La violence "n'est pas dans l'esprit des gilets jaunes", selon Geoffroy Didier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35FerméeRéponse directe
Est-ce que vous dites clairement qu'il ne doit pas y avoir d'acte 7 ?
- 1:33RelanceRéponse directe
On a bien vu que ceux qui étaient dans la rue samedi dernier n'étaient pas dans la revendication pure et simple.
- 2:14RelanceRéponse directe
Mais vous continuez dire qu'il y a deux Gilets jaunes, des Gilets jaunes respectables et d'autres pas ?
- 3:10FerméeRéponse directe
Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une manifestation samedi prochain ?
- 3:26RelanceRéponse directe
Vous avez parlé de l'arrogance du gouvernement, mais pourtant, au Sénat, les sénateurs républicains ont voté pour la loi qui porte le plan de sortie de crise.
- 3:53FerméeRéponse partielle
La hausse du SMIC payée par l'État, vous êtes pour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueChiffre
« nous détenons le record des pays de l'OCDE en termes de fiscalité. »
- 2:24Invité politiqueFait
« ils se sentent abandonnés, oubliés, dans des territoires reculés »
- 4:33Invité politiqueFait
« les salariés au SMIC verraient leur salaire augmenter de 100 euros »
- 5:50Invité politiquePromesse
« On supprime les régimes spéciaux de retraite. »
- 5:55Invité politiqueChiffre
« On supprime l'aide médicale d'État, 1 milliard d'euros par an d'argent public »
- 7:12Invité politiquePromesse
« plus de policiers, plus de gendarmes, je l'ai toujours dit publiquement. »
- 10:10Invité politiqueFait
« L'augmentation de la CSG des retraités. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Tout ce que les républicains, à commencer par Laurent Wauquiez, ont dit, recensé, dénoncé depuis un an »
- 12:18Invité politiqueFait
« l'année dernière, nous avons perdu une élection imperdable »
- 17:39Invité politiqueChiffre
« les émissions de gaz à effet de serre, dans l'accord de Paris, elles devaient diminuer de 40% d'ici à 2030 »
- 17:46Invité politiqueFait
« Résultat, elles ont encore augmenté en 2016 et en 2017. »
Temps de parole
- Geoffroy Didier62 %
- Invité16 %
- ?10 %
- Invité 26 %
- Présentateur5 %
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Bonjour
à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Geoffroy Didier, bonjour. Bonjour. Secrétaire général de LR, les Républicains, également député européen. Bonjour Gilbert Stein. Bonjour messieurs, bonjour à tous. Le gouvernement tente toujours de sortir de la crise des gilets jaunes.
Absolument, on n'arrête pas de ne pas en sortir, si je puis dire, et le Président de la République, lui, estime que maintenant, ça doit cesser.
Il
est évident que les réponses, y
compris
judiciaires, les plus sévères seront apportées.
C
'est maintenant l'ordre qui doit régner, le calme et la concorde.
Est
-ce qu'il a raison, le Président de la République ? Est-ce que vous dites clairement qu'il ne doit pas y avoir d'acte 7
?
Ce qui doit cesser, ce sont les violences. Et je regrette le fait qu'aujourd'hui, il ne puisse plus y avoir en France des manifestations sans qu'elles dégénèrent.
Ce
qui ne doit pas cesser en revanche, ce sont les revendications sociales bien légitimes de tous ces Français qui sont à bout et qui sont des victimes
de
cette augmentation insupportable d'impôts, puisque nous détenons le record des pays de l'OCDE en termes de fiscalité. Et pour eux, les impôts doivent baisser. Donc le discours du Président Macron est elliptique.
Et
oui, les violences doivent cesser parce qu'elles sont insupportables et que je donnerai toujours priorité à l'ordre républicain. Mais n'oublions pas le message qui est celui des Gilets jaunes et qui consiste à dire que ces Français sont exaspérés, que cet arrière-pays invisible n'en peut plus, à la fois de cette arrogance du pouvoir et d'une politique qui n'est pas courageuse.
On a bien vu que ceux qui étaient dans la rue samedi dernier n'étaient pas dans la revendication pure et simple. C'est d'eux dont viennent les dérives dont vous parlez.
Oui.
Des chants
antisémites,
des gestes antisémites à
Paris. Qui
sont évidemment condamnables et qui ne sont pas dans l'esprit des Gilets jaunes. Parce que l'esprit des Gilets jaunes, c'était celui, comme je vous l
'ai dit, d'une exaspération sociale. Ce n'est pas devenu
des
rangs des Gilets jaunes depuis samedi ? Non. Et d'ailleurs, je souhaite qu'ils se désolidarisent de manière beaucoup plus forte et active de toutes les dérives, comme celles que l'on a vues samedi dernier sur les Champs-Elysées, où des représentants de l'ordre républicain, des policiers, ont failli être lynchés. C'est bien pour ça que je vous parle de l'esprit des Gilets jaunes.
Mais vous continuez dire qu'il y a deux Gilets jaunes, des Gilets jaunes respectables et d'autres pas. Notamment ceux,
Gilles Bernstein, notamment ceux qui n'ont jamais enfilé de Gilets jaunes.
Et
qui considèrent aujourd'hui, effectivement, qu'ils n'en peuvent plus,
tant
ils se sentent abandonnés, oubliés, dans des territoires reculés, et qu'ils ont l'impression d'être invisibles et oubliés d'une politique, d'un gouvernement, qui est particulièrement arrogant, voire méprisant. Moi, c'est à cela que je pense. Je ne pense pas, évidemment, aux quelques centaines de Gilets jaunes qui, manifestement, basculent dans la violence.
En revanche, j'ai du vrai respect pour ces millions de Français qui n'en peuvent plus, qui d'ailleurs n'ont pas toujours le temps d'enfiler un Gilet jaune, qui n'ont pas forcément le temps de prendre une journée le samedi pour l'échange Elysée, et qui, eux, se sont sentis, parce que c'est ça aussi la singularité de ce mouvement, un fort mouvement de sympathie à l'égard de ceux qui manifestent.
On va passer à autre chose après, mais en un mot, vous ne m'avez pas répondu. Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait, non pas de la revendication, mais est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une manifestation samedi prochain et les samedis qui viennent
?
Non. Non,
et
je vous ai répondu parce que je ne le souhaite pas, dans la mesure où, malheureusement, aujourd'hui, il
ne peut plus
y avoir d'actes 5, 6, 7 ou 8 sans que ça dégénère.
Alors, vous avez parlé de l'arrogance du gouvernement, mais pourtant, au Sénat, les sénateurs républicains, votre parti, ont voté pour la loi qui porte le plan de sortie de crise présenté à la télévision par le président de la République. 10 milliards de dépenses supplémentaires, vous êtes pour
? Bien
sûr, je suis pour, parce que la plupart des déclarations du président de
la
République émanaient des propositions des Républicains. Donc, par cohérence intellectuelle, si je puis dire, j'y suis favorable.
La hausse du SMIC
payée par l'État,
vous êtes pour ? Mais ce n
'est
pas la hausse du SMIC payée par l'État.
C'est ça.
Écoutez, c'est l'accélération du calendrier de la prime d'activité qui ne va profiter qu'à un salarié au SMIC sur deux. Et d'ailleurs, moi, si j'étais député à l'Assemblée nationale, je suis député au Parlement européen, je me serais, je pense, abstenu. Pourquoi ? Parce que, certes, si les mesures émanent avant tout des propositions des Républicains, j'observe quand même que nous aurons le devoir d'être extrêmement vigilants sur leur mise en œuvre, parce que nous avons déjà vu des entourloupes avec le président Macron, qui, en général, parle bien et agit très peu, puisqu'il
avait
dit à la télévision que
les
salariés au SMIC verraient leur salaire augmenter de 100 euros, et on a découvert après que c'était une accélération du calendrier de la mise en œuvre de la prime d'activité qui ne profiterait
carré sur deux. Il aurait fallu augmenter le SMIC, Jean-François Didier ? Non, ce n'est pas ce que je
dis. Je dis juste que je ne supporte plus ce décalage entre la parole et les actes. Pareil pour les heures supplémentaires. Il est allé à la télévision s'adresser solennellement aux Français pour dire que les heures supplémentaires seraient totalement défiscalisées. Et en
réalité,
il va falloir encore payer la CRDS et la CSG.
Donc il faut aller encore plus
loin ?
Et
bien sûr qu
'il
faut aller encore plus loin.
Au-delà des 10
milliards annoncés ? Mais ce n
'est
pas une question de milliards, c'est
une question... Un peu quand même, il faut faire des comptes. Mais bien sûr, vous
savez quoi ? Les milliards, il faut les trouver par une véritable politique courageuse de réduction de la dépense publique. Et malheureusement, le président Macron
manque
véritablement de courage parce que les propositions des Républicains sont claires sur la réduction de la dépense publique. Qu'est-ce qu
'on
supprime ? Mais par exemple, on crée une allocation sociale unique qui va être plafonnée à 75% du SMIC pour que le travail paye toujours mieux que la solidarité ou l'assistanat. On crée par exemple une
participation forfaitaire... C'est exactement le genre de mesures pour refuser les
gilets jaunes qui sont dans la rue.
Ça
sera moins d'argent pour ceux qui n'en ont déjà pas
beaucoup. On
crée par exemple une participation
forfaitaire pour les bénéficiaires de la CMU. On supprime les régimes spéciaux de retraite. On supprime l'aide médicale d'État, 1 milliard d'euros par an d'argent public au profit d'une assistance médicale d'urgence. Il y a énormément de mesures que nous proposons les Républicains
que le président de la République ne veut pas avoir à son compte. Un point à ce milliard d'euros
qu'il faut rajouter. Ce n
'est
pas un milliard d'euros net d'économie puisque l'assistance dont vous parlez coûtera aussi. Donc l'économie réalisée sera moins importante.
200 à 300 millions d'euros. 700 millions d'euros d'économie par an. Il y a des mesures possibles de réduction de la dépense publique que le président de la République n'a pas le courage de mettre en
œuvre.
Vous
avez
entendu ce message dans la rue, réduire la dépense publique considérablement
? Nous, on a plus entendu l'inverse.
Messieurs, si vous voulez baisser les impôts, il n
'y a
pas de mystère. Soit les cadeaux d'aujourd'hui seront les impôts de demain, et ça c'est manifestement la politique d'Emmanuel Macron parce qu'il fait des cadeaux aujourd'hui sans réduire la dépense publique. Soit vous supprimez effectivement des impôts en réduisant la dépense publique,
c
'est-à-dire
en vous donnant des marques de manœuvre financière.
Ça ne s'invente
pas, l'argent public
ne tombe
pas du ciel. Vous avez
soutenu un candidat, François Fillon, qui proposait 500 000 postes de fonctionnaires en moins sur un quinquennat. Est-ce que c'est le genre de solution qui convient toujours dans le
contexte actuel ? Non,
et je n'ai jamais été pour.
Et
je l'ai toujours dit publiquement. Parce qu'il va falloir me dire quels sont les fonctionnaires d
'État que l'on supprime. Mais c'est comme la dépense publique. Et d'ailleurs, vous
observerez que ceux qui vous disent 500 000 fonctionnaires en moins ne vous disent jamais lesquels. Je crois qu'il faut remettre l'État à sa place, et qu'il faut plus de puissance publique. Donc plus de policiers, plus de gendarmes, je l'ai toujours dit publiquement. Je crois en revanche qu'il faut rationaliser la fonction publique, qu'il faut sans doute baisser le nombre de fonctionnaires dans les collectivités, parce qu'il y
a
une fonction publique des collectivités territoriales qui doit être réduite. Mais je crois aussi qu'il faut mieux rémunérer les fonctionnaires, notamment en les rémunérant au mérite, parce qu'ils ne sont pas justement rémunérés.
Geoffroy Didier, notre invité ce matin, secrétaire général de LR Les Républicains. D'autres questions pour vous, juste après l'info, il
est
8h40, Marc Potevin.
L
'immeuble qui a brûlé hier soir à Saint-Denis était insalubre. Il faisait l'objet d'un arrêté de péril sans ordre d'évacuation. Précision apportée sur France Info par Stéphane Peu, conseiller municipal de la ville et député de Seine-Saint-Denis. Sur les 13 blessés dans l'incendie, deux sont dans un état grave. Le Guatemala demande aux États-Unis de faire la lumière sur la mort d'un de ses ressortissants. Hier, il s'agit d'un enfant migrant de 8 ans. Ce petit garçon souffrait de nausées et de vomissements. Il était détenu dans un centre de rétention du Nouveau-Mexique avant de décéder à l'hôpital.
L'attaque contre le ministère libyen des Affaires étrangères, revendiquée dans la nuit par le groupe État islamique. Cette attaque a eu lieu hier à Tripoli. Trois personnes, dont un diplomate libyen, ont été tuées. Les trois assaillants sont morts. Et puis, un jour férié au stade, ou devant la télé pour les Anglais fans de foot, le Boxing Day a lieu aujourd'hui en Angleterre. Comme chaque année, une série de rencontres du championnat britannique sont organisées. Parmi les neuf prévues, le duel entre le leader Liverpool et Newcastle.
Le député européen, les Républicains, Geoffroy Didier. Notre invité ce matin, Gilles Borchstein, on parlait de la crise des gilets jaunes. Elle ne profite pas vraiment à LR.
Ça, c'est le moins qu'on puisse dire. Votre patron, le patron de votre parti, Laurent Wauquiez, a présenté ses voeux aux Français, devant des images appuyées de crèches d'ailleurs. Et il amorce une sorte de mea culpa.
Et
nous n'avons pas toujours été à la hauteur.
Et
il faut qu
'on
soit à la hauteur de ce que vous attendez, de la responsabilité qui nous incombe. Redonner aux Français un choix. Réaffirmer simplement nos valeurs, le travail, la défense des classes moyennes,
le
respect,
l
'identité de notre pays.
C
'est à ça que je crois.
C
'est ça que je veux que nous portions ensemble dans l'année qui vient.
Qu
'est-ce qu'il n'a pas bien fait, Laurent Wauquiez, puisqu'il dit lui-même qu'il y
a
des choses qu
'il
n'a pas bien faites
? Je
peux commencer par ce qu'il a bien fait
? Si
vous voulez, mais je préfère ce qu'il n
'a
pas bien fait.
Je vais quand même commencer par ce qu'il a bien fait. D'abord, il a été élu il y a un an
par
les militants, de manière très propre, très nette, très claire. Il est donc allé chercher sa légitimité dans les urnes. Et puis, prenons un peu de recul. Observez ce qui se passe depuis un an en France. Observez qu'il y a un an, peut-être même vous-même, aviez des étoiles plein les yeux avec l'illusion Macron. Et puis, vous avez vu la réalité s'imposer.
C'est sept ans que vous êtes dans votre pays. Vous avez vu la
réalité
s'imposer. Avec
le racket des automobilistes. Avec l
'augmentation de
la CSG. Oui, le racket. L'augmentation de la CSG des retraités. Avec une véritable fracture territoriale.
D'accord, là vous parlez de Macron, moi je vous parlez de vous qui. Je suis libre
de mes réponses. Une fracture territoriale, une fracture sociale et une arrogance du pouvoir. Tout ce que les républicains, à commencer par Laurent Wauquiez, ont dit, recensé, dénoncé depuis un an, c'est malheureusement, pour Emmanuel Macron, manifesté. Et pourtant,
Geoffroy Didier, 11
% d'intention de
vote
dans
les sondages
pour les prochaines élections
européennes. Puisque vous êtes libre de vos réponses, nous vous demandons de nos questions. Je ne vous enlève pas ce
droit.
Voilà, nous allons regarder les derniers sondages, il y en a eu deux, pour les européennes. Alors,
ils
sont tous aussi catastrophiques les uns les autres. Dans les deux cas, Marine Le Pen caracole en tête et le Rassemblement National caracole en tête à 24%. La République En Marche, Fraziliger peut-être, est à 17 ou 18%. On le voit, et vous, vous êtes à 11% il n'y
a
qu'un jour. Et pire encore, à 8%, 8% dans un sondage Odoxa que l'on voit là. Sondage Odoxa pour France Info. Donc, il a peut-être tout vu, Laurent Wauquiez, mais les Français ne s
'en
rendent pas compte.
Est
-ce que vous pensez sérieusement que je vais passer ma vie, en tant que responsable public, à regarder les sondages venus sur le guidon ?
Non,
mais
une
minute. C'est précisément ce que ceux qui nous regardent
et ceux qui nous écoutent n'attendent pas des responsables publics. C'est un indicateur quand même. Surtout quand ils sont concordants. C'est un instant.
Vous ne pouvez pas nous dire les sondages, je sais bien qu'on vit aujourd'hui dans la
dictature de l'instantané et de l'urgence, où tout ce qui est présent est considéré comme éternel. Je crois tout le contraire. Je crois justement que c'est la constance qui paye. C'est le fait d'avoir une stratégie véritable comme celle de Laurent Wauquiez, qui est une sorte de,
pardon
de ce mot mitterrandien, de force tranquille, qui est décidée à incarner une alternative républicaine et sérieuse, parce qu'au fond,
nous
sommes la seule alternative possible. Ce n'est pas Mme Le Pen ou
Jean-Luc Mélenchon qui
sont des amuseurs publics, qui sont plus
bruyants que brillants. Pourquoi les Français
ne se rendent-ils pas compte ?
Mais parce que ça va prendre du temps. Vous
vous rendez compte que l'année dernière, nous avons perdu
une élection imperdable, que la droite était à l'année zéro, que la droite était en plein chaos, et
qu'il y en a au moins un, Gilles Bernstein, qu'il y en a
au moins un, Laurent Wauquiez, qui a accepté de reconstruire la droite et de créer cette nouvelle droite, mais nous savions dès le départ que ce ne serait pas un chemin de fleurs.
Vous nous avez parlé de ce qu'il avait bien fait. Alors qu'a-t-il mal fait ? Puisqu'il fait quand même son mea culpa dans ses voeux Laurent Wauquiez. Il
y
a une raison sans doute.
Je
crois que le défi de Laurent Wauquiez,
ça
va être de se faire connaître. Parce qu'il y a sans doute un décalage entre la perception que l'on peut avoir de lui, mais c'était la même chose avec Jacques Chirac. Il y a plusieurs décennies, ça a été longtemps la même chose avec Nicolas Sarkozy. Et la réalité. Et à titre personnel, pour bien le connaître, et depuis longtemps, Laurent Wauquiez, pour reprendre cette expression populaire, gagne à être connu.
C
'est-à-dire que c'est quelqu'un d'intelligent, de cultivé, c'est de plus en plus rare en politique. C'est quelqu'un qui écoute beaucoup.
Et c'est quelqu'un qui a une véritable
expérience locale, qui est, à mon avis, précieuse,
vu
le temps qui est celui de l'ère macronienne.
Vous voulez dire qu'il
a une image décervelée, Laurent Wauquiez ?
Je
ne me permettrais pas de dire
ça, alors que c'est pas ton distance de mon propos. Vous nous dites
qu
'il
gagne à être
connu, il est très intelligent, etc. Parce qu'il y
a eu tellement de caricatures qui ont été faites de lui, qu
'aujourd'hui, elles ont pris
le dessus sur la perception de ce que l'on peut vraiment avoir de Laurent Wauquiez tel qu'il est vraiment. Et donc, son défi, ça va être de se montrer aux Français tel qu'il est vraiment. Je crois qu'effectivement, c'est ça le défi à relever. Mais il gagne à être connu, et c'est la raison pour laquelle je suis en fait particulièrement optimiste. Vous voyez, vous ne l'êtes pas tant que ça pour la droite. Et moi, je le suis parce que je crois que nous sommes la seule alternative possible. Et d'ailleurs, je vois que tout ce que nous avions dit, c'est réalisé.
Et je vois aussi que nous avons un leader légitimé par les urnes, qui a mis en place une nouvelle génération à ses côtés, et qui, encore une fois, gagne à être véritablement connu. Donc ce
sont des
raisons pour moi d'être optimiste.
Alors,
ce profil des élections européennes...
Il est vrai que cet
optimiste soit partagé parmi vous. Bah, c'est pas notre rôle. On vous pose des questions.
Il y
a
un favori pour la tête de liste aux européennes. C'est le 26 mai, je crois, les élections.
C
'est François-Xavier Bellamy. Alors, il est philosophe. Il est assez conservateur, pour ne pas dire réac. Manif pour tous, sens commun. Est-ce que c'est le meilleur choix ? Gérard Larcher, très influent à droite, a déjà dit que non. Qu'un manif philosophe versaillais, pour s'adresser aux gilets jaunes, c'était pas l'idéal. Qu'est
-ce
que vous en pensez
? Ce
n'est pas à moi de répondre à cette question. Ah bah si, vous
êtes le regretteur général délégué des Républicains. C'est
au président des Républicains de choisir. Ça ne vous intéresse pas. Il y a une commission d'investiture. J'en
déduis que vous n'êtes
pas enthousiaste. Sinon, vous diriez que c'est une
supérieure. Vous
pouvez essayer de lire dans mes pensées de si bon matin. Je vous dis que ce n'est pas à moi de choisir. Je suis devenu député au Parlement européen il y a un an. J'essaie de me concentrer sur l'action que je mène, plutôt que sur les pronostics de tête de liste, qui honnêtement ne m'intéressent pas encore.
Cette droite des valeurs, très à droite, est-ce que c'est la vôtre
? Ah
mais c'est une autre question. Bah si je vous la pose. Mais moi j'ai mes convictions. Je ne m'estime pas
très
conservateur. J'estime que la droite doit aussi démontrer qu'elle vit avec son temps, qu'elle vit avec son époque, qu'elle doit se moderniser, qu'elle doit se déringardiser. Mais ne voyez pas dans la réponse que je viens de vous apporter une réponse à la question précédente.
Il y en a un dont la retraite semble quand même assez active, c'est Nicolas Sarkozy. Alors il a vu le Président de la République. On dit que le plan de sortie de crise a été en partie inspiré par lui, en particulier la défiscalisation des heures sub dont vous parliez tout à l'heure. Est-ce que finalement, ce n
'est
pas lui le leader dont la droite a besoin
?
Retraite ne veut pas forcément dire retraite. Nicolas Sarkozy est en retrait, en retrait de la vie politique. Et je crois
que
son rôle est d'être un éclaireur pour la droite
et
d'être une référence du fait de son expérience d'État, du fait d'avoir dirigé notre parti, l'UMP, puis devenu Les Républicains, et d'avoir transformé l'UMP en Les Républicains. Et qu'il éclaire le chef de l'État, c'est un problème pour vous, Geoffroy Didier ? Non, parce que du fait de son expérience d'État, il est aussi au-dessus des clivages partisans. Donc s'il peut faire bénéficier à Emmanuel Macron de son expérience, j'estime que c'est une bonne chose, dans la mesure où moi je préfère mon pays à mon parti. Donc ce que je voudrais évidemment,
c
'est que notre pays réussisse.
Il y
a
un domaine dont vous êtes totalement absent, la droite, c'est la lutte contre le réchauffement climatique. Que répondez-vous ? Je crois que ce matin, on en était à 1 732 000 signataires de la pétition pour contraindre à agir.
C
'est d'ores et déjà la pétition la plus signée politique, la plus signée de
l
'histoire de France. Qu'est-ce que vous leur répondez à tous ces gens-là
? J
'ai signé cette pétition, parce que je crois que nous avons arraché l'accord de Paris,
et
que cela nous oblige, nous impose des devoirs.
François Hollande a arraché l'accord de Paris.
Nous,
la France,
puisqu
'il l
'a
fait au nom de notre pays. Je crois qu
'il
faut responsabiliser l'État, qui n'en fait pas suffisamment. Et ce cri d'alerte de ces 1,8 million de citoyens qui ont signé cette pétition de 4 ONG, c'est celui précisément du décalage entre la parole et les actes qui doit cesser au plus vite, et qui s'impose là aussi en matière écologique. Donc,
regardez,
exemple, les émissions de gaz à effet de serre, dans l'accord de Paris, elles devaient diminuer de 40% d'ici à 2030. Résultat, elles ont encore augmenté en 2016 et en 2017. C'est exactement ce qui doit cesser.
Merci à vous, Geoffroy Didier, secrétaire général des Républicains, invité de France Info ce matin.
Merci
à
vous,
Geoffroy Didier.
Geoffroy Didier