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DébatLe Média (sur YouTube)· 16 mars 2023 108 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieRetraitesSolidarités & familleInstitutions & élections

RÉFORME DES RETRAITES : 49.3, L'AVEU DE FAIBLESSE DE MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 51 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:01OuverteRéponse directe

    Votre réaction à l'annonce du 49.3 ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Est-ce surprenant ou prévisible ?

  • 11:00RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ce choix du gouvernement malgré les compromis parlementaires ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Le double discours du gouvernement est-il crédible ?

  • 15:00FerméeÉludée

    Les motions de censure peuvent-elles faire tomber le gouvernement ?

  • 22:01OuverteRéponse directe

    Quelle stratégie pour la mobilisation sociale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Fait
    « la question du travail c'est une question écologique et que ce mouvement social c'est aussi un mouvement écologique »
  • 12:00Fait
    « la lutte climat et la justice sociale ça va ensemble depuis le début du mouvement climat en 2009 »
  • 16:00Fait
    « le but des manifestations c'est pas de faire changer un dirigeant politique comme Emmanuel Macron de paradigme »
  • 28:00Fait
    « il y a beaucoup de gens dans la police qui sont d'accord avec nous qui sont pas d'accord avec ce que devient la police »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] [Musique] [Musique] bonsoir à toutes et à tous bienvenue sur le média nous sommes le jeudi 16 mars 2023 est avec plaisir que je vous retrouve en direct ici sur ce plateau pour un nouveau numéro de votre émission d'actualité politique et de débat toujours debout alors ce soir bon on va de combat l'équipe est réduite s'il y a un peu d'impro conditionné par l'actualité brûlante de la journée d'où notre retard sur 19h à 19h12 en son excuse alors que vous soyez si vous le savez pour suivre l'émission en direct en différé nous vous invitons à partager le lien de la vidéo et à réagir dans l'espace commentaire ou dans le chat bien sûr avec courtoisie et respect comme d'habitude nous sommes très heureux de compter sur vous d'ailleurs vous êtes toujours plus nombreux et nombreux à nous soutenir notre antenne notre média dépendant des forces politiques et de l'argent en donnant régulièrement et surtout en vous abonnant de manière payante alors continuez à vous offrir à offrir un média libre et indépendant des 5 euros par mois sans engagement rendez-vous sur le média tv.fr merci et puisque j'ai toute votre attention j'ai aussi une jolie annonce à vous faire ou un rappel ça dépend de votre assiduité ici aux médias le 18 mars prochain ça veut dire ce samedi le média fêtera ses 5 ans comme il se doit en organisant une grande fête à La Flèche d'Or à Paris un lieu associatif monté dans une ancienne gare au cœur du XXème arrondissement ça sera très très chouette il y aura de chouettes invités et une programmation musicale pour nous accompagner jusqu'au bout de la nuit l'entrée est à prix libre venez nombreux et nombreux en attendant c'est l'heure de toujours de vous [Musique] au programme ce soir on reviendra sur le coup de théâtre qui s'est produit aujourd'hui à l'Assemblée nationale ou l'exécutif Macron borne a dégainé l'article 49.3 de la Constitution pour la 11e fois on parlera de cette énième coup de force avec Paul Elec analyste politique ancien parlementaire et doctorant sociologique qui est un peu en retard d'avance c'est normal il y a les grèves en ce moment Mathieu Lama lui qui est là essayiste et auteur de adieu la liberté et Evelyne ngo secrétaire national du syndicat solidaire le média était évidemment sur place avec nos camarades Maylis killer qu'on retrouvera en duplex de la manifestation parisienne qui a eu lieu tout à l'heure place de la Concorde à proximité de l'Assemblée nationale et des Champs-Élysées pour la seconde partie de soirée je serai ma place à mon confrère et mikenzo Pagès que vous connaissez toutes et tous et le recevra ici John palais co-fondateur d'alternatiba pour parler de son dernier livre la bataille du siècle aux éditions les liens qui libèrent sans plus attendre place au premier plateau de cette émission c'est le faux de l'info [Musique] c'est un coup de théâtre alors que le projet de contre-réforme de retraite devait être soumis au vote de l'Assemblée nationale aujourd'hui et que le gouvernement avait promis de ne pas recourir aux 49-3 pardon la première ministre LSB de borne a dégainé le fameux article constitutionnel après avoir été accueilli à l'Assemblée nationale sous des huées et sous une Marseillaise Anthony aussi en boucle par les députés de la nupes dans une ambiance survoltée la chef du gouvernement a conclu son discours en annonçant qu'elle engageait une fois encore la responsabilité de son goût gouvernement on l'écoute on ne peut devoir le compromis bâti par les deux assemblées écartés on ne peut pas faire de Paris sur l'avenir de nos retraites cette réforme est nécessaire [Applaudissements] si parce que je suis attaché à notre modèle social et parce que je crois dans la démocratie par le c'est sûr votre réforme sur le texte du Parlement fruit d'un compromis entre les deux assemblées que je suis prête à engager ma responsabilité aussi sur le fondement de l'article que 49 alinéa 3 de la Constitution j'engage la responsabilité de mon gouvernement sur l'ensemble du projet de loi de financement rectificatif de la sécurité sociale pour 2023 modifier par l'amendement de coordination communiquer à l'Assemblée nationale dans quelques jours je n'en doute pas à l'engagement de la responsabilité du gouvernement répondront une ou plusieurs notions de censure un vote aura donc bien lieu comme il se doit et c'est donc la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] en signe de protestation la gauche a immédiatement quitté l'hémicycle et des milliers de personnes se sont rassemblées spontanément place de la Concorde rejoint par l'intersydical qui s'était elle donnait rendez-vous devant l'Assemblée nationale des 12h30 aujourd'hui l'ascense a finalement été élevé et l'examen du texte suspendu le texte sera adopté sauf si une motion de censure et voter alors pourquoi ce choix Emmanuel Macron était-il à ce point persuadé de ne pas à réunir une majorité autour de son projet on en parle ce dès maintenant de s'actualité très mouvementée avec Paul Elec qui nous rendra dans quelques instants mais aussi déjà matthus Lama bonsoir bonsoir auteur de la liberté et essayiste et la secrétaire nationale de solidaire et ngo bonsoir bonsoir merci d'être là avec nous ce soir alors première question votre réaction alors je vous ai vu un peu réagir mais les gens pas encore plus que il y avait le magnéto pendant votre réaction quand vous avez appris que vous avez vu que ce 49-3 a été annoncé clairement une certaine super passion parce qu'on pensait que le 49 mois n'allait pas être employé parce qu'il y avait justement le passage dans la CNP un tentative de véritable débat parlementaire des amendements déposés et peut-être véritablement un exercice démocratique puis il n'en a rien été le gouvernement a passé en force directement madame banque et même de la provocation elle renvoie au dépôt de motion de censure pour renverser le gouvernement de curieuse façon de de répondre à la démocratie et c'est vrai que là le gouvernement depuis le départ il joue le passage en force et il écarte les le dialogue social et les propositions syndicales des représentants et c'est bien pour ça aussi qu'il y a une autre unité syndicale aussi complète face à une réforme qui va pas l'unité syndicale et la mobilisation dans la rue le gouvernement reste sourd et c'est vrai que ça va pas et pour nous la mobilisation va continuer on va pas rester là on va en parler ce soir justement alors est-ce que Mathieu est-ce qu'on peut être à ce point étonné ou pas du tout ou complètement alors que comme instant depuis le départ le dialogue était n'existait pas en fait en vérité ni la démocratie comme on peut l'entendre mais ça va plus loin que ça en fait je pense vraiment tellement pour Emmanuel Macron le la démocratie les institutions démocratiques sont un frein il les voit comme un obstacle en fait il voit la démocratie comme un problème qu'il faut dépasser c'est je rappelle quand même le 11e 49-3 depuis ça fait même pas un an enfin je veux dire c'est c'est effrayant et pas sur des petits textes c'est à dire à la fois sur les lois budgétaires c'est surtout sur ça en fait sur les lois budgétaires donc les lois budgétaires c'est quand même les lois les plus importantes normalement d'un gouvernement et puis sur une loi qui est d'une importance capitale puisqu'elle engage la vie de millions et de millions de Français et qu'elle va handicaper la vie de millions et millions de Français donc déjà on peut considérer que cette dérive autoritaire parce que c'est bien une dérive autoritaire à laquelle on assiste je pense qu'on sera d'accord là-dessus elle fait elle fait partie du macronisme on voit depuis ces derniers jours qu'est-ce qu'on a qu'est-ce qu'on a vu on a vu donc un mépris du dialogue social un refus de rencontrer des syndicats on a vu des menaces même de dissolution pour essayer de contraindre les députés notamment LR de voter pour pour sa loi aussi je vous coupe sur la députés eux-mêmes de voilà des appels alors visiblement ça a été rapporté notamment par Le Parisien des appels faits en disant sur vos circonscriptions peut-être trouver des arrangements etc mais on sait des choses qui ont été rapportés dans la presse donc voilà si vous ajoutez à ça les réquisitions si vous ajoutez à ça donc les violences policières aussi qui ont été énormément présente dans les manifestations etc voilà en fait donc on est dans un dans à la fois un délit démocratie mais plus que ça on est vraiment dans dans une dérive autoritaire qui n'est pas une nouvelle chez Manuel Macron mais qui là qui trouve une sorte de d'acné absolument effrayante et juste en un mot si j'ai le temps je veux pas non plus trop parler mais je pense que le fond de la faire c'est que le macronisme est par nature quelque chose je pense d'antidémocratique je pense que par nature le macronisme est une forme de c'est on remplace le gouvernement démocratique par le management voilà c'est du management et Emmanuel Macron manage un pays et son idée c'est de c'est des no libéral en classique c'est on met en place des mesures comptables des mesures utilitaristes voilà qui sont selon lui bonnes pour le pays et le peuple n'a pas son plaisir et je pense fondamentalement que dans le l'idée d'Emmanuel Macron ça ne se discute pas je veux dire la réforme des retraites elle ne se discute pas c'est quelque chose c'est c'est une mesure comptable qu'il faut prendre et d'où d'ailleurs le la communication autour de il faut plus de pédagogie les Français ont mal compris etc fondamentalement c'est c'est vraiment en fait cette séquence démontre la dimension totalement antidémocratique du macronisme on l'a vu on a entendu madame borne le dire pour presque reprendre des propos que vous venez à le dire à l'instant que c'était nécessaire quels sont ils sont convaincus que tu leur informa est nécessaire en fait est-ce que est-ce que vous pouvez au moins leur accorder ça qui ne le font pas contre la démocratie et c'est on peut imaginer en fait que c'est que ces personnes d'un côté peuvent se dire voilà on est conscient on n'est pas démocrate etc non là je pense qu'ils sont convaincus est-ce que vous partez cet avis là Évelyne doxa libérale c'est c'est vrai sur complètement idéologique ils sont sur le travail plus pour gagner pas plus et pour des petites retraites et toujours moins de prélèvement obligatoire et donc toujours moins de de cotisations sociales pour les entreprises toujours toujours moi de services publics ils sont dans cette dans cette optique là donc il continue droit dans le mur et à l'encontre de l'intérêts des salariés et de la population qui va se retrouver le jour de la retraite en difficulté avec des retraites plus basses avec un travail et plus longtemps y compris même pour les métiers pénibles et un vrai dialogue de sourd même le syndicat Israël ne trouve pas sa place dans la langue sociale pour trouver des marges de négociation donc ils sont vraiment dans le libéralisme pur et dur quoi et c'est vrai que le dialogue et littéralement est possible donc la mobilisation est nécessaire quoi on va la continuer et puis Mercedes me disait justement hier sur le terrain au micro que il n'avait pas hier il me disait qu'il ne pensait pas qu'Emmanuel Macron allait l'écouter de nouveau cette fois-ci que il n'y attendait pas donc le dialogue n'est même plus demandé en fait il est vraiment rompu de partout mais j'ai une question là on comprend plus bien pourquoi en fait ce parcours que ça soit social et politique en même temps il y a eu quand même 14 parlementaires côté réunies dans cette commission mixte paritaire pourquoi si c'est pour en arriver là en fait parce qu'on imagine bien qu'ils ont pas approvis ça d'ailleurs second Mathieu peut-être un avis là-dessus en fait en fait je pense que cette séquence montre la légèreté avec laquelle ces gens considèrent la démocratie et la démocratie parlementaire et d'ailleurs vous remarquez les mots moi ça m'a marqué pendant son discours c'est dans le respect du dialogue social et dans le respect de la démocratie parlementaire vous avez passé le l'extrait les mots n'ont plus les mots même non plus aucun sens pour Emmanuel Macron le débat parlementaire c'est c'est un comment dire c'est dans l'idéal oui parce que ça permet de montrer regarder on allait jusqu'au bout de la de la discussion parlementaire et je pense du point de vue de la communication ils auraient préféré ne pas passer par 49-3 et dire regarder on a avec la majorité avec LR on a créé une majorité on a quand même pas cette technique le problème c'est à partir du moment où ils sont rendus compte qu'il était possible je dis bien il était possible qu'il y avait un risque qui avait un risque que en effet il y ait du mal à mobiliser pleinement la majorité LR avec certains qui s'abstiendraient et d'autres peut-être même qui voteraient non et bien ils sont dit ah bah alors on prend pas de risque donc on oublie la démocratie parlementaire et 49.3 et en fait cette séquence nous donne une indication de l'importance que ces gens accordent à la question démocratique et j'en reviens à ce que je disais précédemment c'est à dire que pour eux c'est simplement des des moyens de faire passer un test qui veulent de toute manière faire passer donc ils utilisent et d'ailleurs s'intéressant Emmanuel Macron depuis d'ailleurs pas depuis maintenant mais depuis le début utilise à peu près tous les outils possibles d'imaginable de la Cinquième République qui sont en fait les les outils les plus autoritaires enfin qui permettent de gouverner de la manière la plus autoritaire donc il utilise tous les moyens qui lui sont donnés par les institutions par la Constitution etc pour gouverner de la manière la plus autoritaire qui est possible donc le 47 1 le 49 3 le vote n'oublions pas le vote bloqué voilà le vote bloqué au Sénat le donc le raccourcissement des délais de discussion le le et puis évidemment les mépris de l'opposition le mépris du dialogue social des syndicats etc moi je serai des syndics enfin je pense que les syndicats sont furieux enfin ils ont de quoi être furieux parce que là ce qui se passe c'est quand même enfin c'est du jamais vu je pense que les autres pays européens même les pays sociaux-démocrates mou si vous les libéraux etc donc regarder ce qui se passe dans le pays avec avec et farmons quoi dans le le mépris de des syndicats et des corps intermédiaires même nous on a même tenté une anciendicat solidaire elle-même a tenté le dialogue social avec le cabinet du ministre on est allé à certaines bilatérales qui étaient proposées par le gouvernement là par le cabinet du socle on n'a pas trouvé le l'épaisseur d'une feuille de cigarette pour discuter quoi donc on s'est retiré de de certaines bilatérales proposées parce que c'était pas possible quoi notamment par exemple sur le financement c'est retiré quoi et c'est vrai que ce finalement il laisse pas le place à induction la terre syndicale a demandé à rencontrer le président de la République la réponse est on passera la réforme là il y a le le gouvernement est face au Parlement il risquait d'y avoir votre compte et bien ils ont préféré passer en force quoi la démocratie syndicale ou la démocratie sociale et la démocratie tout court ne trouve pas sa place quoi justement ça parce que on est mettons-nous un petit peu la base de personnes qui suivent pas forcément comme vous tous les jours la politique du pays on entend tout et son contraire on entend un gouvernement on s'emporte-parole les vivants dire que la porte du gouvernement est plus couverte même Macron dans sa réponse c'était nous sommes ouverts à la discussion tout en disant non comment vous expliquer ce ce double discours le fameux et en même temps macronien est-ce que c'est comment ça s'explique en fait mais il y a pas de en même temps c'est comment c'est possible mais c'est moi je crois que c'est très simple en fait je pense qu'on bon il y a le discours voilà sur on est ouvert au dialogue etc mais comme vous l'avez dit madame très bien c'est c'est le le contraire du dialogue c'est la porte fermée et puis c'est de toute manière il y a aucun débat à voir sur un texte qui est de toute manière non négociable sur et mais évidemment que tout le monde rejette mais fondamentalement c'est le gouvernement est Emmanuel Macron en particulier parce que je pense c'est d'Emmanuel Macron qu'il s'agit aujourd'hui se fiche du débat parce que lui ce qui lui importe c'est de d'être vu comme celui qui a réformé la France contre elle-même je pense que on comprend pas ce qui se passe aujourd'hui si on comprend pas que il y a cette idée d'Emmanuel Macron donc c'est quelque chose de très personnel de très sa résume assez bien d'ailleurs ce qu'on vit actuellement c'est c'est une aventure très très personnelle d'ailleurs récemment il se confiait je crois en off sur sa vision la manière dont il veut être perçu dans l'histoire plus tard etc donc ils vont être perçu comme le Thatcher français le Margaret Thatcher français ou le garage Ruder à la limite mais voilà celui qui a non seulement réformé la France contre elle-même qui a cassé les mouvements de de greffe qui a cassé les syndicats qui a cassé donc les les comment dire comme vous dites la démocratie sociale etc pour imposer une réforme contre son peuple et je pense que fondamentalement c'est quelqu'un qui est convaincu que le peuple à tort déjà premièrement ça c'est évident et que deuxièmement il faut faire il faut que les Français fassent sacrifices et je pense que c'est ça l'idée derrière c'est vous allez travailler plus parce que c'est pour le bien de votre pays c'est pour réduire la dette et déficit etc et pour éviter évidemment de faire quoi de taxer des entreprises de taxer les plus riches bref de favoriser le capital donc ça ça c'est ça c'est profondément idéologique si vous voulez c'est je pense que Emmanuel Macron est convaincu que c'est par le capital et pas en comment dire en satisfaisant le capital que le pays ira mieux et que donc c'est en sacrifiant les Français en les faisant trimer deux ans de plus et qui soit éboueur qui soit on s'en fiche on voit bien que ça ne les mets absolument pas ça donc c'est c'est d'abord quelque chose d'idéologique et ensuite quelque chose de très presque malsain égoïste enfin vraiment l'idée de il veut finir comme le Thatcher français qui a qui a cassé les grèves quoi voilà et le problème c'est que les Français se retrouvent pris en otage par cette espèce de de course à la à la à la fin voilà de cette espèce de mission personnelle qui est profondément en fait anti-démocratique antisocial et qui est et j'ajoute extrêmement dangereuse pour le pays que tout le monde ça fait réagir tout le monde en tout cas le pays est un peu en ébullition aujourd'hui on l'a vu en deux mois au moins à Paris pour en revenir au projet de réforme parce que bon le texte est passé un peu en force totalement en force comment elle est aujourd'hui mais les opposants on rappelle au projet de réforme qui sont nombreux un des retraites ont 24 heures à partir de tout à l'heure pour déposer une ou plusieurs motions on le rappelle qu'il devrait être débattu en début de semaine prochaine alors si l'une d'entre elles est adoptée par la majorité des députés alors le gouvernement on le rappelle devra démissionner alors Marine Le Pen était la première annoncé dépôt d'une émotion censure les députés de la nups donc la gauche réunit et du groupe Eliott donc liberté indépendant outre-mer et territoire envisage aussi de vous en faire de même érections des républicains donc la droite qui pour le coup domine le cadre de l'autre côté fait savoir a fait savoir qu'il ne vaut très aucune de ses émotion est-ce que c'est et on sait que leur voix on l'a vu au Sénat ma foi aux dernières élections les républicains ont fait moins de 5% mais c'est aussi une frustration qu'on l'entend dans les manifestations dans la France en général et là on a l'impression que ce parti ou tout du moins ce ce groupe là peut donner des idées de la suite du pays est-ce que avec tout ça c'est plié et le gouvernement finalement ça ça vient ça présage la victoire du gouvernement Macron borne la victoire du gouvernement burnout on a toujours encore des capacités de mobilisation là on enterre un peu vite le mouvement social alors que le 7 mars a été un point d'orgue avec plus de 3 millions de manifestants dans dans toute la France avec une unité exemplaire et que la manifestation d'hier à Paris a réuni quand même 450 000 manifestations manifestants plus que le samedi dernier et qu'on a quand même des hauts niveaux de mobilisation qu'on compare bien sûr cette marque qui était un rebond avec un point d'orgue mais qui sont mais la mobilisation reste à un niveau très élevé on est à des niveaux exceptionnels et pas rencontrer depuis très longtemps dans ce pays quoi avec voilà les mouvoirs donc on va continuer quand même on va continuer à se battre à multiplier les actions de blocage la mobilisation par les grèves les manifestations il y a surtout il y a toujours certains secteurs qui sont en grève reconductible dans l'énergie le rail ou la filière des déchets alors c'est vrai que là on a trouvé un élan de mobilisation en cette filière là qui est particulièrement maltraité avec des conditions pénalités très fortes et c'est vrai que si voilà il y a des capacités de mobilisation qui subsistent et des nouvelles formes de mobilisation à trouver aussi parce qu'elle se construit jour à peu jour la mobilisation avait avec les autres organisations syndicales dans les territoires et ce qu'il faut noter aussi dans ce mouvement social c'est que la mobilisation est elle est très loin dans les petites villes par beaucoup plus que dans les d'autres mobilisations intérieures y compris même en 2019-2020 on s'est rendu compte qu'il y avait des lieux de mobilisation et des des mobilisations vraiment qui pénètre les territoires et que la population est touchée au cœur dans cette réforme là et qu'elle vient se mobiliser et elle vient rejoindre le samedi quand elle peut et là on bien aussi une nouveauté c'est pas seulement les grandes cités urbaines c'est vraiment les territoires qui se mobilisent donc on peut continuer la mobilisation on doit le faire parce que c'est vrai que l'auberge l'avenir pour des retraites pour les générations qui partiront à la retraite avec avec cette Réformation d'eau on peut pas faire ça on peut pas laisser faire quoi pour revenir sur le terrain politique comme je disais à l'instant les républicains on a le sentiment qu'ils peuvent tout faire basculer mais ils ne sont pas les seuls et aussi l'extrême droite le parti de Marine Le Pen alors lui semble tirer profit de toute le se mobilisations et c'est riche déjà aujourd'hui comme le véritable opposant au projet et au gouvernement il se projette même ce parti en 2027 on écoute 49 3 c'est un échec pour le gouvernement et c'est un saccage pour notre démocratie un échec pour le gouvernement parce qu'on sait très bien le président de la République voulait aller au vote s'il avait la majorité si donc madame la Première ministre a dégué le 49-3 c'est que le décompte montrait que une majorité de députés ne voulait pas de cette réforme donc c'est une première claque pour le gouvernement deuxièmement ils ont abîmé profondément notre démocratie en jouant avec les outils constitutionnels avec cynisme avec opportunisme ils envoient un signal terrible aux Français cause toujours tu m'intéresses après le bras d'honneur du ministre de la justice c'est un bras d'honneur général au Parlement et aux Français les Français ne veulent pas de cette réforme l'assemblée ne veut pas de cette réforme le président de la République s'y accroche comme un gamin gâté à son joujou mais clairement on laissera pas ça là nous déposerons une motion de censure et nous voterons avec le groupe rassemblement national toutes les motion de censure on en peut plus de ce gouvernement on en peut plus cette réforme des retraites il faut maintenant que le Président de la République arrête de croire qu'il peut avoir raison contre tous contre les syndicats contre la rue contre le position contre les Français une femme allant falloir qu'il écoute la démocratie je sais que ce terme n'est pas cher à ses oreilles il va falloir qu'il s'habitue alors il y a une chose peut-être à commenter là on se souvient on a suivi que épicé dans son habitude l'extrême droite c'est Marine Le Pen elle-même s'est tenu à l'écart des débats pendant toute cette séquence qui dure depuis des mois et des semaines et là on a comme une stratégie qu'il semble déroulée l'extrême droite là pour finalement apparaître comme le premier opposant et peut-être en tirer profit comment vous voyez vous êtes chose là en fait j'ai pas mal réfléchi à ce sujet là et je pense qu'il faut il faut un peu démystifier cette affaire là parce que je pense pas du tout que que l'extrême droite est la grande gagnante de cette séquence et je pense qu'elle essaye mais je pense c'est le contraire d'abord le bon le RN déjà c'est l'extrême droite et ces gens là déjà sont le danger suprême pour notre pays bien dont j'ai bien plus grave que qu'Emmanuel Macron et je pense que c'est important de le dire mais surtout ce seront jamais les alliés les travailleurs ce seront ces gens là défendent une politique en fin de compte et plutôt néolibéral je rappelle que dans leur programme leur soi-disant hausse de salaire est en réalité une baisse des charges pour les entreprise donc en réalité c'est pas du tout une mesure de gauche que c'est des gens qui sont qui ne votent absolument aucune mesure qui sont en faveur les travailleurs que ce soit le SMIC que ce soit le rétablissement de l'ISF ou quoi que ce soit donc je dis le RN est d'abord intrinsèquement antisocial et leur stratégie de communication pour dire on est les alliés et travailleurs c'est n'importe quoi ensuite vous l'avez bien dit depuis le début des discussions parlementaires ils ne travaillent pas enfin je veux dire ils ont ils ont déposé quoi quelques centaines d'années que les macronistes eux-mêmes moins d'amendement que les macronistes eux-mêmes donc ils ont ils ont été absents du débat parlementaires et c'est important de le dire ces gens là n'ont pas fait le travail parlementaire que par exemple la news est notamment LFI a fait voilà et stratégiquement ils ont ils ont simplement suivi le sens de l'eau en essayant de paraître comme les modérés ceux qui finalement ne manqueraient pas etc oui mais sauf que sauf que en réalité on a vu au final que la stratégie de les filles étaient la bonne parce que le vote de de l'article 7 ou et d'aller au bout de la discussion ça aurait permis au gouvernement de dire regarder ça a été voté c'est fini etc donc au final on se rend compte que même stratégiquement ils ont eu tort donc moi ce que je dis juste pour pour finir en un mot c'est que les grands gagnants de cette séquence c'est la gauche c'est les syndicats évidemment je pense que c'est à la fois la gauche et puis aussi les syndicats qui ont fait un travail absolument extraordinaire c'est quand même grâce à eux qu'on a tous ces gens dans la rue ça va lui plaire c'est vous parler [Musique] [Musique] les plus en difficulté et cela du coup se retrouve face à un gouvernement qui les met en difficulté et le frère fake de peur même à la montée de l'extrême droite et ça c'est un vrai problème l'extrême droite pour autant c'est vrai que c'est l'ennemi les travailleurs c'est pas elle qui va en fait servir leurs intérêts absolument mais en réalité c'est vrai c'est vrai la retraite à 60 ans elle sert pourtant des haters et conservateurs et surtout elle sert quand même des intérêts d'une idéologie xénophobe et racistes qui rend aussi l'égalité entre travailleurs et ça c'est pas acceptable non plus la défense des travailleurs c'est aussi la défense de ceux qui n'ont rien et qui n'ont pas de couverture sociale qui sont par exemple des sans-papiers nous on a les 100 papiers de Chronopost de RSI de qui manifeste aussi à nos côtés dans les dans les cortèges le RN passe roule dessus littéralement pour nous c'est évidemment pas acceptable et on fera tout pour empêcher que le RN manifeste à nos côtés n'est pas question de nous qu'on se qu'on se qu'on est le RN dans des cortèges et qu'on est une sorte de de d'alliance pour faire tomber cette réforme avec eux ils sacrifie les intérêts des travailleurs et en particulier ceux qui sont d'origine immigré ou de nationalité étrangère pour nous les intérêts des salariés c'est cause commune c'est clair que ce gouvernement si cherchent à fragmenter aussi le salariat en opposant les précaires les intérimaires ceux à statut soit un régime spéciaux et à tirer profit d'un véritable d'un pixel organisé nous on lutte contre en se battant pour l'ensemble des salariés et on peut se battra toujours contre le RN et c'est en idéologie raciste le partage évidemment alors il y a apparemment du mouvement sur le terrain on a Maylis killer qui est avec nous ma liste nous entends oui oui je vous entends ça va bien merci alors apparemment est-ce qu'il y a encore du monde autour de vous on voit derrière toi d'un côté de la selle l'assemblée ce qui est encore déjà autour de toi oui oui il y a encore des gens en fait nous on est descendu un petit peu parce que malheureusement on n'a pas énormément de réseau dans la foule parce qu'il y a du monde et donc on est descendu un petit peu sur l'avenue qui part de la place de la Concorde et qui rejoint les quais vers Trocadéro et après et en fait les forces de l'ordre refuse de laisser sortir les gens et les redirige vers la vers la rue de Rivoli qui est à l'opposé en diagonale donc très très loin même pour des gens qui ont besoin de se rendre vers le sud de Paris et donc les gens commencent un petit peu en avoir marre de ce qu'il y a des gens qui rentrent de chez eux qui habitent à deux secondes mais en fait il ne veut rien savoir il bloque le passage depuis à peu près une heure sans expliquer pourquoi parce que c'est très calme sans vraiment sur la place de la Concorde les en chantent bon il y a des parce que de bois qui brûle donc ça dégage une journée assez désagréable mais sinon il y a aucun débordement il y a rien du tout et on est peut-être quelqu'un à lancer pardon dis-moi pardon un sac poubelle à un moment et donc il y a une charge de police il y a à peu près 10 minutes et on sent que bon ça fait chaud d'un petit peu du côté des forces de l'ordre alors que voilà ils sont pas grand chose ça a gazé plus loin sur la place là on ressent les effets de la bon lacrymogène ça commence à se ce qu'on peut faire un peu avec le vent mais en tout cas on sent que la situation c'est chaude un petit peu pour ceux qui suivent l'actualité française et tout le monde est manifestations depuis de nombreuses années on est le 16 mars 2023 alors je sais pas si toi sur le terrain mais en tout cas moi j'ai pensé au 16 mars 2019 ou les Champs-Élysées avaient été pris d'assaut par nombre de manifestants en gilets jaunes à ce moment-là est-ce que lorsque le 49-3 est passé à l'Assemblée et j'ai vu des images j'étais en post-production à ce moment-là mais j'ai vu des images sur Internet passer de mouvement de foule comment tu as senti toi sur le terrain est-ce que c'était quelque chose de fort ou alors c'était quelques centaines de personnes seulement en fait il y avait plusieurs centaines de personnes derrière l'assemblée tout à l'heure et quand le 49.3 a été annoncé les gens étaient un peu comme tétanisés c'était très intense c'était très fort c'est un monsieur qui a annoncé en criant le 49 fois est sorti et personne ne savait si c'est vrai en fait on vérifiant on a vu qu'effectivement le c'était annoncé et donc à ce moment là les gens sont restés bon sont restés un peu sonnés puis ensuite on est on est allé dans l'assemblée là c'était la cohue alors là c'était le chaos même et des centaines de journalistes tous les députés étaient là enfin bref et les députés sont sortis complètement stupéfaits parce que il s'attendait à débattre sous du texte et finalement ils sont restés à peine 10 minutes dans l'hémicycles et ils n'ont pas pu débattre puisque Elizabeth borne est entré dans l'assemblée et a annoncé que le gouvernement qu'elle engageait sa responsabilité et que 40 ans pourquoi était voilà 11e fois utilisé quinquennat Emmanuel Macron et peut-être que et ensuite à ça a suivi un moment où les gens ont retrouvé beaucoup d'énergie et depuis tout à l'heure il y a une très bonne ambiance et beaucoup détermination sur la place de la Concorde quand même pour les avantages Évelyne que pour les noms parisiens voilà tu es suit dans ce qu'on appelle au bord du Triangle d'Or donc là où se concentre énormément de de pouvoir qu'il soit économique quelques-uns médiatiques mais surtout politiques l'assemblée est là mais il y a aussi le côté de la place de la Concorde pas très loin tout du moins le le palais de l'Élysée donc on peut comprendre aussi ça s'explique le dispositif policier le fait qu'on essaie de diriger les gens dans une direction et pas dans l'autre Evelyne vous le dire quelque chose là l'Union syndicat solidaire avait déposé une demande d'autorisation de rassemblement pour voilà régulièrement auprès de la préfecture de police à Concorde autorisation qui a été refusée par la préfecture de police il a fallu qu'on aille devant les tribunaux en référé liberté et nous avons gagné par jugement référé liberté qui est sorti exactement à 15h à l'heure du rassemblement autorisant le rassemblement et déclarant l'interdiction de manifester illégale je veux dire après facture de police le gouvernement s'embarrasse pas de manière non plus pour empêcher les manifestants de démocratiquement manifester leur colère je veux dire c'est quand même incroyable qu'on doit aller devant les tribunaux pour avoir l'autorisation de manifester parce que les syndicats eux à la différence des gilets jaunes qui étaient un mouvement spontané eux ils essayent de se respecter un petit peu la loi il dépose les autorisations manifestées alors on voit un peu le sort qui est fait aux manifestants ensuite on les empêche effectivement de se disperser librement et ils sont obligés souvent de parcourir du terrain pour arriver à rentrer chez eux simplement c'est et il y a beaucoup de répression policières de garde à vue actuellement dans les restaurants il y avait une vraie véritable organisation là la répression policière autour des manifestations retraite dont les syndicalistes ont aussi subi les conséquences qu'on accueille Paulette qui vient d'arriver tout essoufflé ouais une galère j'ai pris 4 lignes de métro parce que la préfecture de police et après fermer énormément de stations moi j'étais au rassemblement et en fait je me suis retrouvé bloqué à l'arc de triomphe à marcher à prendre quatre stations de 4 mètres ils l'ont ils nous ont laissé cinq stations après euh comment dire la Concorde sur La Une donc là aussi la continuité du service public il l'a brandissent quand il faut avoir un service minimum contre les grévistes et le droit de grève dans les transports mais par contre couper court à des lignes de métro parce que elles sont proches des lieux de pouvoir ça ils savent le faire sans prévenir et c'est pour ça je suis désolé j'arrive très en retard plus complètement il y a encore Maëlys avec nous on va lui poser encore une petite question Maëlys tu nous entends oui je vous entends trop longtemps alors on voit derrière toi encore un dispositif policier très important que j'imagine donne un peu plus loin sur les Champs-Élysées c'est ça si je me trompe pas en fait si vous voulez regarder parce que voilà là derrière moi c'est la place de la Concorde voilà là c'est l'hôtel crayon d'accord c'est un des plus grands hôtels de Paris derrière encore si on se tourne là bas c'est l'Assemblée nationale que vous voyez et en fait si on se tourne comme ça là vous voyez le dispositif au lycée qui est devant les quais ils ont devant les quais de scènes et en fait ils bloquent il bloque l'accès au quai de scène en fait et ils ne veulent pas que les gens passent et tout à l'heure il est redirigé vers là-bas donc sur la rue de Rivoli et maintenant il les redirige sur les Champs-Élysées maintenant ils ont changé de direction une toute dernière question avant de te libérer est-ce que qu'est-ce que tu as pu entendre est-ce que tu as pu parler à des gens déjà sur le terrain j'imagine la dernière message que les personnes quel est le sentiment qui domine le sentiment qui domine c'est que ce 49-3 est à la fois une violence et un avion un aveu de faiblesse pour le gouvernement une violence parce qu'évidemment les députés n'ont pas pu débattre et un aveugle faiblesse puisque le gouvernement n'était pas serein quant au fait d'avoir une majorité puisqu'il craignait que une partie des LR ne vote pas le texte de réforme et que donc ça ce texte ne passe pas alors voilà une charge de police voilà voilà alors vous voyez bien oui on voit tout à fait oui on voit pas vers quoi il court mais il court c'est vrai que là c'est il y a quand même un important dispositif policier on peut plus le constater nous on n'a pas vu énormément enfin là il y avait pas beaucoup de monde qui descendaient pourtant mais là sur la place de la Concorde ça commence à être ça commence à être compliqué donc voilà la police charge et et comme je le disais voilà le sentiment qui domine c'est que sur le 49-3 c'est que que Macron ne pensait pas pouvoir avoir une majorité d'où le fait que ce texte passe en force merci beaucoup Maylis et André derrière la caméra bonne fin de soirée à tous les deux à plus tard et prenez soin de vous bien sûr alors pour la présidente du groupe France insoumise à l'Assemblée Mathilde panos c'est un aveu de faiblesse comme le disait apparemment les manifestants autour de nos collègues sur le terrain on l'écoute au micro de Miley skeller évidemment que c'est un aveu de faiblesse puisque ils ont dû utiliser un énième outil antidémocratique pour passer de force cette réforme c'est le centième 49.3 utilisé dans la Cinquième République et Laura a été utilisée contre une loi pour une loi que personne ne veut dans le pays dont 80% des des Français ne veulent pas 93% des actifs ne veulent pas une inter syndicale unie la nupes dans son ensemble avec des manifestations par millions plus que ce qu'on a vu depuis 50 ans dans l'histoire sociale de notre pays donc évidemment c'est un échec pour le gouvernement de devoir utiliser une nouvelle fois cet outil anti-démocratique et tout au long du texte ils l'ont eu de cesse de piétiner les fondements de la démocratie donc oui je considère que c'est une défaite pour le gouvernement et je tiens à dire avant tout à toutes celles et ceux qui luttent dans ce pays qui font grève en perdant du salaire qui manifestent par millions que rien n'est fini dans ce qui est en train de se passer que nous avons encore beaucoup d'États et que nous pouvons les faire céder en tout cas à 49-3 ou votes nous nous avions dit que ça allait continuer je crois que avec l'utilisation d'un 49-3 et un tel avait de faiblesse nous sommes dans un moment où je l'espère les gens vont d'autant plus se mobiliser pour leur dire que maintenant ça suffit et que ça ne peut pas être un homme seul contre l'ensemble du peuple et qu'ils doivent céder parce que le seul souverain d'un autre pays et bien ça reste toujours le peuple alors on entend tout à l'heure que la mobilisation le comprend doit se poursuivre et d'ailleurs l'interdicale doit se réunir ce soir pour s'entendre sur la suite du mouvement quelle stratégie selon vous Evelyne doit être adoptée en ce qui concerne ce lien nous on y a on y a réfléchi et même pour rien vocation on y réfléchit par épisode successifs et encore pas plus tard que que ce matin et c'est vrai que pour nous il faut continuer à diversifier les modes d'action en mettant en place des opérations de blocage des opérations qui allient à la fois la formation et mobilisation par exemple les opérations sur des ronds ou des opérations de blocage dans leur du côté de l'énergie donc des diversifier aussi les modes d'action par des rassemblements des interpellations aussi des parlementaires parce que là les parlementaires ont été mis en chef en échec face à face à la démocratie parlementaire ils sont représentées le peuple ils ont été mis en échec là donc les faire réagir aussi parce que ils ont aussi un rôle qui a été mis en échec donc il y a des modes d'action par interpellation par rassemblement et grève blocage qui doit être utilisé alors c'est vrai qu'on parle aussi du référendum ça c'est une alternative possible c'est pas c'est plutôt sur le terrain politique nous pour nous la mobilisation effectivement c'est ça qui doit être poursuivi construit et qui contribuera le plus à notre sens à la victoire après c'est vrai sur le terrain politique il y a aussi des en même temps j'imagine pourquoi pas après nous on réfléchira on n'a pas encore de positionnement définitif sur le référendum mais c'est vrai que c'est une ça peut se regarder quoi bien sûr Paul puisque toi tu es arrivé alors du coup pour ceux qui qui débarquent là avec un petit peu de retard tout excusé par ce que les métros ne fonctionnent pas il y a la grève il y a la manifestation il y a tout ce qui s'est passé de police c'est vrai que c'est ce qui pour le couplet c'est pas les manifestations qui bloquent les rames de métro surtout les rames automatiques de la une par exemple [Musique] je pense que tu dois avoir des choses à nous dire tout du moins de ce qu'on s'est dit au départ on va tout refaire le le truc mais le 49-30 quand il a été prononcé j'imagine que toi tu étais en colère enfin je te connais quand même un petit peu mais en fait moi j'étais à l'assemblée des midi pour être pour regarder puis je suis reparti parce que je lui dis je vais regarder les débats l'assemblés chez moi pour venir ce soir et puis je suis arrivé chez moi il y avait 49-3 je suis reparti donc c'est une journée aujourd'hui des chèques total mais en fait je pense que le gouvernement a fait officiellement sécession avec la population aujourd'hui il s'est présenté comme le parangon de la classe dirigeante avec dans une main la matraque et dans l'autre la constitution de la 5e République comme bouclier pour briser les aspirations démocratiques des populations qui sont largement exprimées avec des soutiens dans l'opinion qui sont immenses et soutiens y compris à des modalités qu'a proposé l'intercydicale que ça a été le blocage du pays à partir du 7 comme ça a été déclaré ou encore aujourd'hui je crois il y a deux jours un sondage je crois que c'est là mais il faudra vérifier pour BFM TV qui dit 64 % des personnes sont prêts malgré le vote de en 49-3 ou pas encore du texte de continuer à mobilisation ça c'est le contexte effectivement et on entend un peu la musique du référendum alors moi j'y suis allé regarder parce que bon vous savez qu'il a jamais vraiment été appliqué cette possibilité de référendum d'initiative partagée il y a simplement une limite quand même c'est que normalement il ne peut pas être utilisé pour sur une législation une disposition légative qui a été promulguée depuis moins d'un an alors après c'est vrai qu'il y a 4,7 millions de signatures à aller chercher ça peut être une grande campagne ça peut prendre énormément de temps on l'avait vu sur l'expérience sur la prime contre la privatisation des rapports de Paris mais enfin ça engage déjà dans un plus moyen terme et un plus long terme et je pense que les organisations syndicales qui ont appelé tout à l'heure à voilà à durcir son à mon avis dans dans le vrai le problème c'est je pense que il y a énormément de secteurs qui savent ne font pas grève par procuration comme ils l'ont fait il y a des secteurs qui ont été très mobilisés par le passé y compris notamment les cheminots ce sera pas dans la dernière réforme et puis la réforme sur la SNCF et en fait c'est épuisant de faire six semaines de grève reconductible ils le sont pas il faut que tout le monde bouge et on est dans une situation paradoxale historiquement c'est que on ferme un cycle où il y a eu de la division syndicale il y a eu des difficultés à trouver des solutions par rapport à des journées de mobilisation un peu parsemées là tout le monde s'est mis d'accord on a un front syndical uni on est d'accord sur le durcissement mais il faut que l'inflation mais il y a la crise économique et sociale il y a une difficulté à mobiliser donc il faut trouver à mon avis un peu ce que vous disiez des actions dures bloquantes qui touche à l'économie qui concis à la fois de continuer à soutenir à avoir le soutien de l'opinion publique et en même temps qu'il puisse économiser en termes de force voilà les individus et les personnes qui sont mobilisées et d'ailleurs on voit bien le blocage que fait la bourgeoisie sur la présence de poubelles dans leur quartier on a l'impression que ça allait touche des fois plus parce que le symbole est fort cristallisant à ce moment-là voilà il faut beaucoup parler il faut mettre en scène la tension il faut empêcher que ça retombe donc la mise en scène de la conflictualité elle peut être très forte même si derrière effectivement les actions un blocage des entrepôts de la logistique et d'un certain nombre de zones économiques etc ça touche aussi le porte-monnaie et c'est la base de la du mouvement social doucement vers la fin de notre entretien et un deuxième plateau qui arrive juste derrière tout aussi passionnante sur notre thématique mais j'ai quand même envie de poser une avant dernière question peut-être plus politique peut-être peut-être pour vous Mathieu là tu viens de parler de l'aéroport de Paris tu te souviens avec le riz passe à ce moment-là qui est un échec alors que beaucoup de gens l'opinion publique était majoritairement compte est-ce qu'on peut pas imaginer que le premier plus large à dire que un rapidement le sujet est très limite je méprise la démocratie parlementaire la démocratie sociale etc mais les Français vont se classer et après je pourrais revenir dans le cours normal des choses etc moi je veux dire juste une chose les images là qu'on a vu et plus globalement ce que ce que vous avez dit qui est qui est assez marquant sur le fait que la manifestation syndicale a été interdite pas la préfecture et donc par le par les services de l'État en fait quelle image ça donne de notre démocratie une démocratie dans laquelle donc les manifestations le jour du vote sont interdites une démocratie dans laquelle vous avez un dispositif policier qui est délirant qui est indigne démocratie libérale comme la nôtre avec des policiers qui chargent voilà qui qui ça donne à des violences qui sont absolument scandaleuses etc encore une fois le jour où le 49-3 est dégainé pour la 11e fois depuis quelques mois sur un texte aussi important donc ce que je dis moi c'est que c'est les Français en fait de manière générale je pense qu'ils doivent se rendre compte et je pense qu'un certain nombre s'en rendre compte aujourd'hui et j'espère de plus en plus de l'état de notre démocratie aujourd'hui parce qu'en fait cette histoire là c'est pas une histoire de assez plus en fait une histoire de retraite c'est plus une histoire de de là en fait ce qui se passe c'est qui a décidé de réfléchir des principes démocratiques les plus élémentaires nous s'affranchir de l'État de droit de s'affranchir de d'un certain nombre de règles qui sont des préalables au fonctionnement normal d'une démocratie quand vous en arrivez à un tel comment dire un tel mépris à la fois du peuple parce que ça vous l'avez dit c'est donc un texte qui est rejeté par une immense majorité du peuple un tel mépris des parlementaires et de l'opposition mais des parlementaires de manière générale et même les parlementaires macronistes pour moi ils sont ils sont ils sont humiliés ces gens-là enfin je veux dire voilà un tels mépris des syndicats un tas de mépris de travailleurs tout ça ça n'est plus possible en fait il vient me donner il faut que aussi des Français de manière plus large disent non donc ça veut dire des évidemment des des des grandes manifestations mais aussi des blocages des grèves on voit ce qu'on fait des éboueurs et des éboueurs en quelques en quelques jours réussit à faire ce que personne avant avait réussi à faire c'est-à-dire de dire mais regardez quand ceux que vous voulez sacrifier au nom de votre croissance au nom de votre productivité etc pour préserver les intérêts du capital voilà ce qui se passe quand ce que vous voulez sacrifier s'arrête de travailler la société s'effondre la société s'effondre quand vous vous en prenez assez travailleur là et je trouve ça symboliquement extrêmement fort et je pense que c'est là-dessus maintenant que à la fois la colère que le ras-le-bol et aussi le l'envie d'un autre monde quoi dedans on peut pas de ça on veut pas on veut pas d'une démocratie comme ça quoi dans le pays c'est c'est en digne et donc moi ce que j'espère c'est qu'il y a une sorte de de voilà de de prise de conscience que là c'est fini c'est plus possible et que les forces politiques le tout le monde se rende compte que là il faut dire STOP donc bloquer le pays et puis mener les actions dont vous avez parlé et puis plus globalement il y a cette notion de censure on verra bien on peut on peut aussi espérer que qu'elle puisse passer je sais pas en tout cas il est certain que pour reprendre l'exemple des des éboueurs on voit que là où on crée de la nuisance ça crée effectivement de la réponse politique une chose à retenir peut-être et puis aussi peut-être quand vous parlez à l'instant de l'État de droit je suis pas sûr que ça soit peut-être que tu réagir sur ce point là avant d'avoir le dernier mot pour Évelyne finalement on est dedans il utilise le gouvernement l'a dit tout à l'heure pas pour revenir dessus mais tous les dispositifs les choses qu'il faut les choses qu'ils font sont légales donc du coup c'est peut-être pas démocratique qui va de l'esprit de l'État droit etc donc je parle vraiment de l'État droit en sens d'un pays dans lequel les droits fondamentaux le respect des droits le respect de voilà de la démocratie etc et centrale quoi voilà c'est ça mais c'est pour ça que si on voulait être optimiste au lieu de parler de résignation dans ces 75% des Français qui s'y attendaient on pourrait penser que c'est de la lucidité on est dans un monde crise politique où il y a trois caractéristiques fondamentales un crise de confiance majeure dans les portes-parents que ça soit les porte-paroles de la classe politique que ça soit les médias mainstream je rappelle que le rapport des individus à ceux qui portent leurs paroles dans les médias et absolument rompu depuis longtemps la vue d'ailleurs pendant la période des gilets jaunes deuxième caractéristique crise de la médiation poétique c'est-à-dire crise des mécanismes dans lesquels s'exprime notamment par les corps intermédiaires les revendications des individus on l'a vu le mépris total qui a le gouvernement pour les syndicats et pour le dialogue social qui est devenu une farce que raconte les gouvernements sur les plateaux de télé en ne reçoit en personne ni les syndicats en ayant jamais véritablement voulu les entendre et troisièmement désacralisation des mécanismes du politique c'est-à-dire que ce qu'on a sacralisé les grands discours sur les grands concepts apparaissent tels qui sont nus à savoir des simples rapports de force politique inscrit dans le droit et qui ont pour but dans le système qui nous occupe de conserver les intérêts d'une minorité donc c'est peut-être dans ces conditions là que les gens se dressent et donc pour pouvoir construire un monde meilleur c'est là que la crise apparaît aussi comme une opportunité le problème c'est souvent que les crises politiques durent que s'enfonce la situation et que peuvent se jouer encore plein d'étapes dans ce pourrissement généralisé et d'ailleurs on sait derrière que c'est des risques potentiels sur les options politiques qui pourraient prendre le pouvoir ou les changements à l'intérieur de la classe dirigeante là on a eu les macronistes nouvelle élite contre l'ancienne élite notabiliaire républicains est-ce que les republicains vont reprendre le cycle quand les macronistes sont fatigués voilà il y a plein de position la récession c'est notre camp social quelle est la direction comment il revendiquent la nouvelle direction intellectuelle et morale de la société et ça c'est l'objectif on l'aide avant d'avoir le dernier mot pour vous Évelyne on me dit à l'oreille qui a quelques images de du terrain tout à l'heure qu'on va regarder vous pouvez conclure ce plateau j'avais pas vu ces images c'était très court en fait Macron au bûcher c'est assez violent aussi au passage le dernier mot pour vous du coup qui ce soir vous pouvez parler en tant que syndicaliste finalement puisque vous représentez nos syndicat solidaire voilà on a dit beaucoup de choses ce soir et pour conclure vous pouvez dire quoi moi je dirais là le passage alors c'est vrai qu'il y a une véritable dérivée autorail du gouvernement le passage en force la communauté le gouvernement va faire monter la colère sociale nous on pense qu'elle va monter à cause de ça et je rappellerai une chose pour les pour ceux qui se disent ce gouvernement est trop fort ça va il va passer en force il va continuer la retraite à poil elle est pas passée elle est pas passé en 2019 elle est pas passée et une loi promulguée peut être combattue ça a été le cas du CPE en 2006 promulgué la loi a été promulguée pour autant le mouvement social des jeunes qui ont soutenu aussi les organisations syndicales mais les gens les jeunes ont gagné face à une loi proglumée contre et pas promulgués on a obtenu ils ont obtenu le retrait de la loi quand même un mois après il y a une modification par une nouvelle loi le 26 avril 2006 de l'article en question sur le CPE mais les autres ciel modalités du reste de la loi ont été quand même impliqué mais en tout cas si vous avez raison sur le fait que c'est une victoire on peut revenir et il est toujours possible de gagner il est encore possible de gagner nous on pense que la colère sociale elle est là et qu'elle est en train de monter et qu'on va faire ce qu'il faut aussi pour construire la mobilisation et réunir des assemblées générales de salariés voir aussi ce qu'on peut organiser comme action pour associer la population et continuer la mobilisation pour gagner parce qu'on peut gagner on doit gagner face cette réforme unique dans tous les cas on suivra ça avec toute l'attention qu'on a ici au média merci à tous les trois d'avoir participé plateau alors chez vous vous restez avec nous puisque dans quelques instants vous allez accueillir ici pour parler de la bataille du siècle le dernier livre de John palais justement vous rappelle que le média au passage fêtera ses 5 ans ce samedi 18 mars un peu de joie et de bonheur dans tout ça on vous invite tout à nous rejoindre pour l'occasion de vous a contacté concocté pardon un joli petit programme musical et vous allez voir la même chose qui va se passer l'entrée et tu as pris libre soyez nombreux et nombreux à célébrer et soutenir le média soutenir le média c'est également soutenir les luttes en effet depuis le 6 mars dernier pour tout nouvel abonnement souscrit au média nous nous engageons à reverser le premier mois à une caisse de grève on le voit que c'est encore plus important pour les semaines qui suivent voilà vous ferez vous à partir de 5 euros par mois une info libre et indépendante rendez-vous sur le média-tv.fr/soutiens on se retrouve vous retrouverez miquenzo juste après ce petit clip et quant à moi je te souhaite une bonne soirée dans ce monde de brut le média vous offre un peu de tout ça [Musique] et maintenant rien que pour vous un tour d'horizon du paysage audiovisuel français [Applaudissements] pour l'instant honnêtement malgré la confusion des sondages le soutien à la grève des Français il est faible une station sur 3 est touchée par des pénuries de carburants Nicolas dos c'est la faute à qui allez-y ferme ta gueule ou quoi et qu'on lui donne une prime pour reprendre le boulot mais attendez on est là on est en Afrique on est en Afrique vous sortez mais vous m'avez insulté personne n'a craqué ok nous on craque alors on se lève et on rentre dans la bataille dès maintenant pour tout nouvel abonnement aux médias le premier mois est reversé à une caisse de grève grâce à vous on bloque tout [Musique] la bataille du siècle c'est le titre du livre de John palais activiste écologiste de l'association basque biSy co-fondateur des mouvements climats alternatiba et à une vie comme 21 la bataille du siècle c'est une bataille pour la survie c'est la bataille contre le changement climatique c'est une bataille pour un climat qui soit soutenable c'est la bataille du mouvement climat Jeanne palais est venu aux médias nous parler des stratégies de lutte dans un monde qui prend feu un monde du 49-3 un monde où l'on peut enlever au classes populaires des années de retraite même lorsque des millions de personnes défilent dans les rues face à ce monde il n'y a que la lutte une lutte qui se pose comme une question vitale et où il n'y a plus le droit à l'erreur dans un monde en feu qui s'effondre comment faire comment agir contre l'inaction climatique comment sauver ce qui nous reste ce sont les questions que nous allons poser pour transformer pour citer John palais la sidération en espérance car il en est convaincu un autre monde est possible c'est parti pour l'entretien l'actu [Musique] bonjour John palais bonjour vous allez bien ça va bien alors avant de parler de ce que vous appelez la bataille du siècle j'aimerais aborder avec vous l'actualité parce que dans votre livre vous parlez de solidarité mais aussi du temps et du travail vous dites que c'est un enjeu écologique retrouver du temps réduire le temps de travail à ça tombe bien puisque nous sommes en plein mouvement social contre une réforme des retraites alors qu'à 49-3 est tombé aujourd'hui pour tenter d'entériner de force cette loi que le mouvement écologiste est pleinement engagé dans cette lutte qu'est-ce que ça vous inspire ça montre à quel point le le système actuel et le le camp politique néolibéral capitaliste et dans l'incapacité de de changer de mode de pensée et de changer de modèle c'est à dire que le le il n'arrive pas à sortir de cette logique de produire plus produire plus produire plus pour produire plus faut travailler plus et alors que le la question que nous pose le fait de de mettre en jeu les limites de la planète c'est au contraire de sortir de ce dogme de la croissance infinie et de voir comment on vit en produisant moins et ça on voit que cette famille politique n'est pas capable de le penser et c'est d'autant plus spectaculaire que une brèche très importante a été ouverte pendant la pandémie de covid 19 ou poussé dans ses retranchements le système a finalement un moment poser les vraies questions pour pour vite les oublier derrière mais c'est à dire que on pendant les confinements on a posé la question de l'utilité sociale du travail c'est à dire que comme il a fallu choisir les activités qu'on allait arrêter et les activités qu'il fallait continuer il a fallu se poser la question de quels étaient les activités qui étaient réellement indispensables pour que la vie se déroule et donc ça a posé la question des besoins et de là il n'y avait qu'un pas pour s'opposer la question de l'utilité sociale et de l'utilité écologique des activités et en réalité c'est ça la question qu'il faut se poser aujourd'hui c'est à dire réorganiser l'économie et réorganiser la société en fonction de l'utilité sociale et écologique des activités et là alors même que cette question a été posée on voit que c'est on voit à quel point c'est une politique délibéré le système capitaliste qui même quand la question est posée féminine de ne pas l'avoir entendu de ne pas l'avoir lui-même formulé pour revenir aussi vite qu'il est qu'il le peut à cette à cette quête de la croissance infinie qui en réalité n'est pas possible ça signifie en fait que la question du travail c'est une question écologique et que ce mouvement social c'est aussi un mouvement écologique bah en tout cas il y a un lien à faire le le premier ressort d'engagement de de cette mobilisation c'est pas la question écologique mais ça fait partie de notre travail justement de faire le lien et de montrer que que c'est connecté effectivement les questions se connectent de plus en plus parce que oui la lutte climatique c'est une lutte sociale de plus en plus de gens le comprennent et là la forte mobilisation des mouvements écologistes et climat dans la mobilisation des retraites continue de renforcer ses liens et c'est très bien justement on va on va rentrer dans le vif du sujet avec ce livre vous vous appelez justement un mouvement social environnemental donc finalement on est quand même dans le thème complètement et justement par rapport à ça vous avez un exemple c'est le suit du mouvement des gilets jaunes qui pour vous a été la première révolte sociale climatique alors on peut se poser la question parce que le mouvement des gilets jaunes justement à la base il pose pas la question climatique il pose pas la question écologique c'est une lutte par rapport à une taxe et pourtant vous vous qualifiez comme ça ce moment de premier révolte sociale climatique est-ce que vous pouvez nous expliquer comment une révolte sociale aujourd'hui se transforme finalement en un enjeu qui se pose aussi dans la question du mouvement climat les gilets jaunes en fait c'est leur revendication n'était pas écologique mais le point de départ de la contestation des gilets jaunes c'est une taxe qui est mis en place au nom de l'écologie et là il s'est passé quelque chose d'important c'est que toute la période précédente dès qu'il y avait un mouvement écologiste le pouvoir capitaliste s'empresser de l'enfermer et d'opposer l'écologie à la justice sociale d'une manière très manipulatrice mais qui fonctionnait sur une partie de l'opinion publique et là on a eu un rejet immédiat de la part de des gilets jaunes qui ont refusé de se faire étiqueter comme un mouvement anti-écolo quelques années auparavant il y avait par exemple le mouvement des bonnets rouges contre une taxe poids lourd donc on peut faire quand même un parallèle une taxe mis en place pour des questions de de gaz à effet de serre que ça n'avait pas du tout gêné d'être taxé d'anti écolo là les gilets jaunes on voit que le il y a eu un changement du du contexte un changement de du débat où là un mouvement dont ce n'est pas la revendication première ne veut quand même pas être présenté comme un mouvement anti-écolo et en fait moi j'avais beaucoup entendu les messages nous on n'est pas contre l'écologie mais on veut de la justice sociale et là effectivement on a beaucoup progressé parce que on a pu entendre dans la rue quelque chose qui était écrit sur le papier depuis très longtemps c'est à dire la lutte climat et la justice sociale ça va ensemble depuis le début du mouvement climat en 2009 on le dit mais il faut attendre 2019 et le mouvement des gilets jaunes qui en plus se développe en parallèle des marches pour le climat et où il y a des jeux déco entre les deux mouvements pour qu'on l'entende 2018 pour qu'on l'entende raisonner dans la rue et là je pense qu'on a marqué beaucoup de points dans la dans la bataille dans la bataille de l'opinion pour faire comprendre qu'en réalité ces luttes n'étaient pas opposées mais elle est dans le même sens notamment avec ce mot d'ordre fin du monde fin du mois même combat on est là dans des choses où il y a eu il y en a pu faire jonction mais c'est vrai que vous vous avez parlé là l'instant de la pandémie par exemple de covid 19 on a vu des bouleversements dans la société on a vu aussi à ce moment-là que dans le champ social de nouvelles questions se poser il y a eu par exemple l'alliance écologique et sociale à l'époque plus jamais ça le collectif plus jamais ça où il y a différentes ONG qu'on fait une alliance avec des syndicats comme la c'est même une grande partie du livre parle justement de comment en fait lutter comment gagner mais par rapport à cette stratégie on se pose la question est-ce que aujourd'hui le mouvement climat ça la stratégie qu'elle lotte majoritairement est-ce qu'elle est gagnante est-ce qu'elle paye sachant que on le voit le gouvernement il répond pas il écoute pas il y a une inaction climatique qui n'est plus approuvée donc la question que j'ai envie de vous poser c'est ce que l'inaction climatique du gouvernement ne montre pas finalement l'échec des stratégies qui ont été déployées jusque là par le mouvement et donc l'échec du moment climat lui-même alors moi je pense que c'est pas ça l'indicateur pour pour mesurer l'efficacité de la stratégie parce que c'est pas ça l'objectif pourquoi parce que c'est pas un objectif atteignable c'est-à-dire que le but des manifestations c'est pas de faire changer un dirigeant politique comme Emmanuel Macron de paradigme en fait il avait toutes les possibilités de faire une politique écologique qu'il l'a pas faite rapport de force et de lui imposer le fait de mettre en place des politiques exactement et en fait pour ça on a besoin de progresser encore dans la bataille culturelle c'est à dire que pour exercer un rapport de force et une pression suffisante soit un pouvoir capitaliste soit pour que aux élections soient un pouvoir capitaliste qui soit qui soit élu on voit que on manque encore de rapport de force parce qu'on manque encore de de majorité politique populaire et culturel de prise de conscience voilà et par contre c'est là où je pense que au contraire on voit que la stratégie fonctionne parce que par contre moi qui ai commencé à m'engager spécifiquement sur la question climatique il y a 12 ans entre il y a 12 ans et aujourd'hui c'est le jour et la nuit quand j'ai commencé à militer pour le climat pratiquement personne ne comprenait de quoi on parlait il y avait même pas de mouvement climat quand on en parlait autour de nous les gens ne comprenaient pas pourquoi c'était un enjeu grave les médias n'en parlaient pas non plus ce n'est plus là aujourd'hui quand j'ouvre les des applications de média mais y compris les médias mainstream tous les jours il y a plusieurs articles sur le changement climatique et qui en plus font le lien entre les événements climatiques extrêmes et le dérèglement climatique aujourd'hui il y a un mouvement climat aujourd'hui ce sujet est une prise de conscience complètement installé il y a une prise de conscience il y a de plus en plus de gens qui modifient des choses et qui en fait se mobilisent progressivement pour autour de cet enjeu et donc il y a une majorité politique populaire culturelle qui est en train de se construire donc moi je pense que la stratégie est bonne mais simplement évidemment ça prend du temps ça prend du temps et c'est sûr que c'est c'est très c'est très difficile comme bataille parce que on sait que le temps est compté c'est vrai que vous en parlez beaucoup dans votre livre vous parlez vous dit qu'il faut mener une bataille du récit donc il y a un enjeu culturel vous dites que pour vous en fait le changement il ne veut passer que par ce changement culturel il y a pas d'autres solutions demain le rapport de force en fait va dépendre de ce changement culturel de cette prise de conscience et en fait c'est une condition indispensable le prenons l'exemple si à la présidentielle c'est un candidat et un parti d'écologie rupturiste radicale qui prend le pouvoir en l'état actuel des choses je suis pas sûr qu'il arrive à transformer le système de manière radicale parce qu'on ne les suivrait pas parce que il y a une partie de la population qui je pense n'est pas encore n'est pas encore prête et parce que le les lois ça suffit pas en fait il faut réorganiser la société donc c'est pas qu'une question de loi il faut que la réinvention de notre mode de vie de nos modes de consommation de nos modes de production est-ce se fait à tous les niveaux pas que à l'Élysée pas que dans les institutions pas que dans les administrations elle se fait dans la vraie vie dans la vraie vie des gens donc c'est non seulement un une condition indispensable mais c'est aussi une partie du travail c'est à dire que arrivé à l'Élysée il y a pas un tableau de bord avec des boutons pour changer la manière dont les gens vivent un changement culturel ça se travaille forcément depuis le terrain depuis le bas nous c'est cette partie du travail qu'on fait on est en étant conscient que 1 c'est une partie indispensable du changement et que deux c'est une condition indispensable des autres parties du changement qu'on doit qu'on doit avoir c'est pourquoi vous privilégiez plutôt des mouvements de masse des mobilisations massives privilégions notamment le nombre moi la question que j'avais envie de vous poser notamment en lisant votre livre c'est il y a cette il y a cette marche pour le climat qui sont démobilisations phares de ces dernières années quand on parle du mouvement climat on pense beaucoup à ces grandes marches pour le climat aujourd'hui est-ce qu'elles ont vraiment servi à quelque chose est-ce que c'est vraiment ces mobilisations de masse qui ont permis d'élever les consciences oui moi j'en suis convaincu alors le en fait c'est pas qu'on privilégie les mobilisations de masse sur d'autres modes d'action c'est que ça fait partie des modes d'action indispensables au cocktail d'ensemble mais on fait aussi des actions par exemple quand on décroche les portraits d'Emmanuel Macron on est quatre ou cinq on est des petites équipes pour pour le faire et là ça répond à d'autres objectifs de de dans la bataille de l'opinion et pour décrypter le discours de greenwashing du pouvoir oui la dimension de masse ça fait partie des choses indispensables pour tout un tas de raisons d'abord c'est une porte d'entrée énorme pour que les gens commencent un parcours il y a des personnes qui commencent directement à la désobéissance civile mais c'est quand même pas tout le monde il y a des gens qui ont besoin de d'y aller plus progressivement et ils vont dans des camps climats pour commencer à se former ils commencent par des initiatives sur des alternatives il commence par des marches climat et les marches climats ont clairement été ont permis d'accueillir beaucoup beaucoup de personnes d'un coup deuxièmement ça touche un public très large c'est-à-dire aussi le public familial qu'on va pas forcément voir dans dans les actions donc ça ça irrigue le message plus plus en profondeur et puis oui ça a été très puissant sur le la prise de conscience parce que et plus particulièrement la forte présence de la jeunesse et le fait que ça se soit fait en même temps que les grèves scolaires pour le climat qui ont été peut-être un phénomène un peu moins massif que les marches pour le climat mais concomitant et dont la justesse du message a vraiment visé juste c'est à dire que poser la question pourquoi on irait à l'école si on n'a pas d'avenir moi j'ai senti que c'était le moment de bascule pour beaucoup de gens de les familles de ces de ces lycéens les grands-parents les parents de ses lycéens qui pour beaucoup étaient assez réfractaire au message sur le climat en disant mais ça c'est les écolos quand ce sont leurs propres enfants qui ont dit on n'a pas d'avenir oui beaucoup de gens ont commencé à se poser la question différemment à ce moment-là donc moi je pense qu'on a gagné énormément de terrain dans la bataille culturelle grâce aux marches pour le climat j'ajoute deux choses c'est qu'il y a quand même une traduction dans le résultat électoral la percée des alliances écologistes de gauche aux municipales de 2020 on l'a quand même beaucoup associé au fait que le terrain avait été beaucoup préparé par les marches pour le climat et dans une stratégie plus complète les actions plus radicales plus rupturées de désobéissance civile de blocage etc ont une légitimité très différente quand elle se mène en même temps qu'il y a des grandes marges pour le climat en même temps que tout le monde voit régulièrement dans les médias partout dans plein de villes en plus y compris dans des petites villes des villes moyennes démarches pour le climat tout le temps les actions même radicales ont l'air beaucoup plus légitime que quand il y a pas ce contexte social là mener des actions radicales et les faire et les faire paraître légitimes pour le plus grand nombre c'est pas impossible mais c'est plus difficile d'ailleurs vous me parlez de la jeunesse mais la jeunesse joue un rôle important pour vous en parler à la fin du livre notamment le mouvement climat ne peut pas irriguer ne peut pas vivre justement sans s'appuyer en partie sur la jeunesse bon de toute façon la question se pose même pas parce que c'est le mouvement climat est extrêmement marqué par par la jeunesse je pense même que le défi bon un mouvement militant un mouvement citoyen un mouvement social souffre forcément s'il a le manque de la jeunesse nous on a d'abord ça si on a un travail à faire c'est c'est plutôt d'aller convaincre justement d'autres tranches d'âge de trouver aussi leur manière de participer parce que la jeunesse elle est indispensable mais il nous faut une mobilisation générale de la société donc il nous faut aussi les classes d'âge plus âgées il nous faudrait aussi si des retraités qui sont la classe la classe d'âge la moins préoccupée par le climat trouver une manière ou si on trouve une manière de les intégrer dans le mouvement climat ce serait une force une force additionnelle vous avez évoqué tout à l'heure la désobéissance civile il y a un point important du livre c'est la stratégie de la non-violence mais à vous lire je me suis posé un petit peu une question est-ce que ça signifie qu'il faudrait renoncer à certains principes du mouvement social qui sont ceux de l'autodéfense vous prenez l'exemple du mouvement des droits civiques aux États-Unis et du coup moi la question que j'avais envie de vous poser en lisant ça c'est est-ce que nous voulons comme vous l'écrivez un mouvement à la marque Martin Luther King pour le climat ou est-ce que peut-être que comme d'autres franges du mouvement climat est-ce que nous voulons pas plutôt aujourd'hui passer une autre étape aller un peu aussi vers quelque chose qui va un peu plus dans la conflictualité par exemple un mouvement à la Black Panther Party pour le climat alors non moi je pense qu'effectivement l'exemple le plus le plus éclairant c'est plutôt la partie non violente du mouvement des des droits civiques pour moi le skin n'empêche pas d'avoir des formes d'autodéfense en fait la non-violence ça consiste pas à subir la répression et à subir la violence d'une manière sacrificielle le bien sûr qu'il faut réagir aux formes de violence qu'on subit mais il y a d'autres manières de réagir qu'en répondant à la violence par la violence et ça peut être intéressant d'y réfléchir parce que quand c'est l'adversaire qui a tous les moyens de la violence on peut s'interroger si justement utiliser la violence c'est pas l'option la plus mauvaise pour nous mais par exemple l'exemple de Notre-Dame-des-Landes nous montre que la non-violence ne suffit pas parce qu'il a fallu défendre physiquement notamment Notre Dame des Landes notamment face à des tentatives policières alors c'est intéressant parce que d'abord il y a des manières de défendre physiquement des sites sans utiliser la contre-violence le parce que ça dépend aussi de la légitimité politique qui a le mouvement en fait il faut bien comprendre que le système utilise la répression en proportion de ce qui peut se permettre par rapport à l'adhésion non pas de toute la population mais de sa base électorale alors Notre Dame des Landes c'est intéressant parce que effectivement c'est une stratégie qui n'est pas 100% non violente qui mélange différentes tactiques certaines non-violentes d'autres qui recourent à la à la contre-violence qui utilise la contre-vente et c'est une des plus grandes victoires du mouvement et alors dernières années et alors analysons bien parce que qu'est-ce qui se passe exactement début 2018 Édouard Philippe déclare que le alors Premier ministre déclare l'abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes et qu'est-ce qui se passe ensuite qu'est-ce qui se passe ensuite c'est que le gouvernement s'empresse de dire maintenant on va régulariser la situation des gens qui sont sur la ZAD or c'était pas du tout ça le projet politique de lasagne le projet politique de l'azote c'était de transformer lasagne en laboratoire pour développer d'autres manières d'habiter les territoires d'autres manières de partager le travail d'autres manières de vivre d'autres manières d'échanger et ça ne rentre pas dans le cadre administratif et réglementaire actuelle et alors donc le projet politique de l'azazate c'était de continuer ça et c'est ça qui était qui était très précieux à préserver de la date parce qu'effectivement le cadre administratif est réglementaire actuel il permet pas d'inventer suffisamment de choses pour s'adapter aux nouveaux mondes qu'est-ce qui s'est passé il s'est passé que et donc là c'est là qu'on a vu les blindés arrivés sans lasagne c'est là qu'on a revu toute une nouvelle phase de répression beaucoup plus importante sur la ZAD ça c'était après la bandeau de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qu'est-ce qui s'est passé une réaction avec la diversité des tactiques et est-ce que ça a fonctionné il s'est passé que la majorité des hadistes ont signé les papiers à contrecoeur le pistolet sur la tempe c'est-à-dire que maintenant ils sont intégrés dans un cadre réglementaire qui ne voulait pas et les derniers addices qui ont refusé de signer de signer les papiers ils se sont fait évacuer par la force parce qu'effectivement à arriver à un certain stade quand le gouvernement envoie les blindés les barricades ne tiennent pas en réalité donc sur le terrain de la violence physique et de l'affrontement physique c'est le gouvernement qui a eu le dernier mot c'est à dire que la violence l'usage de violence d'une partie du mouvement à Notre-Dame-des-Landes a amené de la violence aussi en face mais il y avait déjà de la violence en fait non non mais c'est pas ça que je dis non ce que je dis c'est que sur le terrain de la non-violence sur le terrain de la violence on perd parce que l'adversaire a plus de moyens de violence que nous mais ce qui m'intéresse encore plus dans cette analyse c'est que pourquoi le gouvernement envoyé les blindés en 2018 et pas sous le sous le quinquennat de François Hollande parce que tout ça commence en 2012 avec l'opération César une opération de d'évacuation de la ZAD qui rate probablement mal calibré et là effectivement pirate mais qui est très violente et effectivement la stratégie de diversité des tactiques montre une certaine efficacité en tout cas à court terme à ce moment-là parce que c'est ça qui met en échec la le la répression du gouvernement ça je le constate sans difficulté après il faut voir à quel résultat ça donne sur le sur le temps long et justement pourquoi la même tactique n'a plus fonctionné en 2018 pour protéger ce qu'on voulait protéger de de la ZAD et bien pourquoi à mon avis mon analyse c'est que François Hollande lui ne pouvait pas se permettre une nouvelle tentative d'évacuation très violente en envoyant l'armée les blindés et tout ça pourquoi parce que sa base électorale c'était pas la droite c'était c'était la gauche mais même si c'était la gauche modérée et qu'ils avaient les verres gouvernement et qu'il fallait qu'il composta donc même il avait les mêmes moyens les blindés il avait le moyen technique d'envoyer les blindés mais politiquement il pouvait pas se le permettre donc il utilisait la répression à proportion de ce qu'il pouvait faire politiquement Emmanuel Macron et Edouard Philippe eux c'était différent parce que ils étaient dans un moment où ils sortaient de l'élection où il s'était fait élire sur une confusion gauche droite n'a pas tenu très longtemps on sait très vite rendu compte qu'il était droites et en fait le projet d'Emmanuel Macron c'était ensuite de reconsolider son électorat à droite donc envoyer les blindés évacuer lasagne ça ne lui coûtait pas politiquement vis-à-vis de sa base électorale donc il pouvait utiliser plus de moyens de répression donc ce qu'il faut bien comprendre c'est que sur le terrain de la violence il faut regarder tout le potentiel de répression qu'à l'adversaire et qu'est-ce qui va pouvoir utiliser par rapport à sa marge de manoeuvre politique mais dans l'absolu c'est cette phrase si c'est l'adversaire qui a tout qui a tous les fusils il faut pas choisir les fusils comme outils du lutte ensuite souffrance Hollande il y a quand même eu 6 ans il y a eu un mort Rémi fresh il y a eu quand même une opération de la gendarmerie pour le coup et bon voilà ça aussi sûrement peser dans la balance et n'hésitez pas non plus un gouvernement qui était passif sur ce plan là c'est parce que j'ai non j'ai pas dit que vous l'avez dit mais il y avait des il y avait des zones sur lesquelles c'était plus facile d'intervenir pour eux parce que c'était des ADDES moins ancrés moins moins défendu parce que Notre-Dame-des-Landes en fait le il y a tout un historique il y a tout un historique c'était très ancré et le gouvernement s'en est rendu compte beaucoup beaucoup trop tard je me mets à sa place et en fait ils sont arrivés ils s'attendaient pas du tout à faire face à un niveau de résistance aussi élevé ce qui fait d'ailleurs que maintenant dès qu'une ZAD essaie de s'installer il évacue tout de suite et ce qui est la date qui a que que qui a été tenté d'être installé à Bure elle a été tout de suite démantelé et en fait le gouvernement bien sûr a une autre priorité à ne pas à ne pas laisser s'installer la moindre dans un endroit sensible à cylindre c'était il pouvait se permettre d'intervenir même si ça a très même si ça a complètement dégénéré il y a un autre point qui m'a un peu turlupiné quand je vous ai lu vous dites que vous appelez à des alliances y compris avec des forces qu'on pourrait plus généralement normalement qualifier d'ennemis du mouvement social parce qu'elle réprime en fait notamment le mouvement climat je parle là de la police alors qu'on pourrait rencontrer ce dire qu'une revendication du mouvement climat aujourd'hui ce serait plutôt l'abolition de la police étant donné la relation conflictuelle que le mouvement entretien avec voilà cette force ce corps de l'État mais vous vous dites au contraire il faut aujourd'hui travailler aussi aller vers eux et vous appelez à des alliances alors je vais pas jusque là enfin si vous parlez vous parlez dans l'horizon oui mais en fait techniquement dans l'immédiat je ne propose pas qu'on fasse une alliance avec la police sur quelque chose de précis mais dans le dans la vision de d'un changement de société et d'une révolution culturelle une révolution politique oui c'est un énorme atout si on a des sympathisants dans la police dans l'armée dans les secteurs du pétrole dans les secteurs de la finance etc parce que oui je crois que c'est pas un bloc aussi homogène qu'on pourrait croire il y a beaucoup de gens dans la police qui sont d'accord avec nous qui sont pas d'accord avec ce que devient la police il y a quand même régulièrement des d'ailleurs des des scandales des dérives policières qui sont dénoncés par des policiers eux-mêmes et qui prennent des risques pour le fond des dérives est-ce que c'est pas un peu structurel aussi de la manière non non mais bien sûr tu es structuré aujourd'hui la police en France en tout cas oui il y a un effet structurel et il y a des gens dans la police qui le décryptent comme tel et qui lutte de l'intérieur et qui ne sont pas d'accord avec ça mais justement est-ce que des policiers individuellement peuvent quelque chose en fait je j'entends bien que des policiers voilà sont sympathisants des revendications du moment climat mais qu'est-ce qu'ils peuvent faire dans une institution exemple dénoncer les boucles WhatsApp ou s'échange plein de propos racistes entre policiers c'est un policier qui l'a dénoncé c'est un policier un lanceur d'alerte policier mais je veux dire à ce moment là on est quand même bien content d'avoir des dans la police est-ce que depuis il y a eu des changements structurels dans la police alors non malheureusement on en est pas là mais parce que là prend du coup on n'a pas le gouvernement pour mais ce qui est certain c'est que on n'a aucun intérêt à ce que la police devienne un bloc homogène sans aucune fissure sans aucune contradiction sans aucune diversité d'avis et au contraire nous on a plutôt intérêt à voir comment on peut empêcher cette homogénéité et établir oui certaines ne serait-ce que ce qu'on appelle des alliances passives régulièrement on a vu souvent dans des actions je me rappelle d'une action par exemple on occupait on bloquait une artère de Paris devant la Société Générale c'était une campagne contre la Société Générale et ses financements climaticides donc on était des centaines on était 900 à faire un sitting on vous en face de la Société Générale et les policiers étaient là alors ben un moment ils ont commencé à gazer des bons les activistes assis il y a un policier qui alors il a reçu l'ordre d'arrêter au bout d'un moment gazer à bout portant à ça des yeux des gens il y a un policier qui passait derrière lui et qui donnait aux activistes son stock de collyre et en disant ne vous frottez pas les yeux ça va être pire si vous frottez les yeux tenez mon colis etc etc donc ce je dis pas ça pour faire l'éloge de la police c'est pas mon propos je dis que si on veut analyser les choses d'un point de vue stratégique on a intérêt à ce qui est ce style de de comportement quand la répression est disproportionnée par elle nous quand on a réquisitionné les chaises dans les banques quand on a décroché les portraits ça a déclenché des des discussions dans le personnel d'abord ça a déclenché des répressions disproportionnées et le fait que c'est répressions soient disproportionnées mettez mal à l'aise toute une partie des policiers qui derrière en fait mettait du mou par exemple tu as des perquisitions pour récupérer les portraits elles sont pas faites vraiment les policiers arrivent on dit bon on vient mais apparemment chercher le portrait parce que c'est pas ça notre priorité donc on a on a intérêt à avoir dans dans ce style de corps qui sont importants des gens qui se posent des questions des gens qui qui n'agissent pas toujours comme ça mais non c'est pas ce que je dis mais ce que je dis c'est que si nous les rejette sinon on les rejette en bloc on contribue à en faire un bloc homogène et ce qui fait que des gens à l'intérieur de la police qui pourrait être attentif aux messages qu'on va dire vont aussi nous perçoivent comme nous percevoir comme un bloc duquel il ne faut rien écouter et ça on n'a aucun intérêt à le faire le jour on a une police absolument homogène sans aucune fissure on sera quand même plus mal qu'aujourd'hui maintenant voilà j'ai bien sûr que là il y a des problèmes dans la police il y a tout le temps des des des répressions disproportionnées donc c'est c'est pas ça que j'essaie de nuancer je dis pas que vous dites ça mais c'est vrai il y a ce rapport à la police c'est aussi il y a aussi un le rapport à la justice parce que votre mouvement là désobéissance civile pose notamment la question de la justice de ce que de ce qui est juste et de ce qui est injuste en fait c'est la question de la légitimité aussi par rapport à la loi qui peut être injuste ça c'est quelque chose de très intéressant vous posez notamment dans ce que vous écrivez alors la désobéissance civile ce qui est très intéressante c'est c'est la démarche civique qu'elle constitue ça ça repose sur une conception du rôle citoyen très haute et exigeante c'est à dire c'est considéré que les citoyens et les citoyens sont les garants de la justesse de la loi dans la démocratie on n'est pas censé obéir à la loi les yeux fermés sans se poser de questions dans une démocratie on considère que les citoyens et les citoyens sont des acteurs de premier plan et du coup si des lois s'avèrent insuffisantes mal appliquées ou injuste les citoyens et les citoyens doivent pas se dire c'est pas notre problème de se dire bah non c'est notre problème et donc on doit intervenir pour changer la loi alors il y a plein de manières à commencer par le plaidoyer s'engager en politique mais la dire que ce qui compte c'est pas que ce que vous faites soit légal mais que ce que vous faites soit juste en fait oui et ce qui compte c'est d'interroger la justesse de la loi et de faire bouger les lois pour que la loi soit juste et c'est ça la visée de la désobéissance civile aujourd'hui par exemple continuer de construire des autoroutes de faire des extensions d'aéroport de construire d'artificialiser des sols de d'extraire encore plus d'énergie fossiles ce sont des activités légales le problème c'est que ça détruit les conditions d'habitabilité de la planète donc là il y a un problème et notre système de loi ne protège pas l'intérêt général humain de de du système économique actuel va rentrer en désobéissance civile pour par exemple comme on l'a fait bloquer un projet bloqué un sommet du pétrole où ils veulent perfectionner des techniques pour aller forer toujours plus profond dans l'océan c'est illégal mais c'est légitime parce qu'effectivement c'est pas une c'est pas des activités qui devrait être autorisées et légales aujourd'hui alors que on est entré dans le dérèglement climatique et justement avec ce mouvement de désobéissance civile vous vous étiez un certain d'exemples très intéressants dans votre livre vous parlez notamment des banques qu'on vous êtes allés chercher les chaises puis quand vous êtes allés les ramener etc on n'a pas ramené les chaises vous avez déposé auprès de la police et de la justice on a voulu les déposer à on avait réquisitionné plein de chaises dans les banques qui pratiquent l'évasion fiscale qui sont les mêmes en plus qui financent le plus les projets d'énergie fossile ah si ton lait un Société Générale crédit BNP donc les banques dans lesquelles il faut pas aller et on leur réquisitionné des chaises en leur disant bah on vous rendra les chaises quand vous rendrez l'argent elles étaient bien embêtée et à la fin nous on était un peu embêtés parce qu'on en avait plus de 200 on les avait ramenés jusqu'à Paris pour organiser un contre sommet pendant la COP 21 on s'est retrouvé avec 200 fauteuils et on s'est dit il faut quand même qu'on s'en débarrasse et il y avait l'ouverture du procès de Jérôme Cahuzac haute figure de l'évasion fiscale et donc on a voulu les remettre à la justice à l'ouverture du du procès de Jérôme Cahuzac avec le message bah c'est à la justice maintenant de décider que faire de ces chaises notre avis c'est de les rendre aux banques uniquement quand elles auront rendu l'argent mais voilà et évidemment la police nous a pas laissé approcher de du tribunal donc la barre et le pont et du coup on a laissé les 200 chaises sur le pont en face des des CRS qui sont mis en cerclé les chaises comme si elle pouvait s'échapper et qui était beaucoup plus ennuyé que nous mais ce qui est intéressant c'est qu'on voit que vous êtes grossesse en train de vous réinventer vous devez en fait vous n'avez pas le choix pour continuer à impacter la société en fait vous devez sans cesse vous réinventer et faire de nouvelles choses quoi tenter de nouvelles choses pour plusieurs raisons d'abord il faut percer le dans la couverture médiatique donc il faut faire des actions originales qui attirent l'attention etc il faut trouver une certaine pédagogie dans l'action pour que les gens soient réceptifs au message aussi et puis comme le changement de système qu'on préconise va complètement à l'intérêt à l'encontre des intérêts de de du système actuel il faut aussi déjouer la répression et donc le quand je disais il faut pas affronter l'adversaire sur le terrain où il est le plus fort ça pose quand même la question d'accord mais du coup c'est quel terrain l'idée c'est aussi d'avoir de construire un mouvement qui sont inclusif et du coup choisir le terrain sur lequel l'adversaire a pas l'avantage ça demande de la créativité là par exemple quand on réquisitionnait les chaises on a particulièrement visé la BNP qui était la champion dans la matière et la BNP faut bien imaginer qu'ils ont des tours entières remplis avec des armées de jury des armées de lobbyistes qui négocient les lois des armées de gens qui font de la communication etc etc et elles n'ont pas du tout su gérer cette campagne alors que nous on a fait des actions qui coûtent 0 € qu'on pouvait faire à 10 en rentrant dans une banque et qui se déroulait en deux minutes donc là on voit qu'on l'a amené sur un terrain sur laquelle toute sa force toute sa puissance n'a plus aucun effet et donc ça ça demande effectivement de réinventer et de trouver tout le temps des astuces pour pour piéger nos adversaires parce qu'ils sont infiniment plus puissants que nous donc si on veut sérieusement s'affronter à ceux qui représentent réellement le capitalisme et si on veut sérieusement changer le système il faut mener des actions qui sont qui sont vraiment pensés de manière stratégique vous venez de dire pour changer le capitalisme parce que c'est une lutte contre le capitalisme aussi en fait finalement le système actuel on peut le caractérise de plusieurs termes c'est un système extractiviste c'est un système capitaliste c'est un système néolibéral c'est un système consumériste c'est un système individualiste et c'est tout c'est l'ensemble de ces valeurs qu'il faut qu'il faut changer et souvent pour les valeurs exactement contraires c'est-à-dire des valeurs collectives de coopération de sobriété de décroissance matérielles de coopération et pas de compétition etc donc il y a vraiment non seulement un changement un changement de paradigme mais un renversement de valeur à opérer et c'est là dessus justement je poursuis sur la stratégie non-virante que la stratégie non-viante est particulièrement pertinente parce que on a besoin d'exercer un rapport de force rien ne se fait sans rapport de force mais tout ne se fait pas avec le rapport de force faire changer l'imaginaire des gens faire changer la vision du monde des gens ça se fait pas en leur tapant dessus ça se fait en touchant conscience et c'est là que la force de la stratégie non-violente c'est que elle permet d'exercer un rapport de force tout en agissant aussi sur les sur les consciences vous disiez tout à l'heure la conflictualité moi je suis complètement d'accord on a besoin de conflictualité on a besoin de poser des conflits mais la stratégie non-violente permet de poser des conflits évidemment et justement par rapport à ça je disais tout à l'heure que l'idée c'est aussi d'avoir un mouvement qui soit inclusif vous vous avez parlé tout à l'heure de diversité des actions parce que justement vous êtes en train de tenter beaucoup de choses et notamment vous êtes en train de tenter beaucoup de choses différentes là où vous vivez même en fait sur votre territoire qui est le Pays Basque que vous essayez de faire sur ce territoire une sorte de véritable laboratoire avec avec votre mouvement bizi vous essayez de faire ce que vous dites avec de nombreuses initiatives il y a par exemple une chambre de l'agriculture locale que vous avez construit il y a vous prenez l'exemple des escolast les écoles en deux langues basses etc il y a la monnaie locale aussi dont vous parlez beaucoup dans votre livre on le voit aujourd'hui en fait ça passe en fait par de nombre qui viennent se compléter et qui peuvent aussi essayer de construire une autonomie à l'échelle locale mais c'est très important en fait quand on dit qu'il faut changer le système c'est pas un slogan c'est un projet politique donc il faut avoir des choses à proposer on peut pas juste dire sortir du capitalisme bon d'abord outre que la formule est quand même assez abstraite parce qu'on est on est dedans quoi mais il faut bien atterrir quelque part il faut bien proposer une autre manière de d'organiser la société et la chance qu'on a et qui fait qu'il faut pas perdre espoir par rapport aux dérèglements climatiques et quand même un enjeu terrifiant c'est que les alternatives qui existent sur les territoires montre que dans tous les domaines il y a une autre manière de faire il y a une autre manière de faire de l'agriculture il y a une autre manière d'organiser la mobilité il y a une autre manière d'organiser l'aménagement du territoire il y a une autre manière d'avoir un rapport au matérialisme et donc l'exercice qu'on fait c'est si ces alternatives se généralisent quelle société ça crée et c'est là et c'est on se rend compte que si ces alternatives passent de la marge à la norme et qu'elles deviennent la norme du Nouveau Monde on se rend compte qu'on est dans une société radicalement différente mais beaucoup plus désirable parce que on sort d'un modèle de compétition agressif violent pour en fait un modèle de coopération on sort de ce système individualisme consumériste ou on est censé trouver le bonheur dans une consommation matérielle et bon au final on voit qu'au final on aide plutôt dans un monde triste sur une société beaucoup plus basée non pas sur les biens matériels mais sur les liens humains sur la culture sur un territoire vivant etc et donc là on voit qu'en fait cette société a beaucoup plus de sens qui nous fait dire que même s'il n'y avait pas le dérèglement climatique on aurait tout intérêt à faire de ces alternatives la nouvelle norme de la société et donc ça c'est effectivement un pilier indispensable de la stratégie non-violente dans la stratégie non violente on a besoin des alternatives on a besoin des mouvements de masse et on a besoin de la désobéissance civile et on a besoin des actions directes non violentes de blocage aujourd'hui une des grandes forces du mouvement climat c'est que dans d'innombrables territoires dès qu'il y a un projet de bétonisation qui se crée pour faire un entrepôt Amazon pour faire une extension de zone commerciale pour créer un entrepôt Amazon etc ou une autoroute il y a très souvent et de plus en plus systématiquement des luttes de terrain qui s'organisent avec des collectifs d'habitants avec plein d'associations qui qui se mobilisent et qui quand même de plus en plus souvent mettre en échec ces projets notamment en utilisant les leviers juridiques mais en utilisant aussi les actions d'occupation de terrain les actions non violentes tout le travail qui permet de de constituer une majorité politique locale contre le projet qui finit par faire bouger les élus qui finit par faire bouger les alliances et qui finit par mettre en échec ce type ce type de projet c'est tout ça qu'il faut faire en même temps la jambe de l'opposition parce qu'il faut bloquer les projets climaticides sur la ligne de front là où ils se font sur les territoires il faut développer les alternatives là aussi c'est beaucoup à partir des territoires et il faut une dimension de de masse pour que les portes soient grandes ouvertes et que pour plein de gens justement débutent leur parcours d'engagement et rejoignent les luttes de résistance et rejoignent les développements des alternatives parce qu'on a besoin quand même d'une masse critique pour que c'est pour que cette actif fonctionne mais du coup j'ai quand même envie de vous poser cette question avec ce que vous me dites parce que vous m'avez dit tout à l'heure la sortie du capitalisme c'est un peu abstrait mais vous dites c'est la bataille du siècle finalement quand vous parlez de la bataille du ciel vous parlez de la bataille contre le changement climatique mais est-ce que la bataille du siècle c'est c'est une question j'ai vraiment envie de vous poser parce que est-ce que c'est pas finalement la lutte contre le capitalisme qui qui est le système économique qui favorise les conditions de la destruction de notre écosystème et le changement climatique mais pas seulement on le voit aujourd'hui avec la bataille contre la réforme des retraites etc c'est le capitalisme qui nous enfonce dans la crise généralisée alors pourquoi ne pas nous amener aussi sur ce terrain en fait d'élargir la question juste à la question pas seulement en fait à la question du climat parce que en fait finalement pourquoi le climat serait la mère de toutes les batailles bon ça revient au même en fait c'est à dire que de toute façon changer le système sortir du productivisme de l'extractivisme et mettre en place la société que j'ai rapidement décrite avant pour être une société qui émet drastiquement moins de gaz à effet de serre c'est sortir du capitalisme dans les faits le capitalisme peut pas marcher dans une société comme ça donc ça revient au même donc il faut bien un point de départ le moi je pense qu'il y a des avantages à partir de la bataille climatique parce que sa légitimité est vraiment très très forte c'est à dire que ça s'appuie sur 30 ans de consensus scientifique un sixième rapport du GIEC dont la synthèse va sortir lundi du 6e rapport du GIEC et je pense que le en tout cas au moment où on a commencé c'était quand même un point de départ plus praticable que d'aller dire aux gens faut sortir du capitalisme qui en fait est vrai mais qui est très connoté du capitalisme le je pense que il y a beaucoup de gens encore que ça a changé maintenant mais il y a beaucoup de gens je pense que leur point d'entrée c'est pas le slogan sortant du capitalisme mais il y en a oui mais le climat il y a de plus en plus de choses quand même surtout depuis trois quatre ans où on est systématiquement frappé par des événements climatiques extrêmes là tout le monde est en train quand même de se poser de se poser des questions et faut pas s'inquiéter moi toutes les personnes que je vois rentrer dans le mouvement climat même dans des portes d'entrée très consensuelles au départ etc il y a aucun débat dans le mouvement climat il y a pas de débat sur est-ce qu'il faut sortir du capitalisme ou pas du capitalisme mais peut-être que le dire c'est un moyen aussi de lier avec les autres luttes avec les différentes luttes contre le capitalisme mais mais en fait pas seulement aussi élément parce que par exemple concrètes oui mais par exemple peut-on lutter efficacement contre le climat sans poser la question du patriarcat par exemple je pense au lutte éco-féministe au moment éco-féministe qui pose cette question pareil la question du colonialisme aujourd'hui il y a aussi un mouvement qui est celui de l'écologie des coloniale qui qui se développe il y a des auteurs comme fatimawasak par exemple qui parle aussi d'écologie anti coloniale il y a voilà on voit il y a quelque chose quand même qui est en train de se de se passer quoi dans la société mais qui justement utilise aussi ces autres questions pour lier avec d'autres mouvements mais c'est aussi le cas en fait des luttes syndicales comme le moment contre la réforme des retraites c'est on parlait tout à l'heure de l'Alliance écologique et sociale mais justement elle elle pose la question en fait du travail du système économique et est-ce que finalement c'est pas ça en fait qui pourrait être la base commune à toutes ces luttes à tous ces mouvements et parce que je sais pas si aujourd'hui mouvement féministe par exemple serait capable de faire l'unité avec le mouvement climat uniquement sur la base du mouvement uniquement sur la base de de la question du climat mais on peut pas moi je respecte tous les points de départ et je trouve que c'est très bien qu'il y a une diversité de lutte interconnecté jamais je demanderai au mouvement antiraciste au mouvement féministe arrêtez votre combat et et venez rejoindre le combat spécifiquement climat évidemment que non le climat c'est quand même la marque la mère de toutes les batailles parce que ce qui est en jeu c'est les conditions d'habitabilité de la planète on peut difficilement faire en fait plus fondamental comme en jeu c'est à dire que c'est une question de survie de l'humanité tout court c'est à dire que si on réchauffe la planète la 4 5 ou 6 degrés la question du capitalisme et du patriarcat elle se pose plus on est plus là en fait donc évidemment que ce qui se passe c'est que dans un monde réchauffer à un degré et demi ou de degrés ou 3 degrés ou 4 degrés on n'est pas sur la même planète on a plus du tout les mêmes conditions de lutte et il y a certains seuils de réchauffement à partir desquels imaginez des sociétés pacifiques et démocratiques c'est plus réaliste faire faire un combat pour la justice sociale faire un combat pour le développement de la démocratie c'est peut-être pas possible dans un monde à 4 degrés alors que c'est possible dans un monde à un degré et demi donc c'est pour ça que la bataille du climat conditionne toutes les autres batailles et que quand on milite pour le climat on milite aussi à travers le climat pour tous les autres enjeux primordiaux d'une société progressiste et avancée donc toutes les questions que vous venez de citer le féminisme l'antiracisme le décolonialisme déconstruire toutes les formes de domination etc c'est vrai que sa chance là on se demande aussi comment ça se fait que alors qu'il a vous avez dit tout à l'heure que la prise de conscience n'était pas totalement pleine aujourd'hui dans la société mais elle est quand même de plus en plus forte elle est quand même vraiment en train de se consolider quoi la prise de conscience autour de la question du climat et de l'écologie c'est vrai qu'on se pose la question du coup comment on y arrive pourquoi on y arrive toujours pas pourquoi en fait alors qu'on peut-être devient majoritaire dans les consciences on est toujours aussi politiquement marginaux mais on est dans encore dans on est dans on est dans une phase schizophrénique il y a beaucoup de gens qui m'ont pris conscience du dérèglement climatique et qui prennent encore l'avion pour passer un week-end etc etc donc il faut quand même l'intégrer dans notre dans notre organisation sociale il suffit pas d'avoir conscience il faut que il faut que ça se concrétise quelque part donc là l'enjeu de de la phase où on en est c'est qu'il faut transformer cette prise de conscience en engagement en mobilisation de la société parce que la plupart des gens qui ont pris conscience ne s'engagent pas et je parle pas qui change leur mode de vie individuel tant mieux s'ils le font mais un engagement collectif parce qu'il faut c'est les structures sociales qui faut changer et pour l'instant si on ne fait rien là si on ne fait que de la sensibilisation et de la prise de conscience ce n'est pas la stratégie de la non-violence le il faut pas le confondre avec ça si on ne fait que faire prendre conscience aux gens qu'est-ce qui se passe un effet de sidération un sentiment d'impuissance du fatalisme et de la résignation c'est ça qui se passe si on fait que dire aux gens regardez c'est la catastrophe il y a encore il y a encore un cyclone Freddy qui a ravagé deux pays il y a encore des inondations il y a encore la sécheresse on va devoir faire des restrictions d'eau etc si on leur dit que ça les gens ils sont juste des emparés ils se disent qu'est-ce qu'on peut y faire c'est les éléments c'est le climat qu'est-ce qu'on peut y faire donc il faut transcrire traduire cette compréhension que c'est grave et que c'est urgent en manière d'agir en manière d'agir collective et c'est un défi en soi parce que la société organisée de manière individualiste le capitalisme a mis tout le monde dans une boîte tout le monde est individualiste et le défi c'est d'arriver à refaire du lien entre les gens à récupérer des capacités d'action collectives parce que sinon le système aujourd'hui c'est quoi on vote tous les 5 ans pour un monarque présidentiel qui ensuite on le voit bien et on le voit parfaitement bien avec la réforme des retraites ça soit sur tous les autres principes de de démocratie donc on voit bien que l'enjeu du moment c'est comment on refait démocratie comment on retrouve un pouvoir d'agir comment les citoyens et les citoyens retrouvent un le rôle de premier plan et ça surtout les sujets et y compris sur le sujet climatique qui sans ça en fait et juste terrifiant pour reprendre en fait votre conclusion la lutte ne fait que commencer et la lutte ne fait que commencer parce que maintenant on est entré dans le dérèglement climatique et surtout le piège dans lequel il faut pas tomber c'est de penser que puisqu'il ait commencé tout est perdu parce que comme je le disais un monde à un degré et demi 2° ou 3 degrés c'est pas du tout pareil donc il faut bien avoir conscience que chaque dixième de degré compte parce que chaque dixième de degré va se compter en millions de personnes impactées déplacées chasser de leur territoire des milliers des milliers et des milliers d'espèces qui disparaissent chaque dixième de degré compte et si c'est pas un degré virgule 5 le seuil auquel on arrive à limiter des règlements le dérèglement climatique il faut que ce soit 1,6 degrés et si c'est pas 1,6 degrés il faut que ce soit 1,7 degrés etc là ce qui se joue maintenant c'est plus la possibilité de la catastrophe puisqu'on y est c'est l'ampleur de la catastrophe mais c'est fondamental si on a si on a un accident de voiture et qu'on peut choisir à percuter un platane à 5 km à 20 km/h ou à 5 ou à 100 km/h et si on a le choix je pense qu'on choisit quand même 5 km/h mais c'est ça le choix qui se pose aujourd'hui à quelle vitesse on va percuter le mur de la catastrophe bah il vaut mieux que ce soit un degré et demi je vous remercie John je vous rappelle que vous avez écrit la bataille du siècle aux éditions les liens qui libèrent merci pour cette interview toujours de merci beaucoup terminé pour aujourd'hui merci à vous toutes et tous d'avoir suivi le direct de ce soir c'est maintenant à vous de jouer ils ont des milliards mais nous nous sommes des millions alors abonnez-vous aux médias à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le média des luttes un média audiovisuel véritablement inédit et indépendant qui n'a que vous pour exister rendez-vous sur soutenez point le média tv.fr aussi n'oubliez pas de noter dans votre agenda la date du 18 mars elle est doublement importante car c'est déjà celle de la commémoration de la Commune de Paris mais aussi heureux hasard du calendrier c'est le jour où le média organise une grande fête pour ses 5 ans alors la fête est libre elle aura lieu à La Flèche d'Or dans le 20e arrondissement à Paris venez en nombre vraiment on compte sur vous on espère tous vous rencontrer d'ici là je vous remercie encore pour votre attention et je vous souhaite au nom de toute l'équipe du média une bonne soirée [Musique] [Musique]