6 MOIS FERME POUR DE LA PEINTURE : LA CONDAMNATION SCANDALEUSE D’UNE MILITANTE
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« 6 mois de prison ferme pour de la peinture à l'eau. »
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Là, cette condamnation, elle marque vraiment un tournant 6 mois de prison ferme [musique] pour de la peinture à l'eau. On n' jamais vu ça en fait. En train de déconstruire l'intentionnalité des des personnes, des militants, même si ils essayent de faire au mieux pour que ça soit symbolique, on rappelle que c'est quand même un acte délictueux et on essaie de les requalifier en délit.
Il y a aucune volonté de commettre des violences. Au contraire, on est de l'endant de la désobéissance civile non violente et pacifique. Je m'appelle Rachel, j'ai 23 ans et je milite pour les campagnes dernières rénovation qui ensuite est devenue riposte alimentaire et j'ai récemment été condamné à 6 mois de prison ferme.
L'action pour laquelle j'ai été condamnée, on l'a faite début novembre 2023. Ellisabeth Borne avait déjà pris l'habitude l'année précédente de faire passer les budgets à coup de 493 et là elle venait de déposer son 16e 493. L'Assemblée nationale avait voté une augmentation du budget pour la rénovation thermique des bâtiments qui était ce pourquoi on militait avec dernière rénovation.
Et en fait voilà, ce 493 venait finalement casser cette augmentation du budget, votée pourtant par l'Assemblée. Et nous, ça nous semblait vraiment tellement grave ce qu'elle était en train de faire que on a justement fait cette action qui consistait à remplir des extincteurs de peinture coupé à l'eau euh de peinture orange qui était la couleur de dernière rénovation et d'aller asperger en fait la porte de l'hôtel Matignon. Donc avec ma camarade Manon, on arrive devant l'hôtel Matignon, on avait les extincteurs ranchés dans un sac avec juste la le tuyau qui dépassé.
On a commencé à enclencher les tuyaux pour pouvoir mettre de la peinture. Bon euh, il y avait des barrières de sécurité devant la porte de Matignon, donc on pouvait pas être très très proche et il y a pas un jet qui est énorme non plus. Donc on a pu toucher un peu la porte, surtout le sol en fait qui a devant la porte de l'hôtel Matignon.
On a été très très vite interpellé puisqu'il y avait des militaires enfin des gendarmes qui étaient sur place pour garder la porte et donc on a été plaqué au sol et menoté. Ensuite, je pas un quart d'heure plus tard, on est emmené par d'autres policiers au commissariat et on repasse devant la porte qu'on venait d'asperger de peinture qui était entièrement nettoyé. Il y avait un tuyau d'eau qui était encore par terre et voilà, ils avaient déjà tout nettoyé. ce qui nous nous a absolument pas ni choqué ni même déçu encore moins parce que notre action était vraiment purement symbolique.
On voulait trcher l'hôtel Matignon, montrer qui était coupable de cette inaction climatique et voilà les point du doigt. Absolument pas commettre de réelles dégradations. L'audience s'est déroulée il y a 3 mois donc au tribunal de Paris et ça s'est assez mal passé cette audience.
Effectivement, c'était une audience très difficile parce que 5 minutes avant l'audience, le ministère nous a remis des conclusions de dom de dommage et intérêt à hauteur de 160000 €. Et en fait, des dommages et intérêt à hauteur de 160000 € c'est colossal. On n' pas l'habitude d'en avoir.
Et pour toutes les audiences de je de peinture sur des ministères ou sur d'autres sur la route, on a jamais eu des dommages d'intérêt aussi conséquents. Il semblait pas correspondre à l'action de Manon et Rachel uniquement. Il semblait correspondre à un ensemble de choses.
Il y avait des éléments qui étaient mentionnés dans les dommages intérêts que qui n'auraient pas été dégradé. Par exemple, en fait, il y avait trois portes dans les le devis du ministère, mais nous dans nos vidéos, il y avait qu'une porte qui était dégradée. Du coup, le le tribunal n'a pas pu [musique] statuer et on est renvoyé juste pour juger la partie civile en fait de cette audience au 2 octobre 2026, donc dans un an.
Initialement, il y avait quatre gendarmes qui avaient porté plainte pour des violences et en fait, elles ont été condamnées pour des violences à l'encontre de deux gendarmes. Ces gendarmes, ils étaient [musique] présents à l'audience. Ils ont dit que ils exerçaient des métiers difficiles et cetera et cetera, que [musique] c'était des actes très violents à leur rencontre.
Et nous, ce qu'on avançait dans la réalité, c'était [musique] que il y avait aucune volonté de commettre des violences. En fait, il y a pas d'éléments intentionnels. Et ça, c'est quelque chose qu'on retrouve dans toutes les actions de dernière rénovation et de repost alimentaire.
Il y a aucune [musique] volonté de commettre des violences. Au contraire, on est de l'endant de la désobéissance civile non violente et pacifique. Donc, il y avait un peu ce contraste des prévenus qui comprenaient pas pourquoi on leur reprochait des violences [musique] alors que il y avait pas d'intention de commettre ces violences.
Et en fait, les violences, elles seraient caractérisées parce que ils ont été ils ont eu de la peinture sur eux, les gendarmes. Et c'est ça qui a caractérisé les violences par la juridiction. Dans leur témoignage, il y en a un qui dit "J'ai reçu de la peinture mais elles n'ont pas fait exprès, je l'ai bien vu." Les autres disent qu'on les a intentionnellement visé, ce qui est rigoureusement faux.
Ils n'ont amené aucune preuve de caméra de vidéosurveillance qui allait dans ce sens-là, ce qui est normal parce que c'est faux. Et pire encore, une autre qui a dit qu'effectivement, elle avait aussi reçu de la peinture dans les yeux. Et là, mon avocate, une de mes avocates a prouvé pendant l'audience en l'interrogeant quand cette personne témoignait à la barre que elle n'était pas là au moment des faits.
C'est-à-dire queon la voit sur les captures d'écran des vidéos surveillances qu'elle arrive sur le lieu de l'action, elle sort en fait de l'hôtel Matignon une fois qu'on est menoté et au sol et qu'on a plus les extincteurs avec nous. Donc si elle a reçu de la peinture, c'est pas la nôtre. Et en fait, c'est très choquant parce queon a quand même été condamné à lui verser des dommages et intérêts à cette dame.
Moi, en tant qu'avocate, je suis assez en ayant lu le dossier pénal, je suis en désaccord avec le fait qu'elles aient été condamnées à verser des dommages et intérêt à quelqu'un dont on conteste la présence. Deux éléments, les dommages et intérêt plus les violences. C'est ça qui a fait que l'audience, elle était assez difficile pour les prévenus, pour les avocats et c'est ça qui fait que on a un délibéré avec une sanction qui est aussi violente.
Alors cette sanction c'est euh 6 mois de prison euh aménageable pour Rachel, interdiction de paraître 3 ans à Matignon et 2 ans d'inéligibilité. plus euh pour Manon, il y avait une autre peine, elle a un stage mais pour afférente un elle a elle a une peine complémentaire d'un stage de citoyenneté à accomplir assez frais dans un délai de 6 mois et elles ont toutes les deux été condamnées à verser 500 € de dommage intérêt au aux gendarmes donc aux deux gendarmes dont la plainte avec constitution parti a été retenue. [musique] Là cette condamnation elle marque vraiment un tournant 6 mois de prison ferme pour de la peinture à l'eau.
On n jamais vu ça en fait. C'est [musique] une peine qui est assez terrifiante parce que ça peut engager petit à petit la France à suivre un peu le modèle américain ou à [musique] suivre un peu le modèle anglais et à euh infliger des sanctions de plus en plus fortes pour les militants écologistes [musique] qui notamment font de la désobéissance civile. Il y a un aspect dissuasif et il y avait un aspect aussi punitif parce que les réquisitoires de la procureur [musique] de la République, il était très fort, il était très violent à l' prévenus.
En fait, la procureur, elle a quand même dit que en fait leur action [musique] et le prix de leur action c'est 160000 € qui ne sont pas prouvés hein à ce stade, mais ces 1600 € c'était retiré de l'argent à d'autres luttes et que donc leur action, elle pouvait retirer de l'argent à des luttes qui étaient tout aussi légitimes comme lutter contre l'inceste ou contre les violences conjugales, les actions [musique] de désobéissance civiles qu'elle commettait. Elle s'inscrivait dans un continuum, un continuum à l'encontre des valeurs de la République, continuum qui était le même que celui dans lequel s'inscrivaient des meurtres de professeurs, que leur radicalité était pouvait conduire à la montée de l'extrême droite en France, que leur radicalité desservait la cause. On est sur des propos qui sont très culpabilisants pour des personnes qui font ça pour obtenir au final la rénovation thermique des bâtiments.
En tant qu'avocate, je considérais effectivement que la Ben était disproportionnée et je souhaitais que elle elles aient une nouvelle audience en appel où j'espère que les débats soient un peu plus sereins que l'audience de première instance qui était quand même très compliqué. Cette répression est relativement inédite lorsque c'est la première fois, on va dire. Il y a souvent un rappel à la loi, un rappel voilà au contexte mais on va pas tout de suite sur une peine de prison.
à Grande-Bretagne, on a eu presque le même questionnement euh à propos des deux militantes qui ont envoyé de la soupe cette fois-ci sur les fameux tournesol de Van Gog. tout l'argument du juge pour les mettre en prison. Donc là, pour le coup, vraiment en prison, euh ça a été de dire que même si euh elle savait qu'il y avait du plexiglace et que bref la toile ne risquait rien, euh l'idée même de lancer la soupe, bah c'était quand même en gros une prise de risque euh qui pouvait atteindre l'œuvre.
Donc maintenant, on est en train de déconstruire l'intentionnalité des des personnes, des militants. C'estàd que même si ils essayent de faire, je dirais au mieux pour que ça soit symbolique, euh il n'empêche que on déconstruit et on rappelle que c'est quand même un acte délictueux et on essaie de les requalifier en délit. Donc ça doit être un gros travail pour les avocats de voilà de travailler sur ces questions de dédit.
Forcément, ça nous freine dans notre militantisme de risquer de payer 163000 € de dommage à intérêt à Matignon. Pour moi, ça voudrait dire être enetté à vie en fait. Euh risquer de la prison, évidemment que ça freine les individus qui sont sanctionnés, mais ça fait aussi peur à toutes les personnes qui sont autour, à toutes les personnes qui juste vont voir cette augmentation de la répression et qui ne vont pas oser aller même juste en manifestation.
C'est sans doute aussi pour intimider les futurs militants. C'est pas simplement pour réprimer la la militante qui est euh incriminée, c'est aussi pour intimider l'ensemble du mouvement social et pour euh du coup les faire euh, on va dire, réfléchir un peu plus à leur mode d'action et à leur stratégie. Donc c'est évidemment pour décourager ce type d'action.
En revanche aussi, a toujours l'aspect contre-productif de la répression. Ça peut aussi galvaniser d'autres. qui vont aller vers des modes d'action qui vont peut-être être moins dans la désobéissance civile connue et reconnue, c'est-à-dire rentrer dans des dans des modes d'action un peu plus clandestins, un peu plus radicaux.
On sait aussi que dans le mouvement social en ce moment, mouvement écologiste, on parle à la fois de désobéissance civile mais de plus en plus de résistance aussi. Le terme a été transformé. Ça montre aussi que par rapport aux États d'une manière générale et aux groupes d'intérêt notamment économique, en tout cas certains d'entre eux, les militants se sont plus résistants, c'est-à-dire essayer de protéger l'environnement coûte que coûte ou de trouver des solutions sur les questions climatiques [musique] mais contre des je dirais des entre guillemets des mastodontes.
Alors que je rappelle aussi la plupart des militants se se fondent sur l'intérêt général, sur des valeurs universelles, sur un certain nombre de traités internationaux, notamment sur les questions de réchauffement climatique, mais [musique] pas que. Donc ils se sentent aussi dans leur bon droit. Donc il y a vraiment une tension aussi sur la question du droit là qui se se met entre la légitimité d'être en action d'un côté et puis la répression qu'on se prend entre guillemets euh et en plus dans un contexte euh démocratique [musique] qui est lui-même un peu grippé en ce moment. [rires] Je je vois euh ma condamnation comme le fait qu'on a encore besoin de lutter, que du coup faut absolument pas se décourager.
Et au contraire, c'est une raison de plus de descendre dans la rue. Je préfère le voir comme ça et le dire comme ça parce que en fait avoir peur ou euh baisser les bras, c'est leur donner raison et il faut vraiment pas parce que il y a aussi d'autres personnes qui vont être jugées après moi euh et d'autres personnes qui vont faire des actions aussi qui vont du coup être jugé aussi dans longtemps. Et ce sera quoi l'état de la justice quand ce sera à eux d'être jugés ?
Voilà, c'est aussi à nous de résister maintenant et c'est pour ça qu'on a fait appel aussi pour voilà continuer la lutte jusqu'à la relaxe.