« L'OTAN est en état de mort cérébrale » : retour sur la déclaration choc de Macron
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« depuis plus de 12 ans que j'ai créé l'UPR, dans notre programme figure la nécessité de sortir la France de cette Alliance atlantique »
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« notre appartenance à l'UE, dont je rappelle que l'article 42 du TUE place l'ensemble des pays membres de l'UE sous une quasi-tutelle de l'OTAN. »
- 9:10Invité politiqueFait
« l'OTAN et l'UE ont leur siège toutes les deux dans la même ville : la capitale de la Belgique. »
- 9:49Invité politiqueFait
« l'OTAN a partie liée avec des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar, qui par ailleurs financent le terrorisme que nous sommes censés combattre »
- 11:57Invité politiqueChiffre
« la France verse à peu près quelque chose comme 200 millions d'euros par an au fonctionnement de l'OTAN »
- 21:28Invité politiqueFait
« un traité qui date de 1980 qui interdit à l'Allemagne de disposer de forces nucléaires, de bombes nucléaires. »
- 24:09Invité politiqueFait
« Charles de Gaulle avait retiré la France du commandement militaire intégré de l'OTAN : parce qu'il refusait que jamais les forces militaires françaises puissent être entraînées dans un conflit planétaire sans que ce soit au final le gouvernement et le chef de l'État qui aient oui ou non décidé de l'emploi de nos forces militaires »
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- François Asselineau100 %
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Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le vendredi 8 novembre 2019. Et je tiens à vous parler d'un sujet grave, peut-être d'un des sujets les plus graves qui soit, qui est celui de la guerre et de la paix, qui est celui de la défense nationale de notre nation. Le président de la République : M. Emmanuel Macron, a fait une interview au journal anglais The Economist : une interview qui a fait beaucoup de vagues. C'était hier, le 7 novembre. Interview dans laquelle il a dit exactement ceci : que l'OTAN, donc le traité de l'Atlantique Nord, l'Alliance atlantique, qui date de 1949... Eh bien que l'OTAN, donc d'il y a 70 ans...
Que l'OTAN était – je le cite – en état de « mort cérébrale ». Et il y a ajouté que l'UE était au bord du précipice. Alors ces déclarations sont quand même tout à fait extraordinaires de la part du président de la République française, dont je rappelle que la Constitution fait de lui le chef des armées. Alors ces déclarations vont en partie dans le sens de nos analyses, puisque je rappelle que depuis plus de 12 ans que j'ai créé l'UPR, dans notre programme figure la nécessité de sortir la France de cette Alliance atlantique qui n'a plus de raison d'être, dans la mesure où il n'y a plus la menace de l'Union soviétique telle qu'elle existait après la Seconde Guerre mondiale.
Je rappelle d'ailleurs au passage que l'OTAN a été créée en 1949 – je viens de le dire – alors que le pacte de Varsovie – donc le camp socialiste – avait été créé en (1955, 6 ans après). En d'autres termes, c'était quand même l'Occident qui avait fait une alliance militaire avant même que le camp socialiste en fasse une. Depuis que l'Union soviétique et le camp socialiste se sont désintégrés, aucune réflexion n'a été menée sur le bien-fondé de maintenir cette Alliance atlantique. Pourtant, Charles de Gaulle, lorsqu'il s'exprimait en aparté avec Alain Peyrefitte... Je vous renvoie au fameux livre « C'était De Gaulle » d'Alain Peyrefitte, paru en trois tomes dans les années 92-94.
Charles de Gaulle avait dit à son ministre de l'Information Alain Peyrefitte, en confidence : « Lorsque le communisme disparaîtra, l'OTAN devra disparaître ». Ça n'est pas ce qui s'est produit. Bien au contraire. Alors même que les pays de l'Est se désengageaient de ce pacte de Varsovie et du camp socialiste, les Américains n'ont eu de cesse, rompant d'ailleurs la promesse que le président George H. Bush – le premier président Bush – avait faite à Gorbatchev, qui lui avait dit qu'il n'en profiterait pas... Eh bien au contraire, les États-Unis ont fait adhérer presque tous les pays de l'Est européen (à) l'OTAN, en demandant ensuite d'ailleurs qu'ils soient intégrés dans l'UE.
Je renvoie à ce discours de (George Walker Bush) à l'université de Varsovie de juin 2001, dont je parle dans ma conférence « Qui gouverne la France ? ». Depuis lors, l'OTAN est devenue une espèce de milice internationale qui se fait – comment dirais-je ? – le vecteur de la géopolitique de Washington. Et cette milice internationale a pris de plus en plus ses aises – c'est le moins que l'on puisse dire – avec le droit international public. En particulier, l'OTAN, maintenant, viole constamment le droit international public. On l'a vu en Libye, avec des forces de l'OTAN lorsqu'il a été question de détruire le régime de Kadhafi, avec les conséquences calamiteuses que l'on voit.
Il a été question de l'OTAN lors de l'Afghanistan. Il a été question de l'OTAN lors de l'Irak. Il a été question de l'OTAN lors des événements en Syrie. Il est question aussi de l'OTAN en Ukraine, et également – j'allais l'oublier – au Kosovo et dans l'ex-Yougoslavie. Donc l'OTAN est devenue désormais une force dont on peut légitimement dire qu'elle est la force militaire n°1 à menacer la paix mondiale, c'est-à-dire à piétiner le droit international public. Je ne suis pas le seul à le dire. Un certain nombre d'observateurs le disent, et non des moindres.
Je pense en particulier au général Delawarde, qui est en deuxième section, donc qui est un jeune retraité, qui a été auditionné le 3 octobre 2019 à la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, où il a dit très exactement ce que je viens de dire, c'est-à-dire que l'OTAN est désormais une alliance militaire qui menace la paix du monde. D'ailleurs, « Alliance atlantique »... Lorsque l'Alliance atlantique intervient en Afghanistan ou intervient en Syrie ou en Ukraine ou en Libye, que je sache, ces pays ne sont pas riverains de l'Atlantique. Donc c'est devenu une force désormais qui menace la paix mondiale, et qui a suscité par contrecoups...
C'est ce qu'a dit très justement le général Delawarde, dont les propos, bien entendu, n'ont d'ailleurs pas été repris dans les grands journaux, et ont même été cachés – si j'ai bien compris – dans le compte-rendu de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Le général Delawarde a fait remarquer à très juste titre que face à cette menace hégémonique planétaire venue de Washington qui pilote en sous-main donc... Enfin même pas en sous-main.
Qui pilote l'OTAN et les pays de l'UE, eh bien s'étaient dressées deux organisations : l'Organisation de coopération de Shanghai et les BRICS, c'est-à-dire tous ces pays dans lesquels on compte la Russie et la Chine, qui sont les deux plus importants, mais également l'Inde, mais également le Brésil... Du moins jusqu'à Bolsonaro, puisque Bolsonaro, maintenant, va entrer dans le giron américain. Donc un certain nombre de pays de continent eurasiatique qui refusent cette hégémonie planétaire du camp occidental, qui désormais piétine ses propres valeurs, piétine la Charte de l'Organisation des Nations unies.
Je vous rappelle que j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises de demander justement notamment le lancement d'une procédure de destitution de Macron au moment de la guerre en Syrie, puisque la France avait violé le droit international en envoyant des missiles sur la Syrie : pays indépendant, membre de l'ONU. Or, il est interdit, selon le droit international, de faire cela. La seule possibilité d'intervenir militairement dans un autre État, c'est soit lorsque, en vertu du chapitre 7 de la Charte de l'ONU, le Conseil de sécurité autorise certaines puissances à intervenir militairement – et également les Casques bleus de l'ONU – dans un pays. Or, ça n'avait pas été le cas.
L'autre possibilité : lorsque l'on intervient militairement dans un pays à la demande du gouvernement légitime reconnu par une majorité des États des Nations unies. C'est le cas de la Russie, qui est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement de Bachar el-Assad, qui même si ça ne fait pas plaisir aux Occidentaux, reste le gouvernement reconnu légitime par l'écrasante majorité des pays du monde, et qui détient toujours le siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
En bref, – en bref – nous, nous avons dit qu'il fallait que la France se désengage de cette affaire, puisque nous sommes maintenant pieds et poings liés à l'OTAN par deux choses : d'une part parce que nous avons ratifié le traité de l'OTAN du 4 avril 1949, d'autre part par notre appartenance à l'UE, dont je rappelle que l'article 42 du TUE place l'ensemble des pays membres de l'UE sous une quasi-tutelle de l'OTAN. Alors c'est évidemment pas mis : « On est sous la tutelle de l'OTAN ». C'est mis de façon plus chantournée, plus controuvée.
Il est précisé que les pays membres de l'UE qui sont également membres de l'OTAN, c'est-à-dire l'écrasante majorité des pays membres de l'UE, eh bien doivent, lorsqu'ils établissent la politique étrangère de sécurité et de défense de l'UE, doivent d'abord respecter les contraintes de l'OTAN. Ça veut dire que l'OTAN précède... Les stratégies de l'OTAN s'imposent aux stratégies de l'UE. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous proposons quant à nous de sortir à la fois de l'UE et de l'OTAN. Sur la scène politique française, d'ailleurs, je crois que la FI de M. Mélenchon... Qui propose de sortir de l'OTAN, mais qui veut rester dans l'UE.
Donc c'est complètement absurde, puisque si l'on reste dans l'UE, ça veut dire qu'on a le même statut par exemple que la Finlande ou que l'Autriche, qui ne sont pas membres de l'OTAN, mais qui sont dans l'UE et qui, de fait, sont assujetties aux directives venues de Bruxelles, mais Bruxelles à la fois l'UE et Bruxelles le siège de l'OTAN. Il vous a pas échappé d'ailleurs que l'OTAN et l'UE ont leur siège toutes les deux dans la même ville : la capitale de la Belgique. Donc c'est absurde de dire qu'on va sortir de l'OTAN si l'on reste dans l'UE, qui fixe en fait la politique étrangère de sécurité et de défense.
Quant aux autres partis politiques français, y compris le RN, eux, (ils trouvent) très bien d'être dans le cadre de l'OTAN, c'est-à-dire dans cette structure qui est quand même à l'origine de désastres au Moyen-Orient sans nom, qui a quand même plus ou moins couvert de son autorité tout ce qui s'est passé en Irak, avec 1,3 million de morts civiles, et la mort, la violence, le désastre qui ont été jetés dans cette région. J'en profite aussi au passage pour dire que l'OTAN a partie liée avec des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar, qui par ailleurs financent le terrorisme que nous sommes censés combattre, hein.
Ceux qui suivent nos analyses depuis un certain temps – et pas seulement les nôtres, d'ailleurs, mais les analyses de toutes les personnes bien renseignées – savent très exactement que derrière Daesh, que derrière l'État islamique, il y a eu des financements, des armes venus de l'Occident. Et c'est bien la Russie, avec son alliance avec le gouvernement syrien de Bachar el-Assad, qui en fait, a coupé court à Daesh et à l'État islamique. Alors pour en revenir aux déclarations de Macron, elles sont hallucinantes. Le président de la République française nous dit que l'OTAN est en coma dépassé et que l'UE est au bord du précipice. Bah qu'est-ce qu'il faudrait faire dans ce cas-là ?
Il faudrait que M. Macron adhère à l'UPR, se range à nos avis. Pas du tout. Les conséquences qu'il en tire, c'est que : nous sommes au bord du précipice, on va faire un pas en avant. C'est à peu près aussi ridicule que ça. C'est-à-dire qu'il appelle à renforcer, renforcer l'OTAN, augmenter le budget de l'OTAN, renforcer la solidarité européenne. C'est un peu comme à l'opéra, vous savez : les chœurs qui disent : « Marchons, marchons » et qui font du surplace. Si ça marchait, le traité de l'OTAN, qui date de 70 ans : 1949, et le traité de l'UE, qui date de 62 ans : 1957, bah ça se saurait, si ça marchait. Ça ne marche pas. Et ça marche d'ailleurs de moins en moins.
Ça marche de moins en moins parce que s'agissant de l'UE, les problèmes budgétaires après le départ du Royaume-Uni vont devenir un casse-tête extraordinaire et vont nous coûter... Risquent de nous coûter des sommes absolument astronomiques, au profit de nouveaux entrants comme la Macédoine du Nord ou l'Albanie. Et puis s'agissant de l'OTAN, le président des États-Unis Donald Trump, qui est en conflit avec l'État profond américain, qui donc – lui – a une autre vision des choses... Lui, le président Donald Trump, essaye petit à petit de se retirer, ou en tout cas de demander aux pays occidentaux – aux pays de l'UE notamment – de donner beaucoup plus d'argent dans le fonctionnement de l'OTAN.
Pour fixer un petit peu les ordres d'idées, la France verse à peu près quelque chose comme 200 millions d'euros par an au fonctionnement de l'OTAN, puisque... C'est à peu près 10% d'un fonctionnement qui est considéré comme étant de 2 milliards. Je parle de la structure administrative, etc. Bien. On dira : « 200 millions d'euros, ça n'est pas une somme extraordinaire ». Moi, je trouve que c'est quand même... En ces temps de disette, ça n'est quand même pas une somme à négliger. C'est à peu près ce qu'il manque d'ailleurs pour entretenir les routes nationales françaises. C'est-à-dire que si nous sortons de l'OTAN...
Et j'ai eu l'occasion d'expliquer dans ma conférence « Le jour d'après » que c'est assez facile. Il suffit de le déclarer au secrétariat général de l'OTAN, qui se trouve être le gouvernement des États-Unis d'Amérique. C'est l'article 13 du TAN. Il suffit de dire : « La France va sortir de l'OTAN ». Elle leur fait cette déclaration. Et un an après, elle en sort de plein droit. C'est tout, la formalité. Relisez l'article 13 du traité du 4 avril 1949. Ben si on faisait ça, si je suis demain à la tête de l'État... Une des premières choses que je ferais, c'est de faire cette annonce. Et au bout d'un an, eh bien on en sort.
Et au passage, évidemment, on récupère 200 millions d'euros pour notamment par exemple entretenir nos routes nationales, plutôt que de les vendre au privé. Alors il y a le deuxième élément de la défense. Il y a le budget militaire de chaque État. La France verse à peu près... Un peu moins de 1,8% du PIB, c'est-à-dire à peu près 44 milliards d'euros pour l'entretien et les investissements de ses forces militaires. Il est de notoriété publique que c'est insuffisant pour maintenir la France comme une puissance militaire vraiment crédible.
Je rappelle que dans le programme politique que j'avais présenté pour l'élection présidentielle, il y avait l'idée d'augmenter progressivement cette part du PIB pour arriver au minimum à 2%, voire supérieur : 2,2%, 2,5%. On a connu au début des années 60 des budgets de l'armée qui étaient de l'ordre de 5% à 6% du PIB. On va pas en revenir là, mais il faut absolument redynamiser le budget des armées. Mais pas dans le cadre de l'OTAN. Dans un cadre national, avec notamment... Un cadre national qui permet de favoriser l'industrie militaire nationale, hein, l'industrie militaire nationale, parce qu'avec l'OTAN...
Le problème de notre participation à l'OTAN, c'est qu'il est question de plus en plus d'avoir des programmes – comment dirais-je – plurinationaux, pour construire tel ou tel avion de combat, tel ou tel char d'assaut, voire éventuellement des armes d'appoint. Le Chassepot, maintenant, n'existe plus. Et puis donc chaque État aurait une partie d'un tout. Et donc ça nous permettrait de nous ligoter. C'est toujours la même histoire du stratagème des chaînes, que j'ai expliquée pour l'UE. Alors M. Macron, au lieu de tirer les conséquences qui s'imposent, reste lié, veut être davantage lié encore avec les pays de l'UE, en disant finalement qu'il faudrait qu'il y ait un grand budget de la défense.
Le problème, c'est que : affirmer ceci... Ça fait des années, des décennies qu'on en parle. Ça n'est pas parce qu'on le dit que ça existe. Je pourrais dire qu'il y a des martiens. Ça, je peux toujours le dire. Mais en réalité, ça n'existe pas. Donc parler du budget européen de la défense, ça voudrait dire que les pays membres de l'UE partagent les mêmes intérêts militaires, géopolitiques, la même vision du monde. Nous en sommes loin ! Nous en sommes très loin ! Je prendrai un exemple. M. Pabriks, ministre letton de la Défense, au mois d'octobre, il y a quelques semaines, a fait des déclarations absolument stupéfiantes en disant que les Waffen-SS étaient l'honneur – l'honneur !
– de la Lettonie : pays membre de l'UE. J'ai déjà eu l'occasion... Et je ne me lasserai jamais de le dire, parce que ça jette toujours un silence consterné chez mes contradicteurs, qui ne savent pas quoi répondre et qui essayent aussitôt de changer de sujet. La France est liée à 3 pays baltes : la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie, où l'on commémore chaque année en grande pompe – et de plus en plus d'ailleurs – l'alliance avec les forces nazies de la Seconde Guerre mondiale, qui avaient combattu l'Union soviétique. Je ne dis pas ça pour spécialement soutenir l'Union soviétique, mais quand même.
Nous avons affaire maintenant à des pays qui glorifient les Waffen-SS, avec – je l'ai dit – ce ministre de la Défense. Et si je le dis, d'ailleurs, ça n'est pas pour faire un effet de manche, ni parce que ce serait une anecdote. Je rappelle que la France a prépositionné sur la base de Tapa en Estonie, à à peu près 180 km à vol d'oiseau de Saint-Pétersbourg – la deuxième ville russe –, a prépositionné des engins blindés, plusieurs dizaines de soldats et j'en passe par solidarité européenne, également des avions de chasse.
Donc nous sommes entraînés, par notre double appartenance à l'UE d'une part et à l'OTAN d'autre part, à faire partie de la géopolitique américaine, même si celle-ci échappe en fait à Donald Trump, lequel Donald Trump, actuellement, fait d'ailleurs l'objet d'une procédure d'impeachment, c'est-à-dire de destitution : preuve qu'il gêne l'État profond des États-Unis d'Amérique, qui poursuit, qui veut continuer sur son air, comme on dit, c'est-à-dire qui poursuit sa stratégie « Trump ou pas Trump ». Nous, nous sommes donc entraînés par cette alliance à être en conflit stratégique permanent avec la Russie et éventuellement avec la Chine, même si M.
Macron, qui pratique toujours le « en même temps », eh bien s'est rendu en Chine ces jours-ci pour dire à quel point la France et la Chine s'entendaient très très bien, avec beaucoup de cadavres dans les placards. J'ajoute également que la France entretient actuellement des très mauvaises relations – on ne vous le dit pas suffisamment – avec l'Allemagne, puisque la ministre de la Défense : Mme Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK, qui est la dauphine de Mme Merkel, qui normalement devrait succéder à Mme Merkel comme chancelière lors du départ de celle-ci, puisqu'elle est à la tête de la CDU-CSU, Mme Annegret Kramp-Karrenbauer, eh bien...
Sauf que – j'ai eu l'occasion d'en parler – les élections qui ont eu lieu en Thuringe, après celles du Brandebourg et celles de Saxe, ont beaucoup fragilisé la CDU-CSU. Il n'est pas du tout certain que la CDU-CSU et son alliance avec le SPD vont pouvoir se maintenir au pouvoir encore longtemps. En tout cas, – en tout cas – Mme Kramp-Karrenbauer, qui est une femme à poigne et ministre actuellement de la Défense de l'Allemagne, et a négocié comme une grande avec les Américains des accords notamment sur le financement de l'OTAN sans en parler à Paris, et donc est allée porter...
A dit à cette pauvre Florence Parly, qui était autrefois (NDLR : secrétaire d'État au Budget), qui s'occupe de la défense... Elle lui a dit : « Voilà la note que vous aurez à payer ». Ce qui a tendu l'atmosphère entre Paris et Berlin, puisque le gouvernement français a – semble-t-il – dit : « Allez vous faire cuire un œuf ! ». Tout ça derrière les portes capitonnées : ce dont on ne vous parle pas. Et puis également, l'Allemagne a proposé une zone tampon entre la Turquie et la Syrie, dans le nord de la Syrie, suite aux événements récents. Tout ça sans en parler à Paris.
Donc en fait, l'Allemagne fait des bras d'honneur les uns après les autres à la France, qu'elle considère désormais comme une puissance en déclin : constat d'ailleurs qui n'est pas tout à fait faux, puisque nous sommes dirigés par des personnes qui ne croient plus en la France et qui prennent systématiquement les mauvaises décisions pour notre pays.
Je voudrais d'ailleurs, à ce propos, rappeler l'incroyable inconstance – pour ne pas dire l'idiotie – pure et simple de Macron, qui voici un an signait en grande pompe le traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle, où la France se fixait comme objectif diplomatique majeur d'essayer d'obtenir pour l'Allemagne un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, alors même que l'Allemagne, puissance battue en 1945 comme l'Italie et le Japon, avait été interdite d'adhésion à l'ONU à la Charte de San Francisco en (NDLR : 1945), les deux Allemagnes n'étant entrées à l'ONU qu'en 1973, et bien entendu sans jamais avoir un siège permanent au Conseil de sécurité, réservé aux puissances victorieuses : siège que Charles de Gaulle avait miraculeusement obtenu pour la France au moment de la Charte de San Francisco.
Je rappelle également que l'Allemagne a donc réussi à faire son trou dans l'UE – elle est devenue maintenant le « primus inter pares », disons le partenaire le plus facilement consulté des États-Unis –, que dans ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle, M. Macron avait postulé qu'il fallait qu'il y ait des contacts permanents pour aller vers une fusion des forces armées. Ce qui signifiait... Alors c'était pas précisé. Il n'en était pas question alors que c'est quand même le sujet le plus fondamental : quid des forces nucléaires françaises ? Qu'est-ce qu'elles devenaient ? Il n'en était pas question. Il était question simplement de fusionner...
Enfin de rapprocher les forces militaires et la stratégie franco-allemande, avec d'ailleurs des ministres qui allaient assister les uns chez les autres à des conseils de défense. Enfin on croit rêver ! On croit rêver quand on voit que quelques mois après, le gouvernement de Berlin fait un bras d'honneur et traite avec Washington sans nous en parler. En réalité, il y a un traité qui date de 1980 qui interdit à l'Allemagne de disposer de forces nucléaires, de bombes nucléaires. C'est bien ce qui embête l'Allemagne. Et nous avons déjà expliqué à nos lecteurs...
Je renvoie ici à un excellent article qui avait été rédigé par Vincent Brousseau, qui n'est pas seulement compétent en questions monétaires, mais qui... Sur l'Allemagne en général, il est assez compétent. Il est même très compétent. Et en particulier sur les questions militaires, il avait fait un dossier qui était tout à fait intéressant sur la stratégie des Allemands pour essayer de grignoter petit à petit, en prenant en considération, tablant sur la faiblesse insigne, l'absence totale de ligne directrice, de colonne vertébrale des élites françaises... Que progressivement, à l'usure, il obtiendrait...
Le gouvernement allemand, les gouvernements allemands les uns après les autres finiraient par obtenir une espèce de partage des forces nucléaires françaises en attendant que ça soit l'Allemagne qui mette la main carrément dessus. J'avais à l'époque... Et je n'étais pas le seul. Il y avait d'autres forces politiques qui avaient protesté vigoureusement contre ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle, où la France cédait tout et n'obtenait rien. Eh bien j'avais protesté à l'époque. Je vous renvoie aux vidéos en question.
On constate maintenant eh bien que la France a tout cédé, n'a rien obtenu, et que loin que les Allemands nous soutiennent face à l'OTAN, au contraire, ils développent encore davantage leurs relations avec Washington. Alors voilà, maintenant, il est temps de conclure. En fait, nous avons à la tête de l'État M. Macron, qui est un homme extrêmement inquiétant. Quelle est sa ligne stratégique pour la France ? Comment voit-il la défense nationale ? A-t-il compris que lorsqu'on en vient aux dernières extrémités, on ne peut compter que sur soi-même ? Connaît-il cet adage qui dit qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné ?
A-t-il bien médité toutes les leçons de stratégie de l'histoire mondiale, et notamment de l'histoire de la France ? A-t-il bien réfléchi aux raisons pour lesquelles Charles de Gaulle avait retiré la France du commandement militaire intégré de l'OTAN : parce qu'il refusait que jamais les forces militaires françaises puissent être entraînées dans un conflit planétaire sans que ce soit au final le gouvernement et le chef de l'État qui aient oui ou non décidé de l'emploi de nos forces militaires et éventuellement de nos forces stratégiques. M. Macron nous explique dans le même mouvement que l'OTAN est en coma dépassé.
Ce qui lui a d'ailleurs valu quelques heures après une volée de bois vert de Mme Merkel, qui a dit que c'était totalement excessif. Donc en fait, il y a un conflit sourd, mais très profond, en ce moment, entre la France et l'Allemagne. Donc M. Macron dit que l'OTAN est en coma dépassé, que l'UE est au bord du précipice. Et au lieu d'en tirer les conséquences qu'un chef d'État doit tirer, c'est-à-dire de sortir la France au plus vite de ces instances mortifères... Pas du tout.
Il propose de rester dans l'UE et de maintenir notre stratégie militaire et la doctrine d'emploi de nos forces militaires sous la tutelle d'une alliance militaire dont il dit qu'elle est en mort clinique, en mort cérébrale. Il est vraiment grand temps, sur ces questions stratégiques, que les Français se réveillent, hein, que les Français comprennent que c'est hélas une de nos pires traditions : que la France, souvent, a une guerre de retard.
Il est grand temps que la France et les Français comprennent qu'il faut qu'il y ait à la tête de l'État quelqu'un qui sache très exactement ce que sont les conflits et les intérêts nationaux sur l'ensemble de la scène géopolitique mondiale, quelqu'un qui soit un homme de paix, qui veuille respecter en toutes circonstances le droit international, mais surtout quelqu'un qui ne soit pas un naïf, quelqu'un qui ait une colonne vertébrale, qui défende les intérêts de la France et du peuple français, puisque si le président de la République française ne défend pas les intérêts de la France et du peuple français, personne ne le fera à sa place.
Il est grand temps que les Français choisissent comme chef d'État quelqu'un qui ne soit pas un irresponsable, quelqu'un qui ne change pas constamment d'avis, quelqu'un qui ne dise pas une chose et son contraire, quelqu'un qui ne fasse pas des déclarations à l'emporte-pièce, du style que l'OTAN est en mort cérébrale ou que l'UE est au bord du précipice. Les Français n'ont pas besoin de quelqu'un qui commente et d'un irresponsable.
Les Français ont besoin d'un chef d'État, qui soit l'héritier des 40 générations, 50 générations qui ont fait la France, et qui sache que son devoir est de défendre l'intérêt national, l'intérêt de la France, l'intérêt des Français, en souci de parfaite harmonie et de paix avec le reste du monde, mais sans aucune naïveté sur les jeux de toutes les puissances qui nous entourent. Vive la République et vive la France.
François Asselineau