Mort de Louis à Narbonne : de Bardella à Attal, l'instrumentalisation à cœur joie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé vendredi lors de ce lynchage ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Ce genre d'affaires provoque des réactions politiques. Quelles sont-elles ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau a réagi en reprenant sa loi sur les mineurs. Pouvez-vous expliquer ?
- 7:24OuverteRéponse directe
Gabriel Attal a aussi réagi. Quel est son positionnement ?
- 8:55OuverteRéponse directe
Quelles sont les spécificités de Louis, la victime ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:19PrésentateurFait
« Parmi les agresseurs, il y a a priori trois mineurs et deux âgés de 19 ans. »
- 8:31PrésentateurFait
« Le motif raciste n'est pas pour l'heure privilégié par l'enquête. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Invité19 %
- ?5 %
≈ 22 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Un
adolescent de 17 ans, Louis, est mort cette semaine à Narbonne après avoir été lynché par plusieurs autres jeunes vendredi dernier. Depuis, les événements font évidemment polémique. On en parle aujourd'hui avec Stéphane Guérard du service Société. Salut Stéphane. Bonjour Rachel. Avant d'en venir à la polémique, d'abord faisons le point sur les faits. Qu'est-ce qui s'est passé vendredi lors de ce lynchage ?
Alors,
ce qu'on sait, ce que nous ont dit le procureur des mercredis, l'affaire avait d'abord été évoquée dans l'indépendant, le journal local. Ce qu
'on
sait, c'est que le jeune Louis, qui a 17 ans, a été retrouvé samedi dernier matin dans une cage d'escalier d'un immeuble en
construction.
C
'est-à-dire
samedi 20. Exactement. Donc, avec de multiples blessures, visiblement, il avait été tabassé. Ensuite, ces faits se sont passés la veille au soir.
Le vendredi 19.
Oui, tout à fait. En fait, ce que l'on sait, c'est qu'il a été victime d'un guet-apens. On peut le dire comme ça. Cinq personnes l'ont amené dans cet endroit-là pour le tabasser. On le sait d'autant mieux qu'il y a eu une vidéo
qui a été filmée par ces agresseurs.
Exactement. Et donc,
c
'est en partie grâce à cette vidéo que les agresseurs présumés ont été interpellés assez rapidement. Mais bon,
donc,
Louis a été tabassé. Il a été laissé dans cet endroit-là. La vidéo a été postée dès le vendredi, vendredi soir. Un proche de l'un des agresseurs présumés a fait connaître cette vidéo aux autorités. Pendant toute la nuit,
il
y a eu une courte contre l'amende pour essayer de voir où était la
victime des coups.
Sur la vidéo, on ne pouvait pas tout à fait reconnaître
l'endroit.
En plus,
il
s'était flouté.
Et
puis, de toute façon,
c'est dans
une cage d'escalier mal éclairée. Et malheureusement, donc, c'est des ouvriers qui l'ont découvert le samedi matin en prenant leur travail. Il a été transporté tout de suite à l'hôpital où il a été traité pour ses blessures. Malheureusement, il est décédé mardi. Et voilà. Et donc, l'affaire est devenue nationale. Bon, alors, l'indépendant a commencé à en parler. Et l'affaire est devenue vraiment nationale mercredi avec aussi
la conférence du
procureur qui répondait déjà à une campagne de presse hasardeuse au minimum sur les informations qui étaient divulguées.
Alors, évidemment, ce genre d'affaires, ça provoque des réactions politiques au niveau national.
Exactement. Alors, pendant que tout le pays était surchauffé par la canicule et ne pensait qu'à ça, il y a commencé à y avoir des tweets de partout, sur X et sur les réseaux sociaux. Ça a commencé avec de l'extrême droite qui s'en est saisie très, très, très, très rapidement parce que le média aussi d'extrême droite frontière avait récupéré les vidéos et voilà, commencé à les
diffuser. Elles ont été diffusées aussi sur des chaînes d'info.
Exactement. Oui. Après, elles ont été reprises. Oui, de toute façon, c'était au vu et au su puisque c'était sur les réseaux sociaux. Mais le média frontière, on a fait quelque chose d'autre. Oui, bien sûr. Donc, Marine Le Pen, elle, a pris la parole via les réseaux sociaux pour faire un amalgame. Elle a fustigé la barbarie du quotidien dans son tweet, enfin, dans son post sur X, en expliquant que tout ça a été dû à un laxisme du gouvernement qui était soutenu par la gauche et l'extrême gauche. Évidemment. a enchaîné, lui aussi, en parlant d'ensauvagement. Éric Zemmour, lui aussi, il y a eu lui aussi de son outrance en parlant de Franck aussi, de ce qui n
'a
rien à voir avec les...
Et c'est un terme qu'il essaye de populariser dans le débat depuis 2-3 ans.
Exactement.
Dans
la foulée de ce qui s'est passé à Crépaule, si vous vous en souvenez, il
y
a déjà maintenant quelques années.
Oui, parce que tout ça est mélangé.
Bien sûr. C'est-à-dire qu'on reprend tous
les faits
divers
en essayant de les mettre tous bout à bout pour arriver à la
conclusion qu
'il faut mettre l'extrême droite au pouvoir.
Et les immigrés de l'or aussi, au passage ? Exactement. Même si là, a priori, les faits ne collent pas tout à fait au récit que l'extrême droite voudrait en faire.
Non,
le procureur a été très rapide. En fait, les conférences de presse qui se sont succédées sont venues justement pour infirmer toutes ces fake news qui ont été arrosées, que le Média Frontière a arrosé. Vous pouvez regarder aussi les interventions dans l'émission de Pascal Praud sur Europe
1. Et ces news.
Bon, voilà, tout ça a été mis en branle pour expliquer des choses qui ne sont pas fondées.
Un mécanisme qu'on connaît bien.
Oui, par l'enquête et les premières... Bruno Retailleau a aussi réagi, je crois. Oui, il a réagi.
Quand il a l'air à la présidentielle.
Là, en reprenant sa loi qui avait été retoquée sur, justement,
le...
Comment on pourrait dire ça ? Le fait que les mineurs étaient protégés par la justice. Voilà. Bon, sa loi a été retoquée par le Conseil constitutionnel, mais lui n'en démord pas. Lui dit qu'il faut que les mineurs soient frappés des mêmes peines que les adultes. Bon, en mélangeant
aussi bien les... Qui n'est aujourd'hui pas tout
à fait le cas,
mais... Non, non, tout à fait. Et en mélangeant bien les... Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas
de sanctions non plus,
quoi.
Ah ben non, non, justement. En mélangeant bien les degrés d'âge,
parce qu'il y a
les niveaux de moins de
13 ans... C'est pas la même chose quand on a 12 ans ou 17
ans. Exactement. Et puis, Gabriel Attal aussi a embrayé en lui, en parlant,
en
lui reprenant aussi sa rengaine sur le choc d'autorité, en disant que lui n'était pas parmi les naïfs ou ceux qui essayaient d'expliquer l'inexplicable, et que lui allait agir si d'aventure il était porté au
pouvoir. Parce que lui
aussi est candidat à
l
'élection présidentielle pour Renaissance. Il faut noter qu'à Gabriel Attal, c'est un sujet récurrent chez lui aussi, parce qu'il a porté une loi dite « justice des mineurs » il y a quelques mois, dans le cadre d'autres faits divers qui ont mis aux prises des jeunes contre des jeunes. Des faits divers, c'est vrai, d'une grande violence, mais voilà, ce qui a durci encore les sanctions envers les jeunes. On avait d'autres réactions, non ?
Je
ne crois pas. Alors
oui, après
il y a des
seconds couteaux,
mais bon,
on a
déjà fait le principal, on a compris l'idée.
Exactement. Ce qu'il faut voir, c'est qu'il n'y a pas de laxisme de la justice, de la police, parce que les interpellations étaient assez rapides,
puisqu'il y avait la vidéo, et
qu'il y avait des proches des agresseurs présumés qui se sont manifestés auprès de la police. Le procureur, lui aussi, a été très rapide. Donc on sait que parmi les agresseurs, il y a a priori trois mineurs et deux âgés de 19 ans, et que le motif raciste n'est pas pour l'heure privilégié par l'enquête.
Il
s'agit purement et simplement d'un guet-apens en vue de régler un compte à ce jeune et malheureux Louis, qui avait déjà été pris à partie, il semble, par certains de ces jeunes agresseurs.
Il faut dire aussi une chose qu'on n'a pas dite sur Louis, donc la victime, l'adolescent qui est mort après ce lynchage, c'est qu'il était à l'ASE, il bénéficiait de l'aide
sociale à l'enfance.
Ça,
il
y a beaucoup de choses à dire sur l'aide sociale à l'enfance, qui ne va pas très bien
dans
beaucoup d'endroits en France. Non, et en fait,
contrairement
à ce que laissent penser les médias d'extrême droite,
ce
n
'est
pas forcément du côté d'un laxisme de la justice ou de la police qu'il faudrait regarder, mais plus du côté des moyens ou du manque de moyens de l'aide sociale à l'enfance, qui est régulièrement dénoncée, malheureusement à force de faits
divers,
et puis aussi de rapports qui s'empilent les uns sur les autres pour dresser toujours le même constat, qui est que l'aide sociale à l'enfance est laissée en déshérence par l'État.
Il
faut dire aussi que c'est géré par les départements.
Oui, c'est ça. Alors là,
normalement, l'État doit assurer la sécurité, la sûreté de tous les jeunes citoyens, donc ça,
mais
comme des adultes aussi.
Voilà. Voilà, ça, c'est la
compétence régalienne. Exactement. Mais c'est à lui de... Enfin, c'est lui qui a la haute main. Alors après, effectivement, dans les compétences qui ont été décentralisées, ce sont les départements qui ont récupéré cette compétence, mais alors pas forcément avec les moyens et
les
dotations. Pas les moyens
et
même pas les mêmes intentions politiques, parce qu'on sait aussi que d'un département à l'autre,
et
il faut bien le dire, d'un département de gauche à un département de droite, ce n
'est
pas du tout le même traitement pour l'ASE, même si, comment dire, les militants pour la réforme de l'ASE ne décerne de médaille vraiment à personne, entre guillemets, mais ils reconnaissent quand même une vraie différence entre les départements, une différence politique.
Oui,
parce que pour gérer toutes les pénuries qu'ont à gérer les départements, certains départements de droite vont plus aller vers telle politique publique, et puis les départements de gauche vers d'autres politiques publiques plus sociales. Et de ce fait, oui, d'un département à l'autre, les jeunes qui sont sous la protection des services judiciaires, par exemple, qui sont placés, entre guillemets, selon qu'ils arrivent dans un département ou dans l'autre, ils seront plus ou moins bien lotis. Mais de toute façon, il y a un rapport du CESE qui expliquait en 2024 qu'il manquait
38 000...
Ah oui, Conseil économique et social
et environnemental,
c'est la troisième chambre parlementaire
dans la Constitution. Elle
n'a évidemment pas du tout le même pouvoir que les deux autres
chambres. Non, c'est
sûr. Mais en tout cas, elle a un devoir et un pouvoir de regarder comment ça se passe en France et comment ça se passe mal. Et donc, pour ce qui est de l'ASE, de l'aide sociale à l'enfance, il manquait en 2024 38 000 professionnels pour assurer le suivi des jeunes. Et depuis deux ans, ça n'a pas augmenté.
Donc,
on voit la déshérence de ces services, du coup, qui s'en remettent, selon les départements qui casent les jeunes,
y
compris mineurs, dans des hôtels sociaux, dits sociaux, en les laissant sans suivi. Voilà. Et puis, avec un... Alors, c'est là où il faut revenir à l'État. C'est-à-dire que ce sont les départements qui ont la compétence, mais il y a la protection judiciaire,
il
y a les associations, il y a les établissements médico-sociaux qui arrivent. Bref, il y a tout un tas d'acteurs qui interviennent dans ce secteur, mais
il
n'y a personne pour faire le suivi, ou en tout cas le contrôle, et s'assurer qu'au niveau national, tout le monde est traité de la même manière. Et ça, c'est le rôle de l'État. Donc, depuis deux ans, la question est de dire à l'État de reprendre en main les choses, en s'appuyant toujours sur les départements, mais en s'assurant que le traitement soit équitable, enfin, égal au niveau national pour tous les enfants.
Et ça, on en est aujourd'hui
très,
très loin. Très, très loin, oui. Peut-être que ça sera un des enjeux des prochaines élections. L'enfance, on a vu avec... Alors, c'est une toute autre affaire, mais l'affaire Liana remet en question, enfin, remet sur le haut de la pile, et les droits à la sécurité des enfants.
Là,
on est aussi sur
un autre volet. C'est pas une affaire à deux, mais c'est un autre volet.
Non, mais c'est un autre volet de la protection des enfants. Absolument.
Est-ce qu'on a fait le tour, Stéphane ? Je le crois bien. OK. En tout cas, pour aujourd'hui. Pour aujourd'hui.
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