Lycées : Manuel Bompard dans la manifestation à Paris
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:55OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous reconnaissez que c'est un début de réponse que le ministre tente d'apporter ?
- 4:09RelanceRéponse directe
Et vous, vous trouvez que le blocage est une voie normale de protestation ?
- 5:36OuverteRéponse partielle
Est-ce que les policiers, les CRS et les gendarmes qui interviennent sont des racistes ?
- 14:02OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est décent de retirer un drapeau israélien à l'occasion d'un hommage aux victimes du 7 octobre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:38InvitéChiffre
« En 15 ans, on est passé de 27 élèves par classe en moyenne dans le secondaire à plus de 30. »
- 3:57InvitéFait
« Tous les blocages seront débloqués par la force. »
- 5:07InvitéChiffre
« On a vu des statistiques de Akrimed, qui dit que sur le journal télévisé de France 2, la semaine dernière, il y a eu 90% du temps d'antenne qui a été consacrée aux violences et à la mise en cause de la France insoumise. »
- 8:17InvitéFait
« Il n'y a aucune consigne de retenue et par ailleurs aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité intérieure. »
- 14:15InvitéFait
« On vendait des objets promotionnels dans lesquels il était indiqué que la recette de cette vente servirait à financer l'armée israélienne. »
- 14:24InvitéFait
« Les objets représentaient le territoire israélien incluant les territoires de la Cisjordanie. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
- Invité 26 %
- Locuteur 55 %
- Locuteur 23 %
- Locuteur 12 %
≈ 20,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il
a
ouvert effectivement une plateforme lancée par le ministre de l'éducation sur laquelle les lycéens peuvent écrire leurs doléances, leurs besoins. Ils ont jusqu
'au 23
octobre. Et ensuite, il assure qu'il en sera tenu compte et que
ces doléances n'auront
pas le même destin que celles
du mouvement des Gilets jaunes. Exactement.
Il assure que cette fois,
ce
sera différent. Il nous dit aussi, enfin, il dit aussi ce matin de façon claire que d'ici huit jours, une réponse sera apportée aux absences d'enseignants non remplacés dans chaque académie.
Avant
une question lycéenne, je suis déjà en train de les traiter. J'ai demandé à toutes les académies, donc c
'est
-à
-dire
les services d'éducation nationale dans les territoires,
d
'avoir le tableau de bord quotidien
de
tous les lycées qui sont confrontés à cette situation, si je puis dire les points rouges en termes de qualité du remplacement,
et
d'apporter une réponse dans les huit jours.
Vous
savez qu
'il
y
a
aussi un problème de recrutement des enseignants, de vocation, donc on ne pourra pas régler en une semaine tous ces profs non remplacés. Est-ce que vous reconnaissez que c'est un début de réponse que
le ministre tente d
'apporter ? Non
mais attendez, de deux choses l'une. Soit on dispose des enseignants nécessaires pour pouvoir remplacer des enseignants qui sont absents. Et donc pourquoi on ne les a pas déjà mis devant les salles de classe
?
Pourquoi il a fallu une mobilisation lycéenne pour que le ministre nous dise « je vais les remplacer » ? Soit, et c
'est
la vérité, on n'a pas les enseignants nécessaires pour le faire, et le ministre nous en fume et vous en fume. Et en tout état de cause, qu'est-ce qui justifie dans cette situation qu'on supprime encore des postes d'enseignants ? Comment vous pouvez justifier une mesure de cette nature ? Le gouvernement nous dit « oui mais il
y a
une baisse de la démographie lycéenne
».
D'accord,
mais
très bien, donc profitons-en pour régler les problèmes. Profitons-en pour régler les problèmes de non-remplacement, profitons-en pour baisser le nombre d'élèves par classe. En 15 ans, on est passé de 27 élèves par classe en moyenne dans le secondaire à plus de 30. Donc qu
'est
-ce qu'on fait ? On profite de cette situation pour faire en sorte précisément de ramener les classes à un niveau d'un nombre d'élèves plus bas. Tout le monde sait très bien qu'au-delà de 30, au-delà de 25, ça devient très difficile de bien apprendre. Et le temps de démocratie interne que Sébastien Lecornu souhaite vouloir être organisé dans les lycées avec la suspension des cours sur une demi-journée entre mercredi et vendredi, c'est une amorce de retour au dialogue, ça ? Ça fait 15 jours que moi je dis que plutôt que d'envoyer des matraques et des CRS, il faudrait ouvrir des temps de discussion. Mais c'est tard. C
'est la condition
que les lycées ne soient pas bloqués ? Non mais initialement, on aurait pu décider, plutôt que de fermer des établissements, sauf quand il y avait évidemment des conditions de sécurité qui l'exigeaient, mais plutôt de fermer des établissements pour en quelque sorte supprimer les blocus et détruire le mouvement, parce que ça a été ça l'objectif, plutôt que de faire ça, on aurait pu dire ouvrons des espaces de dialogue. On parle beaucoup de la France insoumise, de ça. Est-ce qu'on fait les maires insoumises là où ils sont élus
? Les
maires insoumises là où ils sont élus, ils ont ouvert la mairie, ils ont fait venir des délégués lycéens, et ils leur ont permis de dialoguer, de discuter, d'exprimer leurs revendications. Il y a sans doute d'autres maires qui l'ont fait aussi. Et ça s'est mieux passé dans ces villes-là ? Évidemment. Regardez par exemple à Creil, le maire insoumis de Creil, Omar Yacoub, il a fait ça, il a fait un travail extraordinaire, il a mis des médiateurs devant les lycées, et ça s'est mieux passé, évidemment. Les lycées ne sont plus bloqués. Mais attendez, bloqués ? Non mais bloqués, ce n
'est
pas mal se passer. Je me demande si ces lycées aujourd'hui étaient bloquées. Bah évidemment. Mais attendez, mieux se passer, ce n
'est
pas le maire de Creil qui peut répondre aux revendications, c'est le gouvernement.
Ce
que je vous dis,
c
'est que cette contestation, vous pouvez l'organiser de telle sorte, est-ce que ça se passe bien ? C'est ça qu'il aurait fallu faire. Quel est le premier acte qu'a posé le ministre de l'Éducation nationale une semaine après la déclenche de ce mouvement ? Le premier acte qu'il a fait
?
C'est un tweet où il a fait « Les revendications sont légitimes, il faut écouter les revendications des lycéens ». Si, si, je peux vous
le retrouver. C'est pas
un acte, c'est un tweet. Il a fait un tweet... C'est
un
tweet,
pardon, où il fallait
entendre
les
lycéens. Non, non, non, monsieur Cohen. Franchement, je ne sais pas pourquoi vous voulez vous faire l'avocat du ministre aujourd'hui. Son premier tweet, c'est un tweet qui...
C'est
votre métier de contredire les invités qui
sont là. Votre métier,
c'est de contredire, mais pas de vous faire l'avocat du ministre. Mais ce que je vais vous dire, c'est que son premier tweet, c
'est
de dire
«
En gros, c'est de la faute de la France insoumise ». Et son deuxième acte, c'est de co-signer une circulaire,
une
circulaire commune avec le ministre de l'Intérieur, monsieur Nunez. Vous la retrouvez, elle date de samedi dernier, dans lequel il dit « Tous les blocages seront débloqués par la force ». Voilà, c'est ça la réponse qu'a apporté le ministre de l'Éducation nationale. Et puis au bout de dix jours, il a dit « Ah ben la situation est en train de nous échapper, on va enfin recevoir les organisations étudiantes et lycéennes ».
Et vous, vous trouvez que le blocage est une voie normale de protestation, de manifestation. Ça fait partie des outils
qui peuvent être utilisés
dans une mobilisation. Mais si les blocages vous choquent, monsieur Cohen, quand
il
y a deux ans, il y a eu une mobilisation des agriculteurs qui ont bloqué une autoroute, et que monsieur Attal, alors premier ministre, allait faire une émission de télévision en direct de l'autoroute bloquée, à l'époque, je ne
crois
pas que ça vous ait beaucoup choqué. Et pourtant, bloquer une autoroute, ça ne fait pas partie normalement des moyens d'action, qui sont des moyens d'action légaux. Et à l'époque,
d
'ailleurs, monsieur Darmanin, ministre de l'Intérieur, disait « on ne
répond pas à la colère et à l
'exaspération par les matraques ». On répond par le dialogue.
Comment vous expliquez cette différence de traitement ?
Mais parce que le gouvernement a joué une stratégie, ce qu'on appelle la stratégie du pourrissement. Il a essayé de salir cette mobilisation. Il a essayé qu'elle dégénère, qu'elle produise des images, qui d'ailleurs ont été abondamment relayées ensuite, y compris sur vos chaînes, il faut le dire. On a vu des statistiques de Akrimed, qui dit que sur le journal télévisé de France 2, la semaine dernière, il y
a
eu 90% du temps d'antenne qui a été consacrée aux violences et à la mise en cause de la France insoumise. 8% aux revendications des lycéens. Donc ce qu'il a cherché à faire, le Premier ministre, c'est en quelque sorte de pourrir cette mobilisation. Et ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, les lycéens, ils leur ont envoyé la meilleure réponse possible, c'est-à-dire des mobilisations massives, calmes, pacifiques, qui se sont très bien passées, très conscientes, et que le gouvernement a perdu la partie.
Est-ce que les policiers, les CRS et les gendarmes qui interviennent, notamment auprès des blocages, ce sont des
racistes ?
Il peut y avoir des racistes, oui. Je ne
sais
pas, vous voulez que je vous lise des témoignages de jeunes qui ont été en garde à vue et qu'on leur a dit salle arabe, qu'on leur a arraché leur short en garde
à vue
?
Oui,
mais des généralisations, comme a procédé Jean-Luc Mélenchon ?
Non, non, mais des généralisations, ça c'est ce que vous, vous dites, M. Cohen. Vous
pensez qu'il n'y a pas de racisme dans la police ?
Vous pensez qu'il n'y a pas de racisme dans la police ? Quand le défenseur des droits dit qu'il y a une pratique qui s'appelle les contrôles au faciès, qu'un jeune noir ou arabe a, aujourd'hui, les derniers chiffres, c'est 4 fois plus, il y a quelques années,
c
'était 20 fois plus de chances d'être contrôlée qu'une personne blanche, vous pensez que ça n'existe pas ? Quand l'organisation des Nations Unies met en cause un problème global de racisme dans la police en France, vous pensez que ça n'existe
pas ?
Ça n'existe, ça n'est pas dire que les policiers qui interviennent pour faire
dégager
des blocages ou pour faire ramener le calme face à des situations violentes sont racistes, comme on l'a entendu dans la bouche de
Jean-Luc Mélenchon.
Mais M. Cohen, dire qu'il y a du racisme dans la police, qu'il
y a
un problème global de racisme dans la police, une forme d'impunité face aux propos et aux actes racistes dans la police, ce n'est pas dire que l'ensemble des policiers sont racistes. Pourquoi vous ? C'est vous qui faites une généralité ? Moi,
je
n
'ai
jamais fait cette généralité. Il y a des policiers, sans doute, qui essayent de bien faire leur travail. Moi, ce que je mets en cause dans cette situation, c'est la doctrine du maintien de l'ordre. C'est que le ministre de l'Intérieur aille sur un plateau de télévision, sur une chaîne concurrente, pour dire, alors qu'on parle d'enfants, des gens qui ont 14 ans, 15 ans, 16 ans, et qu'on dise, pas de retenue, on peut utiliser toutes les armes à nos dispositions. Non,
ce
n
'est
pas ce qu'il dit. Ah, ce n
'est
pas ce qu'il dit ? M. le ministre Nunez,
il n'a pas
dit ça ? On va l'écouter, il était en l'hérité ce matin de
France Inter. On va l'écouter, lui, il dit
que c'était
proportionné. Sur le journal télévisé de
TF1 la semaine dernière, est-ce qu'il a dit « je ne donne aucune consigne de retenue et je demande d'utiliser toutes les armes à la disposition, y compris des armes qui sont des grenades de désencerclement et qui sont des armes de guerre ? » Est-ce qu'il l'a dit, ça ? On
va écouter
ce qu'il a dit ce matin sur France Inter sur l'usage, y compris de ces armes dites intermédiaires.
Quand
on bascule dans les scènes dans lesquelles nous avons basculé,
où
vous avez des individus qui, de manière cagoulée, commettent des dégradations extrêmement graves. Moi, je ne parle pas plus de doctrine de maintien de l'ordre. Nous sommes sur ce qu'on appelle, et j'utilise à dessein le mot, des violences urbaines. Quand il y a des troubles, il doit y avoir intervention. En revanche, en revanche, et j'insiste là-dessus évidemment, cette intervention, elle s'effectue dans la plus grande proportionnalité. Et dans la quasi-totalité des cas, cette intervention est proportionnée.
Intervention nécessaire en cas de violences urbaines et proportionnalité, c'est ce que
dit
Mille. M. Cohen, parce que c'est important l'effet. J'ai retrouvé le verbatim. Vous pourrez le vérifier. M. Nunez sur TF1 la semaine dernière, je cite, « Il n'y a aucune consigne de retenue
et
par ailleurs aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité intérieure. »
Voilà
le
propos.
L'armement intermédiaire ? Oui.
Toutes les armes à
disposition. Ce qu'on appelle l'armement intermédiaire, ce sont par exemple des grenades de désencerclement qui sont classées comme armes de guerre.
Et
je vous rappelle, juste pour quand même la discussion, qu'on est en train de parler d'enfants. Mais
lui, il parlait de
violences urbaines.
De 15 ans. Il parlait de violences
urbaines. Oui,
mais ces gens-là... Il ne parlait pas
d'utiliser ses armes contre des lycéens qui manifestent pacifiquement.
Vous pensez que le jeune homme qui a perdu son oeil, le jeune homme qui a perdu sa main, vous pensez qu'ils étaient en train de faire quoi d'autre que de participer à un mouvement lycéen pour
des revendications qui sont des revendications légitimes ? La proposition du chef du
député socialiste, Boris Vallot
? Mais moi, je suis pour interdit. La loi
pour que des manifestations impliquant des mineurs, les forces de l'ordre, n'utilisent pas d'armes mutilantes
?
Bien sûr. C'est une initiative qui a été lancée par l'association Attaque et que j'appuie absolument. Mais je vais vous dire, je pense qu'il faut aller plus loin. Il y a certaines formes d'armement qui, y compris en dehors des manifestations lycéennes, ne devraient pas être utilisées dans le cadre de ce qu'on appelle le maintien de l'ordre. D'ailleurs,
il
y a certains pays, beaucoup d'autres pays,
d
'ailleurs, dans lesquels on n'utilise pas ces armements-là. Quelques pays ? Parce qu'ils ne sont pas nécessaires. Parce qu'il y a des doctrines qui sont des doctrines de désescalade et que dans le cadre du maintien de l'ordre, on n'utilise pas des armes de guerre parce que les armes de guerre, ça blesse, ça mutile. Enfin, qu
'est
-ce que vous avez à dire aux parents de ces enfants qui ont perdu ? Ça pourrait être nos enfants, à chacune, chacun d'entre nous, aux gens qui nous écoutent, qui sont allés dans une manifestation parce qu'ils ne supportent plus de ne pas avoir de professeurs, parce que les conditions dans lesquelles ils étudient sont absolument indignes. C'est ça la situation. Ils sont allés dans cette manifestation et ils reviennent avec un œil en moins.
Hier, à vos
côtés, l'approviseur d'un lycée professionnel parisien nous racontait l'assaut organisé qu'elle a subi hier devant son lycée. Probablement pas des élèves de l'établissement, mais des jeunes hommes cagoulés qui étaient déterminés à en découdre avec les forces de l'ordre. Que sont censés... Il ne
s
'agissait pas de lycéens qui manifestaient
pas ce qu'ils ont dans ce cas
précis.
Elle a
par connu certains de
ses élèves.
C'est évidemment absolument inacceptable. Personne ne peut être d'accord avec le fait qu'on s'en prenne ni à un personnel d'éducation ni à un établissement scolaire ni même à un policier. Moi, je ne
vous
dis pas qu'il faut... Mais la question qui nous est posée, c'est comment pendant plusieurs jours on a eu l'opportunité d'éviter de se retrouver dans des situations que dans des situations de tension. Le gouvernement a laissé pourrir la situation, n
'a
apporté aucune réponse politique, n'a ouvert aucun canal de discussion, aucun canal de dialogue. Et une fois, précisément, si vous ne voulez pas encourager la violence, n'attendez pas que ça se passe mal pour commencer à faire quelque chose. Sinon, vous-même, vous vous encouragez d'un certain point de vue de la violence. Moi, depuis le début, j'ai toujours dit la même chose. Pour qu'un mouvement fasse entendre ses revendications, il faut qu
'il
soit pacifique,
il
faut qu'il soit large, il
faut
qu
'il
soit massif. Et je suis très content, vous savez, qu'aujourd'hui, beaucoup de jeunes ont entendu ce message. Il y avait près de 2000 lycées qui étaient concernés, il y avait 90% des universités. Moi, dans la manifestation, j'y ai passé deux heures. Ça s'est passé, les jeunes chantaient la Marseillaise, portaient des revendications, c'était extraordinaire. Donc, il ne
faut
pas donner une image de ce mouvement qui ne correspond pas à la réalité. S'il
y
a des incidents, je les désapprouve, mais ce n
'est
pas ça le mouvement lycéen dont on est en train de parler.
Un autre sujet à vous soumettre. Agathe. Oui, Rima Hassan, sous le feu des critiques, Manuel Bompard, votre collègue insoumise. J'allais dire qu'elle était au cœur d'une nouvelle polémique. Elle est accusée d'avoir renversé des drapeaux européens et israéliens devant les portraits des victimes du 7 octobre à l'occasion d'une exposition pour commémorer ces massacres. Trois ans après au Parlement européen, d'y prendre cette affaire extrêmement au sérieux. Rima Hassan s'est expliquée une première fois dans l'hémicycle. Sur le moment, elle précise qu'elle n'a pas touché au drapeau européen. Elle n
'a
pas dit que ça.
Je veux rappeler un dernier élément, Madame la Présidente. Je n'ai pas touché au simplement tombé. Merci.
Voilà,
le micro de Rima Hassan est coupé avant la fin de sa phrase. Mais son équipe a réagi et confirme le fait qu'en quittant les lieux de l'exposition, elle a bien enlevé le drapeau israélien. Le drapeau européen qui était fixé sur le même pied serait alors tombé sous l'effet du déséquilibre. Aucun drapeau n'aurait été piétiné ni détérioré sur l'entourage de l'élu. Mais au Parlement européen, le mal est fait.
Me dire que la veille du 7 octobre, il y a dans ce Parlement deux groupes politiques où l'antisémitisme a servi de colonne vertébrale, c'est insupportable. En mémoire des victimes de la Shoah, des victimes du 7 octobre, je demande à tous les groupes politiques de retrouver de la décence.
Ce
soir, il y a quelques minutes, Rima Hassan est allée plus loin sur X. Elle s'explique. Elle dit d'abord qu'il s'agissait d'un événement non officiel et qu'en revanche, elle a toujours pris part avec son groupe aux commémorations officielles organisées par le Parlement européen. Elle explique aussi que lors d'un échange avec un artiste invité, il aurait nié l'existence de la Palestine. Elle assume une fois plus d'avoir retiré ce drapeau israélien.
Manuel Bompard, la question ne porte pas sur vos opinions, sur ce que vous pensez de la politique israélienne ou sur ce que vous pensez d'Israël, mais sur le fait de retirer un drapeau israélien à l'occasion d'un hommage aux victimes du 7 octobre devant des photos de ces victimes. Est-ce que c'est décent ?
Est-ce que vous trouvez, madame, qu'il est décent d'organiser dans l'enceinte du Parlement européen
un
événement co-organisé avec les autorités officielles de l'État israélien qui commet aujourd'hui des massacres à Gaza, dans lequel on vendait des objets promotionnels dans lesquels il était indiqué que la recette de cette vente servirait à financer l'armée israélienne et dans lequel les objets représentaient le territoire israélien incluant les territoires de la Cisjordanie, c'est-à-dire qui font l'objet d'une colonisation et qui étaient inclus comme annexés au territoire israélien. Bien évidemment qu'il faut rendre victime, hommage aux victimes du 7 octobre.
Mais c'est-à-dire un événement accueilli par le Parlement européen ? Il ne s
'agissait pas d'un événement ? Non, non, c'était un événement qui avait lieu à l'intérieur du Parlement européen qui était organisé par des groupes en lien avec les autorités officielles israéliennes. Et moi, pardon, mais je considère que non, dans l'enceinte du Parlement européen,
on
n'organise pas un événement avec les autorités officielles d'un gouvernement, d'un État qui aujourd'hui commet un génocide.
Mais là, je parle des victimes du
7 octobre qui étaient en
photo
avec un drapeau
israélien juste en face. Non, juste sur ce point, Manuel Gompas.
Donc, vous soutenez le fait d'enlever un drapeau devant des victimes.
Je vous ai répondu très clairement, madame, et je pense que s'il y avait un événement qui avait été organisé dans l'enceinte du Parlement européen, par exemple, avec la représentation officielle de l'État russe, vous aurez trouvé ça absolument inapproprié et que sans doute vous auriez protesté. Peut-être que vous serez comme Rima Hassan allé retirer le
drapeau de là où il s'est trouvé.
Donc oui, évidemment, j'assume. Et j'assume absolument ce qu'a fait Rima Hassan et je considère qu'il est absolument inapproprié et pire que ça, absolument dangereux d'organiser dans l'enceinte du Parlement européen un événement qui met en valeur, par exemple, la colonisation de territoire en violation absolue du droit international et y compris d'ailleurs des positions de l'Union européenne elle-même. Merci beaucoup.
Vous
restez avec
nous.