Laurent Nuñez réagit à la vidéo des policiers de Carcassonne : "C'est très inquiétant"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Que pouvez-vous nous dire de l'avancée de l'enquête sur le déraillement du TER en Normandie ?
- 0:42RelanceRéponse partielle
Ces sources policières ont évoqué un acte malveillant. Elles sont allées trop vite ?
- 1:25RelanceRéponse partielle
Ces sources policières ont évoqué un acte malveillant. Au fond, ces sources sont allées un peu vite en besogne, si je vous écoute.
- 2:08OuverteRéponse directe
Quand E.Ciotti dit que c'est un attentat, il va trop loin ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Ca ne ressemble pas aux modes opératoires de l'ultragauche ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Quand on est premier flic de France et qu'on entend cela, qu'est-ce qu'on ressent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25L.NunezFait
« Quand vous avez un rail qui se retrouve sur une voie ferrée et que le conducteur dit qu'il l'a vu en arrivant, il a déclenché un freinage d'urgence, on peut penser que quelqu'un l'a mis. »
- 2:08L.NunezFait
« Si c'est intentionnel, c'est très grave. On a eu des victimes qui ont eu des blessures physiques. Il aurait pu y avoir des morts. »
- 2:51L.NunezFait
« Ca ne leur ressemble pas, mais aucune piste n'est exclue. »
- 3:35L.NunezFait
« C'est un peu les 3, mais surtout de la colère. Ces propos sont inacceptables, racistes et misogynes. »
- 4:18L.NunezPromesse
« J'ai quand même souhaité saisir l'inspection générale de l'administration pour faire un audit de la police municipale de Carcassonne, après en avoir informé le maire. »
- 5:00L.NunezFait
« Ces propos-là auraient dû être condamnés dès qu'ils ont été connus. C'est ce que je peux vous dire. Ils auraient dû être condamnés. »
- 5:44L.NunezPromesse
« On verra ce que dit l'audit de l'IGG et l'inspection lancée. »
- 7:51L.NunezFait
« Quand on voit les propos tenus, et s'il est vrai... On nous dit que l'un des policiers municipaux impliqués est membre du RN. C'est assez scandaleux d'entendre ce genre de propos. »
- 8:35L.NunezFait
« Les responsables du RN l'ont condamné très fermement, comme toute la classe politique. Il faut s'en réjouir. »
- 9:18L.NunezFait
« Certainement pas. Il a pu y avoir des cas sanctionnés poursuivis où il y a eu quelques dérapages. »
- 10:39L.NunezFait
« Il y a des cas de racisme sanctionnés et extrêmement limités. On ne peut pas généraliser. »
- 11:24L.NunezFait
« Je ne minimise pas les phénomènes isolés, individuels qui donnent lieu à enquête et sanction. »
- 12:06L.NunezFait
« Les policiers et les gendarmes sont d'abord là pour combattre les auteurs de délits et de crimes racistes. »
- 12:48L.NunezChiffre
« Je voudrais d'abord saluer le courage des sapeurs-pompiers partout sur le territoire national. On a eu un été où tout a été multiplié par 3 : le nombre d'hectares brûlés, le nombre de largages aériens pour combattre les incendies. »
Temps de parole
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Pour la 1re fois, vous débattrez avec un membre de LFI. Le coordinateur national de LFI nous rejoindra sur ce plateau pour un échange sur la sécurité et la doctrine du maintien de l'ordre. Voilà le programme de "Franc-jeu" avec L.Nunez. Je voudrais commencer par le déraillement spectaculaire de ce TER en Normandie, vendredi soir, qui a fait 44 blessés. Dans un premier temps, des sources policières ont fait état d'un acte malveillant, mettant en avant le fait qu'un morceau de rail a été retrouvé sur la voie. Le procureur a précisé hier soir qu'aucun élément ne permettait d'évoquer un acte de malveillance, et encore moins un attentat. Que pouvez-vous nous dire de l'avancée de l'enquête? De quelles informations disposez-vous?
- L.Nunez: Je dispose des mêmes informations que le procureur de la République. C'est lui qui dirige l'enquête. Il a bien été prudent en indiquant qu'il fallait être prude sur la cause intentionnelle. A fortiori, il a évoqué dans son communiqué le fait que ça puisse être un attentat. Il faut rester prudent. Les effectifs de la police judiciaire travaillent sur le sujet. Il y aura beaucoup de relevés, notamment de la police technique et scientifique sur la scène pour essayer de comprendre ce qui s'est passé. Pour l'instant, aucune piste n'est écartée. Aucune n'est privilégiée, mais aucune n'est écartée. - B.Duhamel: Ce que vous dites est important. Dans la foulée de ce qui s'est passé, on a entendu des sources policières faire état du fait que l'hypothèse privilégiée
était celle d'un acte malveillant. Au fond, ces sources sont allées un peu vite en besogne, si je vous écoute. - L.Nunez: Non. Quand vous avez un rail qui se retrouve sur une voie ferrée et que le conducteur dit qu'il l'a vu en arrivant, il a déclenché un freinage d'urgence, on peut penser que quelqu'un l'a mis. Il n'y a que le procureur qui peut communiquer. Si c'est intentionnel, c'est très grave. On a eu des victimes qui ont eu des blessures physiques. Il aurait pu y avoir des morts. Si c'est intentionnel, c'est forcément très grave. Pour le ministère de l'Intérieur, les différents services du renseignement qui sont placés sous notre autorité sont aussi attentifs à ce qui a pu se passer pour essayer de savoir
si ça a pu être un acte de sabotage ou pas. Encore une fois, il faut rester prude - B.Duhamel: Quand E.Ciotti, maire de Nice, dit que c'est un attentat, il va trop loin? - L.Nunez: C'est précipité, évidemment. Dans nos fonctions, il faut toujours faire attention, faire confiance aux enquêteurs et ne jamais se précipiter pour annoncer un certain nombre de choses. Si c'était un acte malveillant, ce serait très grave. On a eu des mouvances qui, par le passé, et on l'a vu le jour de la cérémonie d'ouverture des JO, ont pu revendiquer l'acte, notamment de mouvances d'ultragauche. On les a vus commettre des sabotages. Ils s'entraînent sur des boîtiers de signalisation et s'en prennent assez peu aux infrastructures de transport ferré. Quand c'est le cas, c'est plutôt des boîtiers de signalisation
ou des boîtiers pour l'aiguillage. - B.Duhamel: Ca ne ressemble pas aux modes opératoires de l'ultragauche? - L.Nunez: Ca ne leur ressemble pas, mais aucune piste n'est exclue. - B.Duhamel: J'aimerais qu'on parle de la révélation, mardi, d'une vidéo qui date de novembre 2025. Des policiers municipaux de Carcassonne sont en patrouille. La caméra-piéton de l'un d'entre eux filme leurs échanges et les propos racistes tenus par l'un d'entre eux. - M.Bompard: Des propos tenus par un brigadier-chef également membre du RN et de son service d'ordre.
Il en a été évincé après la révélation de cette vidéo. Quand on est premier flic de France et qu'on entend cela, qu'est-ce qu'on ressent? Est-ce que c'est du dégoût, de la colère, de la honte, les 3 à la fois? - L.Nunez: C'est un peu les 3, mais surtout de la colère. Ces propos sont inacceptables, racistes et misogynes. On ne doit pas entendre ça dans les rangs de la police, y compris la police municipale. Ca jette le discrédit sur l'ensemble des forces de sécurité intérieures. Tout le monde a condamné ces propos. Il faut évidemment s'en réjouir. J'ai quand même souhaité saisir l'inspection générale de l'administration pour faire un audit de la police municipale de Carcassonne, après en avoir informé le maire. J'insiste là-dessus.
Il souhaitait qu'il puisse y avoir un audit de sa police municipale. Nous avons également saisi l'IGG pour tenter de comprendre pourquoi cette vidéo, ces propos ne sont pas remontés plus vite. Les investigations lancées en judiciaire ne l'ont été que sur la diffusion de la vidéo et l'atteinte à la vie privée. Elles ne l'ont pas été sur le fond de ses propos. Comme ministre de l'Intérieur, j'ai envie de comprendre pourquoi une vidéo, dont on avait connaissance depuis janvier-février, ou même avant, fin 2025, on a pu mettre autant de temps avant de réagir sur le contenu des propos. - B.Duhamel: Pour bien comprendre ce qu'il s'est passé, il faut avoir la chronologie en tête.
Ce que vous nous dites, et je rappelle à ceux qui nous regardent et nous écoutent que cette vidéo est portée à la connaissance de la justice et des services d'enquête fin décembre 2025... Comment se fait-il que, pendant 9 mois, il a fallu attendre que "Midi Libre" sorte cette vidéo pour que ce policier municipal soit sanctionné et suspendu? Vous nous dites qu'il y a visiblement eu un retard à l'allumage de la part de la justice et des services d'enquête. - L.Nunez: Ce n'est pas ce que je dis. J'ai besoin de comprendre. - B.Duhamel: Vous nous expliquez que vous essayez de comprendre pourquoi ça a mis autant de temps. - L.Nunez: Une plainte a d'abord été déposée pour atteinte à l'intimité de la vie privée.
C'est comme ça que les premiers dossiers judiciaires ont commencé. Dans le même temps, à Carcassonne, au sein de la ville, il y a eu une enquête administrative dont le maire a dit récemment, et il n'était pas en fonction à l'époque, qu'elle n'avait pas abouti, car on avait pas pu identifier les personnes. Depuis, le parquet a ouvert une enquête sur le fond des propos tenus. C'est la gendarmerie qui s'en est saisie. Les agréments de ces agents de police municipale ont été suspendus. - B.Duhamel: Comment se fait-il que, pendant 9 mois, il n'y ait pas eu d'actes d'enquête qui aient abouti à la suspension de ces policiers? - L.Nunez: C'est l'objet
de l'enquête de l'IGGN que j'ai lancée. - B.Duhamel: Il y a cette enquête de l'inspection de la gendarmerie et la question politique. Il faut rappeler que le maire de Carcassonne, C.Barthès, est un maire RN, élu en mars dernier. Il a pris la parole dans la foulée de cette vidéo en les condamnant. Il a expliqué que ça avait eu lieu à un moment où il n'était pas encore maire Il a annoncé la suspension immédiate des protagonistes. Pour autant, on a appris que C.Barthès avait eu sur son bureau de maire, le 19 mai, une enquête de son inspection qui rendait des conclusions de l'enquête administrative. Croyez-vous à la bonne foi du maire RN, C.Barthès, qu'on dit proche de la personne suspendue, quand il dit qu'il n'a rien à voir avec tout ça? Est-ce que vous lui faites confiance?
- L.Nunez: Je ne connais pas suffisamment le dossier de ce point de vue. Ces propos-là auraient dû être condamnés dès qu'ils ont été connus. C'est ce que je peux vous dire. Ils auraient dû être condamnés. On aurait dû engager des poursuites judiciaires dès le départ. - B.Duhamel: Il y a donc un dysfonctionnement? - L.Nunez: Quel que soit le motif pour lequel l'enquête a été lancée... C'était pour atteinte à l'intimité de la vie privée. C'est un comble. La vidéo est diffusée. On doit forcément réagir et engager des investigations judiciaires. Il faut le condamner fermement. - B.Duhamel: C'est donc une forme de dysfonctionnement? - L.Nunez: On verra ce que dit l'audit de l'IGG
et l'inspection lancée. - B.Duhamel: G.Attal a dit: "Voilà à quoi ressemblerait une France dirigée par le RN." Il parlait de cette vidéo. Etes-vous d'accord avec lui? - L.Nunez: Quand on voit les propos tenus, et s'il est vrai... On nous dit que l'un des policiers municipaux impliqués est membre du RN. C'est assez scandaleux d'entendre ce genre de propos. Il faut les condamner très fermement. C'est inquiétant. ce genre de propos. Les responsables du RN l'ont condamné très fermement,
comme toute la classe politique. Il faut s'en réjouir. - B.Duhamel: Cette vidéo, même s'il s'agit d'un policier municipal qui n'est pas directement sous votre autorité, a réactivé la question plus large du racisme dans la police. J'aimerais vous faire écouter un certain L.Nunez et ce qu'il disait en juillet 2023. - Est-ce que, selon vous, il y a du racisme dans la police? - L.Nunez: Certainement pas. Il a pu y avoir des cas sanctionnés poursuivis où il y a eu quelques dérapages. On continuera à prendre en poursuite des véhicules qui commettent des infractions, des rodéos urbains. On continuera à contrôler ces individus, quelle que soit leur origine, d'où qu'ils viennent. Vraiment, les policiers n'intègrent pas ce genre de dimension. Il n'y a pas de racisme dans la police.
On lutte contre des délinquants qui mettent en danger la vie d'autrui. On continuera à le faire. - B.Duhamel: "Il n'y a pas de racisme dans la poli Est-ce que vous rediriez la même chose? - L.Nunez: Oui, mot pour mot. Les gens qui disent qu'il y a du racisme dans la police parlent de racisme systémique. - B.Duhamel: D'où ma question et cette phrase. L'idée n'est pas de dire qu'il n'y a pas de racisme systémique. Vous dites qu'il n'y a pas de racisme. - L.Nunez: Dans la police ou la gendarmerie, ce sont des gens qui viennent de tous les milieux. Il y a une grande diversité dans les recrutements. Ils viennent de tous les milieux. Il peut y avoir des comportements racistes,
en l'espèce il y en a eu à Carcassonne, mais ce sont des cas isolés. Les personnes qui attaquent la police sur le thème du racisme le font sur la thématique du racisme systémique et laissent à penser que les policiers sont racistes par nature, que les contrôles sont fléchés sur les jeunes d'origine étrangère. Ce n'est pas acceptable. Je ne peux pas l'accepter. Je suis ministre de l'Intérieur et j'ai aussi été patron de policiers. J'ai vu comment ils travaillent. Il n'y a que des cas isolés qui sont toujours sanctionnés. - B.Duhamel: Ce sont seulement des brebis galeuses
qui ne sont en aucun cas représentatives d'un courant et d'une tendance qui existe dans la société? Il y a du racisme dans la société. Pourquoi n'y en aurait-il pas dans la police? - L.Nunez: Il y a des cas de racisme sanctionnés et extrêmement limités. On ne peut pas généraliser. L'extrait que vous montrez... Je n'ai jamais varié sur ce sujet, que ce soit dans les médias ou à l'Assemblée nationale. LFI, souvent, profite de cette thématique du racisme systémique... Il y a des formations, des diversités dans le recrutement. Ce sont les policiers qui sont chargés de lutter contre le racisme en poursuivant les auteurs de crimes racistes. - B.Duhamel: On vient de voir cette vidéo. La France entière a été choquée, tout comme la classe politique qui, dans son intégralité, l'a condamnée.
Comprenez-vous que ça puisse paraître, de la part du premier flic de France, comme une façon de minimiser un phénomène qui existe? - L.Nunez: Je ne minimise pas les phénomènes isolés, individuels qui donnent lieu à enquête et sanction. Il y a énormément d'enquêtes administratives. Il y a systématiquement enquête administrative quand il y a ce genre de dérapages, qui ne sont pas acceptables ni acceptés. De là à en déduire une généralité, ce n'est pas acceptable. - B.Duhamel: Il y a des policiers et des gendarmes racistes. - L.Nunez: Ce n'est pas possible d'être raciste dans la police et la gendarmerie. Quand c'est le cas, vous êtes sanctionné, poursuivi. On a même parfois des révocations sur ce qui est quand même une infraction. Le racisme est un délit. Il ne faut pas l'oublier.
Les policiers et les gendarmes sont d'abord là pour combattre les auteurs de délits et de crimes racistes. - B.Duhamel: Je voudrais qu'on parle de la colère de vos troupes, notamment des pompiers, en grève nationale jusqu'au 20 octobre. Vous avez reçu ces derniers jours l'intersyndicale des pompiers qui n'a visiblement pas été convaincu par la teneur de vos réponses. Je précise que vous préparez un projet de loi sur la réforme de la sécurité civile. Ca veut dire que les grands déclarations qu'on a pu entendre cet été sur le fait que les pompiers étaient nos héros, qu'il fallait compter sur eux, qu'on allait les entendre, ont été oubliés, mis au rebut maintenant qu'on est en septembre et que l'été des incendies est derrière nous? - L.Nunez: Pas du tout.
Je voudrais d'abord saluer le courage des sapeurs-pompiers partout sur le territoire national. On a eu un été où tout a été multiplié par 3: le nombre d'hectares brûlés, le nombre de largages aériens pour combattre les incendies... Tout a été multiplié par 3. Je voudrais saluer leur courage et leur détermination. J'aimerais également saluer les militaires civils de l'Etat et l'ensemble de ceux qui ont participé à cela, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. Vous me dites ça, mais vous savez ce qu'ils demandent? - B.Duhamel: Il s'avère même que j'ai passé une partie de la journée d'hier à les appeler. Ils disent que la question des moyens
n'est pas traitée dans le projet de loi sur la Sécurité civile. Ils mettent en avant le fait, notamment sur leurs équipements, qu'ils ont passé l'été avec des cagoules à 10 euros qui laissaient passer les fumées. De ce point de vue, le message des autorités n'a pas suffisamment été assez clair. - L.Nunez: D'abord, ce qu'ils demandent, c'est des moyens. Le projet présenté ces jours-ci est issu du Beauvau de la Sécurité civile, qui répond à un certain nombre de demandes fortes. Il y a notamment le fait de clarifier les missions qui sont les leurs. Il faut arrêter de les voir faire d'autres missions, comme se substituer à des brancardiers. Il y a un certain nombre de choses dans ce projet qui étaient attendues. Il n'a jamais été question que ce projet de loi traite des questions de moyens. On en a discuté avec le Premier ministre dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances. Ils le savent. - B.Duhamel: On vous donnera un certain nombre de gages dans les mois qui viennent pour que vous ne vous retrouviez
pas avec ces cagoules qui laissent passer les fumées? - L.Nunez: Il y a des moyens d'Etat qui relèvent de mon budget. Il y a les flottes aériennes, les militaires de la Sécurité civile, les colonnes de renfort que nous remboursons. Il y a des moyens qui relèvent des services départementaux de secours. Chacun doit jouer son rôle. Avec le Premier ministre, nous travaillons dans le cadre du projet extrêmement contraint pour augmenter les moyens, notamment sur les moyens aériens. Encore faut-il qu'ils soient votés. Je travaille à augmenter les moyens aériens et terrestres. Avec les associations d'élus, nous travaillons sur l'augmentation des ressources des SDIS. Nous voulons qu'ils aient plus de moyens à leur niveau.
Les acteurs le savent. Nous y travaillons. Encore faut-il qu'il y ait un budget, un débat parlementaire. Les parlementaires ont aussi un rôle à jouer. Il ne vous a pas échappé que S.Lecornu a saisi une mission parlementaire pour tirer les conséquences de ce qui s'est passé cet été. Ca fait partie du débat qu'il y aura. R.Lescure a dit récemment ce qu'était le contexte dans une conférence de presse. Nous avons peu de marge de manoeuvre. Nous travaillons à poursuivre une augmentation des moyens de l'Etat et des sapeurs-pompiers sur le terrain. - B.Duhamel: J'aimerais qu'on dise un mot de la colère de ceux qui voient le prix de l'essence augmenter, le pouvoir d'achat réduit. Il y a des appels à manifester le 17 octobre qui ont été lancés. Certains appellent au retour des "gilets jaunes".
Des informations et des renseignements territoriaux dont vous disposez, est-ce que vous sentez venir la possibilité d'une nouvelle contestation sociale forte qui ressemblerait aux "gilets jaunes"? - L.Nunez: On verra. Très honnêtement, un certain nombre d'appels circulent sur les réseaux sociaux, des appels à manifestations de voie publique, pour l'essentiel, à date. Il y a eu quelques rassemblements hier. Il y a un appel pour le 17 octobre. On va regarder comment les choses évoluent. Je suis avec ma casquette de ministre de l'Intérieur, à la fois celui qui doit garantir que la liberté d'expression et de manifester puissent se dérouler, dans le cadre des déclarations et d'itinéraires à voir avec les préfets, qui travaillent en ce sens, et en même temps de contenir...
- B.Duhamel: Est-ce que ça vous inquiète? - L.Nunez: Je ne suis jamais inquiet des mouvements de rue. Je suis toujours très serein. Ca ne m'inquiète pas. Il y a eu une fuite d'une date d'un services de renseignements diffusée sur une chaîne d'information en continu. Il faut rester vigilant sur ces appels sur les réseaux sociaux. - B.Duhamel: Dans un instant, M.Bompard nous rejoindra pour débattre avec vous, le coordinateur de LFI. J'aimerais parler avec vous de X.Fedorova, chroniqueuse de CNews prorusse, relais de la propagande de V.Poutine. Elle a été expulsée
par un arrêté cet été et a quitté le territoire français. CNews annonce son retour à l'antenne à distance. Vous avez écrit à l'Autorité de régulation, à l'Arcom, pour menacer la chaîne de sanctions pénales si elle revenait à l'antenne. Vous êtes en guerre contre V.Bolloré? - L.Nunez: Non, pour ceux qui portent les fondamentaux de la nation. Ce n'est pas qu'une journaliste qui exerce dans le cadre de la liberté d'expression et d'opinion. C'est le copier-coller de la propagande de l'Etat russe. - B.Duhamel: Vous l'avez expulsée pour ça? - L.Nunez: On a pris un arrêté ministériel d'expulsion. Je l'assume. Avec R.Lescure, on a signé un gel des avoirs. Elle ne peut plus percevoir de ressources. L'arrêté d'expulsion, elle le contourne, car elle continue à émettre.
Elle dit qu'elle peut poursuivre son activité de journaliste depuis l'étranger... - B.Duhamel: Quelles sont les sanctions qui pourraient la toucher si elle apparaissait à l'antenne? - L.Nunez: J'y viens. Sur le gel des avoirs, en émettant, elle bénéficie de ressources économiques fournies par le groupe médiatique qui l'emploie. C'est un contournement de la mesure de gel des avoirs. Des sanctions pénales sont prévues, dans ce cas. Le code monétaire et financier définit la nature du contournement. Un groupe médiatique met des ressources économiques au bénéfice d'une personne frappée par un gel des avoirs. Ca peut aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et une amende de 37 500 euros. - B.Duhamel: Ces sanctions pénales viseraient les patrons de CNews?
- L.Nunez: Elles visent la personne frappée par la mesure de gel des avoirs, ses dirigeants et ses préposés. C'est un dossier sur lequel on ne lâchera pas l'affaire. C'est quelqu'un qui porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. On n'est pas dans la logique de journalisme, de liberté d'opinion... On l'a clairement documenté. - B.Duhamel: Avant d'accueillir M.Bompard, c'est la partie En un mot. Est-ce que vous trouvez que votre salaire de ministre est trop élevé? - L.Nunez: Non. - B.Duhamel: Quand S.Lecornu dit qu'on peut faire des économies en baissant les salaires des ministres, c'est démagogue? - L.Nunez: J'y suis favorable. - B.Duhamel: Votre collègue au gouvernement, A.Bergé, refuse
de qualifier la théorie du grand remplacement de raciste. C'est une théorie raciste? - L.Nunez: Oui, totalement. - B.Duhamel: A.Bergé se trompe? - L.Nunez: Non. J'ai besoin de l'éclairer. C'est une théorie portée par les néofascistes et les identitaires. - B.Duhamel: Qui a les plus grandes qualités pour être président de la République, entre E.Philippe et G.Attal? - L.Nunez: Je ne me prononce pas. Je n'ai pas de préférence. - B.Duhamel: Irez-vous au concert de C.Dion? - L.Nunez: Ce n'est pas prévu. - B.Duhamel: Votre chanson préférée de C.Dion?
Laurent Nuñez