les communes, les régions, les départements. Il y a aussi la présence de l'État au niveau territorial. Vous savez, les préfets de départements, on l'a vu pendant la crise, ont eu un rôle majeur parce qu'ils ont une vision de terrain à la bonne maille. Ils peuvent faire des choses très actives, très rapides. Et donc, on se dit notamment comment au lieu d'avoir des gens dans les ministères, on peut remettre des gens dans chacune des préfectures de France.

Et donc, il y a bien sûr l'articulation entre les collectivités locales, mais il y a aussi comment l'État, comment la fonction publique d'État, comment les ministères, comment les grandes, je pense à l'écologie, je pense aux transports, aux logements, ces grands ministères, comment on s'assure qu'ils n'ont pas une vision, vous voyez, de tour de contrôle, mais ils ont une vision sur le terrain. Et donc, ça c'est bien sûr un dialogue avec les collectivités, mais c'est aussi comment l'État se pense lui-même. Aujourd'hui, je vais à Beauvais, je vais rendre hommage et je vais remercier tous les agents publics qui se sont engagés dans la crise du Covid.

Il y a des agents qui travaillent pour des collectivités locales, des mairies, des départements, il y a des agents qui travaillent pour l'État, il y avait des agents qui travaillent pour les hôpitaux. Pourquoi ça, au fond, pourquoi on a tenu ? Parce qu'on a mis tous ces gens-là ensemble au bon niveau avec des marges de manœuvre, la possibilité d'agir à ce niveau-là. Je crois que vous allez écrire aux fonctionnaires. Je vais envoyer, effectivement, dans les prochains jours un message à tous les agents publics. Je vais leur poser deux questions parce que, sans eux, cette transformation, elle risque d'être déconnectée.

J'ai besoin d'eux pour savoir qu'est-ce que chacun d'entre eux voit comme mesure urgente pour que cette action publique qu'ils mènent chaque jour soit plus efficace, soit plus simple, soit plus proche. Et puis, je vais aussi leur demander qu'est-ce qui, dans leur métier, dans leur vie quotidienne au travail, est nécessaire de changer pour qu'ils puissent rendre ce service le mieux possible. Et je pense qu'il y a énormément de choses qu'il faut qu'on fasse par le bas, par ceux qui sont au quotidien dans ces fonctions et pas juste, je vous dis, par des tableaux de bord parisiens avec des chiffres parce que ce n'est pas comme ça qu'on se fera avancer le pays.

13:07
Présentateur

Une lettre aux fonctionnaires pour savoir ce qui leur manque. Vous êtes en train de nous dire qu'en trois ans, entre les manifestations des enseignants, du personnel hospitalier, des agents de la territoriale, des agents des impôts, des policiers, vous n'avez pas déjà une petite idée ?

13:17
Amélie de Montchalin

J'ai beaucoup d'idées. Mais vous voyez, ce serait un peu présomptueux quand vous êtes ministre depuis 15 jours. Peut-être qu'il faut que je confronte mes idées, nos convictions, avec aussi le retour. La crise, elle a changé beaucoup de choses. Et je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup d'agents publics aujourd'hui qui ont expérimenté pendant la crise des nouvelles manières de travailler qui sont les bonnes choses. Il y a aussi eu des difficultés parce que c'est compliqué de travailler à distance parfois dans beaucoup de services. Il y a beaucoup de choses qui font qu'on repense. Et je pense qu'il faut qu'on tire les leçons de ce qu'on a vécu en positif ou en faiblesse.

Et je pense que le moment est particulièrement approprié pour leur demander qu'est-ce qu'urgement à la sortie de cette crise il faut qu'on fasse pour que vous puissiez remplir pleinement votre mission qui est ce pour quoi vous êtes engagé. Et l'intérêt général c'est une magnifique un magnifique objectif. Ça ne doit pas rester juste des mots comment on donne les moyens à ceux qui sont là où ils sont pour qu'ils puissent vraiment servir cet intérêt général.

14:08
Présentateur

Amélie de Monchal ministre de la Transformation et de la Fonction Publique nous allons faire un tour au standard d'Inter car il y a beaucoup d'appels ce matin notamment ce qui concerne les fonctionnaires. Je rappelle le numéro 0145 24 7000 et on commence avec vous Guillaume bonjour bienvenue.

14:22
Auditeur

Bonjour à toute l'équipe On vous écoute. Voici ma question est-ce que le gouvernement à un moment donné a envisagé le dégel du point indice des fonctionnaires étant donné qu'il est gelé depuis plus de 10 ans et que les fonctionnaires ont été en première ligne parce que moi je n'ai pas été confiné en tant qu'assistant social et donc quid du social du médico-social ?

14:46
Présentateur

La revalorisation des salaires donc chez les fonctionnaires Guillaume Amélie de Monchalin votre réponse en voilà une de réponse déjà avant même d'envoyer la lettre

14:55
Amélie de Montchalin

Merci beaucoup pour cette question et effectivement je pense qu'on a vu sur tout le terrain des agents en première ligne comme le dit Guillaume j'ai initié depuis 15 jours un dialogue profond avec les organisations syndicales on a eu déjà un premier conseil de toute la fonction publique d'état jeudi c'est un conseil commun de toutes les fonctions publiques et vendredi nous avons ce que nous appelons le rendez-vous salarial où avec toutes les organisations syndicales nous aborderons pour l'année 2021 et pour la suite les questions effectivement de rémunération il y a des questions aussi de protection sociale il y a des questions aussi d'attractivité des métiers d'égalité hommes-femmes donc on a beaucoup de choses et ce sera au menu de mes discussions de vendredi je suis bien consciente qu'aujourd'hui nous devons rendre les métiers de la fonction publique attractifs c'est d'ailleurs ce qui est au coeur du Ségur de la santé ce rattrapage en ce qui concerne

15:41
Présentateur

les personnes soignantes

15:42
Amélie de Montchalin

pour notamment tous les personnels des EHPAD des hôpitaux de tout ce secteur qui a été on l'a vu dans la première ligne de crise absolue que nous avons vécu et donc on voit bien que l'attractivité des métiers il y a bien sûr des questions salariales il y a aussi des questions de formation de parcours de carrière comment qu'on rend dans la fonction publique on a une visibilité sur là où on va tout ça je le discute en détail avec toutes les organisations syndicales et comme l'a dit Jean Castex je suis convaincue qu'on ne réforme pas on ne modernise pas on ne sortira pas cette crise sans la capacité de se mettre autour de la table et d'avancer ensemble

16:17
Présentateur

le dialogue d'accord on entend que vous réfléchissez quand même à dégeler le point d'indice chez les fonctionnaires on a l'impression que l'Etat peut comme ça dépenser sans compte

16:24
Amélie de Montchalin

je ne vous annonce rien ce matin je vous dis que le rendez-vous salarial c'est vendredi c'est un tour de table avec toutes les organisations syndicales de la fonction publique il y a bien sûr des arbitrages qui devront être pris pour le budget 2021, 2022 et la suite je vous dis que l'attractivité des carrières est essentielle

16:39
Présentateur

elle passe par la revalorisation on est d'accord

16:41
Amélie de Montchalin

je vous dis qu'exactement sur la santé on a fait un énorme effort après il faut qu'on puisse regarder les choses aussi faire des arbitrages donc il y a beaucoup de choses je n'ai pas d'annonce à vous faire ce matin mais je vous dis que ma méthode ce n'est pas justement de venir à votre micro de vous dire c'est réglé c'est de le faire avec les organisations syndicales dans un dialogue social de qualité et de transparence et de confiance

16:59
Présentateur

ce changement de méthode c'est un constat d'échec Amélie Monchalin sur la politique de la fonction publique

17:05
Amélie de Montchalin

vous savez il y a eu beaucoup de réformes qui ont été faites depuis quelques années et qui je crois aujourd'hui nous amènent à un point où il faut qu'on arrête de faire de la réforme générale et il faut qu'on s'attache à ce que dans chaque équipe dans chaque service dans chaque territoire les agents publics aient les moyens d'agir et ça me semble être une approche un peu différente bien sûr je suis la ministre de tous les fonctionnaires 5,5 millions d'agents publics dans notre pays qui nous servent chaque jour mais vous imaginez bien que si on fait tout pour les 5,5 millions d'agents sans se demander comment c'est adapté dans les outre-mer dans les quartiers populaires dans les zones rurales je pense qu'on passe à côté de ce que les français vivent et de ce que les agents publics vivent donc moi j'aimerais qu'on soit plus proche du terrain qu'on soit dans un dialogue social fructueux mais surtout qu'on redonne des marges de manœuvre à chacun là où il est

17:53
Présentateur

Retour au standard nous accueillons Philippe bonjour bienvenue Philippe Philippe êtes-vous avec nous Philippe bonjour vous êtes sur France Inter on écoute votre question à la ministre

18:05
Auditeur

Oui bonjour madame la ministre je suis l'éditeur du site leader de préparation au concours de la fonction publique cap-public.fr et je vois à travers le forum beaucoup d'interrogations sur le recrutement je suis heureux d'entendre que la fonction publique va être rendue encore plus attractive les métiers mais est-ce que vous pouvez confirmer que les concours restent le mode principal de recrutement avec bien qu'il y ait une réforme de la fonction publique est-ce que les concours restent bien donc le mode principal de recrutement des fonctionnaires et est-ce qu'ils vont être rendus plus attractifs dans les mois et les années à venir

18:49
Présentateur

Philippe merci pour cette question on revient donc sur l'attractivité de la fonction publique c'est une vraie question et la question de ces concours

18:55
Amélie de Montchalin

merci beaucoup pour votre question le concours il a un bénéfice c'est qu'il est profondément méritocratique il permet à chaque français avec ses compétences de se présenter moi j'ai un combat qui est celui du président comment notre fonction publique est ouverte à chacun comment elle ressemble à la France comment elle n'est pas dans son mode de sélection dans son mode de recrutement au fond divergent de ce pour quoi elle a été créée donc vous gardez les concours donc on garde les concours on essaye aussi de donner plus de diversité sociale plus de capacité à chacun où qu'il soit de pouvoir passer les concours parce qu'aujourd'hui il y a des endroits de notre pays je pense notamment aux Outre-mer où passer les concours à la fonction publique c'est pas forcément aussi simple ou aussi accessible et moi ce combat notamment pour l'égalité homme-femme pour la lutte contre les discriminations sociales faire de la fonction publique un bel outil méritocratique un outil qui soit aussi un vecteur de notre ascenseur social collectif c'est essentiel évidemment le concours il est au coeur de ce système qu'on a créé après la seconde guerre mondiale où chacun parce qu'il a des talents parce qu'il a des compétences parce qu'il a envie de servir son pays peut le faire évidemment aujourd'hui il y a des métiers où on recrute et où on a des difficultés à trouver des candidats et donc c'est pour ça qu'aussi on fait appel à des contrats parce que je pense notamment dans le domaine du numérique ou dans d'autres domaines on a moins de personnes qui se présentent au concours ou elles n'ont pas forcément les compétences dont on a besoin à un moment donné ça ne veut pas dire que le concours est dévalorisé au contraire mais vous voyez le combat c'est vraiment la diversité aussi sociale qui doit être permise par ces concours et donc il y a toute une réflexion vous avez sur aussi les concours de la haute fonction publique l'ENA notamment la réforme en cours donc vous poursuivez ces réformes comment on fait on ne fait pas de discriminations alors que c'est bien l'objectif de ne pas en faire

20:37
Présentateur

Amélie Manchalin autre sujet comment se passe la cohabitation avec Gérald Darmanin au gouvernement il s'aide le ministre de l'intérieur je suis le ministre de la transformation de la fonction publique bien sûr vous travaillez ensemble quand même vous êtes dans le même gouvernement exactement tout se passe bien

20:49
Amélie de Montchalin

j'ai pas de commentaire à faire je vois où vous m'emmenez ce que vous cherchez à me faire dire c'est qu'aujourd'hui on a au coeur de notre république la présomption d'innocence le président et le premier ministre l'ont dit c'est l'état de droit c'est un combat européen que j'ai mené pendant des années l'état de droit ça veut dire que chacun a le droit d'avoir cette présomption d'innocence avant d'être condamné

21:09
Présentateur

mais vous savez très bien que ce qui choque une bonne partie de la classe politique les féministes ou les français ce n'est pas qu'il soit au gouvernement Gérald Darmanin c'est qu'il a été promu il était déjà au gouvernement là il a été promu place Beauvau un ministre visé par une enquête pour viol ça ne vous pose aucun souci

21:23
Amélie de Montchalin

ce qui me pose un souci c'est qu'on remette en cause la présomption d'innocence parce que je pense que au coeur de notre constitution au coeur de notre état de droit il y a ce principe ensuite vous savez je suis ministre donc je suis ce qu'on appelle un représentant du pouvoir exécutif et quand la justice travaille c'est bien une chose dont il faut se garder c'est que le pouvoir exécutif mette une quelconque fort de pression sur le pouvoir judiciaire

21:42
Présentateur

encore une fois vous parlez de crise de confiance on en parlait à l'instant dans votre mission de transformation mais vous comptez la rétablir avec un ministre très contesté aujourd'hui au gouvernement

21:54
Amélie de Montchalin

vous voyez ce que je veux dire moi je pense qu'il y a un sujet qui est derrière tout ça qui est comment on protège le droit des femmes ça a été au coeur d'ailleurs de mon engagement pour le président de la république ce combat pour l'égalité entre les hommes et les femmes le fait qu'on puisse reconnaître dans notre pays qu'on a quand même 50% de la population qui a des talents des compétences et qui peut tout à fait travailler travailler au même salaire être protégé dans sa parole ne pas subir des violences c'est au coeur du combat de ce gouvernement donc ça c'est mon combat c'est le combat je crois de nous tous c'est le combat du président du premier ministre et vous pouvez compter sur moi pour que ce soit dans la fonction publique dans notre action publique ou plus généralement ne pas le lâcher

22:30
Présentateur

à propos de crise de confiance il y en a une aussi en interne chez vous le gouvernement n'a plus de majorité absolue à l'assemblée il y a ses dissidents de la REM en septembre le président du groupe Gilles Legendre qui va démissionner c'est compliqué en ce moment chez la REM

22:44
Amélie de Montchalin

ce que je vois c'est que d'abord il y a bien sûr le groupe la république en marche mais si vous regardez par exemple le vote qui a eu lieu sur la déclaration de politique générale du premier ministre quand vous avez 345 députés qui votent pour on voit bien qu'il n'y a pas de problème de majorité il n'y a pas de problème de gouvernabilité dans notre pays effectivement notre majorité est composite vous avez des gens qui sont au modem vous avez des gens qui sont dans ce groupe Agir vous avez d'ailleurs des gens qui se sont abstenus ou qui ont voté pour la discussion de politique générale du premier ministre qui n'appartiennent pas à des partis qui sont considérés comme étant dans la majorité et donc ce qu'on voit aujourd'hui c'est que ce moment de crise qu'on voit qu'on vit impose une clarification est-ce que oui ou non on soutient les efforts du gouvernement et je vois qu'il y a beaucoup de gens qui le soutiennent qui ne sont pas d'ailleurs dans ce qu'on appelle initialement la brique en marche je pense que c'est important c'est au coeur du projet du président de dépasser les lignes des partis de proposer des réformes des actions et de regrouper comme ça les choses alors effectivement les choses évoluent ça fait trois ans qu'on est là il y a un certain nombre de questions qui se posent pas de remise en question après l'échec au municipal mais la remise en question pour moi c'est ce que je vous ai dit au début comment tout ce qu'on a proposé en 2017 aux français on est capable en 2022 à ce que chacun des français le voit dans sa vie quotidienne c'est pour moi le premier objectif et c'est comme ça qu'on recrée la confiance c'est pas dans les discussions à l'assemblée entre partis qui je crois sont majeures bien sûr pour le fonctionnement du gouvernement de la majorité mais qui dans la vie quotidienne des français ce qu'ils attendent de nous la pression qu'ils nous mettent c'est qu'on apporte là où ils sont des solutions à leurs difficultés et des résultats qui correspondent aux engagements qu'on a pris c'est ça pour moi le premier des combats Amélie Monchelle ministre de la transformation

24:23
Présentateur

et de la fonction publique au micro d'Inter au revoir et merci d'avoir été avec nous ce matin