FEU INCONTRÔLABLE, DÉCÈS DE SES COLLÈGUES, CRITIQUES… ÉMU, CE POMPIER RACONTE L’ENFER DES INCENDIES
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:21OuverteRéponse directe
Pourquoi y a-t-il autant d'incendies cette année ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Pourquoi la France brûle-t-elle autant cette année ?
- 3:16OuverteRéponse partielle
Quelles sont les critiques que vous recevez ?
- 5:18RelanceRéponse partielle
Comment vous répondez aux critiques sur les priorités ?
- 8:40OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui a été donné comme orientation ?
- 10:38OuverteRéponse partielle
Comment on connaît les règles de débroussaillement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:36Éric BrocardiFait
« La France brûle malheureusement parce que aujourd'hui, on est sur un territoire qui est devenu de la paille. »
- 3:16Éric BrocardiChiffre
« quatre sapeurs pompiers qui ont été tués justement sur le sujet et le théâtre des interventions. »
- 4:38Éric BrocardiFait
« zéro blessés, zéro décès chez nos concitoyens, c'est que la mission première des sapurs pompiers a été remplie. »
- 6:00Éric BrocardiFait
« On a pas privilégié plus l'un que l'autre. »
- 6:39Éric BrocardiFait
« Le Cap Ferré était un instant aussi piégeux pour les sapeurs pompiers. »
- 7:22Éric BrocardiFait
« On doit comparer ce qui est comparable. »
- 8:40Éric BrocardiFait
« ce qui a été donné comme orientation, c'était de sauver des vies. »
- 11:58Éric BrocardiFait
« Comment voulez-vous demain arrêter une pluie ? C'est pas possible. Bah là aujourd'hui, comment voulez-vous arrêter un phénomène thermique ? »
- 13:27Éric BrocardiChiffre
« Plus de 300 interpellations. »
- 40:05Éric BrocardiChiffre
« 70 % des incendies en France seraient d'origine criminelle. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le sujet aujourd'hui, c'est de comprendre que ce qui a été donné comme orientation, c'était de sauver des vies. Tout le monde doit être secouru et tout le monde a été secouru. Là, de ce que j'ai vu là sur le terrain, j'ai rarement vu une volonté aussi forte d'en découdre. Oui, on s'est senti impuissant. Les pompiers de Girand se sont sentis à un moment donné en difficulté. Qu'est-ce qu'on dit toujours ? Et quand ils savent pas pou avant, on demande aux autres de faire 100 pas en arrière. Quand on voit qu'on lui a pété les genoux, excusez-moi de parler comme ça, mais à un moment donné, il faut le mettre à terre ce feu et il faut le comprendre. Il faut le comprendre. C'est on a sauvé des vies. Salut, je suis Éric, je suis pompier. Je
reviens de Girande. J'ai passé quelques jours avec tous les sapeurs pompiers sur le terrain. Je viens vous témoigner de tout ce que l'on a vu sur le terrain. L'intensité des feux, l'engagement des sapeurs pompiers, leurs difficultés et puis surtout surtout les émotions transmises par à la fois la population et la solidarité qui en a découlé. L'idée, c'est de vous transmettre leur ressenti et de vous faire comprendre nos enjeux et puis surtout de vous faire comprendre que chacun d'entre nous a aujourd'hui un engagement, une responsabilité mais avant tout, on espère susciter chez vous des vocations. Je viens tout vous dévoiler ici sur les jambes.
Bonjour à tous. Aujourd'hui, émission Au cœur de l'actualité puisqu'on reçoit le lieutenant colonel Éric Brocardi. C'est le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France et en fait il revient tout juste de Gironde où la situation est dramatique. On l'a vu he au total 42000 [musique] hectares ont brûlé ce qui équivaut à la taille de quatre fois la ville de Paris. C'est juste astronomique. Mais ce n'est pas seulement la Jonne qui est touchée hein. Le 29 juillet dites-vous il y avait plus de 50 incendies sur tout le territoire que ça soit en Corse, dans le Sud-Est ou encore dans le Sud-Ouest. Mais alors pourquoi il y a autant d'incendies ? Qu'est-ce qui les rend si violent ? Est-ce qu'on doit s'attendre à vivre cette situation chaque été ?
[musique] Éric, le porte-parole des pompiers, vient répondre à toutes nos questions sur les gendes. Bonjour Éric. Bonjour Lola. Alors toi, tu es le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs pompiers. [musique] Tu étais sur place en Gironde. Tu viens tout juste de revenir. Déjà comment tu vas ? On est assez bouleversé quand on revient d'un feu comme celui-ci parce qu'on est en train d'écrire une nouvelle histoire pour les sapompiers de France. On capte de suite l'émotion qui jait ne serait-ce que des hommes et des femmes qui aujourd'hui luttent et continuent à lutter. Et puis él de solidarité incroyable des concitoyens. Je pense qu'aujourd'hui c'était plus que nécessaire de s'en rendre [musique] compte et on espère que cette dynamique de soutien, cette dynamique de
solidarité et puis de prendre en compte que aujourd'hui les hommes et les femmes qui sont engagés sur le terrain ont le cœur à l'ouvrage mais pas uniquement dans les incendies aussi du 1er janvier au 31 décembre. Depuis cet été, on a vu des feux partout en France, que ce soit à Paris, à Fontainebleau, en Corse, on a l'impression qu'il y a de plus en plus de feu. Pourquoi cette année, on a l' France brûle autant ? La France brûle malheureusement parce que aujourd'hui, on est sur un territoire qui est devenu de la paille. Euh et cette paille, c'est dû au aux évolutions des températures, aux effets du dérèglement climatique, aux effets tout simplement des aversions de saison qui sont à la fois beaucoup plus courtes et beaucoup plus intenses et parfois trop rapide. On n pas le temps de
s'adapter, la végétation n'a pas le temps de s'adapter, ce qui fait que ça désordonne quelque part le cycle naturel. Je suis pas scientifique mais je le vois et je le perçois sur le terrain. Si on a autant de feu aujourd'hui, c'est aussi parce que on est peut-être moins bien préparé que les sujets de prévention doivent être aujourd'hui un sujet prioritaire sur l'ensemble de notre territoire national parce qu'aujourd'hui de toute façon on le sait pertinemment que c'est ensemble qu'on va demain éviter ces drames et j'ai une pensée effectivement particulière parce que au-delà de ces effets du dérèglement climatique ce sont surtout nos sapeurs pompiers qui ont été touchés en pleine chair. quatre sapeurs pompiers qui ont été tués justement sur le sujet et le théâtre des
interventions. Je parle des pompiers de près de Mirnac, je parle aussi de mon collègue des bouches du rôon comme celui de Savoie. C'était de pas être là au bon endroit à ce moment précis. Je pense qu'aujourd'hui on a affaire à des phénomènes naturels qu'on a du mal encore à déceler, que ce soit des embragements généralisés, que ce soit tout simplement des des chutes de pierres dans des espaces extrêmement virulents, dangereux. Et donc forcément aujourd'hui, c'est la nature où on a l'impression qu'elle nous en veut. Mais euh le sujet aujourd'hui, c'est de comprendre que demain, est-ce qu'il va falloir effectivement continuer euh à s'engager euh au plus près, au plus contact, au plus fort du contact ou est-ce que tout simplement nous allons être là pour continuer à protéger,
servir la population, c'est une évidence, protéger les vieilles humaines et les sauver, c'est une certitude. de là à s'engager sur parfois des choses qui soient parfois utiles ou pas utiles. C'est ce que j'appelle la valeur de l'engagement parce qu'on parle du brûlé, on parle de la valeur du sauver parce que les sapers oui, on va dénombrer le nombre de maisons brûlé et je peux vous le dire qu'aujourd'hui j'ai un peu du mal à comprendre les critiques parce qu'aujourd'hui ce sont seuls les sapurs pompiers qui éteinent les feux avec le soutien des agriculteurs comme vous avez pu le voir avec le soutien de l'ordre avec la sécurité intérieure et je crois qu'aujourd'hui le sujet c'est de comprendre que on doit pas faire aujourd'hui un un débat une on va dire de commencer à donner des avis sur la
manière dont on éteint les feux parce que nous nous savons éteindre les feux et que parfois nous prenons des objectifs avec des priorisations qui est de sauver des vies. C'est notre mission numéro une. C'est quoi les critiques que vous recevez pour expliquer ? Vous savez euh quand on commence à à douter sur euh le fait que on comprend le désarroi des gens de dire "Ils ont perdu leur maison euh mais il y a un moment donné on on peut pas être partout et surtout on on va on va comment essayer de faire en sorte de sauver euh la vie humaine." Et quand vous avez 220000 personnes évacuées, zéro blessés, zéro décès chez nos concitoyens, c'est que la mission première des sapurs pompiers a été remplie. Donc oui, quand on revient sur le théâtre des dégâts, euh on voit la
détresse et on accompagne la détresse des gens. On essaie de leur expliquer aussi tout ce qu'on a fait parce que ce sont des pompiers volontaires et des pompiers professionnels. Ce sont des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires. On doit pas leur en vouloir. Euh nous avons fait le maximum. Qu'est-ce que tu réponds aux personnes qui disent que vous avez privilégié de sauver le Cap Ferré plutôt que le Porsche ? On a pas privilégié plus l'un que l'autre. En fait, il y a parfois un impossible opérationnel. Il faut faire il faut comprendre que dans ces enjeuxl il y a ce que l'on va pouvoir sauver face aux forces naturelles. On a eu affaire à un combat entre David et Goliath. Le Cap Ferré comme d'autres villages en fait il faut bien comprendre que les
moyens ont été engagés. Le Cap Ferré était un instant aussi piégeux pour les sapeurs pompiers. piégeux dans deux sens, c'est-à-dire le fait d'avoir une zone qui pourrait être à un moment donné un point de bascule euh sur le sujet de malheureusement plus de blessés pour les sapeurs pompiers parce que vous voyez la géographie des lieux, c'est extrêmement complexe d'y accéder et l'intensité naturelle du feu n'était pas du tout la même sur le Capféré comme on a pu le voir sur d'autres villages. Quand on parle d'un feu convectif, on on regarde ce qui s'est passé au cœur du feu. On regarde ce qui s'est passé près de Porsche et qu'effectivement tous ces villages qui ont été fortement impactés et cet effet on va dire d'une déférente de feu d'un embrasement qu'on pourrait
qualifier de général sur l'ensemble de la zone avec un un pyrocumulonus qui a eu 20 km de pied vous retrouvez face à un mur de feu à une tornade de feu qui s'est focalisé là-dessus. Très clairement ce n'est pas du tout la même chose de ce qui s'est passé au niveau du cap ferré. Donc c'est pas un choix en fait. C'est un impossible opérationnel que de lutter face une un feu qui avait une puissance hors norme telle une centrale nucléaire qui est en train de vous exploser devant vous qui est en mode on va dire rouleau compresseur s'est transformé d'un seul coup en en formule 1 avec toute la puissance que derrière ça généré. On peut on doit comparer ce qui est comparable. On doit savoir réellement ce qui s'est passé sur le terrain avant de juger, savoir si on
a préféré. Nous sapeur pompier, c'est écrit au travers de nos lettres et de nos mots. C'est tout le monde tout le monde doit être secouru et tout le monde a été secouru. Mais parfois vous devez prioriser une maison plutôt qu'une autre. Comment faire le débat après ? Euh c'est toujours simple. Refaire le match. Vous savez c'est comme dans un match de football où on à l'issue on a toujours 67 millions de sélectionneurs équipe de France. J'aurais fait c j'aurais fait là il y en a. En fait, les le meilleur sachant, c'est le commandant des opérations de secours et c'est le directeur départemental parce que c'est eux qui donnent l'ordre en lien avec les préfectures et les autres forces de sécurité intérieur. Le sujet aujourd'hui, c'est de comprendre que ce qui a été euh donné comme orientation,
c'était de sauver des vies. C'est la principale mission. Le deuxième sujet, c'est les sapeurs pompiers de sauver un maximum les biens, chose qui a été faite avec des limites de lutte. mettre des pompiers au feu. Il est hors de question encore d'avoir encore des familles qui pleurent leurs enfants, leurs fils, leurs frères parce que ils ont été jusqu'au bout de leur engagement. Donc comment on choisit ? déjà aussi un sujet de défendabilité de la maison en elle-même. Est-ce que vous comprendrez un jour que lorsqu'on a une maison dans des massifs forestier, la première des nécessités, c'est de nettoyer autour de chez soi ce qu'on appelle les obligations légales de débourant pour permettre à ce que les sapeurs pompiers soient eux-mêmes protégés lorsqu'ils protègent aussi votre maison.
On doit pas subir les négligences des maisons qui n'ont pas été suffisamment protégées d'elles-même et ce qu'on appelle la défense passive. Ça arrive souvent. Ça arrive trop souvent et vous le verrez quand il y aura des images aériennes. Les maisons qui ont bien souvent été sauvées, ce sont celles qui ont appliqué ces obligations légal de débroussaillement. On parle pas que de la Géronde mais il faut parler aussi du Var, des bouches du Ron, il faut parler de l'héroe. Ces départements qui en fait ont la culture du feu de forêt qui ont mis en place des des des zones de d'interdiction de construction ou d'aménagement des territoires parce que ce sont des zones qui sont rouges. Ce sont des zones où il y a un risque de feu de forêt prignant. Donc ça veut dire
qu'il va falloir continuer à progresser dans ce domaine-là pour faire comprendre aux gens que lorsque l'on s'installe dans la nature, il y a des risques et que ces risques, on doit les mesurer et on doit s'y préparer. Comment on les connaît les règles de débroussaillement ? la mairie qui envoie un courrier que ce soit la mairie, la préfecture, oui, bien entendu, il y a un ordonnancement qui est donné, il y a des éléments à appliquer, mais je pense que là, on doit être encore plus performant, nous quand je dis nous, c'est les pompiers, les services préfectoraux, les services de mairie, c'est dans l'accompagnement sur le terrain parce que aujourd'hui parfois les gens sont trop livrés à eux-mêmes en terme de savoir quoi faire et quand le faire. Donc ça veut dire qu'une obligation
légale de débroussaillement aujourd'hui, on doit trouver des sociétés qui soient labellisées de l'État pour pas faire avoir faire des escrocs. C'est pas des personnes âgés euh qui ont des mas des maisons à l'intérieur à proximité des forêts, qui ont à peine la possibilité de marcher, qu'on va leur expliquer comment ça fonctionne une tronçonneuse euh ou une débroussailleuse. Le sujet c'est aussi surtout de savoir quand le faire. C'est pas en période estivale lorsqu'il y a un risque prignant. C'est dans les périodes de printemps, d'automne que les maisons s'entretiennent. Je pense que c'est important. On a un peu parlé mais le feu en Gironde, il y a à l'heure où on tourne, il y a déjà 42000 hectares qui ont brûlé. En quoi ce feu est inédit ? En quoi c'est un feu qui est encore plus
important que les autres ? Il est inédit parce qu'on a eu à faire à un phénomène thermique qu'on avait jamais vu encore qu'on a jamais vu encore sur le territoire national. [grognement] Ce fameux pyrocumulonus. Euh jusqu'à présent, on le voyait sur des images de ce qu'on appelle les mégafeux outraatlantiques, que ce soit au Canada, que ce soit aux États-Unis, que ce soit aussi en Australie. Donc aujourd'hui, il faut bien comprendre que ce phénomène thermique que l'on a eu à faire, on on a tous et c'est logique hein été dépassé par cet événement là. On ne peut pas lutter contre un élément naturel. Comment voulez-vous demain arrêter une pluie ? C'est pas possible. Bah là aujourd'hui, comment voulez-vous arrêter un phénomène thermique euh d'une ampleur euh hors norme euh sur lequel
aujourd'hui nous n'avions euh même si on aurait eu 10000 Canada, on les aurait même pas engagé au milieu du brasier, au milieu de la tendade de feu, au milieu du cyclone de feu. C'était pas possible. Comment il a démarré le feu ? Il y a eu plusieurs départs d'incendie mais en fait il a eu un départ et ce départ là a donné une direction on va dire on va dire classique hein. Il est parti de Somos, il est descendu mais après les phénomènes de vent ont venu complexifier la tâche des sapeurs pompiers. On est sur une façade atlantique où il y a eu un vent de terre et un vent océanique qui sont venus perturber la la comment la lecture du feu. Et cette lecture là du feu en fait, elle venait encore rendre plus difficile pour les sapurs pompiers. à partir du moment où il y a eu ce phénomène de feu
convectif avec le sujet du pyrocumuloun qui lui a généré son propre climat à l'intérieur. C'est-à-dire que à l'intérieur du feu, vous aviez un climat orageux qui créait de l'électricité, qui tapait un peu plus loin la foudre et cette foudre là redéclenchait des incendies. En plus de ce phénomène d'éclair, vous aviez ce phénomène euh on va dire qui qui d'intensification et l'effet convectif du feu avec un rayonnement hors norme qui faisait que l'ensemble des éléments autour s'embrasit euh de manière automatique. Mais c'est qui ? C'est un moo, c'est quelqu'un ? C'est pour l'instant nous on n'est pas enquêteur hein. Donc le sujet c'est de continuer à à travailler. Le ministère de l'intérieur l'a l'a annoncé. Il y a
beaucoup d'interpellations, il y a beaucoup d'enquêtes qui sont en cours. Plus de 300 interpellations. Exactement. Plus de 300 interpellations. Donc si aujourd'hui il y a une enquête, il y a bon nombre d'interpellations, c'est tout simplement parce qu'on a envie de le cerner. Le problème, l'origine et puis aussi montrer l'exemple. Comment je sais pas si tu sais, tu peux me répondre mais comment vous trouvez l'auteur d'un feu ? En fait, le feu, il a une histoire. Il s'écoute, il s'entend, il se sent, il s'observe. Euh les sapeurs pompiers ont aussi des éléments à transmettre aux enquêteurs, l'origine du feu. Cette histoire-là, il y a un moment donné, il faut on peut la remonter jusqu'au point au point classique du feu, au point d'origine parce que ne serait serait-ce
qu'au niveau euh des végétaux, l'endroit où où l'origine du feu est précie, est-ce que c'est en bord de route, est-ce que c'est au milieu de la forêt ? Est-ce que c'est une zone près euh et qui soit accessible de l'activité humaine ? Il y a il y a plein de paramètres qui vont permettre de le comprendre et puis il y a les témoignages et puis il a les vidéos de surveillance et puis voilà, il y a tout ça. Donc oui, le feu se remonte en terme de lecture pour essayer de connaître et de comprendre l'origine. En girande, on a vu des vidéos impressionnantes où le feu parcourt plusieurs kilomètres en quelques minutes. Comment ça se fait qu'il y a une une si grande vitesse de propagation ? Est-ce que c'est dû au vent ? Pour qu'il avance le feu, il faut qu'il ait de quoi manger et puis il faut qu'il
soit poussé. Effectivement, le vent c'est un des critères avec ces tendances de vent qui ne cessent parfois de progresser au-delà de 30 km/h qui une des composantes qui permet de déclencher un incendie euh quoi qu'il en soit et quoi qu'il arrive sur l'ensemble du territoire. Euh le sujet aussi c'est qu'en fait il pour qu'il avance plus vite, il faut qu'il ait de quoi manger et lorsqu'il a beaucoup à manger, il continue à se régaler. Et en fait le le il faut reprendre l'histoire aussi de ce qui s'est passé en terme d'événement climatique sur la Géronde. Faut se souvenir quand même qu'il y a 4 5 mois, euh la Gironde a eu affaire à de nombreuses inondations. S'en souvenir. et et l'eau est un facteur, on va dire essentiel pour que la végétalisation puisse se reprendre correctement et
qu'il y ait une densité de végétaux sur zone qui soit extrêmement conséquente. Et plus vous avez de végétaux, plus vous avez du combustible prêt à être brûlé s'il y a un incendie qui est clos en plus en période de sécheresse importante. Et si vous étiez plus sur le terrain, ça serait plus facile d'éteindre le feu ? Est-ce que c'est une question d'effectif ? [grognement] Nous de toute façon quoi qu'il arrive pas qu'au niveau du feu mais toute l'année on a besoin de plus de personnes. Aujourd'hui c'est 200000 sapeurs pompiers volontaires, à peu près 30000 sapeurs pompiers professionnels, près de 38000. Euh le sujet c'est de comprendre qu'aujourd'hui les enjeux euh c'est de faire euh en sorte que demain nous ayons plus effectivement de sapeurs
pompiers volontaires. Quand la Fédération nationale des Speeurs pompiers de France à l'issue des incendies de 2022 pareil en Géronde évoquait le fait qu'il fallait atteindre impérativement sous une quinzaine d'années 250000 sapeurs pompiers volontaires, 40000 sapeurs pompiers professionnels aujourd'hui contre 50000 demain c'est une nécessité absolue pour deux raisons simples. C'est déjà d'une part parce que nous augmentons à chaque fois le nombre d'interventions chaque année. C'est une intervention toutes les 7 secondes en France pour les sapeurs pompiers. C'est près de 4,7 millions d'interventions par an. C'est 80 % de nos missions, c'est lié au secours d'urgence aux personnes. Donc on se focalise là sur le feu de forêt. Mais aujourd'hui, les pompiers, c'est pas
uniquement cela. C'est surtout le secours d'urgence aux personnes. Donc pour faire face en même temps aux interventions du quotidien plus aux interventions qui aujourd'hui sont exceptionnelles mais qui demain risquent d'être classé dans l'ordinaire. Oui, effectivement, nous avons besoin de plus de personnes et c'est pas un tabou de le dire et c'est pas mal de le dire. Tous les services publics, que l'on soit préhospitalier, hospitalier, que l'on soit sécurité intérieure, que l'on soit tout simplement des forces administrative, nous avons besoin de gens pour faire fonctionner toute cette machine là et continuer à être le rempart impénétrable de toutes les forces et de toutes les calamités que l'on peut recevoir au quotidien. C'est intéressant de de parler aussi de
de ça. Est-ce que tu penses que les pompiers sont suffisamment payés ? Tu parlais de recrutement pour les risques encourus ? Enfin honnêtement, si un sap pompier aujourd'hui il est là que pour ça, euh ça nous intéresse pas. En fait, il faut bien comprendre que aujourd'hui euh un sapat pompier reçoit une indemnité. Et en fait, c'est pas pour ça qu'il rentre. Il rentre parce que aujourd'hui les sapeurs pompiers offrent des possibilités de s'épanouir parce qu'on est sur [souffle coupé][soupir] aujourd'hui sur une un champ missionnel qui est incroyable, qui change tout le temps, qui évolue en permanence et je pense qu'aujourd'hui les gens ils ont besoin de changement, ils ont besoin d'activité, ils ont besoin d'être utiles et de sentir utile quel que soit le
prix. Et à partir de là, il faut pas croire qu'à un moment donné, en doublant, triplant, quadruplan, euh les éléments, ça va permettre de faire rentrer plus de personnes. C'est pas ça en fait le sujet parce que quelque part euh ça serait de mauvais augure que de rentrer que pour ça. Je pense qu'il y a valorisation, il y a récompense, il y a nous avons la Fédération nationale des pompiers de France mis en place des dispositifs qui visent à valoriser, remercier les fins de carrière énormément. C'est des choses qui viennent récompenser euh les carrières. Elles pourra être meilleure ces récompenses. On en a on le sait que ça pourrait être meilleur et d'ailleurs la fédération lutte pour ça. Mais je pense que dans tout le panel et tout le parcours d'une caserne les sapeurs
pompiers pour le voir, j'ai passé un mois à à être dans toutes les casernes de France, absolument toutes. Et si je fais ça depuis 15 ans, notamment au mois de juillet, je peux vous dire qu'aujourd'hui on parle pas d'indemnité de pay. On parle de valeur de l'engagement, on parle du sens des missions, on constate qu'il y a un turnover de plus important chez les pompiers et c'est ce qui nous fait craindre. C'estàdire qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de pompiers professionnels qui posent des disponibilités parce qu'ils ne se retrouvent pas dans le cœur de ce pourquoi ils ont signé. Parce qu'aujourd'hui, je pense que en essayant de de régler le problème par l'argent, on règle on résout rien en fait. On doit surtout régler le problème par la prise de conscience que les sapeurs pompiers
sont là pour des missions vitales, sont là pour des missions urgentes, sont là pour rendre ce qui doit être porté par l'uniforme, c'est-à-dire l'abnégation, le courage et surtout le sens de leur mission en tant que soldat de la vie, soldat du fait et soldats du climat. Si demain nous agissons uniquement sur ce levier là, c'est pas la la réponse efficace. La réponse efficace, c'est de comprendre que le souci du quotidien, c'est pourquoi lorsque je suis engagé sur des missions de transport interhospitalier où je dois amener une victime d'un hôpital à un autre ou que sous prétexte que il y a pas assez d'ambulances privées, je fais une mission qui n'est pas du domaine de l'urgence, bah au détriment de cela, j'ai une personne qui
est en détresse vitale et j'arrive pas à y aller parce que je n'ai plus assez d'effectif. Donc vous voyez qu'en fait c'est un problème de règles et d'ajustement. On va parler de vos conditions sur le terrain. Moi, j'ai plein de de questions que je me pose personnellement. Par exemple, déjà, ça pèse combien tout le matériel que vous avez sur vous ? Ça a l'air très lourd. Oui, c'est très lourd. Bah, tout dépend ce que l'on porte parce que c'est vrai que en fait les sapeurs pompiers, ils ont cette chance là. C'est un peu comme des alors c'est peut-être la seule fois où je vais l'employer. C'est peut-être comme des super-héros. À un moment donné, ils peuvent changer d'uniforme et passer vite d'un cadre à l'autre. Euh mais en restant en restant simple euh
chaque mission a son adaptation en terme de matériel apporter. On n'est pas équipé de la même manière quand on lutte contre un feu urbain et quand on lutte contre un feu de forêt. En Gironde par exemple, en Gironde par exemple, vous aviez euh les sapeurs pompiers qui étaient équipés pour certains en tenue feu de forêt avec un casque beaucoup plus léger. C'est ce qu'on appelle un casque F2 de lutte contre les les feux naturels et une tenue, on va dire de protection un peu plus légère que la tenue en mode urbain où la tenue en mode est beaucoup plus lourde parce qu'on a affaire à de plus en plus de phénomènes thermiques dans le monde urbain avec un casque qui protège l'ensemble pour faire face à ces phénomènes thermiques. Or là, on s'aperçoit que des phénomènes
thermiques, il y en a aussi euh dans les espaces naturels. Donc ça veut dire que demain notre protection, même si c'est dans des espaces ouverts, il va falloir peut-être la modifier, peut-être la prononcer un peu plus pour permettre justement de faciliter et vous me parlez la question du poids, ça va entre 4 parfois 5 kg, voir en fonction de ce que vous portez sur le sujet, on va dire du matériel pour faire des établissements de longue distance, ça peut monter jusqu'à 20 10 kg quand vous portez une motopompe sur le dos, quand vous portez 4 c tuyaux avec des lances, avec des vannes, forcément le poids est beaucoup plus important. À quelle température vous êtes exposé ? À la température maximum, c'est plus de 400°. C'est plus de 400° sur l'ensemble des feux parce
que il y a comment un niveau, on va dire euh d'engagement et nécessité d'être au plus près euh qui doivent permettre à un moment donné de d'abattre rapidement l'ennemi. Mais il faut bien comprendre en faisant le le lien jusqu'à présent avant, c'est qu'il faut trouver un juste milieu entre le poids et la protection et la sensation que les tenues doivent continuer à nous apporter. Parce qu'en fait nous le problème c'est que plus on est protégé, plus on va s'approcher du feu. Et qu'est-ce qu'on dit toujours que quand les sapés font 10 pas en avant, on demande aux autres de faire 100 pas en arrière. Le problème c'est qu'aujourd'hui il va falloir trouver le juste équilibre entre l'équipement que l'on doit avoir pour éviter que on soit jusqu'à 800 ou 900 degrés parce que la
tenue nous protège trop bien. Et lorsqu'on est trop près et que le casque commence à fondre, ça veut dire que là il y a un problème. Ça déjà arrivé de un casque qui fond. Ouais. Ouais. Euh et qu'on fait sortir de suite des flammes parce que parce qu'ils vont trop loin dans l'engagement. Vous savez un pompier, il est il est animé par une chose, c'est la soif de servir et la soif d'en découdre et et de protéger. Si vous retenez pas un sa pompier euh enfin c'est je on est au-delà d'un sportif de haut niveau quoi. En fait il est pas il est peut-être moins musclé qu'un qu'un vrai sportif de haut niveau mais il a une
notion de l'engagement. Si vous mettez le même mental, c'est fort ce que je veux dire, mais si vous mettez le même mental des sapeurs pompiers sur une finale de coupe du monde, il vous la gagne 10 fois la finale. Voilà. Là, de ce que j'ai vu là sur le terrain, j'ai rarement vu une volonté aussi forte d'en découdre, mais vraiment dans le regard, les yeux, la la volonté de rester sur le terrain parce qu'il y a rien de pire que de retirer un pompier qui est au combat, je l'ai subi en tant que chef de colonne, chef de groupe, chef de centre de dire à un moment donné les gars, faut partir parce qu'il faut se mettre un peu au repos. Bah vous avez des pompiers qui en
qui qui veulent pas, qui refusent qui refusent l'ordre qu'il faut inciter, qui pleurent et puis vous croisez des pompiers aussi qui vous disent euh merde tout ce que j'ai fait ça servait à rien. Encore il y a 24 heures, un pompier de lisière de voiron euh qui me dit "Putain, mais on a fait ça mais ça sert à rien." Je suis dit "Mais tu es fou quoi de dire ça ?" Et là, en fait, vous passez d'un mode de management de commandement à un mode soutien euh d'intimité où vous lui expliquez que le moindre goutte d'eau que vous avez pu jeter sur l'ogre euh ça a permis de le faire un petit peu flancher et que c'est
la somme de toit multiplié par 100 qui va faire qu'on va réduire son intensité. Et il s'en aperçoit pas. Mais après quand on dessine une carte et qu'on voit qu'on lui a pété son front de flamme, quand on voit qu'on lui a pété les genoux, excusez-moi de parler comme ça, mais à un moment donné, il faut le mettre à terre ce feu et que vous avez des hommes qui doutent, il faut les remettre en selle et les faire comprendre que à leur échelle, face à 240 km de lisière de feu, bah forcément tous a son rôle et tous ont permis à un moment donné d'en arriver à l'objectif qui est proche. Voilà, faut pas se leurer aujourd'hui. À l'heure où on se parle, en espérant qu'il y a aucune réactivation,
le combat, on va le gagner, c'est sûr. Vous vous sentez impuissant parfois sur le terrain ? [grognement] Oui, on s'est senti impuissant. Les pompiers se sont sentis à un moment donné en difficulté et on n pas le droit de remettre en question l'engagement des pompiers, les ch les choses stratégiques. Elle est intéressante votre question parce que quand vous me dites, vous êtes senti impuissant. Oui oui, je vous le dis, on est senti impuissant qu'il y a eu ce phénomène de feu convectif et ce pyrocumulon nimbus évidemment mais il faut le comprendre. Il faut le comprendre c'est on a sauvé des vies pas dire mieux. Les choix stratégiques en amont d'évacuation préventive on a sauvé des vies. Point barre. Voilà les maisons, ça se
reconstruit. Allez voir les parents là des deux camarades morts au combat. et des deux autres également. Allez voir comment eux ils vont se reconstruire.
Et c'est quoi toi le plus dur que tu as vu dans ta vie sur un feu en ta vie ou en Géronde.
Ah fait chier ! Euh mon meilleur ami c'est Vincentor, le chef de centre de Saint-Medd, là où il a perdu les deux hommes. Le plus dur, c'est ça. Le plus dur, c'est on on part à 6, on revient à 6. Voilà. Là, c'est pas le cas. Et ça vient toucher, c'est la détresse des familles derrière. C'est la détresse d'un chef qui est aussi un ami. Et forcément, il y a il y a cet impact fort qu'on mesure pas. Et cette élan générosité, on veut pas qu'il s'éteigne. Je pense que le plus dur, ça va être à la rentrée quand tout sera oublié. Et malheureusement, à chaque fois, les feux, ils interviennent là où tout le monde est en congé. sûr qu'il y en a qui sont sur le pont, mais j'ai hâte d'être à la rentrée parce que le feu nous on l'aura encore en tête et en mémoire. Ça fera peut-être plus la une des journaux, mais on a des rendez-vous, on a des rendez-vous forts. Beaucoup devront être présents parce que ce qui se dessine aujourd'hui, c'est en fait c'est l'avenir de la protection des Français. [grognement] Euh ce qu'on a analysé là sur le
terrain, c'est l'avenir et la protection des Français. C'est la défense de l'Europe. [musique] C'est la défense des forces. Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que vous voulez en fait ? Voilà. Qu'est-ce qu'on veut ? Est-ce qu'on veut être simplement spectateur d'images faramineuses ou est-ce qu'on veut être acteur pour essayer de d'arranger les choses ? Comme je l'ai dit, on peut pas arrêter la pluie, on peut pas arrêter les inondations, on peut pas arrêter les forces naturelles, hein. C'est euh c'est ce que je disais tout à l'heure, face à l'impossible opérationnel, il faut accepter que la nature soit plus forte que nous. Pour autant, la détermination de vouloir en découdre et d'appuyer sur des éléments forts comme euh les axes de prévention aujourd'hui doit être une priorité nationale.
Aujourd'hui, on doit apprendre ce que c'est un pompier à l'école. Aujourd'hui, on doit apprendre faire un massage cardiaque à l'école. L'école doit être le centre de tout, en fait. parce que c'est la génération qu'on doit préparer. Là, il y a une génération de sacrifiés, mais la génération des 10 20 prochaines années, elle doit savoir. On est toujours là à dire "Ouais, un pays asiatique, ils apprennent si et ça à l'école, mais qu'est-ce qu'on attend ?" Je pense qu'il y a des cases libres à l'école. Je pense qu'aujourd'hui, il y a des parents qui seraient aussi heureux de comprendre que lorsqu'ils reviennent à l'école, en plus d'avoir appris le français, les maths, ils ont appris aussi à se protéger, à protéger les autres. Ça me paraît tellement évident. Pourquoi dans l'école
on met pas des vrais cursus qualifiants comme je dis toujours ou à l'issue quand on obtient le bac, on obtient pas aussi son brevet national de secours euh aquatique. Pourquoi ? Pourquoi quand vous arrivez en CM2 ou en 6e pour éviter les cours de piscine, vous faites un mot par votre médecin plutôt que d'y aller et essayer d'apprendre quelque chose au lieu de nager pour nager ? ça vous permettez d'emmagasiner des points, ces points là, ça vous donne une moyenne à la fin de l'année et à la fin de l'année, vous passez des tests et vous avez votre Bénécessa. Comme ça, à 18 ans vous avez premier job pour sauver les autres et surveiller la plage et en plus vous restez chez vous alors que tout le monde est en galère pour trouver des du boulot et la transformation des surveillants de
Bénia dans sa propre pompier volontaire, elle derrière, elle se fait très rapidement. Mais pourquoi on va pas chercher ça quoi ? Pourquoi on n'est pas dans le pragmatisme permanent ? On va parler euh des évacuations. On a été euh impressionné, je pense, par euh le nombre de personnes évacuées. Il y en a plus de 220000, hein, si je dis pas de bêtises, juste en Géronde. Je crois [grognement] que c'est le plus grand nombre de déplacés depuis la Seconde Guerre mondiale. Un déplacé climatique. Ouais. Ouais. Euh, à partir de quand ça devient obligatoire de déplacer des personnes ? ce qu''estime le commandant des opérations de secours, le pompier avec euh le directeur départemental et le préfet parce qu'en fait il faut bien comprendre que la décision, elle se prend pas uniquement seule, elle se
prend avec euh au centre de coordination avec euh les préfectures avec une analyse topographique importante et une analyse des infrastructures possibles dégagement parce que vous allez pas mettre 200000 personnes comme ça sur la route surtout dans la configuration des lieux. Il faut bien comprendre que la façade atlantique en milieu le fait qu'il y a pas beaucoup de route, elle laisse pas beaucoup d'espace de dégagement puisque il y a une partie vers l'ouest où vous avez la merde. Donc il y a eu effectivement ces ces départs en bateau ce qui était une solution inédite mais une solution nécessaire. Mais après tout on prend les voies terrestres, on doit pouvoir prendre les voies maritimes comme on pourrait prendre les voies ferrées. En fait c'est le côté spectaculaire qui donne
l'impression qu'on est dépassé. Mais non c'est le côté de la solution. C'est le côté où effectivement bah on a réussi à déplacer des gens par voie de bare. C'était une des meilleures options à prendre aussi. elle a été prise et c'est une bonne chose. Ça fait des images alarme alarmantes au sens queon on on lance on lance le signal d'alerte avec derrière tout le dispositif et faire alerte pour comprendre qu'on est dans la zone à risque. Mais au-delà de ça, la décision elle se prend quand on sait qu'à un moment donné d'un point de vue analyse de la zone on va se retrouver à des bouchons qui vont empêcher l'accéder des secours. Est-ce que ça ça arrive parfois que des personnes ne veulent pas quitter leur habitation ? Trop souvent. Comment vous faites dans ces cas-là ?
On force, on incite euh nous pompiers, on va jusqu'à un niveau euh de persuasion. Après, il y a la police et la gendarmerie et puis si on y arrive pas, ben la personne reste. Mais voyez, je je discutais, une personne m'a appelé, mes parents avec mes enfants sont dans le VAR, ils voient la fumée et on me demande s'ils doivent partir. Je dis bah oui, il faut qu'ils partent. Ah mais ils veulent pas. Et je dis non mais la question c'est même pas de savoir s'ils veulent ou pas, c'est ils doivent partir. Oui mais c'est encore loin. Non non je dis attends je t'explique c'est pas une question de loin. C'est une question que quand ça va être trop près, ça sera trop tard parce que les routes vont être bloquées, tout va être bouché. Je veux dire à un moment donné
pesons le vrai quoi. Le vrai c'est quoi ? Facilitons l'accès des secours. Mettez-vous à l'abri. Prenez une chambre d'hôtel. Allez retrouver des amis, c'est temporaire, vous reviendrez. De toute façon, faut être pragmatique et faut être lucide. Quand avec Décathlon, on met en place le kit des sapeurs pompiers pour faire comprendre aux gens que dans ce kit, il faut avoir une couverture de quoi ranger ses papiers, des denrées réalimentaires non périssables, d'avoir une boîte avec à l'intérieur le double de ses clés ici et là. Ça c'est un kit pour partir en cas de vacation. C'est ce qu'on a appelé avec vous saz tout le monde a parlé du kit d'urgence pour 72 he le truc hyper anxiogène. Bah nous en fait on s'est dit
avec la Fédération nationale les pompiers de France, on va rendre le truc plus cool. Euh rien ne sert d'être à chaque fois dans l'alarme générale. Donc on crée le kit des sapports pompiers en cas de départ imminent et soudain. Premier ce kit et à l'intérieur vous mettez ça, ça ça et ça. Tous les produits vous allez retrouver dans les magasins. Donc vous allez sur pompier.fr c'est tout décrit. à l'intérieur, il y a de quoi recharger son téléphone portable avec la dynamo, une lampe avec la dynamo, pareil pour être autonome pendant 24 heures. Et alors, vous allez vivre en mode camping et alors voilà, vous allez voir votre collègue pendant 24 heures et alors pourquoi ils veulent pas évacuer les les personnes ? Ils ont peur de laisser leur maison. Ben, c'est leur maison, c'est normal.
C'est le sujet, c'est de comprendre que il y a tout est rattaché à la maison et au souvenir. Je pense qu'aujourd'hui c'est c'est l'enjeu quand vous soutirez les gens de chez eux, vous leur enlevez un pan de leur vie et puis ils sont dans l'inquiétude permanent. Mais s'ils ont fait des obligations légales de des débroussamment, qu'ils ont leur maison, qu'ils ont laissé les accès au niveau des sapeurs pompiers, enfin vous vous emmagasinez toutes les chances de retrouver votre maison intacte s'il y a pas de phénomène thermique important. Tu as des moments qui une anecdote ou quelque chose qui t'a marqué avec des des civils comme ça pendant des évacuations ? Un moment qui t'a touché personnellement, tu es confronté à des personnes qui découvrent qu'ils ont perdu leur leur maison là,
est-ce que c'est vous qui leur expliquez ? Bah, il y a les deux pendants. Il y a effectivement euh les gens qui retrouvent leur maison et qui vous disent merci parce que la maison est sauvée. Et là, vous leur expliquez euh euh comment ça a été opéré et que voilà, vous avez eu trois ou quatre camions autour d'un d'un m d'un d'un d'un quartier et que ils étaient en situation de guerre et que ils étaient protégés parce que votre maison était bien protégée. Et à partir de là, c'est comme ça qu'on a pu abattre le feu. Et après malheureusement vous raccompagnez les gens qui effectivement on ont tout perdu. Et ces gens-là il c'est un moment extrêmement délicat parce que vous vous savez que vous avez pu tout faire avec les pompiers volontaires comme
professionnels qui étaient engagés. Ils se sont dépassés, surpassés. Voilà. Mais on peut pas avoir un pompier devant chaque maison. C'est pas possible. Il faut que tout le monde prenne le mindset ça par pompier en compte et tous un esprit. Et c'est pour ça qu'on a lancé le le hashtag tous pompiers, c'est pour que les gens comprennent que on doit réfléchir à être pompier en permanence. H mais me protéger moi, c'est sauver ce que j'ai de plus cher. Mais me protéger moi, c'est sauver aussi les pompiers parce que ils vont pour être mieux protégés pour attaquer le feu si demain il vient. Là, on parle que du feu, mais le sujet c'est de comprendre aussi que euh si on réfléchit en permanence sur le modèle pompier, bah forcément, vous allez avoir plus de chance de pouvoir retrouver
votre maison intacte. On a vu aussi les animaux fuir. Euh ça c'est ça c'est ma brise ça. [rires] Ouais, ça c'est ma corde sensible les animaux. Euh est-ce que c'est de votre mission aussi de les protéger ? On a des vétérinaires chez les par pompiers dans sous direction santé. Nous avons des vétérinaires auquels on fait appel. Nous avons des spécialistes. Vous savez, on a une chance chez et les pompiers, c'est que 80 % de nos effectifs sont des pompiers volontaires. Donc ils arrivent de plein d'horizons différents. Vous avez des agriculteurs, vous avez des maires, vous avez euh des gens qui travaillent dans la dans dans la tech, vous avez des gens qui sont même producteurs audiovisuel, vous avez des gens qui sont euh pharmaciens, vous avez voilà. Et en fait dans tout ce
mixage là, quand vous arrivez à les détecter, ces gens, ils vont avoir un impact direct sur le traitement des animaux dans ce genre d'incendie. Donc encore hier, j'ai pu voir que le fait d'avoir un sapeur pompier volontaire qui soit vétérinaire aussi à côté a eu un impact fort dans l'accompagnement des gens lorsque lorsque leur animaux domestique ou quoi était en difficulté respiratoire parce que c'est arrivé lorsqu'à un moment donné il y avait un chenil à sauver, vous aviez des vétérinaires qui étaient là autour pour protéger ces animaux là et les sauver et les canaliser. Après les animaux sauvages, je les voyais réagir, ils comprennent de suite hein. Quand il y a quelque chose qui va pas, tout le monde se tout le monde
fuit. Et puis il y a une les animaux, les volatiles se sont aussi organisés. Je les ai vu faire à au moment où le le feu se déclenche, ils sortent vite des bois, ils se mettent à avoir un comportement particulier comme s'il rappelaient tout le monde et puis il dégage. Donc il y a ces phénomènes là. Malheureusement, on tombe aussi sur des cadavres d'animaux. Vous savez dans le Var quelques années de cela, les fameuses tortues Herman, c'est une espèce qui était suite aux incendies en voie de disparition et que là l'ensemble des acteurs, on va dire la protection des animaux ont su protéger et peut-être qu'aujourd'hui on a sauvé une partie des espèces par rapport à ça. Donc oui, ça a un impact surtout aujourd'hui les incendies et chez nous les sapeurs pompiers, nous avons de plus en plus de
formation et de sensibilisation lié au sauvetage des animaux. Ça fait partie parfois des modules de ce qu'on appelle les modules divers, c'est-à-dire en gros comment réagir et comment bien sauver les animaux. Parce que par exemple, si on prend une idée, vous êtes en Gironde, vous êtes en train d'éteindre un feu et d'un coup vous voyez des biches, vous les mettez où ? même si vous essayez de les extraire du feu partout dans le camion ou est-ce que on arrive à les extraire des fois sur des brancards ? C'est extrêmement lourd. Ça est déjà arrivé parce qu'on voit qu'elles peuvent être sauvées et à partir de là on vous savez il y a tout le monde qui joue à ce moment-là. Surtout quand vous êtes dans un milieu forestiers, il faut bien comprendre qu'il y a des acteurs, les agriculteurs,
les chasseurs. Un chasseur en plus de réguler la nature, ils sont là aussi pour comprendre les animaux et aussi savoir quoi faire. Donc il faut pas voir que le côté négatif de ces gens-là. Et chacun de toute façon a envie de se rendre utile donc dans tous les domaines face à ces catastrophes. Et quand on a des appels, on va dire moi je suis vétérinaire, moi je suis médecin, moi je suis kiné, moi je suis ostéopathe, en fait tout le monde va jouer un rôle à un moment donné dans sa case et c'est bien de savoir qu'aujourd'hui il y a des animaux qui ont été sauvés par l'action immédiate des pompiers mais évidemment des des gens qui sont venus porter secours dans leur domaine. Pour parler de l'origine des incendies, le ministre de l'intérieur, il a déclaré que 70 % des incendies en France
seraient d'origine criminelle. H les 30 autres qu'est-ce que c'est ? En France, vous avez 9 à 110/ 10 sont d à l'activité humaine. Sur ces 9 à 110/ 10, vous allez avoir euh 70 % ce sont des actes de négligence, d'accord ? et 30 % sont des actes volontaires. Donc sur ce qu'annonce le ministre de l'intérieur, c'est par rapport effectivement à ce qui se passe actuellement sur le territoire qui est un chiffre hors norme. C'est un chiffre sur lequel il combat que il est essentiel aujourd'hui de pouvoir, on va dire prendre les sanctions les plus lourdes possibles pour que à titre d'exemple demain tout ce qui s'est passé là ne se reproduise plus. Si on parle d'incendie volontaire lié à la pyromanie, c'est des gens qui n'ont plus rien à faire sur notre terre.
Voilà, je peux pas être plus radical. À Fontaine Bleau, on a vu qu'il y avait un pompier pyroman qui avait été arrêté. Comment tuexplique qu'un pompier puisse allumer le feu ? Enfin, vous savez, nous les pompiers 80 % sont des volontaires, 20 % des professionnels. En fait, on représente la société. Dans chaque uniforme, vous avez plétor de gens qui travaillent, qui sont, on va dire, dans des situations aussi diverse que varié. Donc forcément, vous en avez toujours un qui transperse les mailles du filet qui a la sélection pourtant qui sont relativement assez rudes hein, sur lequel parfois même on a mis euh des systèmes psychologiques et puis en fait euh très clairement euh le la mentalité de certains peut évoluer, ça nous
échappe. Là si c'est vraiment le cas et que ça nous a échappé, le mec enfin l'individu a a très clairement trahi les valeurs de l'engagement. il a mis un coup de canif sur ce qu'il a signé, c'est-à-dire la charte de l'engagement des serpurs pompiers volontaires. Il faut désolidariser l'uniforme de l'homme. Et donc si on fait cela euh déjà les la mise à l'écart de l'individu est est déjà ordonnée par sa direction et que la suite des juridictions prendront les congluclusions nécessaires. Pour toi, les sanctions sur les pour les pieromes, est-ce qu'elles sont suffisantes ? Est-ce qu'ils sont assez punis ? Non, non, non. Elles sont à un niveau aujourd'hui qui qui surtout en fait elles doivent être appliquées. Avant de parler de niveau, je pense qu'il faut surtout qu'elle soit appliqué à la
lettre et euh et tout le monde s'e force. Quel que soit le ministre, c'est pas une question de de couleur politique mais je pense qu'aujourd'hui que ce soit dans les agressions des pompiers comme ce soit dans ce type de cas de figure, il faut que l'extension soit lourde et appliquée à la lettre. Parfois les incendies viennent d'un tout petit geste, je pas de pierre romane. C'est un petit geste c'est quoi qui déclenche le plus de d'incend ? C'est les migos, j'imagine. Oui, c'est les actes de négligence en fait d'une manière générale, de pas comprendre qu'on est dans un dans dans une véritable poudrière incendiaire euh et qu'à tout instant la mort d'étassal peut faire déclencher des feux de 4800 hectares. Un acte de négligence, oui, c'est le jet de cigarette par la
fenêtre. Oui, c'est le fait d'utiliser un appareil thermique du style des broussaillus dans une zone rouge parce que j'ai été négligeant sur la capacité à comprendre l'information et j'ai pas été assez attentionné sur le fait que j'étais dans une période qui était à risque. Le barbecue sauvage, je de cigarette, barbecue sauvage, l'utilisation d'appareil thermique, euh l'utilisation de pétard de feu d'artifice. Vous savez les gens, qu'est-ce qu'il vous disent ? Ah mais je savais pas. Non mais qu'est-ce qu'il faut quoi ? Pour ça que l'intérêt aujourd'hui de parler à médias comme les jeunes, c'est parce qu'il y a aussi une autre population qui ne regarde plus la télé, qui écoute plus la radio. Que font aujourd'hui euh dans des situations comme celle-là euh des
grands groupes de streaming qui doivent aussi alors on paye un abominement pour pas avoir de pub, mais je pense que aujourd'hui il y a des messages d'urgence à faire passer. Si on écoute en continu de la musique sans coupure info ou sans coupure pub, ben on se coupe en fait des réalités. Et pareil pour les cigarettes. Aujourd'hui, on est dans un système où il y a plus de cendrier à l'intérieur des voitures. Donc tout le monde a pris le réflexe de jeter sa cigarette par-dessus la fenêtre. Qu'est-ce qu'on attend pour mettre un cendrier à l'intérieur de la voiture ? Alors, j'entends dire "Oui, mais c'est par rapport à la santé, par rapport on doit plus fumer." Non, mais attendez, changer le nom. parler d'un réceptacle à déchets à l'intérieur de la voiture si c'est le
mot cendrier qui vous fait peur. Donc je pense que le sujet aujourd'hui c'est euh de se réapproprier les bons réflexes et les bons comportements sur le terrain. En parlant de bon réflexe, est-ce qu'il y a un geste qu'on doit faire euh si on voit un feu qui se déclenche en forêt avant de vous appeler ? En général dans les 10 premières secondes, dans la première seconde un verre suffit, dans les 10 premières, un saut suffit. À la minute, commencer à appeler les pompiers. Donc le sujet c'est de vite savoir où est-ce que vous vous trouvez, d'appeler le 112 et puis de décrire exactement ce qui se passe et puis des dégager autour ce que vous pouvez dégager, s'il y a des vies, des biens ou autres. On a terminé. Si tu devais passer un message à ceux qui nous regardent, si je
te laisse le mot de la fin, ben je pense que Guillaume Play le sait bien puisqu'il a participé. C'est pas la force, ni l'âge, ni la taille qui compte. C'est toi. Engage-toi. Comment on fait si les personnes qui nous regardent veulent s'engager ? Faut aller chez la à la caserne la plus proche de Vous pouvez aller à la caserne la plus proche ou aller sur pompier.fr. Il y a les adresses qui vont bien par rapport à votre département de proximité. C'est rémunéré pompiers volontaire. On perçoit des indemnisations. Et enfin si tu devais passer un message à notre président Emmanuel Macron. Je pense qu'au regarde de tout son mandat et des mandats à venir pour les prochaines présidentielles, je pense qu'aujourd'hui le sujet du dérèglement climatique doit être un enjeu central et prioritaire avec la
protection civile. Vous pourrez toujours compter sur les sapeurs pompiers à partir du moment où on sait qu'on peut compter sur vous tous et toutes. Et j'ai simplement rajouté un truc forure. En tout cas, un grand merci euh pour ce moment à la fois d'intimité puis en plus de permettre de mieux découvrir nos enjeux, de mieux comprendre ce qui se passe derrière chaque uniforme et on rappellera toujours que les pompiers sont des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires et puis on pense à tous nos pompiers qui ont perdu leur vie, à leur famille et à leurs collègues et famillees. [musique] Merci d'être venu et encore bravo pour ce que vous faites. Merci.