Louis Aliot appelle Bruno Retailleau et David Lisnard à rejoindre le RN pour la présidentielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à la digue républicaine et au cordon sanitaire ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
Dites-le, vous pensez qu'il va y avoir une délégitimation du scrutin si Marine Le Pen arrive au pouvoir ?
- 2:15RelanceÉludée
Ce qui est incroyable, c'est que vous vous renvoyez en miroir inversé exactement les mêmes mots.
- 3:03OuverteRéponse directe
L'idée lui a lieu qu'avec vous au pouvoir, on arriverait véritablement à des face-à-face.
- 3:37OuverteRéponse directe
Vous n'êtes pas inquiets si vous remportez le scrutin d'un quelconque troisième tour électoral ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Comment mener campagne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Mais qui sont-ils pour dresser des cordons sanitaires ou des digues républicaines ? »
- 0:51Invité politiqueFait
« Depuis le 7 octobre, on a vu tous les jeux de mots douteux et les postures de M. Mélenchon et d'une certaine partie de la gauche. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Et c'est eux qui sont en dehors du champ républicain et qui d'ailleurs poussent à la division du pays et sont dans la violence, »
- 1:15Invité politiqueFait
« Donc moi, je me dis que ces gens-là sont en fait des dangers pour la démocratie. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Non, mais je pense qu'ils n'accepteront pas très certainement. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Sauf que le peuple est souverain. C'est le peuple qui décide. »
- 2:51Invité politiqueChiffre
« Donc, et vous avez un sondage cet après-midi, à 70% je crois les Français considèrent que c'est un danger pour la démocratie. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Ben non, évidemment. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Il fallait déjà l'inventer, le tract qui n'existe pas. »
- 5:43Invité politiqueFait
« Bien sûr. Surtout que derrière, ça a permis, après l'article du Monde, à toute une batterie de politiciennes de gauche et d'extrême-gauche de nous insulter. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Madame Aubry, la première, qui est allée dire Marine Le Pen a du sang sur les mains. »
- 6:55Invité politiqueChiffre
« Pourquoi le monde, aujourd'hui, bénéficie de 29 millions d'euros de subventions ? »
- 7:07Invité politiqueFait
« Je pense que c'est un argent que l'on pourrait économiser pour affecter sûrement d'autres choses beaucoup plus utiles que de permettre à certains journalistes de faire de la politique politicienne. »
- 13:21Invité politiqueFait
« La situation est grave, la situation est dramatique économiquement, socialement, »
- 19:00Invité politiqueFait
« Ensuite, sur le pouvoir d'achat, je crois qu'on a développé maintenant depuis de nombreuses années ce que nous voulons très vite, sur la baisse d'un certain nombre de taxes, et notamment de la TVA, »
Temps de parole
- Louis Aliot62 %
- Présentateur32 %
- ?4 %
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Bonsoir Lui Alliot, M. le maire, après M. le maire Karim Bouhamran, le maire de Perpignan, Lui Alliot, Rassemblement National, merci d'être avec nous. C'est un contexte nauséabond à dénoncer le Premier ministre Sébastien Lecornu en évoquant l'ambiance politique à la suite de l'attentat de Trappes. C'était d'ailleurs le feu cet après-midi, si je vous
le
dis, à l'Assemblée Nationale. Certains députés de gauche sont sortis, on va voir les images, pendant que votre collègue, en tout cas pendant que le député Sébastien Chenu s'exprimait. Mais en fait, de leur point de vue, vous n'êtes pas, vous n'êtes plus,
et
vous n'avez jamais été, c'est en doute pour certains, dans l'arc républicain. Qu'est-ce que vous répondez à ce qui est en train de prendre beaucoup de place dans le débat politique et médiatique, la digue républicaine, le cordon sanitaire ?
Mais qui sont-ils pour dresser des cordons sanitaires ou des digues républicaines ?
Ils
n'incarnent pas la République. Depuis le 7 octobre, on a vu tous les jeux de mots douteux et les postures de M. Mélenchon et d'une certaine partie de la gauche. Et c'est eux qui sont en dehors du champ républicain et qui d'ailleurs poussent à la division du pays et sont dans la violence, vont manifester contre un parti politique constitutionnellement organisé, poussent à contester tous les résultats quels qu'ils soient. Donc moi, je me dis que ces gens-là sont en fait des dangers pour la démocratie. Ce sont eux qui sont précisément dans une idéologie qui conteste même le fait démocratique. Le fait démocratique, c'est l'élection.
L
'élection, il y
a
une majorité et une opposition.
Quand
vous êtes dans l'opposition, eh bien vous avez des droits et des devoirs. Et quand vous êtes dans la majorité, la même chose après le mois de mai quand nous serons aux affaires. Mais que vont
faire tous ces gens-là ? –
Dites-le, vous pensez qu'il va y avoir une délégitimation du scrutin si Marine Le Pen arrive au pouvoir ?
–
Non, mais je pense qu'ils n'accepteront pas très certainement.
– Donc ça va se
traduire par quoi
? En cas où dans les
rues
?
– Sauf que le peuple est souverain. C'est le peuple qui décide. C'est pas M. Mélenchon qui d'ailleurs décide si les journalistes sont valables ou pas. Je l
'ai
vu insulter l'une de vos équipes et faire des raisonnements sur d'autres. Donc on voit bien que là, aujourd'hui, ils sont dans une dérive totalitaire. Ça correspond tout à fait à ce qu'ils sont sur le fond idéologique.
–
Ce
qui est incroyable, c'est que vous vous renvoyez en miroir inversé exactement
les mêmes mots. – Mais nous n'attaquons
personne. Nous n'attaquons personne. –
Il
reproche la violence de
vos mots. –
Non mais ça c'est du bidon ça. – Qui déboucherait une finée sur la violence des actes.
–
La
violence des mots, on le voit
très bien. – D'avoir armé idéologiquement
le suspect. –
M.
Mélenchon a passé son temps à faire ça. Même mon prédécesseur à cette chaise-là, donc le maire socialiste, a reconnu que M. Mélenchon était le pire finalement opposant qu'il pouvait y avoir au Rassemblement national. Parce qu'en fait, il dessert soi-disant la cause de la gauche. Donc on voit bien que même à gauche, M. Mélenchon est un épouvantail. Donc, et vous avez un sondage cet après-midi, à 70% je crois les Français considèrent que c'est un danger pour la démocratie.
– Mais
il est en train de s'installer, en tous les cas c'est l'idée que certains veulent diffuser. L'idée lui a lieu qu
'avec
vous, au pouvoir, on arriverait véritablement à des face-à-face.
–
Mais ils sont minoritaires, ils peuvent dire ce qu'ils veulent. À Perpignan, quand j'ai gagné, certains tenaient ce genre de discours. Eh bien on gère la mairie, il ne s'est rien passé de particulier. Et à Perpignan, les Perpignanais, de toutes conditions, de toutes origines, de toute religion, sont traités de la même manière. Comme demain, quand nous aurons le gouvernement de la France, nous traiterons l'ensemble du peuple français dans toute sa diversité.
– Donc
vous n'êtes pas inquiets si vous remportez le scrutin d'un quelconque troisième tour électoral que certains prédisent ? –
Mais ils tenteront de s'agiter dans certaines villes. Mais le tréfonds du pays, la grande majorité des Français, sera derrière nous. C'est ça le plus important. –
Comment mener campagne ? À Orléans, on a eu souvent M. le maire Serge Groir qui a dit que véritablement la ville s'est transformée en blocus pour que vous puissiez tenir votre congrès. Vous imaginez là pendant des mois qu'à chaque meeting, important, il faille sécuriser à ce point
?
– Mais elle se tient… D'abord, Orléans, c'était en même temps que des manifestations.
– Ça
ne doit pas échapper.
–
Partout en France.
–
Oui,
oui.
– Donc je veux dire, ce qui s'est passé à Orléans, entre guillemets, pour le Rassemblement national, en fait, ça s'est passé tous les samedis, depuis deux samedis maintenant, partout en France. Et qui est à la manœuvre systématiquement pour semer la perturbation dans les rues ? Eh bien les mêmes qui, sous couvert de défense des valeurs démocratiques, poussent à l'agitation dans les rues, à la perturbation et au chaos, c'est-à-dire la gauche et l'extrême-gauche. Mais les Français le savent, vous savez. Moi, je suis assez étonné de voir l'intelligence, vraiment, face à cette situation, de personnes qui sont très loin de la politique. Ils voient bien qui fait l'agitation.
Ils voient bien qui respecte la règle démocratique. Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, dans le peuple français,
beaucoup, aux
élections présidentielles, vont durement sanctionner celles et ceux qui perturbent la démocratie aujourd'hui.
Venons-en, lui Alliot, précisément, ensuite,
de
l'attentat raciste de Trappes. Il a été dit clairement par le procureur qu'aucun tract politique n'a été trouvé dans la voiture de suspect. Il y a eu un correctif du journal Le
Monde.
Est
-ce que le correctif
est à la hauteur de la désinformation ?
À vous de le dire.
Ben non, évidemment.
C'est-à-dire ?
Il fallait déjà l'inventer, le tract qui n'existe pas. Ils ont précisé que ce sont des sources qui leur ont dit. Oui,
oui.
Alors, donc, ils font n'importe quoi. Ils racontent n'importe quoi. Mais derrière, ça aurait dû faire la une de leur journal en disant qu'on
s'est trompé. Vous estimez que certaines personnes, maintenant, beaucoup de Français, sont convaincus qu'il y avait des tracts du RN dans la voiture du suspect
? Bien sûr. Surtout que derrière, ça a permis, après l'article du Monde, à toute une batterie de politiciennes de gauche et d'extrême-gauche de nous insulter. Madame Aubry, la première, qui est allée dire Marine Le Pen a du sang sur les mains. Est-ce qu'elle s'est excusée de ce tweet-là
? Elle
ne
s
'est pas excusée. Et derrière, vous avez tous les autres qui l'ont fait. Donc voilà. En fait, la gauche, c'est une partie des médias, une partie du monde de politique, une partie des syndicats. Tout ça,
ça
joue en réseau. Aujourd'hui, c'est le RN qui est en quelque sorte le bouc émissaire. Mais ce qu'il faut regarder, c'est que pour l'instant, ils sont ultra minoritaires. C'est ça qui est important. Ils parlent, ils s'agitent, mais ils sont minoritaires.
Est
-ce que légitimement, des journalistes qui, clairement, ne seraient pas de votre bord, devraient s'inquiéter ? Donc, si vous arrivez au pouvoir ? Parce qu'il y a des subventions pour certains journaux, est-ce que vous estimez qu'il faudrait les remettre en cause
?
Mais la presse est libre. La presse doit vivre de ses lecteurs ou de son audimat. C'est le cas pour les chaînes d'information. Vous vivez des actionnaires et de la publicité. Un certain nombre de titres de la presse écrite ne vit ou vit grâce aussi aux subventions publiques,
c
'est-à-dire à l'argent du contribuable. Pourquoi le monde, aujourd'hui, bénéficie de 29 millions d'euros de subventions ? Vous
interrogez
sur la
suite. Qu'ils vivent de
leur lecteur. Je pense que c'est un argent que l'on pourrait économiser pour affecter sûrement d'autres choses beaucoup plus utiles que de permettre à certains journalistes de faire de la politique politicienne.
Je voudrais vous faire écouter le maire de Trappes, M. Alliot, qui parle, lui, d'une digue républicaine. Il en a parlé d'ailleurs dans l'hémicycle, qui est le cœur battant de la démocratie. Et précisons les choses,
c
'est-à
-dire
dans le débat politique et dans le débat médiatique également. Écoutons-le.
Je
demande que l'on soit capable de tenir pied à pied la digue républicaine face à ceux qui, à longueur d'antenne, racontent n'importe quoi, développent des théories complotistes et mensongères comme celle du grand remplacement. Je demande qu'on puisse, du ministre de la République jusqu'au commentateur de plateau, éviter de détailler, de donner libre cours à la parole raciste.
Ils
sont pour le contrôle de l'information.
De
certaines paroles qui pourraient tomber sous le coup en tout cas
de condamnation. Oui,
mais
qui dit que la
parole est bien ou n'est pas bien, c'est lui.
C
'est l'Union soviétique. C'est les adversaires qui sont autorisés à parler ou pas, en fonction de ce qu'il pense lui. Mais c'est qui ce monsieur, à part d'être le maire d'une ville comme je le suis moi-même ? C'est pas ça la démocratie. Vous estimez qu
'il
n'a pas de légitimité à porter ? Il est
un maire comme je suis un
maire. Il dit ce qu'il veut, moi je dis ce que je veux. Et j'espère pouvoir encore dire ce que je veux encore longtemps et pas que, sous couvert de la censure d'un élu comme lui, on puisse nous contraindre à ne pas évoquer certains problèmes.
Mais la
question, Lui Alliot, est-ce que la violence de certains mots, est-ce que le constat, il y avait un débat ici même entre Charles Aloncle, qui a été nommé porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, et Rocaia Diallo ? Elle affirme que dire que des hordes de sauvages, c'est ce qui a été dit par certains, en parlant de ceux qui ont pillé et cassé d'origine étrangère lors des différents mouvements, eh bien ça tombe sous le coup du racisme. Et que ça ne doit pas être dit, que ça peut armer idéologiquement certains esprits qui en passeraient donc par des actes horribles.
–
Non mais c'est assez trop facile de dire ça, parce que le discours contre les patrons peut aussi inciter un certain nombre de gens à aller flinguer des patrons, parce qu'ils ne sont pas contents du régime social.
– Le
racisme est un délit, non, il est puni
par le racisme. – Eh bien justement,
ça c'est intéressant, parce que si c'est un délit, il y
a
des plaintes, il y a des lois, il y
a
des juges. Et si Mme Diallo considère qu'il y a des paroles qui sont racistes, eh bien elle saisit les juges, et les juges condamnent ce genre de propos. Mais on ne va pas sanctionner a priori des discours, parce que ça s'arrête où ? Demain, on n'aura plus le droit de parler juste d'immigration. –
Ceci est reproché à l'ancien ministre
François Bayrou, qui a parlé de submersion migratoire, et il est également cité effectivement.
– Mais
heureusement qu'on peut dire ce qu'on veut quand même en démocratie. Ce serait quand même un comble que
le censure
les mots. Et si vous dépassez le cadre qui est autorisé par la loi, eh bien vous êtes sanctionné par un tribunal. – D'ailleurs
on
note que sur le grand remplacement, vous ne reprenez pas cette théorie. –
Exactement, mais pour dire si demain on censure a priori, on n'est plus dans un régime démocratique.
– Dites-moi, si on continue comme ça dans quelques mois, et s'il y a ce second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
mais
dans quel état va être la France ?
–
Non, moi je crois que le peuple français est tout à fait conscient de cela, et qu'il saura rappeler à ces gens-là qu'ils sont minoritaires, et qu'ils doivent respecter la parole et le vote de la majorité. Moi j'y crois beaucoup, parce que là aujourd'hui ils s'agitent, ils ont avec eux l'orchestre d'une certaine presse qui les met en avant, mais très honnêtement, moi tous les jours dans ma ville et ailleurs, je vois des gens… – Ce
n
'est
pas du tout le climat qui est ni politique ni
médiatique. – Moi je vois des gens qui me disent,
laissez-les parler, au mois de mai ce sera à votre tour, et derrière vous pourrez enfin dérouler votre programme. Beaucoup de gens disent ça, eux, clairement ils sont minoritaires.
– Mais vous pouvez affirmer aujourd'hui la France apaisée, comme l'affiche qui avait été montrée après les pillages et les scènes de saccage, notamment lors du samedi 17 octobre, il avait été publié par le compte du Rassemblement Saint, la France apaisée. Qui peut le croire quand on voit l'opposition antagoniste entre les deux formations politiques, qui aujourd'hui pourrait s'affronter dans quelques mois ? Qui peut croire qu'une France apaisée en sortirait le 2 mai
? – On est dans
une situation particulière de contestation sociale forte. En fait dites-moi, on est loin pour l'instant, je l'espère et ça va durer, de la contestation des Gilets jaunes quand même, qui avait été sur le terrain beaucoup plus violente à un moment donné. Donc moi je pense qu'il y a cette contestation sociale, elle va très certainement durer, ce sont forces politiques au gouvernement d'y répondre, mais si la France insoumise et ses alliés veulent continuer à s'agiter de la sorte, ils continueront et nous on continuera à dérouler notre programme pour l'avenir du pays et pour évidemment l'apaisement des tensions et le renouveau de la France tout simplement.
– Parlons-en, parce que Marine Le Pen lors du congrès à Orléans a appelé un gouvernement d'union nationale, si vous l'emportez, mais avec qui, à lui, à lui, et quelle personnalité pourrait vous rejoindre naturellement ? Parce que vous avez souvent tendu la main, souvent vous n'avez pas eu
de réponse
d'ailleurs.
–
C'est vrai, on a souvent tendu la main et on nous a répondu que par le mépris bien souvent. Mais aujourd'hui, il y a beaucoup de personnalités politiques qui d'ailleurs se présentent à ces élections qui auront à choisir au deuxième tour.
Et
dans un deuxième tour, Marine Le Pen tendra la main pour asseoir une majorité. Et dans cette majorité, il y aura des gens qui, au premier tour, n'étaient pas avec nous. C'est
normal, c'est le jeu démocratique. – Et vous en avez déjà envoyé des signaux
? Vous leur avez déjà envoyé des signaux ?
– On
discute avec beaucoup et j'espère qu'on discutera avec encore plus demain car non seulement il faut réunir une majorité, mais demain il faut gouverner la France, relever la France qui aura été quand même mis dans un état lamentable par M. Macron et par tous les gens qui l'ont soutenu.
–
Non mais si je vous pose la question, parce que très souvent, d'ailleurs tout le temps, Marine Le Pen a toujours dit que le RN, s'il gagne, il gagnerait seul. Donc qu
'est
-ce qui a fait changer justement votre candidate qui maintenant affirme qu'il faut un gouvernement d'Union nationale
? – La
situation est grave, la situation est dramatique économiquement, socialement, et je pense qu'il va falloir non seulement se retrousser les manches mais se mettre dans un grand rassemblement pour arriver à gagner la bataille pour l'avenir. Et dans cette bataille-là, je vois tout un tas de gens qui peuvent nous rejoindre.
– David
Lysnard ?
– Oui, David Lysnard. – Pour une Retailleau ? –
Pour une Retailleau. Mais même localement, vous avez beaucoup d'élus locaux aujourd'hui qui sont en déshérence un peu orphelins des partis politiques qui aujourd'hui ne représentent plus grand-chose et qui sont prêts à travailler avec nous pour l'avenir. On l'a déjà fait localement, il faudra le réussir nationalement.
–
En attendant, lui, à lui, là, je parle aux maires que vous êtes. Les différents maires sont inquiets de ce qui va se passer déjà ce samedi. Le président de la République a dit « plus jamais » le 17 octobre. D'une voix affirmée, d'un ton assuré, vous
y croyez ? – Il a dit
tellement de choses depuis qu'il est élu qui n'ont jamais été suivis des faits. Que ce n
'est
pas sur la parole de M. Macron que je me base, moi, c'est plutôt sur les décisions qui sont prises par l'autorité policière. Et en l'occurrence, les maires aussi. Moi, je vois dans ma ville, c'est la collaboration entre la police nationale, la préfecture, la police municipale et le parquet qui permettent de s'en sortir. Mais très honnêtement, on ne va pas jouer à ça pendant encore, je ne
sais
pas combien de
week-ends. – À qui le dites-vous ?
Parce que ça, c'est des
manifestations, des rassemblements, des mobilisations. – Parce que sinon, on va tuer
tout le commerce de centre-ville. Donc moi, je veux bien que les gens manifestent et qu
'ils
manifestent dans le calme, mais ils ne sont pas obligés de venir casser systématiquement au centre-ville pour gêner qui, en fait ? Mais pour gêner, pour perturber le monde économique et pour créer des situations qui sont intenables à l'avenir. Et j'ajoute que ça concerne systématiquement, d'ailleurs, une première partie de cortège qui se passe bien la plupart du temps et en fin de cortège, des casseurs qui doivent être connus des services de police et qu'il faudra mettre hors d'état de nuire. Je crois que ça a commencé à être fait. Eh bien, il faudra continuer à le faire.
– Mais sur les tracés, c'est peut-être une bonne nouvelle, enfin relative bonne nouvelle dans tout cela. C'est-à-dire que le président de
la
République a dit lui-même plus de tracés dans les centres-villes, notamment à Perpignan.
– Oui, c'est ce qu'on a fait.
–
Mais
le résultat, c'est qu'évidemment, quand vous empêchez les gens de rentrer au centre-ville, il y a quand même des forces de police autour et il n'y
a
pas plus de monde qui vient fréquenter le centre-ville. Donc il va falloir retrouver…
–
Donc c
'est
des villes mortes qui sont en train, entre
guillemets, qui sont en train d'être organisées ? – Exactement, parce que non seulement
quand on casse, c'est une ville morte, mais quand on empêche de rentrer dans les centres-villes pour qu'il n
'y ait
pas de perturbations, c'est aussi des difficultés pour les commerces.
– Mais
alors qu'est-ce qui doit être mis sur le premier plan ? C'est la liberté de travailler, de commercer, si je puis dire, ou la liberté de manifester qui est quand même constitutionnelle
? – Il faut
concilier les deux, mais on peut très bien aller manifester à des endroits où précisément on
ne risque
pas de perturber
le monde. – Un objectif
aussi important, aussi conséquent, ne permet pas à des villes ? On avait le maire hier de Marseille qui nous disait « Si ça continue comme ça, ma ville est transformée en blocus sécuritaire ».
– Oui,
mais il faut qu'il parle avec ses amis de l'extrême-gauche pour savoir ce qu
'ils
veulent faire à l'avenir. Moi, je sais que les mesures ont été prises chez nous, le préfet a interdit le centre-ville, il y a un couvre-feu, et la dernière fois, ça s'est bien passé, sauf à la fin de la manifestation où c
'est
un peu dégénéré, mais il n
'y a
pas eu de casse. Après, il y a des violences, il y a des appels au meurtre, il y
a
des appels à l'insurrection, tout cela doit être condamné lourdement. Parce qu'une fois que ces gens-là auront été condamnés en prison, eh bien, ils ne recommenceront pas, tout simplement. –
Les commerçants de Perpignan et d'ailleurs ont été largement éprouvés.
–
Bien sûr.
–
Nous avions Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, ici même, qui a parlé de la manière dont ils vont être dédommagés. Il y a le projet casseur-payeur, M. le maire, au Sénat.
Alors,
si un individu est pris dans un attroupement, y compris même s'il était présent, eh bien, il sera tenu pour responsable.
– S'il casse, oui. Si vous le prenez sur le fait en train de casser une vitrine, il faut qu'il paye la vitrine.
Voilà,
ça me paraît tout à fait évident.
– S
'il est insolvable, certains disent qu'il faut étendre, finalement, la sanction, ne pas seulement s'en prendre aux allocations familiales ou logements, mais aller jusqu'au RSA, vous êtes d'accord également ?
– Ah oui, je suis d'accord. Et s'il est mineur, de responsabiliser ses parents qui paieront la casse de leurs enfants, ce qui est déjà le cas, d'ailleurs, ce qui existe déjà dans notre droit, il faut en rajouter, mais encore une fois, encore faut-il que ce soit fait. Voilà, mais je remarque que dans les dernières comparutions qu'il y a eu et condamnations, il y a un peu plus de sévérité. Mais un certain nombre de gens qui sont venus perturber les manifestations doivent être mis, je le répète, hors d'état de nuire, en prison. Et une fois qu
'ils
seront en prison, ça calmera les autres.
– Plus de sévérité, donc comme l'a dit le ministre de la Justice, peine de prison ferme pour certains qui même n'avaient pas de casier judiciaire. Là, vous félicitez une réponse à la hauteur de la gravité des faits ?
–
Mais ils sont obligés, sinon c'est l'anarchie et il n'y a plus de règles, c'est la loi de la jungle. Donc la justice, je crois, petit à petit, prend la mesure du chaos et de la violence qu'il y
a
dans nos rues. Et elle adapte, je veux dire, ses décisions à la gravité de la situation. C'est normal et les Français le demandent. Il ne peut pas y avoir une justice, je veux dire, qui ne soit pas en adéquation avec ce que veut le peuple, car je rappelle que la justice rend ses décisions au nom du peuple.
– Mais vous, au pouvoir, c'est la question qu'on se pose, lui Aliot, le contexte social ne va pas disparaître d'un coup. Les revendications ne vont pas disparaître. Que feriez-vous face à de telles revendications aussi protéiformes ? Vous avez la vie chère, vous avez l'impossibilité de se loger pour certains, de se chauffer pour d'autres, les lycéens et tout qui s'agrège avec les gilets jaunes. Comment est-ce qu'on peut dire à un seul gouvernement de répondre à tout cela par une seule issue politique ?
– D'abord, s'il y a une alternance politique, ça changera déjà beaucoup de choses dans l'esprit. Ensuite, sur le pouvoir d'achat, je crois qu'on a développé maintenant depuis de nombreuses années ce que nous voulons très vite, sur la baisse d'un certain nombre de taxes, et notamment de la TVA, pour faire baisser les prix, ce qui redonnera du pouvoir d'achat. Sur l'énergie, c'est pareil, sortir du fameux marché de l'accord européen pour baisser là aussi la tension sur le marché de l'énergie et permettre aux Français de pouvoir se chauffer cet hiver, parce qu'on y arrive là et beaucoup de Français ne se chaufferont pas. Bref, il y aura beaucoup d'actions positives économiques au bénéfice
de
l'emploi et du pouvoir d'achat qui permettront de faire baisser la pression. Et après, on s'occupera de tout le reste, de la sécurité,
du
problème pénitentiaire,
de
l'immigration, de l'économie, de la fiscalité. Enfin, je veux dire, le chantier est immense, car M. Macron aura laissé un champ de ruines derrière lui. Eh bien, on se mettra au travail pour relever tout ça.
– Si vous arrivez au pouvoir, avec toujours le ticket tel qu'il a été annoncé à Orléans, Jordan Bardella, Premier ministre, quoi qu'il arrive.
–
Exactement, Jordan Bardella, Premier ministre, avec une feuille de route qui aura été celle dictée par la Présidente de la République, et on déroulera ce programme qui, je pense, est de nature à relever la situation.
– Et vous-même, quel rôle vous voyez dans tout cela ? À part celui de la campagne, évidemment. –
Écoutez-moi, là, pour l'instant, je suis mobilisé pour cette campagne électorale et pour faire gagner Marine. Par ailleurs, je m'occupe de la ville de Perpignan et de la communauté urbaine qui n'est pas non plus une mince affaire.
Et
voilà, après, on verra ce que veulent, d'ailleurs,
ce
que veulent Marine et Jordan Bardella pour l'équipe qui dirigera la France. Mais on est loin de là.
– Quel signal est envoyé par le choix du porte-parole de la campagne Charles-Aloncle, qui fait plutôt partie, même si c'est un allié, du parti d'Éric Ciotti ? Est-ce que, généralement, les porte-parole de campagne, ce sont les plus proches, évidemment ? Là, c'est un allié qui rentre et qui porte ce porte-parole-là. Comment il faut-il l'interpréter
? – Écoutez,
au mythique de campagne de Marine à Orléans dimanche, il y avait trois prises de parole, Éric Ciotti, Jordan Bardella et elle. Donc, c'est un allié important pour cette campagne électorale. Et donc, c'est normal qu'il ait des porte-parole au sein même de la campagne de Marine.
– Avec des concessions, avec des choses qui sont acceptées
pour améliorer les choses sur le plan économique avec M.
Ciotti. – On discute beaucoup sur le plan économique, sur le plan de la décentralisation aussi. Et je crois qu'Éric Ciotti, qui est aussi un maire comme je le suis, a des choses pragmatiques à faire entendre. Et ces choses-là, je pense qu'elles seront entendues.
–
Est-ce que c'est par Éric Ciotti également que ces mains tendues à la droite vont être davantage affirmées et assumées ? – Ce serait
normal,
il était président des LR, il a
voulu faire une... – Mais est-ce qu'il y a des
contacts très concrets, par exemple, avec qui ? Pourquoi cette réticence à
le dire ?
– Peut-être que M. Ciotti vous le dira. Je pense que c'est prématuré, que pour l'instant, la campagne doit se dérouler et les accords ou les alliances se feront après.
–
Des accords et des alliances, donc avec des personnalités qui probablement sont candidats aujourd'hui ? – Je l'espère. – Il y
a
un gouvernement de l'Union Nationale qui pourrait aller au-delà de la droite
? – Au
-delà de la droite, ça me paraît difficile quand vous voyez la mentalité de la gauche, mais en
tout cas, toutes
celles
et
ceux qui sont attachés aux valeurs de la France, aux valeurs démocratiques et républicaines de notre pays, à son histoire et, j'allais dire, un programme de renouveau national, tous ceux-là seront appelés à jouer un rôle.
–
Et pour conclure, M. Alliot, parce que là, nous parlons de perspectives lointaines, si vous l'emportez encore une fois, quand on a vu le spectacle aujourd'hui à l'Assemblée Nationale, véritablement, le Premier ministre qui parle d'atmosphère nauséabonde, contre certains, la plupart, qui se rejettent la responsabilité les uns sur les autres après un tel acte aussi horrible. Vous pensez qu'on peut avoir encore six mois de campagne présidentielle, entre guillemets, démocratique, normale, à la hauteur de la gravité de la situation pour
les Français ? – Il y aura des
débats, ils seront plus ou moins vifs, mais ça fait partie de la confrontation démocratique.
– Mais donc, serein.
– À l'arrivée, il y aura une majorité, cette majorité gouvernera la France.
–
Merci Lualio, merci d'avoir été notre invité. –
Merci.
Louis Aliot