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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 15 mars 2023 7 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & élections

Rénovation énergétique des bâtiments : une victoire importante pour la sauvegarde du patrimoine

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueChiffre
    « Une directive qui va imposer de mettre en chantier plus de 40 % des bâtiments européens dans les dix prochaines années. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Ce qui est clé aujourd'hui, c'est de ne pas imposer une norme unique à tous les bâtiments européens. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « La clé, aujourd'hui, si nous voulons décarboner le logement en particulier, c'est de passer des chauffages au gaz et au fioul, à l'électrique, et de faire en sorte de produire une électricité décarbonée. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Face au défi environnemental, il serait absolument absurde d'opposer la nature et la culture. »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « Un bâtiment zéro émission, dans le texte qui nous est proposé, c'est un bâtiment qui est alimenté en électricité par des sources renouvelables : de l'éolien ou du solaire. »
  • 4:48Invité politiqueFait
    « Cet amendement a été rejeté. »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « Le mix énergétique de certains de nos voisins européens, comme l'Allemagne, est aujourd'hui bien plus carboné que le nôtre, pour avoir décidé de se passer du nucléaire. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous, Heureux de vous retrouver depuis Strasbourg, et cette plénière très chargée du Parlement européen, où nous avons l'occasion de discuter énormément de sujets. Simplement un mot pour vous partager le résultat des votes qui viennent d'avoir lieu sur la directive européenne sur l'efficacité énergétique. Je vous parlais de cette directive : l'efficacité énergétique des bâtiments. Une directive qui va imposer de mettre en chantier plus de 40 % des bâtiments européens dans les dix prochaines années. Je me suis opposé à cette directive. Nous ne l'avons pas soutenue avec notre délégation, non pas parce que nous serions opposés à l'idée de rénover les passoires thermiques.

Évidemment, il faut le faire, et les propriétaires de ces thermiques sont les premiers concernés, parce qu'ils veulent voir diminuer leur facture de chauffage. Mais ce qui est clé aujourd'hui, c'est de ne pas imposer une norme unique à tous les bâtiments européens.

L'idée qu'en 2050, il aura fallu rénover la totalité du parc immobilier européen, est une idée qui est désastreuse sur le plan économique, sur le plan social, par le caractère indifférencié des normes qu'elle impose à tout le monde, mais aussi désastreuse sur le plan écologique, parce qu'elle va imposer l'extraction de matériaux, dont on sait qu'ils ont un impact environnemental massif ; parce qu'elle va imposer des processus de production de travaux qui ont évidemment un impact en termes d'émissions de carbone.

La clé, aujourd'hui, si nous voulons décarboner le logement en particulier, c'est de passer des chauffages au gaz et au fioul, à l'électrique, et de faire en sorte de produire une électricité décarbonée. Nous avions déposé, chers amis, deux amendements. Le premier, qui a été largement adopté, et j'en suis très heureux, avait pour but de faire en sorte que le patrimoine historique non classé soit exempté de ces mesures. De fait, nous le savons très bien, le texte exonérait de ces travaux les monuments historiques classés, heureusement. Mais ces monuments historiques ne représentent en France, par exemple, que 0,12 % de la totalité du bâti européen.

Nous savons très bien que, quand nous marchons dans les rues de nos villes, ici à Strasbourg, ou par exemple dans toutes les villes et villages de France, la qualité de l'environnement architectural, la singularité de la culture architecturale de nos villes et de nos villages, elle doit beaucoup à tous ces bâtiments qui nous entourent, qui sont des bâtiments anciens, mais qui ne sont pas classés pour autant, et qui ne le deviendront pas, car tout le monde sait ce que représente pour un propriétaire le fait de faire classer un bâtiment qu'il possède. Il est normal que l'essentiel du bâti soit partie de notre culture, sans être pour autant inscrit aux monuments historiques.

Il fallait protéger ce bâti, pour garder l'âme de nos villes, de nos villages, l’âme de nos cultures, de nos cultures urbaines, d'une certaine manière. Et je crois qu'à travers cet amendement, qui a été le résultat d'un long travail de discussion, de négociation, nous aurons permis de sauvegarder, de sauvegarder ce qui demeure et ce qui doit demeurer. Vous savez que ce sujet m’est cher, et que j'avais eu l'occasion de publier un ouvrage, avant d'être élu au Parlement européen, sur cette idée de la demeure.

Eh bien, aujourd'hui, pour moi, c'est d'une certaine façon une traduction de cet engagement ancien, au service de la transmission de notre héritage, de notre héritage culturel, de notre héritage immatériel, mais aussi de cet héritage matériel, et bien concret, de cet héritage charnel que constitue cet environnement dont nous avons reçu la beauté, et que nous devons transmettre à notre tour. Je crois que face au défi environnemental, il serait absolument absurde d'opposer la nature et la culture.

Ce qui compte, c'est de transmettre cet héritage, pour pouvoir faire en sorte, en le préservant, en l’entretenant, en le passant aux générations qui suivront, de minimiser l'impact environnemental majeur qu'auraient des chantiers de rénovation qui voudraient tout remettre à neuf. Quelle folie qu'une politique, prétendument écologique, qui voudrait tout mettre en chantier, au service de grands intérêts industriels, qui voient là des marchés extraordinaires s'ouvrir sous leurs yeux, mais qui ne peuvent que nous appauvrir, et appauvrir aussi la qualité-même de notre environnement, aussi bien culturel que naturel.

Le deuxième amendement concerne la définition-même d'un bâtiment à faible émission. Un bâtiment zéro émission, dans le texte qui nous est proposé, c'est un bâtiment qui est alimenté en électricité par des sources renouvelables : de l'éolien ou du solaire. Mais ces sources-là, nous le savons, elles sont intermittentes, elles ne sont pas seules à nous apporter une électricité décarbonée, et nous devons pouvoir compter, si nous voulons réussir à décarboner la production européenne, nous devons pouvoir compter sur toutes les sources de production électrique décarbonée, et en particulier, bien sûr, sur l'électricité nucléaire.

C'est une folie de vouloir exclure ce qui aujourd'hui nous permet de produire une électricité pilotable, disponible, contrôlable à faible coût et massivement décarbonée. Une folie, et une injustice envers des pays comme le nôtre, la France, qui ont reposé depuis longtemps, fait reposer leur production électrique sur cet outil, de manière majeure. Eh bien, cet amendement, et c'est là le signe de la schizophrénie actuelle, de la contradiction permanente de nos collègues - beaucoup de nos collègues - sur ce sujet, cet amendement a été rejeté. Ce sera très intéressant de voir qui a voté quoi. Nous le saurons dans quelques heures.

Mais je voudrais vous dire, simplement, mon irritation, et même plus que mon irritation, ma révolte profonde, devant cette incohérence. Comment prendre au sérieux des gens qui nous disent qu'ils veulent sauver le climat, et qui sont prêts à condamner la source d'électricité pilotable la plus décarbonée qui soit ?

Comment prendre au sérieux ceux qui disent être écologistes, et qui sont prêts en réalité à faire reposer demain le chauffage de nos bâtiments sur l'éolien et le solaire, dont nous savons que pour pouvoir fonctionner, elles ont besoin, ces énergies, de ce complément de gaz, quand ce n'est pas de charbon, qui fait que le mix énergétique de certains de nos voisins européens, comme l'Allemagne, est aujourd'hui bien plus carboné que le nôtre, pour avoir décidé de se passer du nucléaire.

Chers amis, ici, nous avons un combat politique majeur qui est d'abord un combat de principe : le combat de la cohérence, le combat de la clarté, le combat de l'exigence de résultat, plutôt que de la multiplication des normes qui rendent la vie impossible aux Européens, tout en aggravant encore le problème environnemental que l'on prétendrait résoudre. Et c'est la raison pour laquelle, je suis fier que nous ayons mené ce combat jusqu'au bout.

Et j'espère que, dans les élections qui viendront, nous aurons l'occasion de proposer aux citoyens de notre pays, et demain aux citoyens de toute l'Europe, l'occasion d'une rupture majeure avec cette idéologie qui vient nous rendre la vie impossible, qui vient rendre la vie impossible, au lieu de servir la vie, par les moyens que nous avons aujourd'hui à notre disposition, pour pouvoir la transmettre, pour pouvoir la faire grandir. C'est un sujet, non pas de détails, non pas concret, non pas technique, mais c'est un sujet de principe. C'est un sujet philosophique, et je continuerai de le défendre avec toute notre délégation. Et avec vous, bien sûr. Merci encore, et à très bientôt.