Benoît PAYAN dénonce les inégalités du compte administratif 2019
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Chapitres
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Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Benoît PAYANFait
« Vous continuez de décider seul, coupé de tous. Au sud, avec Borely, Michelet et Chanot, Au centre avec l'opération cadre sur le centre-ville qu'on découvre la veille du Conseil Municipal »
- 2:40Benoît PAYANFait
« exonère d'impôt les multinationales de la croisière, en faisant payer aux Marseillais les impôts les plus chers de France »
- 2:50Benoît PAYANFait
« baisse le budget dédié aux travaux dans nos écoles »
- 3:00Benoît PAYANFait
« ne créé qu'une poignée de logements sociaux, et toujours dans les mêmes quartiers »
- 3:10Benoît PAYANFait
« met 20 millions pour nettoyer des façades alors que la priorité devrait être la santé et la sécurité des Marseillais »
- 3:20Benoît PAYANChiffre
« avec 1,5 milliard de budget, on peut agir concrètement sur la ville »
- 3:40Benoît PAYANFait
« la L2 a enfin ouvert ses portes, mais cela n'aurait peut être pas dû vous dispenser de vous occuper des transports en commun »
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Monsieur le Maire, Mes chers collègues Le compte administratif, c'est sans doute le rapport le plus important de l'année. Bien-sur, que le compte administratif ce sont d'abord, Monsieur BLUM, 1700 pages de chiffres, de tableaux. Bien-sur que c'est quelques fois illisible, souvent inaccessible.
Bien-sur que le compte administratif, ne passionne pas grand monde, et pourtant. Et pourtant, derrière ces chiffres, ces tableaux et des chapitres budgétaires, il y a des actions, des agents municipaux, des services publics et des réalisations. Il y a aussi les Marseillais.
Il y a toute la vie de notre collectivité, toutes les décisions que vous avez prises, toutes les réalisations qui sont les vôtres. Monsieur le Maire, vous le savez, nous ne pourrons pas voter ce compte administratif. Pas parce que nous sommes votre opposition.
Pas parce que nous sommes de gauche et que vos amis sont de droite, cela n'est pas le débat. Cela n'est pas le problème. Ce n'est pas un problème d'étiquettes, et encore moins de partis.
Parce que ce matin, quand vous nous présenterez une motion contre la casse du service public hospitalier voulue par le Gouvernement, nous la voterons bien volontiers. J'espère, d'ailleurs, vu l'état de nos hôpitaux, de ses personnels, du service public de santé qui se dégrade un peu plus chaque jour à Marseille, que nous serons nombreux à voter cette motion. Non, ce qui se joue dans notre vote, c'est d'abord un problème de convictions.
De convictions entre ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, de ce qui est bon pour notre ville et de ce qui ne l'est pas. Or, dans ce compte administratif, dans ce document de milliers de page, se trouvent toutes les dépenses de l'année. C'est ici, qu'on trouve les faiblesses de politique de l'habitat et du logement, et les largesses laissées aux promoteurs sur nos espaces naturels ou historiques.
C'est ici qu'on trouve les frais d'avocat, utilisés contre les Marseillais qui se battent pour sauver nos écoles. C'est ici qu'on brade plus qu’à son tour le patrimoine des Marseillais. C'est dans ce document qu'on trouve des études accessoires, et des besoins délaissés ou qu'on trouve des services publics scolaires, culturels, sportifs toujours pas à la hauteur de la deuxième ville de France.
C'est ici qu'on devrait trouver des lignes budgétaires pour mener des opérations de concertation, de dialogue, de participation citoyenne. Mais non, dans ce compte administratif, on trouve surtout de quoi ériger des murs, des barricades, des barrières, des choses qui éloignent les institutions des citoyens, qui éloignent les Marseillais de leur ville. D'ailleurs, s'il y a bien un domaine où les Marseillais sont traités à égalité avec votre majorité, c'est bien celui du mépris.
Quels que soient les quartiers : vous continuez de décider seul, coupé de tous. Au sud, avec Borely, Michelet et Chanot, Au centre avec l'opération cadre sur le centre-ville qu'on découvre la veille du Conseil Municipal, A l'est avec bleu capelette, ou les opérations immobilières qui se n'arrêtent plus dans les quartiers Est; sans jamais avoir organisé la moindre concertation, demandé l'avis au moindre Marseillais. Quant au nord, malgré là aussi les opérations immobilières qui grignotent chaque jour un peu plus notre territoire, vous n'avez toujours pas le moindre projet d'avenir pour un territoire qui en a pourtant tellement besoin.
Comment voulez vous qu'on valide ces priorités, qu'on approuve ces méthodes ? Comment voulez vous qu'on puisse valider des documents budgétaires d'une majorité qui donne 30 fois plus aux Miss France qu'au Planning Familial ? Qui exonère d'impôt les multinationales de la croisière, en faisant payer aux Marseillais les impôts les plus chers de France ?
Qui baisse le budget dédié aux travaux dans nos écoles? Qui ne créé qu'une poignée de logements sociaux, et toujours dans les mêmes quartiers ? Qui s'empresse de trouver une rue Johnny Hallyday, alors que cela fait plus de 20 ans qu'on attend un hommage digne de ce nom pour Ibrahim Ali ?
Qui met 20 millions pour nettoyer des façades alors que la priorité devrait être la santé et la sécurité des Marseillais. Alors bien-sûr, la ligne budgétaire « fracture territoriale » n’existe pas. Bien-sûr qu'il n'y a pas de chapitre spécial gabegie, ou d'opération consacrée aux inégalités, mais à la fin du fin, à la fin du compte, c'est pourtant bien le bilan.
Bien-sûr que les injustices sont plus anciennes et plus profondes que vos arrivées aux affaires, mais unir la ville aurait dû être la priorité numéro 1. Bien-sûr qu'il n'y a pas de baguette magique, mais avec 1,5 milliard de budget, on peut agir concrètement sur la ville, sur notre territoire, et sur le quotidien des Marseillais. Et si on additionne la Métropole, le Département, la Région, c'est d'autant plus de milliard de budget, de milliers d'agents, de force pour gouverner un territoire.
Vous êtes tous dans la même équipe, et pourtant notre ville n'a jamais produit autant de difficulté. Bien-sûr qu'on est heureux de voir des touristes découvrir notre ville, mais cela ne peut pas se faire au détriment de règles, au détriment de leur santé. Bien-sûr que le MUCEM, Monsieur le Premier Adjoint, est magnifique.
Bien sûr que le Stade Vélodrome est beau, peut être le plus beau du monde, mais c’est désormais toute la ville qu’il faut mailler de sport et de culture pour tous. Bien-sûr que du J1 au J4, vous avez transformé la façade maritime, mais cela ne peut pas masquer les besoins du reste de la ville. Derrière la façade, aussi belle soit elle, il y la ville.
Et derrière la carte postale, il y a les Marseillais. Bien-sûr que la L2 a enfin ouvert ses portes, mais cela n'aurait peut être pas dû vous dispenser de vous occuper des transports en commun, du métro dont on attend toujours l'ouverture à Capitaine Geze. Bien-sûr que grâce à la Méditerranée, nous avons l'une des natures les plus belles du monde, mais tant reste à faire pour sauvegarder, pour ouvrir notre littoral, pour protéger nos plages.
Bien-sûr que cette ville est fracturée, polluée, bien plus que n’importe quelle autre ville. Et pourtant, l’énergie irrigue cette ville, vous le savez, nos quartiers ou nos noyaux villageois, nos associations, nos services publics ou nos entreprises y contribuent. Il y a des milliers de Marseillais qui se battent chaque jour pour la rendre plus juste, plus propre, plus durable, plus attractive.
A quoi sert une ville au 21ème siècle, si ce n’est justement à catalyser ses énergies. A les encourager, les développer, les faire prospérer. Le rôle d’une ville, Monsieur le Maire, c’est de gouverner avec, et pour ses habitants.
Je ne crois pas que nous soyons condamnés, loin de là. La plus vieille ville de France, Monsieur TIAN, continue de marquer l’histoire quand des Marseillais réussissent là où personne souvent ne les attend. Marseille, ce n'est pas une ville comme les autres.
On a une histoire et une identité. Les gens nous aiment ou nous détestent, mais on ne laisse personne indifférent. La fierté d'habiter Marseille est même devenue une devise.
Et pourtant, c'est cette singularité qui se perd aujourd'hui, au fur et à mesure que notre ville se détraque. Et bien ce compte administratif, c'est la même affaire. Correctement gérée, bien administrée, avec des priorités, une gouvernance moderne, on pourrait faire tellement mieux.
Avec 12 000 agents, avec des milliers d'associations qui maillent notre territoire, avec des services publics rénovés, on pourrait faire tellement mieux. En changeant de priorités, en changeant de méthode, Marseille peut et doit changer et en profondeur. Marseille doit faire tellement mieux.
Je vous remercie.
Benoît Payan